Comment préparer un voyage au Japon ?

J’avais dit que j’avais encore quelques articles sur le Japon mais je n’arrive pas à rédiger une conclusion qui ait un réel sens donc je mets de côté pour le moment et je vous fais un mini topo de comment on (enfin, surtout moi quand même) a mis sur pied ce voyage de trois semaines au bout du monde. Nota bene : je ne suis pas la reine de l’organisation donc certains pourraient être en panique en lisant mon article “mais c’est à l’arraaaache”. Un peu, oui. Plus que je ne l’aurais souhaité en tout cas.

Fushimi Inari à Kyoto

Dans mes rêves les plus fous, je suis travel planner. En vrai, ça me plairait autant que ça me gonflerait : j’adorerais préparer des circuits, chercher le meilleur équilibre pour des vacances inoubliables mais pas épuisantes mais… j’aime pas les gens, ça me saoulerait leurs exigences à la con (dans le sens déplacées, peu réalistes, pas dans le sens “ils ont envie d’un voyage inoubliable, do your job). Du coup, j’aime bien préparer nos vacances avec Victor même si ça prend du temps et que je n’en ai pas toujours. Notamment parce que je suis pas super organisée et que je perds du tout en glande mais peu importe, c’est pas le sujet.

Une vraie culture du parapluie au Japon

Partir seul ou avec une agence ?

Première interrogation. Nous décidons de nous offrir le Japon dès l’été 2016 mais ça pose des questions, notamment sur le prix et combien on doit mettre de côté pour avoir de quoi s’offrir ce périple. Pour le prix, je demande à Amy qui a déjà fait ce voyage et je commence à faire des recherches sur des agences de voyage. Le souci, c’est que 9 fois sur 10, les agences de voyage ne te donnent pas de prix, faut les contacter et ça me saoule toujours un peu. Je veux juste savoir combien ça me coûterait. Je contacte donc quelques agences de voyage qui me concoctent un petit circuit sur mesure en fonction de notre budget. Donc on part sur 3500 € chacun sur trois semaines, j’en parle à Victor “ce serait pas si mal, ça éviterait qu’on s’emmerde de trop” “oui mais le coût de l’agence de voyage, ce sera autant qu’on pourra dépenser par ailleurs” Effectivement, nous avons dépensé 2700 € en tout chacun, entrée à Universal Studio inclus (notre gros craquage) . Ok, j’accepte s’il m’aide un peu à organiser… mmm… Du coup, j’ai à peu près une idée du budget et du périple que nous pourrions faire. Next.

Harry Potter au studio universal japan à Osaka

L’avion

Bon, là, j’ai zéro conseils à donner. En janvier, on voit une promo de ouf pour l’anniversaire de Qatar Airways, on chope un aller-retour à 500 euros, fin du game. Pou être honnête, je n’avais pas du tout prévu d’acheter les billets à ce moment là (en janvier) mais j’ai vu un tweet évoquant les offres de Qatar donc voilà. Pour notre prochain voyage fou (dans un an à priori), je brancherai toutes les alertes du monde.

Le château Himeji

Le périple

Bon, on a réservé l’avion qui était notre première étape pour fixer exactement nos dates. Je pensais partir un mardi ou un jeudi et retour car il paraît que les billets sont moins chers ces jours là… bah c’est faux, ça nous a coûté moins cher un vendredi-vendredi. Donc nous sommes en janvier, nous partons fin septembre, on est bien. Sauf que je m’en occupe vraiment que deux mois avant mais passons. Je reprends les devis des agences de voyage, je trie ce qui paraît intéressant ou pas, je fais quelques recherches sur les sites de voyage. La question n’est pas tant “où on va”, certaines étapes semblent incontournables mais combien de temps on y reste. Je fais un premier tour, je le soumets à Victor qui me rajoute ses envies, à savoir le mont Fuji et le château Himeji, moi je colle le ryokan. Au départ, j’envisageais un départ du nord vers l’ouest puis le sud, on fera finalement un tour sud/ouest/nord. Je fais des calculs savants, quelques “sacrifices” (une seule nuit au ryokan au lieu de deux initialement prévues, pas de nuit à Nara mais un tour durant notre halte à Kyoto. J’élimine un arrêt dans une station balnéaire, je tords mon trajet, je vérifie tout sur l’absolument indispensable Hyperdia qui vous donne tous les trajets de train d’un point A à un point B. Bon, par contre, leur appli ne marche pas bien, j’espère une mise à jour efficace depuis car évidemment, j’avais listé tous les trains que nous étions censés prendre mais on a pas mal improvisé… Je reparle du train après.

Le torii géant de Miyajima

Les logements

AirBnB sur quasi toutes les destinations : peu chers, pratiques. Pour les quartiers, j’ai cherché tout simplement quels étaient les meilleurs quartiers pour les touristes. Maintenant que je suis revenue, je rajouterais : cherchez proche des lignes de métro accessibles par le JR Pass. Il n’y a qu’à Takayama qu’on a finalement opté pour l’hôtel car plus intéressant en terme de rapport qualité/prix. Oui car n’oubliez pas que l’hôtel fournit le petit déj donc comparez bien hôtels et AirBnB, ça peut valoir le coup.

Le jardin du château Nijo de Kyoto

Le train

Un seul mot : Japan Rail Pass. Ne faites pas l’impasse. Il peut paraître cher à l’achat (400 € pour 3 semaines… par personne) mais franchement, c’est un très bon deal quand on voit le prix du moindre trajet en train et il vous permet d’accéder à quelques lignes de métro extrêmement pratiques et même un ferry pour Miyajima. Je parlerai plus en détail du train une prochaine fois mais sachez qu’avec le JR pass, vous pouvez grimper dans n’importe quel train accessible (oui, attention, certains trains sont gérés par d’autres compagnies donc vous ne pouvez pas monter à bord) sans réserver, il existe des wagons spécialement dédiés pour ceux qui n’ont pas de siège attribué. Mais comme nous aimons notre petit confort, nous avons toujours pris le temps de réserver en allant déposer nos sacs dans une consigne. A noter que le personnel des gares parle très bien anglais, aucun souci pour réserver.

Train japonais

Par exemple, ce super train, on n’a pas pu monter dedans

L’argent

On a pris du liquide en euros, on a changé en yen. Simple. Le change a pu se faire dès l’aéroport, le taux pratiqué là vaut ce qu’on a pu voir en centre-ville, voire plus intéressant.

Hida, village folklorique, Japon

Les consignes

Dernier point essentiel si vous partez en itinérance :toutes les gares sont équipées de consignes, disséminées un peu partout. Pratique quand il faut lâcher le AirBnB à 11h et que le train est à 17h ou que vous vous arrêtez en chemin visiter un château comme Himeji.

Temple bouddhique de Tokyo

La semaine prochaine, je vous raconterai ce que je ferais différemment maintenant que j’ai vécu ce voyage, ça peut être utile.

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Serpenter dans les Alpes japonaises

Le 14 octobre – Petit journée puisqu’on a un peu plus de trois heures de trajet l’après-midi pour rejoindre Takayama. Au programme : musée du manga de Kyoto… après un petit passage à la laverie ! Oui parce que notre AirBnB avait beau être équipé d’une machine à laver, point de sèche linge et faire sécher le linge sur le balcon un jour de pluie, ça marche moyen, moyen… Donc petite pause de 20 mn à la laverie pour faire sécher, le temps qu’une petite mamie nous offre un Fanta Raisin  sans raison (ou on n’a pas compris laquelle).

Borne travaux à Takayama Train à Kyoto

On repart et en chemin, on croise Ibuki Munde (orthographe non contractuelle). Qui donc ? Ibuki Munde. Moi aussi, vingt quatre heures plus tôt, je n’avais aucune idée de l’existence de ce monsieur mais en ce moment, il y a une campagne électorale. Alors comment se passe une campagne électorale au Japon ? Pas de tractage mais mais des voitures sillonnant la ville en hurlant des slogans dans un mégaphone. Donc pendant que nous cherchions un bar la veille, nous avons eu le droit à une dame qui déclamait en japonais “Ibuki Munde ! Ibuki Munde [japonais]. Ibuki Munde. Ibuki Munde…” Il y a aussi les meetings ambulants, on en a également croisé un la veille avec des gens coiffés de chapeaux d’Halloween (?). Ce matin, qui retrouve-t-on devant le Seven Eleven, ses assistants décorant le carrefour de banderoles (je ne comprends que “10%” sur la dite banderole mais de quoi ? Un député acheté, un assistant parlementaire offert ?). Bon, ce doit être la version japonaise de nos marchés, après tout. Par contre, la voiture qui braille les slogans en boucle, priez pour que ça n’arrive jamais chez nous.

Elections législatives au Japon Elections législatives au Japon

Donc le musée du manga. En fait, c’est juste une bibliothèque avec des mangas dans toutes les langues. Je me suis plongée dans le premier volume de Naruto puis je suis passée au n°1 de Monster Hunter mais que j’ai lâché vu que c’était peu ou prou la même histoire (le héros tête brulée, son side kick très sérieux et incroyablement doué, la fille niaise qui ne sert pas à grand chose (le personnage de Sakura dans Naruto crispe légèrement la féministe en moi… enfin, l’écriture du personnage, je veux dire). Bon bref, le musée n’est pas très intéressant en soi, je pique un peu du nez mais j’adorerais avoir la même chose en France (avec mangas, comics et BD, j’entends).

Musée du manga à Kyoto

Et nous revoici dans le train. Après 45 mn de Shinkanzen, nous voici à bord d’un Limited Express et là, je peux vous dire que c’est pas la même histoire. Le train secoue tellement que je galère à écrire, toutes mes tentatives de photo ruinées par les soubresauts. Des photos ? Ou parce que la route est superbe. On circule dans les Alpes japonaises, le long de gorges, l’eau est caressée par une brume basse qui confère au paysage une ambiance quasi surnaturelle. J’avais adoré mon trajet en Renfe pour la beauté des paysages. Là, c’est encore plus grandiose.

Vues sur les Alpes japonaises par la fenêtre du Limited Express Vues sur les Alpes japonaises par la fenêtre du Limited Express Vues sur les Alpes japonaises par la fenêtre du Limited Express

Arrivée enfin à Takayama avec cinq minutes de retard. Il fait nuit mais on sent bien qu’on est en montagne, ça pique un peu. Cette fois-ci, on s’offre deux nuits à l’Hôtel. La chambre est petite, la salle de bain toujours en plastique mais bien assez grande pour ne pas être en contact avec le rideau de douche et le lit, le lit… un bonheur ! Mais surtout, dans cet hôtel, il y a une zone bain au dernier étage avec même une partie extérieure ! L’hôtel nous fournit un pyjama et un petit gilet matelassé, trop chou. Bon, par contre, c’est du modèle unique et ils ont dû prendre pour modèle un Américain Texan, apparemment. Vous avez déjà piqué les fringues de votre papa, enfant ? Et bien, ça donne à peu près la même sensation, je surflotte.

Takayama de nuit

hotel spa Alpina Takayama

Photo non prise par moi 😉

Alors petite histoire de comment qu’on va au bain. Vous prenez votre pyjama, vous allez dans les vestiaires et hop, à poil ! Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Donc après un repas de boeuf Hida cuit à l’étouffée avec plein de plantes sauvages, on se précipite aux bains.

Plat de boeuf Hida

Donc j’avais expliqué un peu crânement à Victor que, si, si, les bains, ça se prend à poil. Sauf qu’en arrivant à l’entrée, je constate qu’il y a plein de chaussons donc plein de gens. Le doute m’assaille… On se baigne bien nus, hein ? Je me rends dans la zone pour me changer, tout le monde est déjà rhabillé… Bon, lançons-nous. Je vire mon pyjama, personne ne moufte. Je rentre dans le bain… Ouf, c’est bon, tout le monde est nu. Je me glisse donc avec délectation dans l’eau chaude, après m’être rincée une première fois. Dès que j’ai trop chaud, je file à la douche. Ici, vous avez le choix entre douche classique debout et douche assise. Face à un miroir. Ok… Je me lève, tranquillou puis je vais profiter des bains dehors. Je plonge dans un bain rond façon grosse bassine, j’admire le ciel (enfin, il fait nuit et nuageux donc l’expérience est un peu limitée). Je suis bien. Je retourne à l’intérieur, petit barbotage, dernière douche puis je file attendre Victor dans la zone repos où l’on peut s’allonger face aux montagnes… qu’on ne voit pas parce que c’est la nuit mais j’imagine. Je me sens bien, j’ai les jambes en coton, je pique un peu du nez mais mon amoureux arrive déjà. La nuit s’annonce paisible.

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