Ecrire futile : le défi

Ce que je peux être sérieuse, des fois, dramatique à outrance… peut-être un peu trop prétentieuse, sans doute. C’est que l’écriture, c’est du sérieux, on n’écrit pas gratuitement… et on ne lit pas gratuitement non plus. Je veux dire, je n’ai qu’une soixante-dizaine d’années de lecture dans ma vie, je vais pas gâcher ce temps en me vautrant dans les romans à l’eau de rose, la chick lit et autres Harlequin like car ça m’apporte quoi en fait ? Réponse : du divertissement et c’est pas si mal en un sens. Et puisqu’on parle de lecture légère, si je tentais d’écrire futile ?

Ecriture à la plume, écrire futile

J’écris beaucoup. Depuis que je m’y suis remise, j’essaie de détourner chaque moment d’attente ou d’ennui en écriture. Une réunion qui ne sert à rien : j’écris. Dans les transports ? J’écris. Le soir sur mon canap’ ? J’écris… ou je regarde des gens faire des trucs chelous avec du slime, pardon. J’écris, j’écris. En un an, j’ai écrit 210 pages de romans divers et variés et je trouve ça peu par rapport à mes ambitions (j’avais prévu d’écrire une page par jour et par roman, j’en ai 4 en cours donc je devrais en être à 1460…) mais ça donne une idée du volume. Dans chacun de mes écrits, je veux dénoncer notre société et tout ce que j’en exècre. Tout ça pour garder ma prose dans un tiroir mais c’est un autre sujet.

Manuscrit Marcel Pagnol

Ceci est la belle écriture de Marcel Pagnol

Pourquoi être toujours si sérieuse ? Peut-être avant tout parce que j’écris ce que j’ai envie de lire avant tout. Enfin une partie de ce que j’aime lire (les dystopies pour l’essentiel) car j’aime tout autant les (bons) polars ou les “parcours de vie” légèrement historialisés (Elena Ferrante, Victoria Hislop ou même Elsa Morante) ou encore les “drames bourgeois” ou histoires de moeurs à la Moravia ou Nabokov (enfin, Lolita, pas Ada ou l’ardeur). Je suis certes en train d’écrire un polar mais un truc sans prétention mais les récits de vie ou drames bourgeois, j’y arrive pas. J’ai essayé, je dis pas, mais c’est l’ennui. Et les trucs futiles, dans lesquels je range essentiellement la chick lit ou les romances… j’en ai lu. Surtout de la chick lit et tout n’était pas à jeter (et je vous glisse la vidéo de Ginger sur le diable s’habille en Prada, y a un petit laïus sur la chick lit qui me fait un peu réfléchir, même si j’adhère pas à tout. Je reviendrai dessus). Parfait pour la plage, les vacances…

Chick lit

Et si j’essayais d’en écrire ? Il y a le projet Audrey, oui, je le ressors parfois des cartons, j’écris parfois une page de ci, de là… Et je ré abandonne. Je ne désespère pas de m’y coller sérieusement un jour pour en faire un blog à part entière qui reprendrait le concept initial des vingtenaires et peut-être que j’arriverais en faire quelque chose. Après tout, ça fait du bien d’écrire de la futilité aussi. Et y a un autre projet aussi, qui trotte de loin en loin dans ma tête, surtout quand je mate Dynasty : écrire un soap. J’en avais écrit un quand j’avais 17 ou 18 ans, je m’étais éclatée… Et si je relançais cette histoire pour en faire un blog ? Après tout, plus j’écris, plus j’affûte mon style, plus j’agrandis mes chances de pouvoir me constituer un petit pécule grâce à l’écriture (et diminuer mon temps de travail, je rêve tant d’un 3/5e).

Fallon dans Dynasty et Liam

On a souvent une vision un peu noble de la “littérature”, très méprisante, même. On s’est tous moqués des Guillaume Musso et co (moi la première, hein) sauf que je me dis qu’à choisir, je préfère encore qu’une personne lise Musso plutôt qu’elle ne lise pas du tout (la lecture est, de mon point de vue, la meilleure activité pré assoupissement… bon avec le sexe ou la masturbation mais c’est pas le sujet). Ou que la personne lise des romans toxiques de type After et autres romances adultes où on t’apprend qu’être victime d’un pervers narcissique ou équivalent, c’est ça l’amour. J’ai cette image de lectrice très intello jusqu’au coeur de ma famille où ma mère me dit régulièrement qu’elle n’a pas de lectures aussi évoluées que les miennes (alors que je lui pique l’essentiel de sa bibliothèque)… je crois qu’un jour, je me suis suppliciée sur le canapé familial avec Ulysse, ça doit venir de là.  Bref, il est peut-être temps de quitter ce côté intello de la littérature pour s’offrir quelques livres légers. Après tout, ça ne m’a pas nui la dernière fois avec Gavalda. Et il est temps que je me mette à écrire futile, écrire des historiettes qui n’ont d’autre but… que de raconter des histoires. Après tout, moi qui ai une imagination débordante et adore voir des romances partout (souvent à tort, en fait, mais on s’en fout)… suffit juste de coucher ça sur papier.

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Ecrire un polar : qui sera le coupable ?

Bien le bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. Moi, ça va, mon roman de Maja continue de bien avancer : j’ai entamé la troisième partie, j’ai réussi à défaire un noeud qui me dérangeait dans ma progression et niveau retape, j’ai désormais 141 pages tapées. Ca rigole plus. Mais parfois, je me prends à rêver à mon prochain roman. Et si je décidais d’ écrire un polar ?

écrire un polar

J’aime bien lire les polars, je vous en ai présentés quelques uns ici mais c’est un genre que je trouve difficile. Par exemple pour ma part, en tant que lectrice, si je trouve le coupable avant la fin, même si le livre est bien, ça va diminuer mon enthousiasme automatiquement. C’est pour ça que je voue aux nues Les impliqués, Millenium (le 1er) ou encore les 10 petits nègres… parce que j’avais rien vu venir.

SK1 serial killer

Les dix petits nègres justement, parlons en. Jeune, j’ai lu énormément d’Agatha Christie et de Mary Higgins Clark (no judgement please, j’avais 15 ans) et le souci de cette dernière, c’est que j’ai fini par piger la recette et je devinais dès la page 30 qui était le tueur : un homme proche de l’héroïne principale et surtout celui qui n’est jamais le narrateur. J’ai longtemps cru que Christie n’avait pas de recette mais j’ai fini par trouver : la victime est souvent coupable, elle simule sa mort, une attaque ou prendra la place du mort supposé pour trompe l’enquêteur. Cf les dix petits nègres, Meurtre sur le Nil,les vacances d’Hercule Poirot…  par exemple.

Les 10 petits nègres, la série

S’arranger pour que le lecteur ne trouve pas le coupable avant la fin, c’est donc le but ultime du polar et à force d’en lire, j’ai repéré deux ou trois astuces…

Nail art écriture

Le coupable évident

Ca arrive, dans les polars, l’enquête se lance et il semble évident que c’est John le tueur. Sauf que tu lis un roman, qu’il y a trois-cents et quelques pages, dirons-nous et que tu ne peux pas écrire tout ça sur une évidence… Et bien certains y arrivent et quand vient l’heure des révélations tu es légèrement… désappointé. Mais ça peut marcher car tu cherches tellement pendant tout ce temps qui ça peut être car ça ne peut pas être celui que tout le monde accuse que tu te fais quand même bien balader.

Sang chaud pour meurtre de sang froid

Mais y a moyen de le jouer plus subtil…

Le dégueulasse

Celui-là, on ne le voit pas venir car il se rend coupable d’exactions qui dépassent notre entendement genre violer sa fille avant de la refiler au frère de cette dernière…Ca me « fascine » d’ailleurs un peu, cette voie là, faudra que j’en reparle, tiens.

Broadchurch

Le psycho

Un peu le cousin de celui du dessus : tout le ressort du roman est basé sur la folie d’une personne. C’est le cas par exemple de The gone girl ou un film ou téléfilm une fois que j’avais vu plus jeune et dont le dénouement était brillant : un inspecteur enquêtait sur une femme disparue et à la fin, on découvrait que cette femme, en fait, c’était son frère qui avait une double personnalité… En gros, personne n’avait disparu

Tout le monde ou presque

On pense naturellement au crime de l’Orient Express. J’ai lu un autre polar récemment (dont je tairai le nom pour pas spoiler, évidemment) dont la révélation était peu ou prou celle-là, tout le monde était impliqué plus ou moins sur deux crimes ayant lieu simultanément mais finalement sans rapport… et j’ai trouvé ça un peu facile comme rebondissement. Ok, je l’avais pas vu venir mais ça complexifiait tellement l’histoire que tu finis le roman genre “ouais, ok… on s’en fout en fait”.

Le crime de l'orient express

Le tueur sorti du chapeau

Celui-là, c’est celui que je déteste, Parce que c’est trop facile, on est à la limite de la paresse d’écriture. Vous avez votre paquet de suspect mais le tueur en fait, c’est le passant de la page 57, ahah, surprise ! Ca peut être bien amené, attention ! Dans Se7en, par exemple, le coupable n’apparaît in fine que lorsqu’il a terminé son oeuvre (même s’il est rapidement croisé dans un couloir à un moment) mais à aucun moment il n’y a eu de liste des suspects par exemple donc on n’était pas dans le “je te présente John, Mark et Teddy, ce sont nos trois suspects mais en fait, le tueur, c’était Jacob, le chauffeur du taxi que tu as pris à la page 36 et qui t’a dit “vous allez où ?”, incroyable, non ?”

Saga, chevalier des gémeaux, tue le grand pope

Ok, les chevaliers du Zodiaque, c’est pas un polar mais c’est un excellent exemple de ce que je veux dire

Parce que c’est là, à mon sens, toute la difficulté du polar : comment trouver le juste équilibre pour surprendre le lecteur sans faire sortir un tueur du chapeau ? Lui donner tous les éléments sans que la résolution ne soit trop évidente ? Parce qu’un polar où l’on devine avant la fin qui quoi qu’est-ce… Ca donne juste envie de l’oublier au plus vite

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Am Stram Gram, ce thriller que tu ne reposes pas

Saison des ponts oblige, je voulais vous filer quelques joyeux conseils de lecture car j’ai quelques petits titres dans ma besace. Et en premier lieu : Am Stram Gram de M.J. Arlidge. En premier lieu parce que je l’ai vraiment bien aimé, que je ne l’ai pas lâché avant la fin et que j’avais pas trouvé le coupable en milieu d’histoire.

Am Stram Gram de M.J. Arlidge

L’histoire : l’inspectrice Helen Grace se retrouve en prise avec une serial killer qui kidnappe deux personnes et les enferme avec une arme entre elles : pour survivre, il faut tuer l’autre. Alors que les morts s’accumulent, Helen commence à comprendre que les victimes ne sont pas choisies au hasard…

Serial killer

Alors pourquoi j’ai aimé. En un, l’héroïne. J’en avais déjà parlé pour Disparue de Lisa Gardner mais je confirme : les héroïnes peuvent être certes bad ass (Helen fait de la moto, est assez dominatrice, adore se faire fouetter et ceci n’est pas une métaphore) mais elles ont des failles. Elles ne sont pas omniscientes, elles peuvent se planter. Quand on connaît mon aversion pour les héros qui savent tout, réussissent tout, même l’impossible, forcément, j’apprécie. Surtout que pour une fois qu’un mec écrit un polar sans se donner le rôle du super héros

Costume de super héros

Autre point appréciable : l’écriture des personnages. Franchement, à froid, c’est une vraie galerie de clichés : la cheffe de police froide et dure, son second tombé dans l’alcoolisme suite à un divorce difficile, l’autre fliquette pimpante qui a un grand coeur sous sa poitrine volumineuse, la journaliste arriviste… Sérieusement, vu comme ça, tu as l’impression que tu vas lire le scénar des fictions de l’après-midi sur TF1 ou M6 (si ça existe toujours…) mais M. J. Alridge s’en sort franchement bien avec ce matériel de base. Oui, parfois, c’est un peu facile mais ce n’est pas agaçant.

La menteuse, téléfilm

Mais surtout, le principe même du roman est cool. Les victimes sont choisies par paire, on commence par un jeune couple par exemple (je vous dis pas les autres). Imaginez que vous ête enfermés avec celui ou celle que vous aimez sans possibilité de vous échapper, sans eau ni nourriture et que la seule façon de survivre, c’est de tuer l’autre. Il n’y a qu’une balle dans le revolver donc un seul mourra. Le génie du truc, justement, c’est qu’Alridge s’offre des scènes de tergiversation, de marchandage avec soi-même : tuer l’autre ou non ? Et je crois que ce sont les meilleurs passages de tout le livre.

Negan Am Stram Gram

Un autre Am Stram Gram bien flippant

Donc pour votre prochaine escapade, vous l’achetez ou vous vous le faites prêter, il est sorti en poche. Par contre, attention, il est un petit peu prenant.

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