Je ne sais pas écrire d’histoires d’amour

J’avais pensé commencer à écrire cet article en vous expliquant que je n’aimais pas tellement les histoires d’amour. J’insiste sur le mot “histoire”, c’est pas l’amour qui me gêne dans cette histoire. Mais dans toute romance, vous savez déjà comment ça va finir : ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Mais quel ennui ! Mais en fait, en y pensant deux secondes, je mens : j’adore les histoires d’amour.

A christmas prince sur Netflix

Je vous parlais des podcasts Transferts la semaine dernière où, parmi les différentes histoires de vie, se nichent quelques récits de rencontre amoureuse, histoires heureuses ou malheureuses. Et ce sont mes préférés. De la même façon, je suis avide des jolies histoires des gens de mon entourage, je rêvasse un peu sur cette magie du moment où tout bascule, ce premier baiser qui fait passer la relation dans une nouvelle dimension… Mais curieusement, je déteste les romances fictionnelles. Les comédies romantiques me font soupirer, je n’ai jamais réussi à fini After (en même temps, c’est pas une histoire d’amour, c’est l’histoire d’une pauvre fille tombée entre le griffes d’un pervers narcissique et j’espère qu’à la fin, elle le largue et se rend compte qu’elle mérite mieux que ça), j’ai hésité à me motiver à lire des Twilight ou Fifty shades of grey (tiens, en anglais, ça aurait été une idée) qui me paraissent être des modèles du genre mais…l’ennui. J’ai lu le premier tome de Gilles Legardinier avec une histoire d’amour sans intérêt, plein de chick litt avec des filles maladroites et la conquête du prince, j’ai même un jour débuté la lecture d’un bouquin de collection Harlequin (emprunté dans la bibliothèque du bateau de croisière, là). J’ai dû lâcher au bout de trois pages. Idem sur les Marc Lévy et Guillaume Musso : l’ennui, l’ennui, l’ennui.

Lire dans le jardin

Et en conséquence, je n’arrive pas à écrire une histoire d’amour qui soit au coeur du récit. Des histoires d’amour, j’en ai toujours un peu truffé mes récits, d’aussi loin que je me souvienne. Dans Technopolis, il y avait la romance entre Oceany et Ethan (et qui pourrait disparaître dans Technopolis reload sur lequel je travaille actuellement, déjà 46 pages et pas l’ombre d’un Ethan pour le moment…), certes. Dans d’autres, il y a toujours de la romance mais ce n’est pas le coeur, jamais, du récit. Dans le roman de Maja (un jour, je le relirai pour réécrire une ultime fois, promis), Maja a certes des romances mais la vraie histoire, c’est la lutte contre le nucléaire et le questionnement sur les formes de lutte… Parce qu’en fait, les histoires d’amour seules me paraissent ennuyeuses au possible.

Ted et Stella, une des pires histoires d'amour

En fait, quand je décide de tenter le coup (je le fais de temps en temps notamment via le projet Audrey que je relance une fois tous les 36 du mois, un peu), je me lasse vite. En fait, j’ai parfois des scènes romantiques (au sens romance du terme) qui me viennent en tête… notamment à la suite de quelques rêve érotiques qui m’émoustillent. Je me dis “ah mais oui, belle histoire !”, je commence à écrire… Et au bout de cinq pages, j’en ai déjà marre. Parce que je n’ai aucune chair pour enrober la colonne vertébrale de mon récit. Il faut du drama pour raconter une histoire d’amour et je vomis ce modèle. Parce que toute production de romance t’explique que l’amour se mérite, qu’il faut se battre… du coup, quand tu rencontres quelqu’un avec qui ça se passe bien, si y a pas de drama, de tension… ben c’est que ce n’est pas la “passion” donc ça n’est pas le vrai amour.

Coeur blessé par un couteau

En vérité, je crois qu’écrire des histoires d’amour ne devrait être qu’un exercice limité à des nouvelles, juste pour travailler la fameuse montée de la tension érotique, le premier baiser, pourquoi pas la première nuit pour les plumes audacieuses mais après… raconter un quotidien normal ennuie. Personne n’a envie de lire ce qu’il expérimente déjà, surtout si on ne cherche pas à se sortir de ce quotidien, justement…

Lire en couple sur le divan

Des nouvelles, oui. D’ailleurs, entre le moment où j’ai prévu d’écrire cet article et son écriture effective, j’ai lu un livre qui m’a un peu turlupinée précisément sur ce sujet. Je vous en parle dimanche.

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Des idées à développer

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un truc que j’adore : avoir une idée. Vous savez, ce petit embryon qui se développe dans votre tête, qui prend forme peu à peu et que vous
avez envie de coucher vite sur du papier pour ne pas l’oublier.

Moi, des idées, j’en ai tout le temps. Des très bonnes et des franchement à la con. J’ai des idées pour le boulot, pour de futurs romans ou nouvelles, pour réaménager mon appart,
pour les cadeaux de Noël (pour moi ou pour les autres), pour mon futur anniversaire (celle-là, elle déchire tout !), pour des articles du blog, pour mon one woman show qui n’existe pour l’heure que dans ma tête, pour trouver un mec… Ce qui ne veut pas dire que je les mets forcément en application. Surtout que certaines ne passent pas les cinq minutes de réflexion. Genre : « putain, j’ai une trop bonne idée… ah non, en fait, c’est pourri ». Par exemple joindre à mon CV une photo de moi à poil… Non, je déconne, j’ai jamais eu cette idée là ! Mais bon, des fois, mes idées se heurtent au réalisme et au bon sens. Par exemple, à une époque, j’avais eu l’idée de faire du roller pour aller plus vite dans mes déplacements, muscler mes gambettes et faire les rando rollers où y a que des beaux gosses. Mais la dernière fois que j’ai fait du roller, c’était en 91, j’en ai fait 5 minutes avant que mon fessier ne rencontre trop violemment le goudron du parking devant l’immeuble où nous vivions à l’époque et que mon coccyx me signale douloureusement qu’il n’apprécie pas du tout ce genre d’aventures. J’ai pleuré pendant deux heures. Le lendemain, on allait échanger ces foutus rollers contre des playmobils, moins dangereux. Et puis, je vis à Paris et déjà, rien qu’avec mes petons, j’ai du mal à me frayer un passage dans la foule. Avec des rollers, c’est carrément suicidaire. Donc on abandonne l’idée.

 

Il y a quelques mois, je suis allée boire un verre avec le scénariste de Modo pour qu’on voit un peu ce qu’on pouvait faire. A un moment, je lui demande de me faire l’histoire de Mitchoum Prod afin que je l’intègre dans mon dossier de presse. Là, il me raconte un peu comment il a eu les idées de ses scénarii, genre « je prenais ma douche un matin quand tout à coup, j’ai eu l’idée ! ». J’avoue que cette conversation m’a un peu exaltée parce que ça m’a rappelé mon propre processus créatif. Moi aussi, l’eau chaude et la vapeur d’eau, ça me stimule. C’est dingue comme sous la douche, j’ai des idées. Parfois, j’ai une idée qui arrive, je commence à la développer et je l’abandonne, je la mets dans un coin de la tête. Puis quelque temps plus tard, j’en récupère des bouts pour les intégrer ailleurs. Par exemple Technopolis, au départ, je voulais en faire une espèce de série policière du futur, l’héroïne s’appelait Heidi, on trouvait la même ville futuriste avec le maire et tout mais y avait une histoire de clone en plus que j’ai virée. J’ai récupéré le décor, le principe politique, la guerre bactériologique… Je stoque tout dans ma petite tête et quand je trouve un fil conducteur pour une histoire qui me plaît et je récupère un peu les idées que j’ai de côté pour voir si je peux en faire quelque chose. En gros, mes romans sont des espèces de patchworks d’idées.

 

De la même façon, dans la vie, des fois, j’ai des idées. Genre le truc qui m’arrive comme ça, bam ! et qui m’enthousiaste totalement. Le pire, c’est que j’ai souvent ces idées
soit dans le métro, soit dans mon lit quand c’est l’heure de dormir, soit sous la douche… soit à des moments où je peux pas m’y atteler de suite. Mais c’est toujours exaltant, ces idées ! Ca obnubile un peu, ça motive, tout ça, tout ça. D’ailleurs, en ce moment, ma machine à idées est hyper (trop) productive. Bon, bien sûr, pas mal d’entre elles ne durent pas cinq minutes, tant elles sont irréalisables. Le pire étant les idées au réveil. Genre je fais un rêve, je me réveille et là : « waaaaaaaaaah, mon rêve, c’est une super idée de roman… ». Puis au bout d’une demi heure, quand mon cerveau est remis à l’endroit, je me rends compte que l’idée est profondément débile. Mais ça m’aura mise de bonne humeur dès le réveil, ce qui est plutôt un exploit.

 
Bon, je vous laisse, j’ai une idée à exploiter, là !
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Théâtre de rue

J’ai eu une fin de semaine démentielle, donc j’ai beaucoup pris le métro. Je me suis tapée 16 stations de RER (bon, ok, à un moment, je suis partie dans le mauvais sens), 37 stations de métro et deux trajets en train. J’ai effectué 8 changements. Je portais un string passionata. Bon sang, je te cache rien, lecteur !

 

Donc dans le métro, des fois (souvent), je lis et des fois j’observe. En fait, aujourd’hui, j’aai accumulé de la matière pour un futur article en observant les couples dans le métro et cherchant à en tirer des réflexions à peu près intelligentes mais là, je ne les partagerai pas pour le moment, ça viendra quand je pondrai l’article sur le sujet (suspense !).

Lors de mon dernier changement, alors que j’avais 10 minutes d’attente à la gare et aucune envie de lire (pas assez concentrée, un peu totalement morte), je rêvasse. Soudain, arrive une nana blonde et un bébé qui s’assoient à côté de moi, le bébé sur les genoux. Un mec s’approche et babille un peu avec le bébé, je les regarde d’un coin de l’œil : couple normal, ils ont l’air jeunes, surtout elle. Je fais pas trop gaffe quand je repère une brune qui ressemble à Clara, un peu, et qui regarde la scène un peu à l’écart. Et là, le monsieur du couple quitte la maman et va embrasser la brune. Hein ?? Quoi ?? Il rapatrie la demoiselle devant la maman et son bébé et j’en tire des conclusions : ce ne doit pas être le papa mais l’oncle, un truc comme ça. La maman et le monsieur continuent de parler, Maman parle du manteau du petit et gâtouille, je comprends que la brune est étrangère vu que le mec lui parle en anglais (mais alors quel esprit de déduction !) mais à un moment, les deux Français montrent un train au bébé « oh, le train, le train ! » et là, Brunette sort un truc genre « Okakyo ! ». (c’est du phonétique). Bon, ça fait un peu japonais mais elle n’est pas asiatique. La blonde appelle quelqu’un pour lui annoncer qu’elle rentre car tout le monde est fatigué, surtout le petit, je me dis que c’est le papa, le mec et la brune se papouillent devant nous. Puis le mec se repenche vers le bébé et fait « viens voir papa ! ».
Quoi ?? Finalement, le petit trio finit par s’éloigner, la blonde portant toujours le petit, le mec au milieu et la brune qui le tient.

 

Bon, petit bilan : le mec est le père du bébé, sûr, la brune n’était pas sa mère ou avait un instinct maternel pire que le mien. A l’inverse de la blonde : je la trouvais drôlement préoccupé par le petit si elle n’en est pas sa mère. J’ai trouvé ce double couple fascinant. D’un côté le mec et la brune, de l’autre le mec et la blonde, les deux filles ne se sont pas parlé mais il ne semblait pas y avoir d’hostilité entre elle mais on avait limite l’impression que quand il était avec l’une, l’autre aurait pu être une simple passante,ça aurait été pareil. Et
puis, ça me paraît bizarre de papouiller une nana comme ça face à son ex. Perso, je présenterais mon mec (si j’en avais un) à Guillaume 1er, je me tiendrais, je trouve que c’est une question de pudeur. De toute façon, dans la rue, on se tient, un peu, non mais !

Bref, je racontais tout ça à Marine sur le net hier soir, elle m’a effacée de MSN depuis et m’a demandé de ne plus jamais l’appeler. Non, je déconne, of course. Donc je lui racontais ça, parce que j’ai trouvé cette petite histoire intrigante. D’ailleurs, ça m’a bien occupée en attendant le train mais ils sont partis à l’autre bout du quai, après, j’ai raté la fin. Donc pendant que je lui racontais ça, je disais « putain, la rue, c’est mieux que la télé ».

Combien de gens croise-t-on par jour ? A Paris, c’est même pas chiffrable à mon avis. Parfois, un individus ou deux se détachent de la foule par leur comportement. Leurs histoires rentrent dans notre champ tout à coup. Pendant quelques instants, on a conscience d’eux et de leur vie. On ne sait pas ce qui s’est passé avant, on ne sait ce qu’il se passera après, on laisse notre imagination combler les trous. Comment en sont-ils arrivés là ?

Sans doute que c’est mal poli d’écouter les gens comme ça, de les observer l’air de rien. Sauf que moi, j’adore. Surtout qu’avec mon imagination débordante, ces vies sans doute ordinaires deviennent dingues ! Si j’écrivais une nouvelle sur tous ces fragments de vie captés dans mes filets, je pourrai écrire un livre épais comme un annuaire. Car finalement, on peut tout imaginer mais souvent, la réalité est plus fascinante que la fiction.

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