Haute toxicité

Parfois, je me demande ce qui transparaît à travers mes non dits sur ce blog. Peut-être que les plus attentifs d’entre vous auront saisi qu’en ce moment, j’avais comme un caillou dans ma chaussure. En fait, en guise de caillou, c’est carrément du poison à haute toxicité qui pourrit ma vie actuellement. Et pour la première fois de ma vie ou à peu près, j’ai décidé d’arrêter de subir. Et pour ceux qui ne comprendraient pas de quoi je parle, parlons travail.

Burnout

Aloooooors. Je vais vous la faire courte cette fois-ci mais je pense vraiment faire une série d’articles façon journal d’une démissionnaire mais en axant ça autour de la toxicité professionnelle justement. Fin 2017, en rentrant du Japon, je décide de changer d’emploi car je récupère une nouvelle N+1, ex meuf de mon équipe avec qui nous avions d’excellents rapports et qui va peu à peu me la jouer à l’envers, masquant son incompétence par une répression délirante… J’ai eu droit à une convocation chez la RH pour une histoire de mail où je n’ai pas répondu à temps… pour un client annoncé perdu quand j’ai commencé à taffer dessus et qui a finalement resigné. Voilà, voilà. Et encore, j’étais pas celle qui prenait le plus cher, ma collègue chouchoute a été arrêtée quasi trois mois, rongée par son burnout… Donc il était temps que je mette les voiles. Avril 2018, je signe un nouveau contrat et j’arrive à arracher 1 semaine d’intercontrat car ma grosse connasse de N+1 a tout fait pour que mon départ se passe mal (elle a “omis” de prévenir les RH que je partais plus tôt que la fin de mon préavis et donc, je suis partie sans mes papiers, reçus quelques jours plus tard. Elle s’en est excusée cependant… auprès de ma collègue burnoutée qui a démissionné juste après moi. Sinon, elle avait également refusé de s’occuper de la cagnotte pour mon pot de départ et a carrément oublié ledit pot de départ. Une personne charmante, donc).

Gérer un manager toxique

Je quitte donc un environnement toxique, soulagée, libérée, délivrée… et pas de bol, j’ai trouvé pire. Pire mais différent puisque d’une N+1 perfide, je suis tombé sur un N+1… fou, je crois. Je refais courte mais j’ai été embauchée pour être consultante social media (mon taf de base), on m’a annoncé à mon arrivée que je serai désormais consultante webmarketing (en gros, traffic manager avec une appétence pour les stratégies d’acquisition et faudrait que je devienne une experte du marketing automation). Quand on m’a annoncé ça, j’étais… ivre de joie. Pour de vrai. Je voulais changer de branche, voici l’occasion qui me tombe du ciel, c’est tellement incroyable ! Sauf que mon boss est un tyran qui me parle très mal, m’engueule au bout de 15 jours car ma recommandation d’accompagnement paid est mal branlée (oui, bonjour, j’ai pas fait de paid depuis 4 ans, une éternité sur les réseaux sociaux). Ca fait 4 mois que je m’en prends plein la gueule car il refuse de comprendre qu’on ne devient pas expert en deux jours, que je n’ai pas le temps de me former correctement vu que j’ai des tâches à réaliser (et que s’il veut que je prenne le temps de me former, autant m’en payer une de formation… J’ai accepté de changer de métier, un petit coup de pouce ne serait pas de refus). Jusqu’à ce jeudi il y a quinze jours et son “mais c’est complètement débile ce que tu as fait” et qu’il insiste jusqu’à ce que je craque “bah oui, c’est débile, qu’est-ce que tu veux que je te dise ?”. Et la prise de conscience : ce mec ne sera jamais satisfait de mon travail. Je prépare un excel pour des reportings hebdos ? “Un torchon”. Ah ben oui, j’ai pas mis le logo de la boîte et j’ai laissé le quadrillage (je déteste les excels sans quadrillage, j’avoue). Tout ce que je fais est mauvais, “débile”, “pas pro”, “comment je peux avoir confiance en toi alors que t’as pas testé la campagne sur mobile” (oui, ça buggait, j’ai dépensé 40 euros pour rien, veuillez me punir), “tous tes chiffres sont faux (non, juste 3 dans un excel d’une dizaine d’onglets), “tu es experte des réseaux sociaux et tu ne proposes même pas de campagnes en retargeting, je suis déçu” (je suis spécialiste des réseaux sociaux sur la partie éditoriale, pas paid, une nouvelle fois). Tout n’est que citation, hein. Quand il m’appelle (il n’est présent que 2 jours par semaine, il est dans d’autres bureaux le reste du temps), j’ai de l’acide dans le bide, on se gueule dessus une semaine sur deux.

Environnement de travail à haute toxicité

J’ai essayé. Vraiment. Parce que je voulais prendre ce virage qui s’offrait à moi. Mais le mec m’a garni la route de minuscules cailloux, le dérapage était inévitable. En me vendant à tous, y compris en interne, comme une experte d’un métier que je ne connaissais que vaguement (j’ai une relativement bonne culture digitale mais de là à exécuter avec brio, hein…), parce qu’il refuse de relire mon CV et voir que je n’ai pas les compétences qu’il est persuadé que j’ai, parce qu’il me rabaisse en permanence en m’expliquant que tout le monde me trouve nulle et d’ailleurs, c’est bien vrai que je le suis, la preuve, liste de tous mes manquements depuis que je suis là (une liste à 4 ou 5 points dont certains sont là parce qu’il lit pas ses mails et croira toujours une personne qui me crachera à la gueule que moi alors qu’il est en copie du mail qui démontrait que j’avais bien fait mon taf), parce que la fille que j’ai remplacée n’a pas tenu plus de 6 mois. Et que je ne battrai pas son record.

Démissionner pour échapper à un environnement à haute toxicité

Je me suis trompée en prenant ce poste. Le mec avait été brieffé par la RH pour arrêter d’engueuler les candidats en entretien, il fut charmant avec moi. Je vous jure, j’attendais ce taf en expliquant à mes futurs ex collègues “ohlala, ils ont l’air tellement bienveillants”. Quelle arnaque, bordel. Ils ont prolongé ma période d’essai, j’en suis ravie… parce que ça me laisse trois mois pour partir de là sans trop de perte… par contre, pour le fracas, je ne vais vraiment pas garantir car je crois que je vais pas trop me priver.

Démissionner pour échapper à un environnement à haute toxicité

Bref, CV mis à jour, on candidate, on est partis !

PS : Article écrit y a 15 jours, je crois, il s’en est passé de choses depuis. Mon livre noir du travail s’annonce velu.

 

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Le travail est une souffrance

Je m’intéresse pas mal à la problématique travail… car pour moi, il s’agit d’une énorme arnaque. Je veux dire, on m’avait vendu le travail comme un moyen de s’épanouir, de devenir quelqu’un, de réussir ma vie. Bullshiiiiiiiiit. La seule chose que ça m’offre, c’est de la fatigue, du non sens, de l’aigreur… et du fric qui me permettra de partir en voyage pour oublier quelques jours ce petit jeu de dupes. Je vous le dis, le travail est une souffrance.

Le travail est une souffrance

En fait, je crois que je ne passe pas une semaine sans voir un article sur les burn-out, bored-out, brown-out, je sais pas quoi-out qu’on nous sortira demain. On souffre, on s’invente des mots pour expliquer ce non sens qu’est notre “bullshit jobs”, nos patrons embauchent des “chief happiness officers” qui nous fournissent des jus de fruits pressés main et organisent des tournois de ping pong pour nous faire oublier que notre vie entre 9h30 et 19h, elle est nulle à chier.

Le bonheur au travail : la grande arnaque

Et le pire, c’est que j’ai complètement conscience que dans ma sphère, on est vraiment dans les “problèmes de riche”. Mon métier n’a sans doute pas vraiment de sens : personne ne veut voir des publicités pendant qu’il se balade sur le net, personne ne veut voir de pub tout court. Mon métier, c’est de vous parler de promos, de produits, de vous faire acheter. Evidemment, dit comme ça, ça n’a aucun sens et il est vrai que je n’en trouve pas particulièrement. Mais pour un job alimentaire, il est sacrément rémunérateur. Bah oui, n’oublions pas que le travail, c’est avant tout “gagner sa vie”, comme on dit. Et l’environnement est bien plus sympa qu’une caisse du Leclerc avec son violent éclairage néon et son bruit permanent ou un guichet de la Poste où tu te fais engueuler parce que le facteur n’a pas livré le colis ou expliquer d’un air désolé à la personne qui pleure à ton guichet que tu ne peux pas lui donner de l’argent car y en a plus sur son compte. J’ai bossé à la Poste, je vous jure que c’est comme ça que ça se passe (ah et les gens qui choisissent des timbres pendant deux heures alors que derrière eux, y a 25 personnes qui attendent). Si le burn-out est assez transversal quel que soit le milieu, le bored-out et browned-out, c’est pas un truc typique de bureau ?

Bored-out

Faut dire qu’on nous met la pression, un truc de ouf. Le travail fait partie de notre identité. Je ne suis pas Nina, passionnée de plongée, de dystopie et qui passe sa moindre minute de libre à rêvasser non. Je suis Nina, consultante webmarketing… Ah oui, en plus, je viens changer d’étiquette et j’en change selon le client donc c’est un peu la confusion. Le pire, c’est que quand je ne me présente pas en déclinant mon métier (ce qui arrive tout le temps dans ma vie perso), on me le demande très rapidement. Cet hiver, je suis allée à Cuba (un récit à suivre dès mercredi, regardez comme tout s’enchaîne bien par ici) en voyage UCPA : nous étions déconnecté de tout, sans Internet, rien, et en général, ça donnait ça “salut, tu t’appelles comment ? Tu viens d’où ? Tu fais quoi dans la vie ?”. Mais j’ai pas envie de parler de mon travail, moi, c’est juste le moyen que j’ai trouvé pour bien vivre et me payer ce voyage. Je ne l’ai pas choisi et il n’a rien qui va changer la vie des gens. Je ne fais que coller des sommes dans des docs excel en faisant comme si ça avait une quelconque valeur, je ne sauve ni des vies, ni la planète. Au contraire, même, je pense que mes petites activités numériques alourdissent chaque jour mon bilan carbone.

Pollution numérique

J’ai commencé un manuscrit sur toutes ces hypocrisies du monde du travail (il fait deux pages depuis… juin, quand je m’apprêtais à quitter mon ancien taf. Le nouveau me demande actuellement trop d’énergie, je préfère consacrer mes instants de répit à l’écriture de romans) où je dénonce cette société de l’ultraperformance qui nous balance que le travail est la seule voie d’épanouissement, qu’il faut vivre de sa passion, gagner du fric pour être quelqu’un, ne pas compter ses heures… Moi, j’ai un plan, un plan quinquennal (forcément) : j’ai 5 ans pour faire sauter la banque… et après, je me casse en province pour faire n’importe quel taf avec des horaires. Parce que la vie, c’est pas dans un open space qu’elle se passe.

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Parce que l’occasion fait le larron

Des fois, je rêve de changer de vie… Mais je suis un peu trouillarde, comme on dit. Privilégiant la sécurité, je jalouse un peu parfois ceux qui prennent un virage dans un dérapage parfaitement contrôlé. Mais faut dire que parfois, la vie t’offre l’occasion de faire ce grand changement… mais encore faut-il la saisir.

Dream catcher - saisir l'occasion

Janvier 2018. Je rêve. Je rêve d’une autre vie professionnelle. Je suis fatiguée de poster des textes de moins de 100 caractères en moyenne pour vanter tel ou tel produit, répondre aux gens qui ne savent pas lire un mode d’emploi… Moi ce que j’aime, finalement, c’est traiter de la donnée. Je trouve extrêmement reposant de passer une journée à jouer dans les excels. Une nuit, peu de temps avant, j’ai eu une “révélation”. J’ai un cauchemar un peu récurent : je suis au lycée ou à la fac et je dois passer le bac ou rendre un mémoire et je ne suis pas prête du tout. Bonus : je dois passer un examen d’allemand et je ne parle plus un mot de cette langue (j’ai un peu envie de m’y remettre, d’ailleurs). Souvent, dans ces rêves, je me bats un peu puis renonce en mode “non mais j’ai déjà mon bac en fait” ou “je n’y arriverai jamais” et je me réveillais avec un goût de défaite dans la bouche. Parfois, au contraire, je me bats et cette fameuse nuit, j’étais dans la déclinaison extrême du rêve : je réussis… et je sais plus quoi faire après. Et là, dans mon petit cerveau endormi, la solution : data journaliste.

Data journalisme

En vrai, j’aimerais partir vers les études ou, à minima, le planning stratégique. J’ai deux ou trois petites cordes à mon arc qui pourraient tendre vers là mais… ça coince. En 2017, j’ai tenté une mobilité interne, j’avais une place promise dans une équipe de planning stratégique mais… mon salaire. Voilà. En résumé : trop chère pour changer de métier dans ma boîte, CV trop marqué sur le social media dans des boîtes qui ne me connaissent pas. Bref, je suis sur mes rails et je rêve d’une occasion pour prendre le prochain aiguillage. Sauf que… ben des occasions, j’en ai eu. J’en ai eu une magnifique il y a bientôt 4 ans, quand j’avais demandé de faire partie des licenciements économiques de mon ancienne boîte. Au lieu de prendre le cash, j’aurais dû demander le financement d’une formation… même si, à l’époque, je n’avais pas idée de mon appétence pour les stats donc bon…

Data visualisation

Et peut-être que les occasions, ça ne s’attend pas, ça se crée. Je lis souvent de belles histoires (pas sur LinkedIn, les gens y mitonnent bien comme il faut) de gens qui ont consacré du temps à une passion et ont réussi à en faire leur métier. Pour le coup, sur le data journalisme ou quelque chose du genre, on ne s’improvise pas comme ça mais y a peut-être des choses à faire. Non parce que passer mes journées à faire des recherches, des calculs, des synthèses pour en tirer un article et mes soirées à écrire des historiettes… oui, je crois que je serais bien heureuse.

Le bonheur est proche

Girl drawing smiley face on to a wall

Du coup, peut-être qu’il va être temps de bûcher un peu pour préparer le prochain aiguillage… même si là, de suite, je vais rajouter une ligne à mon CV, toujours dans ma branche (oui, j’ai démissionné). Peut-être une nouvelle occasion à venir ?

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Travail sous surveillance

En quasi 11 ans de carrière (gasp), j’ai vu une lutte incessante se dérouler : celle du manager qui essaie de discipliner son équipe qui elle, semble s’en f****. Quelle que soit la boîte, du grand groupe à la petite start-up, il y a vraiment ce côté « si je ne peux pas surveiller ce que tu fais, tu vas te la couler douce. » Une surveillance qui me paraît assez contreproductive, personne n’est motivé quand on lui balance un manque de confiance au visage.

Le surveillant

D’ailleurs, depuis que je taquine le monde du travail, j’ai noté cette permanence : le salarié va passer du temps à mettre en place des stratégies pour voler du temps à son patron. Perso, je fonctionne plus en « cash back » en quelques sortes. Si j’ai des périodes intenses de boulot où je suis contrainte de bosser soirs et week-ends, je me rembourse dans les périodes calmes en picorant un peu de temps de ci de là. Mais pendant longtemps, je n’ai pas assumé de ne pas être à fond de 9h30 à 19h (hors pauses) alors que dans les faits, ce n’est pas vraiment possible… et surtout pas souhaitable. J’avais toujours 2 navigateurs ouverts : un pour le boulot, l’autre avec mes réseaux sociaux. Et encore, les réseaux sociaux, c’est mon taf, j’ai des raisons légitimes d’être dessus… À une époque, j’avais même imaginé faire une mini vidéo avec un Excel en cours de modification pour faire genre que je bossais dur à diffuser sur mon 2e écran(je suis la boss d’Excel dans mon équipe).

Excel

Bref, la moindre minute perdue me semblait être un crime majeur que je devais dissimuler avec le plus grand soin. Et je n’étais pas la seule dans ce cas car il existait des tas de petits add-on pour faire genre qu’on travaille dur genre celui qui remplaçait le logo MSN par celui d’Excel (le logiciel des salariés sérieux). Bon aujourd’hui, avec les smartphones, ca peut prêter à sourire mais on a vraiment triché comme ça. Alors que là, j’ai un Skype pro sur mon ordinateur, je suis presque obligée de chatter… mais bon, pour en revenir au sujet de l’article : la présence physique d’un salarié ne signifie pas forcément qu’il va consciencieusement travailler pendant les 8h où il a le cul vissé sur sa chaise, près ou à côté de son manager. Je pense qu’il n’existe pas un salarié qui n’a pas sa méthode pour faire croire qu’il bosse sur alors qu’il prépare ses prochaines vacances (oui, ok, ici, on parle de salariés ayant accès au web sans restriction) ou bosse sur un projet perso. Et puis on ne va pas se mentir : y a les jours avec et les jours sans… sans prétendre être la salariée lambda, y a des jours où j’abats des forêts et d’autres où je ne parviens pas à casser la moindre brindille. Mais il faut être performant tout le temps, paraît-il.

Surveillance de ses salariés

Et c’est pour ça que l’on a besoin d’un surveillant, comme les perms au collège/lycée où tu as plus envie de causer du beau Bastien de la 4e 4 plutôt que d’essayer de comprendre cette histoire de present perfect en anglais ou de réviser ton preterit en allemand. Sauf que perso, plus je me sens traquée, moins je vais avoir envie de bosser. Parce que déjà, on est des adultes et que l’infantilisation ne me paraît être une motivation pour personne. Mais surtout, est-ce que c’est vraiment ce que doit faire un manager ? Checker nos to do lists ? Depuis que je bosse, il y a toujours des histoires de « bidule qui fout rien ». Chaque personne qui travaille a son bidule en ligne de mire et j’ai la vague sensation qu’on est tous le bidule d’un.e autre. Peut-être que le monde du travail nous pousse à compter nos heures pour nous donner plus de valeur…

Finir tard

Bon, j’avais dit que j’arrêterai là cette mini série d’articles sur le travail mais on va revenir sur cette histoire de presentéisme et d’heures de présence. Bientôt…

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Réunionite aiguë

Il y a quelques années, j’avais poussé ce grand cri du coeur : je hais les réunions. A l’époque, je sortais d’une expérience professionnelle effroyable et m’apprêtais à entrer dans une autre (pas beaucoup mieux) où la réunionite aiguë régnait. Le but ? Masquer son incompétence en brassant du vent pendant 1h ou 2 dans une pièce qui finit par sentir le fauve.

Réunions le grand cauchemar

Je ne suis pas opposée en soi aux réunions, j’en programme et réclame même parfois. Mais il y a réunion et réunion. En gros : une réunion pour avancer sur un dossier à rendre : oui. Une réunion où je passe plus de temps  à faire des dessins sur mon carnet en luttant contre l’incroyable lourdeur de mes paupières, non. J’ai tendance à mesurer la compétence des gens à leur façon d’organiser des réunions. Une réunion bien bornée dans le temps, avec les bons interlocuteurs et qui se termine par une répartition des tâches et un plan de travail clair et précis avec des échéances : réunion parfaite. Une réunion où la moitié des interlocuteurs se demandent pourquoi ils sont là, se pincent discrètement le gras de la cuisse pour ne pas s’endormir ou se rejouent le film de la veille dans leur tête en se murant dans un silence malaisant, un blabla inutile où tu sors au bout d’une heure sans comprendre ce que tu es censé faire…Mauvaise réunion. Le pire étant les réunions d’équipe qui ne servent souvent qu’à donner au manager l’illusion qu’il maîtrise le travail de son équipe alors que la plupart du temps, on se contente d’ânonner notre to do list devant le dit manager qui hoche la tête mais n’aura aucune solution en cas de soucis. En résumé, t’as juste perdu une heure.

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Et les réunions, putain que ça stresse. Laissez-moi vous raconter mon mardi matin. Dans mon agenda : une réunion de 10h à 10h30, une de 10h30 à 11h30 et une de 11h à 12h. Bon, voyons : une sur un énorme dossier à rendre, une organisée par le DG et une où ma présence n’est pas nécessaire… Ok, donc toi, tu dégages, déjà. Ensuite, reprenons. J’arrive au boulot à 9h50 (pas de jugement, le gros des équipes arrive entre 10het 10h30), ma réunion de 10h commence à 10h15, je me fais harceler par téléphone à 10h45 pour ramener mes fesses à la réunion suivante… où je fais littéralement figuration, pensant au gros dossier que je dois rendre. Sachant que la veille, j’ai eu une réunion de 14h30 à 15h pour remplir un excel à la con (alors que je l’aurais fait seule, j’en aurais eu pour 10 mn max mais on aime se tenir la main et s’inventer des problèmes sur le remplissage d’une feuille de calcul), de 16h30 à 17h30 sur mon gros dossier, de 17h30 à 18h30 sur une prise de brief où je sers strictement à rien tout en me faisant harceler parce que y a un call à 17h30 et que faut vraiment que je sois dispo. Où j’en suis du gros dossier ? Bah toujours au même point*

Businessman with stacks of paperwork, covering eyes

Dès que j’entends réunion, j’ai une giclée d’acides qui me rince l’estomac. Parce qu’ici, il faut savoir qu’une réunion qui débute à l’heure, c’est un mythe. En gros, au départ, je considérais que si on me dit que la réunion est à 10h, je me lève à 9h55 pour retrouver le lieu de la réunion. Ce que je faisais au départ. Mais à force de rester à bayer aux corneilles en attendant désespérément les participants de la réunion, j’ai compris : commence à te déplacer à l’heure pile de la réunion. Et encore, je dois encore poireauter. Aucune réunion ne démarre à l’heure donc si tu dois enchaîner, c’est la merde. Tu cours dans les étages, tu cherches tes collègues qui se rendent mollement à la salle de réunion “Ah, attends, il manque Jean-Claude… Putain mais il est où ?”. Mais sinon, vous n’avez pas du travail les gens ? Parce que là, on perd du temps pour rien, en fait et j’ai franchement autre chose à foutre… Même si je suis en période d’accalmie, j’ai toujours mieux à faire que d’attendre Jean-Claude et Patricia qui “finissent un mail et arrivent”. Je vous hais.

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Alors tu finis par refuser des réunions. Parce que tu en as marre de perdre du temps, parce que t’en as marre de t’inquiéter pour ta santé car tu t’endors à chaque fois ou presque, parce que tu en as marre de boire ton café froid car une réunion impromptue t’a empêché de le terminer, parce que t’en as marre d’attendre tous les Jean-Claude et Patricia de la planète, parce que ton gros dossier n’a pas avanc d’un millimètre et que tu vas devoir rester jusqu’à trop tard pour faire tout ce que tu n’as pas pu faire pendant ces réunions totalement improductives. Sauf que refuser une réunion, c’est se prendre coups de fil et mails en mode chantage affectif sur le fait qu’on a à tout prix besoin de toi… Parce qu’il fallait un joli pot de fleurs, sans doute.

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* Pour être tout à fait honnête, je voulais me taper une petite nocturne lundi soir pour bien avancer mais mon pc pro a décidé que non et une fois chez moi, j’ai préféré écrire et mater The walking dead (j’ai tout rattrapé mon retard, je suis en même temps que les gens, maintenant… et c’est terriblement frustrant)

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Le syndrome de l’imposteur

Introspection, nous voici seuls face à nous mêmes, pire qu’un entretien d’évaluation avec le plus vachard des managers. Vous avez remarqué comme on est super durs avec soi ? Comme on peut se reprocher le moindre bourrelet avec violence, le moindre manquement avec une intolérance hystérique ? Je sais pas vous mais moi, y a des jours où la fille qui me regarde dans le miroir, j’ai envie de la gifler tant elle a chié sur toute la ligne.

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Prenons un cas concret : le travail. Dans mon job, y a des trucs que je gère tranquille comme par exemple tout ce qui a trait à l’écriture. Par contre, dès qu’il s’agit de ficeler une strat sur PowerPoint, mes mains sont moites et tremblantes, la slide d’ouverture me nargue « recommandation SMO pour la marque Tartempion, 15/12/12 », je colle le logo de la marque. C’est après que ça se complique… Et grâce à Management, le magazine, j’ai enfin compris pourquoi je traîne tant à monter mes slides : je souffre du syndrome de l’imposteur.

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Pour résumer, le syndrome de l’imposteur, c ‘est cette sensation désagréable qu’on n’est pas à la bonne place, que nous n’avons pas les compétences que l’on nous prête et que ça va finir par se voir. Dans sa version la plus légère, on ne rend les documents demandés qu’au dernier moment, histoire de « faire durer » l’imposture. Quoi que moi, non, j’essaie de le rendre le plus vite possible pour permettre trois milliards de corrections. Dans les cas les plus graves, celui qui en souffre peut aller jusqu’à saborder son travail, fuir les points avec son manager…et donc il finira par perdre son taf, aggravant le sentiment d’être un imposteur.

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Prenons mon cas. Après 7 ans d’études donc 5 en histoire, 1 en science po et 1 en journalisme, je mets le pied par hasard dans le webmarketing, univers où l’on dégaine PowerPoint et excel à tout va, outils que je n’avais quasi jamais utilisés jusque là. Ben oui, en journalisme, notre outil préféré, c’est word. Le truc qu’on utilise en webmarketing pour les règlement de jeux concours et comptes rendus de réunion, point. Autant vous dire que PowerPoint m’a filé et me file encore des sueurs froides. Surtout quand on souffre comme moi d’une mauvaise intelligence spatiale et qu’on met 2h à essayer d’équilibrer les différents espaces. Bref, moi, j’ai jamais eu de cours de ppt et j’ai l’obscure sensation que je serai toujours nulle.

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Pourtant, mes compétences sont reconnues. Ma chef me corrige rarement mes powerpoints, changeant juste un mot ou 2 à l’occase, les commerciaux me trouvent performante en rendez-vous et il paraît même que je suis experte en Facebook ads alors que j’ai programmé la 1ère mi septembre. Mais ça va, en 3 mois, j’ai réussi à chaque fois à faire mes campagnes sans conneries. Je dois progresser en optimisation mais je m’en sors, quoi. Bref, personne ne me reproche quoi que ce soit, personne sauf moi. A chaque fois que je rends un truc, je me dis qu’on va bien se rendre compte que j’ai un gros souci avec ce powerpoint de merde, que ma strat est pourrie et que je sais même pas de quoi je parle. Sauf que si je me pose 5 minutes et que je suis honnête avec moi même : si, je sais très bien de quoi je parle. Je peux vous faire une dissert de 4h sur Facebook, Twitter ou Pinterest, je crée mes petits réseaux. Rien que pour le blog, j’ai un compte Facebook (et une page dont je ne me sers pas), un Twitter, un Spotify, un Pinterest, un Instagram et même une page Google+. Et un Tumblr mort. Ne manque qu’un linkedin ou viadeo Nina Bartoldi (ce dernier existe, je sais plus si c’est moi qui l’ai créé ou non mais si tel est le cas, je me demande ce que je comptais en faire…). Je sais quel réseau social utiliser pour quoi, je sais chanter de belles chansons au client pour qu’il se dise que lui et moi (et le commercial, ma chef, le DG et tout ce qui nous entourent, lalala), on va écrire une belle histoire. Mais je suis toujours un peu dérangée par la peur d’être « découverte ». C’est une impostrice. La preuve, début 2011, quand on lui parlait e commerce ou s commerce, elle hochait la tête sans comprendre. Maintenant, je comprends mais ça m’intéresse pas beaucoup plus.

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En fait, si ce sentiment peut relativement se justifier dans l’univers du marketing qui n’est point le mien au départ (après tout, ça fait que 5 ans que j’y bosse, il serait peut-être temps que je m’enfonce dans le crâne que, oui, je suis légitime), il a toujours été présent à chaque fois que je commençais une nouvelle aventure professionnelle, y compris dans le journalisme. Ne me serais-je pas légèrement survendue en entretien ? Il y a toujours un vent de panique le premier jour, quand on m’assomme par une avalanche d’infos dont je ne retiens pas la moitié, je me sens idiote, larguée, je n’y arriverais jamais. Et puis finalement… Ca le fait.

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Il est temps de lutter contre ce syndrome de merde qui nous paralyse tant. Peut-être est-ce un mal générationnel, cette époque où même les stagiaires doivent savoir faire le job (alors qu’ils sont censés l’apprendre), que tu es là pour appliquer tes compétences sans avoir presque le temps d’apprendre. On n’est pas là pour te former de toute façon. En 5 ans (presque 6 dis donc), je n’ai eu droit qu’à une formation : anglais. C’est pas pour autant que j’ai pas les mains moites quand je dois bosser dans la langue de Shakespeare. Pourtant, l’anglais, je le parle, je le comprends. Je fais des fautes, oui, mais vu le nombre de fautes de français que je vois passer dans mes mails pros (rarement les miennes… Surtout que quand j’en fais une, je vais me flageller pendant une heure aux toilettes), on m’excusera quelques coquillettes dans une langue qui n’est pas la mienne. Dans la limite du raisonnable, bien entendu. De toute façon, mon anglais, je le bosse… Histoire de me sentir plus légitime. Ou pas.

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La pire semaine de l’année

En fait, il y a en a 2. Traditionnellement, la semaine pré vacances, quel que soit sa date, est toujours dense vu qu’il faut boucler tous les dossiers en cours. Pas possible de se dire « bof, je finirai lundi » vu que lundi, vous ne serez pas là pour terminer votre truc peinard. Vendredi, c’est la deadline ultime, aucun délai supplémentaire.

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Et puis vous avez la semaine du 20 décembre qui n’a comme équivalent que celle du 30 juin car là, c’est la double combo : toi, tu pars et tes correspondants aussi. En gros, faut tout boucler avant les vacances de Noël ou d’été, ces parenthèses enchantées du monde du travail où il ne se passe plus rien. Période où j’adore bosser car on est tranquille et que les journées peuvent vraiment faire les 7h30 qu’elles sont censées faire. Non parce que là, quand je remplis mon timesheet, je me rends compte qu’une journée normale pour moi (9h30-19h à peu près) dépasse les 7,50 de travail effectif. Je devrais me casser à 17h30 tous les jours. Bref, je m’égare. Donc nous voici dans la pire semaine de l’année, celle où l’on court comme des petits fous maniaco-dépressifs pour cocher tous les points de notre to do list, créature fantastique qui, telle l’hydre, voit ses membres repousser au fur et à mesure que tu les coupes. En somme, tu coches fièrement une tâche accomplie, tu en ramasses deux de plus. Raaaaaaaaaah, laissez-moi !

hydre

Je cours, je cours. La semaine du 20 décembre a ça de particulier qu’en plus, on est en fin d’année donc passablement claqués et je vous parle même pas de la météo, irrémédiablement dégueulasse. J’arrive le matin, la tronche en biais et la coiffure alternative, encore prisonnière des vapeurs du sommeil, j’ouvre ma boîte mail et là… avalanche de messages dans ma gueule, c’est le bal des points d’exclamation rouges. « Nina, peux-tu faire ça, c’est urgent ? ». Oui mais un peu comme tout ce qui a dans ma to do list. On se frotte les yeux, on checke tout ce qu’on a à faire, on priorise et on se lance dans l’arène. Par le pouvoir ancestral du powerpoint et excel, je vais te massacrer, tâche ingrate ! J’aligne les préz’, les bilans, statistiques de ci ou de ça, planning édito. Mes doigts s’agitent frénétiquement sur le clavier, une goutte de sueur se forme sur ma tempe. J-5, J-4, J-3, J-2… et ne traîne pas car le client ne se tapera pas une nocturne la veille de ses vacances pour te valider un truc. Les horaires s’étirent, tu ne voies plus le jour. De toute façon, la vie privée, ça sert à rien.

fatigue-lutter

Le téléphone sonne, les mails pleurent, tu sens tes nerfs en pelote, tu sens que ça va sortir, que tu vas répondre agressivement à quelqu’un qui va te demander un énième truc urgent de façon un peu sèche parce que là, quand même, tu manques un peu de réactivité…Là, tu lèves les yeux et vois loin, très loin au dessus de toi la surface de l’eau. T’irais bien donner un coup de pied pour la rejoindre mais tu as dans les bras une enclume qui t’entraîne toujours plus profond.A un moment, c’est la panique, le manque d’air, le ras le bol. Tu es envahi par la sensation que tu n’y arriveras jamais. Et la tentation de tout laisser tomber et d’envoyer quelques personnes aller se faire foutre cordialement te saisit. Après tout, eux aussi seront en vacances vendredi, on devrait tous se faire des bisous et s’envoyer nos voeux pour cette douce trêve plutôt que de se hurler dessus parce qu’il faut boucler les dossiers. Après tout, ils seront toujours là le 2 janvier, ces foutus dossiers.

Female Office Worker

Vendredi soir, vers le 20 décembre, tu mets le point final à ton dernier dossier que tu envoies avec fierté et soulagement. Après avoir perdu 2 ans d’espérance de vie dû à une forte tension et l’absorption de substances en tout genre pour pas péter un plomb (café, alcool, tabac, shit, lexomil… choisis ton camp camarade… Mais prends pas tout ça, petit conseil de tatie Nina), enfin, tu atterris en douceur, tu trônes fièrement sur l’amas des cadavres des tâches accomplies. Tu as gagné. Et tu pars en vacances, les vacances les plus épuisantes de l’année.

Tu dormiras l’an prochain.

En attendant, moi, je pars pour un long week-end de Noël dans mon sud, bisous bisous !

ciao-pingouin

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Une petite manucure au bureau ?

Avec mes amis, de temps en temps, il nous plaît de nous offrir une petite conversation mail. Ainsi, un beau jour, Enzo nous interpelle : une des filles de son open Space s’epile… Au bureau… Oh mon Dieu !

Pour les chanceux qui ne travaillent pas en open Space, je vous explique un peu l’ambiance : on est plusieurs dizaines dans un même espace de travail, il n’y a aucune cloison entre nous (on n’est pas aux States) et selon où tu es placé, tu peux avoir la Terre entière qui mate ton écran. Donc youporn, tu oublies de suite.

Du coup, en open space, tu adoptes une attitude, celle du travailleur. T’en fous pas une rame ? Aie toujours ouvert sur ton Pc un PowerPoint ou un excel que tu mets en pleine fenêtre quand on vient te parler. Si tu ne bosses pas, tente au moins de faire semblant. C’est pas qu’on passe son temps à s’épier les uns les autres mais l’être humain ne peut pas être concentré pendant plusieurs heures d’affilée, arrive toujours un moment où on lève le nez de l’écran pour rêvasser 5 mn et qu’est-ce qu’on regarde ? Notre environnement donc les collègues… Dis donc Marcus, tu crois que je te vois pas piquer un roupillon en loucedé derrière ton écran ?

Revenons en à notre histoire d’épilation et on dérive sur le vernissage des ongles que je qualifie d’activité de dinde jemenfoutiste. Je parle du vernissage en open Space, hein, pas de façon générale. Moi même, je ne dédaigne pas un peu de couleur sur mes petits ongles. Mais en open qpace, je trouve ça assez intolérable par rapport au message que ça renvoie (sans parler de l’odeur) : »hé coucou ! J’ai rien à faire et je vous le signale ostensiblement ».

Vous me direz que c’est peut-être plus honnête que de faire semblant de bosser… Oui sauf que non. De 1, ceux qui ont 3 milliards de dossiers pourraient ne pas apprécier la nonchalance attitude. De 2, le manager pourrait être étonné que cette salariée se tourne tranquille les pouces plutôt que de demander du travail. De 3, on se dit qu’on devrait peut-être revoir ton contrat : si tu n’as rien à faire, c’est peut-etre parce que tu sers à rien.

Bref, je pense qu’adopter une attitude professionnelle en open space est plutôt une bonne idée, même si on travaille dans un milieu cool… Et puis merde, le vernis, ça pue (et tes poils, on n’a pas envie de les retrouver sur la moquette du bureau).

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Concentre-toi

Lecteur, je dois aujourd’hui t’avouer un de mes pires travers, un défaut qui m’agace et me rend souvent inefficace : ma concentration relative due à une forte propension à la serendipité et à la multi activité.

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Prenons un dimanche après-midi de ma convalescence par exemple. Début d’après-midi, lecture du Nouvel Obs, un dossier spécial sexe et politique, sujet on ne peut plus original qui avait fait l’objet d’un dossier spécial il y a moins de 2 mois dans le même magazine. En même temps, la télé était allumée sur le grand prix de Formule 1 sur lequel je jetais un œil en commentant (mais pas trop car mon père piquait du nez). Après retour sur l’ordinateur où j’ai 3 fenêtres ouvertes. Une pour le déménagement du blog, une pour mes mails et réseaux sociaux, la troisième pour le boulot. Et je passe de l’une à l’autre : recherche d’une photo pour un article, taggage et tri de tweets évoquant un de nos clients, réponse au mail d’Anaïs. Tiens, j’ai une idée d’article, écrivons le ! Résultat : dans la multitude, une tâche finit par se glisser dans l’angle mort de ma mémoire vive et soudain, quand je reviens sur l’onglet, je me rends compte que
ça fait 30 mn qu’une tâche n’a pas avancée. 

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On se retrouve ainsi avec le cas typique du mail entamé et oublié d’envoyer, la phrase arrêtée en plein milieu (va raccrocher les wagons après ça). De fait, je suis la cliente idéale pour la procrastination et la sérendipité. Quand je dois chercher des blogs pour une opération, il suffit que je découvre une photo ou une vidéo qui me plaît bien et je tombe dans une faille spatio-temporelle de 30 minutes. Et ça m’agace.

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Pourtant, je suis tout à fait capable d’être concentrée au point d’oublier mon environnement, d’entendre la musique sans l’écouter car je suis à fond dans ce que je fais, ne pas faire attention à l’heure. Typiquement, par moment, en fin de journée au boulot, je lève la tête et découvre que des gens sont partis, je leur ai même souhaité une bonne soirée sans m’en rendre compte… Ouhla, tout va bien… Je ne souffre pas d’hyperactivité dans le sens clinique du terme, je suis tout à fait capable de rédiger des dissertations sur 4 heures donc pourquoi je me disperse aussi facilement ? Ben parce que je suis trop sollicitée et trop spontanée. Une idée me traverse la tête, je la mets de suite en application. Genre je commence 4 articles en même temps, je vais de suite faire une recherche google parce que là, tout à coup, j’ai envie de voir combien va me coûter le week-end à Venise, un livre sur la pâte fimo, des cours de chant, le tarif
du centre nautique à côté du boulot… Et du coup, le mail où j’étais en train d’envoyer un doc pour le boulot va rester ouvert pendant 30 mn avant que je finisse de l’envoyer.

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C’est pas toujours forcément de ma faute. Je suis une grande impatiente. Je dois toujours tromper mon impatience donc typiquement, pendant que mon mail charge la pièce jointe, je vais faire autre chose. Et oublier mon mail. En voulant rentabiliser quelques secondes d’attente, je peux perdre 30 mn. Bravo !

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Alors j’essaie de m’organiser contre ça, me donner de petits objectifs : tant que j’ai pas fini ça, je ne fais rien d’autre. Si la tâche s’annonce fastidieuse, je la divise. Step by step (hou baby) comme on dit. Par exemple, moin histoire de taggage de tweet, c’est chiant. Donc je divise les tweets en tranches de 4h : je tague de 0 à 4h, une pausounette. De 4 à 8, une pausounette… Ben ça me permet d’avancer finalement plus vite et d’être plus attentive car on a vite fait de taguer de façon un peu trop automatique. 

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Bon, c’est pas tout ça mais j’ai encore 10 onglets d’ouverts, des powerpoints, des excels, des words… En fait, c’est pas de concentration dont j’ai besoin, c’est d’organisation !

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L’objet de ma rêvasserie

Je vais débuter par une confession : j’adore rêvasser. Le matin, quand je m’éveille tirée de mon sommeil par mon réveil et que je ne me lève pas car je suis infoutue de tenir ma résolution de stopper le snoozing, j’aime me prélasser sur mon matelas et rêvasser. Objet de ma rêvasserie préférée : les hommes. Sauf qu’en ce moment, je suis un peu à sec niveau objet de fantasme.

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Quand j’étais ado, il fallait toujours que je sois amoureuse. Parce que les cours, c’était long et pouvoir s’évader quelques instants pour s’imaginer dans les bras de X ou Y, c’était très sympa. Je suppose que cette propension à la rêverie m’encourageait à tomber amoureuse du “beau mec là-bas” avec qui je n’avais pas la moindre interaction. Parce que comme ça, je ne risquais pas de me prendre un râteau et, donc, de casser ma rêverie. Alors j’imaginais qu’ils venaient me parler et me déclarer leur flamme. J’ai pu éventuellement imaginer que j’allais moi-même leur parler mais à cette époque, j’étais bien trop godiche pour faire le premier pas. Parce que d’abord, paraît que c’est au garçon de le faire et puis surtout, j’étais aussi bien dans ma peau que dans une paire d’escarpins deux pointures trop petite. 

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Evidemment, en tant qu’adulte, la donne est légèrement différente. J’ai parfois eu des crushes de boulot qui me servaient uniquement à fantasmer mais là, je sais pas, malgré les quelques mecs comestibles de l’open space, bof, la machine à rêvasser ne suit pas. Oh, j’ai une explication très simple : le crush, ça doit se produire dans les premiers jours, après, c’est mort. Or les premiers jours, j’étais encore dans mon drama amoureux dans pas vraiment disponible pour activer la machine à fantasme. Puis je sais pas, dans l’univers du boulot, je bloque pas mal. Je veux dire peut-on réellement fantasmer dans un endroit où on passe nos journées à faire des excels, powerpoints et gérer des projets où l’on parle de k-euros, reportings, stratégies, conf call avec des clients… Même en rendez-vous clients, je suis là pour défendre une stratégie, coller des mots marketing sur une mécanique que l’on souhaite vendre cher. Il semblerait que mon neurone sexuel ne soit pas excité par l’argent. 

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Alors où trouver un objet de rêvasserie ? La question est la même que celle d’où trouver l’homme même si l’univers des possibles est plus vaste. Je veux dire on peut fantasmer tant qu’on veut sur tous les hommes, y compris sur ceux qui ne sont pas disponibles du tout. Ce que peut me faire un mec en couple dans mon imagination ne fait de mal à personne, sa femme n’est pas cocue dans les faits et lui n’est même pas au courant, pratique. Sauf que bon, en ce moment, niveau rencontre masculine à haut potentiel fantasmatoire, c’est un peu sec. Je mise pas mal sur l’anniversaire de Jade samedi prochain qui a des mecs célibataires à nous présenter et qui a des goûts très sûrs. Enfin, en matière de célébrités masculines, on a les mêmes goûts. Et elle a même un frère, certes quadra et en couple mais si la beauté sensuelle est de famille, ça va me donner matière à fantasme pendant quelques temps. Enfin, je dis ça, à J-6, j’ai pas de news de ladite soirée donc c’est pas dit que j’y trouve matière à fantasme si elle ne se tient pas.

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Piocher dans les souvenirs alors ? En cuisine, les plats réchauffés sont toujours moins bons que les plats tout juste sortis du four. En fantasme, c’est pareil. Le réchauffé n’est guère utile surtout que si l’objet des fantasmes a bien été usé, on a un peu fait le tour de la question. Et certains doivent être interdits de manipulation sous peine de raviver certaines petites blessures qui ne demandent qu’à cicatriser. Me reste alors les people mais en ce moment, y en a pas un qui m’excite particulièrement, je crois que je suis dans la zone des célébrités fantasmatoires trop âgées (Clooney, Brad Pitt, trop vus et revus) ou trop jeunes (Zac Efron, même s’il a des poils maintenant, Pattinson et je ne parlerai même pas du mineur Justin Bieber). C’est quoi la came des trentenaires ? Sur qui peut-on fantasmer, dépenser des sous pour le voir dans un film/en concert ? C’est quoi ce trou générationnel ?

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Ou alors la vie cherche à m’encourager à respecter ma résolution du snoozing… Pffff…

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