Tokyo la dystopique

Je suis effroyablement en retard sur mes ambitions de carnets japonais mais ma vie en ce moment… je vous en parle pas pour pas salir cet article qui va me replonger avec délice dans ce voyage qui me paraît déjà si lointain… Quoique… Là, non, parce que je vais vous parler d’un aspect de Tokyo qui peut paraître étrange pour nous, Occidentaux mais Tokyo, c’est trop une ville dystopique.

Je suis une fille à imagination débordante : je lis, j’écris et quand je mets le pied dans une ville, je la scrute parfois comme un décor. Quelle histoire pourrais-je y raconter, quel élément du décor je vais pouvoir récupérer pour l’intégrer à mon récit ? Si New York était tellement Gotham City (mais quelques éléments ont d’ores et déjà pu me servir dans certains écrits, notamment mon histoire d’Ofelia dans son Néo-Rome), Tokyo, c’est… absolument Technopolis quand je vais le réécrire. C’est une ville du Futur… mais une ville du futur telle qu’on les imaginait quand j’étais plus jeune et que j’ai commencé à découvrir la SF et les romans d’anticipation.

#manhattan soleil couchant en direct de l’empire state building #sunset #latergram #Newyork

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Quand j’ai écrit des romans d’anticipation se passant dans des villes futuristes, ce qui est donc le cas de Technopolis et Ofelia, les deux villes concernées avaient exactement la même structure : toutes en verticalité avec des buildings qui vont te gratter le ciel, tellement que le Burj Khalifa, c’est un Playmobil à côté, plus de voitures mais des monorails et des ascenseurs (quoi que dans la version 1 d’Ofelia, alors qu’elle s’appelait Cecilia (hommage discret à Moravia), elle conduisait des voitures arrondies pour apporter un peu de douceur dans une société en crise, blablabla) parce que mes villes du futur, elles sont écolos… en fait, non, elles sont surtout hyper contrôlantes donc évitent que les gens aient les moyens de se déplacer facilement mais dans l’absolu, je suis une militante acharnée des villes sans voitures. Ce qui n’est pas le sujet. Donc des villes en verticalité traversées par des transports en commun avec des écrans animés qui parlent, une sursaturation des sens qui t’empêche de réfléchir… Bordel, c’est Tokyo.

Tokyo la nuit

Je ne saurais trop dire si j’ai aimé ou pas Tokyo… D’abord parce qu’il n’y a pas un Tokyo mais plusieurs endroits très différents les uns les autres, comme dans toute grande ville. A Paris, il y a des quartiers que j’aime et d’autres où je fais la gueule dès que je dois y mettre les pieds. Mais si je devais donner mon avis sur Tokyo, je dirais que je l’aimais… de jour. La nuit, je la trouvais attractive avec ses néons partout, son côté tellement… tu peux pas tout voir tellement ça clignote, ça s’agite, ça impressionne… Ca saoule. Littéralement. De nos soirées tokyoïdes, on a surtout une grande fatigue alors même que le spectacle pouvait être magique comme à Odaïba (le quartier de la baie de Tokyo que j’ai absolument adoré parce qu’architecturalement parlant, c’était littéralement la fête du slip qui te ridiculise Noisy-le-Grand)(même si j’ai super envie d’aller faire des photos à Noisy-le-Grand vu que mes potes en ont fait plein). D’abord parce que ça grouille de monde mais surtout parce que ça te parle. Des écrans géants qui te diffusent des messages de pub en permanence avec cette voix japonaise que j’associe tellement aux grandes catastrophes (parce que j’ai trop regardé Evangelion, certainement). Tu te balades dans les rues multicolores, des voix te disent des choses en boucle sans que tu en sois conscient, on est à la limite du message subliminal, tout est sursaturé… et tu fais quelques mètres en dehors de la grosse zone, t’as plus un bruit.

 

Alors est-ce que Tokyo va m’aider pour mon écriture ? Pas pour le Néo-Rome d’Ofelia mais pour Technopolis reload de quand je l’écrirai… ABSOLUMENT. Parce que oui, pendant quelques secondes, j’ai joué à “je suis dans Technopolis” et je vous garantis que ça marche d’enfer. Limite, je me demande si Oceany ne devrait pas être rebaptisée Mitsuko et tout déplacer au Japon tellement le japonais irait trop bien à cet univers… Mmm…

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Ma nouvelle ambition : le diorama

Article qui aurait eu plus sa place sur le blog Nina feels good mais je l’ai toujours pas lancé (en fait, je l’ai même pas créé) donc voilà. Ladies et gentlemen, voici un énième article sur ce qui me plairait de faire de mes dix doigts. Et je vous parle de diorama maintenant parce que jeudi, je suis allée à l’expo Dioramas du Palais de Tokyo qui se termine le jour de la publication l’écriture de cet article. Je vous conseillerais donc d’y aller mais il est certainement déjà trop tard.

Diorama à l'Exposition Dioramas au Palais de Tokyo

Alors commençons par le commencement, c’est quoi donc un diorama ? Ou plutôt qu’est-ce que je pensais que c’était. Pour moi, c’était une vitrine dans laquelle on composait une scène, soit avec du papier découpé, soit en mettant en place des miniatures. Le sujet m’intéressait tant que j’avais acheté des livres et tout. Mais comme d’hab, entre ce que je rêve de faire et ce que je fais réellement, il y a juste un fossé énorme genre faille de San Andrea. Donc quand je vois que le Palais de Tokyo réalise une expo sur le sujet, je prends mon Victor, qui a fait de la maquette plus jeune, sous le bras et on y va.

Diorama à l'Exposition Dioramas au Palais de Tokyo

Et je découvre un univers insoupçonné. Oui, il y a de la vitrine comme je disais dans le paragraphe précédent mais tellement plus que ça, en réalité. Les dioramas, on en a tous vus. Si, si. Dans les musées d’histoire naturelle où des taxidermies sont mises en scène dans des décors peints pour mettre en scène ces animaux dans leur habitat naturel. Vous voyez ? Ca, c’est un diorama, une représentation figée d’une réalité. Mais ce n’est pas que ça. A l’origine, ce sont des jeux de lumière qui vont permettre de faire apparaître ou disparaître des éléments d’un décor, faire revivre un événement juste en jouant sur la lumière sur une toile peinte. C’est fascinant.

Diorama à l'Exposition Dioramas au Palais de Tokyo

Le diorama, c’est politique, aussi. C’est une vision figée de quelque chose. Par exemple, au temps des colonies, beaucoup de vitrines représentaient la vie des bons sauvages, à peine civilisés, des femmes noire peu vêtues avec un ou deux bambins accrochées à leur jupe allant vendre des fruits au marché… C’était aussi une façon de montrer tous les produits disponibles dans les colonies et qui allaient profiter au plus grand nombre. Le diorama, télé d’hier pour présenter une certaine vision du monde ? Oui, on peut dire ça. Aujourd’hui, encore, pas mal d’artistes reprennent le diorama comme format pour dénoncer ou exacerber certains traits de notre société, je pense notamment à Paris Streetscape de Mark Dion qui met en scène des animaux dans les rues de Paris en train de piller nos poubelles ou les dioramas que j’ai bien aimés de Tatiana Trouvé avec un empilement qui perturbe dans un premier temps car on ne comprend pas l’enchevêtrement ou la scène apparemment bucolique de Fiona Tan où l’on peine à voir le train accidenté, par exemple. Des oeuvres qu’on doit prendre du temps pour comprendre, noter les détails, refaire l’histoire…Une oeuvre d’art qui en cache une autre.

Diorama à l'Exposition Dioramas au Palais de Tokyo

Du coup, en sortant de là, j’étais forcément résolue à me mettre à ce projet là sauf que je comprends mieux l’histoire, les enjeux, presque, du diorama. En assemblant des pièces, on ne fait pas juste quelque chose de joli, on raconte une histoire, on expose une vision du monde. On rappelle la brutalité de la nature, la douceur de la vie d’antan, on apaise ou on angoisse, on glisse des détails qui éclairent l’histoire tout à fait différemment. Excitant…

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Quand t’es en couple…

C’est l’été et il fait trop chaud pour être tout le temps énervée donc j’ai décidé de mettre la pédale douce sur mes articles féministo-politico-réveillez-vous-putain et remettre un peu de douceur et de légèreté sur ce blog. En fait, c’est assez amusant de voir l’évolution de ce site, d’un truc léger de jeunes cons privilégiés à un truc de meuf toujours énervée. Mais là n’est pas le sujet. Aujourd’hui, je vais vous parler d’amour ou tout du moins de relations amoureuses. Quand t’es en couple, la vie n’est plus la même.

Quand t'es en couple

Je suis passée de longues années d’un célibat joyeux, entrecoupé certes de quelques épisodes de relations amoureuses parfois monogames, à une vie de couple peinarde. Je partage désormais mon foyer avec mon doux Victor et nos deux chats fous, ma vie est belle. Ca ne veut pas forcément dire que la vie de couple, c’est mieux que le célibat, c’est ma vie avec Victor qui est belle. Vous saisissez la nuance ? Mais être en couple, ça change la donne et pas qu’un peu, je m’en rends compte encore aujourd’hui. Déjà, on n’a plus le même sens des priorités : avant, je m’en foutais de finir tard pour terminer un dossier, je gérais mes horaires comme je voulais. Depuis que je suis en couple, j’essaie de limiter les nocturnes… mais j’arrive aussi globalement plus tôt (alors que paradoxalement, je vis beaucoup plus loin, j’ai troqué mes 25 minutes de marche heureuse contre 50 minutes de RER+métro… et encore, j’ai du bol, je n’ai qu’un changement mais si j’ai su rentabiliser au mieux ce trajet en lisant ou en écrivant, je pense que ça explique quand même pourquoi j’aime de moins en moins les gens. Je digresse). Je me rends compte que mon travail n’est pas ma priorité, surtout pour ce que ça me rapporte.

Un couple lèche une sucette

Alors je me dis “tiens, si je lançais une bonne vieille série des familles comme je faisais parfois sur mon blog sur le sujet “quand t’es en couple” et s’amuser à repérer les différences entre la vie d’avant et la vie de maintenant, en positif et aussi en négatif. On va parler travail, oui, mais pas que, parlons loisirs, relations avec les autres personnes, peut-être vacances… courses, ménage, nourriture… Plein de choses changent, en bien ou en mal. Heureusement, la réussite du bonheur n’est-elle pas dans l’adaptation ?

Le bonheur en amour

Je vous laisse méditer sur cette sentence sans sens.

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C’est la saison du manque affectif

Novembre est souvent un mois un peu bof, un peu mou du genou où l’humidité nous envahit malgré notre manteau tout neuf, la nature pourrit, il fait nuit tout le temps. Bref le mois où rien ne nous paraît plus sexy que notre plaid, notre pyjama, notre couette et nos pantoufles rembourrées. La période où se coiffer et toucher des objets sans se prendre une pigne devient un défi permanent… Bref, on n’a pas la gagne.

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Un samedi soir de novembre, alors que l’ennui et la mollesse sont mes seuls compagnons, je me surprends à taper le nom de quelques uns de mes exs sur Google histoire de voir. Tiens, un a fini par passer sa thèse et enseigne à La Sorbonne maintenant. Tiens, une vidéo d’un autre… Ah mince, il est resté bien charmant. Et celui-ci qui ne m’a offert qu’une nuit bien foireuse, puisque Facebook me le propose en ami (scrmlml), il devient quoi. Bon, ok, c’était un connard mais ses yeux couleur de Jade, mon Dieu…

Ceci n'est pas le connard aux yeux de jade

Ceci n’est pas le connard aux yeux de jade

Mais que m’arrive-t-il, bordel ? Pourquoi je m’amuse tout à coup à aller réveiller ces fantômes du passé qui végétaient peinards à la limite de ma conscience, qui ne hantaient même plus mes rêves ? Soit je suis complètement maso soit… Mais bien sûr ! C’est la saison du manque affectif !

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En hiver, je suis un chat : je veux de la chaleur, de la douceur et des câlins. Je veux rentrer le soir et tomber dans les bras d’un gentil gars qui me serrerait contre lui en me grattant la tête. Or actuellement, les seules personnes à me faire des câlins sont mon chat et un amant occasionnel (et encore j’ai du bol, j’eus connu des plans cul garantis 0% tendresse et câlin). Mon cerveau a envie de tendresse et comme j’ai pas de crush en ce moment, à défaut de piocher dans mes fantasmes, il pioche dans mes souvenirs. Sale traître !
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Parce que c’est là que tu es susceptible de commettre une « connerie ». Que si un de tes exs t’appelle, ta raison aura beau tenter de te rappeler que c’est un connard ou une connasse, ton cœur et ton corps en manque vont te susurrer que quand même, les gens changent, peut-être que cette fois-ci… Ou tu tenteras de combler ce manque en recrutant ton patch tendresse sur Tinder parce que, bon, on sait jamais, y a peut-être quelqu’un de bien dans le tas. Sauf que tu es vulnérable, tes critères de sélection sont drastiquement revus à la baisse et le premier ou la première « pas trop mal » fera l’affaire. Et tu réveilleras le lendemain dans des draps souillés encore plus mal que la veille parce que l’autre n’avait pas prévu de jouer les prolongations avec toi.
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Vraiment une période de merde. Mais accroche-toi, préserve-toi, on ne sait jamais qui frappera à ta porte demain. Certes, peut-être personne mais ça fait pas de mal de rêver un peu.

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A l’impératif

Parfois, je médiatise. J’aime bien ça, moi, médiatiser, c’est stratégique. Non parce que l’annonceur, il veut choper des gens en particulier donc tu dois jouer avec les données socio démographiques, centres d’intérêt, mots clés, créer différentes campagnes et jouer sur les curseurs pour balancer la sauce là où ça clique et couper là où ça n’intéresse pas. Une sorte de jeu.

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Alors forcément, depuis que je médiatise, je scrute un peu de près ce qui circule sur ma colonne de droite sur Facebook, colonne que je ne regardais pour ainsi dire jamais auparavant (et que je n’utilisais que pour couper les pubs Groupon). Mais à présent, je suis attentive, je suis les yeux grands ouverts… et je me sens agressée. Agressée par tous ces impératifs : découvrez ! Likez ! Aimez ! Partagez ! Dites-nous ! Gagnez. Wow tu te calmes, on n’est pas à l’armée ici !

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Bien entendu, c’est pas nouveau, j’usais déjà des impératifs à l’époque où je ne faisais qu’écrire des statuts pour mes pages Facebook. Pas trop car je n’aime pas vraiment ça, je joue plus sur l’incitation ou l’interrogation. En gros, je ne dis pas cliquez pour en savoir plus ! mais cliquez pour en savoir plus. Sans “!”. Je n’ai jamais vraiment aimé les statuts incitant directement à une action (“likez”, “partagez”, “commentez”), j’essaie d’inciter de façon plus douce, plus insidieuse. Oui, l’engagement sur un post est une donnée qui compte. Oui, mes campagnes étant pilotées au clic, j’ai intérêt que ça s’excite à un moment et plutôt bien…

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La pub est-elle donc un caporal chef ? Ou pire le serpent du Livre de la jungle qui nous endort avant de nous jeter quelques verbes à l’impératif ? Sommes-nous de dociles moutons qui nous exécutons en suivant les directives gentiment assénées par la publicité ? Achète ! Déguste ! Savoure ! Sens ! Vois ! Je veux souvent me voir au-dessus de la mêlée, je n’achète pas les choses en fonction de leur pub (mais je peux en boycotter si la pub me rend dingue). Mais j’achète. Qu’est-ce qui va me faire prendre un produit plutôt qu’un autre ? Le prix, parfois mais aussi l’envie créée par la pub. Genre j’ai acheté le legging minceur Mixa, celui avec Sonia Rolland dans la pub (genre la nana qui fait un 34 et te dit qu’elle veut mincir…). J’ai honte… Le double impératif portez et mincissez ! m’a eue.

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Parce qu’au fond, ne restons-nous pas dans un état enfantin d’obéissance ? De douce obéissance, je dirais. Parce que des fois, oui, il est bon de se laisser guider, que quelqu’un nous prenne par la main et qu’on fasse sans se poser de questions. Mais trop d’impératif tue-t-il l’effet de guide ? A force de lire des “aimez !”, “partagez !” etc., j’ai juste envie de dire merde. MEEEEEEERDE ! Laissez-moi, je veux pas vous aimer, vous partager, c’est même pas demandé très gentiment en plus… Et puis pourquoi je te likerais toi plutôt qu’un autre, hein ? Si tu me donnes rien que tes infos corpo, bof bof…

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Peut-être que le mouton en a marre, ne veut plus être mené sans raison. Marre des textes stéréotypés forts en impératif et point d’exclamation. Marre d’être une consommatrice lambda face à une marque sans âme. Marketeux, unissons nous pour donner de l’affect à nos petits consommateurs et fans. Eux aussi ont besoin d’un peu de tendresse !

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Quand l’acteur te gâche le film

Sous titre : J’aime pas Audrey Tautou.

Samedi 19h40, deux femmes errent, un peu perdues, devant le Gaumont Opéra. Au programme : matage d’une comédie romantique, Happy New Year. Sauf que, pas de bol, y a plus de place. Que faire ? Prohibons les films déprimants car c’est l’hiver et nos coeurs ne chantent pas vraiment la vie en ce moment. Alors nous avons le choix entre Une vie meilleure (je crois) et La délicatesse. Heu… Tu veux pas aller boire un verre plutôt ?

Ayant vu les acteurs de Une vie meilleure chez Drucker, j’ai l’impression que ce film sera chiant (comme tout ce qui passe chez Drucker, cette émission rend n’importe quoi chiant, le canapé rouge de Michel provoque irrémédiablement une distorsion du temps, t’as l’impression qu’il s’est arrêté. Mais pas comme dans mes rêves les plus fous où je pourrais arrêter le temps pour pioncer un coup, non, le temps s’écoule lentement pour rendre ton ennui interminable), j’opte donc à contre coeur pour La délicatesse. A contre coeur ? Oui, j’ai lu le livre que j’avais trouvé vraiment charmant mais de 1) je n’aime que très rarement les adaptations de livre au cinéma et surtout, de 2)… j’aime pas Audrey Tautou.

Est-ce que ce n’est pas un peu curieux de ne pas aimer un acteur quand on y pense ? Un acteur, à la base, c’est quoi ? Un individu qui offre son corps à un personnage, qui l’incarne. Un bon acteur, on ne devrait pas le voir lui, ou elle, mais ne voir que son personnage. Quand je regardais La délicatesse, ce n’est pas Audrey Tautou que j’aurais dû voir mais Nathalie, le personnage qu’elle incarne. Mais non, on ne voit que la Tautou et sa tête de poussin grognon d’avoir été réveillé trop tôt, sa maigreur, sa bouche boudeuse, ses grands yeux de Caliméro, ses (beaux) pulls Chanel. En regardant ce film, que j’ai apprécié au demeurant, je ne voyais pas Nathalie mais Audrey, je me sentais un peu trahie car la Nathalie du roman, je ne l’imaginais pas comme ça. Nathalie, c’est la douceur et la bonté, quelque chose de doux et d’irrésistible. Audrey nous l’a rendue agressive et capricieuse. Non, non, non, sors de ce corps Nathalie, va investir celui d’une autre actrice !

Le corps, justement, parlons en. Quand je lis un roman, je prête un corps aux personnages selon les caractéristiques physiques énoncées. Forcément, une adaptation ciné ne pourra jamais rendre fidèlement ce que j’avais en tête et on grince parfois un peu des dents. Dans Millenium version suédoise, le Michael Blomkvist m’a fait un peu tiquer, Daniel Craig correspond plus à ce que j’imaginais, déjà. Je me souviens avoir été traumatisée par la bande annonce de L’ennui avec Berling (aaaaaah Berling) et surtout Sophie Guillemin (sans parler de la présence d’Arielle Dombasle mais c’est une autre histoire). Je la trouvais atrocement nulle, molle et physiquement à l’opposé de Cecilia, le personnage du roman. C’est à dire que Cecilia est décrite comme une femme au corps d’enfant, dont les formes ne se dévoilent qu’une fois nue. Sophie, elle a un corps ultra féminin, nue ou habillée. Et puis finalement, j’ai vu le film et replacé Sophie/Cecilia dans le film et là, ça passe carrément, on retrouve la langueur lascive de Cecilia. Comme quoi.

A l’inverse, certains acteurs vont aller nous faire voir un film quoi qu’il arrive. Mais qu’est-ce qu’on aime (ou on déteste) chez un acteur ? Un corps, une voix, une attitude ? Un jeu bien sûr, on sent que certains acteurs ne viennent que cachetonner dans certains films, ils balancent leur texte comme d’autres balancent leurs ordures pendant une séance de ménage, c’est limite si on les entend pas soupirer à la fin de chaque scène : “au moins, ça, c’est fait”. D’autres à l’inverse incarnent leur personnage avec passion, ferveur. Parfois, ils ne font plus qu’un avec un personnage et on a du mal à les voir différemment. Genre Tautou, pour en revenir à elle, j’ai du mal à la voir autrement qu’en Amélie Poulain, petit être fragile et relativement asexué. Du coup, la pub Chanel sensée être sensuelle, non, j’y arrive pas.

Et puis finalement, est-ce parce qu’on starise trop ces acteurs, qu’on sait trop de choses sur eux, sur leur vie, qu’on n’arrive pas à oublier leur réelle identité pour leur donner celle de leur personnage ? Ou leur donner une identité différente de celle de leur plus fameux rôle ? Ou est-ce un défaut d’imagination, une incapacité à lâcher prise, à oublier que c’est Machin dans la peau d’un personnage. Je ne sais pas…

Mais toujours est-il qu’Audrey Tautou, je l’aime PAS. Mais certains acteurs ou actrices arrivent parfois à me faire changer d’avis.

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Joue ton pouvoir de séduction

Je vous l’avais dit lors de mes résolutions, je me suis abonnée à différents magazines en fin d’année pour être plus cultivée. Bon, les trois quarts du temps, je comprends pas tout à Tout pour la science mais je lis consciencieusement, je finirai bien par capter. Autre
magazine qui, là, me parle plus : Management. J’ai enfin reçu mon premier numéro et j’ai pas mal de choses à en dire. Commençons par une phrase lue dans le courrier des lecteurs, rubrique que je ne lis jamais. Photo :

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En tant que femme, première réaction : argh, je m’étrangle ! Je vais enfiler ma tenue de super féministe et je reviens.

Reprenons la base. Abandonnons l’idée qu’un employé réalise sa mission indépendamment de son sexe, manifestement, c’est impossible. On va nous expliquer pour la 100e fois que les hommes sont dans la compétition et les relations franches et viriles, testostérone oblige, et les femmes dans la diplomatie, la douceur et l’écoute. A ce sujet, je vous laisse lire l’excellentissime article de Slate sur les études sexuées, ça permettra de remettre les choses un peu à leur place. Mais ici, restons dans les stéréotypes. Femme je suis, en attestent mes ovaires (entre autres). Donc si je comprends bien, je ne suis guère compétente et je dois jouer de mes charmes pour grimper l’échelle l’air de rien, papillonner pour qu’on me fasse la courte échelle. Oui, Patrice, je sais, tu convoitais la promotion que j’ai eu mais mate un peu mon décolleté et regarde mes battements de cils et tu deviendras mon dévoué, mon esclave. La vie est simple comme un clip de Michel Sardou dis donc. L’hystérie en moins.

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Alors là, je me pose quand même une sacrée question : suis-je totalement stupide ? Au bout de quasi 4 ans d’expérience, je n’ai jamais eu la présence d’esprit de jouer de mes atouts physiques pour progresser, je me suis bêtement contentée de faire de mon mieux, d’acquérir des compétences, de proposer des idées, bonnes ou mauvaises… Bref, plutôt que d’être bonne physiquement, j’ai essayé d’être bonne professionnellement. Non parce que mine de rien, quand je fais des régimes ou que je fais du sport, ce n’est pas tellement dans une visée professionnelle même si, je le concède, se sentir bien dans sa peau est utile pour tous les domaines de la vie, pas simplement celui de la séduction. Non parce que dans ce cas là, je vais aller voir mon chef et lui demander que tous mes cours de sports soient pris en charge par l’agence. Ben ouais, attends, si être canon me permet de grimper l’échelle de la société, c’est de l’investissement professionnel et non personnel, je mérite donc que tout ces efforts soient pris en charge et je ne parle même pas de ma garde-robe ! Pourtant, je ne fais pas un travail de représentation. J’ai quelques rendez-vous clients mais je n’avais pas compris à quel point mon corps était, lui aussi, un outil de travail. Non mais faut être un peu stupide pour lire des ouvrages sur le marketing, travailler jusque tard, réaliser de beaux powerpoints alors qu’il me suffirait d’aller à la salle de sport tous les soirs…

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Ce qui m’énerve, c’est que le péché de séduction est toujours associé aux femmes. Lisez un portrait d’une PDG, d’une femme qui a réussi, son physique sera systématiquement évoqué via un détail (ses yeux, sa silhouette), une tenue vestimentaire… Et je ne vais même pas évoquer le fait qu’on se sent toujours obligé de donner la composition de sa famille genre « PDG et mère en plus, quelle femme! », ce qu’on ne dit jamais d’un homme. Mais ça mériterait un article entier, ça. Donc les femmes, même celles qui ont fait leurs preuves et qui sont arrivées au sommet, sont toujours appréhendées sous le prisme de leur apparence physique. Si l’une est belle, on ne cessera d’en parler, elle sera « tout en séduction », même si elle ne cherche pas du tout à séduire. Mais surtout, on conseille les femmes sur leur pouvoir de séduction, on leur conseille d’en jouer ou, au contraire, de s’en méfier. Mais bordel ! Parce que je suis une femme, il est impossible de me dissocier d’une notion de séduction ? 

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Très bien donc à partir de demain, je ne porterai plus que des robes bustiers courtes et avantageuses et je laisserai tomber mes powerpoints, excels et autres PDF. Je sais pas pourquoi mais j’ai un léger doute quant à la réussite de cette nouvelle stratégie.

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Draguer, c’est male !

Par Lucas

Pourquoi nous les maaâales sommes nous toujours les séducteurs ? Pourquoi ces demoiselles ne se lancent-elles pas ?

En voilà une question qu’elle est bonne.

Faut-il en déduire que la concupiscence (appétit prononcé pour les plaisirs sensuels) est une réalité purement masculine ?? Faut-il faire un parallèle facile et déduire que les nanas qui osent draguer ne sont que des nymphomanes en force ? J’ai fait ce constat il y a une dizaine d’années quand j’ai noté que certaines boites faisaient payer l’entrée aux mecs et pas aux nanas pour les attirer là.

J’ai refait ce constat vendredi soir en allant fêter les 30 ans d’un ami.
J’y ai rencontré une avocate très jolie, très futée, très charmante, trépidante.
Au bout de 5 minutes, j’étouffais dans la salle du bas du Requin Chagrin et nous allâmes (oui nous allâmes, parce qu’un passé simple ça donne un p’tit coté élégant et suranné) nous allâmes donc nous poser sur la terrasse, avec  vue sur la place de la Contrescarpe et ses 12 touristes au m².

Là nous commençâmes à discuter et à échanger. En deux minutes je savais qu’elle avait un copain, qu’elle était heureuse et que je préfère qu’on reste ami.  Oui la dernière partie de la phrase n’a pas été dite mais bon, c’était sous entendu. Volontairement ou non ? Seuls les gens super délicats et super sensibles pourraient se prononcer.  A dire le vrai je ne sais pas si elle a eu la démarche volontaire de me prévenir, si c’était inconscient ou si elle a dit ça comme elle aurait pu dire « L’article 9 du Code Civil, il tue des ours polaires. » Peu
importe d’ailleurs.

Et Lucas de maintenir son sourire de façade car après tout la demoiselle est gentille, intéressante, de bonne compagnie et souriante (ceux qui prennent le métro le matin savent que ce sont des qualités inestimables) Dans ma petite vie, je n’ai vu que 3 fois une nana faire du rentre dedans à un mec. Face à ce constat, que faut-il en déduire ?

Les femmes sont-elles plus subtiles que les hommes ?
Sont-elles plus prudentes ?
Y-a t-il deux logiques différentes qu’on soit un mec ou une nana ?
Pour les mecs, c’est « d’abord on passe la nuit ensemble et après on voit si on peut se supporter »
Pour les nanas, c’est « d’abord on voit si on a un terrain d’entente, après on passe la nuit ensemble »

Le fait que le terme nymphomane n’ait pas d’équivalent au masculin sous entend-il que les hommes sont naturellement des gros crades qui ne pensent qu’à ça  et que, dire d’un mec qu’il est « nymphomane », c’est redondant ??
Faut-il rechercher un gene animal dans l’être humain qui incite le male à vouloir se reproduire ? Ce serait vraiment ravaler l’être humain au rang bestial mais est-ce vraiment stupide ?

Il est  manifeste que ces demoiselles recherchent une sérénité, une connivence, une complicité, une compréhension. De la douceur empreinte d’intelligence et de sensibilité. Histoire qu’elles n’aient pas besoin de chuchoter  » je vais mal » pour qu’on cherche à les réconforter. Les femmes cherchent en fait à voir si elles peuvent développer leur langage de l’amour avec le damoiseau et si ce jeune homme va comprendre ce langage sans qu’elles n’aient besoin de traduire ça en « j’veux un calin » ou « tu comprends là je veux être seule » ou « me fais pas chier, chuis vener » voire » toi vraiment, t’es mon amour » (mais là il faut savoir traduire le langage des yeux et c’est encore une autre langue).

Je ne serai pas plus long sur le sujet mais je serais ravi d’avoir vos pensées en commentaires !

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Le baiser

Par Tatiana

Aujourd’hui je vais vous parler de la manière d’embrasser. Je vais essayer de faire ça bien parce que ca peut vite devenir nul à lire ce genre de truc.

Recemment sur le blog de Yojik je suis tombée sur cet article. Je vous laisse le soin de le lire, je pense pas qu’il m’en voudra de lettre un lien ici vers l’article. De son article j’en ai conclu que quelqu’un qui ne sait pas danser risque d’être dépossédé d’un certain talent concernant d’autre aptitudes. En gros si le slow c’est l’amour debout, vous devinez la suite. Mais c’est pas vraiment de ça dont je veux vous parler (donc non j’ai pas fait d’étude comparée).

En fait moi j’avais déjà ce genre de théorie mais concernant la façon d’embrasser. Je pense que tout le monde est d’accord avec moi si je dis que la manière dont embrasse quelqu’un est très révélatrice de sa manière d’être et aussi de sa manière de faire l’amour. Bon la bien sûr je parle de mon point de vue et donc surtout par rapport aux baisers que des hommes m’ont donnés. J’ai eu le droit à plein de sorte de baisers différents mais j’en ai retenue deux particulièrement : celle que j’adore par dessus tout et celle que je déteste. La manière que j’adore c’est quand les lèvres viennent se poser délicatement sur les votre comme si elles étaient tellement précieuses qu’il en fallait pas les abîmer. Elles se frôlent, se touchent, se serrent et restent appuyer l’une contre l’autre de plus en plus longtemps. Et c’est tout naturellement, l’échange se prolongeant, que les langues viennent elles aussi à se rencontrer et se mêlent ni trop vite ni trop lentement tout en douceur et en souplesse. C’est le genre de baiser qui vous donne des frissons. Moi quand on m’embrasse comme ça, ça me donne très envie d’approfondir la relation (oui je sais c’est moche comme jeu de mots mais c’était facile). Et en général je n’ai jamais regretté.

Par contre la manière que je déteste c’est quand monsieur a cru bon d’enfouir brutalement sa langue dans ma bouche, comme ça sans prévenir. Nos bouches n’ont même pas eu le temps d’apprendre à se connaître que BAM ! violation de domicile. Là en général ça coince. Surtout si il n’y a aucune sensualité dans le baiser et qu’il devient quelque chose de mécanique genre 100 tours à la minute. C’est pas un régime de moteur qu’on est en train de faire que diable !!! En plus une des premières idées qui me traverse l’esprit à ce moment là c’est que le mec en question n’est pas très à l’écoute de sa partenaire. Donc à éviter. Je suppose que les mecs auront le même point de vue par rapport aux nanas, alors surtout n’hésitez pas à donner votre avis. Et puis ajoutons également que chacun a sa manière privilégiée d’embrasser. Je ne pense pas que ce genre de chose soit universel. Enfin c’était la réflexion du dimanche après-midi, sur ce bonne semaine !

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Jean

Internet est un outil fantastique qui permet de faire connaissance avec des gens et…hum… plus si affinités. Il y a quelques temps, je reçois un mail d’un jeune homme que je « connais » : je suis son blog et je l’apprécie beaucoup. Donc quand il me donne son identifiant MSN, je m’empresse de lui donner le mien (qui n’est pas nina.bartoldi, je le rappelle !).
 
On discute innocemment, je ne sais plus comment on en vient à parler de meetic et autres et je dis : « tu sais, moi, j’ai besoin de parler un minimum avec la personne avant de coucher.
Bon, ben on a parlé, c’est bon ! »
Hein ? Il est sérieux, là ? Je ne le percevais pas comme un séducteur forcené mais du coup, je ne sais plus. Je coupe court à la conversation : ce n’est pas qu’il m’ennuie, c’est juste que j’ai rendez-vous avec Banana et Gauthier (pour changer).
 
Le lendemain soir, on discute à nouveau, il me chauffe un peu, tout en restant tout à fait correct, je rentre un peu dans son jeu. A un moment, il m’annonce qu’il descend sur Paris pour la soirée : « je peux finir la nuit chez toi ! ». Je ris et je rentre dans son jeu. Oui, lecteur, comme tu sais, je suis TRES joueuse. Donc forcément, je ne peux pas ne pas relever et je réponds : « chiche ! ». Je lui file donc le nom de ma banlieue à moi et mon numéro de téléphone, persuadée qu’il ne s’en servira pas. Je me fais donc une super soirée télé-ordi-feignasse.
 
Virée nocturne
En plein épisode de « Sex and the city », celui précisément avec l’anulingus que je n’avais jamais vu (merci M6 de diffuser les séries n’importe comment !), voilà-t-il pas que mon téléphone sonne. Je regarde le nom « Jean ». Ah ben tiens, il l’a fait ! Donc, polie, je réponds. « Ça te dit de venir boire un verre ?
Ok mais tu viens me chercher : y a plus de métro et j’ai pas de voitures.
Y a rien par chez toi ?
Ahahahah ! »
Pour ceux qui ne connaissent pas mon bled, il faut savoir qu’après 21h, c’est plus possible de boire un verre, seuls les restaurants sont ouverts. Pour preuve : quand je suis arrivée là, j’avais croisé totalement par hasard un camarade de promo et nous avions décidé d’aller boire un verre un soir. Résultat, on s’est retrouvé au kebab du coin boire un demi (à 2€50, c’est pas cher, ceci étant dit). Donc Jean propose de venir me chercher pour boire un verre et me pose la question fatidique : « on fait comment pour venir chez toi ? ». Et bien, au bout de huit mois donc un en compagnie d’un motard qui m’a beaucoup baladée, je suis toujours incapable d’indiquer comment on vient chez moi à partir de Paris. Une fois qu’on est dans ma banlieue, je sais, mais avant… En gros : débrouille-toi.
 
Pendant qu’il cherche, je me douche et m’habille bien car comme j’avais prévu de passer la soirée seule, j’étais en jogging, so sexy. Hop, je me fais belle, un peu de maquillage, un peu de parfum, un pull (trop ?) décolleté et je retourne sur mon pc en attendant qu’il arrive, ce qui ne tarde pas trop. Je lui dis de m’attendre à un stop pas loin car ma rue est en sens unique et c’est pénible de faire le tour juste pour atterrir devant ma porte. Donc je saute dans sa voiture. Oui, je sais, c’est pas bien de monter dans la voiture d’un inconnu, c’est mal, c’est mal ! Mais je le fais quand même. C’est une vieille voiture très grande (me demandez pas la marque, je suis nulle en voiture), à la taille du monsieur mais j’ai un peu de mal à me faire une idée : il fait sombre, j’ai pas mes lunettes (pour changer). En tout cas, il sent bon, j’aime bien son parfum.
 
On se fait la bise et départ direction Paris. Et voilà une scène hautement érotique : lui ne sachant pas où on est, moi le nez écrasé contre le pare-brise pour essayer de lire le flou qui se dessine sur les panneaux en face et qui est censé représenter un mot. Oui parce que par coquetterie, non seulement je ne les mets pas, mais je ne les range même pas dans mon sac, au cas où… Bon, après s’être perdus deux ou trois fois, on se retrouve sur les Champs-Elysées et là, que voit-on ? Une place. Elle nous attend, elle était là pour nous. Bon on se gare et on part à la quête d’un distributeur car je n’ai pas un rond sur moi (je ne présume jamais qu’on homme va payer ma consommation). Et bien figure-toi, lecteur, qu’un distributeur sur les Champs, ça n’existe pas. Et il y a une explication simple à ça : chaque mètre carré de cette belle avenue coûte bonbon et toutes les enseignes un tant soit peu réputées se doivent d’avoir leur coin de trottoir. Donc les banques ont qu’à aller s’installer ailleurs. Donc y a pas de distributeurs. Heureusement, j’en connais un pas trop loin, dans une rue annexe que je ne retrouve pas au premier coup (« c’est loin encore ? » « Non, non, c’est la prochaine… Ah non, tiens ! Ça doit être celle d’après ! »). Enfin, on trouve mon distributeur et on va s’installer à la terrasse du pub en face. Je suis un peu impressionnée par le monsieur : il est grand ! Bon, c’est sûr que tout homme dépassant le mètre soixante-quinze me paraît grand mais lui, il flirte avec le mètre quatre-vingt-dix !
 
Je commande un demi et lui un coca light (mince, je vais passer pour une alcoolique), on commence à discuter et là, il cherche un stylo. Il vide ses poches et pose le contenu sur la table dont 2 préservatifs. Là, je ris (très discrètement,  je suis très polie) : il est présomptueux, quand même ! Plus tard, il m’a avoué qu’il avait une nuit coquine de prévue mais elle s’était annulée. Bon, bref, cette histoire de capote détend l’ambiance même si je ne dis rien (il m’a aussi avoué plus tard qu’il l’avait fait exprès pour voir comment je réagirais). On parle beaucoup, de blog, de blogueurs, de nos parcours respectifs, le tout entrecoupé par les cris hystériques de pauvres saoulards dans le bar et par la pluie qui nous a forcé à nous déplacer à l’intérieur.
 
Il me drague ou quoi ?
On parle à un moment de meetic (où je ne suis plus, je le rappelle) et je lui décris la photo que j’avais mise, avec un dessin sur la joue. Et là, il tique : « attends, je l’ai vue, cette photo ! ». Là, sur le coup, je me dis : il me fait un plan drague à ne pas faire, là, le fameux  « mais, oui, on s’est déjà vus ! ». Oh non, il me semblait pourtant au-dessus de ça ! Mais il me dit : « on voyait surtout tes yeux, non, sur cette photo ? ». Ah, il l’a peut-être vraiment vue, finalement mais sa tête ne me dit vraiment rien, je suis un peu embêtée. Heureusement, Jean a l’art de mettre les gens à l’aise, je trouve. Quelque part, je suis un peu impressionnée car il a énormément de charisme mais il dégage aussi une impression de douceur. Franchement, il me fait penser à l’expression « la force tranquille » car c’est vraiment ça. Je me sens un peu nulle par rapport à lui mais je ne m’en laisse pas compter. Vers 4 heures, on finit par repartir et il me pose une question ambiguë : aurait-il envie de finir la nuit chez moi ? Je réponds de façon tout à fait détournée (oui, je suis lâche, par moment), à voir. On repart en voiture et on se reperd un peu, histoire de s’amuser encore un peu puis, une fois arrivés près de chez moi, je me lance : « Je te propose de te garer ou pas ? ». Curieusement, il accepte et nous voilà partis chez moi. On traîne un peu sur le net, je lui montre mes photos meetic et il confirme : il était passé sur ma fiche, à l’époque. Effectivement, son pseudo ne m’est pas inconnu mais je n’ai pas dû visiter sa fiche car je suis persuadée de ne l’avoir pas vu avant, même en photo.
 
On s’allonge sur le lit pour continuer à discuter, il doit être quelque chose comme 5 ou 6 heures, on se rapproche un peu puis il me demande pourquoi je ne fais pas le premier pas. « je ne le fais jamais. » Donc il glisse sa main sur ma hanche, on se rapproche et on finit par s’embrasser. Alors que les vêtements volent, je comprends soudain pourquoi il se promène avec ses préservatifs : les miens ne sont pas, mais alors pas du tout à sa taille. A côté, Laurent a un petit pénis (ou presque)… Durant la conversation précédente, il m’avait expliqué qu’il n’était pas habitué à recevoir de caresses mais plus à en donner et je suis un peu déstabilisée, je ne sais trop que faire, j’ai peur de le « gêner » mais finalement, la première brouette se passe bien. Il est effectivement très généreux avec les femmes, c’est plutôt très agréable, il faut bien l’avouer.
 
On finit par s’endormir (il était temps). Au réveil, on se retrouve, on se caresse délicieusement et, forcément, entre deux adultes consentants, on s’embrase une nouvelle fois. Durant les ébats, j’ai droit soudain à une étrange litanie : « Oh Nina, Nina ! ». Sauf que mon vrai prénom n’est pas Nina ! Après la brouette, on reprend peu à peu notre souffle, moi allongée sur lui (c’est bien pour ça un mec grand, on se sent vraiment en sécurité), je me laisse aller à un doux sentiment de plénitude et de détente quand soudain, j’entends un bruit suspect : Kenya gratte quelque chose dans la salle de bain… Elle gratte encore et toujours et soudain, une odeur suspecte envahit la pièce. Non, je rêve : elle s’est oubliée dans la salle de bain la garce ! Je vais réparer les dégâts et je reviens me coucher auprès de Jean, on passe un bonne heure à discuter cinéma dans les bras l’un de l’autre. A un moment, il m’avoue qu’il ne jouit pas à chaque fois avec une préservatif et, curieusement, je me sens assez flattée.  Mais il doit partir : il a rendez-vous avec une demoiselle, Benoît doit passer me voir. Le problème c’est qu’après avoir passé la nuit avec un mec qui pense aussi et surtout à mon plaisir, se retrouver face à un mec qui nous fait la bise après la fellation, ça fait mal.
 
On continue à discuter sur le net, il m’appelle assez régulièrement. Le truc en plus de Jean, c’est sa voix. Je suis assez sensible à ce genre de chose et il fut avouer que la sienne est particulièrement suave et sexy. Il revient peu à peu vers moi, on commence à parler de réaliser mon fantasme ultime ensemble et l’idée m’emballe mais il nous manque des partenaires pour le réaliser donc ça reste à l’état de projet. Ce qui n’empêche pas qu’on envisage de se revoir à deux. Un soir, il allume sa webcam « pour me faire un coucou » mais ça dérape assez rapidement. L’avantage c’est que, moi, je n’ai pas cet engin d’espion donc je vois sans être vue et, mine de rien, jouer les voyeuses, c’est très excitant. Il est donc temps de passer à l’acte deux.
 
Acte deux
On passe une soirée ensemble avec d’autres amis puis vers 1h, retour at home. En trajet, on discute, je babille sur je ne sais plus quoi quand il me dit : « tu as toujours la forme, toi ! ». En fait, ce n’est pas tant ça mais je suis quelqu’un de résolument optimiste et je n’aime pas ennuyer les gens avec mes petits bleus à l’âme. Pas la peine de s’appesantir dessus, ça finira par passer. Mais si je vais bien, ce n’est pas son cas. Finalement, une fois chez moi, on s’allonge sur le lit et on discute. J’ai l’impression qu’il est en train de se noyer et moi, je ne lui envoie pas la bouée au bon endroit. J’essaie désespérément de le réconforter mais échec, j’ai l’impression et je n’aime pas ça. C’est un garçon vraiment bien qui ne mérite pas les galères qu’il a connues mais c’est toujours pareil, j’ai l’impression. J’éteins la lumière, on se blottit l’un contre l’autre et on s’endort. Le lendemain, je bondis de mon lit à 8h pour faire mon sac, je le réveille une bonne grosse demi-heure plus tard : je dois partir à 9h au plus tard. Il se prépare vite en me demandant si ça allait : « on n’a pas beaucoup parlé de toi.
– Mais moi, j’ai pas de problèmes. »
On finit par partir, il me serre contre lui avant de partir et file. Moi, je rate mon premier train et arrive in extremis à Austerlitz, me faisant copieusement incendier par ma sœur qui a fait la queue pour moi à la borne…
 
Et depuis ? Il n’y a pas eu d’acte 2, finalement, mais on reste en contact, on se parle quotidiennement ou presque. Quoi qu’il en soit, je suis contente que ce garçon soit rentrée dans ma vie car il m’apporte beaucoup sur le plan humain et, ça, ce n’est pas le cas de tous mes partenaires de brouette.
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