L’autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie

Ce que j’aime bien dans la vie, ce sont les livres qui viennent à moi, des livres que je n’aurais peut-être pas choisi de moi-même. L’autre moitié du soleil a atterri dans ma main un mardi midi, offert par Amy juste avant le cours de yoga. Mon cadeau d’anniversaire “moi, ce livre, il m’a bouleversée”. Bon, ben voyons ça.

L'autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie

Ce roman raconte donc les destins croisés de plusieurs personnes lors de l’indépendance du Nigeria puis la sécession du Biafra en 66. Nos héros sont Igbos (Ibos dans le roman, je ne sais pas trop pourquoi cet orthographe), une ethnie décrite par Kurt Vonnegut comme plus éduqués que les autres du Nigeria et donc détestées en partie pour ça, beaucoup d’Igbos enseignent par exemple dans le supérieur. Nous suivons donc l’histoire d’Olanna et Kainene, deux soeurs jumelles, de leurs compagnons et même boy dans ce Nigeria fraîchement indépendant qui va rapidement déraper dans la violence donc les Igbos seront les premières victimes. Les Igbos déclareront donc leur indépendance et créeront l’Etat du Biafra… une sécession réprimée dans le sang.

L'autre moitié du soleil, film

L’autre moitié du soleil, ce n’est cependant pas qu’un roman historique, c’est plus que cela. A travers l’histoire sanglante du Nigéria et du Biafra, on suit les atermoiements de nos héros principaux, leurs amours, leurs doutes, leurs crises… ce qui nous rappelle qu’au-delà de la guerre relatée dans les livres d’histoire, il y a la vie quotidienne, la résilience, ce côté presque insouciant alors que la mort est aux portes… et la mort, le roman ne nous l’épargnera pas… La guerre dans toute son horreur, avec ses moments de vie quotidienne mais aussi le sang, la violence. On s’attache aux personnages et soudain, on a peur pour eux, on les voit fuir leur belle maison et perdre peu à peu tout ce qui leur appartenait, ils sombrent peu à peu tout en espérant la victoire finale du Biafra, en rêvant à des lendemains meilleurs.

L'autre moitié du soleil, film

Bref, ce n’est pas un roman léger de bord de plage mais pour une première découverte de la littérature africaine (hormis Senghor mais la comparaison est compliquée), c’est une réussite totale, je n’ai pas lâché le roman. Et j’ai appris beaucoup sur l’histoire douloureuse du Biafra… tout en fait car je l’avoue sans mentir : je ne connais pour ainsi dire rien à l’histoire africaine et il serait temps que je me penche sur la question. Donc oui, ce n’est pas un roman léger mais c’est un roman à lire impérativement si vous avez envie de vous intéresser au sujet, en préambule. Ca m’a un peu fait penser à Victoria Hislop et ses romans historiques mais en mieux : parce qu’il n’y a pas d’histoire sans importance dans le temps présent et surtout, tu t’attaches plus aux personnages.

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Manifester, c’est anti démocratique

Aaaaaaaaah, je suis bien en ce moment, je suis bien… bien remontée. Ah, faut dire que les gens, ils me cherchent aussi genre à nous expliquer que descendre dans la rue parce que Macron fait de la merde, ce serait nul parce que Macron, c’est le choix des Français. Alors d’abord, vous allez me regarder cette vidéo de Data gueule et ensuite, revenez m’expliquer pourquoi manifester, c’est anti démocratique.

Manifester

Sur ces simples élections, nous avons un Macron passé au second tour grâce à ces 24% de votes au premier tour. Est-ce que ça veut dire que 24% des citoyens au vote exprimé sont pour ce fantastique détricotage de notre modèle social ? Non, 41% de cet électorat là l’a fait par défaut et non par conviction (et on remercie les sondages qui ont bien fait peur avec Marine, Fillon et tout ça histoire que les gens votent utile pour le moins dangereux… sur le papier). Donc 59% de 24%, ça nous fait 14% des votes exprimés. Soit en reconvertissant en terme de voix 5 millions de Français convaincus par un projet… soit environ 5 millions sur 47 millions d’électeurs ou 52 millions de Français de plus de 18 ans (ouais, j’ai enlevé les mineurs, je trouvais pas leur présence très pertinente dans mon analyse). Et comme depuis Chirac, celui qui remporte les élections présidentielles a un fauteuil pour les législatives, Macron obtient une confortable majorité… bien que plus de la moitié des citoyens n’aient pas fait le déplacement mais apparemment, ça marche quand même. Je remets le lien vers Data Gueule, des fois que…

Sondage présidentielle janvier 2017

Mais admettons. Voyez, moi, en 2012, j’ai voté Hollande parce que j’ai été tellement la reine des connes, bordel. Je ne croyais pas qu’il allait faire des miracles (ma propre connerie a des limites), je souhaitais juste de l’apaisement après Sarko. Et bah j’ai pas été déçue du voyage, la vache ! Et c’est précisément là où je veux en venir. Pour qui vote-t-on ou pour quoi vote-t-on ? Je suppose que c’est personnel et que ça dépend de son degré d’intérêt pour la politique, je vote personnellement pour une vision d’avenir. Parce que 5 ans, c’est court et long à la fois. Je vote pour un projet (projeeeeeet)… des promesses car je n’ai que ça. “Han mais genre, les politiciens, ils tiennent leurs promesses, LOL”. C’est bien tout le problème, Bobby, c’est bien tout le problème. Quand je mets un bulletin dans ma petite enveloppe, je n’ai pour faire mon choix que deux outils : mon adhésion à un projet et ma confiance en la personne ou le parti. Il y a une part de naïveté dans le vote, une part de résignation aussi. Je vais prendre lui ou elle parce que je pense qu’il me ment pas, parce que je veux croire qu’il me ment pas… ou au pire, ce sera lui ou elle le/la moins catastrophique. Je suppose que certains se demanderont alors pourquoi je continue de voter, je leur répondrai que… je sais pas vraiment, un peu par réflexe, un peu par espoir, quand même.

voter aux élections françaises

Cependant si les promesses ne sont pas tenues (et Dieu sait qu’elles ne le sont jamais), on fait quoi ? Voter n’est pas remettre un chèque en blanc à une personne ou un parti pendant 5 ans. On a signé un deal, monsieur madame, si vous ne le respectez pas, je pense avoir légèrement le droit d’ouvrir ma gueule. Et même si je n’ai pas voté pour le vainqueur, je dois laisser détricoter nos acquis sociaux parce que j’ai pas mis le bon bulletin dans l’urne ? Sérieusement ?

Manifestation anti loi Baillon en Espagne

Je sais que les manifestations ont mauvaise presse, je fus de celles qui soupiraient à l’époque en mode “mais ils ont rien d’autres à faire ?”. Aujourd’hui, j’ai complètement fait évoluer mon discours parce que j’ai compris qu’il fallait parfois entrer dans le rapport de force pour arracher quelque chose. Non parce que la prise de la Bastille, que nous célébrons à grand coup de feux d’artifice chaque année, vous croyez que ça s’est passé avec des bisous et de la barbe à papa ? Honnêtement, je suis toujours un peu saoulée de voir des abribus et vitrines pétées parce que je sais que les médias ne relaieront que ça (et je ne suis jamais déçue) mais je le suis encore plus quand je vois les gens chialer plus pour ces bouts de verre que sur les manifestants blessés… Et me racontez pas qu’ils l’ont cherché ou que c’était accidentel, on a eu lors de la manif du 1er mai à Paris pas moins de 11 blessures au crâne par matraque au bouclier dont 7 plaies ouvertes . Vous allez me faire croire qu’il n’y avait aucune volonté de faire mal. Mais non, les vitrines valent plus que l’intégrité physique de ceux qui exercent leur droit de manifester. Intéressant.

Manifestant blessé, violences policières

Mais le pire, c’est qu’on entre dans une ère où on est contraints de manifester non pas pour acquérir de nouveaux droits mais pour protéger nos acquis salement menacés… Vu qu’on se ramasse dans les dents en 3 mois de Macronie, je n’ose imaginer l’état de nos droits en 5 ans. Et j’en connais qui seront bien contents que certains soient aller manifester pour eux tout en s’indignant sur les abribus cassés. Le sens des priorités. Donc désolée mais peu importe le résultat d’une élection, manifester est un droit…et si ça continue, ça va limite devenir un devoir (en attendant de terminer en garde à vue parce qu’on n’a pas réussi à quitter la nasse à temps).

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Naïve, moi ? Oui parce que c’est tout ce qu’il me reste.

84. A l’heure où j’écris, encore 84 vie arrachées pour rien. Vous me direz qu’on a rarement eu des morts utiles dans l’Histoire (non, celles de soldats sur un champ de bataille ne sont pas utiles vu qu’elles sont souvent dues aux visées expansionnistes ou à la barbarie de l’un, voire des deux, camps. En schématisant à mort) mais là, le compteur s’affole, les morts civils tués dans des attentats ou dans des guerres s’entassent, toujours plus, jusqu’à la gerbe. Alors face à ça, que faire ? Décréter que l’être humain est de toute façon infect et attendre la mort ou s’accrocher au faible espoir qu’on puisse changer la donne. Traitez moi de naïve mais je vais prendre la deuxième option.

femme naïve

Jeudi, j’ai passé une bonne soirée : chez ma soeur avec mes parents, ma soeur et son mari, Victor et surtout Saturnin et Pivoine. J’ai joué avec eux, je leur ai fait des bisous, j’ai fait plein de photos parce que ça faisait longtemps et que des enfants aussi beaux et photogéniques, ce serait un crime de ne pas les photographier. Ce ne sont pas mes enfants, je suis parfaitement objective. J’ai ri avec mes parents, j’ai regardé amoureusement mon Victor prendre Pivoine dans ses bras puis aider Saturnin à monter un Lego, j’ai bu du champagne dans lequel j’avais mis une savoureuse framboise, j’ai vu pour la première fois en onze ans le feu d’artifice parisien du 14 juillet et tenté de prendre des photos (mais sans zoom, ce fut compliqué). En un mot, j’étais heureuse.

pivoine-saturnin

feu-d-artifice-paris-2016

Puis en rentrant, Victor jette un oeil sur son smartphone et la bascule “y a ma cousine de Nice qui vient d’activer un safety check sur Facebook…” On se connecte sur Twitter et on découvre. Fin de la belle soirée, on passe direct à la gueule de bois. Vendredi, jour béni de RTT imposé, je me fais un petit planning “courses” et je me prends une avalanche de sourires et de gens aimables quasi partout où je passe. Peut-être était-ce un hasard, peut-être était-ce moi qui, inconsciemment, essayait d’être la plus aimable possible, peut-être était-ce nous qui avions besoin d’un peu d’humanité. J’en sais rien mais je suis rentrée chez moi avec un petit surplus de foi en l’humanité alors que mes réserves étaient quasi vides. Je me suis rappelée de mon vœu pieu en rentrant du Canada, d’essayer d’être aussi aimable qu’une Québécoise et j’ai compris pourquoi : parce qu’on a besoin d’y croire encore. Juste un petit peu.

choisir son chemin

Parce que tous ces sourires m’ont donné envie d’y croire. De me dire qu’on va enfin comprendre les mécanismes qui poussent toutes ces personnes à aller se flinguer en emportant un max de gens avec eux et qu’à partir de là, on pourra prévenir. Qu’aucun enfant ne mourra d’être allé voir un feu d’artifice avec ses parents, aucun fana de musique d’être allé à un concert, qu’on va pouvoir reprendre nos vies en arrêtant de guetter les comportements suspects, à se demander si on ne devrait pas quitter cette rame de métro car le gars, là, il est un peu chelou, non ? Retrouver l’insouciance même si à regarder l’Histoire voire l’histoire, l’insouciance et la naïveté sont limite un acte politique : ignorer le monde dans lequel on vit pour ne pas en voir l’horreur. Jamais on n’a connu la paix totale et sans doute ne la connaîtrons nous jamais, qu’il s’agisse de guerres civiles ou internationales, de guérillas, d’attentats… Mais donc, à partir de là, on baisse les bras ? Non parce que le fatalisme n’a jamais rien fait avancer et que si, nous, de notre vivant, nous ne connaîtrons qu’une paix relative vu qu’on ne vit pas sous les bombardiers (même si Cazeneuve commence à me faire très peur), peut-être qu’on va finir par enrayer tout ça.

mains formant le signe peace

Oui bah quitte à écrire un article neuneu, je mets de l’illustration à la hauteur

Et puis même si on n’y arrive pas, ça fait du mal à qui d’y croire, d’essayer d’éduquer mieux nos enfants, réduire les fractures sociales qui met trop d’enfants sur le bord de la route, vulnérables aux discours les plus extrémistes, les méthodes les plus radicales pour rééquiliber la balance…

pot-casse

Qu’est-ce qu’on perd à se dire que ça ira mieux demain ? Qu’on ne naît pas fondamentalement mauvais mais que quelque chose nous le fait devenir ? Qu’en étant juste un peu plus aimable et serviable au quotidien, ça n’empêchera pas les guerres évidemment mais ça rendra tout ça un peu plus supportable, ça nous redonnera foi en l’humanité. Et vu que c’est tout ce qu’il nous reste, allons y gaiement.

fille et marguerites

Bisounours, moi ? Oui, totalement assumée.

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Et si on les foutait tous dehors ? (mon rêve)

Je suis une citoyenne écoeurée, dépitée, blasée au dernier stade. En 2012, je souffrais dans la France de Sarkozy, je n’attendais que son départ, en espérant que ça nous apporte un peu d’oxygène. Je déteste la France de Hollande : riches contre pauvres, citoyens contre citoyens, les “bons Français” contre les “Musulmans d’apparence”, les Roms ou, pour certains, le “lobby juif qui dirige en souterrain la France”. En 2012, j’espérais une alternance qui apaiserait. En 2016, j’ai envie de pleurer en pensant à 2017 : quels que soient les candidats, il n’y a aucun espoir d’une réelle alternative. Sauf infarctus, rupture d’anévrisme ou énorme scandale, 9 chances sur 10 qu’on se ramasse Juppé. C’est mieux que Sarko, mais mieux que Sarko, ça veut pas dire que c’est bien. Bref, voici ma colère de citoyenne

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Et puis. Et puis il y a eu la dernière estocade, la loi Travail, un ultime crachat à notre gueule et un gros ras le bol. Les lycéens descendent dans la rue, les étudiants, la place de la République est désormais occupée toutes les nuits. On se lève et on dit stop, ça suffit l’enculade avec du verre pilé, on ne peut plus. Et là dessus, comme une fine couche de chantilly, paillettes au chocolat : les Panama Papers. Alors, j’écris cet article à 10h05 et je ne connais pas encore la liste des impliqués (bon, à part Balkany pour la France et ça commence à tomber sur les “proches” de nos chers dirigeants mais bon, Balkany qui n’aurait pas été impliqué dans une magouille, c’est limite inconcevable) mais ce matin, en me levant, je me suis prise à rêver que tous nos dirigeants des 10 dernières années soient impliqués. Que notre oligarchie tombe tout entière dans ce scandale, qu’on les foute tous dehors, qu’on reparte de zéro.

colère de citoyenne

Alors évidemment, je vous entends derrière votre écran “mais t’es vraiment trop utopiste : on les fout dehors, ok, mais so what ?”. C’est vrai que si je regarde les modèles étrangers, je suis pas tout à fait sereine : Tsipras ressemble finalement plus à un pétard mouillé qu’autre chose. L’Islande, dont on ne pensait que du bien parce qu’ils “ont préféré l’intérêt des individus plutôt que celui des banques” se retrouvent avec un Premier Ministre touché directement par le scandale… Peut-être Podemos… Mais si on ne peut pas tout changer en 1 jour, il est peut-être temps d’y penser. Envisager la 6e République. Celle de Mélenchon ou une autre, je suis pas particulièrement Mélenchoniste. Et vous savez de quoi je rêve ?

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Je rêve d’une carrière politique limitée dans le temps. Deux mandats maximum (et encore que), de la proportionnelle. Comme je disais sur Twitter “je ne veux plus qu’on fasse carrière en politique mais que la politique ne soit qu’une parenthèse dans une carrière”. Parce que la carrière politique pose un réel problème, notamment au niveau du clientélisme, de la déconnexion avec la vie de la plupart des citoyens, les petits arrangements entre amis qui piétinent joyeusement l’intérêt général. Les citoyens grondent ? On balaie ça d’un méprisant “mais ils ne savent même pas de quoi ils parlent”. Ah ben oui, c’est vrai que nos élus sont bien plus éclairés que nous, ils ont fait de grandes écoles, vois-tu…

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Sauf que non. Revenons à une énième colère des citoyens vs les députés : le vote sur l’état d’urgence avec 136 députés présents vs 441 députés absents. Face à la colère, quelques sites Internet sont venus nous expliquer que c’était normal, quelques députés ont expliqué le pourquoi du comment : le lundi, ils sont en province pour faire du local, d’autres étaient en commission, d’autres encore à la buvette. Ok, bien mais pourquoi il y a eu si peu d’explications par les principaux concernés ? Parce qu’ils considèrent que les citoyens n’ont qu’à savoir comment ça fonctionne ou juste parce qu’ils s’en foutent (vu l’absence de réponse générale sur le sujet de l’absentéisme à l’Assemblée, j’ai une petite idée sur la réponse) ? Mais surtout, surtout, je cite : “Tous les députés ne sont pas spécialistes de toutes les questions traitées. Seuls ceux qui ont travaillé le sujet, parfois de longue date peuvent utilement participer aux débats. Les autres n’ont rien à dire.” (article qui date de 2009…) . Ok alors du coup… pourquoi ils se prétendent plus éclairés que nous, les citoyens idiots et incultes ? Pourquoi on continue à nous vendre une oligarchie éclairée alors qu’on a juste à faire à des individus à réseaux qui ne représentent que leurs propres intérêts ? Pourquoi on a une Assemblée qui ne ressemble absolument pas à la population française mais qui n’est qu’un entre soi essentiellement masculine, CSP++, blanche et pas vraiment jeune (pléonasme) ?

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Ce matin, je me suis réveillée avec un espoir : qu’on foute tous ces gens dehors et qu’on revoie le système de fond en comble pour assurer une représentation plus en phase avec la population française et surtout des individus qui agiront vraiment parce que 5 ans, ça passe vite et tu ne rempileras pas 107 ans non plus. On me répondra qu’à l’inverse, quelle motivation pour ceux qui savent qu’ils ne resteront pas par la suite? Je sais pas mais après tout, on nous fait croire que la précarité et les contrats courts, c’est le bien alors pourquoi ça ne concernerait que les citoyens ?

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Et pour finir, une petite vidéo d’une candidature qui fait réfléchir, celle de Dany Caligula, un jeune homme que j’aime de plus en plus (et pas juste parce qu’il est Toulousain)

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« Dieu me déteste » de Hollis Seamon

Après m’être avalé sans plaisir aucun Anagrammes de Lorrie MooreA la fin tout le monde meurt de Johanne Rigoulot et surtout l’imbitable « La petite fêlée aux allumettes » de Nadine Monfils, il était temps que je m’offre un petit bonbon littéraire. Ma mère, en dealeuse de bonne came romanesque, me conseilla donc « Dieu me déteste » d’Hollis Seamon, que j’ai ouvert sans lire le résumé.
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Claque dès la première page : le héros est un ado de 17 ans hébergé en soins palliatifs. Un cancéreux en phase terminale. Merde, me dis-je, j’avais pas précisément prévu de lire un bouquin larmoyant. Sauf que Dieu me déteste ne l’est pas justement. Car ce garçon, Richard, est un petit malin. Attachiant comme pas deux, il entraîne son petit monde dans de joyeux périples, manie l’humour, souvent noir, avec finesse et provocation. Dans le petit monde confiné des soins palliatifs, Richard observe ses congénères, patients en fin de vie comme famille qui vient les voir. Et il y a Sylvie, la jeune ado de 15 ans avec qui il noue des liens particuliers.
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La force incroyable de ce roman, c’est que tu as la sensation de suivre une joyeuse bande. Richard et Sylvie se bricolent des aventures sous l’oeil sévère mais au fond complice du personnel soignant. Pourtant, la mort est là, souvent, au détour d’une page. Un patient meurt. Le père de Sylvie s’abîme dans la souffrance jusqu’à frapper Richard de désespoir quand sa fille est au plus mal après l’une de leurs facéties. Il y a aussi la culpabilité de Richard face à sa mère qui se tue pour lui, le personnel hospitalier qui doit gérer la mort au quotidien et Richard lui-même, qui sait qu’il n’en a plus pour longtemps. D’ailleurs, son corps ne suit plus…
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Et pourtant, malgré ce background plus que pesant, on dévore les quelques 275 pages de ce roman en souriant. Malgré sa mort imminente, Richard reste drôle mais réaliste, jamais dans l’abattement. Car il le sait, s’il est là, c’est qu’il est atteint de « DMD »: Dieu Me Déteste. Ce roman est finalement un élan d’optimisme et d’espoir : tant que c’est pas fini, faut profiter. Donc, oui, ce roman là, tu peux l’amener à la plage. Promis, tu ne pleureras pas

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Père Noël vs Dieu

Il y a 15 jours en anglais, nous avons travaillé sur un texte à propos du Père Noël, texte humoristique avec 12 bonnes raisons de recroire au Père Noël. Après, on devait imaginer une campagne 360 (sur tous les médias) pour repopulariser le Père Noël, je fus brillante (sauf qu’en vrai, le budget pour mon projet pharaonique équivaut au PIB de la Laponie, voire de la Finlande en entier). Mais ce petit jeu a suscité en moi une question : qui de Dieu ou le Père Noël est le mieux ?

Après tout, nous avons à faire à deux entités supranaturelle capables de réaliser nos voeux parfois les plus fous, les comparer est-il si hérétique ? Evidemment, ils ne fonctionnent pas de la même façon et Dieu ne se déplacerait jamais dans un traîneau tirés par des rennes au nez rouge mais regardez tout l’espoir qu’on met quand on leur demande quelque chose, pa-reil.

Alors de prime abord, je dirais que le mieux, c’est le Père Noël. Tu veux un truc ? Ben vas-y, écris-moi une lettre, je vais voir ce que je peux faire. Le Père Noël, il est plus proche de nous, il vit sur la Terre, déjà, on a même son adresse (enfin, adresse qui fluctue un peu entre la Finlande, la Norvège et le Pôle Nord). C’est pas ce snobinard de Dieu qui viendrait squatter parmi nous, il vit quelque part on ne sait trop où, « dans les cieux ». Bon, à ce que nous dit la Bible, le Paradis, c’est quand même vachement mieux qu’ici bas… Et encore, moi, je suis officiellement chrétienne (et plus précisément catholique mais c’est un peu loin tout ça…) donc il est question que Dieu nous ait envoyé Jésus, pas bégueule le mec. Mais dans les autres religions, rien, nada, il envoie des anges parler à des prophètes mais lui ne vient jamais nous faire coucou. Le Père Noël, quant à lui, envoie des faux lui dans tous les centres commerciaux et coins de rue pour nous demander des sous pour X associations. Lui-même ne peut pas venir, il est super occupé à l’approche de Noël, il doit surveiller son armée de lutins qui fabrique nos cadeaux, préparer son traîneau et je suppose que faire le tour du monde en 24h en s’arrêtant dans toutes les maisons nécessite un sacré entraînement physique. Mais pour que tous les enfants puissent vivre la magie de Noël, il envoie donc de faux lui. Sympa le Père Noël.

Dieu, si tu veux lui demander un truc, tu dois prier, beaucoup, et te conduire bien. Parce que si tu fais le mal, tu peux te gratter pour qu’il réponde favorablement à ta demande. Le Père Noël aussi, il ne distribue des cadeaux qu’aux enfants sages. Mais avez-vous déjà entendu parler d’un enfant privé de cadeaux de Noël parce qu’il n’a pas été sage, vous ? Moi non plus. Non mais tu crois que le Père Noël, il a le temps de vérifier la sagesse des enfants avant de filer les cadeaux ? Tu sais combien de foyers il doit faire en 24h ? Hein ? Bon… Alors que Dieu, lui, il fait bien cravacher et c’est même pas dit qu’il exauce ton voeu, en plus. Sur ce point, y a pas à dire, le Père Noël gagne et largement !


Par contre, si dans mon article, le Père Noël est vainqueur, il a quand même deux énormes défauts et du genre qui ne pardonnent pas. De 1/ il n’agit qu’à Noël, d’où son nom. Tu peux écrire ta lettre au Père Noël en juillet, tu n’auras ton cadeau qu’à Noël, c’est la règle. Tu vois, les petits enfants des téléfilms Disney qui demandent au Père Noël une nouvelle maman car la leur est morte, il doivent attendre décembre et qui te dit qu’entre temps, Papa ne se sera pas trouvé une nouvelle poulette insupportable qui n’aime pas les gosses ? Par ailleurs, la magie de Noël semble proportionnelle aux centimètres de neige tombés les derniers jours. Par exemple, là de suite, dans mon sud natal où je me prélasse, je la sens moyen la magie de Noël (bien que j’ai déjà chopé le fameux rhume de Noël, je joue aux mikados avec mes côtes tellement je tousse). Faut dire que le Père Noël sous le soleil du Mexique ou de Californie, de suite, ça le fait moins. Mais surtout, surtout, le problème du Père Noël, c’est qu’après 9 ans max (moi, j’ai su à 7 ans, c’était horrible), on n’y croit plus. Et du coup, y a plus d’espoir, on sait que ce sont les parents qui achètent les cadeaux. Du coup, tu deviens plus raisonnable selon les revenus de tes parents, tu vas pas demander un truc de ouf sachant qu’ils ne pourront pas te l’offrir. Et c’est de suite vachement moins drôle. Surtout qu’en grandissant, toi aussi tu dois mettre la main à la poche pour offrir à ceux que tu aimes quelques cadeaux que, tu espères, leur montreront que oui, tu les aimes. Inutile d’y mettre des millions d’euros (si seulement je les avais) mais juste un geste, quelque chose qui montre que tu les connais, que tu sais ce qu’il leur fera plaisir. Et là, autant le dire, c’est l’angoisse. Chaque année, je me triture les méninges pour trouver le pur cadeau, celui qui ravira son destinataire, chaque année j’ai peur de me tromper, de décevoir, d’envoyer le mauvais message. Et je te parle même pas de l’état de mon compte en banque mais ça, on le vit tous. Père Noël, tu crains !

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Deny everything

L’autre jour, je matais Malcolm, série que j’apprécie et que je n’avais pas maté depuis une éternité. Dans cet épisode, la famille de Malcolm essaie de vendre des sapins de Noël pour gagner de l’argent, il ne leur en manque plus qu’un pour rentrer dans leurs fonds mais la police intervient et les force à plier boutique car ils n’ont pas l’autorisation de vendre ces sapins sur leur trottoir. Le père reste optimiste en expliquant qu’ils vont quand même réussir à vendre leur sapin, contredit par Malcolm qui fait preuve de réalisme. Et là, le père sort un truc fantastique : “Fils, la seule chose qui m’empêche de me flinguer, c’est le déni”. Un truc du genre.

Et là, je me suis dit qu’on frôlait le génie. Et si finalement, il avait raison. Le moral fluctue selon notre interprétation des faits qui dépend elle-même de notre humeur générale. En gros, un incident, si on est dans une période heureuse, ça ne sera qu’un détail, une péripétie sans la moindre importance alors que le même événement dans une période un peu plus compliquée deviendra un drame sans aucune mesure. Donc pour prendre les choses avec plus de légèreté, usons de ce merveilleux mécanisme mental, le déni.

Alors évidemment, c’est à utiliser avec précaution. Pour les choses graves, c’est à éviter absolument, je parle des petits drames, les petits pépins qui vous pourrissent bien la vie. C’est un peu l’idée que demain, ça ira mieux et qu’il va arriver quelque chose qui va nous sortir de là. L’idée qu’on va enfin recevoir un appel après nos envois de CV massifs qui va nous fixer l’entretien qui nous permettra de sortir enfin du chômage, l’idée qu’on va croiser celui ou celle qui fera battre notre coeur, la bonne nouvelle qui va vous redonner du baume au coeur. Bref, plus que du déni, c’est d’espoir dont il s’agit. Peu importe l’orage, demain, ça ira mieux. Voyez, ça a été mon mantra en 2011. La vie a pourtant été taquine puisqu’à chaque fois que je pensais que c’était enfin fini, je m’en reprenais une dans la tronche. Mais hop, je passe en mode déni et je me dis que forcément, demain, ça ira mieux, la vie ne peut pas être que vacharde, forcément la roue tourne… Bon, y a des jours où on doute forcément un peu de cette belle maxime (pas forcément par rapport à ma propre vie) mais faut s’accrocher à ça comme un naufragé à un tronc d’arbre : CA IRA MIEUX DEMAIN !

Par contre, si je trouve que le déni adoucit un peu la vie en nous faisant tenir en attendant des jours meilleurs, relisez bien mon paragraphe précédent et notez un truc essentiel : les bonnes choses n’arrivent pas toutes seules non plus, faut quand même un peu pousser les choses. Je veux dire si tu veux trouver du boulot, ben faut quand même en chercher. Si la recherche d’emploi intègre une part de chance, c’est pas en attendant que ça tombe que ça va arriver. Idem pour l’amour, si tu veux le trouver, sors un peu, le prince charmant ne se cache pas sous ton lit. Et les histoires à base de “j’ai rencontré mon mec sur le pas de ma porte, c’est mon voisin”, ça marche surtout dans les magazines en fait. Et puis si vous ne sortez que pour aller sortir votre poubelle, je doute que votre sexyness soit à son optimum quoi qu’il arrive. Bref, l’idée n’est pas de se la couler douce en attendant que les choses arrivent sinon le déni ne sert strictement à rien. L’idée est plus de faire du mieux que l’on peut en toute situation en espérant un petit coup de pouce du destin ou de qui vous voulez qui va nous faire avancer encore plus vite. Le déni, en gros, c’est le vent dans le dos quand tu fais du vélo.

Moi, je l’applique à mort. Parce que sinon, je pèterais les plombs. Un peu mystique, un peu inconsciente… Et les jours se suivent et chaque jour, j’espère un petit coup de pouce. Et s’il ne vient pas ? C’est pas grave, ça ira mieux après-demain.

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Un Noël tranquille ? Et puis quoi encore ?

J’ai dit récemment que j’aimais bien Noël mais en y réfléchissant bien, je me demande bien pourquoi vu que décembre est hélas un mois difficile pour nous en général : mon grand père et ma grand-mère sont morts en décembre, un couple d’amis de mes parents aussi, Yohann, mon presque frère, a frôlé la mort dans ce même mois… Et là, je ne parle que des décès. En fait, Noël, ça craint.


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Cette année, j’avais placé tout mon espoir sur Noël et sur le papier, ça partait bien : pas de mauvaises nouvelles à l’horizon et même une très bonne pour Alice. J’étais optimiste, décembre a même été plutôt clément après un mois de novembre totalement cataclysmique, j’avais espoir. Même avec le retour de samedi, je restais optimiste vu que je ne suis toujours pas enrhumée, ahahah !

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Mais voilà, les nuages menaçants s’élèvent à l’horizon, une présence autour du sapin est menacée. Et comme on dit « un être vous manque et tout est dépeuplé ». Déjà, en 2006, on avait dû faire Noël sans Anthony qui avait eu une mauvaise note à un examen et était retenu à la caserne, puni. Cette année, tout roule pour lui, il va même passer caporal chef (c’est un grade qui correspond à je sais pas quoi, je capte que dalle). Non l’absente 2009 risque d’être Alice. Prenant ses congés du 24 au 04, elle ne doit redescendre que jeudi, en partant d’Austerlitz (comme moi samedi). Sauf qu’à cause de l’accident sur le rer C, a pu train au départ d’Austerlitz. Mon cousin est bloqué sur Paris, plus de place sur les avions, plus de TGV, plus rien. Il a réussi à choper un billet pour mercredi pour redescendre mais rien n’indique le train partira.


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Heureusement, on a la solution Tonton ! Si mon cousin ne peut pas descendre mercredi, mon oncle (son père donc) va le chercher et récupèrera ma soeur au passage. Et au pire, si mon cousin arrive à redescendre et pas ma soeur, on lui enverra Anthony pour qu’elle soit là pour le réveillon.


Bref, on va y arriver même si pour l’heure, Alice est désespérée et nous un peu dépités. Même si elle a trouvé un train depuis avec 1h d’attente à Bordeaux, ce qui est un moindre mal, tant qu’elle ne sera pas là, on ne sera pas tranquilles. Je crois que j’ai rarement vu mon père aussi énervé qu’hier soir « Non mais c’est du n’importe quoi ! Même pas foutus de mettre en place des bus pour permettre de passer la zone où y a eu l’accident ! Un mec bourré cogne un mur et c’est toute la France est paralysée ! C’est ça la meilleure compagnie ferroviaire du monde ! Pepy, casse toi ! ». Mon père aime bien invectiver le monsieur qui parle dans la télé.

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Perso, du moment qu’on récupère ma sœur et mon cousin, le sort de M. Pepy ne m’intéresse pas du tout. Mais j’ai un peu l’impression d’être dans un pays en guerre quand je vois la galère qu’un simple trajet Paris-Toulouse représente. Plus aucun train dispo, plus d’avion. Et les infos pratiques ? Non mais tu veux pas 100 balles et un mars aussi. Car si je reprends mon désormais modeste exemple de trajet dans le froid pôlaire, le plus gonflant dans l’histoire n’est pas le retard, prévisible, du train ou le froid du train mais le fait qu’on ait droit à aucune explication, jamais. La dame à la voix métallique nous dit bien avec grand enthousiasme que la circulation est perturbée mais ça, on le savait déjà, merci du tuyau. Quant à des personnes de type humain appartenant à la SNCF, non, on les voit pas. D’ordinaire, je suis contrôlée quasi au départ de Paris là, comme de par hasard, rien. On peut comprendre toutes les difficultés de circulation… si quelqu’un nous les explique !


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Bon en attendant, demain, je vais allumer une bougie parfumée pour porter chance à ma sœur. Oui, j’ai pas de cierges, je fais avec les moyens du bord…

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Retour en grâce


Première tentative d’évasion foirée. Mais ma vie s’emballe et je n’ai plus guère le temps de loucher ailleurs. Je déménage mais surtout ma grand-mère meurt et là, je remets tout en question, j’ai la sensation d’avoir mal choisi mes priorités. En fait, le soir où ma mère m’a annoncé que ma mamie était condamnée, j’ai fait un rêve : c’était mon mariage, j’étais somptueuse dans une robe bustier top, j’étais hors de l’église avec mon papa et ma sœur (ma mère était à l’intérieur) et soudain, ma sœur me disait que ma grand-mère ne serait pas là pour voir ça. En me réveillant, je me suis dit qu’il fallait peut-être arrêter de s’emballer professionnellement et construire plus sa vie privée.




Le même jour ou à peu près (entre l’annonce du cancer généralisé et le décès de ma grand-mère), je reçois un coup de fil de Jeanne, la rédac chef de TMF.fr. « Ouais, Nina, c’est Jeanne. Voilà, on voudrait faire une revue de blogs et je me suis permise de suggérer ton nom pour le faire, ça ne te dérange pas ? ». Oh mon Dieu, quelqu’un se souvient de mon existence ! Bon, en gros, il a été suggéré de proposer toutes les semaines une revue des blogs, Jeanne et Louise ont soumis ma candidature vu que je rappelle que j’ai été embauchée un peu grâce à mes connaissances de la blogosphère. Mais Jeanne Baron (toujours elle) hésite et préfèrerait confier ce boulot à une pigiste. Oui, il est désormais plus qu’évident que je lui pose problème. Mais je n’ai pas assez de combativité pour relever, je suis un peu KO. Mais là, j’ai la révélation ultime du pourquoi notre chère Jeanne m’a dans le nez.

Tout vient du recrutement. En fait, c’est Simon qui m’a contactée et vue en premier avant que je ne passe un entretien chez TGGP, entretien qui ne s’était pas hyper bien passé, j’avais trouvé la RH terrifiante. J’avais appris quelques mois plus tard que mon embauche avait été très serrée. Pas que mon profil était mauvais mais juste que le gang TMF n’avait pas apprécié de ne pas m’avoir rencontrée en premier, de ne pas m’avoir élue. Le 4e community manager a d’ailleurs été sacrifié juste après moi. Or notre amie Jeanne Baron a peur du net, c’est vilain, bouh. Donc pour gérer ce domaine si mystérieux pour elle, elle a besoin de s’entourer de gens qu’elle a elle-même choisis. Ce qui n’est pas mon cas. Je serai donc toujours hors jeu.


Et pourtant, l’espoir renaît, encore et encore. Juste à mon retour du congé décès, je passe mon entretien d’évaluation annuel qui est très bon. En gros Simon admet tout à fait que mes difficultés sont essentiellement liées à mon manque de contact chez TMF et à la placardisation dont nous sommes tous victimes. Hé ouais. On s’entend sur le fait qu’une formation en marketing communautaire pour les DIF serait une bonne chose également. Bref, je me sens un peu mieux dans mes baskets. Et pour combler ce mieux, revoilà Louise, de retour de son congé maternité. Après avoir passé une heure à apprendre à utiliser un blog, on va déjeuner ensemble, Simon nous accompagne et elle me rassure. « Tu sais, avec le déménagement, tu vas être plus sollicitée, tu vas pouvoir faire plus de choses avec TMF. Même si tu ne fais pas la revue des blogs, il y aura autre chose pour toi, ne t’en fais pas ».




Du coup, je me sens plus confiante, j’ai finalement plus envie de m’investir dans mon boulot actuel que de papillonner ailleurs. Surtout que je n’ai pas la force. Alors je vais faire la revue blog, je vais m’appliquer. Mais alors que j’étais dans de bonnes dispositions, mon téléphone sonne…

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Oui, mais c’est sa raison d’être

Par Lucas

Bon alors, tout d’abord, je tiens à m’excuser auprès de toi lectrice, lecteur. J’étais en cours pour valider mon cursus et ensuite je n’avais pas de sujet intéressant à te proposer  alors j’ai préféré fermer ma gueule. Certes, j’avais bien pondu un article sur cette cochonnerie hypocrite des publicitaires qui nous prennent pour des abrutis, « le publi-redac », mais je me suis dit que ça n’avait pas sa place sur les pages des Twentiz. Pages dédiées à ce qui fait notre génération ; souvenirs, présent, avenir… Pas de complaisance !

Aujourd’hui, je voudrais évoquer ce moment feurmideuble qu’est la diplomation. Je sais je n’ai aucune imagination et je me centre sur ma personne mais c’est un passage obligé pour tous les vingtenaires. Pour ma part, il se pourrait bien que j’ai tout validé dans mon école, que je sois libre comme Max et que vous disiez même que vous m’avez vu voleeeeeer…

En théorie, une fois diplômé, on est censé sortir des chaines scolaires pour enfiler les chaines du salariat : en français, trouver un boulot et bosser. Dans ma Bizness Cool, c’est encore mieux : on ne trouve pas un boulot, c’est le boulot qui nous trouve. Une bonne moitié est embauchée avant d’être diplômé et un bon quart dans les 3 mois qui suivent. Reste un quart qui va continuer à
chercher l’eldorado  et dont je vais surement faire partie. Bizarrement, être auditeur chez Deloitte, être Marketeux chez Lindt ça me tente moyen…

Toujours est-il que le diplôme c’est, certes, un nouveau départ mais c’est aussi le moment du bilan. Pour ma part, après ma maitrise de Droit j’ai fait la Conférence Berryer, un concours d’éloquence. Or, ce soir là, après avoir fait mon show je me suis rendu compte que, dans le boulot d’avocat, le coté rhéteur me plaisait plus que le coté juridique. C’est ballot vu qu’en Droit des Zaff  on ne plaide qwasiment jamais.

Je suis donc parti en école de commerce et j’ai l’impression d’en sortir plus vide que je n’y suis rentré. Alors, que faire ??
Ici je marque une pause dans mon « moi-je » un brin reulou pour vous parler de Gaëlle une demoiselle que j’ai rencontrée samedi soir.

Gaelle a fait 3 ans d’architecture avt de partir en école d’infirmière. A mes yeux, une entrée en religion, au service des autres. Un apostolat laïc, un dévouement indéniable. Peut-être cherchait-elle tout bonnement à donner du sens à sa vie et trouver sa raison d’être. Et pour elle, ça passait par le fait d’être présente pour les autres. Les gens bénévoles et bienveillants ont-ils un manque de confiance en eux qui les poussent à chercher dans la reconnaissance d’autrui une raison d’aller de l’avant ? Non, pardon,  je pars ds un
délire Luquien…

Je crois qu’en la matière diverses logiques simplistes s’affrontent.
La vie est trop courte pour s’arrêter sur les pbs des autres ?
Oui mais justement, on peut être heureux, trouver son bonheur dans l’aide apportée aux autres.
En fait, ce sont des siècles de religion chrétienne et un hédonisme égoïste qui  s’affrontent ici. Je crois surtout qu’il faut trouver un truc où on peut s’engager à 100% et y croire jusqu’au bout. Ah on me souffle dans l’oreillette que je viens plus ou moins de vous définir l’espoir…

L’espoir… Des jours heureux… Certes, mais le bonheur, quand tu as été élevé ds une famille qui ne manquait de rien, il passe par l’envie de maintenir un certain confort matériel : en français, par la thune (pourquoi ya un h à thune ?). Or les boulots pour y arriver passent par un abonnement à J’aiPasD’Vie.com pendant quelques années.

Quand tu es appelé à bosser 15h/jour pour faire tes preuves, il faut bien trouver quelque chose qui motive. Mes parents passent leur temps à me seriner l’exemple des enfants de leurs amis qui ont fait Etchici, X, etc. Mon père m’a encore vanté les mérites de la fille d’un de ses amis qui, après Dauphine, a été embauchée par une PME dynamique : deux ans plus tard, elle a un taff où elle est responsabilisée à 100% (mon rêve) et où elle est payée… 100 K€. Ca me parait édifiant et je me demande ce qu’elle peut apporter à la boite pour justifier un tel salaire. Dans mon école, on commence à 34K€ et 3 ans plus tard on est à 45-50 en bossant 15 heures par jour. Ya comme un gouffre. Pourtant 45-50 c’est déjà énorme comparé à un Smicard…

Bien sûr vous allez me dire que l’argent ne fait pas le bonheur. Wabon ?  L’argent ne fait pas le bonheur ? Peut-être, mais il y contribue graaaaave ! De là conclure que travailler plus pour gagner plus a été pondu par un épicurien c’est aller un peu vite en besogne. Le sarkozysme n’est pas un hédonisme…

Pour autant, ça ne fait pas avancer mon schmilblick tout ça. Dans un monde de bisounours, je prendrais le RER le matin à bord d’un wagon rigolard où tout le monde se sourirait en chantant « aye ho, aye ho, on va tous au boulot« . Puis j’arriverais dans ma boite pour y passer une journée trépidante avant de partir vers 22H00 poussé par la fatigue et par le balai de la femme de ménage nocturne…  Allez je vous laisse sur une pub qui me fait rigoler…

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