Une enquête sur la magie de Noël

Non en fait, c’est une réflexion mais j’ai eu envie de me la jouer journaliste d’émission télé à reportages pendant deux secondes. Donc là, c’est Noël, la plupart d’entre vous ne mettront pas le nez sur ces pages avant quelques jours, le temps de digérer la dinde, la bûche et le champagne ou peu importe ce que vous avez mangé (j’espère que c’était bon). Mais cette année, pour moi, Noël avait à nouveau un goût de merveilleux que j’avais perdu ces dernières années. Surtout parce que je crevais de ma routine et j’avais juste besoin d’un peu de magie de Noël pour souffler.

La magie de Noël

Mais blague à part, pourquoi en grandissant, on perd la magie de Noël ? Bon d’abord, y a l’histoire du Père Noël pour ceux qui y croient : un vieux monsieur qui vole dans les airs tiré par des rennes sans ailes et qui passe par des cheminées pour filer des cadeaux, tu peux faire difficilement plus magique. Mais sinon, y a le sapin qui sent bon et qui brille, les cadeaux et le papier qu’on peut déchirer, le bonheur. Mais en grandissant, ben forcément…

Sapin de Noël

Ft. la boule de Noël réalisée par mon neveu quand il était en petite maternelle

Déjà, les cadeaux, tu ne fais plus que les recevoir, tu les achètes aussi et arrive la double peine : trouver le bon cadeau et l’emballer. Alors déjà, moi, je me mets une pression de ouf sur le cadeau. Je ne veux pas offrir quelque chose, je veux délivrer un message, un “je te vois comme ça” (positif, en général), “je t’encourage dans tes passions”, “je veux passer du temps avec toi”… Offrir un bon pour un cadeau est pour moi la pire des insultes, le “je sais pas trop qui tu es en fait donc ben, achète-toi ce que tu veux”. Quant à emballer ma précieuse trouvaille… Dieu que je suis nulle. Ce sera toujours un peu la faute de ce papier cadeau qui se froisse, se déchire, fait rien qu’à m’embêter… mais bon, voilà, je suis nulle, nulle, nuuuuuuuuuuulle. Je fais de mon mieux mais chaque année, je ne peux m’empêcher de rougir un peu quand je dépose mes paquets un peu bancaux sous le sapin…

Le #sapin version bureau #Noel

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Mais du coup, puisque je sacralise à ce point le cadeau, vous vous doutez que j’en attends autant de l’autre côté. Une de mes plus cruelles déceptions fut en 2003, quand mon ex (alors petit ami en titre) m’offrit des cadeaux que j’avais mis sur la liste adressée à mes parents. Ok, zéro efforts. Mais surtout, depuis quelques années, les cadeaux m’encombrent. J’essaie de me diriger doucement (très dourcement) vers le minimalisme car j’ai trop de bordel à la maison (euphémisme) et quand il fut l’heure de faire la liste de nos cadeaux voulus avec Victor, calage total : je n’ai besoin de rien, en fait. J’ai déjà trop de choses…

Un gros nœud pour un gros cadeau #noel

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En fait, c’est sans doute le matérialisme qui a tué la magie de Noël. On doit toujours dépenser plus, mieux, pour prouver un attachement, une envie de satisfaire. Alors que moi, mes seules envies, ce sont celles d’ailleurs, globalement. Sous le sapin, cette année, on aura un chèque pour un nouveau canapé, un écran pour mater nos séries via rétroprojecteur, peut-être un livre, une fringue, qui sait ? Alors qu’au fond, moi, j’ai déjà eu ce que je voulais : quelques jours au vert avec ceux que j’aime.

Un dernier pour la route ! #cadeau

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Je vous parlerai un jour de mon amour infini pour les niaiseries.

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Le meilleur des mondes, la fausse utopie scientifique

En général, quand on parle abrutissement des masses, on pense de suite à la télé ou tout du moins aux écrans, c’est le cas dans Albator, Fahrenheit 451 et 1984, on limite l’apprentissage d’un savoir par un écran supposant une passivité importante. Mais il existe une autre voix pour l’abrutissement des masses : les petites pilules ! Donc aujourd’hui, c’est le meilleur des mondes par Aldous Huxley.

Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley

L’histoire en bref : dans une société parfaitement hiérarchisée où chaque individu est programmé dès sa conception dans un laboratoire pour appartenir à une caste, chacun vaque à ses petites occupations sans se sentir malheureux de son destin. Les castes vont de Alpha à Gamma, chaque membre est vêtu de façon à être reconnu, chacun a son rôle à jouer dans la société. Le sexe étant devenu inutile pour la procréation, il n’est plus que quelque chose de festif, chacun ayant plusieurs partenaires. Bernard et Lénina se fréquentent donc en toute légèreté. Mais Bernard n’est pas vraiment un citoyen modèle : plutôt petit pour un Alpha, il refuse de prendre le Soma, la pilule distribuée à tout le monde en fin de journée, sorte de drogue qui rend heureux. Il invite donc Lénina à visiter une “réserve” où vivent des “sauvages”, individus vivant selon les traditions tribales. Sur place, Bernard et Lénina rencontrent Linda, une femme s’étant perdue autrefois dans la réserve et qui a accouché sur place, à l’ancienne, avec accouchement et tout, ce qui choque Lénina. Bref, Linda et John, son fils, repartent avec Bernard et Lénina et sa naïveté et sa méconnaissance de la société va nous permettre d’en mesurer tout le grotesque.

Le meilleur des mondes, le film

Bon, il se passe beaucoup de choses par la suite, John ayant du mal à s’adapter à la société qu’on lui propose. Bernard, qui était limite à la marge de la société devient très populaire en organisant des soirées pour que les gens puissent voir le sauvage mais John ne joue pas le jeu, il devient violent quand personne ne comprend sa peine et ses larmes quand sa mère décède, il ne supporte que difficilement la proximité de Lenina. Il tentera de monter une rébellion en privant les Deltas de leur Soma mais ces derniers se révoltent et John est exilé.

Les Alphas du Meilleur des mondes

Alors pourquoi je range cette dystopie dans la catégorie “abrutissement des masses”. Comme dit dans l’intro, je m’intéresse surtout ici à la drogue, au Soma. Mais pas que puisque toute la société tient par l’endormissement des citoyens : dès leur conception, ils sont assignés à une caste et développés en fonction et une fois nés, ils ont droit à un enseignement “hypnopédique”  reçu pendant leur sommeil leur édictant la morale de la cité (gros tabou sur tout ce qui touche à la reproduction). L’Histoire, quant à elle, n’est plus enseignée car inutile… Bref, ils ne sont pas nés que déjà, les citoyens sont contrôlés pour ne pas réfléchir, suivre le chemin qu’on leur a assigné. Le personnage de Linda est intéressant car si elle vit longtemps loin de la société, dès qu’elle y retourne, elle reprend les normes de sa caste et est honteuse d’avoir eu un enfant de manière naturelle.

Le meilleur des mondes - Linda et John

Toute dérogation à la norme est sévèrement punie : les femmes doivent faire des exercices malthusiens pour ne pas tomber enceinte, la reproduction naturelle étant devenue totalement taboue pour éviter des naissances incontrôlées. D’ailleurs, quand Bernard oute le père de John (un Alpha haut placé), ce dernier est contraint de démissionner. Bref, cette société ne fonctionne que parce qu’absolument tout est sous contrôle, le moindre élément perturbateur étant envoyé en exil. Mais ici, la société ne s’effondre pas dans un grand fracas, rognée par sa faiblesse cultivée au fil des ans. Comme dans 1984, ceux qui ont voulu sortir du chemin sont, in fine, perdants. Plus d’amour, plus d’Histoire, juste le soma. Bienvenue dans le meilleur des mondes.

 

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