Avec qui tu manges le midi ?

L’autre jour, j’ai assisté à une scène mignonne à mon bureau. A ma droite, Camille, stagiaire marketing. Dans l’open space qui passe à côté de nous : Eve-Marie, stagiaire commerciale. Bon, le fait qu’elles soient stagiaires importe peu. Elles étaient dans la boîte avant moi. Eve-Marie passe derrière nous (oui, je suis en open space et les gens se déplacent en permanence derrière moi. Autant te dire que la vidéo de fessée NSFW que j’ai vue passer sur Facebook ce matin, je la regarderai à la maison) et Camille l’interpelle « hé, tu manges quand ? ». Et là, drame « Heu mais heu… je mange avec les autres ». Ma pauvre Camille…

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Il faut savoir que mon nouvel environnement de travail est essentiellement féminin. Pour résumer : à la rédac, on compte en tout et pour tout deux hommes (dont un gay), au marketing (mon service), on est quasi à égalité, côté commercial, y a une majorité de femmes et côté dév… oui bon à part quelques graphistes progestéronnées, là, par contre, c’est très mâle. Mais à l’arrivée, on a quand même une bonne dominante féminine, même la DG et la PDG sont des femmes. Et forcément qui dit femmes dit histoires d’alliances, de clans… Et le déjeuner est un enjeu clé : dis-moi avec qui tu déjeunes, je te dirai qui tu es. Moi, c’est très simple, je ne déjeune avec personne. Sauf Vicky évidemment (notre niveau de fusion devient dramatique… pour les autres, j’entends) mais elle ne bosse pas avec nous. Mais pour les stagiaires, c’est un enjeu. Tu passes dans les populaires ou les ignorés en un rien de temps. Pour reprendre mon cas, y a des gens qui m’ignorent encore (des filles, essentiellement) quand on se croise aux toilettes. Non mais tu peux pas me faire croire que tu ne me vois pas dans un espace de quelques mètres carrés avec un gros miroir au bout ! Le mieux étant l’ascenseur, y a quand même une fille qui a réussi à ne pas m’adresser la parole pendant qu’on attendait l’ascenseur puis quand on est montées dedans, sachant que nos ascenseurs sont pour 4 personnes « un de plus t’es mort ». On a des ascenseurs particuliers, ils font peur et même que des fois, ils tombent. On m’a toujours dit « ne prends jamais l’ascenseur sans ton téléphone ». Ah. En fait, ils me font penser à un jeu vidéo que j’avais quand j’étais jeune où il fallait résoudre des énigmes pour ouvrir de nouveaux endroits et y avait un ascenseur tout pourri qui faisait plein de bruit. Ben voilà. Si quelqu’un a le nom de ce jeu vidéo avant que je devienne dingue de le chercher…

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Donc revenons-en au déjeuner parce que depuis que je suis ici, je me rends compte que c’est un moment particulier. Un moment où je n’existe pas. En fait, j’ai été traumatisée le premier jour : j’ai mangé toute seule. Dans toutes les boîtes où je suis allée (et ça commence à cumuler), on me proposait toujours de déjeuner le premier jour mais là, rien… Okayyyy… A l’arrivée, en quasi deux mois, j’ai déjeuné en tout et pour tout 3 fois avec des collègues (dont une fois avec la DG et le stagiaire ultra beau gosse, ce qui a fait de moi quelqu’un d’important pendant une demi-minute quand j’ai donné son prénom à la collectivité. D’ailleurs, je me rends compte que je l’ai oublié, son prénom. Mais il a 20 ans alors bon…). J’ai surmonté le traumatisme depuis et j’aime observer le bal des déjeuners. Il faut savoir qu’ici, comme dans beaucoup de boîte, il y a des clans. Dans mon ancienne boîte, c’était un peu patronnat contre prolétariat avec des sous branches (en gros la sous branche performance et la sous-branche social-media). Ici, c’est mouvant, ce sont de toutes petites cellules. Alors forcément, faut se placer. Pas de chance, en marketing, les gens aiment bien manger devant leur écran donc il faudrait, si je veux faire partie d’une équipe déjeuner, que je côtoie d’autres services. Sauf que je m’en fous un peu : j’ai suffisamment d’anciens collègues à fréquenter sans en rajouter de nouveaux (collègues tout court pas nouveaux anciens collègues, je compte pas encore changer de boîte). Mais il faut toujours avoir des gens dans ses petits papiers, ça sert quand tu as une demande spécifique à faire. Heureusement pour moi, je bois du café. Trop d’ailleurs.

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Mais la sociabilisation au boulot est un vrai enjeu. Après avoir fait un peu mon autiste pendant quelques semaines (résidus de traumatisme de mon taf passé, j’en reparlerai), je commence à me lier et à parler aux gens à la machine à café ou même au lavabo des toilettes. J’aime beaucoup parler d’une opération en cours avec la fameuse Eve-Marie tandis qu’on se lave collégialement les mains. En plus, là, le café est devenu gratuit, ça en fait un sujet de conversation avec tous ces gens que je n’ai pas toujours identifiés. Ma sociabilisation passera donc par l’hypertension, ok. Non mais faut vraiment que je me calme sur le café, je dors super mal en ce moment, je ne peux y voir qu’une relation de cause à effets (2 à 3 expressos par jour, c’est trop non ?). Mais bon, le déjeuner, c’est touchy. En plus, quand on me propose, j’ai pas toujours envie d’aller me gaver à la brasserie où le repas est bien plus cher que mes tickets restos et repas lourd le midi = inactivité partielle l’après-midi. C’est pas que je veux pas travailler mais ça bloque un peu, il semble que l’énergie que déploie mon corps à digérer est directement pris dans la partie « concentration ». Et contrairement à chez Pubilon, y a pas trop de jap dans le coin (c’est un peu plus léger).

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Du coup, Camille a mangé avec la rédac mode, je pense que c’était un meilleur choix pour la coolitude mais moins pour le côté pro. Choisis ton camp camarade !

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Le temps ne fait rien à l’affaire

Par Diane

(NB:tous les personnages décrits dans cet article sont des personnages on ne peut plus malheureusement et piteusement REELS dont n’ont été modifiés ou inventés que les noms)

1/Benjamin est un petit garçon de 8 ans dont les parents ont décidé de l’envoyer en colonie de vacances, où il se trouve que j’oeuvrais en tant que joyeuse animatrice avec tout le packaging chansonspetitsjeuxmoyensjeuxgrandsjeuxjeuxdébilesetinutilesonsebrossepaslesdentsavecdugeldouchebordel de circonstance. Benjamin, que je me casse le cul et passe des nuits blanches à leur préparer des putain  de bordel de chasse au trésor avec moultes super (non mais vraiment super, j’vous jure) énigmes, déguisements, décors et j’en passe, il en a pas grand chose à carrer. Benjamin, ce qui l’intéresse, c’est la destruction. Tandis que je m’évertue à apprendre à jongler à ses petits camarades (tout en révisant intérieurement les 10 commandements des vertus de la patience
shintoïste), lui, il tue les fourmis, araignées,mouches, chat du cuisinier et toute bête vivante qui fasse moins d’un mètre 40 qui peuple les environs. Benjamin aime également déchirer les dessins de ses congénères (j’aurais du mal à les appeler « camarades », déja parce que ça fait colo communiste, et ensuite parce qu’il leur tape sur la gueule dès qu’on a le dos tourné), dégommer les cabanes fraichement  construites (et pas seulement de schubert) ou, le vicelard, aller piquer des trucs pour les mettre dans les placards des autres… Alors là, on est en droit de se demander: benjamin est-il le fils envoyé sur terre de Mephistophélès pour faire concurrence à Jésus, ou a t-il été élevé par Landru et les Thénardier?  

2/Micheline a 28 ans (oui, je sais, comment peut-on décemment avoir 28 ans et s’appeler Micheline, mais laissez moi tranquille un peu, c’est mon article j’fais c’que je veux), des yeux bleus, des gros nichons (wouuuouuu, rien qu’avec ces mots là et l’aide de google, j’ai dû récolter quelque 15478 lecteurs en plus), et absolument aucun amour propre ni même sale d’ailleurs. Micheline est cultivée, elle fait des études, et ne fréquente que des gens cultivés, mais surtout pas intelligents. Ce qu’elle aime, c’est jouer. Et particulièrement avec ceux qui eux ne veulent pas jouer. Elle aime faire croire aux garçons qu’elle est fragile et ingénue, et surtout qu’elle est disponible. Elle aime s’asseoir sur leurs genoux, jouer un peu avec leurs cheveux en riant à leurs blagues et soupirer sur son « physique ingrat » et sur ses « kilos en trop » pour les entendre dire que « elle est fooollle voyons, elle est super belle comme fille », [NB: un petit coup de culture confiture pour briller en société: quand quelqu’un vous dit « mais j’suis trop mooooche » dans l’unique espoir de vous voir affirmer le contraire, ça s’appelle un Chleuasme] tout cela bien sûr, pour finir, une fois que le garçon en question aura mis sa personne et sa dignité à ses pieds en lui déclamant des sonnets qu’il aura lui même écrits à la gloire de ses gros nichons (wouuouuu, 14874 nouveaux lecteurs), par lui signifier qu’ elle n’a absolument aucun sentiment pour lui mais qu’on reste amis, hein, surtout.

3/Louis a 52 ans. C’est un fringant homme mûr, dans la force de l’âge. Il fait du sport et s’active beaucoup, et il a plein d’amis. Louis, son super kiff, (car Louis sait parler aux jeunes), c’est le pouvoir. Il est atteint d’une certaine et pathologique névrose qui fait qu’à 6 ans déja, quand Mozart composait ses premières oeuvres, le petit Louis persistait à se prendre pour Napoléon, ce dont il a d’ailleurs gardé quelques séquelles qu’il tentera de compenser avec des talonettes. Armé de sa folie des grandeurs, ainsi que de sa rolex et de son nouveau jouet qu’il a fait venir directement d’iltalie, (livré avec la guitare) Louis pense qu’il sait tout et peut tout faire. Avec l’aide de Dieu et du Public,un jour peut-être il règnera sur la terre et tous les connards qui la peuplent. Amen.

4/Jean Jacques Rousseau disait: « la jeunesse est le temps d’étudier la sagesse. La vieillesse est le temps de la pratiquer ». ….et Huguette n’a manifestement pas bien saisi la chose. Huguette a 80 ans, elle est à la retraite et habite un petit appartement parisien. Huguette, ce qu’elle aime, c’est son caniche nain « pépètte » qui, lui, n’aime personne. Pépètte est un chien délicat et de caractère, il ne faut point le contrarier, même s’il jappe lamentablement à la gueule de tout ce qui bouge et pond des étrons puantesques en plein milieu de la rue, sur lesquels on ne manquera pas de venir joyeusement glisser alors qu’on est en blanc, et en jupe bien sûr. Et tandis que son insupportable roquet prend bien le temps de renifler en vrac tous les poteaux du coin, mes jambes (en y laissant bien sûr au passage un peu de canigou au canard laqué du repas du midi qui était resté dans ses adorables bouclettes de menton) et le cul des autres petites merdes chihuahuasantes qui polluent les rues et le calme de nos appartements, Huguette finit tranquillement son paquet de gâteaux et, sans même jeter un coup d’oeil à la poubelle qui lui tend son sac à 2 mètres de là, le balance par terre avant de se remettre en route en évitant soigneusement l’étron encore fumant de son gremlins fétide.   Bref, je suis consciente que l’expérience est un atout majeur de la vie, qu’elle forge l’esprit, qu’elle aide à se définir une morale, des principes de vie; que c’est en faisant des erreurs, en souffrant et en expérimentant les choses qu’on peut vraiment en saisir les enjeux et en tirer les leçons qui s’en imposent, mais quand même, y’a des fois, j’ai juste ces quelques mots (tellement vrais) de Brassens qui me reviennent en tête…
Le temps ne fait rien à l’affaire

Quand on est con, on est con
Qu’on ait vingt ans, qu’on soit grand-père
Quand on est con, on est con
Entre vous, plus de controverses
Cons caducs ou cons débutants
Petits cons d’la dernière averse
Vieux cons des neiges d’antan

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