L’empathie est morte

Alors que la Start Up Nation démarre sous les chapeaux de roue, grignotant pépouse des acquis sociaux chaque jour un peu plus, les plus aisés commencent gentiment à faire la morale aux plus pauvres : 5€ d’APL en moins ? Respire Bobby, 5 €, c’est rien de rien, un peu d’effort collectif, que diable. Sauf que 5 € pour ceux qui ont si peu, c’est énorme… et c’est là que je me pose la question : est-ce que l’ empathie est morte ?

Menue monnaie, empathie pour les démunis

J’aurais pu vous parler des migrants, sans doute aurait-ce été plus facile, vous demander quelle société empêche des gens qui fuient la guerre de boire à leur soif en pleine canicule ? Dans quelle société les ramasse-t-on tous les trois matins pour les déplacer de centre en centre, rognant chaque jour un peu plus leurs droits élémentaires. Et je ne parle pas ici que des autorités, ne nous lavons pas les mains de ça. Quand je lis les commentaires des articles concernant les Migrants, j’ai la nausée. Et la colère. Merde, qu’est-ce qui nous rend aussi insensibles, au point de rire sans gêne de la mort d’un être humain juste parce qu’il n’a pas la bonne nationalité ? Ni la bonne fortune ?

Emmanuel Macron fait une blague immonde sur les Kwassa Kwassa

En même temps, quand le premier d’entre nous se permet de rire de ça, comment éduquer les gens là-dessus ?

Pourtant, je fais erreur. Ce n’est pas que l’empathie est morte, c’est surtout qu’elle n’a jamais existé. Enfin, pas de ce que j’en sais, en tout cas. Evidemment, je n’ai que les romans et cours d’histoire pour me référer à un temps que les moins de 37 ans ne peuvent pas connaître mais la charité et la solidarité ont toujours été une question compliquée. On se serre les coudes entre semblables et on rejette ceux qui semblent directement nous menacer. Jusque là, pourquoi pas. Je pense qu’en terme de solidarité, il nous est à tous plus facile et plus naturel pour aider quelqu’un que l’on connaît ne serait-ce qu’un peu. Rien qu’à mon minuscule niveau, je donne plus facilement la pièce à la dame au chat gris du RER que je croisais tous les jours à une époque (elle a réapparu vendredi, je vous cache pas que je commençait à m’inquiéter) qu’une personne que je n’aurais pas identifié auparavant. Il y a parfois des élans de solidarité instantanés face à de terribles catastrophes comme le tsunami de 2004 ou le séisme à Haïti. J’aurais pu penser que c’était parce que les gens étaient touchés par la détresse des enfants mais le cas des Migrants a bien démontré que ça ne marchait plus. Alors quoi ? Sans doute le caractère exceptionnel. Et encore, je pense qu’il y a aussi une forte part de « s’acheter une bonne conscience », littéralement. 

Tsunami 2004

Alors quoi ? La peur de l’autre ? Ca marche pas mal, surtout pour les Migrants, mais pour les plus défavorisés ? On peut éventuellement avoir peur de se retrouver avec un faible revenu mais ensuite ? Oui, ok, l’histoire nous a démontré que le peuple pauvre pouvait renverser des Rois et des Tsars mais dans le cas qui nous intéresse, ce n’est pas tellement ça. En vrai, je crois que ce qui agace, c’est l’injustice. Plutôt fantasmée pour le coup mais ceux qui ont tout ont du mal à admettre qu’ils doivent donner un petit peu à ceux qui n’ont rien. Parce que eux, ils ont “mérité” leur argent. Peu importe que leur fortune vienne d’un héritage, d’un salaire indécent car la personne a pu fréquenter de grandes écoles grâce à la magie de la reproduction sociale, de l’exploitation de stagiaires jusqu’à revendre à prix d’or sa start up (même si très peu perdurent)… Certains méritent leur patrimoine, je ne dis pas, mais ceux qui ne parviennent pas à boucler les fins de mois ne sont pas nécessairement imméritants, pour le coup. “Ah mais ils achètent des cigarettes et des écrans plats”. C’est à dire qu’à un moment, la vie n’est pas faite que pour travailler et payer ses factures, hein… Bref, pour moi, 5 €, c’est pas beaucoup, même pas un paquet de clopes, une dizaine de cafés à la cafèt’ du bureau, un quart de cours de yoga… Mais quand chaque centime compte, ça fait une réelle différence et je ne suis pas sûre d’avoir envie de vivre dans une société où on hausse l’épaule quand on grignote toujours plus la part de solidarité vers ceux qui n’ont déjà rien tout en leur faisant la morale. Et si on faisait preuve d’empathie au lieu de donner des leçons de vie à ces gens dont on ne sait rien ?

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La dystopie échoue-t-elle à prévenir ?

Article totalement inspiré (pompé ?) de la vidéo du Fossoyeur sur l’échec de la science fiction parce que comme je suis en pleine passion pour les dystopies, forcément, ça crée un écho en moi. Je vous remettrai le lien en fin d’article pour bien regarder la vidéo qui est hyper intéressante. Mais voilà, la question se pose : la dystopie échoue-t-elle à prévenir ?

La dystopie échoue-t-elle à prévenir ?

J’aime les dystopies car au-delà de l’univers dans lequel elles nous amènent (pour peu que celui-ci soit à minima bien construit), elle pose des questions sur différents sujets : la société, l’environnement, la technologie, la science ou encore la survie de l’humanité. Et j’avoue que sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, l’actualité des dernières années nous fournit matière à imagination. Outre le réchauffement climatique dont les scénarii d’évolution crédibles nous racontent une future apocalypse, nous avons bien sûr la question des inégalités sociales ou encore sur nos libertés individuelles. Quand je vois des sondages où les Français interrogés déclarent ne pas avoir de soucis à avoir plus de liberté si ça leur garantit plus de sécurité (quand on voit le succès de l’Etat d’urgence, je me demande à quel moment les libertés qu’on a perdu nous ont assuré plus de sécurité mais passons), je me dis que 1984 n’est pas si loin… d’ailleurs, j’ai toujours un sourire triste quand je vois passer en manif des pancartes “1984 n’est pas censé être un manuel d’utilisation”.

1984 n'est pas censé être un manuel d'utilisation

1984, justement, un monument, sa lecture devrait être obligatoire. Cependant, j’ai l’impression qu’il y a toujours une partie des lecteurs qui vont se dire que non, faut pas exagérer, ça n’arrivera jamais. Pourtant, la réécriture de l’histoire n’est pas un pur délire d’écrivain. Pourtant la surveillance de masse n’est pas un pur délire d’écrivain. Pourtant, on se mange de la novlangue Start Up Nation tous les jours… Pourtant grâce à nos téléphones et réseaux sociaux, on sait toujours où l’on est…  Orwell a écrit ce roman en 1949 et ses thèmes sont pourtant toujours furieusement d’actualité… On pourrait aussi citer Ravage de Barjavel qui prévient sur les dangers d’un tout technologique qui finirait à nous péter à la figure, dénonçant notre dépendance totale à celle-ci. On pourrait citer Fahrenheit 451 de Bradbury avec la lobotomisation des citoyens qui ne pensent plus… ou l’humoristique mais néanmoins préoccupant Idiocracy… Même si l’expression “du pain et des jeux” ne date pas d’hier, je suis toujours effrayée par les défenseurs de la télé poubelle (coucou les Fanzouzes) qui hurlent à leur droit à se divertir, à se “vider la tête”, quitte à acclamer un show oppresseur sans être capable du moindre recul. Même aujourd’hui, quand tu fais remarquer à un média qu’ils se sont un peu oublié sur l’orthographe, t’as toujours Jean-Luc Inculte qui vient t’expliquer que “ohlala, ça va, c’est juste une faute, osef de l’orthographe, quoi”. Mandieu.

Tatouage avec faute d'orthographe

A quoi c’est dû, ce refus de voir que ça dérape, que même si le trait est grossi parce que c’est une oeuvre de fiction, il y a des motifs d’inquiétude ? Est-ce un optimisme naturel, un pouvoir de résilience instantané chez l’être humain, l’éternel syndrome de la grenouille bouillie lentement mais sûrement ? Est-ce notre dépendance au confort et à la technologie (coucou Barjavel !) qui nous rend si mou, si prêts à tout accepter tant qu’on peut continuer à regarder des merdes sur notre écran plat géant avec dolby surround et tout le toutim ? Ou juste la fatigue, le sentiment que de toute façon, toute résistance est vaine et condamnée à l’échec ?

Manifestants masqués

Photo illustrant un article très intéressant sur la désobéissance civile face aux projets inutiles (avec pas mal de contenus sur les ZAD), clic sur la photo pour aller lire

Ou alors on n’est pas encore assez loin sur le chemin du pire mais que ça finira par éveiller les consciences ?

Et on retourne vers la vidéo du Fossoyeur, bonne journée ou soirée.

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L’amour et le patrimoine

Depuis que je suis en couple monogame, je suis assez friande des histoires de rencontre des autres vu que moi, je n’en ai plus et que mes récits croustillants nécessiteraient de rentrer beaucoup trop dans mon intimité, ce que mes amis ne goûteraient pas forcément. Non mais c’est vrai, moi, j’ai une imagination très visuelle par exemple donc si tu me racontes par le détails une partie de jambe en l’air et que je connais les protagonistes impliqués… Ben c’est comme si j’avais fait ma scopophile… Donc je suis désormais les aventures d’une copine, que nous appellerons Katel (parce que j’ai envie) sur les sites de rencontres. Et au bout de quelques rendez-vous, Katel en a déjà marre d’un truc : de la drague par le patrimoine.

homme_argent_exhibition_patrimoine

Katel a décidé de passer la 2nde pour trouver un homme, pour une nuit ou pour la vie, c’est selon. ne suivant pas mes conseils, elle squatte Adopte Un Mec, site que je méprise assez car j’ai énormément de mal avec la vision ultra machiste du truc : “homme : balance ton salaire et tes possessions, femme : balance ta culotte et tes pratiques sexuelles”. Et ça veut se faire passer pour “féministe” après, laisse-moi me marrer ! On dirait que ça a été conçu par Hugh Hefner mais passons. Elle cale quelques rencards à des hommes et c’est festival : entre les fachos assumés (!!) et les “salut, je m’appelle Antoine et je viens d’acheter un 70m² dans le Marais et toi ?”, les bonnes soirées sont rares. Oui parce que curieusement, elle s’est tapée un bon paquet de “salut, je viens d’acheter un appart” alors qu’elle ne demandait rien sur le sujet vu qu’elle s’en fout. Du coup, je me pose la question : est-ce que draguer avec son patrimoine, ça marche vraiment ?

pretty woman, l'histoire d'amour entre un mec riche et une prostituée

Oui, bon, des fois, ça a l’air de marcher mais c’est un FILM

Jeudi soir, Katel a donc rencontré Rémi. Elle m’en parle un peu avant en mode “il a l’air intéressant, il va à des conférences d’économie et tout”. Moi, en bonne gauchiste, je comprends “il va à des conférences sur Marx, l’économie collaborative, partagée, les alternatives économiques…”. Je m’imaginais déjà des sorties à 4 avec des “débats” enflammés autour d’un verre de vin sur comment on devrait révolutionner l’économie pour permettre un meilleur partage du gâteau… Sauf que non. Rémi va sans doute à des conférences “quels meilleurs placements pour votre argent en trop” et le mec lui a parlé d’argent toute la soirée, ennui total. Bye bye Rémi et nos soirées à 4… On garde notre vin pour un meilleur candidat.

verres_de_vin_apero

En fait, je ne comprends pas. Evidemment, le site en lui-même semble faire SUBTILEMENT comprendre que tu choperas plus facilement une femme avec un écran plat et un lit king size (spoiler : NON) mais franchement, tu crois que ça marche comme ça, Jean-Pognon ? Tu as du fric, tu pourrais offrir de belles choses à l’élue de ton coeur… Heu ok mais du coup, est-ce que tu as vraiment envie de mettre ça dans la balance, limite de ne mettre QUE ça dans la balance, dès le départ ? Non parce que s’il le faut, Rémi est un sportif accompli, un musicien de talent, un dessinateur remarquable ou un poète exceptionnel… Mais ça, on ne le saura jamais, on saura juste qu’il est propriétaire de 3 apparts… Du coup, une vraie question s’impose : la femme qui sortira avec Rémi le fera-t-elle pour ce qu’il est ou pour ce qu’il a ? Rémi semble croire que les femmes sont vénales et paraît s’en accommoder… Sauf que peut-il réellement être heureux si sa moitié s’intéresse plus à son compte en banque qu’à lui ? Sérieusement ?

femme vénale

Alors peut-être que j’évolue trop au milieu des gauchistes mais, messieurs, arrêtez de lire des conneries de sites de drague car je vous le dis de suite : parler de fric, c’est chiant. Penser que c’est votre meilleure carte en matière de séduction vous élimine automatiquement. Parce que, clairement, le message que vous nous envoyez est problématique :

  • je n’ai rien d’autres à t’offrir que de l’argent, je suis le mec le plus intéressant du monde
  • De toute façon, les femmes, c’est bien tout ce qui vous intéresse, non ?
lèvres en diamant

Chercher « bling bling » sur Google images est toujours une expérience… étrange

Rémi, le conseil a voté, vous êtes éliminé.

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Ma nuit avec Reno (version non censurée)

(A la demande générale, je réécris mon article sur ma rencontre avec Reno en axant mes propos plus sur lui et en donnant (un peu) plus de détails).

Attente dans le métro

Mercredi soir, 20 heures. Je suis sur le quai du RER, désappointée de ne pas avoir rencontré Nicolin et Reno. Alors que mon regard se perdait sur le panneau d’affichage indiquant les gares desservies (l’autre jour, par inattention, je n’ai pas pris la bonne ligne), mon portable se met à sonner. Je regarde et je vois « appel masqué », je pense donc qu’il s’agit de mes parents (encore !) mais au lieu de la voix féminine et enjouée de ma mère, j’entends une voix masculine marquée par un fort accent marseillais : « Nina ? ». Nina n’étant pas mon vrai prénom, je me doutais que j’avais Reno himself au téléphone. Je lui explique gentiment que tout le monde était rentré chez soi et que je comptais en faire autant. Il me demande de les attendre, d’autant qu’il pensait que j’avais compris qu’il dormait réellement chez moi.

Me voici donc à errer pendant une demi-heure dans la station Châtelet qui n’est pas la plus belle de Paris… Ceci étant, n’importe quelle station est glauque après 20h, tout est fermé… J’essaie donc de m’occuper en passant des coups de fil (personne ne répond), en regardant les bandes annonces sur les écrans plats de la station (il y en a deux qui passent en boucle), je descends sur les quais, je remonte… Et je ne peux pas fumer.

Enfin, une demi-heure plus tard, mon téléphone sonne et c’est Nicolin, cette fois-ci. On essaie de se retrouver, ce qui n’est franchement pas évident : pour ceux qui ne sont jamais descendus à la station Châtelet, elle est tentaculaire… Donc, je vous retranscris la conversation :

« Vous êtes où ? demandai-je.

– Heu… On est… à la porte Lescot ! Ouais, on prend cette sortie là.

– Je la trouve pas votre sortie, je suis à… à… Putain, j’ai pas mes lunettes, j’y vois rien. Alors… euh… Place Châtelet, non… Et là ? Place Châtelet… Mais je la trouve pas votre porte ! Vous avez pris quel RER ?

– Heu…Ah mais non mais on n’est plus là, maintenant, on est à la sortie 10, « rue de la Ferronnerie ».

– Ah, y a un nouveau panneau ! Ah ben je viens de trouver la porte Lescot !

– Ouais mais on n’est plus là !

– Ah, je viens de trouver la sortie 10 ! Vous êtes où ? Vous avez passé la barrière ?

– Ouais.

– J’y suis aussi… »

Bon, on finit par raccrocher pour ne pas dépenser nos forfaits malgré nos conversations passionnantes, je trace comme une folle à travers la station quand soudain, je vois deux gars arriver face à moi. Il faut savoir que j’avais trouvé sur un site Internet des photos de Nicolin et Reno m’avait dit qu’il faisait environ 1,90 mètre. Donc je vois ce grand gars aux yeux bleus qui arrive vers moi accompagné de son copain, plus petit. Je me mets en travers de leur chemin en hurlant : « hééééé stop, c’est moi ! » (j’assure toujours, niveau discrétion). On se fait la bise puis nous voilà partis à la recherche d’une sortie dans cette foutue station que j’honnis de tout mon cœur.

Et glou et glou et glou !

Enfin, nous voici à l’air libre et mes deux comparses font la moue : ils ont quitté leur soleil marseillais pour trouver la grisaille parisienne. Nous nous posons à un café, chacun commande une boisson puis nous discutons beaucoup du blog, de ma rencontre avec les fans quelques instants plus tôt. Puis ils me parlent un peu de leurs projets, de leur rendez-vous avec les producteurs sans rentrer dans les détails. Reno me raconte que l’un des producteurs étaient gay et qu’il avait demandé à Nicolin de jouer avec ses yeux, idée que je trouve marrante.

Ensuite, Nicolin me demande si je crois que ce qu’il raconte dans son blog est vrai ou pas, il m’affirme que oui et Reno commence à me montrer les poils de son torse pour me prouver que rien n’est inventé. Il est vrai que, tout comme sur le blog, il est poilu mais j’avoue que j’étais agréablement surprise par son physique. Sur le blog, Nicolin le représente toujours en version lilliputienne, avec une coiffure que je qualifierai d’expérimentale et un peu grassouillet… En fait, sur le blog, il a de faux airs de Bart Simpson !

On continue de discuter, Reno m’adresse quelques sourires, je le trouve vraiment charmant  mais je ne commence pas à me faire mes films, toujours persuadée qu’il ne venait pas dormir chez moi. Je passe en tout cas une charmante soirée, je suis ravie d’avoir rencontré ces deux Marseillais, on boit, on discute, tout va bien. A un moment, Reno me révèle qu’il est taureau et je commence à m’exciter : un taureau ! Je ne suis pas une acharnée de l’astrologie, je précise, mais les taureaux, ils m’attirent comme une folle… Déjà qu’il me plaisait bien…

Après tout, chacun nos critères de sélection : Victoire apprécie particulièrement les Bélier et les Verseaux. Je me souviens d’une conversation avec Linga, Athéna et une autre copine du forum ésotérique où nous parlions des hommes ainsi : « Moi, j’adoooooooore les Taureaux mais j’aime pas les Cancers ». Donc, pour information, je suis très attirée par les Taureaux, j’aime bien les Balances et les Lions (Victoire va s’étrangler en lisant ça), je n’apprécie pas trop les Cancers, Gémeaux et Vierges… Ceci étant, si un sosie de Brad Pitt venait me draguer et qu’il était cancer, je ne ferais pas grand cas de son signe astrologique !

Bref, Reno était donc taureau, il me plaisait de plus en plus ce garçon ! D’autant qu’il n’avait rien du garçon timide que j’imaginais, il a pas mal de choses à dire et c’est plaisant. A un moment, Nicolin nous annonce qu’il doit y aller et, là, je réagis enfin : Reno a vraiment prévu de venir dormir chez moi… Je réfléchis à toute vitesse : ai-je une tenue décente pour dormir ? Oui, en été, quand il fait chaud, je dors nue comme un ver… Après tout, je vis seule, ça dérange qui ? Sur ce point, c’est bon, le problème est réglé. Après, je passe en revue l’état de mon appartement et c’est un peu la panique : j’ai du linge qui sèche dans la salle de bain (dont mes jolis strings), j’ai des vêtements qui s’empilent sur un fauteuil, il me reste de la vaisselle sale dans l’évier… Bonjour la honte !

Papotage sur canapé

On se rend tous les trois au métro, je m’assois à côté de Reno et on commence à papoter de la vie parisienne, Nicolin nous abandonne quelques stations plus tard mais le pauvre était exclus de la conversation. Nous arrivons enfin à ma station, nous descendons et Reno admire mon quartier tout en m’expliquant que, pour un Marseillais, la vie parisienne est un cauchemar. Il est vrai que, pour ma part, je suis une vraie citadine, la vie parisienne me va comme un gant.

En cheminant, je lui avoue que je n’avais pas prévu sa venue et je le mets forcément mal à l’aise… Par moment, je mérite des claques. Je le rassure en lui disant qu’il n’y a aucun problème, j’ai deux lits donc… Gentiment, il me dit que si je veux descendre sur Marseille, il me rendra la pareille.

On arrive enfin chez moi, je lui offre gentiment un verre de Taillefine à la fraise (tellement glamour) puis, après laissé un petit mot sur le blog de Nicolin, nous allumons la télé et éteignons la lumière… Et c’est parti pour une folle discussion. Nous parlons de pas mal de choses, le boulot, les amours… J’avoue m’être pas mal lâchée et m’être beaucoup dévoilée. En plus d’être passée pour une incorrigible bavarde, il a dû me prendre pour une psychopathe. Sur le sujet des amours, il se montre plus discret, je lui tire un peu les vers du nez concernant sa dernière relation. Il en parle avec beaucoup de tendresse et je suis très émue par son histoire (que je ne raconterai pas ici), je le trouve très beau quand il s’ouvre un peu…

On continue à discuter tout en glissant furtivement l’un vers l’autre. Mon regard glisse le plus discrètement possible de ses yeux à ses lèvres mais je ne tente rien, persuadée que la nuit sera sage. J’aime bien ses yeux, ils pétillent, ça lui donne un air malicieux.

Il est vraiment adorable, il me fait pas mal de compliments sur me dessins (menteur !) et sur mes articles, s’extasiant sur mon histoire d’autobronzant (en réalité écrite par Gauthier), sa gaffe me fait beaucoup rire…

Je continue à papoter de je ne sais plus quoi (oui, en fait, je suis très vite mal à l’aise quand je me retrouve seule avec un garçon charmant) quand, soudain, il se penche vers moi et me dépose un rapide baiser sur les lèvres. Complètement décontenancée, je le regarde d’un air ahuri, il hausse les épaules en souriant. Et bien, si tu veux la jouer comme ça, allons-y gaiement. Je lui rends son baiser et après une brève séance de pelotage sur mon canapé (durant laquelle beaucoup d’objets se sont retrouvés au sol), nous émigrons vers mon lit, autrement plus confortable.

Incroyables brouettes

On s’adonne à un très rapide effeuillage, le vêtements volent un peu partout, et c’est parti pour une folle brouette que je ne raconterai pas en détail (c’est pas un blog porno, ici). Il est vrai qu’il est poilu, il est également tout bronzé. Je passe sur nos expériences anatomiques e nos jeux acrobatiques… Après une brouette endiablée et un câlin post-coïtal bienvenu, Reno me déclare qu’il a soif, il se lève pour aller se servir un verre et là : HORREUR ! Il a gardé ses chaussettes. J’avais écrit il y a peu de temps un article sur les « tue l’amour » et j’avais évoqué le cas de l’homme nu en chaussettes… Heureusement que je ne m’en suis pas rendue compte avant !

Bon, il ramène son verre et enlève ses chaussettes, on boit un peu et on s’allonge tranquillement, multipliant les douces caresses. J’adore ces moments où on est l’un contre l’autre, on ne dit rien, on ne fait que s’effleurer du bout des doigts, lentement… A un moment, inspirée, je commence à lui mordiller l’oreille mais il commence à rigoler : « ah non, arrête, ça me chatouille ! ». Je ne comprends pas qu’on puisse ne pas aimer ces caresses auriculaires, ce sont les meilleures (ou presque). Ceci étant, il a bien compris que j’adorais ça et entreprend de faire subir les derniers outrages à mon lobe… Soudain, au milieu de ses léchouilles, les deux Monaco qu’il a bus en début de soirée se rappellent à notre bon souvenir et il me lâche un petit rot…Et voici comment des caresses très prometteuses se transforment en fou rire. Ensuite, alors que je l’embrassais avec frénésie, il commence à me lécher le menton et me sort la déclaration la plus originale qu’on m’ait jamais faite : « j’adore ton menton, il est trop beau ! »

Quelques temps plus tard, on finit par s’endormir. La nuit fut courte, entrecoupées de doux câlins et d’autres plus coquins. Au petit matin, on se réveille doucement et il commence à me caresser le visage pour me dire bonjour… Ça me change des jérémiades de mon chat et de ses bêtises… Du coup, on s’est accordé un réveil coquin…

Le temps passe et il est temps de se lever (à 10h50, il était temps). Après une bonne douche et quelques bêtises postées sur le forum, on se dirige tranquillement vers le métro.

Au revoir, mon Marseillais !

Je suis claquée et ne me montre pas bavarde… Il faut savoir que je ne suis pas du matin, je ne peux faire mieux que du « oui… non… heuuuuuu… ». Je m’affale à côté de lui dans le métro, il me remercie pour la nuit puis me quitte quelques stations plus loin après un petit bisou. Je termine mon trajet et essaie de me donner une contenance avant de rejoindre les autres… Mais, honnêtement, j’aurai eu : « j’ai brouetté toute la nuit » tatoué sur le front que ça n’aurait pas été plus flagrant. D’ailleurs, j’étais tellement fatiguée que j’ai manqué de tomber dans les escaliers du métro car j’avais mal évalué la hauteur de la marche…

Je rejoins les autres, ne brillant pas par ma jovialité habituelle (d’ailleurs, sur tous les dessins des blogueurs, je suis morte), heureusement que j’avais rencontré la plupart d’entre eux la veille ! Sab a dû comprendre de suite ce qu’il s’était passé vu qu’elle m’a demandé de suite : « Alors, ça s’est passé comment hier soir ? » avec un petit sourire en coin. J’ai préféré ne pas rentrer dans les détails, ne sachant trop s’il fallait hurler sur les toits cette histoire de brouette ou la passer sous silence.

Au restaurant, Nicolin nous a fait à tous un beau dessin, j’ai eu droit à un Reno torse poil en train de se questionner sur l’éventualité d’une brouette… Ainsi donc, tout était programmé ? Aurais-je été naïve de croire que ce jeune homme ne cherchait qu’un abri pour la nuit et qu’il ne pensait absolument pas à mal en me demandant de l’héberger ? Franchement… peu importe ! Cette soirée a été très surprenante pour moi et très agréable, en fin de compte. A présent, je le dis : vive les Marseillais !

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