Je vieillis

(Non, non, je ne suis pas morte)

Je ne sais pas pourquoi mais cette année, mon anniversaire m’a plus marquée qu’à l’ordinaire (alors que je l’ai même pas fêté, tiens). Est-ce parce que le chiffre est symbolique, la dernière année avant la prochaine décennie ? Quand on tient un blog qui s’appelle les vingtenaires, je suppose que ce n’est pas banal.


Depuis, j’ai l’impression que je suis sur la pente descendante et ça commence à me faire peur. Déjà, on m’appelle de plus en plus souvent « madame ». Et je trouve ça totalement intolérable. J’ai pas de bague à mes doigts, je suis profondément blessée au plus profond de ma jeunesse. Encore, quand je suis en galante compagnie, je veux bien mais quand je suis seule, non de non. Et comme ça arrive de plus en plus régulièrement, je le vis de plus en plus mal.


Et puis, je vois la différence physiquement. D’abord, j’ai une ridule en plein milieu du front et j’ai beau l’assaillir de mille et une crèmes, elle est toujours là, à me narguer. Bon, il est vrai que je dois me coller au miroir pour la voir mais je sais qu’elle est là et qu’elle ne partira plus jamais. Elle me regarde tel l’œil de Caïn, elle me nargue… Et que dire de mes joues qui s’affaissent un peu ? Et du fait que je mets trois jours à récupérer d’une nuit de 5h alors qu’avant, c’était mon quotidien ? Non mais imaginez, y a des soirs où je suis couchée à 23h, moi…


Ah et tant qu’on est dans le « on ne peut pas être et avoir été », atomisons ce qu’il me restait de réputation de fêtarde : je ne tiens plus du tout l’alcool. Selon ma forme, il peut suffire d’un verre de vin pour me saouler. C’est dramatique. Surtout quand ce verre est pris à l’heure du déjeuner, entre amis, et que je dois retourner au boulot ensuite alors que ma tête est lourde, lourde.


Bref, je sais pas mais depuis quelques temps, je sens que le temps me rattrape et que mon sentiment d’éternelle jeunesse s’envole. Il est bien loin le temps de l’insouciance et des nuits blanches « même pas mal », cette époque bénie où je bossais la nuit quand la ville dormait. J’adorais vraiment ça, écrire entre 3 et 6h du matin, j’avais l’impression de dominer un peu la ville, être la gardienne. Ce qui est illusoire mais j’aimais cette solitude. Aujourd’hui, même le week-end, je ne tiens pas jusqu’à 6h du matin. A partir de 2h, je ne peux plus écouter ce qu’on me dit, je m’endors en pleine conversation…  Merde, bientôt, je vais avoir des rhumatismes ! Et je n’ose plonger dans ma chevelure à la recherche du premier cheveu blanc. C’est un peu l’avantage de la châtainité claire (ohé, je peux aussi inventer des mots) à base de mèches blondes naturelles, un cheveu blanc n’est pas visible. Il y a 4 ans, je n’avais pas un seul cheveu blanc, dixit ma coiffeuse. Là, je parierais pas… Déjà que j’ai une tension élevée.


Dieu merci, j’ai encore des gens qui s’écrient (sincèrement) : « Quoi, t’as 29 ans ? Ah je t’en donnais moins ! ». Sinon, je ferais une grosse grosse déprime. Bon, puisque je fais moins, je vais en profiter un peu pour faire la fête et essayer de tenir debout jusqu’à des 3h du mat. Youhou !

NB : Par exemple, si cet article n’a pas été écrit hier soir, c’est que je me suis écroulée à 21h.

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