Apprendre, c’est tellement cool !

Mon cher moi d’avant

Tu dois te demander pourquoi j’écris alors que j’ai même pas fini mes articles sur le Canada, que j’ai même pas encore lancé officiellement ma série sur les plans cul et que l’actualité est tellement brûlante que j’aurais dû écrire 38 articles dessus ? Alors de 1, je manque de temps (et ça me frustre) et de 2, tu sais rien de la vie, viens pas me donner de leçon. D’ailleurs, c’est aujourd’hui en tant que version de toi pleine de sagesse que je viens te parler de la magie de l’étude et du savoir. Et ne lève pas les yeux au ciel, je te vois! *

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Tu es une chanceuse : ta mémoire d’éléphant et on esprit logique te permettent de récolter de bonnes notes sans bosser. Les devoirs ? On fera ça en 2/2 avant le cours parce que le soir, y a Beverly Hills et Melrose Place, c’est bien plus cool que des exos de maths ou revoir sa leçon d’allemand… Ouais, sans doute mais… Tu es en train de passer à côté du truc le plus cool du monde : apprendre.

apprendre

Je n’ai jamais trop aimé la contrainte. Faire mes devoirs me plongeait dans un ennui abyssal, je ne lisais que peu les livres qu’on nous demandait de lire en français (alors qu’évidemment, 20 ans plus tard, je lis du Stendhal en me disant qu’à 16 ans, j’étais vraiment une dinde) et puis après 8h de cours, mon cerveau criait grâce. Alors sur ce point, je vais avoir du mal à contre-argumenter : récemment, j’ai suivi une formation excel -et je me suis éclatée- mais au bout de 7h de cours, j’étais totalement épuisée. Ce qui donne un bon indice de mon implication intellectuelle dans le travail, tiens… Bref, je m’égare mais apprendre, c’est ultra cool.

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Tu en as déjà un peu l’intuition. Dès qu’un sujet te plaît, tu es capable de lire tout ce qui te tombe sous la main sur le sujet. Genre le théâtre romantique où tu as lu les plus connus au lieu de te contenter de Lorenzaccio que ta prof de français avait choisi, tu avais lu pas mal de profils aussi et de livres qui t’avaient permis de pas mal maîtriser le sujet. Sujet qui tomba d’ailleurs au bac… Mais pour les sections ES et S car les L, nous, nous avions droit à une dissert sur Malraux. Tiens, faudra que je re teste Malraux à l’occase, peut-être que ça passera mieux, qui sait ? Bref, quand un sujet te plaît, tu ne comptes plus les heures passées dessus à te documenter, à écrire. Mais pour le reste….

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Et c’est un tort. Reprenons l’allemand parce que figure-toi que tu vas développer un traumatisme par rapport à ça. Oui un traumatisme, je pèse mes mots. Au bac, ta note relativement basse (11, ce qui me paraît pas mal pour une langue que je n’ai au final jamais comprise et surtout pas maîtrisée) te convaincra de ne plus jamais y toucher. A la fac, ce sera anglais, anglais, anglais… Enfin, QCM en première année, questions sur texte et version avec dictionnaire autorisée en deuxième année puis plus rien. C’est quelque part un peu étonnant que j’ai réussi à garder un certain niveau en anglais juste en lisant quelques livres d’histoire (l’avantage de choisir des sujets de maîtrise sur des pays anglophones) et en matant distraitement des films et séries en VO, sans faire l’effort de comprendre ce qu’il se dit. Ceci étant, sans vouloir me défendre, j’aurais aussi parfois de sous-titres sur des séries/films français car dès que ça n’articule pas, je ne comprends plus rien du tout. Bref allemand remisé au placard et inconscient qui vient me titiller régulièrement avec ce cauchemar “tu passes le bac allemand et tu as tout oublié”.

Portrait of a young German football / soccer fan, with the German Flag on his face.

Portrait of a young German football / soccer fan, with the German Flag on his face.

Et puis en 2015, une pote, Zénobie, te parle d’un site pour réviser son anglais : Duolingo. Tu te lances d’abord sur l’anglais et l’espagnol (langue que tu n’as jamais apprise à part trois mots enseignés par un papa catalan français mais bilingue, pour le coup) puis voilà l’allemand qui apparaît. Alors tu te lances et tu te rends compte qu’en fait, l’allemand est une langue géniale car on dit TOUTES les lettres. Une fois que t’as compris que “ch” s’écrit “sch” et que tu reconnais les sons avec ou sans umlaut, cette langue est facile : il y a des règles, il suffit de les connaître pour les suivre. Excitée, tu te lanceras par la suite à la découverte du russe et du suédois (sur la version anglaise du site, noeud au cerveau)… mais on va en rester au suédois pour l’instant.

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Apprendre est si excitant. Ca ouvre tellement de possibilités. Il n’est pas dit qu’apprendre le suédois me fera partir vivre en Suède ou que ça m’ouvrira un poste quelconque mais c’est juste un savoir, une ouverture sur une culture. Et je parle des langues mais en ce moment, je me prends de réelle passion pour les statistiques et ce que ça peut ouvrir comme perspective. En ligne de mire : l’économétrie. Je coche les MOOCs qui me tentent, j’essaie de voir comment devenir cette économètre en me demandant comment j’ai pas compris plus tôt que j’étais faite pour ça. Déjà, dès que je peux jouer un peu avec les datas au boulot, je suis ravie, j’essaie de croiser les données dans tous les sens pour en tirer une histoire valable. Je sais maintenant comment trier intelligemment mes données grâce à des formules excel apprises à ma formation et la gestion de tableaux croisés dynamiques. Prochaine étape : maîtriser R, le logiciel de statistiques.

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Alors tu vois, mon moi d’avant, tu chies un peu dans la colle. Ta paresse n’a jamais été un réel handicap mais quand j’y repense, notamment à cette mémoire incroyable, en bossant un minimum, ta moyenne de langue aurait dû être 14-15 facile au lieu du paresseux 11… Ce qui n’aurait peut-être pas changé grand chose à part un élément : cette mythologie que tu t’es construite en te disant que tu n’étais pas douée pour les langues. Si, tu l’es… c’est juste que le poil dans la main que tu as longtemps eu t’as empêché de le remarquer. Et je peux te le dire : à 36 ans (enfin quasi), je m’éclate enfin à apprendre l’espagnol, l’allemand et le suédois. Jag är Nina et… oh ben faut un début à tout !

* Je vire complètement schizo

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After de Anna Todd

J’ai une lourde croix à porter. Pour mon anniversaire (celui d’avril, oui), on m’a offert pas moins de 4 volumes d’ After de Anna Todd. Sur le coup, je déballe le cadeau et me retrouve face à 4 pavés aux couvertures fluos, un peu étonnée “tu sais ce que c’est ?” “Non” “C’est pareil que Fifty shades of grey!”. Ah ok, j’ai dû communiquer une mauvaise information à un moment pour ue tu penses que j’aime cette littérature. 4 volumes. Mais c’est un cadeau, je me suis fait un devoir de lire les 4. J’ai terminé le 1er et je vous avoue que ma bêta testeuse (Anaïs, qui a dévoré les 50 nuances…) a vraiment du mal à finir le 2. Donc pour vous expliquer pourquoi on en chie des ronds de chapeaux, laissez moi vous conter l’histoire.

After de Anna Todd, l'érotisme pour les coincées

Theresa dite Tessa, arrive à la fac. Fille à maman qui lui a bien serré la vis, fiancé au good boy qui sent bon le chocolat chaud et les corn flakes, elle fait la rencontre de sa coloc de chambre, une meuf piercée, tatouée et habillée comme une pute (ce qui dans la tête de Tessa veut dire “jupe qui arrive au dessus du genou et débardeur). Maman de Tessa est très fâchée mais fifille ne veut pas faire d’histoires. La coloc, Stef, a plein d’amis tous tatoués aussi dont Hardin, un Britannique que Tessa déteste car il est trop con. Mais au fil des soirées alcoolisées, les deux vont se rapprocher jusqu’à ce que…

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Bon, rien de neuf sous le soleil : la petite vierge et le bad guy, ils se détestent donc se kiffent à mort et après 475 pages de niaiseries, ils finissent par coucher ensemble (bon, ils ont fait un peu de touche pipi et de caresses buco génitales avant, quand même). Tessa, ravagée par la passion, plaque son mec à la guimauve, se fâche avec maman, quitte sa chambre d’étudiante pour partir vivre avec Hardin. Ouais, ok. Les scènes de cul sont convenues mais pour le coup, elles sont légèrement plus charmantes que celles de Beautiful Bastard qui étaient toujours écrites sur le même schéma. Charmantes, pas excitantes.

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Ah, le schéma narratif, parlons-en. Comme Beautiful Bastard, on retrouve systématiquement les mêmes séquences “dispute-Han je te déteste Hardin-sexe ou tripatouillage”. Faudra un jour que je me penche sur cette question du “les Américaines se libèrent sexuellement après une dispute”, ça semble particulièrement les exciter, quand même. En tout cas, Tessa, ça lui fait de l’effet, même si on a droit à chaque fois à “mais c’est trop un con, je le déteste, plus jamais je lui parle ! Baisons!”. Mon Dieu. Tant que nous sommes à parler de Tessa, je n’arrive pas à décider si l’auteur est très doué pour nous peindre un personnage flippant de psychorigidité, ce qui la rend assez antipathique au demeurant, ou si cet effet est involontaire. Non parce que Tessa, c’est la meuf qui, au bout de 2 jours de cours, veut à tout prix avoir 15 jours d’avance et faire tous les devoirs (y compris ceux qu’on ne lui a pas donnés?), se met systématiquement au premier rang et lève la main et à chaque question mais surtout, surtout, elle passe sa vie à mettre des réveils pour tout chronométrer : “allez, 20 mn de littérature puis 10 mn de douche puis sieste de 15 mn puis pipi de 2 mn” mais… je crois que tu devrais te faire soigner, mademoiselle. Et puis elle est coincée, putain. Au début du roman, elle se choque que sa coloc et ses amis boivent de l’alcool, qu’elle soit la seule à être encore vierge, que personne ne comprenne qu’elle veut se préserver pour son mariage… Mais le pire, c’est que quand elle finit par tripoter Hardin, elle se choque de ses mots cochons, genre “t’as un trop beau cul”, “oh, je vais jouir” et la meuf, dans sa tête “ohlala, je m’habituerai jamais à son langage grossier”. Heu, pardon, quel langage grossier ? Non mais je veux bien que la fille soit coincée et qu’on insiste LOURDEMENT sur ce point mais le mec va au pire lui dire un “j’ai envie de toi”, pas un “je vais te baiser comme une grosse chienne et aller tellement au fond que ça va ressortir par la bouche”… Ah, et truc que je ne supporte pas, ils n’arrêtent pas de s’appeler “bébé”. Je sais que les Americains adorent ça mais je déteste ce sobriquet, vraiment.

Je n'ai aucune idée de ce qu'est ce film mais les 2 garçons sont tout à fait flippants

Je n’ai aucune idée de ce qu’est ce film mais les 2 garçons sont tout à fait flippants

Pour finir, dernier point et non des moindres : la prétention HALLUCINANTE de l’auteur. Pas mal de scènes se passent en cours de littérature anglaise où nos jeunes héros étudient entre autre Les hauts de Hurlevent et Orgueil et préjugés*. Et l’auteur ose à chaque fois faire des parallèles entre les héros de ces romans et Tessa et Hardin. D’ailleurs, je me demande si c’est vraiment un hasard si Hardin commence par un H comme Heatcliff et si Theresa et Catherine ont des consonances proches. Non mais sérieux, comment tu peux oser un tel parallèle ? Est-ce que moi, j’irai écrire un roman en me plaçant subtilement à l’égal d’un Moravia, par exemple ? Je ne crois pas, non. Il faut quand même être sacrément sûr de son coup pour se positionner direct en face d’un monument de la littérature anglaise et sans frémir, s’il vous plaît. Dommage, tu n’arrives pas à la cheville d’une Emily Brontë. Comme quoi, le sexe n’est pas vraiment l’ingrédient phare des bons romans.

Wuthering-Heights

* que j’étais justement en train de lire en parallèle, cet étron m’a en plus spoilé la fin… Bon, ok, elle était prévisible mais quand même…

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Les délices de la régression

Comme vous l’avez sans doute remarqué, en ce moment, je suis pas trop à la fête au boulot. Faut dire que ma lose habituelle semble pleinement s’épanouir depuis que j’ai ce poste, on a les pire problèmes techniques. Genre une fois on a eu un méga bug, l’hébergeur technique nous a expliqué qu’il y avait une chance sur un million que ça arrive. N’empêche qu’on aurait pu finir par mettre la clé sous la porte avec ces conneries, c’était quand même bien la merde.



Bref, je vis avec la loi de Murphy comme compagne. Curieusement, je finis par m’y habituer. En fait, avec ce nouveau boulot, je me découvre des trésors de patience totalement insoupçonnés. Bon je ne dis pas que, des fois, j’engueule pas copieusement mon pc, seul truc sur lequel je peux verbalement me défouler. Mais d’autres fois, je me contente de pincer le haut de mon nez, de souffler très fort et de me lever avec grâce en proposant à Isadora « On va fumer une clope, là ? ». Ou je vais faire pipi. Bref, je sors trente seconde de mon environnement, ça va de suite mieux. De toute façon, que ce soit un client ou un truc informatique qui me cherche (je rappelle que j’ai quand même cassé mon disque dur fin juillet), à part crier dans le vide, y a pas grand-chose à dire. Oui, la vie n’est pas la même quand on est du côté prestataire, aussi.


Vendredi, j’étais donc au bord de je ne sais trop quoi, mélange d’épuisement, vague envie de pleurer, marre d’entendre mon nom prononcé toutes les 30 secondes car y a un problème sur ça, puis ça, puis ça et tiens, là aussi… Je fais face, je reste forte même si mon collègue commence à me dire de faire attention à moi, de me protéger. Pas de souci, je m’accroche à l’idée que ce week-end, je vais dormir, glander, avoir la paix. Et tant que j’y suis, je vais faire dans le régressif. J’aime le régressif, ça me rappelle une époque pas si lointaine où j’avais ma maman pour me bichonner le week-end ou quand j’ étais malade. Alors, direction Monoprix et on y va : un paquet de coquillettes et du Kiri. Oui, le truc qu’on mangeait petits. Enfin, moi, j’ai découvert les kiri, j’avais 16 ans car ma maman trouvait ça dégueulasse. Je suis plus de  la secte Babybel, moi à la base (je les aime toujours mais juste très frais. Tièdes et mous, je les déteste). Mais là, j’avais une irrépressible envie de coquillettes au kiri parce que j’ai l’impression d’avoir 8 ans quand j’en mange et y a des jours, je me dis qu’avoir 8 ans, c’est quand même super bien. Parce qu’une fois les devoirs faits (je les faisais toujours le dimanche), quel pied ! Je pouvais aller jouer au tennis contre le mur de l’immeuble ou au volley, aller jouer avec les voisines et faire des potions magiques ou jouer avec mes playmobils dans ma chambre. Oui, tu vois, quand on était petites, avec les voisines, on aimait bien faire des potions, ça consistait à prendre de l’eau et à y faire infuser de l’herbe, des feuilles, plein de trucs qui traînaient par terre ou dans les arbres. On trouvait ça trop bien. Je te dis pas toutes les saloperies qu’on a dû avaler…


Bref, ce week-end, j’ai régressé. J’ai dû dormir 24h tout cumulé, j’ai mangé des coquillettes au kiri, j’ai délicieusement glandé, regardé la télé (et dormi devant). J’ai lu que des magazines, Nabokov attendra la semaine. D’ailleurs, à propos de Nabokov, je suis en train de lire Ada et je me pose une question. Le style Nabokovien est-il bien plus lourd dans ce roman ou est-ce le traducteur qui n’est pas bon ? Parce qu’il me tombe un peu des mains, Ada. Mais je viens de commencer, voyons un peu ce que donnera la suite. Enfin, si j’en crois Wikipedia, c’est bien Nabokov qui s’est un peu trop stylistiquement éclaté pour le coup. Mais Wikipédia n’est pas forcément source de vérité absolue.


Tout ça pour dire que j’aime mes petites régressions du week-end, je me suis même fait un grog samedi soir pour faire comme si j’étais à la maison et que ma maman me bichonnait. Et du coup, je repars reposée (tu m’étonnes, avec tout ce que j’ai dormi) et plus battante que jamais… Et ce au moins jusqu’à mercredi !

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I like to move it, move it !

Salut mon moi d’avant,

Je reviens te parler de sport, comme promis. Tu vois, il est important dans la vie de tenir ses
promesses mais à ce niveau là, de mémoire, ado, j’étais déjà une personne d’honneur. Mais je crois surtout que je promettais pas beaucoup. Bref, parlons peu, parlons sport.





A l’heure actuelle de quand tu reçois cette lettre, mettons vers 14-15 ans, tu es un vilain petit saindoux qui navigue entre le 42 « élastique » et le 44. Evidemment, y a pire mais nous le découvrirons plus tard, ça aurait pu être mieux. Le seul sport que tu pratiques est l’EPS au collège/lycée (enfin, quand je dis pratique, c’est quand tu te planques pas pendant le cours d’endurance et quand tu ne refais pas le monde avec tes copines sur le gros matelas de gym ou de saut en hauteur) et le tir à l’arc ou, soit dit en passant, tu ne seras jamais vraiment bonne malgré la bonne vue que tu avais à l’époque. Ah, oui, tiens, je te préviens : dans une dizaine d’année, tu seras myope. Voilà, c’est dit.

Le reste du temps, tu croupis sur le canapé familial à mater Beverly Hills et autres Melrose Place en mangeant ton bol de chocapic ou n’importe quoi d’autre. Tu envoies du rêve, là, t’imagines même pas.  Bon, alors pose ce bol de chocapic et écoute-moi. Tu vas faire du sport. Non, ne grimace pas ! Je sais que dans le sport, ce qui ne te plaît pas, c’est la compétition puisqu’à priori, tu te considères mauvaise. Tu n’as pas forcément tort en soi, tout dépend de quel côté on regarde mais par exemple, souviens-toi, fin 4e, tu avais fait une partie de basket un peu informelle avec deux autres filles et un garçon, Jérôme. Comme vous aviez joué quelques balles avant et il t’a choisie d’office pour faire partie de son duo de basket. Jérôme, l’un des mecs les plus populaires du collège ! Pourtant, au vu de ta petite taille, on aurait pas cru  mais voilà. Le problème, c’est que tu n’as pas d’endurance mais
ça, ça se travaille.

Et puis y a la natation. Tu as toujours été douée en natation. Souviens toi au primaire, alors que tu avais encore un ventre tout rond de bébé, le prof te demandait toujours de montrer aux autres comment faire. Ahah, la petite grosse qui apprend le sport aux autres, c’était bon ! Même qu’il y avait cette fille, la sportive de service, qui t’avait dit que si tu maigrissais un peu, ce serait mieux tant elle était dégoûtée que tu fasses mieux qu’elle. La natation, mon enfant, c’est ton avenir. D’ailleurs, tu vas le découvrir malgré toi l’été 95. Comme ce petit con de Guillaume (encore un, tu vas voir, ce prénom te suivra toute ta vie) dont tu étais folle amoureuse au collège et cette bitchasse de Nathalie ne t’ont pas invitée à leur boom, tu t’es défoulée en… nageant. Tu te faisais 1km par jour de brasse. Résultat, à la rentrée, tu ressemblais enfin à quelque chose mais pendant longtemps, tu as juste attribué ça à la puberté alors que non, c’était ton km de natation.


Et la danse ? Tu adores danser. Pas en pro, entendons nous bien mais combien de fois tu as allumé la chaîne avec ton dance machine pour remuer ton cul dans ta  chambre ? Ben, ça, par exemple, au lieu de bouffer ton chocapic devant Melrose Place (à la fin, Amanda finit avec Jake), tu le fais. C’est pas compliqué, tu montes dans ta chambre, tu dis que tu vas faire tes devoirs et tu remues tes fesses pendant une heure. Ah par contre, rassure-toi, je te ferai pas la morale sur le fait que tu ne fais pas tes devoirs, ça n’a pas eu grand impact à l’arrivée (mais fais-les un peu quand même, ça t’évitera des frayeurs).

Tu vas voir, être bonnasse a du bon et surtout, t’en auras rien à faire de cette bitchasse de Nathalie ou de ce couillon de Guillaume, tu seras aussi populaire qu’eux. Tiens, d’ailleurs, la prochaine fois, je t’en parlerai de ce couillon de Guillaume ou comment être raide amoureuse d’un crétin.

PS : Ah, j’oubliais, faut bien mettre le clip :


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J’’aime pas le dimanche

Au septième jour, comme il s’était bien décarcassé, Dieu décida d’arrêter là sa création et décida d’aller se reposer. Bon ok, créer le monde en 6 jours, c’est balèze, il avait bien le droit à une petite sieste. Mais voilà, le dimanche, du coup, c’est le jour du rien, le non-jour de la semaine. Et je l’aime pas.

Petite, les heures du dimanches qui s’égrenaient à une vitesse folle me faisaient penser à un ultimatum : bientôt la fin du week-end ! Il est 16h, tu dînes à 20, il te reste 4 heures pour faire tes devoirs… Bon, d’abord, je goûte. Puis après cette sacro-sainte pause (comme si j’avais interrompu mes devoirs pour ça, tiens, je les avais même pas commencés !) à base de
chocapic tout en feuilletant un magazine, je retourne dans ma chambre où je fais semblant de bosser, sauf quand j’ai un devoir à rendre. Dimanche 20 heures, devoirs rarement faits mais c’est pas grave. Moi, j’étais la rebelle du primaire, du collège et du lycée : jamais je ne faisais mes devoirs mais j’avais toujours de bonnes notes. Dégueulasse hein ? Reste que le dimanche, je n’aime pas ça, devoirs ou pas devoirs. Et encore, les devoirs, ça occupe…
Oui car que faire un dimanche ? Du shopping ? Ben non, les magasins sont fermés. Aller chez le coiffeur, l’esthéticienne, le docteur, l’agence immobilière, la banque ou je sais pas quoi ? Non, ils sont tous fermés. Oui, ils travaillent en même temps que nous, logique, me direz-vous. Tout ça, faut le faire le samedi. Bon, s’il fait beau et que nous sommes à une période de l’année où il fait bon, on peut aller se promener, prendre la voiture pour partir au fin fond du département ou chausser les baskets pour déambuler dans la forêt voisine. Mais, curieusement, le dimanche, il pleut souvent. Alors on glande, on ne regarde pas la télé car il n’y a rien. Vidéo-Gag, ça fait 15 ans que ça passe et se farcir les présentateurs entre les gags, c’est d’un pénible… D’ailleurs, ils ont bien fait de remplacer Bernard Montiel par M. Météo, j’ai pas vu la différence, ils récitent tous les deux de façon pénible et ennuyeuse leur texte. Là, y a une blonde en plus qui doit feindre l’enthousiasme mais c’est pas trop ça. Le public, maintenant, ce sont des enfants mais je me demande s’ils ont pas recyclé les images du public du Club Dorothée. Sinon, y a le maillon faible, rapidement lourd, 7 à 8, émission ni racoleuse, ni voyeuriste, Drucker qui roupille sur un canapé tandis que ses chroniqueurs font de l’auto-promo à fond. Par exemple, Philippe Geluck, personne qui m’énerve, il faut l’avouer : « oui alors M. l’invité, je vous ai fait un dessin du chat, vous savez, ma BD dont le volume 8 vient de sortir ! ». Bon, Geluck sort sa blague, souvent nulle et Drucker, à la fin, il fait le récapitulatif : « notre invité, Bidule, qui sort un film au cinéma le 7 janvier, Philippe Geluck dont le volume 8 du chat vient de sortir, vous pouvez retrouver Anne Roumanoff tous les soirs à une salle de spectacle et Jean-Pierre Coffe dans sa cuisine. » Soyons franc, cette émission résume parfaitement les ambiances de dimanche : c’est mou, c’est chiant, c’est morose. Et en plus, j’ai l’impression que le montage accentue encore cette impression.
Le dimanche, c’est se coller le nez à la fenêtre et regarder la pluie qui tombe. C’est soupirer quand on allume la lampe à 18 h car la nuit tombe : week-end déjà fini, on repart sur une nouvelle semaine. Ce n’est pas tant la perspective de cette nouvelle semaine qui commence qui me mine que celle de la semaine qui se termine. Cette semaine, j’aurais voulu finir mon roman, raté. Cette semaine, j’aurais voulu finir mes devoirs, raté. Cette semaine, j’aurais voulu appeler la mairie pour savoir comment je peux avoir le RMI, raté. Cette semaine, j’aurais voulu qu’il m’appelle pour me dire de le rejoindre chez lui, raté. Bref, les dimanches, c’est l’heure du mini bilan de la semaine : tout ce qui devait être fait et ne l’a pas été, ça fout la trouille. Et puis, y a le terrible constat : que s’est-il passé cette semaine ? Rien. Pas d’appel pour du boulot, pas de charmant jeune homme pour me consoler, Brad et Angelina sont toujours ensemble et Kenya ne sait toujours pas faire la vaisselle (ça m’arrangerait).Des fois, le dimanche soir, à l’heure du bilan, j’ai comme une boule à la gorge… Et à la télé, y a que des trucs pour me démoraliser encore plus, des émissions sur des meurtres, des crashs d’avions, des scandales, des ci, des là… Tous pas beaux, tous malhonnête, l’homme est un fruit pourri. Si, des fois, y a
Urgences. Cette série est un peu particulière pour moi puisque quand j’étais au lycée, on la regardait tous à la maison, papa, maman, Alice et moi. Plus tard s’est agrégé Guillaume 1er qui adorait. Je l’ai ensuite regardée avec Arnaud et Guillaume II. Et seule. Je me souviens de mon premier urgence seule, j’étais triste : le lendemain, je commençais la fac et je pensais au reste de ma famille qui regardait ça collégialement. Et moi, toute seule dans mon coin. En plus, Urgences, maintenant, c’est chiant. J’ai même plus le beau George Clooney pour faire passer mon cafard, j’ai plus qu’à aller me coucher.
Des fois, le dimanche, c’est repas de famille : ça égaie, mais c’est pire au niveau « sentiment qu’on n’a pas vu passer le week-end ». On apérote (hop, une coupette de champagne), on déjeune mais pas qu’un peu : entrée, deuxième entrée, des fois, plat, fromage, dessert, re-champagne, café. Comme aujourd’hui, un peu. Ma mamie et ma tatie sont venues, nous avons mangé joyeusement et pendant le café, alors que ma sœur et mon père avaient fui, ma grand-mère, pompette, raconte à quel point ma mère était une vilaine peste petite et ses sœurs, guère mieux. Moi, je
suis pleine à craquer et le champagne fait des bulles dans mes yeux. Ca pique, la meilleure façon de les soulager, c’est de les fermer. Oui, d’ordinaire, moi, le dimanche, à midi, je dors, je ne mange pas. Donc le repas s’éternise, ma tête s’appesantit et le temps qu’on finisse, qu’on débarrasse et tout ça, c’est 17 heures. Qu’as-tu fait de ton dimanche ? Bah, j’ai mangé.
J’aime pas le dimanche. En plus, dans ma famille, ils décèdent toujours un dimanche. Mon grand-père (je n’étais pas née), mon autre grand-père, mon oncle, ma tante… Ils ont tous trépassé un dimanche, c’est comme ça. Quand le téléphone sonne un dimanche et que mon père n’est pas de garde (ce qui arrive relativement rarement, il faut l’avouer), ma mère a un peu peur. Je me souviens la dernière fois que quelqu’un est mort dans ma famille : un dimanche ensoleillé, tout va bien, on déjeune tranquillement à trois (ma sœur étant à Londres) quand le coup de fil retentit. On abandonne tout sur place et, depuis, on n’a jamais plus mangé de poisson aux petits légumes.
Le dimanche, c’est aussi le jour où je me sens sale. Comme je sors pas, je fais le minimum d’effort : en jogging, un coup de brosse histoire d’éviter les nœuds et pas de maquillage (pourquoi faire ? Séduire George Clooney à travers la télé ?). Je traîne, je glande et le soir, je me sens cra-cra. Alors que je n’ai rien fait de physique ou salissant (parce que quand je le
fais, je me lave, du coup). C’est juste parce que je suis en négligée et que je ne suis pas si habituée que ça à ne pas être parée. Et qu’en plus, j’aime même pas ça, être en jogging parce que ça fait sac à patates et je me sens moche.
Un nouveau dimanche se termine. Cette semaine, j’ai eu une hypothétique proposition de stage (à suivre), j’ai appelé un beau garçon et papoté une heure avec lui, j’ai eu une idée fantastique, j’ai eu des cadeaux d’anniversaire tout plein. Mais les gens m’ont pris une taille (voire deux pour certains vêtements) en trop sur les fringues (pas vexant du tout), j’ai bouffé comme dix en culpabilisant parce que si on me prend des tailles en trop sur les fringues, c’est que je dois ressembler à une baleine. Brad est toujours avec Angelina (oui, ma mère lit Voici donc j’ai pu le
constater), Kenya roupille au lieu de faire la vaisselle et j’ai fait un rêve cette nuit qui m’a rendue tristoune et perplexe pour la journée.
Foutu dimanche !
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