Le stress pré vacances

Juste avant de vous parler de mes vacances en Thaïlande, parlons de ce que je déteste par dessus tout : le stress pré vacances. Vacances J-2, 3 ou 4. Alors que dans votre tête, vous commencez à exécuter la danse de la victoire, votre corps, lui, est lancé dans un terrible sprint final, une course de longue haleine nécessitant de mêler endurance et vitesse que nous appellerons « la course de la to do list ». En gros, le lundi, tu arrives en te disant « hiiiiii, dernière semaine avant vacances » puis tu regardes ton cahier to do list (oui, j’ai un cahier dédié à ma liste de tâches) et là, ça te prend à la gorge, la terrible angoisse. TOUT CA ?? BOn, respire ma fille, tu peux le faire, tu sais le faire. Un petit reporting, ça va vite. Un planning édito ? Les doigts dans le nez. Hop, hop, travaillons pour obtenir ce plaisir subtil et éphémère de cocher la case pour dire que c’est fait. Sauf que tes clients, ils s’en foutent un peu de ta belle to do list rédigée avec soin le lundi matin. Eux, leurs demandes, c’est tous les jours de la semaine, c’est normal. Arrive mon fameux phénomène d’asthme mental. Ou plutôt de noyade mentale : tu es enfermé dans une boîte et le niveau de l’eau ne cesse de monter, tu essaies d’écoper avec une mini éponge mais tu ne peux endiguer le flux. Et ton taux de stress est proportionnel au niveau de l’eau, tu commences à flirter avec la panique, voire l’hystérie : au secours ! Alors à un moment, tu tries. Tout est urgent, rien ne l’est, donc. Tu priorises du mieux que tu peux, tu essaies de réduire au maximum les délais d’exécution. Tu pleures dès que ton téléphone sonne et que tu sais qu’au bout du fil, la personne a une demande « urgente » et qu’elle aimerait même que ce soit fait pour hier. Il y a des jours où je me dis que je devrais rapidement inventer une machine à voyager dans le temps, ça devient urgent là. Donc tu dis oui, tu dis non, tu pars deux minutes de ci de là à accéder aux petites requêtes doivent être exécutées maintenant parce que « mais ça prend juste deux minutes ». Oui mais les minutes, une fois dépensées, tu les récupères pas. Et au lieu de mettre 3 minutes à faire une slide, t’en mets 15 et tu restes bloquée sur cette phrase entamée coupée en plein milieu car quelqu’un est venu te demander un truc. Mais qu’est-ce que je voulais dire déjà ? Comment terminer cet embryon de phrase qui danse sur ta slide blanche, comme s’il se moquait de toi. Les embryons de phrases sont mesquins. C’est la veille du départ et cette pute de to do list ricane en te montrant du doigt, en te faisant bien sentir que tu n’y arriveras pas. Tu fais de ton mieux, tu mobilises ton énergie en te répétant mentalement ton nouveau mantra : “efficacité”.Je peux le faire, je peux le faire. Ah ta gueule le téléphone ! Je sais qu’au bout du fil, mon interlocuteur veut que je fasse quelque chose en urgence, quelque chose qui n’est pas dans ma to do list. Maaaaaaaais, personne n’a entendu quand j’ai dit que j’étais en vacances le soir même ce qui signifie clairement “je dois finir à tout prix mes tâches ce soir alors tais-toi, laisse moi tranquille”. Mais non, tu n’avances pas, tu sens la pression monter, encore, encore, encore. 20h, tu n’en peux plus. Tu dois encore rentrer chez toi terminer ton sac et repartir chez Anaïs. Tic tac tic tac… Tu renonces, tu sais que tu ne peux plus, il te reste à minima une demi-journée de travail sur ta to do list. Alors tu ouvres un mail intitulé à peu de choses près : ce qu’il reste à faire. Puis tu ranges ton bureau, tu éteins ton ordinateur, tu dis au revoir aux deux qui restent puis tu prends l’ascenseur. Une fois les portes refermées, tu souris : tu es en vacances !

Pour fêter ça, je ramène une petite bouteille de champagne. Demain, nous serons dans l’avion destination la Thaïlande.

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