Folie furieuse de Jérome Attal

Plus jeune, j’ai lu pas mal de chick litt, des romans dévorés en 2h dont tu oublies assez rapidement l’histoire vu que c’est toujours la même histoire : une fille un peu girl next door voit sa vie s’effondrer mais elle rencontre un mec et c’est trop un prince charmant et après quelques péripéties sans intérêt, ils finissent ensemble. Fifty shades of grey est donc un parfait exemple de chick litt, voyez. J’ai dû donc donner l’impression que j’aimais ce genre de littérature (non) puisque j’ai hérité en cadeau de Noël* de Folie furieuse de Jérôme Attal.

folie-furieuse-jerome-attal

Le principe de base est assez sympa : il s’agit d’un roman de type “ce livre dont vous êtes l’héroïne”, on construit l’histoire en fonction des choix. Commençons donc : c’est l’anniversaire de Meilleure Amie que nous appellerons Agnès car j’ai oublié son prénom mais voilà, souci : on a à la maison Victor, notre fils de 7 ans donc nous voici confrontée à notre premier choix qui implique d’abandonner son gosse pour aller à la soirée d’Agnès parce que bon, elle a 25 ans, on peut pas sécher quoi… Ah oui, voilà, dès le départ, aucun des choix ne me convient, je me vois difficilement abandonner mon enfant fictif de 7 ans quoi… Et ça pose de suite le personnage que je suis censée incarner : une grosse connasse irresponsable et superficielle. Oh que je sens que l’identification va être difficile… D’ailleurs, ça rate pas, au bout de 3 choix, je me retrouve assassinée dans un fossé.

morte

Bref, les histoires se croisent, on accumule les clichés : notre héroïne n’a pas de fric mais ne s’habille qu’en marques, citées à longueur de pages histoire qu’on comprenne bien du genre : “je m’installe dans l’avion en faisant attention à ne pas froisser ma robe Maje”, par exemple. On peut s’offrir une aventure avec un pote psychopathe, un vieux camarade de classe passé de moche à beau (donc soudain digne d’intérêt vu qu’on est superficielle, souvenons-nous), une rock star, notre meilleure amie, le voisin un peu insignifiant mais finalement pas si mal,l’ex mari qui décide de nous trimballer en club échangiste et un vampire. Et on a des quêtes super intéressantes : se taper un mec beau (souvent connard mais beau) et gagner une robe de mariée Jean-Charles de Castelbajac. En gros, l’auteur a repris les grandes lignes du journal d’Elsa Linux qui semblait n’être qu’un kinky diary où il fallait suivre une liste précise de situations sexuelles (scène lesbienne, sodomie, plan à trois, gode ceinture, fist fucking, gang bang, cock ring, soumission et un peu de masturbation entre 2 séances de baise) et le jeu Ma Bimbo.

J'avoue, ça fait super envie...

J’avoue, ça fait super envie…

Ce “roman” est intéressant cependant par la vision qui nous donne de la femme ou du moins la vision de son auteur : la femme ne cherche que l’amour, accepte l’inacceptable si le mec est beau, se ruine en vêtements de marque (alors qu’elle n’a qu’un mi-temps et doit élever son enfant) et n’a d’autre rêve que de gagner une robe de mariée haute couture… Mon Dieu mais ce livre est une insulte pour la femme, sérieux ! Et je vous parle même pas du paternalisme de l’auteur. A la fin d’une histoire, l’héroïne finit dans les bras de son voisin avec une petite conclusion “l’amour est peut-être à côté de vous, ouvrez les yeux, les filles (et arrêtez de choisir les beaux connards, prenez le mec lambda)”. Mais on t’emmerde. Par défaut, je ne choisis pas un mec que pour son physique et je pars très vite quand un mec commence à faire son connard, rock star ou pas, donc j’ai pas besoin de ta morale de merde en mode “allez, les filles, je vous livre le secret du bonheur”. Bonheur qui n’est pas obligé de passer par vous, messieurs au passage. Ah oui parce que si notre héroïne finit par coucher avec sa meilleure amie dans certaines variations, ça ne finit pas bien, ce n’est qu’une escapade, elle reviendra aux mâles, rassurez-vous… ou alors elle mourra. Non, je vous jure, c’est vrai…

mariagay

Bref, si le concept était intéressant, cette caricature de femme qui se rêve Carrie Bradshaw (on déteste toutes Carrie Bradshaw) m’a violemment donné envie de a) vomir, b) déchirer le livre, c) lui mettre le feu, d) écrire à Jérôme Attal pour lui dire de ne plus jamais, mais alors jamais, tenter de se mettre dans la peau d’une femme. Et s’il s’est inspiré de ces copines pour écrire ça, qu’il change d’amies. Vite.

* Noël… 2013. Je suis si réactive

Rendez-vous sur Hellocoton !

La vie sexuelle des super-héros de Marco Mancassola

Mardi 23 avril. Suite à un changement impromptu de réunion chez un client, je me retrouve à errer dans les rayons de Virgin (avant la curée) pour acheter un livre afin d’attendre la fameuse réunion. Je tombe donc sur La vie sexuelle des super-héros de Marco Mancassola, je saisis le livre et l’emporte. Vu que je suis en pleine lecture de l’encyclopédie Batman, je suis raccord.

vie-sexuelle-super-heros

Le résumé est prometteur : des super héros reçoivent d’étranges lettres d’adieux, un serial killer les décime, semblant s’en prendre à leur sexualité. Oh ben chouette, voyons ça. Alors autant vous le dire de suite : heureusement que j’étais en Egypte et que j’avais du temps pour lire sinon, c’est le bouquin que j’aurais traîné 107 ans avant de le finir tellement j’ai été déçue. Explications.

Hospice-2

Le roman met en scène dans les premières pages Mister Fantastic, l’homme caoutchouc. Déjà, j’ai mis trois plombes à comprendre que ce n’était pas le héros du dessin animé de Disney, les Indestructibles car dans celui-là, c’est la femme le caoutchouc. Bon, confessons donc que je n’avais jamais entendu parler de ce super-héros là. Sur 150 pages, on le suit donc en plein tourments amoureux. Il rencontre une femme, relation amoureuse obsédante, il sombre. C’est chiant, chiant, chiant. De temps en temps, il reçoit vaguement une lettre d’adieux, un flic vient le voir pour lui parler de l’assassinat de Batman (oh non merde, mon chouchou est déjà mort !). Bref, je lis un mauvais roman sur une histoire d’amour inintéressante. J’ai juste envie de gifler le héros et de jeter mon livre à la mer mais, ouf, au bout de ces 150 pages, il finit par mourir et on enchaîne sur…Batman. Oui, le roman, il se fout la chronologie au cul, voilà.

batman-bruce-wayne

A propos de se foutre des choses dans le cul, on découvre un Bruce Wayne à un degré ultime de narcissisme qui accueille chez lui une jeune fille pour du sexe. On y apprend que Bruce est bisexuel, qu’il fut l’amant de Robin pendant des années. Dans cette version alternative, Bruce a fini par avouer sa double personnalité et Robin/Dick et lui étaient le couple gay en vogue. Mais Robin a grossi et un soir, couic, tué dans un parc. Si on a un léger clin d’oeil au Masque de Zorro, film que Bruce est allé voir avec ses parents le soir où ils ont été tués, rien n’indique que ce Bruce Wayne là est orphelin, on en parle pas. Il vit dans un sublime penthouse New Yorkais à sa gloire avec statue géante et co. Bref, il est chiant comme la pluie. Passe la scène de sexe, il demande à la fille de le fister et elle le tue. Voilà voilà.

Layout 1

On aura ensuite droit à un journaliste, frère du flic qui enquête sur le tueur de super-héros, qui avait une maman au pouvoir de déduplication du corps puis on termine sur Mystique avec un épilogue sur Superman. Je ne dévoilera pas l’intrigue plus avant, des fois que vous ayez envie de le lire.

Mystique

En fait, ce livre souffre avant tout d’une mauvaise entrée en matière. L’histoire de Mister Fantastic est trop pénible et longue, le Batman qui se fait élargir le petit trou assez navrante pour les aficionados de l’homme chauve souris (oui, c’est mon préféré !) mais la suite est pas si mal. Même si je n’ai pas trouvé évidente l’histoire des super héros touchés dans leur sexualité. En gros, je ne l’aurais pas lu dans le résumé, je n’y aurais même pas fait attention alors que finalement, c’est important. Mais tellement mal amené que ça glisse sur le côté. Côté écriture, l’ayant lu en français, difficile d’avoir un avis objectif mais grosso modo, j’ai trouvé le style très riche en adjectifs et adverbes. Trop. Et quand on connaît ma passion pour ces derniers, imaginez à quel point c’est trop.

vie_secrete_super_heros

Bref, un roman qui oscille entre thriller érotique (quoi que pour l’érotique, c’est pas incroyable non plus) et réflexion sur la célébrité et un monde en recherche de repère. Tu touilles et ça donne ça. Moralité : j’aurais mieux fait de me cantonner à mon encyclopédie Batman (dont je vous parlerai la semaine prochaine, tiens !)

Rendez-vous sur Hellocoton !

Le triptyque, week-end religieux

(Je me demande ce que ça va nous ramener comme lecteurs, ce titre)
 
Bien, après la version de Gauthier de notre week-end dantesque, voici la mienne. Samedi, donc, nous décidons d’aller chez la camarade russe de cours de notre Gau-Gau national. Pour une fois, je ne suis pas malade et mes soucis de la semaine s’étant réglés, je me sens en forme pour faire la fête.
 
 
Bon, déjà, la soirée commençait bien : Gauthier et moi nous donnons rendez-vous dans une station de métro pleine d’entrées et de sortie : moi à une entrée, lui à l’autre, on ne se trouve pas et nos portables font de la résistance. Je scrute les visages avec mes yeux de myope, pas de Gaugau. Bon, on finit par se retrouver et c’est parti.
 
Arrivés sur place, une petite rouquine nous accueille, suivi par un jeune homme : les hôtes. On rentre dans la pièce principale et là, suis un peu déçue : y a que des filles ! On parle avec notre amie russe et l’autre camarade de promo de Gauthier mais à peine arrivés, notre amie Svetlana nous tend une embûche : boire de la vodka au piment… pure, of course. Je sers les fesses et je bois… Ah ben non, ça n’arrache pas tant la gueule que ça (mais bon, moi, j’ai mangé du wazabi pur alors…). Par contre, le Gauthier, il nous fait un remake de Gérard Jugnot dans les Bronzés font du ski, la scène où ils boivent la liqueur d’échalote… Moi, je suis pétée de rire. Je bois un peu vite ma vodka, je grignote et bois des boissons non alcoolisées et là, deuxième défi : un cocktail dont j’ai oublié le nom : de la Cachaça (orthographe ?), du citron vert et de la glace pilée. Oh la vache !! Gauthier nous refait Jugnot, je sens une étrange chaleur dans mon œsophage. On rajoute un morceau de sucre et comme je trouve ça bien meilleur, j’hérite du verre du GauGau. Bon, voilà après trois COCKTAILS à la vodka, Svetlana me donne un fauteuil poire, erreur fatale. Pour en rajouter, je prends quelques bouffées d’une cigarette qui fait rire et là, je pense dans une autre dimension. Un vodka orange et trois verres de champagne plus tard, mes souvenirs sont un poil confus. Y avait un mec que je trouvais pas mal mais il était venu accompagné d’une greluche même pas belle. La fille, elle était tellement survoltée que pour elle, Carla Bruni, ça doit être de la techno trans. De toute façon, suis pas en état de paraître séduisante (mes yeux se sont éteints tout seuls). Et puis après, je l’ai vu de près, il n’était pas beau du tout. Donc la soirée se passe, Svetlana, Gauthier et moi d’un côté (la copine de promo étant partie), les autres de l’autre, cool. A un moment, on veut prendre des photos de nous trois en faisant la grimace. Gaugau et moi sommes délicieusement déstructurés mais miss Svetlana a du mal avec le concept du tirage de langue donc on refait la photo une bonne dizaine de fois.
 
Bon, après, on s’en va, Gaugau récupère l’adresse mail d’un mec très moche qui a mis deux plombes à l’écrire sur un ticket de métro (suis déçue, moi, je croyais qu’il avait écrit plein d’autres choses le monsieur). Alors, là, deux options s’offrent à moi : soit je suis Gaugau qui a raté son dernier métro en boîte, soit je prends mon dernier train qui, lui, n’est pas encore parti donc je prends la deuxième option. Erreur : je suis saoule et je me retrouve seule, je vais forcément faire une connerie. Donc, sur le quai de la gare, en fumant une clope, j’ai une idée de génie. J’envoie à un gars qui me plaît une sublime déclaration à base de : « je suis saoule et j’ai envie de toi ». Sur le coup, je me trouve très forte : moi qui ne fait jamais le premier pas, là, j’ai carrément pris la voiture en sa direction. Je m’assois dans le train et ma tête bouge toute seule dans tous les sens, j’écoute distraitement la conversation de la nana en face qui explique qu’elle a démissionné de son boulot parce qu’Hassan a été nommé chef de rang, ce qui est dégueulasse (ah ?). Arrivée chez moi, opération décrassage et je décide de faire une grille de sudoku. Mais en fait, non, dès que je suis allongée, mon corps est soudain sujet à une très forte gravité et je m’endors comme une masse (option bave au coin de la bouche). Deux heures plus tard, je me réveille en plein bad trip, un truc énorme : le triptyque.
 
Allongée sur mon lit, voilà que mon cerveau se divise en trois : trois images, pensée en triple. En gros, vous imaginez trois miroirs dans laquelle se reflète la même image et là, ma pensée passe par les trois panneaux. Ca donne : « bouh, ça va pas », « bouh ça va pas », « bouh ça va pas ». « Tu es malade, lève-toi », « tu es malade, lève-toi », « tu es malade, lève-toi ». « Non, ça va passer », « non ça va passer », « non, ça va passer ». « Non, ça passe pas », « non, ça passe pas », « non, ça passe pas ». Donc mes deux autres moi et moi nous transposons dans la salle de bain pour vomir un peu. Et me voilà à 4h du matin affalée sur mon tapis de bain, sous le regard curieux de mon chat. Retour au lit et je m’endors jusqu’à ce que mon réveil me tire de mon sommeil sans rêve. Ceci étant, vu le badtrip que je me suis fait, heureusement que j’ai pas rêvé. Et là, tout me revient : oh putain, le texto ! Là, j’ai été la reine des connes, bravo ! S’il ne se barre pas en courant après ça, j’aurai de la chance. Oh putain le triptyque ! Je suis le premier cas de triple personnalité… Mais trois fois la même !
 
Le dimanche, je suis en compagnie de Gauthier et Emma, thème de la journée : « Djiseus Kraïst (Jésus Christ) et triptyque ». Comme on est fatigués, ça donne VRAIMENT du n’importe quoi. On monte à Montmartre (deuxième fois en une semaine pour moi et deuxième fois que je me prends de la neige, en haut) et c’est parti pour le délire total. Déjà, Emma veut à tout prix entrer dans le Sacré Cœur sur le front duquel il y a écrit « Jesus blablas blablas » (c’est du latin, j’ai retenu que Jésus) donc forcément grosse crise de rire. Ben, figurez-vous que Gauthier a pu entrer à l’intérieur sans être foudroyés sur le perron. On rigole. On voit la Tour Montparnasse et on hurle de rire : « hé, c’est la noiwe queue ! » (avec l’accent, please). On fait le tour de la Place du Tertre. Curieusement, personne ne veut nous dessiner (faut dire qu’il y a tellement de touristes), ce qui n’est pas plus mal. Si y a bien un truc que je déteste à Montmartre, c’est de ne pouvoir faire un pas sans qu’un type veuille me dessiner ! En plus, j’ai une gueule internationale. Mardi, un dessinateur m’a demandée si j’étais grecque, dimanche, j’étais espagnole ou italienne pour un monsieur qui voulait me faire un bracelet brésilien. Et bé non, je suis Française. Et puis avec ma gueule d’aryenne, je ressemble plus à une Anglaise ou une mini Scandinave qu’à une latina !
 
Bon, revenons place du Tertre, on décide de s’installer dans un café à 5 euros le coca (aïe !!) avec des serveurs extrêmement beaux, chaleureux, aimables, courtois… Non, je déconne, bien sûr. Déjà, on arrive à une table dans un coin, le serveur nous enlève tous les cendriers et s’engueule avec celui qui vient de nous placer : « non, c’est pas en fumeur, ici ! ». Ben, si, na ! Et là, c’est reparti pour du n’importe quoi, on dit « Djiseus Kraïst » toutes les trente secondes, je me prends un « toi et ton tryptique, ta gueule », tout aussi régulièrement. On parle sexe… Non, pardon, on hurle sexe, fellation, fist fucking avec gestes à l’appui mais comme on était les seuls Français dans la pièce, on s’en foutait un peu. En plus, il était bizarre ce café : dans les toilettes, la porte, c’est un miroir ! Donc je m’assois et je me retrouve face à moi-même. Et bien j’ai beau être totalement égocentrique, ça me gêne de me voir dans ces moments-là.
 
Retour chez Gauthier qui réalise soudain qu’il peut voir la « noire queue » de sa rue… Ca fait que 6 mois qu’il y vit, tout va bien. Là, je suis totalement survoltée et je me dis que d’ici peu, je dois voir Guillaume IIe du nom et sa copine, que l’on peut considérer comme ma « suivante » (dans le sens, la fille qui sort avec un mec après moi). Et là, j’ai peur de l’effrayer car je suis totalement hystéro. Vous le savez, moi, les exs, je me méfie d’elles mais ça me permet de voir quel genre de nanas aime mon mec (en dehors de moi). Donc, là, je me dis que si la demoiselle réagit comme moi, elle va avoir peur, très peur : « mais comment mon mec a pu sortir avec une hystérique droguée et alcoolique pareille ?? ». En plus, j’ai un peu la gueule à l’envers.
 
Finalement :
– la demoiselle m’a juste trouvée très bavarde (mais euh !)
– le gars du texto m’a pas envoyée chier comme une malpropre, il a même été plus qu’adorable pour le coup, ce qui me fait sentir deux fois plus conne…
– j’espère ne plus jamais avoir de triptyque de ma vie parce que ça fait perdre du temps de penser en triple.
Rendez-vous sur Hellocoton !

Politique

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui, je vais parler politique mais rassurez-vous, je vais pas vous faire un petit exposé sur mes idées politiques ni rien. Non, nous sommes dimanche, c’est l’article léger, c’est pour rigoler ! Je ne parlerai pas non plus du livre ayant le même titre, y a bien que Beigbeder pour s’extasier dessus mais forcément, y a des scènes
de sodomie et de fist fucking. Comme quoi, le sexe ne fait pas nécessairement un bon livre. Donc voici le récit de mon incursion au sein d’un parti politique.

Depuis que je vis sur Paris, j’aime faire de nouvelles expériences. Lundi soir, je me rends chez Gauthier pour une soirée télé-DVD. On discute et il m’explique qu’il s’est inscrit au PS par Internet et qu’il y a une conférence mercredi. « Super, je peux venir avec toi ?
– Heu…oui, ça tombe bien, je voulais pas y aller tout seul ! »
Youpi ! Oui, moi, je suis une fille qui aime aller dans des trucs de ce genre, histoire de voir comment ça se passe. Que les choses soient claires : je ne pense pas devenir militante. D’une part, je n’ai pas toujours voté PS aux élections et je veux pouvoir voter ce que je veux sans avoir l’impression que je trahis l’intérêt du parti. Il est vrai que c’est le parti dont je me
rapproche le plus au niveau des idées mais des fois… D’un autre côté, je ne pense pas que militer au sein d’un parti, même non extrémiste, soit une bonne idée pour ma carrière. Bien évidemment, je ne le mentionnerai pas sur mon CV mais on ne sait jamais…

Une assistante bigarrée
Donc, mercredi, je rejoins Gauthier et nous voilà partis à la recherche du lieu de réunion. On arrive et on voit une église genre « secte » appelée l’église du bonheur ou je sais plus quoi, ça commence bien. Dehors, des militants fument, certains portent l’écharpe rouge, la même que Mitterrand. On s’en crame une aussi puis on rentre dans le bâtiment, on trouve enfin la salle (après avoir demandé, quand même).

Dedans, on s’assoit dans un coin et je commence à détailler les gens en notant les personnages typiques. Il faut savoir que j’ai été élevée dans un milieu de droite donc des clichés sur les socialistes, j’en ai à la pelle et pas que l’écharpe rouge. Nous avons, par exemple, le cliché de « l’instituteur socialiste » comme dit mon père, un monsieur avec une barbe en collier (celui-là, en plus, il a des sourcils impressionnants). Enfin, j’ai aussi des clichés sur les militants de droite, j’en ai subi un en 1ère année de fac et j’en avais interviewé un autre lors de mon stage dans une radio nationale. Le gars, militant jeune de l’UMP, il arrive… et là, on se dit qu’il aurait tatoué « jeunesse UMP » sur la tronche que ce serait pareil : petits
mocassins, pantalon à pince, pull col en v d’où sort une chemise à carreau. Et que dire de l’énorme montre à son poignet ? Bref. La foule est assez disparate : des jeunes, des moins jeunes, des plus jeunes du tout, des hommes, des femmes… Des écharpes rouges un peu partout. Evidemment, la réunion commence en retard mais en même temps, les gens tardent à arriver. Sur l’estrade, le chef de section et les intervenants discutent en regardant les gens arriver, la salle se remplit peu à peu. Y a du monde quand même.

Alors qu’on discute de tout et de rien avec Gauthier, un homme en noir s’approche et nous serre la main, nous expliquant qu’il est responsable du recrutement et il nous demande notre nom. Gauthier répond, je lui explique pour ma part que je suis là en touriste (de toute façon, si je devais adhérer, je dépendrais pas de cette section). On récupère des documents et c’est parti pour la réunion. Bon, ici, on se tutoie et on s’appelle camarade, ce qui nous étonne un peu : on croyait que c’était typiquement communiste mais apparemment, nous avons tort. Maintenant, je me demande s’ils utilisent « camarades » à l’UMP, aussi. Le chef de section remercie les militants de l’avoir reconduit à ce poste puis il demande aux nouveaux adhérents de se présenter, Gauthier ouvre le bal. A chaque fin de présentation, on applaudit. Comme il me dit ensuite : « on se croirait aux alcooliques anonymes ». Donc plein de gens se présentent, des
étudiants dont un Italien, des gens qui ont déménagé et qui rejoignent la section, des sympathisants qui franchissent le pas du militantisme « en ces heures sombres », une dame blonde tout de rose vêtue qui pourrait être la mère de Barbie. Et on applaudit Paul, on applaudit Janine, on applaudit Paolo, on applaudit Vincent… Le chef de section est ravi de toutes ces nouvelles têtes et nous explique que les inscriptions ont dû être bloquées juste avant le congrès, « c’est pour ça qu’il y a tant de nouveaux aujourd’hui ». Aurais-je senti une pointe d’amertume ?
Suite à ces émouvantes présentations dont je me suis dispensée (oui, je ne suis pas de cette section, moi !). A ce moment-là, je remarque une femme au gilet couleur framboise écrasée (j’adore cette dénomination de couleur) qui erre dans la salle, se pose à côté de quelqu’un en discutant d’un air revêche puis elle vient par s’installer pas loin de nous. Une dame vient sur l’estrade nous parler d’un problème de quartier dont Gauthier et moi ne connaissons ni les tenants ni les aboutissants, la dame fustige « les communistes et le verts ». Je me retourne vers Gauthier et lui glisse un : « c’est quoi déjà la gauche plurielle ? ». La dame n’est pas contente, certains la fustigent un peu, notamment un mec à costard et la femme avec son gilet framboise qui soupire bruyamment en faisant la gueule. Ils sont agités, quand même, les gens. Après, ils nous expliquent qu’ils ont sorti un livre d’images sur l’histoire du PS pour le centenaire du parti et il est question d’un DVD, je crois (on sent la fille attentive). Quoi qu’il en soit, les militants sont invités à participer en prêtant les photos de leur engagement.

Conférence… sans doute passionnante
Arrive le moment de la conférence en elle-même (soit une heure après le début de la réunion), deux personnes de haut rang viennent parler de ce que l’on doit faire pour lutter contre la politique sécuritaire de la droite. Je vous avoue que je ne sais absolument pas ce que les gens ont proposé puisque j’ai passé l’heure suivante à lutter contre le sommeil. Assise sur ma chaise, ma tête ne cessait de tomber vers l’avant, me vrillant les cervicales à chaque fois. Changement d’intervenant, j’applaudis le monsieur moustachu que je n’ai pas écouté et une jeune demoiselle prend la parole à son tour, je recommence à me rendormir et à lutter en faisant attention à ne pas martyriser mes cervicales. Les militants sont assez dissipés, ça papote, ça rigole, ça va aux toilettes… A un moment, la dame au gilet framboise décide qu’elle en a marre et le signifie ostensiblement en soupirant bruyamment puis en adressant un geste « temps mort » au chef de section pour dire que la demoiselle qui parle est trop longue. La pauvre fille doit s’en rendre compte, elle conclut un peu abruptement. Le chef de section la remercie et demande si quelqu’un veut dire quelque chose. Là, une forêt de bras se lève, notre dame au gilet framboise est assises sur un quart de tiers de fesses, le corps tendu en avant, prête à bondir sur l’estrade mais le chef de section donne la parole au monsieur en costard de tout à l’heure. Et tandis que le mec s’avance, personne ne baisse les bras ! Et pendant que le gars commence son intervention, ils sont tous le bras levés, lançant des regards complices au chef de section pour le prier de leur donner la parole de suite après, la dame au gilet framboise est particulièrement motivée, apparemment. Là, le gars se met à parler et dit : « Moi, quand j’étais à Toulouse… ». Vu son accent, c’était pas la peine de préciser, je savais qu’il était de chez nous ! Mais bon, Gauthier et moi avons faim, nous quittons la salle. En partant, je vois sur un siège au fond, à droite, un mec affalé sur sa chaise, la tête en arrière, la bouche grande ouverte, se payant un merveilleux roupillon. Bien, ça me rassure, j’ai trouvé pire que moi.

Etre militante ?
En cheminant loin de ce lieu, Gauthier me fait part de sa déception, « je n’imaginais pas ça comme ça ». Moi non plus… mais à quoi m’attendais-je ? Je me dis que, quelque part, les militants ont un rôle à jouer dans la politique française, on ne les voit pas, on ne les entend que peu mais ils sont là, ils décident de ce qui est le mieux pour leur parti, ils s’investissent… et ce sont de véritables gamins. Mais ce n’est pas lié au PS, je suppose que c’est dans tous les partis pareil. Mais ai-je l’âme militante ? Je ne sais pas, je ne crois pas. Surtout qu’il y a très vite des rivalités, des velléités de pouvoir, des clans… Et ça, je n’en ai pas envie. Je me souviens, en 1ère année de fac, je « subissais » la présence d’un gars, membre
hyperactif du RPR jeune (hé oui, ça remonte). En 1998, les piquets de grèves sont dressés à la fac et notre ami y voit un merveilleux moyen de plaider sa cause : devenir le chef du RPR jeune de notre département. Donc le voilà qui m’explique qu’il va monter un contre-mouvement pour riposter aux grévistes… le tout chapeauté par le RPR jeune de Toulouse. D’ailleurs, je me souviens, un jour, pendant une AG, il me parle d’un étudiant qui se prononce contre la grève : « ce serait bien qu’il fasse partie de mon groupe, même s’il est de gauche. » Bon, finalement, la grève se termine et le voilà qui râle car il n’a pas eu le temps de mettre son plan à exécution. Je suis édifiée par ce que j’entends : quel est le plus important ? Défendre ses idées ou bien se faire voir ? Il voulait que la grève se termine, c’est arrivé, que demander de plus ? Si les ambitions doivent passer avant les idées, je crois que la politique ne sera jamais pour moi.

Rendez-vous sur Hellocoton !

La place des ex dans une relation

Par Athéna

Je pense ici à la place physique et psychologique que nous leur donnons et la raison pour laquelle nous ou nos petits amis leur donnons cette place. Qu’est-ce que signifie de parler de ses ex à ses nouveaux petits amis ou à ses nouvelles petites copines ?

Mon dernier copain en date de juillet ( durée de vie de la relation = 3 semaines … et encore car j’ai pris la peine de le rappeler sinon ça aurait été 4 jours  ) avait une fâcheuse tendance à me parler de ses ex.

Premier soir : j’ai eu le droit en détail à son difficile divorce et sa méchante femme qui était mannequin et partie avec un autre. Soit dit en passant, il me déclare au passage que maintenant il ne s’attachait plus autant au physique, et qu’il en était revenu des belles filles … Q’aurais-je dû comprendre ici ? Que j’étais gentille mais pas très belle ???

Second soir : il me montre son décor d’appartement et m’explique avec les détails comment une de ses ex avait l’habitude de s’accrocher aux rideaux et qu’il avait peur qu’ils tombent. Soit dit en passant, il me montre avec les gestes comment dans l’extase et l’orgasme, elle s’accrochait à ses rideaux. Avec les yeux retournés vers le ciel pour encore mieux simuler bien sûr … J’ai eu bien sur le droit dans la soirée à son blabla sur sa très vilaine ex qui l’a dépouillé de tout son argent.

Troisième soir : après m’avoir brouetté j’étais lovée tendrement contre lui et nous nous sommes mis à discuter. Là, il se met à me raconter en détail comment il en est arrivé à faire un fist fucking à une autre fille. Avec la simulation de l’orgasme de la fille en question et la façon dont il a procédé …. Beurkkkkkkk. Toute la partie intéressante du brouettage précédant ont perdu de son charme.

D’où mes interrogations sur la place des ex dans une relation. Pourquoi avons-nous besoin à un moment de parler de ceux avec qui nous avons partagé la couche ? Personnellement, je n’en parle jamais spontanément, sauf si je sens poindre en face de moi un divorcé dépressif qui se plaint de sa méchante ex, pouvant me rappeler un ex divorcé dépressif qui passait son temps à se plaindre de sa méchante ex.

Quand on me demande mon nombre d’ex, je mens à la baisse et deviens très évasive en général ( ça n’a pas dépassé les 4 ou 5 officiellement ). Sauf avec mes copines d’enfance qui m’aident à me rappeler du nom et du nombre des mecs avec qui j’ai pu coucher.  Ah copines, que ferais-je sans vous ? ( je le leur rends bien car aussi je les aide dans cette entreprise difficile ).

Peut-on ainsi dire que mentionner ses ex c’est une façon de mettre en garde sur ce que l’on veut où ne voulons pas dans une relation ? Mais aussi une façon de se faire valoir et mousser en disant que nous avons déjà partagé la couche d’un autre ou d’une autre et que par conséquent, nous avons un passé sexuel ? Mais pour une fille, ce qui pour un mec devient objet de faire valoir, cela ne devient-il pas un sujet tabou ? Et que si l’on espère se faire mener devant l’autel, il vaut mieux mentir à la baisse sur ses ex afin de garder une image de « oie blanche »?.

Mais n’est-ce pas une véritable gageure que de parler de ses ex dans une relation … je repense à la simulation du fist fucking …. Beurk …. C’est un tue l’amour, un tue attraction que de parler de son passé dans certains cas. Il en est de même pour les pauvres garçons qui se plaignent de leur méchante ex … je me dis mais ils sont faibles pour être resté aussi longtemps avec des connes ??? Et ils attendent quoi de moi ? Que je sois une gentille plante verte ?

Sans parler de ceux qui envoient des messages subliminaux avec un « j’aime les filles indépendantes ». OK, j’ai compris, encore un qui ne veux pas s’engager et qui passe de nanas en nanas … en général, je fais ma bêtasse à ces paroles et fais semblant de ne pas comprendre le message subliminal, je ne relève même pas ! D’où l’intérêt de jouer les bêtasses dans une relation ….. euh … bon de toute façon en jouant la bêtasse ou pas … le résultat est le même … on est bonne pour se faire plaquer.

De même, sans parler ouvertement de ses ex, je pense souvent que le passé des ex nous conditionne dans nos réactions. Je me rappelle de la pire erreur de ma vie, il passait son temps à me dicter ce que je devais faire ou ne pas faire ( idem pour ce que je devais manger ou non ). Et il passait aussi son temps à me coller physiquement et se frotter contre moi ( j’aurais eu un cabot, ça n’aurait pas été pire … les cabots quand on les engueule, ils comprennent … lui, ne comprenait pas que je souhaite bouquiner en paix sans l’avoir à se frotter contre moi … je passais donc mon temps à l’engueuler … ). Donc maintenant, quand un gars d’un site de rencontres que je n’ai jamais vu s’énerve car je ne répond pas dans l’heure à son texto qui ne veut rien dire, j’ai la fâcheuse tendance à me rappeler cet ex macho et fuir dans le sens opposé en pensant fortement « macho qui me pourrira la vie ». Et ça clignote, ça clignote dans ma tête. Conditionnement du passé ?

Je ne parlerais pas ici des mecs qui sont « très amis » avec leur ex copine qui n’a pas digéré la rupture et qui voient leur ex sans leurs copines car sinon l’ex fait des crises de jalousie. N’ayant pas vécu cette situation, je ne peux pas en parler.

Rendez-vous sur Hellocoton !