J’avais pas tout compris à la vie

Longtemps, j’ai été conne. Naïve et prétentieuse. Pourtant, la vie me tapait régulièrement sur les doigts pour me démontrer que j’avais tort mais je persistais. Pendant longtemps, j’ai refusé de jouer le grand jeu de l’entreprise, estimant que mon talent parlerait pour moi. Ahah.

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Déjà mon principal talent, ne nous mentons pas, c’est l’écriture. Et j’ai rarement l’occasion de m’offrir de sublimes envolées lyriques dans les powerpoints même si une chef de marque m’a récemment félicitée pour ma strat « super bien écrite ». Oui, les powerpoints, c’est fait pour être factuel, point de métaphores, théories, adverbes ou périphrases. Du coup, mon talent en écriture devient limité anecdotique sauf pour les plannings éditos (j’en écris trois par mois, c’est pas la folaïe non plus). Après, je me rêvais un peu blogueuse découverte par une maison d’édition. Ce qui est arrivé d’ailleurs. Deux fois. Mais j’ai jamais écrit ce qu’on m’avait demandé. Belles occasions ratées.

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Le talent ne suffit pas. En quasi 6 ans de community management et stratégie, j’ai appris, j’ai cravaché. Je fais des PPT pas trop dégueulasses, je m’en sors pas mal en excel (même si je dois progresser en tableaux croisés), je suis même carrément pas mauvaise en campagne Facebook et j’en parle crânement devant mon client qui m’appelle désormais « la Reine de Facebook ». Ouais. Quelque chose à changé en moi. Est-ce le travail de la naturopathe, la maturité, les deux ? Ou ma sœur qui m’a dit : »Faire du bon boulot, ça suffit pas ! Tu vois, machine, dès qu’elle sort un truc, elle envoie un mail à toute la boîte, tout le monde sait qui elle est ». Ah oui mais moi, me faire mousser, c’est pas mon truc. C’est là que j’ai été conne.

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Oui, je n’aime pas me mettre en avant. Quand on me dit « ouah, super taf! », je réponds en haussant les épaules « bah, j’ai juste fait mon travail ! ». En gestion de projet, on ne réinvente pas la roue tous les jours. Tu suis ton process et tu as logiquement ton petit projet au bout du chemin (le chemin reste compliqué mais le client n’a pas à le savoir). Quand tu réponds à une question simple pour toi, ça ne te paraît rien. L’autre jour, un commercial vient me demander un truc, je transfère la demande à Facebook car j’avais un doute, mettant ma chef, alors en réunion, en copie. Elle revient « Nina, qui t’as demandé ça ? » »Julien ». »Il aurait dû d’abord me demander à moi ». »Oh mais ça m’a pris 10 minutes… » »Oui mais 10 mn de ci, de la… ».

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Avant, j’étais conne de penser que je n’avais pas à vanter mon travail, qu’il parlait de lui-même. Aujourd’hui, je reste conne d’être serviable. Parce qu’on vient tout me demander et que je réponds rarement non. Mais il y a là un équilibre intéressant à trouver. En devenant « la fille qui sait », « la fille efficace et organisée » (oui, ma chef m’a dit l’autre jour que j’étais la plus organisée… Alors que je le définis volontiers comme complètement bordélique), tu te places en indispensable sans pour autant faire grincer des dents pour cause d’arrogance. Par contre, tu te plombes un peu en restant trop opérationnelle, moins force de proposition et surtout en décollant un peu plus tard car 10 mn+10 mn+10 mn… Et du coup, on peut passer de fille top à fille désorganisée… Dans le monde du travail, on retient toujours plus tes erreurs ou tes moments d’errements que les moments où tu bosses bien.

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Alors j’ai compris. Sans se tuer à la tâche, faut jouer le jeu, rentrer dans le moule. Les esprits libres s’exprimeront après 19h(30)… Quoi qu’il est toujours bon d’insérer un peu de folie dans son travail, restons dans les limitées acceptables pour nos chefs et DRH. Parce que c’est le jeu et qu’on aura toujours du mal à s’en sortit sans suivre les règles de base. Être génial, oui, mais en arrivant à 9h30 et en rendant les documents à temps. On ne gagnera pas à tenter de la faire à l’envers.

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Le premier artisan de notre réussite ? Moi. Toi. Et comment réussir si on ne met pas notre travail en vitrine ? Si vous avez une idée autre que jouer le jeu intelligemment (hors création de sa propre boîte je veux dire), je prends vos conseils !

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Jamais je n’épouserai un pompier

(sous titre : enterrement de vie de jeune fille de ma soeur et de son futur mari).

Comme vous le savez parce que j’en ai déjà parlé, ma soeur se marie cet été. Dans 2 mois précisément, elle dira oui et j’en pleurerai certainement. De joie, hein, je suis heureuse pour elle. Je commence vraiment à réaliser en fait, ça me fait un peu bizarre. Ma petite soeur, le petit bébé joufflu avec sa coiffure à la Mireille Matthieu qui butait sur un tas de mots, la petite Alice qui traînait partout son « manteau », une vieille couverture est aujourd’hui une femme et va épouser l’homme qu’elle aime. Mais où sont passées ces 28 dernières
années ? Mais trêve d’envolées lyriques de supermarché, passons à la narration. Ca vous inspirera peut-être.

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Les témoins ont super assuré, nous avons régulièrement reçu des mails nous tenant au courant de l’évolution de la situation. Le matin, on prend Anthony tandis que les garçons s’occupent d’Alice puis on récupère notre jeune fille pour l’après-midi pour se retrouver en fin de journée tous ensemble. Sauf que je sais pas s’il s’agit d’une loi universelle immuable ou c’est parce que c’est une histoire dans laquelle je suis impliquée mais y a eu couilles dans le potage. Au pluriel. Le vendredi, Alice descend de Paris avec son Anthony et un quintet
de pompiers survoltés. 5h de train et une cinquantaine de bouteilles de bières décédées (!!), la troupe arrive très joyeuse. Alice rentre chez mes parents, Anthony chez les siens et les pompiers sont dispatchés chez les copains des futurs mariés. L’alcool aidant, les plus courageux décident de sortir. 5h45, le téléphone sonne chez Adrien, un pote de ma soeur convié à la fête « ouais, Adrien, c’est Guillaume, j’ai planté la voiture… ». Donc on a perdu une voiture (ça aurait pu être pire, la voiture est apparemment morte dans l’opération, une histoire de virage jamais négocié donc pam le mur). On se retrouve donc en retard sur le planning. Alice devait être tirée du lit à 7h30 par les garçons, elle ne l’a été qu’à 9h. A la même heure, on se rend, nous les filles, chez Anthony. Nous sommes accueillies par son père qui nous fait une révélation fracassante : « Ah ben Anthony, il est parti à la pêche! ». Oui, c’est véridique. Donc on l’appelle et il nous rejoint quelques minutes après. Le voici parti pour une matinée fille : café ou nesquick et viennoiseries avant de passer à la confection de muffins. Il a pas bronché, il a exécuté sa mission avec brio, il faut le dire, ses muffins avaient bonne gueule et sentaient bon. On file ensuite au marché où on retrouve ma soeur dans un état pas possible : bourrée (elle a eu droit à un petit déj
campagnard avec du vin), à moitié à poil car les pompiers ont ruiné son jean (en gros, il ne restait qu’une jambe, tout était arraché au niveau des fesses, l’obligeant à porter un truc autour des fesses pour ne pas exhiber sa culotte. Pendant la matinée, elle a dû pécher des poissons et les vendre au marché. A l’arrivée, elle a récolté 32 € sans que personne ne lui prenne le moindre poisson. Par contre les muffins sont partis tous seuls. 

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On récupère donc ma soeur, saoule, dépenaillée et trempée après avoir pris une rafale de vent alors qu’elle se penchait dans la fontaine pour y jeter ses poissons. Après un déj très sympa dans un salon de thé, on va buller au spa. Jacuzzi, hammam et sauna, elle revit (et ne sent plus le poisson car les pompiers l’ont un peu trempée dans le canal dégueu). 2h
de pure détente avant de partir pour Toulouse pour retrouver les garçons… pour un laser quest. Truc auquel j’ai pas joué depuis 10 ans. A l’arrivée, Anthony a été le meilleur (alors que je l’ai quand même descendu 4 fois), Alice aussi. Je m’en sors pas si mal, 24e sur 34, devant quelques pompiers vraiment pas doués parce que rappelons que je suis myope et mes lunettes ne sont plus trop à ma vue. De là, on file manger dans une bodega : tapas puis danse au programme.

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Une très belle journée qui a joué les after dimanche quand le très gros de la troupe a débarqué à la maison pour déjeuner. Dont les pompiers de Paris qui ont encore bu comme des trous (y en a quand même eu un qui a vomi sur la portière d’une voiture le samedi soir). Franchement, ils sont super marrants et très sympas mais tous ensemble, ils sont tout simplement ingérables. Compréhensible quand on connaît la discipline militaire à laquelle ils sont soumises (ils sont tous pompiers de Paris donc militaires, justement) mais pour ma soeur, la matinée a été looooongue. Elle a super bien joué le jeu, notons, mais la pauvre quand même. 

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Il n’empêche que ce fut un EVJF comme je les conçois : drôle sans être vulgaire ou pénible pour qui que ce soit avec une part belle faite au plaisir et au chouchoutage. Je regrette juste que les pompiers ne nous aient pas offerts un petit strip tease… Non parce que mine de rien, à force de faire la planche deux fois par jour (se tracter à la force du bras sur une planche, en tenue de sport puis en tenue de pompier), y avait du biceps et du pectoral à ne plus savoir qu’en faire. Et je le confesse, ça émoustille un petit peu quand
même…

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