3%, la série dystopique made in Brésil

Malgré ma semaine de vacances en Grèce, qui recèle en son sein des merveilles architecturales des temps anciens, j’ai pas trop lâché ma passion pour les dystopies et cette semaine, tournons-nous vers le Brésil et sa série 3%, réalisée pour Netflix (du coup, doit-on encore dire “série télé” ? Parce que moi, Netflix, je le regarde que sur ordinateur. Un grand débat sémantique).

3%, la série dystopique made in Brésil

Le pitch : dans un futur peur rose, le Brésil est plongé dans la misère, seuls 3% vivent dans l’opulence quelque part en Haute Mer. L’année de leurs 20 ans, tous les Brésiliens sont invités à passer des tests, seuls 3% seront autorisés à passer du côté des Riches. Mais ce système purement méritocratique ne fait pas l’unanimité et des résistants commencent à se faire entendre et commettent des exactions sous le nom de “La Cause”. On suit donc quelques prétendants dont Michele, Fernando, Joana, Rafaele, Marco, à travers les différentes épreuves qui font appel à la logique et à la solidarité en priorité. On suit également l’histoire d’Ezequiel, supervisant les épreuves et Aline, qui surveille Ezequiel pour le conseil. Bref, on n’a beau avoir que 8 épisodes, on a notre dose d’arcs narratifs.

3%, Ezequiel face aux candidats

Donc nous avons d’un côté des intrigues de palais qui mettent en scène les vices de l’utopie de la Haute Mer et surtout de l’autre la vie des prétendants qui sont prêts à abandonner leur ancienne vie et famille pour tenter d’approcher ce pays magnifique où vivent les 3% (et dont on ne sait rien, finalement). La série nous questionne sur la méritocratie et sur les moyens à mettre en place pour réussir. Certains trichent, d’autres se montrent violents, beaucoup mentent. Chaque personnage a ses failles, son histoire, certains s’entraident, d’autres s’écrasent… Quel prix sont-ils prêts à payer pour vivre une utopie dont ils ne savent in fine rien ? En temps de Macronie et de Start-up nation, la question est fascinante.

Michele et Ezequiel dans 3%

Au-delà de l’histoire, la série, on en pense quoi ? Le scénario est plutôt bien foutu même si certains rebondissements sont visibles à des kilomètres. Les épreuves choisies sont intéressantes, les sentiments des personnages à peu près cohérents (sauf à la toute fin, notamment un, j’ai eu du mal à suivre son délire). Niveau images, par contre, c’est hyper aléatoire : il y a d’un côté des plans hyper inspirés et de l’autre des vieux plans pourris qui te perdent presque.

3% Netflix

Autre point que je trouve très positif : le métissage et l’apparition d’un personnage non valide. Alors je ne connais pas bien le Brésil (pas du tout) donc sur le métissage, c’est peut-être juste le reflet de la société, je ne m’étendrai pas trop là-dessus. Par contre, je brode quelques instants sur le personnage de Fernando qui est en fauteuil roulant, point vu comme quasi éliminatoire par les autres candidats mais c’est une particularité qui n’est pas tant mise en avant : elle sert à quelques ressorts narratifs mais Fernando n’est pas traité différemment des autres personnages et a une love affair avec l’héroïne sans que la question d’une relation valide- non valide soit posée. Ils se plaisent, ils se font plaisir, merci, au revoir. Fernando n’est jamais vu comme faible ou dépendant. Et ça, j’avoue que ça fait du bien.

3%, série Netflix, Fernando et Michele

Mais alors globalement, on regarde ou pas ? Oui parce que 8 épisodes, ça vous prend pas tant de temps que ça et que quand même, la série a quelques partis pris intéressants. J’ai plusieurs fois pensé à Trepalium, la série diffusée sur Arte avec cette même fracture sociale, mais je l’ai trouvé meilleure, essentiellement parce que dans Trepalium, j’ai trouvé les personnages agaçants… Et d’ailleurs, tiens, je vous en parle semaine prochaine (si j’oublie pas !). En attendant, j’espère que Netflix nous réserve d’autres séries « locales » de ce type, j’aime bien mater des séries un peu différentes (en espérant cependant que ce soit de meilleure qualité que Marseille).

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Christmas fuck

Par Ella Sykes

Ce qu’il y a de plus navrant lorsque l’on est un célibataire expatrié sur un autre continent, c’est de passer des fêtes comme Noël, le jour de l’an et son anniversaire (le mien est le 17 janvier), seule.

Mais, quand je dis seule, bien entendu je mens. Parce que hormis le soir de Noël, je ne serais pas seule. Je n’aurais même, jamais été autant entourée. Certes, par des inconnus, des personnes que je connais peu, des étudiants de ma promotion, mais au fond, quelle importance ?

Ce qu’il y a de pénible finalement c’est d’être loin des siens et de ne pouvoir rien faire pour une soeur qui part à la dérive et qui hurle sa souffrance comme elle peut tout en refusant l’aide de ceux qui lui tendent la main. C’est de se résigner à ne pas être celle qui pourra lui apporter ce dont elle a besoin. C’est aussi se tourner vers soi et puis de se demander comment faire pour remplir le vide et le silence d’un appartement immense pendant les deux prochaines semaines, parce que se retrouver face à soi, c’est plutôt … chiant et pour le moment, parfaitement inintéressant.

Alors, comme une bonne petite comptable, je cherche à inviter le plus de personnes possibles à la petite fête que mon colocataire et moi allons organiser le 6 janvier pour fêter dignement la nouvelle année 2009 qui va encore m’enculer dans les règles de l’art, m’apportant son lot d’événements pénibles et d’épreuves à la con. Pour me consoler, je me dis alors que je mérite bien une petite compensation. Déjà plus de 6 mois sans relations sexuelles, enfin je crois, c’est peut-être plus au fond. Peu importe, je planifie donc qu’à cette fête, je vais boire au point de voir des
aurores boréales et m’envoyer en l’air avec Yan, un français qui vit à Pittsburgh. Si on considère notre attirance mutuelle qui dure depuis plusieurs mois, alors même que nous étions encore à Paris, de la semaine exceptionnelle que nous y avions passé tous les deux, et notre complicité, bref, j’ai toutes mes chances. Enfin, je décrète cela mais encore faudrait-il qu’il veuille bien tromper sa copine californienne avec moi.

Mais, il joue à la pucelle, il dit qu’il est amoureux et toutes ces conneries. Il disait cela aussi de son ex avant de passer la semaine avec moi, à Paris. Elle n’est plus qu’un souvenir maintenant. Ce qui est amusant, c’est que nous n’étions pas passé à l’acte. Une semaine entière passée à dormir dans les bras l’un de l’autre, à se tourner autour, à se séduire tranquillement, à se caresser du regard, à se sentir proche et ami puis autre chose.

Il parait que c’est important de se faire plaisir, de faire l’amour etc. même si ce n’est pas l’homme idéal. J’avoue que ça me répugne mais débuter l’année avec lui dans mon lit, il y a probablement pire. Et puis, mon rabbit a rendu l’âme.

Quoiqu’il en soit, il me faut inviter tous les gens que je connais depuis que je suis arrivée ici, et qu’eux-mêmes viennent avec le plus d’amis possibles. Cela multipliera mes chances de rencontrer un gars suffisamment brillant qui me fasse croire qu’il est charmant et qui suscite assez de désir pour que je ressente l’envie d’être embrassée et caressée.

Je vais devoir concocter un buffet pour la fête : faire des courses, cuisiner des plats avec Maxime (mon colocataire) et il faudra que je prévois de faire un stock de préservatifs à entasser dans mon placard, là, sous mes petites culottes.

J’ai tout prévu, même les litres de vin californien, australien, argentin, les Jack and coke, les mojitos et margaritas. Certaines comptent sur leur tenue Marc Jacob and co, leur maquillage Chanel, moi je compte sur les effluves enivrantes de l’alcool pour me rendre belle aux yeux de ma proie potentielle. C’est nettement plus efficace à mon sens dépendamment de ce que l’on espère pour la suite. Sauf que me concernant, je ne suis pas dupe, il n’y a jamais de suite après les soirées du Nouvel An. C’est plutôt paradoxal quand on y pense.

Mes parents partent s’éclater à Saint-Domingue, mon frère offrira des cadeaux dans la famille de sa copine à Paris, ma soeur ira danser dans une boîte avec des amis en Guyane et moi, je boirai jusqu’à tout oublier dans une party chez moi, à Québec. Nous sommes une famille déchirée, dont chaque membre s’éloigne pour ne plus avoir à penser combien nous nous décevons les uns les autres à travers un amour non compris et si compliqué à partager, qu’il en vient à nous faire souffrir. Les non-dits, les incompréhensions, la colère et la frustration se sont infiltrés dans nos veines. Je fus la première à les quitter. dès que j’ai eu 16 ans, fuyant cette insoutenable emprise que LA famille opérait sur moi, contrariant par là-même, ma soif de liberté. Je constate que peu à peu, ils m’ont imité et désertent ce champ de bataille que nous appelons notre maison. Je me sens coupable parce qu’au fond je suis l’initiatrice de cette désertion collective. Ils doivent croire que partir vaut mieux que tous les maux. Mais alors même qu’ils font maintenant ce que j’ai commis il y a des années, je me rends compte, que la fuite ne fait que précipiter chacun d’entre nous dans l’abîme.

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Le samedi, je suis de sortie

Ladies and gentlemen,

Ce week-end mes parents sont sur Paris ce qui veut dire que je serai pas là ou presque doooooooonc que j’ai pas méga le temps d’écrire des articles et qu’en plus, je suis pas méga inspirée en ce moment (enfin, si, l’inspiration, je l’ai, le temps, beaucoup moins). Donc aujourd’hui, plutôt que de vous faire un article méga trop drôle et débile comme tous les samedis, je réponds à une chaîne filé par M. Tto que je conchie sur plusieurs générations parce que j’aime pas être
enchaînée, je suis wild. Mais à la prochaine chaîne que je subirai, il sera dans le peloton suivant, na.

Alors le principe de cette nouvelle chaîne : prendre les années en 2 et en 7 et voir à quoi ça correspond dans ma vie. Moi, les 2, je les aime pas alors que les 7, ouais, plutôt.

1977 : Mes parents se marient un jour de juin et essaient d’avoir un bébé. Sauf que je suis déjà un peu une star et je me fais désirer, je n’arrive que 3 ans plus
tard.

1982 : Fin de ma vie de fille unique. En novembre, ma sœur Alice débarque, je m’en souviens. En fait, je me souviens surtout que derrière la porte de la chambre à la maternité de ma mère, y avait un tampon pour éviter que la porte ne claque contre les murs. Je sais, c’est con mais j’avais bloqué dessus. J’étais une grande sœur très consciencieuse, paraît-il.

1987 : Pas beaucoup de souvenirs, une année calme entre deux années de merde. Mort de mon grand-père en 86 et de mon oncle en 88. C’est donc les années impaires qui me réussissent. Je crois que c’est cette année là que j’ai appris que le père Noël n’existait pas. J’étais en CE1 avec une institutrice vieille fille très dévote, on faisait la prière tous les matins et quand on avait des bonnes notes, on avait des vignettes panini et au bout de 10 vignettes, on avait un poster.

1992 : Là, je suis au collège. Je m’habille en jogging, j’ai les cheveux courts (et gras), de l’acné et une surcharge pondérable remarquable. Bref, j’étais moche
et encore, j’ai de la chance, j’avais déjà plus mon appareil dentaire. J’étais amoureuse d’un garçon qui voulait devenir prêtre plus tard et ça me désespérait (finalement, c’est son frère qui l’est). D’ailleurs, 6 ans plus tard, j’ai appris qu’une rumeur avait circulé au collège et au lycée comme quoi on était sortis ensemble. Damned !

1997 : Je passe mon bac français, je m’en sors bien même si ma note à l’écrit me déçoit un peu, ma prof de français estime que je méritais plus aussi (bon, ça va, hein, j’ai eu 13 mais c’était ma matière forte, normalement). L’oral, je passe le vendredi, je suis avant dernière et c’est vite expédié, je gagne un point
par minute à peu près ! Deux ans plus tard, ma sœur est passée avec la même examinatrice, marrant ! Arrivée en terminale, je suis terrorisée à l’idée d’avoir mon bac et de partir vivre seule donc je le veux pas. Mais je l’aurai quand même. Mes deux dernières années de lycée ont été les meilleures, on était 21 en 1ère puis 19 en terminale, bonne ambiance. Y avait des rivalités dans la classe mais elles me concernaient pas.

2002 : Année de merde. Mais vraiment. Premier échec scolaire (je valide pas ma maîtrise en un an, rien de dramatique non plus), je me chie le concours de
journalisme dans les grandes largeurs mais à ma décharge, il a eu lieu le même jour que l’enterrement de ma tante. 3 décès dans mon entourage proche, Yohann (mon presque frère) a failli être le 4. Heureusement, j’ai Guillaume qui me soutient dans toutes ces épreuves. Pour l’heure, ça reste vraiment la pire année de ma (courte) vie

2007 : Bof pour le moment, janvier n’a pas été top. Enfin, j’ai quand même décroché une pige rémunérée et j’ai eu un entretien où j’ai fait une prestation
« excellente » (c’est pas moi qui le dis). Là, je suis en train de régler des trucs entamés en 2006, je vais enfin pouvoir passer à autre chose.

Et voilà ! Bon, je rentre ce soir pas tard de mes balades donc soyez sages les enfants !

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