C’est quoi un bon roman ?

Depuis quelques semaines (enfin une puis j’étais en vacances), je vous parle d’un roman horrible mais si on peut tous définir un mauvais roman (le truc qui nous tombe des mains, qu’on oublie sur un coin de la table de nuit en privilégiant une bonne partie de candy crush plutôt qu’une séance lecture). Du coup, un bon roman, c’est quoi ?

Lire avant de dormir

Je vais passer sur les qualités littéraires de l’oeuvre. Je ne suis pas éditrice et je considère le style comme du sel : ça rajoute du goût au plat mais si c’est dégueu à la base, ça ne sauvera pas le tout. L’appréciation est toute personnelle et nous ne sommes pas sensibles aux mêmes choses donc je vais vous parler de ce qui, moi, me fait dire que ce roman, là, il est vraiment au-dessus de tout

Lire allongé

Je ne le lâche pas

Ca paraît évident mais il va quand même falloir un peu nuancer le propos. Il y a des romans que je dévore parce que je suis totalement prise dans l’intrigue, chaque milliseconde de libre dans mon emploi du temps va être consacré à dévorer ce roman. Il m’arrivait, quand j’étais plus jeune et surtout plus célibataire, de passer des nuits blanches sur un roman et j’adorais ça. Aujourd’hui, j’ai un peu moins de temps pour la lecture, essentiellement parce que je bosse huit bonnes heures par jour et que j’essaie d’écrire un peu aussi mais j’adore ces romans dans lesquels je me réfugie avec plaisir, que je trimballe partout en espérant pouvoir voler cinq minutes à ma vie pour grignoter une page ou deux. Oui, un bon roman me rend boulimique… Mais parfois un roman moyen voire pas terrible aussi. Pour filer la métaphore culinaire, parfois, on a faim pour un bon boeuf bourguignon et des fois, on a la dalle et on s’avale des cacahuètes ou un kinder Maxi. C’est pas délicieux mais ça remplit. Et puis surtout, il m’arrive de dévorer un roman moyen voire pas terrible juste pour voir si j’avais raison. Je déteste ne pas finir un bouquin parce que j’ai besoin d’avoir la fin qui peut, parfois, sauver les meubles ou, au contraire, finir de clouer le cercueil. Le pire étant quand la fin ne me surprend pas, quand j’ai deviné qui était le coupable ou comment ça allait se terminer, démontant les rebondissements avant qu’ils n’arrivent. Parfois, je ne le fais pas exprès comme dans le dernier Camilla Läckberg, Le dompteur de lions, où j’avais deviné quasi tout mais sur le dernier plot twist, alors qu’il me restait encore quelques pages, je me disais “ah ben moi, j’aurais fait plus comme ça, ça aurait été un vrai retournement et… ah bah c’est ça en fait.” Idem pour Disparue de Lisa Gardner où j’ai cru avoir deviné, je me suis ensuite dit “ah je me suis peut-être trompée mais du coup, ça me donne une bonne idée… Ah ben si, j’avais raison en fait”. Donc le fait que je le dévore n’est pas un indice infaillible donc quoi d’autre ?

Qui est le coupable

L’envie d’écrire

Ca, c’est déjà un meilleur indice mais ce n’est pas non plus absolu. Quand je lis un roman (ou vois une fiction, ça marche aussi) qui me touche d’une façon ou d’une autre, ça me donne une violente envie d’écrire. Une histoire dans le même univers, m’en inspirer, faire ma propre version. Par exemple, en ce moment, je lis Dracula de Bram Stoker et je me rends compte que ça me stimule pour écrire. Pas un roman de vampire, c’est pas un sujet qui me branche, mais ce côté journaux intimes et lettres pour tisser un récit, oui, j’aime bien. Pareil pour la série the Handmaid’s tale qui m’inspire un peu sur le côté dystopique, quelques épisodes de Black Mirror… même quand une série me déçoit, genre Lost, j’ai envie de prendre le sujet pour en faire ma version.

Lost : le casting

L’obsession

Et c’est là, je crois, qu’on touche au sublime : la trace que me laisse un roman. Vous savez, quand vous lisez un roman génial et que vous êtes partagés entre la hâte de terminer pour connaître la fin et la tristesse de le laisser sortir de votre vie. Bien sûr, on peut relire mais il n’y aura pas le plaisir de la découverte et, pour ma part, je ne relis quasi jamais un roman, essentiellement parce qu’il y a beaucoup trop d’ouvrages à lire pour ne pas enchaîner. Je respecte ceux qui relisent, bien entendu, c’est pas un débat. Mais parfois, il y a un livre qui laisse son empreinte, je le finis et… j’ai un peu de mal à enchaîner directement. Besoin de digérer, de réfléchir un peu, d’imaginer comment j’écrirais une histoire qui ressemblerait à ça… Parfois, je n’ai pas conscience de suite que je suis marquée. C’est comme Fahrenheit 451, je l’avais trouvé bizarre quand je l’avais lue ado (parce que j’avais pas tous les outils intellectuels, je ne connaissais même pas le nom “dystopie”) mais il a laissé une énorme trace dans mon imaginaire, il est plus ou moins celui qui m’a inspiré une partie de Technopolis (ça et une partie de Batman forever, l’esthétique de Gotham telle que je m’en souvenais car j’ai un jour revu le film et c’était absolument laid).

Gotham cit version Schumacher

J’aime bien l’idée des statues géantes, voilà

Du coup, c’est peut-être ça, la réussite d’un roman : devenir suffisamment viscéral pour ne pas s’arrêter à la dernière page.

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Courrier des cœurs : réponse à Angel

Cette semaine, Ange nous a posé la question suivante : « Peut-on oublier son vrai grand Amour ? Voilà, il y a déjà 10 ans, je suis sorti avec une fille que l’on nommera M. Nous étions au lycée, le temps des amourettes comme on dit, mais pas pour nous. Des sentiments très forts existaient, pourtant nous n’avons pas couché ensemble. La relation en elle-même n’a pas duré exceptionnellement longtemps, deux fois deux mois avec entre les deux un an de séparation. Nous sommes restés en contact les années suivantes, jusqu’à ce qu’elle coupe les ponts il y a 5 ans environ => silence radio total.

Malgré de multiples tentatives de ma part, elle n’a jamais répondu à mes courriers et mes souhaits de nous retrouver…

Il y a environ 4 ans, après de nombreuses années de souffrances, je me suis mis un coup de pied au cul comme on dit, et j’avais accepté la situation, le fait que je l’avais perdu, qu’il fallait que je me fasse une raison. Et j’ai pu enfin avancer dans ma vie sentimentale, qui n’était jusque là qu’une recherche perpétuelle d’une clone de M. Les filles avec qui je suis sorti présentait une part de M, un trait de caractère etc.

Depuis, j’ai même réussi à aimer de nouveau « un nouvel grand amour », ça fait quatre et demi que nous sommes ensemble. Nous allons même avoir un tit bout de chou bientôt.

Nos sentiments sont forts, et notre couple solide. Dans ma tête, tout était clair, elle avait réussi à effacer M de ma mémoire.

Il y a un an environ, j’avais retrouvé la trace de M, j’avais même écris une lettre pour tenter de renouer le contact, mais je n’ai jamais trouver le courage pour l’envoyer. Et puis, je me suis décidé il y a quelques mois. A ma grande surprise, cette fois-ci, elle a accepté de me répondre. Nous avons donc renoué contact, après tant d’années de silence. Quelques mails au début, puis j’ai proposé de nous revoir il y a deux jours. Elle a accepté.

Nos retrouvailles étaient géniales, notre complicité toujours intacte, et elle, toujours aussi jolie. Je ne devais rester qu’une heure, nous avions du mal à nous quitter après deux heures de discussion à se raconter nos vies durant ces années de silence. Je lui ai annoncé que j’attendais un enfant. Elle, ça fait 3 ans qu’elle est avec son copain.

Tout serait beau si je n’avais pas cette sensation étrange d’avoir louper quelque chose, à un moment, j’ai dit que « nous nous sommes connus trop tôt, c’est dommage, ça aurait pu être magnifique » et elle a acquiescé, me confortant dans ma réflexion. Comme si notre Amour aurait pu être splendide si nous nous étions connu quelques années plus tard…

Depuis, tout un tas de questions trottent dans ma tête… Ai je vraiment louper le coche ? Existe-il une possibilité pour qu’on se remet
ensemble ? Avec un bébé en route, puis je vraiment abandonner mes responsabilité et quitter ma copine ? En serais-je capable ?

Dans quel cas serais-je le plus heureux ? celui d’être père mais toujours avec cette idée d’avoir louper le véritable grand Amour ou celui de vivre le grand Amour en brisant un couple plutôt solide ?

 A l’aide… »


La cellule love and sex s’est penché sur ce cas épineux, voici ce que nous en avons pensé :

Bobby :  Question difficile et délicate, et comme je suis tout jeune et pas assez expérimenté, je me garderai bien de te donner une
opinion (il y a dix ans, j’ignorais ce qu’était une érection). Toutefois, dans ce genre de situation « remords » VS « regrets », je préfère penser que ce est arrivé devait arriver ainsi. Bon, je suis pas en train de dire « c’est le destin », parce qu’on va me rire au nez.  Imaginons donc que la vie suit un chemin rectiligne. Parfois, on est face à deux voies différentes. On se dit donc qu’on a le choix, et que c’est notre liberté humaine qui nous permets de sélectionner un des deux embranchements. Et pourtant, sur la ligne du temps, on ne choisit qu’un seul des deux chemins ; quand on regarde l’ensemble de notre vie, on n’a donc pas vraiment le choix. Le VRAI choix, la vraie liberté, ça serait de pouvoir tester les deux chemins et de revenir dans le temps pour emprunter le meilleur en connaissance de cause. Bref, tout ça pour dire que je ne crois pas aux « j’ai raté le coche ». Tu as suivi TA ligne, TA voie. (désolé pour cette digression pseudo philosophique, mais une fois j’ai entendu un monsieur que j’estime beaucoup dire qu’il avait l’impression d’avoir manqué plein de coches dans sa vie, et qu’il espérait avoir une deuxième vie pour tout refaire mieux, parce qu’il trouvait la première gachée. Non, je suis pas d’accord. On a qu’une seule vie, du moins à ce qu’on en sait, et ta vie, jusqu’à maintenant, ça m’a l’air pas si mal, avec une copine et un bébé en route) Pour la suite, je n’en sais rien, je laisse mes camarades t’aiguiller selon leur bon sens. Pour le passé, par pitié, n’ait jamais de regrets. C’est inutile, et ça gâche la vie.

Jane : Tu te poses des questions, tu t’interroges… Et si… Mais le fait est que pendant toutes ces années où tu as tenté de garder le contact, elle n’a jamais répondu. Recommencer pour faire différemment? Je ne vois pas comment… Après 2 heures passées avec ton ex, il est normal d’avoir de la nostalgie, de se rappeler du bon vieux temps, de la passion d’un amour de jeunesse, de se demander en souriant « et si… » Mais le fait est que ta vie, c’est sans elle que tu l’as fait, ce que tu appelles le grand amour, est-ce ton amour de jeunesse qui te sourit en disant que ça aurait pu être bien, ou est-ce une relation de plus de 4 ans, une relation que tu dis toi-même stable et solide, avec bientôt un enfant?

Tatiana : Je pense que c’est normal que tu te poses des questions. Je suppose que cette fille c’est ton 1er amour ? C’est donc normal que tu ne l’ais pas oubliée. Mais sache que tu ne pourras jamais avoir la même chose avec elle qu’à l’époque où tu sortais avec. Vous avez du beaucoup changer tous les deux et c’est impossible de faire revivre le passé. Alors oui vous avez toujours cette complicité mais je pense qu’elle est surtout due à des souvenirs communs et la nostalgie d’une époque heureuse. Aujourd’hui tu as enfin trouvé
quelqu’un qui te fait ressentir des choses aussi fortes que ce que tu as vécu avec cette fille donc ne va pas tout gâcher pour un truc qui si ça se trouve n’en vaut pas la peine. Tu as fantasmer cette fille pendant des années mais si ça se trouve au bout de 2 mois avec elle tu t’apercevrais que vous n’avez plus rien en commun. Et puis tu as construit quelque chose avec ta copine, quelque chose basé sur l’avenir et non sur un passé. Donc réfléchis bien avant de faire une belle connerie.

Summer : Si ça avait été le grand amour vous seriez encore ensemble et la question ne se poserait pas selon moi. Mais comme j’en ai déjà parlé avec Nina, je pense de plus en plus que l’âme sœur n’existe pas, qu’on peut aimer de façon bien différente plusieurs personnes.  Je comprends qu’elle est compté pour toi, et je suis persuadée que tu as fantasmé ta vie avec elle, parce que oui, c’est du fantasme, tout ça, ça n’est pas la réalité. Le truc qui me fait un pincement au cœur, c’est que ce fantasme passerait manifestement avant ta relation avec ta copine actuelle, relation longue et manifestement sérieuse. Alors à partir de là je me demande si quelque part tout ça, ce n’est pas finalement une peur de t’ engager pour de bon? Sans aucun jugement, je pense que M n’est qu’un prétexte et que tu sais que ce ne sera jamais pareil. Mais si tu tentes parce que tu veux t’en persuader pour de bon une fois pour toute, quelque chose que finalement tu sais déjà, mesure bien que tu risques de perdre beaucoup, trop même, je pense qu’il y a des choses qu’il ne vaut mieux jamais savoir, je pense également que ça préservera la magie de ton histoire avec M et je pense également qu’avoir un bébé c’est la plus belle chose qui soit même si ça fait foutrement peur.

Diane : Arfff làlà….le « grand amour »….

Pour te dire le fond de ma pensée, je pense que cette fille n’est pas ton « grand amour » mais ton grand fantasme. Comme tu l’as dit toi même, vous n’avez été que peu de temps ensemble, et le reste du temps n’a été alimenté que par l’idée que tu te faisais d’elle. Comme dirait mon pote Henri, tu as graaaave cristallisé mon cher! A chaque fois que la réalité te décevait, tu appelais ton fantasme préféré au rapport, et te persuadais petit à petit que mon dieu damned bullshit tu as peut -être raté l’eden, le bonheur, le nirvana total. Et aujourd’hui, pouf, tu es dans une situation sacrément « sérieuse », une situation qui, disons le, ne laisse pas forcément bcp la place au fantasme, et du coup de peur te voir échapper tes petits rêves de prince charmant, tu es allé cherché le fantasme là où il était, cad dans l’image que tu t »étais petit à petit formé de ta copine de lycée. Et elle, cette fois ci elle a répondu, parce que j’imagine qu’elle aussi elle doit être en manque de fantasme. (après 4 ans de relation, on perd un peu le côté passionnel du début, et il y a pas mal de gens qui ne le
supportent pas). N’oublions pas qu’elle t’a ignoré pendant moultes années avant, parce qu’elle avait son quota de rêves à ce moment là.

Donc oui, je comprends que ça soit agréable de rêver un peu, que la réalité puisse être effrayante, mais il semble que tu aies envie de t’engager dans une voie carrément dangereuse, et qui n’en vaut pas le coup. (si tu réalises ton fantasme, il n’en est plus un, et du coup il perd tout son intérêt) Sans oublier que il serait tout de même un tantinet connard et égoiste de laisser tomber ta compagne et ton enfant même pas encore né pour un fantasme de midinette… enfin moi jdis ça hein…

Lucas : Je dois dire que ce genre de situation me laisse pensif. Admettons que tu abandonnes ta compagne. As tu pensé au fait que depuis toutes ces années tu as peut-être sublimé M., sublimé cette relation somme toute fugace (deux fois deux mois). Avec ta compagne, vous avez crée un couple, une complicité, une cohérence et maintenant tu as en plus une responsabilité de père. Le fait de tout casser va t’inciter à chercher des réponses, un idéal chez l’autre et peut-être te rendre compte qu’au delà des instants magiques deci-de là, le quotidien n’est pas aussi merveilleux. En outre, tes histoires n’ont jamais abouti à une vie de couple… Je te rappelle qu’un couple c’est moins une idylle qu’un compromis de tous les jours ou chacun supporte les dafauts de l’autre en se disant qu’il y pire et que les qualités compensent.
Ouep, trop glamour.
Maintenant tu peux très bien (MODE gros salaud ON) raconter tout ça à M, lui mettre sur la table tout ton ressenti, voire lui écrire une lettre pour tout déballer (sans mettre de mots « amour fou » mais simplement les sensations qui te traversent, plus ou moins faciles à definir) et avoir une relation parallele pendant un mois, un an, une vie. Peut-être avez vous besoin de ça tous les deux pour vous rendre compte qu’en fin de compte…
Ca me rappelle la scene de 4 mariages et un enterrement avec Hugh Grant à l’église et son frère muet qui interrompt la ceremonie au moment où Hugh va dire oui pour lui rappeller que la femme qu’il aime c’est pas la pouffe à coté de lui mais Andy Mc Dowell…

Nina : Alors, déjà, je ne comprends pas cette volonté de reprendre encore contact. Tu as construit ta vie à côté, il est dommage de chercher à tout prix à fuir. Sauf que maintenant, tu as pas mal de responsabilités et partir maintenant serait la pire des choses, surtout en te basant sur des si. Honnêtement, si tu avais dû vivre quelque chose de merveilleux avec ton ex, ça se serait passé, vous êtes sortis deux fois ensemble et ça n’a pas duré, je pense que les choses sont donc claires. En 5 ans, vous avez changé tous les deux, rien n’indique que vous avez encore des choses en commun, vous êtes devenus des étrangers l’un pour l’autre. Ce que tu ressens est, à mon avis, plus de la nostalgie que de l’amour. Et je pense que tu devrais te recentrer sur ta copine actuelle qui vit une période importante de sa vie et qui a besoin de ton soutien.

Si tu as, toi aussi, une question love and sex, il est temps de te manifester par comm, mail ou facebook, même, si tu veux. N’hésite plus !

 

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La famille, y a que ça de vrai

Cette semaine, je suis chez mes parents et ce jusqu’au 26 juillet. Pas vraiment des vacances puisque je dois bosser mais je suis quand même à la campagne avec Kenya, je peux faire des pauses piscine, tout va bien. Si je suis rentrée pour le 15 juillet, c’est pas pour voir le feu d’artifice en direct de ma ville natale (je suis même pas allée le voir) mais pour assister à la grande réunion de famille qui eut lieu chez moi samedi. Voici donc une petite chronique de la vie de la famille Parmentier (côté maternel, donc).

guepard 

Ils étaient presque tous là. Mes trois tantes, quatre cousins-cousines, quatre compagnons, une sœur et un presque frère. En tout, nous voilà dix-sept. Qu’allons-nous fêter ? Officiellement, la retraite de tante n°1 qui après trente ans de bons et loyaux services au sein de l’Education Nationale prend une retraite anticipée mais méritée. En fait, pour l’occasion, ses trois enfants (cousine, cousin 1 et cousin 2) ainsi que la chérie de cousin 2 lui ont fait un cadeau. Mais on fête aussi les 18 ans de cousin 3 et son bac, par la même occasion, sans parler des fêtes de tante 2 (et tante 3, décédée) et l’anniversaire prochain de tante 4. On aime bien cumuler. En fait, il ne manquait que cousine 2 et ses trois gamins (dont un que j’ai jamais vu) et cousin 4 et sa copine enceinte jusqu’aux yeux. Mais nous sommes plutôt en froid avec cette partie de la famille, ils n’ont même pas été conviés.

Tout le monde arrive vers 19h, tout est prêt : les tables dressées, la bouffe fraîche (oui, il fait 35e degré ici donc pour la raclette, on repassera. Oncle 1 commence à m’entreprendre et on refait le monde, comme à notre habitude. Il faut savoir que dans la famille, ils sont tous à droite sauf oncle 1, donc, cousin 3 et tante 2, je suppose. Tante 4 était à gauche aussi avant mais il paraît qu’elle ne l’est plus. Ma mère m’a expliqué que tante 4 avait voté Le Pen en 2002, j’avoue que je me suis prise une sacrée claque, j’ai du mal à y croire. Je me souviens, il y a quelques années, tante 4 était partie de chez moi en claquant la porte après une conversation très houleuse avec ma mère sur le sujet. Merde alors… Bon, bref. Lors du dernier repas de famille, nous avions découvert Aglaé, la chérie de cousin 2 (une Bretonne, c’est fou cette passion pour nos amis aux chapeaux ronds). Elle est toujours là, parfaitement intégrée à la famille tout comme Anthony, la tendre moitié de ma soeur et Yohann, mon presque frère. En son temps, Guillaume 1er avait aussi trouvé sa place. Bref, dans ma famille, on accueille gentiment les nouveaux arrivants. Cette année encore, il y en a eu un ! Pas le fiancée de cousine ou le mien, vu qu’on n’en a pas, ni le compagnon de cousin 1 puisqu’il viennent de se séparer, pas plus que le petit copain de cousin 3, ma grand-mère ne sachant pas que celui-là aussi est homo. Elle l’a un peu mal pris pour cousin 1 alors on va peut-être pas lui dire pour le petit dernier. Il faut savoir que cousin 3 est né en juillet 88, à peine deux mois après le décès inattendu de mon oncle, mari de tante 1. Donc, forcément, cousin 3, il a été extrêmement choyé, c’est un peu le chouchou de tout le monde. Si on dit à la mamie que cousin 3 est gay et qu’il s’installe à la rentrée avec son copain (oui, il est super précoce), ça va la tuer. Donc ce n’est pas du côté des cousins qu’il faut chercher le nouvel arrivant mais du côté des tantes : tante 2 nous a enfin présenté son compagnon ! Ça fait dix ans qu’ils sont ensembles mais elle nous l’avait jamais présenté car « ce n’était pas le bon ». Bon, finalement, elle a dû changer d’avis. Il est très sympathique, un look à la Bernard Lavilliers (cheveux un peu long, boucle d’oreille, chemise blanche en lin…).

 

Bon, tout le monde est là, on attaque l’apéro : soupe de champagne et cakes. Bon, il fait très chaud donc je tape un peu beaucoup dans la soupe au champagne, genre quatre coupes à moi toute seule, je commence à rire. On passe à table, oncle 1 tape l’incruste parmi les jeunes. Avant de dîner, on fait les discours. Ma mamie adresse un message à chacune de ses filles, sans oublier tante 3 qui n’est donc plus parmi nous depuis trois ans, maintenant. Sobre mais émouvant. Vient ensuite la lettre écrite par les enfants de tante 1 et par Aglaé, une lettre très émouvante qui fait pleurer ma mère. Alice et moi, on fait les fières mais on a un peu la boule dans la gorge aussi. Si c’est cousin 2 qui l’a lue, c’est que les trois autres n’en auraient pas été capables sans pleurer, Aglaé écrase aussi une petite larme. Oui, dans ma famille, on est super sensibles. Avec le discours, il y a un cadeau, donc : un voyage en Egypte. Tante 1 remercie et là, tante 2 lui dit : « Il faut que je te dise un truc. Pendant ton voyage, tu partageras ta cabine avec moi. » Et là, tante 1, 55 ans, prof de son état, se met à sauter partout et à trépigner comme une petite fille ivre de joie. Ma mère rajoute : « oui et tu devras nous supporter tous les deux » en parlant de mon père et elle. Re-trépignements de joie. Bref, c’est le bonheur. Ma grand-mère n’est pas super rassurée de voir trois de ses quatre filles restantes partir ensemble dans un pays arabe au vu de la conjoncture actuelle mais bon…

Bref, le dîner se passe plutôt bien, oncle 1 entreprend Yohann sur le sujet de la religion : les deux ont des avis fondamentalement opposés mais tout reste cordial. Alice et moi buvons tranquillement du rosé et du champagne. Autant vous dire qu’à la fin du repas, on rigole joyeusement. Tout le monde discute avec tout le monde puis à minuit, tout le monde file, reste la famille Bartoldi, Yohann et Anthony. Ma sœur décide que c’est l’heure de faire des photos donc elle y va gaiement. Elle nous impose une séance de photos : tous les 6 ensemble (ça dure trois plombes), ma mère, elle et moi, Yohann et Anthony, Yohann et elle, mon père, elle et moi… Elle nous prend en photo pendant qu’on fait la vaisselle. Oui parce que j’ai beau être saoule, j’essuie les assiettes avec Anthony et même pas j’en ai cassée une.

Bref, le lendemain, ma mère expliqua à ma mamie : « Ahlala, mes deux filles étaient pilos (ouais, ma mère parle djeuns, des fois), y en a une qui arrêtait pas de parler et l’autre qui n’arrêtait pas de prendre des photos. » Ben crois-le si tu veux, lecteur, mais ma mamie a deviné de suite laquelle avait fait quoi.
 
En somme, une petite réunion de famille comme il en existe tant, des gens liés par le sang (ou par alliance) qui se donnent des nouvelles, confrontent leur vision des choses, se racontent des blagues ou des anecdotes. Rien d’exceptionnel… Mais ça fait vraiment du bien.
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