The Walking Dead : entre post-apo, dystopie et utopie

Ca faisait un moment que je voulais vous parler de The Walking dead, grande anomalie dans mon paysage culturel. Anomalie parce que normalement, je ne lis pas de comics (ni BD et j’ai abandonné les mangas en arrivant à Paris, quasiment)(faut vraiment que je prenne un abonnement à la bibliothèque, d’ailleurs, histoire de combler quelques lacunes) et que les trucs de zombies, je trouve ça chiant. Sauf que mon adoré m’a fait découvrir 28 jours plus tard, que j’ai maté Fear the walking dead avec son coloc et lui (série totalement abandonnée pour nous depuis) et donc The walking dead. Puis dernier train pour Busan mais sans rapport.

The walking Dead : Daryl et Rick

L’avantage d’une série/d’un comic sur le sujet, c’est qu’on quitte l’univers de la simple invasion pour se pencher sur la vie pendant et surtout après. Ce qui nous permet d’avoir non pas une mais trois dimensions dans l’oeuvre : on a un monde post-apocalyptique certes mais aussi une utopie et une dystopie suite à la réorganisation des hommes en micro sociétés.
La safe zone Alexandria dans The Walking Dead

Le post-apo : l’invasion zombie

On commence direct dans un monde post-apocalytique en le découvrant aux travers des yeux de Rick Grimes, copié/collé totalement assumé du début de 28 jours plus tard. A l’inverse de Fear the walking dead qui montre un peu plus l’émergence des zombies. Là, l’avantage, c’est qu’on a très vite accès aux règles du jeu : faut niquer leur cerveau sinon on les tue pas, le bruit et les odeurs de chair fraîche les attire. Clair, net et précis. Bon, vous me direz que les règles, elles sont un peu fluctuantes selon les épisodes : faut pas faire de bruit, ne pas tirer pour rien mais on va se faire un stand de tir d’entraînement dans la forêt, on crie et on s’engueule, un coup les mecs peuvent se transformer en zombie en une demi-journée et puis finalement, plus ça va, plus c’est immédiat. Donc dans un premier temps, on a une bande de survivants qui apprennent tant bien que mal à se défendre contre les zombies, à “attendre” que ça passe en se cherchant des poches de sécurité qui finissent par être balayées par des hordes. Le but est donc désormais de trouver une place sûre pour recréer une société autosuffisante où tous peuvent évoluer en sécurité.

Alexandria - The walking dead

L’utopie : la prison, Alexandria, la colline et le royaume

Alors on ne va pas se mentir, The walking dead est assez manichéen avec les gentils d’un côté, les méchants de l’autre, j’y reviendrai par la suite. Nous suivons donc la troupe de Rick qui commence déjà à se créer une petite société d’entraide aux abords d’Atlanta puis dans la ferme d’Hershel mais c’est véritablement à la prison qu’on commence à envisager une installation durable avec juste répartition des tâches et notamment la mise en place d’un potager et d’un élevage qui permettra une survie à long terme.

The walking dead, la prison

Suite à la fin de l’aventure de la prison, nos héros vont finir par découvrir Alexandria, une cité proprette et parfaitement autonome mais pas autant que la colline ou le royaume avec des potagers déjà bien développés. Et dans la suite du comic (passez paragraphe suivant si vous ne voulez pas en savoir plus), l’installation sera d’autant plus durable avec la mise en place de forges, moulins et troc entre les trois cités. Des sociétés qui se veulent juste, égalitaires et basées sur l’entraide où chacun met la main à la pâte pour permettre à la communauté de bien vivre : sécurité, alimentation, éducation, maintenance. On reste dans une société avec un chef, un leader souvent charismatique choisi assez souvent malgré lui (Maggie, Rick) alors que d’autres (Jesus, Dwight) gardent leur distance avec lesdites sociétés pour ne justement pas hériter d’un quelconque pouvoir.

Jesus (Tom Payne) dans The walking Dead

L’illusion de l’utopie : Woodbury

Je parle de la série télé uniquement ici. Quand Andréa et Michonne atterrissent dans le petit bourg tout joli et bien propret avec ses trottoirs nickels et ses fleurs aux fenêtres. La cité idéale telle que la rêvaient Rick et ses amis qui, eux, n’ont rien trouvé de mieux qu’une prison. Mais en grattant, la société idéale de Woodbury est dirigée par un chef despote et violent et une population prompte à attaquer au besoin. D’ailleurs, quand Rick propose au gouverneur de vivre en paix ensemble, ce dernier refuse.

Andréa dans les rues de Woodbury sur le tournage de The walking dead

Les dystopies : les Saviors et le Terminus

Je vais pas parler des autres sous-groupes poppés dans la série genre l’hôpital, le village des femmes et le groupe de la décharge d’abord parce que pour ces deux derniers, j’ai pas assez d’éléments pour en parler, vu qu’ils ne sont apparus que récemment dans la série et pour l’hôpital, je m’en souviens moyen et en plus, cet arc ne m’intéressait pas du tout. Par contre je vais m’arrêter sur le terminus, absent du comic parce qu’il préfigure finalement de l’ère Saviors. Le terminus est à la base une belle utopie : une communauté ouverte prête à accueillir les survivants errants pour les intégrer à leur petite société. Ce que tentent de faire Rick et les “gentils” à travers la Colline, Alexandria et le Royaume car malgré quelques mises en avant de “ah non, je fais plus confiance à personne, faut montrer patte blanche pour rentrer chez nous”, tu te rends compte finalement que ça navigue entre communautés sans trop de soucis et qu’on a assez de facilités à intégrer de nouveaux personnages. Mais le terminus a fait preuve de trop de confiance et est tombé sous la coupe d’un groupe ultra violent, violant les femmes et mangeant les hommes. Les membres du terminus parviendront à reprendre le dessus et réappliqueront alors les méthodes de leurs bourreaux, jusqu’à ce que la punition divine (aka Rick) les extermine.

The walking dead, chapelle ardente au terminus

Les saviors ne sont finalement que l’illustration parfaite de la réelle histoire de The walking dead : quoi qu’il arrive, l’homme reste un loup pour l’homme. Leur leader Negan, version encore plus violente et énervée du Gouverneur, soumet toutes les communautés alentours et n’hésite pas à tuer pour se faire respecter. D’ailleurs, que ce soit dans le comic ou la série, il démarre direct en tuant l’un des personnages emblématiques de la série (le gouverneur en tue certes deux dans son arc narratif dans la série : Andréa et Hershel, quatre dans le comic : Lorie, Judith, Hershel et Tyreese et coupe la main de Rick et viole et torture Michonne… un garçon très charmant, dis donc). Negan et le Gouverneur proposent une société quasi identique : une vie confortable mais avec une forte part de violence et un leader franchement psychopathe. Mais les Saviors présentent un cas un peu plus intéressant à mon sens : si Negan est clairement un psychopathe, il a des règles très strictes et ne tolère pas certaines exactions comme le viol, punissant très sévèrement (à mort quoi) tout contrevenant à la règle. Alors que le gouverneur est lui-même un violeur dans le comic ou l’est quasiment dans la série. Si le gouverneur est une ordure, Negan est un peu plus complexe que ça puisqu’il agit toujours en fonction de ses règles et sa relation avec les autres communautés se base sur un partenariat… certes imposé mais les Saviors assurent de débarrasser la région des zombies en détournant notamment les hordes. Sécurité vs alimentation, un peu le mode de fonctionnement des communautés des “gentils”. Et Rick n’est pas précisément un agneau doux non plus…

Rick Grimes ensanglanté

Finalement, d’utopie à dystopie, il n’y a qu’un chef… et surtout la façon dont il est dépeint. Mais bref, je trouvais intéressant de travailler sur ces trois éléments dans cette oeuvre ci. Et comme ça, la semaine prochaine, je vous parlerai d’utopie (sans rapport avec l’élection).

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L’absentionniste est-il de droite ?

Voilà, les régionales sont passées, j’ai consciencieusement voté au second tour (dans un bureau de vote tellement désert que j’ai cru que les tenanciers allaient pleurer de joie en me voyant débarquer) et j’ai vaguement regardé les résultats hier soir. Enfin, j’ai suivi sur Twitter car y avait Desperate Housewives sur Teva et honnêtement, les soirées électorales me dépriment toujours un peu.

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Pourtant, en mettant en parallèle tous les résultats, un truc m’a sauté aux yeux : plus l’abstention croît, plus la gauche gagne. De là, une conclusion peut-être sophiste : l’abstentionniste est de droite. Merde, j’aurais dit l’exact contraire. Forcément, au vu des milieux que je fréquente, l’abstentionnisme est un acte politique en soi et un acte très ancré à gauche (à gauche gauche, je veux dire, plus du côté du NPA que du PS). Pour moi, l’abstentionnisme est un acte militant de gens oeuvrant dans l’associatif qui considèrent que
la société, on la change sur le terrain et pas dans l’isoloir. Ce qui n’est pas faux en soi, il faut l’admettre.

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Alors forcément, ma réflexion sur l’abstentionnisme comme un comportement de gens de droite me turlupine un peu. Mais en fait, je crois qu’il s’agit bel et bien d’un sophisme et qu’il faut aller plus loin. Pourquoi les gens n’ont pas voté ? Par désintérêt ou par manque d’information ? Moi, j’ai plutôt tendance à opter pour la deuxième solution. La présidentielle, les législatives, les municipales, on sait à quoi ça sert sans forcément se pencher sur la question alors que les régionales ou même les européennes, bof… Donc voici mon
nouveau postulat : « on ne vote que quand on comprend le scrutin ». Or force est de constater que les médias étant plus friands des petites phrases assassines et prises de bec, on oublie un peu de nous expliquer à quoi sert le conseil régional. Ah, je sais, on est censé avoir vu ça en cours d’éducation civique mais perso, dans mon collège, le cours d’éducation civique étant dispensé par un prof d’une autre matière, une fois sur deux, le prof remplaçait l’éducation civique par sa propre matière. Donc de façon générale, les gens ne se sentent pas concernés donc ne votent pas.

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Alors les plus citoyens, ce qui n’attendent pas que les journalistes leur fasse la leçon, sont forcément de gauche. Pas si sûr. En général, on découpe grosso merdo l’électorat d’un pays bipartite comme suit : 40% d’un côté, 40% de l’autre, 20% d’ambivalents. Ce sont ces 20ù d’ambivalents qui font pencher la balance. Et si c’étaient eux, les mauvais citoyens, les « je vote quand on m’agite les chiffons rouges de l’insécurité ou autre ». Ceux qui soudain, se sentent concernés par le débat républicain car on leur explique que l’heure
est grave. En 2002 et 2007, on nous a saoulé avec l’insécurité (bouh !) et donc, vote conservateur, à droite toute. Faute des médias ? Pas si sûr, les médias relayent les sujets phares des politiciens et la campagne s’est jouée clairement sur ce thème en 2007, Ségo y allant franchement elle aussi. D’ailleurs, si les écolo prennent de plus en plus de place, n’est-ce pas grâce aux nombreux articles sur le réchauffement de la planète, l’échec de Copenhague ou que sais-je encore ?

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J’ai tout à fait conscience que cet article pue la philosophie de comptoir, c’est même un peu le but mais je crois qu’il y a quelque chose à creuser par là, quelque chose à comprendre… Si un français sur deux ne s’est pas déplacé ces deux derniers week-ends, c’est qu’il doit y avoir une explication. Si la gauche emporte les élections sans électeurs, c’est qu’il doit y avoir une raison. Et comme je ne suis plus de cours de sociologie politique (c’était super intéressant même si le prof n’était pas des plus sympas. Il était gris… Pour de vrai la première fois que je l’ai vu, j’ai eu l’impression d’avoir un problème de vue, que j’avais perdu les couleurs mais non, il est juste gris), je me fais mes petites théories.Ca occupe.

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Demain, je repars sur des sujets plus légers, en ce moment, je réfléchis n’importe comment. D’ailleurs, faudra que je vous explique qu’en ce moment, j’ai la sensation que je me stupidifie. Et pas juste parce que je me passionne pour Hélène et les garçons et le traitement hallucinant de nombreux sujets comme l’infidélité ou la drogue (j’ai des fois envie de créer un blog consacré à l’univers AB mais y a déjà les sitcomologues qui le font très bien).

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Cécilia et Nicolas Sarkozy divorcent !

Jeudi, une nouvelle tout à fait croyable est tombée : notre Président divorce de la première dame de France, celle qui a libéré les infirmières bulgares. J’avoue que je trouve cette nouvelle fascinante. Pas parce que c’est Cécilia et Nicolas, ça, je dois avouer que je m’en fous. Non, ce qui me fascine, c’est tout ce que ça représente derrière : oh my, on va avoir un homme divorcé comme Président et même que ses copines vont se retrouver premières dames de France. Tiens, j’ai rêvé que je faisais des cochonneries avec lui (véridique, c’te honte mais ça en
restait à des bisous dans le cou), je vais postuler du coup. Si je me démerde bien, j’aurai mon mot à dire dans la politique internationale du pays et le choix des collaborateurs, la classe !

Bon, allez, je redeviens sérieuse, je veux pas me taper Nicolas Sarkozy en vrai, je le trouve pas sex. Surtout qu’il a quasi l’âge de ma mère. Bon, bref, revenons à nos (futurs) divorcés. Déjà, un divorce 4 mois à peine après l’élection, je sais pas vous mais moi, ça me paraît un peu gros. Genre ils se sont réconciliés pour la campagne parce qu’un candidat célibataire, ça le fait pas. Ségolène a fait pareil de l’autre côté. Hé ouais on a beau se la jouer libéral « la vie privée des candidats ne nous regarde pas », si les 2 plus gros candidats ont masqué leurs problèmes de couple, ce n’est quand même pas un hasard. D’ailleurs, si on y regarde de plus près, ça fait quelques campagnes que les candidats nous offrent de belles photos avec femme et enfants, tout le monde sourit, tout le monde est heureux. J’avais d’ailleurs lu une chronique sur le sujet dans Métro quand on avait appris que François Hollande et Ségolène Royal s’étaient séparés : un candidat célibataire, ça le fait pas. Parce que, oui, vous m’objecterez très justement que Sarkozy a déjà divorcé, Cécilia étant sa deuxième femme, mais il était officiellement en couple lors de la campagne.

Maintenant, nous voici avec un Président célibataire. Même pas veuf, séparé. Bon, je ne m’étendrai pas sur la question du divorce car le Président ne peut avoir à faire à la justice. Je suppose que le conseil constitutionnel va arranger ça et encore, uniquement s’il n’y a pas divorce à l’amiable et je vois pas Sarkozy refuser le divorce maintenant. Mais là, c’est quand même une révolution sociale. Bon, vu qu’il est déjà élu, il est tranquille pour les 4 années et demies prochaines. Mais justement, que va-t-il se passer pendant ces 4 années et
quelques ? Même si un Président est très occupé (surtout Sarko, à Marseille le midi, Lille l’après-midi et le soir à Moscou ou Londres, en passant à Paris pour faire un bisou au petit Louis), j’ai du mal à croire qu’il va mener une vie monacale le père Sarko. Il paraît qu’il est assez séducteur, comme la plupart de nos Présidents mais dans les faits, j’en sais rien. Je le connais pas personnellement, c’est pas parce qu’il furète dans mon cou dans un de mes rêves que c’est forcément un chaud lapin. Mais bon, il n’en reste pas moins que lors de la dernière séparation entre Cécilia et lui, il n’a pas traîné pour lui trouver une remplaçante. Avec toutes les femmes dans ses sphères, entre les journalistes, conseillères, collaboratrices, femmes de ménage, tout ça, tout ça, ça nous en fait des compagnes potentielles. Or quand on voit l’influence qu’a eu Cécilia sur le choix des collaborateurs, si la prochaine madame a la même influence, ben, ça va valser à l’Elysée.

Bref, je trouve cette histoire de divorce sociologiquement très intéressante. Sarkozy a fait ce que ses prédécesseurs n’ont pas osé (enfin, apparemment, c’est Cécilia, peu importe). Quand on sait à quoi ressemblait le couple Mitterrand ou Chirac à la fin de leurs mandats, on peut se demander pourquoi ils sont restés ensemble. Par habitude ? Autre temps, autres mœurs, Sakorzy n’est pas de la même génération, ceci explique sans doute cela. Mais que notre Président subisse également les affres du divorce comme un couple français sur 3, ça montre à quel point ce comportement est devenu aujourd’hui courant. Bien sûr, je pense que dans certaines franges très traditionnalistes de son électorat, ça va faire grincer pas mal de dents. Déjà, un divorce, bof, mais deux, ouhlala ! Mais à la limite, je préfère ça à un couple qui sourit par devant et qui ne se fréquente même pas par derrière (non, il n’y a aucun sous-entendu dans
cette phrase, nan mais !). Bon certains vont être tentés de me la jouer « ouais mais comme par hasard, ils annoncent ça le jour de la grève pour noyer le poisson, tu trouves pas ça un peu gros ? ». Je dirais que je m’en fous. C’est juste pas le sujet. Moi, je m’attache juste à cette évolution de la société, me demandant si, à l’arrivée, ça changera quelque chose ou pas.

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