C’est quoi la réussite ?

Alors que la France est peut-être en train de faire un pas de plus dans l’ultralibéralisme si cher à mon système vomitif (j’écris mes articles le dimanche donc là, de suite, je sais pas qui est qualifié pour le second tour et s’il le faut, les poubelles brûlent dans la rue) et du coup, si on réfléchissait un peu à ce qu’est la réussite … Parce que j’aime pas trop la définition actuelle en fait.

gravir les échelons de la réussite

Suite à mon article sur le fait que j’aimais pas mon taf (en priant à mort pour que personne de ma boîte ne capte qui est l’autrice de cette prose), j’ai remarqué une sorte d’élan, de “ah mais moi aussi, pareil !”. Puis dans la semaine, en discutant avec un groupe d’amis sur Facebook, je balance nonchalamment, à propos du boulot”, “je laisse pisser, je ne gagnerai jamais”. Ce à quoi mon pote ultra positif me répond que je ne dois pas dire ça… Mais rassure-toi mon ami, ce que je disais n’était in fine pas négatif. C’est juste que je n’arrive pas à être politique, à me placer, à faire semblant. Et je n’y arrive pas aussi parce que mon métier me paraît pas utile à la société et qu’il est une dépense d’énergie bien trop importante pour 3 euros de plus et un titre ronflant.

Economies

Le titre ronflant, parlons-en. J’ai souvent l’impression que c’est le graal, la quête ultime, être “head of” pia pia. Quand je me balade sur LinkedIn, c’est de la poésie, tous ces intitulés ronflants sans le moindre sens qui me font de l’oeil juste parce que je trouverais drôle d’être “chef du bonheur au travail” ou autres. Après tout, si je veux, je suis directrice de publication [de mon blog] ou Founder/CEO [de mon autoentreprise que je devrais fermer vu qu’elle génère 0 revenus]. Quand je parlais l’autre jour du fait que j’avais pas de perspectives, une collègue n’arrêtait pas de parler de “briller”. Mais je m’en fous de briller en fait, c’est pas ça, mon moteur. Ma motivation, c’est…

Carottes pour motiver son équipe

Apprendre. Oui, je l’ai déjà dit donc je vais pas refaire l’histoire. Mais en fait, en réfléchissant à ce sujet de réussite, je me rends compte que j’ai tort de courir après la “réussite” telle qu’on la définit dans notre société de la start up de la win (on est mardi, là, je l’ai bien mangé le résultat du 1er tour). Je m’en fous d’être chef, boss, entrepreneuse, manager ou quoi que ce soit. Je veux juste avoir mon aventure et mieux, je veux essayer. Ma réussite, ce n’est pas avoir une promotion qui ne sera pas forcément liée à mes compétences mais à ma capacité à me placer. Ma réussite, c’est tenter des trucs, apprendre et faire honnêtement. Ma réussite, c’est arriver à travailler, à écrire sur ce blog et ailleurs (ah ben oui, j’ai dit que j’allais entrer en résistance, va falloir le faire, quoi), à écrire mon roman, à faire des vidéos, à coudre, cuisiner, faire du yoga, de la plongée, dormir, aussi. Bref, ma réussite, c’est pas social, c’est pas un titre sur une carte de visite. Ma réussite, c’est juste être quelqu’un que j’aime bien. Et j’aime pas trop trop les carriéristes arnaqueurs.

Les carriéristes

Alors on pourra dire de moi que je suis une ratée, que j’aurais dû être plus élevée dans la hiérarchie parce que j’ai du talent mais que j’ai pas montré assez d’ambition pour gratter un titre ronflant. Si vous voulez. Moi, je m’en fous. Si pour vous, la valeur ne se mesure qu’au titre écrit sur votre CV , soit, je ne réussis pas. Moi, je préfère oublier cette dimension là car je sais que ça n’a pas de grande valeur et me concentrer sur mon épanouissement. C’est pas forcément ce qui me fera mieux vivre sur le plan financier mais sur le reste… J’y gagne.

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Mais pourquoi tant d’instabilité ?

La semaine dernière, j’ai eu une conversation qui m’a légèrement énervée avec une_vaness sur Twitter. C’est pas elle qui m’a énervée, la pauvre, mais ce qu’elle m’a raconté m’a profondément gonflée. Remise en situation : la demoiselle a passé un entretien où on lui a posé la question suivante “mais pourquoi avez-vous eu tant de CDD?”. Sous entendu : t’es instable, c’est pas bon pour toi.

Defense 022

Ah ben oui, tiens, tout le monde choisit le CDD. Moi, je négocie à chaque entretien qu’ils passent mon CDI en CDD, bien sûr. “Bon écoutez les mecs, ne nous mentons pas, dans un an, j’en aurai marre de vos gueules, on n’a qu’à partir sur un CDD de 12 mois et comme ça, je partirai sereine avec ma petite prime de précarité. Bisous les mecs !”. Non mais soyons un peu sérieux… Tu le connais un peu le contexte ? Tu préfères qu’on reste au chômage en attendant un éventuel CDI plutôt que d’essayer de cumuler un peu d’expérience, gagner sa vie en travaillant plutôt que d’attendre les allocations chômage ? Tu as posé une question au hasard parce que tu ne savais pas quoi dire ? Oui, rien que d’en parler, ça me re énerve, ça me donne envie d’aller chercher une pile de Les Echos et lui jeter avec élan à la gueule.

les_echos_presentation

De façon plus générale, dans mon milieu, on bouge. On sait que la durée de vie dans une agence est d’un an, un an et demi. Après, où un des mecs au-dessus bouge ou c’est à toi de partir pour tenter de grimper sur l’échelon suivant dans un ailleurs. Evidemment, tout dépend du poste que l’on occupe, on n’en fait pas toujours le tour au bout d’un an, un an et demi. Mais quand tu fais bien ton taf et qu’on te laisse tranquillement à ta place. Comme je l’ai déjà dit, on ne nous laisse même plus atteindre notre niveau d’incompétence. Alors oui, quand ça ronronne trop, quand je suis trop rôdée à mes tâches et que l’ennui (et donc les conneries laissées passer car on n’est moins attentifs et impliqués) commence à m’empoisonner. Oui, M le recruteur, j’ai fini par partir car j’avais fait le tour, que j’avais besoin d’une nouvelle motivation et que ça marche comme ça dans ce milieu, on le sait. Alors la vraie question est : tu sais très bien que ça marche comme ça, Recruteur (ou alors je suis légèrement inquiète quant à ta connaissance du métier) alors pourquoi tu me poses la question ? Pour me déstabiliser ? Oh ouah, la vieille technique pourrie de la déstabilisation en entretien… Faudra un jour que je reparle plus précisément des entretiens mais, dans mes souvenirs, les recruteurs qui m’ont posé cette question, je les sentais pas des masses. La question tellement inutile.

mauvais-entretien

Parfois, je me demande à quoi servent les entretiens à part te poser des questions cons “juste pour te déstabiliser”. C’est vrai qu’on a tellement rien de plus constructif à faire en entretien. C’est vrai que la masse de nos compétences ne vaut rien face à la réponse à une question “faite pour nous déstabiliser”. Il suffit d’un instant de flottement et zou, à la poubelle la candidature.

poubelle

On a envie de travail mais on n’a pas toujours la chance de trouver le boulot en CDI qui nous permet d’évoluer sereinement dans une même société. Comme j’aimerais trouver un mec cool qui assume une fille comme moi, qui me permettrait de m’épanouir sereinement dans une relation de couple. Mais hé, salut, c’est pas la réalité ! La réalité est que nous ne sommes que les pièces d’une machine et que la pièce, elle a très peu de chance d’être changée de place. Non, elle fait son job et quand elle est usée, on espère qu’elle sautera elle-même du mécanisme qu’on la remplace par une autre toute neuve. C’est comme ça. On joue le jeu. Alors bordel, arrêtez de nous poser des questions à la con et faites de l’entretien une bonne occasion de découvrir le candidat devant vous. C’est pour ça qu’on est là, non ?

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Au secours, je suis une « lolita 30 »

En lisant Grazia l’autre jour (oui, je sais, j’insiste mais on s’en fout, ça m’inspire), je découvre un concept, les « lolitas 30 ». En gros ? Des filles bien dans leur peau, carriéristes et épanouies aux alentours de la trentaine qui préfèrent sortir et faire la fête entre copines plutôt que de s’enfermer dans un plan roucoulade-popote. Mais mais… c’est moi !



Phénomène qui me paraît typique des grandes villes, nous voici, les lolitas 30, assez adultes pour travailler et gagner notre vie sans taper nos parents mais pas prêtes pour autant à s’engager dans le privé. Plus le temps passe et plus je me dis qu’il va falloir que je me trouve un mec tolérant ma vie sociale. D’abord y a le boulot, je finis tard, j’ai pas d’horaires mais surtout, en sortant du boulot, j’aime faire du sport, boire du verre entre filles pour médire et se raconter nos dernières histoires de fesses… Bref, je ne pourrai pas être la fille qui rentre chez elle à 19h au plus tard pour faire la popote à chéri, non. Et encore, la lolita 30 pur jus est clubbeuse et moi, pas.



Mais j’avoue que cette vie a quelque chose de super confortable. Concrètement, depuis deux ans, je gagne enfin ma vie et là, je la gagne suffisamment pour pouvoir me payer des extras sympas. Du coup, en dehors du boulot qui est censé occuper 1/3 de ma journée (dans les faits, un peu plus), j’ai le temps de me faire plaisir. Et l’argent surtout parce que c’est bien beau d’avoir envie d’avoir une vie en dehors du boulot mais ça coûte vite cher, de plus en plus d’ailleurs. Boire un verre, c’est minimum 8 euros, la salle de sport, 50 euros par mois, les cours de langue, tout autant… Bref, si on veut s’éclater un peu, faut avoir le budget. Donc voilà, je suis à un âge où je peux enfin me payer les activités qui me plaisent, je devrais sacrifier mon temps libre pour retrouver Doudou à la maison ? Heu… comment dire ? Non.




Sans doute que dans quelques années, j’aurai surtout envie de soirées popotes parce que le travail m’aura épuisée dans la journée. Je commence déjà à remarquer que parfois, je n’ai pas le courage de sortir, je rentre chez moi et à 20h, au lit. Je le faisais déjà avant mais je me relevais vers 22h pour m’occuper. Là, quand je me réveille, rien ne peut me tirer de mon lit. Profitons donc car même si Doudou est compréhensif, si un jour on décide de faire une descendance, je ne pense pas que bébé, lui, comprenne les subtilités de « non, maman n’est pas là, elle est à son cours de pole dance, elle rentrera vers 22h ».

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Il n’y a pas que le diable qui s’habille en Prada

Par Tatiana


Retrouvez tous les lundi notre nouvelle série, L’enfer de la mode !

L'enfer de la mode

Ceci est le témoignage d’événements qui se sont passés entre avril et juin 2002, au cours d’un stage au sein d’une agence de relations presse dont je tairais le nom histoire de garder (un peu) son anonymat. Toute ressemblance avec des personnes réelles est (malheureusement) non fortuite. Cette agence n’avait comme budget que des marques connues de vêtements, bijoux, sacs… autant dire le rêve pour une fille. Moi je me voyais déjà copiner avec toutes les journalistes et les créateurs, lancer ma propre marque d’accessoires… Le rêve ? Hum… pas si sûr. Voilà comment j’ai atterri dans un endroit que je ne pensais même pas pouvoir exister. On dit qu’il ne faut pas tenir compte des clichés, pourtant certains sont vrais et il y en a malheureusement des preuves vivantes. Après ce stage j’ai mis longtemps avant d’ouvrir un magazine féminin, et même encore maintenant je ne les vois plus de la même manière. Quelque chose en moi s’est brisé. L’illusion que travailler dans un magazine de mode c’était cool je crois.

 

Le 09 avril 

Je suis en stage depuis maintenant 7 jours chez Biiiiiiiiip relations presse. Après cette douloureuse première semaine j’ai décidé de tenir ce journal. Après une précédente expérience au sein de l’agence Biiiiiip et associés, j’avais grandement regretté de ne pas avoir gardé une trace écrite de mes aventures et je ne veux pas commettre la même erreur. Comme je sens que ce stage possède un excellent potentiel de best-seller, je ne vais pas rater l’occasion de raconter ma vie une fois de plus. Mais dans toute bonne série qui se respecte, l’épisode pilote possède une mise en situation, aussi, je vais commencer par un résumé des épisodes précédents.

…le 03 avril 

Je mets les pieds pour la deuxième fois dans l’agence avec un accueil plutôt agréable. Plantons le décor : c’est un loft en L, situé dans le quartier du
Sentier (quartier plutôt sympa). Cette agence est composée de 2 espaces : les bureaux et le showroom (où se trouve tous les vêtements, bijoux, sacs…).  

Les gens qui composent l’agence (attention ! ici on travaille en famille) :  

JF : the Big Boss (toujours très très agité, n’écoute qu’un dixième de ce qu’on raconte, n’as jamais le temps, ne sais jamais ce qu’il est en train de faire, bref limite insupportable) 

La reine mère : Big Mother (surtout là pour faire acte de présence et pour espionner les autres membres de l’agence. C’est la mère juive par excellence possessive et abusive. Elle ne ressemble à rien ou presque et parle jeunz genre « moi les casinos c’est mon kif » avec sa voix rauque de fumeuse depuis x années, on dirait qu’elle sort tout droit de l’ère crétacée) 

Luc : le mec de JF (je vous avais dit que c’était en famille ! Luc n’a absolument aucune personnalité, en même temps vaut mieux vu le caractère de son mec. En gros on dirait un mollusque. Par contre habillé très « fashion ». Bah oui on est hype ou on ne l’est pas quand même.) 

Clarissa : RP (alors elle, depuis le début je ne la sens pas du tout, elle fait très femme enfant et très pétasse en même temps. A part son petit nombril rien ne compte. Du coup elle a fortement tendance à ne pas faire l’effort de se rappeler des prénoms des gens. Bref, c’est une pétasse.) 

Béa : RP (RAS elle est cool, en fait je crois que c’est la seule fille normale de cet endroit) 

Valéria : Comptable (très enceinte et donc très pleine d’hormones) 

Alexia : RP (des cheveux très longs !! Mis à part ça, elle à l’air très gentille alors qu’en fait elle est plutôt sournoise) 

Bettina : RP (au début je la trouvais plutôt limitée intellectuellement mais en fait j’ai appris à la connaître par la suite et je me suis aperçue qu’elle se donnait cet air pour mieux servir ses intérêts) 

Annah : stagiaire (très EFAP donc très pétasse) 

Bien sûr qui dit Sentier, dit religion juive et nourriture casher. N’y voyez là aucun préjugé raciste ou autre surtout car là n’est pas mon intention. Mais c’est
juste pour situer l’ambiance qui se rapproche fortement selon moi de La vérité si je mens et de La cage aux folles. Drôle de mélange direz-vous et je confirme. Du coup j’ai tendance à me sentir un peu intruse au milieu de ces gens et d’ailleurs je pense que quelque part je le suis un peu (beaucoup, à la folie…).  

J’ai oublié de vous dire comment j’ai atterri ici (en enfer). En fait, c’est très simple. Je suis une fan de bijoux (que j’achète ou fabrique) et j’adore ceux de la marque tuuuuut. Donc pendant ma période de recherche de stage, me voilà devant la boutique de la dite marque. J’entre, et je demande à la vendeuse s’ils prennent des stagiaires en communication.
Là, elle me dit « ah mais attendez le créateur de la marque est là aujourd’hui, il va vous répondre ». Sur ce, ce dernier arrive, et me donne un numéro de téléphone en disant d’appeler de sa part. J’ai donc appelé et rencontré JF. Je m’attendais à un entretien mais en fait c’était plus pour me dire quand je commençais et combien je serais payée. Je crois même me souvenir qu’il ne m’a posé aucune question.  

La première personne à m’avoir prise en charge lors de ce stage est Valéria. Son job c’est la compta et « checker les parutions dans les magazines ». Là, j’essaie de vous introduire le jargon du métier histoire que vous sentiez bien l’ambiance et tout ça. Valéria ne travaille pas ici depuis longtemps car avant elle était dans un cabinet d’experts comptables. Le boulot qu’elle m’a fait faire c’est celui que je vais faire pendant longtemps par la suite : les books clients. Le truc le plus ennuyeux qui existe et le plus régressif (découpage collage ça vole pas haut). Ce mot raisonne encore dans ma tête de manière cauchemardesque voire traumatique. La marche à suivre : après le check des magazines (fait par Val la plupart du temps), il faut reprendre tous les magazines et découper (proprement bien sûr car JF est très maniaque, il tient ça de sa mère malheureusement) les pages où se trouvent des parutions, surligner le nom de la marque (parce que les gens sont trop débiles pour savoir lire), mettre ça dans une jolie pochette plastique et ranger le tout dans un classeur (énorme). Surtout bien respecter l’ordre indiqué sinon c’est le drame. Avec ça si je m’épanouis pas dans la vie je ne sais pas ce qu’il me faut.

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Ciao mes exs

L’autre jour, j’ai acheté un nouveau mobile. Jusque là, rien de bien trépidant. Il est beau, je me suis fait des sonneries qui dépotent, trié mes contacts pour mettre des sonneries
à la plupart d’entre eux (girlie team, famille, mecs, blog, Paris…). Ouais, comme j’ai plus le net, j’ai même eu le temps de faire mes sonneries et tout. Mais c’est pas le sujet, je m’égare dès l’intro, ça commence bien. Non, je veux vous parler de mon ancien mobile, celui où y avait des photos de mes ex et leurs SMS (enfin, certains, pas tous) que je gardais précieusement. Pourquoi ? Sans doute parce que je suis un peu fétichiste, sans doute pour les relire et voir ce que ça me fait.

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Mais le « drame » arriva, ma mère décida que mon ancien portable était mieux que son Nokia qui date d’il y a 5 ou 6 ans. Ouais, elle a raison donc elle veut récupérer mon
portable. Donc je dois tout effacer, mes textos amoureux, les photos, tout. Je m’exécute avec une pointe de nostalgie. Et c’est là que je veux en venir : doit-on garder ce genre de
choses ? Si je regarde sur mes pcs, j’ai des photos de plusieurs exs ou amants, je les garde. Pas tant pour faire un tableau de chasse (il en manque…) mais plus parce que ces hommes ont fait partie de ma vie et m’ont tous apporté un petit quelque chose quoi qu’il en soit. De l’amour, de beaux moments, de la confiance en moi, un épanouissement, une force… Enfin, plein de choses, quoi. Des fois, je me pose la question si tous ces souvenirs ne sont pas des petits boulets attachés à ma cheville mais je ne peux nier mon passé. Ces hommes font de moi la femme privée que je suis, la pire relation amoureuse m’apporte des leçons et de l’expérience pour la suite. Même les histoires éphémères peuvent servir. Par exemple, dès que je me trouve moche, je me souviens du sublissime Cyril, un des mecs les plus beaux que j’ai jamais vus, je me rappelle de la nuit passée ensemble, comme c’était bien, comme il me dévorait des yeux et tout… Puis il avait la peau douce. Faudra un jour que je me penche sur ma fascination pour les peaux douces, tiens.

Question annexe : et mes mecs, ils apprécient que je garde des photos de mes ex ? Perso, je m’en fous que mon mec garde des photos de ses anciennes copines vu que déjà,
je vais pas aller fouiller son ordinateur donc je saurai même pas qu’il en a. Puis ça me paraît normal. Il est quelque part malhonnête d’effacer ces traces, comme si on niait ce que l’on avait vécu. Je dirais même que les effacer rend un peu la chose suspecte genre on a quelque chose à cacher. Je ne montrerai jamais à mes mecs les photos de mes exs (sauf s’ils le demandent mais bof) parce que j’en vois même pas l’intérêt. J’ai pas forcément envie de voir la photo de ses anciennes copines, je vois pas pourquoi, lui, il aurait cette curiosité. Mais arrive un âge où on peut difficilement prétendre n’avoir rien vécu, n’avoir aimé personne, avec un grand ou un petit a. Et je ne vois pas pourquoi une nouvelle relation devrait rimer avec effacement du passé. Ce que j’ai vécu avec les autres avant est indépendant de ma relation actuelle, elles ont une place quelque part dans mon cœur. Je crois qu’à bien y penser, je ne supporterais pas qu’un mec m’impose de jeter
mes souvenirs, de ne plus revoir mes exs… Garder mes souvenirs ne veut pas dire que je sois toujours amoureuse d’eux (sinon, j’aurais vraiment un très très gros cœur) mais mes exs me connaissent intimement, ils connaissent mes réactions, ma façon de fonctionner et j’ai toujours de l’affection pour eux, hors de question de les foutre à la porte de ma vie. D’ailleurs, je trouve dramatique de penser qu’on soit obligés de couper les ponts de façon ferme et définitive avec ses ex, si on est toujours amis avec eux. Si la nouvelle relation amicale ne nous fait pas de mal et ne sert pas à maintenir quelques flammes amoureuses, je ne vois vraiment pas où est le problème.

Bien sûr, je ne suis pas particulièrement jalouse donc moi, j’ai aucun souci avec les exs de mes mecs. Par ailleurs, je pense que le fait que je garde certains souvenirs (pas tout quand même) s’explique certainement car ma forte affectivité et un certain côté fleur bleue. Finalement, c’est un peu comme des souvenirs de vacance qu’on regarde de temps en temps pour se rappeler du super voyage qu’on a fait, des bons moments passés ensemble. Et puis ça permet de voir où on en est. Si je me sens obligée de regarder la photo de mon ex tous les jours et que je mets à pleurer à chaque fois, là, y a un problème. Si je relis nos échanges en souriant et que je n’y passe pas ma vie dessus, c’est que j’ai tourné la page des sentiments amoureux et ne reste que l’agréable nostalgie. Et puis, honnêtement, lire des « je t’aime », « tu es belle » et compagnie, si mon cœur ne fait plus 4 tours sur lui-même, mon ego, lui, il adore.

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La bisexualité, c’’est le pied !

Imaginez que vous vivez dans un monde où vous aimez les hommes et les femmes, quel que soit votre sexe. Imaginez que vous avez deux fois plus de chance de tomber amoureux. Imaginez que vous pouvez trouver votre âme sœur avec une personne quel que soit son sexe… En général, les monosexuels (on va dire ça pour les hétéros et les homos, ça m’évitera de préciser à chaque fois)
ont une vision assez idyllique de la chose. Pourtant, si la bisexualité était simple, ça se saurait.

Quelque part au printemps 2004, Douschka et moi sortons du cours de comm po et on se tape une bonne marche de dix minutes pour aller poser nos fessiers dans un amphi surchauffés pour faire semblant de suivre un cours de systèmes comparés avec une prof en toge dépressive (la prof, pas la toge, hein !). Je sais pas si vous avez remarqué mais au printemps, quand dardent les premiers rayons du soleil post hivernal, tout le monde est beau. On respire tous l’épanouissement, les fringues colorées sont toutes ressorties du placards, nos cœurs sont légers comme des plumes. Et là, je dis à Douschka : « Des fois, je me dis que c’est le pied d’être bisexuelle. Tu imagines, je peux potentiellement tomber amoureuse de tout le monde. » O vision naïve ! Non parce que je me connais : vu comme je suis assez difficile avec les mecs, je ne serai guère plus conciliante avec les filles, déjà. Et je ne suis pas sûre que la multiplication des amant(e)s potentiel(le)s soit vraiment pour me simplifier la vie.

L’autre jour, je regardais une série à la télé et une fille disait à une autre qui affichait clairement sa bisexualité : « ouais mais être bisexuelle, c’est risquer qu’on nous brise deux fois plus le cœur ». Oui, ce n’est pas faux. L’amour n’est jamais simple, ni avec un sexe ni avec l’autre. Et puis être bisexuel ne signifie pas aimer deux personnes de sexe différent en même temps. Si je suis avec un mec et que je vis une rupture douloureuse, je vais pas forcément avoir une demoiselle sous le coude pour me consoler.

C’est marrant comme les monosexuels ont souvent une vision idyllique de la bisexualité. Oui, c’est formidable d’être attiré potentiellement par tout le monde mais en vrai, ce n’est pas si simple que ça, les quelques bisexuels que je connais me l’ont bien montré. Ce que je trouve amusant, c’est l’idée qu’on a qu’on a une période mec, une période fille… A y réfléchir trente secondes, c’est un peu curieux comme théorie. En tant qu’hétéro, j’ai pas une période blond, une période brun, par exemple. On ne choisit pas une période en fonction du sexe qu’on préfère, je suis même pas sûre qu’il y ait une préférence. C’est plus une question d’affinités.

Pour autant, je ne suis pas bisexuelle. L’autre jour, à la gay pride, j’ai vu des tas de femmes qui aimaient les femmes… Et je ne me suis pas du tout sentie attirée par l’une d’entre elles. De toute façon, comme dit si justement Gauthier : « non mais toi, t’aimes trop la queue ». Heu…oui. Ceci étant dit, ce n’est pas pour autant que je refuse l’idée d’être un jour attirée par une femme. Mais pour l’heure, même si je reconnais qu’une femme est belle, je n’ai pour les femmes qu’une attirance intellectuelle. J’en parlais l’autre jour avec une amie bisexuelle, je lui expliquais que je ne pouvais ni ne voulais envisager une relation homosexuelle « juste pour voir ». Je pense que je ne retirerai aucun plaisir de cette expérience et ça pourrait même vexer la fille en face. Puis de façon totalement sexuelle, autant je suis assez clitoridienne, autant j’adore la pénétration. Oui, il y a des artifices pour compenser mais je sais pas si ce sera pareil. De toute façon, comme j’expliquais à Gauthier :

« Moi, si je dois coucher avec une fille, je fais ma passive ! Je la touche pas, on fait dans le noir, elle a des cheveux courts et pas de seins…

– Et des poils et une bite. Un mec, quoi.
– Heu… »
 

Il y a quelques années, je fréquentai un temps Pierre le pervers qui m’expliquait avoir eu des aventures homosexuelles. La première pour voir, la seconde parce qu’à un moment, il s’est senti bien avec un homme. Pour ma part, je ne peux envisager une expérience homosexuelle que comme ça. Parce qu’une fille, tout à coup, m’apportera ce dont j’ai besoin, sans que ce soit prémédité. Même si, dans l’absolu, j’aimerais savoir ce que ça fait de coucher avec une fille, je refuse de le faire juste par expérience. Je ne coucherai pas avec un mec qui ne m’attire pas « pour l’expérience », pourquoi je le ferais avec une fille ? Ce serait lui manquer de respect, en plus. Enfin bref.

Mais revenons à la bisexualité de façon générale. Pour ma part, je pense que la bisexualité « pure », du 50/50 n’existe pas dans les faits, on est forcément plus attirés par un sexe que par l’autre. Des études américaines menées dans les années 70 abondaient dans ce sens, révélant que l’hétérosexualité ou l’homosexualité « pure » n’existait pas non plus. Il y a toujours un peu de nuance et je pense qu’on devrait resservir cette étude à pas mal d’homophobes forcenés. Enfin, pour la bisexualité, il est intéressant de constater qu’on la
retrouve surtout chez les jeunes qui n’osent pas encore se déclarer franchement homo. Il fut un temps (lointain) où Gauthier se définissait comme bi. Bon, même si techniquement, il a déjà couché avec une femme, c’est un peu abusé, cette appellation… D’ailleurs, il est le premier à le reconnaître aujourd’hui. Ceci étant, je ne dis pas que tous les bi sont des homos refoulés, certains sont
effectivement attirés par des personnes du même sexe parfois mais sont globalement plus hétéros. D’ailleurs, si un jour je devais avoir une expérience lesbienne, je ne pense pas que c’est ce qui me ferait devenir automatiquement lesbienne. Ça me plaira sans doute, je prendrai mon pied, j’espère. Mais c’est pas pour autant que je vais renoncer aux hommes. En 26 ans, je n’ai été attirée
que par des individus à pénis, je vois pas comment, du jour au lendemain, je pourrais ne plus m’intéresser à eux.

 

Rêver de pouvoir être attiré par tout le monde, c’est beau. Mais dans la réalité, c’est vraiment plus compliqué que ça. Comme toujours.

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Blog-Boxing

Par Emma

Comme vous avez pu le constater, ces derniers jours ont été le théâtre de violents affrontements (j’cause bien, hein ?) entre comm’eurs/comm’eurs, comm’eurs/Nina, comm’eurs/Gauthier, Gauthier/comm’eurs, Nina/comm’eurs, même moi j’y suis allée de mon comm’. Et ça, ça me court sur le haricot (chacun son truc, moi c’est un haricot). Et quand le haricot me chatouille, faut que je m’exprime.

L’article de Nina d’il y a quelques jours n’était pas de la provocation, elle a tendu une perche aux lecteurs anonymes, et certains l’ont attrapée, ce qui nous a fait un grand plaisir à tous. Le fait qu’elle aborde le sujet des comm’s désagréable à l’égard des Vingtenaires était une constatation, une mise au point. Mais quelle idée bizarre de vous emballer comme ça ! Faut aller acheter un punching ball d’urgence pour vous décharger de toute cette colère !!! C’est parti au pugilat dans les commentaires, sans raison aucune. Au passage, et ça j’y tiens particulièrement : les comm’s du blog ne sont pas un espace réservé aux insultes, règlements de compte et bagarres puériles en tout genre. Si vous avez du linge sale à laver, allez le faire entre vous ailleurs. Bref, beaucoup d’agitation stérile et dénuée de sens. Vous vous êtes démenés sur du vide les enfants. Sur des raccourcis. Je ne veux pas relancer le débat, j’aime ce blog et ses lecteurs, mais là j’avais l’impression d’être dans une cours de récré. Et quand Gauthier a remis du lait sur le feu, vous avez redémarré illico (ben il a été provoc’ c’est sûr mon Gau-gau). Bref, tout ça pour vous signifier que c’est pas un ring ici, et qu’on peut converser et débattre respectueusement sans s’envoyer des missiles sol/sol dans la tronche tous les trois comm’s.

Je ne vais pas faire un article entier sur les comm’s de ces derniers jours. J’ai dit ce que j’en pensais ici et dans ces comm’s sus-cités (je sais à quoi vous pensez bande de cochons). Donc histoire de mettre à mon tour ma petite graine dans un article, et je l’espère de mettre tout le monde plus ou moins d’accord, je vais vous donner mon point de vue sur ce qui a lancé ce grand bazar.

Je ne suis pas snob. J’ai certainement un petit arrière-goût de snobisme dû à mes parents et à l’éducation que j’ai reçue, mais je ne suis pas ‘fondamentalement’ snob. Puisque le débat est là, parlons-en. Je ne suis pas toujours d’accord avec mes collègues Vingtenaires Nina, Gauthier et Mr Big, c’est un fait. Et heureusement que nous sommes tous différents. Je comprends ce qu’ils disent et leur façon de le dire, et aussi que certaines choses prises à la volée au 1er degré vous choquent, mais la vague qui en a déferlée était décalée et inutilement rageuse. Encore une fois, pas d’analyse trop rapide, après ça dérape.

Qu’est-ce que l’intelligence ? Où est la valeur d’une personne ? Il faut parfois du temps et de l’attention pour savoir qui sont vraiment les gens. Je connais des personnes qui ont fait de très longues années d’études et qui sont creux comme des pastèques (Rassurez-moi, c’est bien un « cucurbitacée » la pastèque ? Hein ?), et d’autres qui sont caissières à Mammouth, pour reprendre l’image de Gauthier et de Nina, et qui débordent de finesse et de savoir. (Ca marche aussi dans l’autre sens.) Il n’y a pas de règles, l’intelligence émotionnelle, l’intelligence de vie, chacun peut la porter en soi, ou pas. C’est elle qui règle nos vies, fait ce que nous sommes, nous porte et nous nourrit. C’est elle qui nous fait nous ouvrir au monde, nous rendre curieux et intéressés, nous donner envie de savoir, de comprendre. L’intelligence n’est pas le fait de savoir plein de choses, les comprendre et les analyser, c’est la démarche qui y amène. Tout le monde ne l’a pas, du cadre supérieur à la boulangère.

Chacun porte sa vie comme il peut, comme il veut, avec les moyens qu’il a et ceux qu’il se donne. Nous ne nous épanouissons pas tous au même endroit, et nous n’avons pas les mêmes désirs et besoins. La valeur (les valeurs) de chacun est (sont) subjective(s). La valeur que les autres nous trouvent, la valeur que nous accordons à toutes les choses de la vie, aux gens de notre vie, notre propre valeur. Bref, nous n’avons pas tous les mêmes rillettes (© Mr Big).

Tout mon petit discours n’est pas un bla-bla d’infirmière psy qui se prend le globe. C’est juste ma vision intime des choses, et j’espère que ça va calmer les ardeurs belliqueuses de tout le monde ici !

Pour noircir ce tableau très ‘peace and love’, je dois bien vous avouez que je suis comme tout le monde, avec mon intelligence, mes opinions, mes affects, mes valeurs donc. Et j’aime pas les cons. J’aime pas MES cons. Et je vous préviens, je les partage éventuellement, mais je les donne pas.

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