Au fond de l’eau de Paula Hawkins, le bon polar de vacances

(Pour ceux qui ne partent que maintenant). Je suis une fille rarement à la page, je ne me précipite pas sur les nouveautés littéraires à quelques exceptions près mais pour une fois, j’ai lu un livre à sa sortie… parce que je l’ai piqué à ma maman lors de mon dernier passage en province. Donc Au fond de l’eau de Paula Hawkins, autrice de La Fille du train

Au fond de l'eau de Paula Hawkins

L’histoire : Jules reçoit un matin la visite de la police l’informant du décès par suicide de sa soeur, Nell, qu’elle ne fréquentait plus depuis des années. Jules va donc devoir partir à Beckford où vivait sa soeur, dans la maison que sa famille louait quand elles étaient enfants, pour s’occuper de sa nièce Lena, ado de 15 ans qu’elle n’a jamais vue. Alors que Jules doit faire face à des souvenirs enfouis très désagréables, les habitants de Beckford cachent tous soigneusement leurs secrets tandis que Nickie, vieille excentrique voyante, va essayer de partager ce qu’elle sait sur la mort de Nell mais aussi sur celles de ces femmes qui se sont suicidées au même endroit… Car Nell était fascinée par ce lieu et ses histoires et les nombreuses questions qu’elle posait lui attirait l’inimitié de certains. Suicide ou assassinat ?

La baie du naufrage, Grèce

Alors que retenir de ce roman ? Comme la fille du train, on est très loin des super héros omnipotents et omniscients, Jules, Lena et l’ensemble des personnages ont des failles et composent plus ou moins avec. L’histoire avance et l’on découvre des éléments au fur et à mesure, ça se lit facilement, je l’ai lu en à peine dix jours (ce qui est plutôt remarquable en temps normal vu que je ne lis guère un livre papier qu’une vingtaine de minutes par jour). Je le conseille pour la plage, un voyage en train car il se dévore l’air de rien, mais…

Lire à la plage

Je ne le trouve pas indispensable non plus. Déjà, un gros souci par rapport à la Fille du train : la multiplication des personnages et points de vue. Dans la Fille du Train, qui doit faire peu ou prou le même nombre de pages, on ne suivait le point de vue que de trois personnages : l’héroïne principale, la fille qu’elle observe du train et la nouvelle compagne de l’ex de la fille du train (dont j’ai oubliée le prénom et j’ai la flemme de chercher, je confesse) et on suit surtout la fameuse fille du train donc on s’attache quand même à elle, on s’inquiète pour elle, on ressent ce qu’elle ressent. Là, pas tellement. Déjà, au fond de l’eau fait référence à Nell, celle morte dès le début du roman mais surtout, la multiplication des points de vue rend le récit très confus surtout au départ où on suit des tas de gens dont on ne sait rien et tout le monde est ravi que Nell soit morte ou à peu près. Du coup, en suivant les pensées de gens qui se détestent tous entre eux ou à peu près, difficile d’avoir de l’empathie pour qui que ce soit.

Nous avons tous des secrets

Autre point qui me dérange un peu : on a tendance à deviner les rebondissements un peu à l’avance ce qui ne me dérange pas, en soi. Ca arrive qu’on devine l’assassin, ça fait chier mais on poursuit la lecture pour valider notre scénario. Mais là, pour nous perdre, Hawkins multiplie les tours de passe-passe qui n’ont in fine pas de réel intérêt dans le récit à auquel on n’apportera aucune explication, c’était juste un panneau “hé regardez là !” pour un peu complexifier le jeu… Et c’est un peu de la triche. Je trouve que l’écriture d’un polar est assez difficile, je ne m’y suis jamais vraiment risqué car je trouve justement difficile de mener l’histoire à bien sans que l’on devine trop tôt qui est le meurtrier. Je m’étais dit que, effectivement, la fausse piste pouvait être une façon facile de ménager le suspense. Sauf qu’à lire, ça peut être légèrement agaçant. On n’est pas des lapereaux !

Lapereau

Dernier point enfin : c’est bien de faire parler différents personnages pour tisser un récit, pourquoi pas, mais qui pense à ses secrets en mode « si jamais quelqu’un découvrait que… non, personne ne doit le savoir ». Quand je pense à mon secret, je le visualise, j’y mets malgré moi des formes et des mots, tu peux pas faire parler des gens qui ont une myriade de secrets et faire en sorte qu’ils n’y pensent pas des fois que… je sais pas, on lise dans leur esprit ? Dans ce cas là, ne les mets pas en scène… Dans La fille du train, sur les potentiels suspects, aucun ne racontait l’histoire, c’était plus simple… et ça faisait moins truc en toc pour perdre le lecteur, j’avoue.

Paranoia

Donc est-ce qu’on lit Au fond de l’eau ? Oui, sur la plage, en train ou en avion, c’est pas désagréable… mais pas immanquable.

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Glacé de Bernard Minier

Je ne suis pas toujours fan de romans policier. C’est à dire que je déteste les romans policiers où je devine l’assassin ou ceux qui “trichent” en sortant un coupable du chapeau “ahah, le tueur était le passant de la page 117, surprise !”. Mais vu que celui-ci était conseillé par ma maman parce que “ça se passe dans les Pyrénées”, je lui emprunte à la faveur d’un aller-retour à la maison. Retour en train, je me plonge donc dans “Glacé” de Bernard Minier.

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C’est l’histoire de Servaz, un flic de Toulouse. Oui, alors ok, déjà, j’admets que lire un roman qui se passe dans une ville que j’ai vécu, il gagne quelques points de sympathie. Mais l’intrigue se passe finalement peu à Toulouse, Servaz partant enquêter à St Martin de Comminges dans les Pyrénées. D’étranges crimes dans un village hanté par les fantômes du passé. Juste à côté, une jeune psychiatre suisse débarque dans l’asile du coin recelant de graves psychopathes dont la “star” des tarés, Julian Hirtmann, résidant Suisse qui a un peu torturé sa femme et son amant avant de les tuer par électrocution via un gode perceuse (oui, oui). On suit donc deux histoires : d’un côté l’enquête de Servat qui voit les cadavres s’accumuler et les errements de Diane la psychiatre qui se sent pas super à l’aise dans cet asile au milieu de la montagne, d’autant qu’il se passe d’étranges choses la nuit…

Transport-du-talc-depuis-la-carri-re-vers-l-usine

Le lien entre les deux ? On retrouve sur les lieux des deux premiers crimes l’ADN d’Hirtmann. Pourtant, il n’a pu sortir de sa cellule… Qui commet donc ces crimes ? Quel est le lien avec l’asile ? Evidemment, je ne vous dirai rien, zavez qu’à lire le bouquin. Et il se dévore assez vite.

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Parce que globalement, oui, j’ai aimé. L’écriture est fluide et efficace, la montagne crée un sentiment angoissant et paradoxal d’enfermement. L’enquête est bien menée même si j’ai découvert un truc sur un personnage assez tôt mais ça va, c’était pas le dénouement, je l’aurais eu un peu mauvaise. Preuve que le roman était bon, j’y pensais une fois le livre fermé pour échafauder des théories, essayer de résoudre moi même l’enquête. Seul bémol : la vie privée du héros. Il y a parfois des scènes tournant autour de sa fille ou de ses relations avec la femme de son adjoint et j’ai parfois eu l’impression que ça servait surtout à faire durer le suspense. Mais le roman a une suite avec les mêmes personnages donc je suppose que la vie privée du héros sera une nouvelle fois explorée mais ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus. Surtout que ça n’a finalement aucun lien avec l’enquête.

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Bref, est-ce qu’il faut l’acheter ? Bah oui ! Et pas juste parce qu’on aime Toulouse et les Pyrénées. J’avais pas deviné la fin et ça, j’aime ! Même si j’ai perdu quelques heures de sommeil à vouloir à tout prix en lire plus.

A Pentecôte, je récupérerai le volume 2 !

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