Bon bé à bientôt !

De temps en temps, je me prends de passion pour les interactions sociales, ce royaume de l’hypocrisie. Savez-vous que le mensonge le plus répandu est la réponse « oui » à la question ça va. Parce que répondre non signifie que l’on doit ensuite s’épancher sur nos problèmes et autant les avis et conseils de nos amis peuvent nous intéresser, autant ceux de connaissances plus lointaines, bof… Quoi que je suis persuadée que si je réponds un « non et toi ? » D’un ton neutre, la personne ne relèvera même pas. De toute façon, on s’en fout un peu de savoir si cette personne qui n’est pas issue du cercle de nos proches va…

salut_cava

L’autre jour, alors que je cheminais ENFIN (notez l’hystérie contenue dans ces 2 syllabes) sous le soleil, mon esprit vagabonda, me rejouant une historiette sans grande importance durant laquelle j’avais pris un café avec un gars que je ne revis jamais. Il n’avait pas été prévu de se revoir (il n’avait au départ jamais été prévu de se voir non plus) mais en partant, je l’ai gratifié de mon habituel « bon Ben salut, à bientôt ! ». De même, en quittant mes encadrants de plongée en Égypte, je les gratifiait tous d’un « Byyyyye ! See youuuuu ! » alors que, ne nous mentons pas, je sais que je les reverrai pas.

see-you

Est-ce juste moi ? Si je scanne mes souvenirs, je me rends compte que ça dépend des situations. Dans le cadre d’une rencontre professionnelle, on joue moins le jeu du à bientôt, surtout si la conversation tourne autour du fait que malgré l’intérêt de votre candidature, blablabla. Là, on vous renvoie vivre votre vie avec un poli « bonne continuation ! ». Moi même, j’ai pu jouer sur ce bientôt en fin d’entretien « merci et peut-être à bientôt ! » Clin d’œil et coup de coude. Parfois, quand quelqu’un quitte une boîte où je bosse, je lâche un « on se recroisera sûrement, le monde du digital est tout petit ! ». Ce qui est assez vrai, soit dit en passant.

galaxy

Le pire, c’est pour les dates. Les rencards. Et précisément les rencards où ça l’a pas fait. On reste plantés sur le bord du trottoir en se promettant que oui, oui, on se reverra, à bientôt ! Alors qu’intérieurement, on espère qu’il était aussi hypocrite que nous sur le coup et ne nous relancera pas.

no-messages

Mais je ne sais pas dire Adieu. Je ne sais pas dire « oui écoute, te revoir ne m’intéresse alors bonne continuation, tu trouveras une fille plus en phase avec ta personnalité et autres conneries… » Pourquoi ? Par politesse, je suppose. Oui, on peut se dire qu’être hypocrite n’est finalement pas très poli, que je prends un peu cet autre pour une buse et que j’insulte par là même son intelligence émotionnelle.

Head and heart

Mais je ne crois pas avoir rencontré quelqu’un m’expliquant que non, on ne se reverra pas, hors dispute violente. Qu’on se dit tous des « à bientôt » et autres formules du genre parce que c’est juste une convention sociale. Evidemment, je ne me vois pas avoir la cruauté de dire à une personne « non, non, on ne se reverra pas, salut et euh… salut ».

Finalement, mentir est la meilleure façon de rester courtois ? Ou alors c’est moi qui suis un peu trop gentille ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

Reprogramme-toi

Il y a deux versions de moi : celle que je suis réellement et celle que j’aimerais être. Le problème étant que j’aimerais certaines qualités, ou plutôt certaines habitudes, que je n’ai pas. Chassez le naturel, il revient au galop, paraît-il. Et pourtant, tout n’est-il pas question de construction mentale ?

Jeu de contruction Briques

Pendant 27 ans, j’étais la pas sportive de service. Mais alors vraiment pas hors la marche à pieds (et encore…). A 33 ans, si je n’ai pas ma dose de sport, je me sens pas bien, je suis fatiguée, agressive voire même un peu déprimée. On ne peut pas dire qu’à la base, j’ai un naturel sportif, rien n’est moins vrai. C’est juste devenu une habitude, une heure ou deux où j’élimine mes toxines en laissant mon esprit vagabonder. La sueur a un effet bénéfique sur la plupart des problèmes. A défaut de les résoudre, il donne l’énergie de s’y attaquer.

wonder woman

La question est donc : ai-je toujours été sportive sans le savoir et je n’ai découvert que tard mon naturel ou ai-je reprogrammé ma personne pour devenir sportive ? Le terme programmation peut paraître barbare mais nous marchons pas mal comme une machine. Ainsi, si je change certaines données, je pourrais peut-être atteindre cet idéal de moi que j’ai…

escalade

Par exemple : la bouffe. J’ai de mauvais réflexes, je noie mon ennui ou ma baisse de moral dans la bouffe, c’est la nourriture doudou. En gros, j’ai donné la valeur “réconfort” à la nourriture (plutôt la version grasse et/ou sucrée, les épinards n’ont pas du tout la vertu bienfaitrice d’une Haagen Dasz sur mon moral) et donc je fais un peu chier mon monde en pincant le bourrelet parce que mon régime n’est guère efficace. Enfin, non, en vrai, j’embête pas les gens avec ça, je me tripote le gras seule devant ma glace mais je n’en parle pas à mes amis, j’ai des sujets plus intéressants. Donc l’idée serait de remplacer la nourriture par autre chose. Je m’ennuie ? Ben j’ai qu’à lire et dormir plutôt que manger. Pas le moral ? Allez zou, un bain qui sent bon…

bain-relaxant-recette-L-1

En fait, la clé de la reprogrammation me paraît être un changement d’habitude. Revenons sur mon arrêt de la clope (avec ce que je me la raconte ici, j’ai intérêt à pas reprendre). Ce qui me semblait insurmontable au départ, c’était de me départir de mes habitudes. Or ma vie ayant connu un léger changement (à savoir aller chez l’infirmière tout les matins au lieu d’aller directement au travail), j’en ai profité pour jeter à la poubelle cette méchante habitude. De la même, si je veux donc allier deux de mes objectifs qui sont a) arrêter de mal manger et b) être plus productive, il suffit peut-être juste que je n’allume pas la télé, que je n’aille pas sur le net. Je rentre chez moi, dîner léger, douche et au lit avec ma tablette pour écrire. Par exemple. Ou si j’ai pas envie d’écrire, je peux aussi faire quelques activités manuelles. Car les activités manuelles m’occupent les mains et me donnent moins faim, figurez vous… Enfin, c’est juste que j’y pense pas.

bracelets-bresiliens

Et pour mon bordel ? Comment remplacer l’ennui total d’une séance de ménage par un truc moins… plus… Enfin, que je ferais sans faire trop la gueule, quoi… Une sorte de réflexe pavlovien qui me ferait ranger tout ce qui dépasse, briquer tout ce qui n’est pas impeccable et avec le sourire et le plaisir de sentir à la moindre occasion l’odeur du propre.

ajax-pub

La question est finalement : est-ce possible de se reprogrammer ainsi ? De se programmer tout court dirais-je ? Faudrait que je tente en premier sur la bouffe, ça me paraît le plus facile et le plus profitable pour moi. Viendra ensuite ma transformation en Monica Geller. Surtout que si je mincis, faudra bien que j’achète de nouvelles fringues, hein… Et à la fin, on s’attaquera au pire problème de ma vie, ma presque malédiction (j’aime exagérer) : le snoozing.

snoozing-a-red-alarm-clock

A moins que ce soit justement par là que je dois commencer pour que tout me paraisse plus facile ? On verra ça à mon retour d’Egypte. Car oui, je vous ai peut-être pas dit, mais la semaine prochaine, je vais plonger en Egypte. J’essaie de vous préparer des articles mais ma vie actuelle me permet mal d’écrire à ma guise. Mais je vais essayer promis !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Les couples jumeaux

C’est l’été. En cette saison si particulière, les gens se promènent à moitié nus, mains dans la mains, parfois langue contre langue, ce qui peut parfois être limite gênant. Je n’ai rien contre les couples qui s’embrassent dans la rue mais quand on les sent prêts à se grimper dessus, on se sent parfois de trop.

Ayant commencé un nouveau stage assez loin de mon domicile, je passe une partie non négligeable de ma journée dans les transports en commun et c’est
assez pénible, pour tout dire. Je vous explique : quand je quitte mon domicile vers 8h45, il fait frais, je marche vite dans la rue pour me réchauffer. Arrivée au RER, je me prends 10 degrés de plus dans la figure, ce qui détruit irrémédiablement mon maquillage grâce à une suractivité soudaine de mes glandes sudoripares. Dire qu’avant de partir, j’avais appliqué méticuleusement mon déodorant et recouvert ma peau d’un peu de parfum, tant d’efforts ruinés en quelques secondes…

Devant survivre à plus d’une demi-heure de ballotage dans de vieilles rames sombres et sales, j’ai une arme absolue : mon baladeur mp3 ! J’ai bien tenté de lire mais ça me rend malade… Assise sur mon strapontin (car je dois me promener avec mon ordinateur portable, je ne veux pas rester debout, il risquerait de se prendre des coups. Et en plus, je le revendique : je suis feignante. Le métro, moi, ça m’épuise), j’observe pas toujours discrètement mes compagnons d’infortune. Les gens font la gueule, surtout les hommes d’affaire en costard cravate (vu la température, je compatis à leur malheur). Mardi, alors que mon regard éteint traînait sur la présentation du trajet que je connais par cœur, j’aperçois deux personnes assises sur les strapontins, côte à côte. Un garçon et une fille. J’ai d’abord pensé qu’ils étaient frères et sœurs : blond, plutôt minces, de taille moyenne avec les mêmes lunettes. Mais leur façon de se tenir (mains dans la main, taille contre taille, bras contre bras) m’a fait comprendre qu’il s’agissait d’un couple. Mon esprit ayant tendance à vagabonder au rythme lancinant des rails, je me mis à réfléchir sur ce couple et, de façon générale, sur les couples.

 Il existe deux dictons sur l’amour : « Qui se ressemble s’assemble » et « Les opposés s’attirent »… Comme ça, tout le monde y trouve son compte. Mais le compagnon ou la compagne que nous choisissons n’est-il pas la meilleure façon de mesurer l’amour que l’on a de soi ? Ce couple jumeau, tendrement et pudiquement enlacé dans le métro n’est-il pas d’un égocentrisme peu commun ? Je m’aime à tel point que je sors avec une personne qui me ressemble physiquement. A l’inverse, si je ne me supporte pas, vais-je choisir une moitié dissemblable de moi ? Pour répondre à cette question, je choisis un cas particulier que je connais bien : moi. Prenons le dernier gars sur qui j’ai craqué, Julien. Physiquement, nous n’avons rien à voir ! Nous aurions pu faire un couple très contrasté. Pourtant, je ne peux pas dire que je ne me supporte pas physiquement… Je ne me trouve pas parfaite (qui peut penser ça de lui, honnêtement ?), il y a des jours où j’aimerais pouvoir me mettre un sac sur la tête pour sortir mais je m’accepte quand même bien. D’ailleurs, dans mes prétendants actuels, il y en a deux qui présentent les mêmes caractéristiques physiques que moi, à peu près.

Et si c’était une question de génétique ? Une fois, Anne m’a sortie une théorie hallucinante (nous étions encore au lycée) : les garçons aux yeux clairs ne veulent pas sortir avec des filles aux yeux foncés car, en cas de reproduction, leur progéniture a de fortes chances de récupérer les yeux sombres de la demoiselle (ce qui n’est pas un défaut en soi…). Je ne pense pas que quelqu’un puisse raisonner ainsi, surtout à nos jeunes âges où certain(e)s recherchent plus des camarades de brouette que leur futur mari ou épouse. Mais si, inconsciemment, nous cherchions des partenaires capables de partager des gênes que nous ne voulons pas perdre ? Mes parents sont un cas typique de ce que j’appelle les couples jumeaux : même couleur de cheveux, même couleur de yeux, à peu près même morphologie… Résultat ? Je suis le portrait craché de mon père alors que ma sœur se rapproche plus de ma mère. Pourtant, les gens s’extasient souvent sur notre ressemblance… Vendredi, alors que ma chère sœur passait trois heures à choisir un téléphone portable (« ah non, il est moche celui-là, il me plaît pas ! »), la vendeuse, distraite, commence à me parler, pensant que j’étais ma sœur. Puis elle s’excuse et me demande si nous sommes jumelles. Il n’y a que Victoire qui trouve que nous ne nous ressemblons pas…

Partant de cette réflexion, je me suis rendue compte que j’étais sensible à certaines caractéristiques particulières chez les hommes. Par exemple, je
suis très attentive au profil d’un gars. Hier soir, alors que j’étais à une réunion média, j’observais avec attention le profil d’Enguerrand (une de mes cibles, voir la rubrique adéquate) quand il s’adressait à son voisin et m’extasiais sur son nez. J’avais vécu la même chose avec Julien 1 et 2 (une de mes anciennes cibles dont je n’ai pas parlé ici), je trouvais leur profil très attirant. A l’inverse, j’ai été déçue par le profil de Paul, mon co-stagiaire que je vais enlever de mes cibles, d’ailleurs, car il est antipathique au possible, malgré sa ressemblance avec
Jacques Villeneuve de face. Or, pour ma part, je déteste mon profil… Tout le monde vous dira que mon nez est charmant, au mieux normal, mais je ne l’aime pas, de profil, je trouve que j’ai de trop grosses narines.

Inconsciemment, cherche-t-on un partenaire qui comble nos défauts ? En gros : je n’aime pas cette partie-là de ma personne et je vais chercher un géniteur qui n’a pas ce défaut pour faire un enfant parfait. Je me souviens, quand j’étais petite, ma tante, enceinte, s’était exclamée un jour par rapport à son futur fils :
« pourvu qu’il n’est pas les oreilles de son père et le nez de sa mère ! » (je vous rassure, mon cousin est très réussi).

Ça peut paraître tordu comme théorie, à la première lecture, mais je vous rappelle, cher lecteur, que nous restons des animaux et que notre but dans
la vie c’est : manger, dormir, forniquer, se reproduire. Et se reproduire bien, faire des enfants qui seront mieux que nous. Après tout, tous les parents cherchent le meilleur pour leur enfant, on entend souvent un père ou une mère dire : « je veux qu’il ait ce que je n’ai pas eu ». Pourquoi le physique échapperait à cette logique ?

Ainsi, pour ma part, je me rends compte que le nez est un critère de séduction important pour moi. Je me fiche que l’individu soit blond ou brun (je
change tellement souvent de couleur de cheveux…), petit ou grand… Par contre, il me faut un nez splendide et de beaux yeux, aussi… Si j’accepte que ma progéniture n’hérite pas de mon merveilleux regard, il est hors de question qu’ils se retrouvent avec des yeux de bovins… Il existe déjà une Britney Spears (et même deux, je vous invite à regarder une photo de sa sœur, c’est la même), je vais pas en pondre une supplémentaire.

Si j’analyse les relations de mon entourage, je me rends compte qu’on cherche souvent chez l’autre ce que l’on n’a pas chez soi.

Maintenant, vous pouvez mesurer à quel point je m’ennuie dans les transports en commun.

Rendez-vous sur Hellocoton !