Faire la queue ou le début de la fin de la civilisation

Ah ben oui, j’y vais cash. De retour de vacances, je suis au sommet de ma forme ! Et pour mon retour, je vais vous narrer une anecdote car ça, j’aime bien.

gandalf-pipe

Tout se déroule vendredi fin d’après-midi. Après être partie en courant du boulot pour attraper le train de 18h23, j’arrive dans une gare Montparnasse bondée. Oui bah un vendredi soir de juillet, ça ne m’étonne pas plus que ça. Je file acheter mon sandwich et je répère une dame qui tourne autour des queues, vraisemblablement pour gruger. Et ça n’a pas manqué. Je commence à m’agacer : putain mais pourquoi les gens essaient toujours de faire ça ? Et quand je dis dame, elle avait le look de la dame du catéchisme prête à se lancer sur les chemins de St Jacques de Compostelle, la gruge de queue semble une maladie universelle. Mais j’en étais qu’à l’échauffement…

file-d-attente

Car mon train n’est jamais parti. Et ce n’était pas le seul à ne pas partir. Donc dans ce hall surchauffé et survolté, j’appelle mes parents pour avoir leur avis : le train de 16h40 et celui de 17h48 n’étant pas partis, est-il utile d’attendre celui de 18h23 alors que d’après les infos que j’ai, un incendie fait rage sur les voies puis y a eu un accident en plus ?

AffichageTrainSupprime

Ah oui, petit apparté. Soyons clair, je ne reproche pas à la SNCF ce navrant enchaînement des faits mais par contre, il faut vraiment apprendre à communiquer. Je suis arrivée à la gare vers 17h45, je suis donc allée m’acheter à manger. J’avais bien vu qu’il y avait des retards et des trains annulés mais je n’ai pas fait particulièrement attention. Une fois mon sandwich acheté, je commence à remarquer qu’il y a quand même vraiment beaucoup de monde, pas mal d’agents SNCF sécurité et de gens énervés. Et pas parce qu’ils se sont faits dépasser par la dame du catéchisme dans la queue de la boulangerie. Donc 20 mn après mon arrivée à la gare, je finis par choper mon smartphone et je découvre la vérité : ça chie grave. A ce moment là, le train de 17h48 est annoncé avec juste 10 mn de retard et le mien à l’heure… Aucun des deux n’est parti. Alors je veux bien que ce soit le bordel mais informez putain !

7779136747_le-trafic-tgv-a-ete-interrompue-en-paris-et-le-sud-ouest-vendredi-17-juillet

Bref, comprenant que je ne partirai pas, je commence à me rendre aux guichets pour me faire rembourser et là, on arrive au summum de la gruge et je peux vous garantir que les grugeurs sont de tout âge, c’est universel, je vous dis ! Technique favorite du grugeur : jouer le paumé. Ainsi, quand j’atteins enfin le point ticket après 15 mn de queue (donc juste pour retirer un ticket), un mec arrive de nulle part et interpelle l’employé SNCF pour lui poser des questions et lui tend son billet en mode “je veux être remboursé”. Oui pardon, monsieur, ça te gêne pas que je sois déjà là, sans parler de la vingtaine de personnes qui font la queue derrière moi ? Ca déborde dans tous les sens, les gens ignorent les queues déjà formées, le nez levé, utilisant leur air perdu comme un coupe-file.

lys_coupefile

Et ça me rend folle. J’avais déjà parlé de l’incivisme ordinaire dans le métro mais là, ça frôle le débordement de vase ! Surtout que je suis la meuf prête à laisser passer des gens si besoin est comme cette femme enceinte qui cherchait un guichet rapide pour juste avoir un mot pour dire que le train n’est pas parti. Mais là, ça vire au n’importe quoi. Mais quel est l’intérêt, pourquoi faire ça ? Pourquoi cracher systématiquement à la gueule des autres juste pour gagner 5 minutes ? Pourquoi prendre le risque de se faire prendre à parti et donc de s’engueuler, mettant tout le monde de mauvaise humeur ? Qu’est-ce qui vous pousse à systématiquement faire un gros doigt aux règles et à la bienséance quand lesdites règles ne sont qu’une question de mieux vivre ensemble ? Toi qui a grugé, es-tu rentré chez toi satisfait de toi-même, te disant que tu étais plus fort et plus malin que tous ces abrutis qui font docilement la queue ? Mais imagine 30 secondes si tout le monde faisait comme toi, tout le temps… Déjà qu’on fait la gueule dès qu’on doit se rendre dans le métro, par exemple, tout ça à cause de petites incivilités de merde, si tout le monde commence à ne plus compter que sur son intérêt personnel et essaie de dépasser tout le monde dans la queue, ça finira en guerre civile cette connerie ! Le premier au guichet, ce sera celui qui aura pris les cours de krav maga !

krav-maga

J’aurai mon ticket avant toi d’abord !

J’exagère, certes, mais je me demande à un moment où ça a chié dans la colle. Je ne suis pas une acharnée des règles à la base, je peux même concevoir que certaines sont discutables. Mais parfois, respecter les règles ne nuit à personne, bien au contraire. Je vous renvoie, par exemple, à cet épisode de Minute Papillon avec sa sublime conclusion sur les limitations de vitesse. Après tout, c’est qui le con ? Celui qui ne respecte pas les règles en espérant ne pas être chopé et qui hurle au scandale dès qu’il se fait flasher ou l’Etat qui sait très bien qu’il y aura toujours des cons pour se croire plus forts que les autres, ne respecteront pas les règles et rempliront tranquillement la caisse avec l’argent de leurs amendes ? On pourrait voir ici un paradoxe : en disant merde à la société et ses règles, vous l’engraissez, intéressant. Non parce que pareil, qu’est-ce qui vous paraît si compliqué dans le respect de la limitation de vitesse, surtout aujourd’hui avec des voitures où tout est parfaitement sous contrôle ? On vous a déjà expliqué que rouler plus vite ne vous faisait gagner que quelques minutes au mieux (et en plus, ça consomme plus d’essence donc ça coûte plus cher). Et si vous avez envie de vous la jouer Fangio, inscrivez-vous au club de kart voisin.

Bref, non, vous n’êtes pas plus malins que les autres, vous êtes juste la lie de la société, vous comptez sur la passivité des gens qui n’osent pas l’ouvrir parce qu’on n’a pas été élevés comme ça mais putain vous gonflez tout le monde et ça finira mal. Si vous avez des accès de rébellion, je sais pas, engagez-vous dans une association qui se bat pour changer les règles pour dessiner un monde qui vous convient… Ah mais oui, suis-je sotte, vous n’avez pas envie de dessiner un autre monde puisque la seule chose qui vous enchante, c’est votre propre confort. Emmerder les autres pour gagner 2 minutes que vous reperdrez très rapidement (genre en attendant le métro ou le train qui n’arrivera jamais), ouah, super, quel gain incroyable !

attendre_le_train

Pour achever cet article sans queue ni tête (mais j’aime bien ces articles à la limite de l’écriture automatique), revenons à la SNCF qui a versé la dernière goutte de cette journée de merde (oui, de merde car l’écran de mon iPhone pro, déjà abîmé, est définitivement mort quand mon chat l’a fait tomber de mon lit. Oui de mon lit, vive la solidité de l’iPhone 5c, hein ! Or mon smartphone ne serait pas mort si j’étais partie puisque, partant sans mon chat, elle ne l’aurait jamais fait tomber de mon lit). 0h, je reçois un mail “ouais, super, vous avez effectué 5 trajets en IDTGVmax, vous avez gagné une étoile”. Super, à quoi sert cette étoile ? A rien ! Si on considère en plus que je suis abonnée à ce service depuis février, 5 trajets c’est pas grand chose… Surtout si on considère que le 5e, c’était celui de vendredi soir, celui que je n’ai pas pu faire donc… Alors la SNCF, vos employés au guichet ont été super et, de façon générale, j’ai été surprise par le calme des gens face à cette situation. Mais revoyez votre communication, pitié…

Le chat casseur d'iPhone

Le chat casseur d’iPhone

Rendez-vous sur Hellocoton !

Hé, regarde, papa, il double !

Aujourd’hui, abordons le transport préféré de la plupart des gens : la voiture. Et en général notre voiture à nous qu’on aime et que même des fois, on lui donne un nom. A y penser, je n’ai jamais nommé ma bonne vieille Clio, tiens. Maintenant, c’est trop tard, nos destinées se sont séparées.

Jusqu’à ce que je vive à Paris, je faisais tous mes longs trajets en voiture ou presque. Quand j’étais petite, on allait à la mer en voiture non climatisée. La montagne pareil. Je me souviens des gigantesques embouteillages au péage d’Albertville, mm. D’ailleurs, une année, on est partis tellement tôt pour éviter la foule qu’on s’est retrouvés comme des cons à la station à 9h du matin alors que les chambres n’étaient disponibles que vers midi. Je vois plusieurs avantages à la voiture. En premier lieu, les horaires : on part à l’heure qu’on veut
ou à peu près. On se fixe une heure de départ mais on n’est pas à cinq minutes près alors que le
train ou l’avion (quand ils sont à l’heure), à cinq minutes près, tu le rates. En plus, en voiture, tu gères ton temps comme tu veux. Si tu es fumeur, tu peux fumer directement dedans ou t’arrêter à une aire quand tu veux.

Autre avantage non négligeable : la tranquillité.  Enfin, tant qu’on n’a pas d’enfants. Mais comme le dit le vieil adage : les enfants, c’est comme les pets, on ne supporte que les siens. Donc dans un avion ou un train, un gosse qui gueule, ça vous ennuie. Dans la voiture, un gosse qui gueule, c’est le vôtre. Parce que dans le train ou l’avion, faut quand même supporter le regard outré des autres voyageurs qui n’aspirent qu’à de la tranquillité et il arrête de brailler ce con de mioche oui ? Ceci étant dit, j’ai une patience très limitée voire inexistante dans ce domaine. Autant les bébés, je ne dis rien parce qu’un bébé n’a que ses pleurs pour s’exprimer et ne comprend pas la notion de « chut, tu déranges les gens », autant y a un âge où l’impassibilité des parents face à leur progéniture bruyante m’agace un peu. Surtout qu’à sa place au mioche, il m’aurait rien manqué… Donc dans la voiture, tu écoutes la musique que tu veux, tu peux dormir dans un cadre paisible si tu es le passager… Et si tes gosses ne sont pas sages, tu fais comme ma mère : tu t’arrêtes à une station d’autoroute, tu fais descendre les enfants et tu les menaces de les laisser là s’ils ne se calment pas. Radical.

Mais la voiture, c’est pas toujours le pied non plus. Bon, déjà, y a la coût : avec le prix de l’essence, je pense sincèrement qu’un aller-retour Paris-Toulouse en avion coûte moins cher que le trajet en voiture. Mais surtout, en voiture, tu es moins détendu puisqu’il faut rester vigilant : quand on conduit, on ne s’endort pas. Sinon, c’est la catastrophe. D’ailleurs, on a plus de chance d’avoir des accidents en voiture qu’en train ou avion (même si on a moins de chances d’en mourir). Donc on s’en fout bien de la tranquillité, on ne peut pas se
reposer ! Si on est seuls, on peut au moins chanter à tue tête avec la radio, ça maintient éveillé et ça rend de bonne humeur.

Mais surtout, en  voiture, l’enfer, c’est les autres. Pas comme dans les transports en commun où on reproche surtout aux autres leur bruit (ou leur odeur de sandwich au pâté). Là, les autres sont des dangers permanents pour nous puisqu’eux ne savent pas conduire alors que nous oui. Et qu’eux sont des abrutis de partir en vacances en même temps que nous. Comme dirait ma mère « on dit que les gens n’ont pas d’argent et pourtant, ils partent tous en vacances! ». Ben oui, en voiture, on s’énerve et on tombe vite dans une mauvaise foi hallucinante. Alors on distribue les connards et connasses à des gens qui n’entendront pas nos insultes (ce qu’on est courageux quand on ne risque rien), on distribuera quelques doigts, on fera exprès de mettre deux heures à se remettre sur la file de droite pour faire chier le Fangio de derrière qui nous fait des appels de phares depuis une heure (ben oui, j’ai qu’à me ranger sous le camion, moi aussi)…

Bref, la voiture, ça a des côtés bien pratiques mais un défaut majeur : ça fait ressortir le pire de nous. Et pour peu qu’on ne trouve pas de place pour se garer à l’arrivée, le premier jour des vacances sera clairement placé sous le sceau de la mauvaise humeur.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Louis

Sur Meetic, les photos tardent à être publié, il faut compter environ deux jours pour trouver sa photo sur son profil, à moins de payer. Etant étudiante, je n’avais aucune envie de donner des sous pour que mes photos soient en ligne plus rapidement d’autant que, au départ, je pensais sincèrement que l’aventure tournerait court. Les premiers jours, je m’amusais donc à visiter pleins de profils et à sélectionner des tas de gars, cachée derrière l’icône type que nous attribue meetic quand nous n’avons pas de photos (un œil, en fait, comme c’est sensuel).
 
Une fois ma photo validée, comme je n’avais pas choisi la plus moche, les visites et les flashs se sont multipliés.
Pour mes « recherches », je me suis d’abord limitée à ma ville, la région attendra. Je fais un peu ma sélection, je visite notamment la page d’un jeune homme que je ne sélectionne pas et flashe encore moins (ça, je ne le fais en général qu’après la rencontre, j’avance à couvert…). Le soir où mes photos sont publiées, je reçois un chat de sa part, j’essaie de répondre mais, comme d’habitude, ça ne fonctionne pas donc je lui envoie mon identifiant MSN et nous partons à chatter là-dessus. Il se prénomme Louis, il me bombarde de photos de lui, de sa moto, de sa future nièce, de son futur chat… En fait, je l’ai trouvé très touchant car, lors de notre second chat, il m’envoyait des photos de chats en train de venir au monde tout en se réjouissant du fait qu’il pourrait en récupérer un.
 
On chatte une semaine avant de se rencontrer, notre sujet de prédilection fut de commenter ce qui passait à la télé puisque nous regardions souvent le même programme. A partir du moment où nous avons fixé notre premier rendez-vous (la veille de l’ascension, pour ne pas avoir à se lever le lendemain), la conversation a pris un tour plus coquin tout en restant relativement soft. La veille de notre rencontre, puisqu’il était convenu que Louis viendrait dormir chez moi, nous avons eu une conversation assez hallucinante sur ce qu’il devait amener à la maison ou pas (« des serviettes de toilette, j’en ai de trop mais je n’ai pas de produit pour tes lentilles, vu que je n’en ai pas ! »)… Ca m’a rappelé ma tendre enfance, quand j’invitais des copines à dormir à la maison. Mais quelque part, ce fut troublant : c’était la première fois que je planifiais ce genre de nuit coquine ! Mais, en même temps, c’était excitant.
 
Le lendemain, le jour X, il passe me prendre directement chez moi pour qu’on aille au restaurant et il arrive dix minutes en avance. J’avoue que je ne suis pas habituée du tout aux hommes ponctuels, je suis toujours tombée sur des retardataires, jusque là, donc je n’étais pas tout à fait prête.
 
Il y a toujours un moment angoissant dans ce genre d’aventure : le moment où l’on se découvre physiquement. Est-il aussi bien que sur sa photo ? Ne va-t-il pas être déçu par la version réelle de ma personne ? Eternelles questions qui reviennent à chaque rencontre. Donc, le voilà derrière ma porte, il est temps d’ouvrir… Fin du suspense, nous nous retrouvons enfin face à face. Bon, il ne ressemble finalement à aucun de ses photos mais il est quand même assez charmant, il a d’immenses yeux bleus qui me scrutent de la tête aux pieds. C’est le jeu, après tout.
 
J’enfile ma ceinture toujours sur le regard appuyé du jeune homme et nous voilà partis pour le restaurant, un moment assez pénible, en fin de compte. La cuisine n’est absolument pas en cause mais mon prétendant n’a pas vraiment de conversation donc les blancs s’enchaînent et, à la fin, je ne fais plus l’effort d’entretenir un semblant de discussion. A 21 heures, nous voilà hors du restaurant et nous retournons tranquillement chez moi pour regarder une vidéo, à savoir « les indestructibles » de Disney, une séance hautement érotique, donc. Au moins, devant le film, on n’a pas besoin de faire semblant d’avoir des choses à se dire. Au fur et à mesure, on se rapproche un petit peu, bras contre bras, jambes contre jambes. Mon sens de l’autodérision me pousse à sourire de la situation, j’ai l’impression que nous sommes deux adolescents au cinéma, attendant impatiemment que l’autre fasse le premier pas. Finalement, c’est lui qui agit, sans doute car il connaissait déjà le film. Je commence à sentir ses doigts gratouiller gentiment mon bras, je prends son geste comme une invitation, à raison d’ailleurs. Nos lèvres s’effleurent et c’est parti pour une étrange séance d’embrassades que j’ai un peu de mal à maîtriser. En fait, Louis a une façon assez bizarre d’embrasser, sa langue fait de minuscules incursions dans ma bouche avant de se retirer, j’ai quelques difficultés à attraper le rythme. Le film continue à passer mais on n’y fait plus attention.
 
La nuit fut douce et câline, il est très demandeur de câlins, on s’endort dans les bras l’un de l’autre, c’est agréable et ça me fait oublier le calamiteux début de soirée. Le lendemain, il reste chez moi jusqu’à 16 heures, il pioche dans ma collection de mangas tandis que j’avance dans la lecture de mon roman, toujours aucune communication mais, étrangement, ça me dérange moins. Après le déjeuner, je me blottis contre lui pour regarder la télé…et je m’endors. Je suis assez coutumière du fait. Avec mon ancien petit ami, j’avais cette mauvaise habitude de m’endormir alors qu’on regardait un film et je ratais pas mal de scènes importantes, je ne comprenais plus rien. En même temps, si je m’endormais, c’est que le film n’en valait pas la peine.
 
Il finit donc par quitter mon appartement vers 16 heures en me donnant rendez-vous sur le chat le soir même mais, même sur Internet, la conversation est toujours aussi laborieuse mais je me suis faite une raison : il n’est pas bavard, je ne vais pas le forcer à me sortir de longues tirades.
 
Suite à ça, j’essaie de le recontacter pour qu’on se voit mais il a toujours mieux à faire. Légèrement agacée, je lui demande si il pense qu’on se reverra et, ô surprise, il me répond : « oui, sans doute. ». Bien ! Apparemment, il a été très satisfait de notre folle nuit, j’avoue que j’en suis un peu flattée, même s’il m’a avoué que je n’étais pas précisément son style de fille.
 
A partir de là, je ne le relance plus, occupée ailleurs. Ceci étant, on se parle toujours, il me demande de mes nouvelles, on se tient vaguement au courant de nos vies. C’est amusant de voir à quel point le dicton se vérifie : « je te suis, tu me fuis, je te fuis, tu me suis ». A partir du moment où je ne l’ai plus sollicité, c’est lui qui est revenu à moi jusqu’au jour où il me propose d’aller au cinéma, ce que je m’empresse d’accepter. Ce n’est pas tant que j’avais une folle envie de remettre le couvert avec lui (bien que je garde un très bon souvenir de nos ébats), mais je mourrais d’envie d’aller voir ce film, en l’occurrence Star Wars III, et je n’aime pas aller au cinéma toute seule.
 
Je lui file donc rencard le mercredi, vu que j’avais deux rendez-vous meetic le lundi et le mardi, dont celui avec Julien. Le jour J, le voici donc qui arrive chez moi, toujours en avance. C’est fou, ce doit être le seul individu à pénis qui est équipé d’une montre… Non parce que si on considère mon individu à pénis de référence, Gauthier, on comprend que je sois étonnée par un mec ponctuel. Au moment où il arrive, j’étais en train de rattraper mon chat dans le couloir donc je lui ouvre et ne lui fais ni la bise, ni ne l’embrasse… En fait, je ne savais pas trop ce que j’étais censée faire : nous ne sortons pas ensemble mais dans la mesure où il a exploré mon intimité, dois-je me contacter de lui faire la bise ou un contact linguistique serait plus approprié ? Avec Benoît, on s’embrasse à chaque fois mais, lui, c’est différent, il ne vient me voir que pour me sauter, pas pour aller au cinéma…
 
Il rentre donc chez moi et il s’installe sur mon canapé, tranquille, et reprend sa lecture de mangas tandis que je fais la cuisine, la conversation se limite à des banalités genre « ça va ? Oui, et toi ? ». En même temps, c’était le lendemain de ma rencontre avec Julien et j’étais en pleine réflexion, je n’avais pas envie de parler. Une fois le repas prêt, on mange en silence devant les infos puis on commence à regarder Clara Sheller, je lui explique rapidement l’histoire, mais nous n’avons pas le temps d’admirer cette œuvre française, nous repartons chez lui pour récupérer sa moto et foncer au cinéma.
 
Ici est le départ d’une grande aventure. En effet, j’ai passé 25 ans de ma vie sans poser mes royales fesses sur une moto donc je pressentais le pire… Pourtant, j’étais sortie avec un motard, dans le temps, mais il avait crashé sa moto et n’avait pas d’argent pour la réparer, donc… Bref, je découvre au passage son appartement et je comprends pourquoi il était plus simple de faire des folies de nos corps chez moi : outre la taille de l’appartement, 20 mètres carrés et un bordel indescriptible, son lit est situé en mezzanine. Donc pour s’envoyer en l’air, vous êtes priés de pratiquer le missionnaire, tout autre position étant soit impossible, soit fortement déconseillée (franchement, se fracasser le crâne pendant un coït endiablé, ça vous casse une ambiance…).
 
On récupère casques et gants, l’engin sur lequel je me hisse avec peine (ma souplesse n’est pas en cause : comment voulez vous que j’arrive à faire quoi que ce soit avec un casque intégral ? Je n’y voyais rien !) et c’est parti ! Comme je lui avais avoué ma virginité en moto, il m’avait expliqué comment se comporter, j’ai été très appliquée. J’avoue que cette expérience m’a beaucoup plu et je suis ravie de savoir que mon futur plan brouette (Cédric, j’en parlerai quand ce sera fait) est un motard et qu’il doit me promener sur cet engin-là. En fait, j’ai toujours aimé la vitesse même si, sur la route, je ne me suis jamais prise pour Fangio… Oui, évidemment, ma voiture était une Clio premier modèle mais tout de même…Sur la moto, on ressent très bien la vitesse, c’est vraiment grisant… Cuisses contre cuisses, mes bras autour de sa taille, le vent qui caresse mon casque… C’est hautement érotique, tout ça !
 
Nous arrivons sans encombre au cinéma mais la séance précédente n’est pas terminée donc il me questionne un peu sur mes aventures meetic, ce qui me dérange un peu. Bien que nous ayons partagé une folle nuit ensemble, j’ai du mal à le considérer comme un confident et je lui réponds très évasivement, il en fait autant. Heureusement, il est temps d’entrer dans la salle et la conversation s’arrête là.
 
Une fois le film terminé, on repart en moto, ce qui nous empêche de commenter quoi que ce soit. Devant chez moi, on s’embrasse de façon assez torride pour se dire au revoir (j’avais oublié qu’il embrassait bizarrement), chacun dormira dans son lit, cette nuit. Depuis, il continue à venir me parler. Un soir, alors que je ruminais des idées noires, il vient discuter, m’expliquant qu’il était avec deux amis. Déchaînée, je m’amuse à lui proposer que tout ce petit monde vienne chez moi pour une folle partie à 4, il entre dans mon jeu… Le plan à 4 est compromis car l’un des participants ne veut pas faire de cochonneries en groupe, l’autre est allergique au chat… Nous rigolons puis la conversation s’arrête. Quelques temps plus tard, je vois qu’un nouveau contact m’a ajouté dans sa liste MSN. Louis m’ayant dit qu’un de ses amis avait attrapé mon pseudo, je lui demande si la personne qui m’a rajouté est bien son ami. En effet, étant blonde naturellement, j’avais eu la grande idée d’utiliser mon pseudo MSN pour meetic donc je recevais de nombreuses invitations que je refusais toujours… En fait, la première fois que ça m’est arrivé, je pensais qu’il s’agissait de quelqu’un à qui j’avais effectivement donné mon adresse et je suis tombé sur un lourd… Je lui demande et là, réponse : « oui, en fait, je suis l’ami de Louis, il est parti aux toilettes »(merci de préciser…). Et voici le jeune homme qui commence à me parler. Je découvre qu’il ne sait absolument rien sur moi, si ce n’est : « tu es mignonne et tu n’habites pas loin »… Je me demande ce que Louis a dû dire sur moi pour que ce jeune homme se jette virtuellement sur moi… Je sais qu’il leur a montré des photos de ma personne mais a-t-il raconté nos brouettes ? En attendant, je sympathise avec Aurélien et, maintenant, je suis dans une situation bizarre : Louis me casse souvent Aurélien sans pour autant me déconseiller franchement de coucher avec lui (de toute façon, je fais ce que je veux et je ne suis pas sûre qu’il se passera quelque chose avec lui). Je ne sais pas si j’ai très envie d’être la fille que l’on se passe de pote en pote…
 
Cette semaine, Louis est un peu revenu dans mon paysage, j’avais besoin de ses services, en fait. En effet, je me suis pris un vent magistral avec Julien, le week-end dernier, mon catsitter attitré. Déjà, je narre mes malheurs à Louis sur MSN et ce charmant garçon décide de me remonter le moral en m’assénant une phrase pleine de poésie et d’amour : « Pourtant, tu es un bon coup ! ». Bon, mon ego devrait s’extasier de cette déclaration (bien que je n’ai jamais eu de doutes sur ce point…) mais il faudrait que les hommes comprennent que sous mon opulente et appétissante poitrine, un petit cœur bat. Ayant perdu mon catsitter officiel, je demande à Louis s’il peut le remplacer et il accepte. Voilà une bonne épine enlevée de mon pied, ô joie !
 
Avant de repartir dans ma province, je passe donc chez lui pour lui amener un double de mes clés. Il s’est laissé pousser la barbe et ça lui va bien, ça le vieillit un peu, je trouve. On se fait la bise, cette fois-ci, on discute quelques minutes, il a parfois tendance à me regarder droit dans les fesses (quelle idée !), ce qui me trouble un peu mais je n’ai pas le temps de m’attarder, j’ai un rendez-vous avec une collègue de mon ancien stage. En tout cas, une chose est sûre : je trouve ce garçon sympathique, il est gentil malgré sa maladresse et s’il est tenté pour une nouvelle nuit blanche en ma compagnie, j’accepterai avec grand plaisir…
Rendez-vous sur Hellocoton !