Où trouver l’homme ? Episode 10 : le smirting

(Je rappelle à mon lectorat et surtout à ceux qui tomberaient ici pour la première fois que cette série est une joyeuse fiction. Actuellement, le seul homme dont j’aurais besoin, c’est d’un kiné).


A la recherche du prince charmant

Le smirting, qu’est-ce que c’est ? C’est la drague entre fumeurs sur le trottoir devant les bars, c’est donc une pratique très 2008. N’ayant pas réussi à verrouiller une cible dans le bar, je vais aller m’en griller une petite sur le trottoir ne sait-on jamais.

 

Etape 1 : oublier son briquet. Ben oui, c’est super bateau mais c’est toujours la meilleure façon d’entamer la conversation sans en avoir l’air. Me voici donc dehors. Erreur tactique numéro 1 : il fait froid donc j’ai ma doudoune d’hiver, je ressemble plus à Mme Michelin qu’à Carmen Electra. Mais bon, la veste en jean, là, c’est pas possible, je vous rappelle qu’il a neigé y a une semaine. Ah tiens, y a un mec pas mal là mais il est avec quelques potes, je tente ou pas ? De toute façon, faut bien que je demande du feu, j’en ai pas.

Allez, à trois, je me lance.

Etape 2 : voix de velours et grand sourire. « Bonsoir, est-ce que je pourrais vous demander du feu, s’il vous plaît ? Merci ! ». Là, le truc, c’est de pas lâcher la proie et enchaîner de façon intelligente. Alors je pourrais faire remarquer qu’il fait froid mais ils sont pas cons, ils ont dû remarquer tous seuls. Puis ça donne de suite l’image de la nana creuse, c’est pas topissime. On va pas non plus commencer de suite par un sujet politique ou artistique, ça va leur faire peur. Non mais imaginez une petite nana cachée dans sa doudoune qui vous demande du feu et fait : « ouais et alors, le passage de la flamme olympique à Paris, vous en avez pensé quoi ? » ou encore mieux « et alors, t’as voté pour quoi aux dernières présidentielles ? », non, non, non, je vais passer pour une tarée. Surtout que j’ai tendance à avoir des opinions et à les défendre avec de grands moulinés de bras. Bon, on va tenter le bateau : « vous connaissez ce bar, vous le fréquentez souvent ? ». Tarte powaaaaaaa !


Etape 3 : Essayer d’attiser la conversation, toujours en laissant de côté les sujets qui fâchent. Alors deux hypothèses : les messieurs ne sont que de passage sur Paris alors il va falloir vanter les charmes de notre chère capitale. Soit ce sont des gars du coin et là, va falloir se la jouer provinciale benête (féminin de benêt)
« Ouiiiiiiii, je viens d’arriver sur Paris et je connais pas trop, tu compreeeeeeeends, hihi ! ». Ben oui, le prince charmant est par définition serviable et il sera ravi de me
faire découvrir la capitale, main dans la main, yeux dans les yeux, tout ça quoi. Hé oui la balade romantique, c’est peut-être cliché mais ça marche toujours. Les messieurs me répondent, ce sont des Parisiens alors jouons la carte de la provinciale, retrouvons notre accent toulousaing. Je leur demande quelques bonnes adresses, des endroits sympas pour se balader « les quais de Seine, le dimanche, c’est sympa, on peut faire du roller ! ». Ah ouais mais moi, le roller, c’est fini ! Je leur raconte ma mésaventure, ils rient. Homme qui rit, à moitié conquis. Ah, y en a un qui semble très motivé pour me faire visiter sa ville, cool. Je suis trop forte.

Je finis ma cigarette. Heureusement, si j’ai pas pris mon briquet, j’avais pris mon portable pour noter son numéro, mouahahahah. Ainsi, la semaine prochaine, je
draguerai en balade romantique à travers Paris.

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Où trouver l’homme ? Episode 6 : aux urgences

(Je rappelle à mon lectorat chéri que tout ceci est une blague et que je suis toute entière en vrai et que je fais pas de rollers depuis 1989 de toute façon).

Dans ma quête effrénée de l’homme, j’ai chuté. Physiquement, j’entends, c’est pas une figure de style, je suis vraiment tombée. Tout ça parce qu’un gamin s’est dit que se vautrer dans mes jambes pourrait être une bonne idée et depuis, j’ai mal au poignet et je trouve que la douleur, elle met du temps à passer. D’ailleurs, c’est bizarre, quand je bouge le poignet, ça fait automatiquement pleurer mes yeux, je ne trouve pas ça très rassurant. Bon, un t-shirt jaune finit par comprendre que j’ai vraiment mal et me propose de m’emmener aux urgences.

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Générique : ti-wouuhuut ti-wouuuhuuut- tadadada- tadam-tadam- tatadadadam. Alors je précise que c’est celui d’Urgences car apparemment, personne n’a reconnu quand je l’avais mis dans l’épisode du ski. Alors pour moi, les urgences, c’est George Clooney, Noah Wyle et Goran Visnjic qui ont le bon goût de,culbuter parfois leur patiente dans la salle des radios. En vrai, c’est pas ça du tout. Déjà, à l’accueil, y a même pas Kubiak. Et puis c’est con mais un hôpital, ça sent les médicaments et je
trouve pas ça sex du tout. Le t-shirt jaune, rassuré de me savoir en de si bonnes mains, m’abandonne. Donc me voici posée sur un fauteuil et j’attends qu’on m’appelle. J’ai bien un bouquin dans mon sac mais le problème, c’est que c’est un livre de poche et qu’il me reste une centaine de pages à lire. Bon, ça devrait aller. Constatation première : pour lire un livre, deux poignets valides, c’est quand même beaucoup plus pratique.

Bon, essayons de faire une analyse objective de la situation. J’ai mal mais peut-être que je vais m’habituer. Bon, par contre, personne ne s’occupe de moi et à chaque brancard qui rentre, je comprends que ça va pas être mon tour de suite. Oui, les urgences, c’est pas comme la sécu, y a pas de ticket. Un infarctus, ça passe avant un poignet cassé. Je regarde un peu le personnel soignant et… euh… c’est moi où y a que des femmes ? Non mais comment je suis censée trouver l’homme si je ne vois que des femmes ? C’est juste incompatible.

Bon, mon livre est terminé, je m’ennuie. Tiens, y a des mags people, ça va m’occuper, tiens. Quoi ? Britney est encore enceinte ? Mais de qui ? De Kevin Federline ? De quoi ? Ohlala mais j’ai raté un épisode quand même, comment se fait-ce, alors que je travaille pour la communauté d’un mag people ? Je savais qu’elle avait rompu avec son paparazzo mais en quel temps elle est revenue avec Kevin ? Et surtout, comment peut-elle être enceinte aussi vite de lui ? Y a un truc, là. La date ? Début 2006. C’est de
l’information de première fraîcheur. Mais bon, c’est assez amusant de redécouvrir des people oubliés, des couples qui n’existent plus… Enfin, ça occupe 5 minutes.

« Mademoiselle Bartoldi ? »

Mon Dieu, on m’appelle enfin, je rêêêêêve ! Je jette le magazine et crie que oui, c’est moi, des fois qu’une personne me vole ma place. C’est moi la priorité maintenant, mon
poignet qui fait mal est le cas le plus grave et nananère d’abord ! « Le docteur va vous recevoir, rendez-vous à la salle là-bas ». You-pi. Je récupère mon barda comme je peux parce qu’un poignet de moins, ça fait une main qui ne sert à rien. Même si c’est la gauche qui ne me sert pourtant à rien, à la base.

Et me voici avec mon petit barda jeté un peu partout en travers de mes épaules, je me rends dans le bureau en question et je frappe. Derrière la porte, le docteur. Le, à priori, ça veut dire que c’est un monsieur mais vu que j’ai pas vu la queue d’un docteur mâle depuis que je suis arrivée là (oui, j’assume totalement mon jeu de mot naze, ça compense celui que j’ai pas fait la semaine dernière sur le fait de rouler des patins à une randonnée roller), j’ai quand même un peu des doutes.


J’ouvre la porte…
 
La suite la semaine prochaine !
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La plus belle du quartier

Par Marine

En ce moment, nous autres vingtenaires, nous sommes pas mal confrontés à l’adversité. Ruptures sanglantes (ou pas), recherche anxiogène de boulot, ennuis de santé en tous genre, directeur dramatiquement silencieux… Pas marrant, quoi. Et comme si ça n’allait pas déjà assez mal, faut-il encore se faire beau/belle pour les beaux jours? La vie est mal foutue.

Heureusement que je suis là, telle l’hirondelle qui accompagne le printemps (et mon ego se porte bien, merci pour lui). Car oui, le printemps est souvent montré comme un renouveau, le retour de la joie de vivre dans les chaumières, apportant enfants rieurs, hommes hableurs, joueurs et dragueurs, et femmes toujours pas à l’heure. Et certes, le retour des beaux jours implique des atours plus légers, qui mettent en valeur les formes onctueuses de la personne, son sourire jovial et sa bonne mine naturelle.
Mais a-t-on signalé sur ce blog qu’au sortir de l’hiver, il y a un sacré boulot à abattre? Teint blafard, musculature approximative, mollesse généralisée de la physionomie. Alors on nous assomme à coups de régime dans toute la presse féminine. Seulement voilà : c’est nul, un régime. Je ne suis pas d’accord. Mieux vaut continuer à manger de bonnes choses, ne pas se priver sans faire d’excès, tout en retrouvant une tonicité incroyable.

La tonicité, justement.
Premier élément : se faire un fessier d’exception pour l’été.
Il faut que je vous parle de Juliette. Juliette, j’étais étudiante avec elle. Bretonne d’origine, bonne vivante, hyperactive. Le genre de personne à aller de République à la place de l’Etoile en roller parce que le métro va pas assez vite (en roller, elle boucle ça en 20 minutes, forcément sans les correspondances, elle triche). Le genre à vous faire un tour de rein en voulant danser avec vous en soirée. Le genre à démonter un punching-ball en voulant se défouler après une journée de cours stressante. Juliette, c’est quelqu’un qui venait mettre des morceaux de la tarte aux fraises/ brioche à la praline dans mon frigo quand j’étais pas là (elle rentrait par effraction, oui oui, elle mettait sa part de gâteau dans le frigo, et elle repartait aussitôt). Surtout, surtout, Juliette est une des personnes au plus beau cul que j’ai jamais vu. Car Jane faisait remarquer à juste titre qu’on mate les garçons nous aussi (sans tomber dans le cliché meeticien), il faut également rappeler que personne ne mate plus une fille qu’une autre fille (même, surtout hétéro). Juliette, elle avait un cul, je me serais damnée pour avoir le même. Un truc d’une fermeté, j’ai jamais vu ça chez une fille (mmmmm non parce que sinon, Tristan c’était…. mmmmm…. je m’égare).
Un jour, Juliette m’a expliqué son secret. Comme ça n’a pas de prix, c’est un peu comme la recette originale de Coca Cola, je vais pas tout vous dire dans le détail. Mais pourtant c’est assez désarmant de simplicité, puisqu’il faut… marcher avec vigueur. A chaque mouvement de jambe, en profiter pour contracter la fesse adéquate. Inconvénient : ça fait énormément rouler du cul. A ne pratiquer que si on sort avec son trench favori. Et contre toute attente, on n’a pas l’air coincé. Au contraire, ça donne fière allure (ceci dit, c’est assez crevant, on le fait rarement plus de 20 minutes par jour… et encore, 20 minutes, c’est pour celles qui en veulent vraiment).
Ca aura en plus le bonheur de muscler les cuisses par la même occasion.

Deuxième élément: le mollet. C’est ingrat un mollet, il n’y a presque aucun moyen de le muscler (sans faire de sport j’entends). Et pourtant, si. Vous travaillez au 5e étage d’une boîte de comm’? Vous suivez vos cours au 4e étage? Vous habitez Montmartre/Belleville? Cessez de prendre ascenseurs et autres escalators (si en plus vous habitez au 6e sans ascenseur, considérez pour une fois que c’est une véritable chance). Munissez-vous de vos jolis talons, bottes ou, c’est le printemps après tout, stilettos pimpantes. Montez les escaliers, et là, je vous garantis qu’en 2-3 semaines de montée d’escaliers avec talons tous les jours, vos mollets se gorgeront de bonheur (sans pour autant devenir amélimauresmesques). Et ça c’est bien. J’y tenais, on parle beaucoup trop peu de l’effet des talons sur escaliers dans l’harmonisation d’une silhouette en ce bas-monde et c’est bien dommage.
Voilà. La prochaine fois, je vous expliquerai comment sortir pas maquillée pas coiffée et avoir l’air sexy quand-même.

N.B. : Le summum du summum, c’est de faire jouer la contracture des fesses en montant lesdits escaliers. Bien entendu, vous aurez compris que l’efficacité de la méthode reste modeste (mais non négligeable) et que ça joue surtout sur le psychologique. Ce genre de tonicité, ça donne envie d’attaquer la journée en conquérant. Et rien ne donne plus l’allure altière et plus onctueuse que la confiance, c’est bien connu.

Je sais de quoi je parle. Hier, aux Galeries, un vigile m’a interpellée quand je sortais pour savoir quel sport je faisais. Etonné devant la réponse que je lui ai faite (« Ah? Euh… benn…. aucun, en fait… j’ai honte, hein…. vachement, même… »), il m’a dit qu’il pensait que j’étais une danseuse ou une nageuse. Outre que le fait que j’en ris encore, hier, Boulevard Haussmann, j’étais la plus belle du quartier.

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Des idées à développer

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un truc que j’adore : avoir une idée. Vous savez, ce petit embryon qui se développe dans votre tête, qui prend forme peu à peu et que vous
avez envie de coucher vite sur du papier pour ne pas l’oublier.

Moi, des idées, j’en ai tout le temps. Des très bonnes et des franchement à la con. J’ai des idées pour le boulot, pour de futurs romans ou nouvelles, pour réaménager mon appart,
pour les cadeaux de Noël (pour moi ou pour les autres), pour mon futur anniversaire (celle-là, elle déchire tout !), pour des articles du blog, pour mon one woman show qui n’existe pour l’heure que dans ma tête, pour trouver un mec… Ce qui ne veut pas dire que je les mets forcément en application. Surtout que certaines ne passent pas les cinq minutes de réflexion. Genre : « putain, j’ai une trop bonne idée… ah non, en fait, c’est pourri ». Par exemple joindre à mon CV une photo de moi à poil… Non, je déconne, j’ai jamais eu cette idée là ! Mais bon, des fois, mes idées se heurtent au réalisme et au bon sens. Par exemple, à une époque, j’avais eu l’idée de faire du roller pour aller plus vite dans mes déplacements, muscler mes gambettes et faire les rando rollers où y a que des beaux gosses. Mais la dernière fois que j’ai fait du roller, c’était en 91, j’en ai fait 5 minutes avant que mon fessier ne rencontre trop violemment le goudron du parking devant l’immeuble où nous vivions à l’époque et que mon coccyx me signale douloureusement qu’il n’apprécie pas du tout ce genre d’aventures. J’ai pleuré pendant deux heures. Le lendemain, on allait échanger ces foutus rollers contre des playmobils, moins dangereux. Et puis, je vis à Paris et déjà, rien qu’avec mes petons, j’ai du mal à me frayer un passage dans la foule. Avec des rollers, c’est carrément suicidaire. Donc on abandonne l’idée.

 

Il y a quelques mois, je suis allée boire un verre avec le scénariste de Modo pour qu’on voit un peu ce qu’on pouvait faire. A un moment, je lui demande de me faire l’histoire de Mitchoum Prod afin que je l’intègre dans mon dossier de presse. Là, il me raconte un peu comment il a eu les idées de ses scénarii, genre « je prenais ma douche un matin quand tout à coup, j’ai eu l’idée ! ». J’avoue que cette conversation m’a un peu exaltée parce que ça m’a rappelé mon propre processus créatif. Moi aussi, l’eau chaude et la vapeur d’eau, ça me stimule. C’est dingue comme sous la douche, j’ai des idées. Parfois, j’ai une idée qui arrive, je commence à la développer et je l’abandonne, je la mets dans un coin de la tête. Puis quelque temps plus tard, j’en récupère des bouts pour les intégrer ailleurs. Par exemple Technopolis, au départ, je voulais en faire une espèce de série policière du futur, l’héroïne s’appelait Heidi, on trouvait la même ville futuriste avec le maire et tout mais y avait une histoire de clone en plus que j’ai virée. J’ai récupéré le décor, le principe politique, la guerre bactériologique… Je stoque tout dans ma petite tête et quand je trouve un fil conducteur pour une histoire qui me plaît et je récupère un peu les idées que j’ai de côté pour voir si je peux en faire quelque chose. En gros, mes romans sont des espèces de patchworks d’idées.

 

De la même façon, dans la vie, des fois, j’ai des idées. Genre le truc qui m’arrive comme ça, bam ! et qui m’enthousiaste totalement. Le pire, c’est que j’ai souvent ces idées
soit dans le métro, soit dans mon lit quand c’est l’heure de dormir, soit sous la douche… soit à des moments où je peux pas m’y atteler de suite. Mais c’est toujours exaltant, ces idées ! Ca obnubile un peu, ça motive, tout ça, tout ça. D’ailleurs, en ce moment, ma machine à idées est hyper (trop) productive. Bon, bien sûr, pas mal d’entre elles ne durent pas cinq minutes, tant elles sont irréalisables. Le pire étant les idées au réveil. Genre je fais un rêve, je me réveille et là : « waaaaaaaaaah, mon rêve, c’est une super idée de roman… ». Puis au bout d’une demi heure, quand mon cerveau est remis à l’endroit, je me rends compte que l’idée est profondément débile. Mais ça m’aura mise de bonne humeur dès le réveil, ce qui est plutôt un exploit.

 
Bon, je vous laisse, j’ai une idée à exploiter, là !
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Le bonheur n’’est pas une fatalité

Y a des fois où je m’exaspère toute seule. Pourquoi ? Tout simplement parce que je me rends compte que j’ai une phobie du bonheur. Ca peut paraître curieux dis comme ça mais je vais vous expliquer.

 peur-du-bonheur

Mois de mai. Le soleil revient dans ma vie : en plus d’avoir trouvé du boulot, je me trouve un compagnon charmant et le tout sans avoir cherché (enfin le boulot, si, quand même, mais j’avais pas postulé chez eux). Donc forcément, ça va couiller dans le potage. En plus, j’ai à peine fini mon contrat que paf, on me propose un stage et que je suis prise. Va forcément y avoir une merde. Et hop, alors que ma vie professionnelle s’envole, je subis une rupture amoureuse. Bon, ça n’avait rien à voir avec mon état d’esprit de « va y avoir une merde », je vous rassure, je ne suis pas le genre de filles à dire à mon mec : « non mais de toute façon, tu vas me quitter parce que j’ai trouvé du boulot ». Parce que là, je pourrais comprendre que le mec se barre en courant !

Par moment, je me désespère quand je pense à mon mode de pensée : mais pourquoi ce fatalisme ? Bon, ça vient sans doute de ma mère, on sait très bien que quand tout va bien, ça va mal aller quelque part. La semaine où j’ai appris que j’avais mon boulot, qu’Anthony était pris aux pompiers de Paris et que ma sœur avait une prime, on a limite sabré le champagne quand quelqu’un a essayé de piquer la voiture de ma sœur. Bon, super, la cata a eu lieu, on peut desserrer les fesses. Optimisme, quand tu nous tiens.

En ce moment, dans ma vie, tout va insolemment bien : après mon stage qui finit en septembre, je devrais direct enchaîner sur un nouveau contrat qui va me tenir au moins jusqu’en janvier, un vrai boulot, cette fois-ci mais je n’en dirai pas plus. Mon avenir professionnel a soudain un horizon tellement éclairci que je me dis que c’est même pas la peine que j’envisage une vie privée épanouie. Et je me dis que ce genre de raisonnement est stupide. Quand je regarde en arrière, il y a bien des périodes dans ma vie où tout me réussissait. Pendant mes quatre ans et demi avec Guillaume 1er, j’ai validé trois diplômes (presque quatre), j’ai réussi pas mal de choses. Mais je ne parviens pas à croire que la vie peut être parfaitement rose.

J’en parlais l’autre jour sur MSN avec un gars qui a attribué ma façon de penser à mon éducation catho. L’idée est que, en gros, pour mériter le bonheur, il faut subir des épreuves. Que le bonheur, ça se partage, une personne ne peut pas tout focaliser sur elle. Si je regarde ma vie ces six derniers mois, je dirais qu’il y a eu vraiment une sale période entre janvier et mars, à peu près, puis tout à coup, un formidable mieux : un boulot puis un stage et c’est pas fini ! Dois-je en conclure que ma période de chômage m’a servi à apprécier ma nouvelle vie active ? En gros, l’ivresse des sommets ne vaut-elle qu’après une ascension pénible et périlleuse ? C’est vrai que jusqu’à présent, j’avais eu une chance insolente dans ma vie étudiante et professionnelle. Je voulais un stage ? J’envoyais deux lettres et je l’avais. Je voulais un mec ? Ah ben non, j’étais avec Guillaume donc pas de soucis de ce côté. La santé ? Aucun souci ! Un partiel mal révisé ? Pas grave, je savais toujours sur quoi ça allait tomber, toujours sur ce que je savais le mieux. Une dose de chance, une dose de démarches au bon endroit au bon moment et tout allait pour le mieux. Jamais peur de rien, tout finissait toujours par me sourire.

Aujourd’hui, après une période de galère, ma vie professionnelle s’arrange au-delà de toutes mes espérances. Donc si, demain, je trouvais un mec tout parfait et tout (ce qui m’étonnerait, vu ce que je peux m’occuper de ma vie privée en ce moment), je vais serrer les fesses en attendant la cata. Rupture de contrat ? Rupture amoureuse ? Décès ? Accident ? Limite, je vais aller faire du roller pour me casser un bras toute seule comme une grande.

Donc je parlais de ça au gars sur MSN et il me fait une remarque extrêmement judicieuse. Je ne prends pas le problème dans le bon sens. Quand je suis en période de lose, je vois tout en noir et je me demande quelle catastrophe il va encore m’arriver car la lose attire la lose. Donc, réciproquement, le bonheur doit attirer le bonheur. C’est tellement logique en plus. En ce moment, je suis très heureuse de ce qu’il m’arrive niveau professionnel donc je suis épanouie, donc je suis jolie donc je pourrais même trouver une moitié (même si en fait, j’ai pas du tout envie de tomber amoureuse pour le moment). Dans l’autre sens : quand on est amoureuse, on se sent indestructible donc on va se défoncer au boulot et réussir. On sera de bonne humeur et nos amis nous trouveront de bonne compagnie, notre famille nous trouvera bonne mine… Le bonheur attire le bonheur, c’est mathématique.

En plus, encore une bonne nouvelle hier : les résultats sanguins de ma mère sont très bons. Donc on ne sait toujours pas si elle a un lupus ou pas mais il semblerait que la menace s’écarte, même si le médecin lui a expliqué qu’elle avait un terrain favorable. C’est génétique. Et j’ai appris que, du coup, je pouvais l’avoir aussi vu que je souffre aussi d’une allergie au soleil. Me demandez pas le rapport, j’ai rien compris non plus. Mais bon, les nuages se dissipent aussi de ce côté-là.

Donc j’ai tout pour être heureuse en ce moment, alors pourquoi guetter le nuage qui pourrait pointer le bout de son nez ? Forcément, à un moment, il m’arrivera une tuile, comme à tout le monde, c’est inévitable. Mais pour le moment, tout va bien alors pourquoi s’en faire ? Je dois profiter de ma bonne période. Après tout, moi aussi, j’ai droit au bonheur, je dirais même que j’ai pas mal d’atouts dans ma manche pour y arriver. Tout le monde me dit que je suis une fille bien et talentueuse et en plus, paraît que je suis miaou miaou (c’est pas moi qui le dit, hein !). Alors pourquoi faut-il toujours que je doute, que je pense que les choses biens m’arrivent en prémisse d’une grosse claque ?

Allez, on se détend, et on profite. Demain, je joue au loto

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