Il n’y a pas d’âge pour les râteaux

Par Lucas

Aujourd’hui, j’ai eu un rendez vous médical avec une femme dont je suis un peu amoureux. Comme c’est l’une des dernières séances, je lui ai demandé si je pouvais « dire au revoir à Mademoiselle Through, dire bonjour à Célia » et l’inviter au resto. Elle m’a répondu que ce ne serait pas « déontologique ». Vie de Merde.

Pourquoi je dis ça ?
Parce que ça m’agace qu’on me réponde un truc pareil alors que j’ai attendu des semaines et des semaines pour lui proposer ce resto. Afin, justement, que nous ne soyons plus dans une relation de patient à thérapeute. Donc, en somme, ce qui me fait râler, c’est le fait qu’elle ne me dise pas clairement « non tu pues » ou « non, je n’ai pas d’atomes crochus avec toi ». Histoire que je sache à quoi m’en tenir. Qu’elle se camoufle derrière un paravent de conventions, ça me fait ronchonner… Surtout que, ce que j’adore chez elle, c’est son coté sincère. Et bah là, je tombe de haut…

Quelque part, se prendre un râteau, c’est se remettre en question… Sur sa place, sur ce qu’on est, sur ce qu’on veut. Je ne compte pas le nombre de râteaux pris de plein fouet où j’ai quand même cherché à aller plus loin et où ma ténacité a fonctionné. Petite pause dans cette bafouille, allez donc voir cet extrait de Manuale d’Amore : c’est tellement ça !!


Et pour revenir à la question de l’être, je me dis que ca rejoint toujours la dimension du paraître. Est-ce que le personnage public de Lucas, joué sur la scène du théâtre social correspond à ce qu’il  a, au plus profond de lui-même, ou bien est-on à 1000 milles de la vérité ? Bah oui ! Illustration….

J’ai trouvé récemment avec l’aide d’une super conseillère RH, ce que je voulais faire de ma vie. De la Communication Stratégique (purée comme c’est beau ces titres ronflants). Pour résumer, disons que c’est de la communication instrumentalisée pour conforter les interlocuteurs dans leur image de la boite et de ses valeurs (mais là les gens intègres vont me dire que la com n’est pas une fin
en soi et que c’est déjà un instrument, un outil, un moyen, certes, certes…).On est pas loin du lobbying et.. Bref.

En fouillant un peu ce marché histoire de mieux le comprendre, je suis tombé sur une phrase très vraie et qu’on peut surement extrapoler pour expliquer mon râteau, je cite

« Entre
Ce que je pense
Ce que je veux dire
Ce que je crois dire
Ce que je dis
Ce que vous avez envie d’entendre
Ce que vous entendez
Ce que vous avez envie de comprendre
Ce que vous comprenez,
Il y a 10 possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer.
Mais essayons quand même… »

Cela veut-il dire que dans la séduction il n’y a pas de place pour le parler vrai et la sincérité ?
Cela veut-il dire qu’il faut se conformer à des schémas convenus, ne pas sortir des sentiers battus ?

Je refuse cette sclérose plaquée par la force implicite du qu’en dira t-on et par la peur de donner une mauvaise image.
Sommes-nous en train de rentrer dans une société de façades où il faut montrer un paraitre idéel et fallacieux tout le temps ?
Les relations sociales sont-elles appelées à être encore plus consensuelles ?
Les esprits singuliers et iconoclastes vont-ils devenir des marginaux ?

Bon, heureusement pour moi, samedi soir j’ai vu la coloc d’un copain que j’avais entraperçue à Odéon le jour où elle passait son examen pour rentrer dans l’appart. Je vous parle d’elle parce quencette demoiselle est une bonne occasion pour renouer avec le jeu de la séduction plus ou moins implicite, plus ou moins volontaire. De l’art délicat d’être en intelligence avec la donzelle… Bon, si
ça se trouve un jour, en France, on va en arriver a cette scène mythique de « Mensonges et Trahisons »… Allez, tiens,  je vous laisse là-dessus…

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N’importe qui peut faire mon métier

 Il y a pas mal de temps, j’ai lu un article d’Hervé Brusini sur les journalisme et la blogosphère (Le journalisme, quand Internet est roi…, dans Le Monde du 05 mars… Oui, je
fais preuve d’une incroyable réactivité, là). Le lisant dans le train reliant mon sud adoré à Paris, j’étais déjà passablement de mauvaise humeur grâce à l’heure et demie de retard de mon train.
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Là, je lis la prose de M. Brusini et je suis passablement agacée. « Tous journalistes ? ». Ben tiens, c’est bien la peine que je me sois fait chier à faire 7 ans d’études alors que journaliste, c’est pas quelque chose qu’on devient, c’est quelque chose qu’on est. Hé oui, moi, je fais ma maline avec mon « master professionnel de journalisme » mais n’importe qui peut faire la même chose que moi.

Le blogueur est-il un journaliste ? Rien ne m’agace plus que cette affirmation. Qu’est-ce qu’un blogueur ? Quelqu’un qui écrit, se filme ou parle, nous sommes d’accord, il utilise finalement les mêmes formats qu’un journaliste. Je ne dénigre pas le média blog, sinon, j’aurais pas les miens ! Je trouve que les blogs, bien utilisés, sont un vecteur
d’information tout à fait intéressant, j’en lis tous les jours. Mais ce que j’aime dans leur blog, c’est leur subjectivité, leur légèreté.

Quand j’écris un article pour mes blogs, je suis en mode « fille ordinaire de 27 ans » et pas en mode journaliste. En gros, je ne fais pas de recherche documentaire, je décroche pas mon téléphone pour un entretien, avoir l’avis d’un psy, d’un sociologue ou d’un politologue, je croise pas les infos, j’ai pas de dossier de presse. Quand j’écris un article de blog, je me pose juste devant mon ordi et je plaque mes idées sur l’écran et ça ne va pas plus loin. C’est totalement subjectif et je le revendique. J’ai d’ailleurs dû m’énerver car pas mal d’internautes me reprochaient mes opinions, m’expliquant que « pour une journaliste », j’avais des avis bien tranchés. Apparemment, on est tous journalistes mais ceux qui en ont le diplôme n’ont pas le droit d’avoir un avis.

Un blog n’est-il pas finalement que la vision écrite (ou filmée) d’une conversation du café du commerce. Ici, je vais m’amuser à analyser l’actu, à donner mon opinion mais je ne
pose aucune vérité établie, je ne cherche pas à recouvrir ma prose d’un vernis de crédibilité pour vous faire adhérer à mon avis. Pour moi, la différence majeure entre journal et blog, c’est le but. Un journal cherche à informer et à faire comprendre alors que le blogueur cherche à partager. Une musique, un coup de cœur, une opinion mais il partage.

Je suis un peu fatiguée par cette volonté de toujours opposer les uns aux autres. Le fait de bloguer n’est pas du journalisme et je trouve très grave de faire l’amalgame. Parce que
c’est écrit, on a l’impression que c’est indiscutable, on se méfie plus des journalistes que des blogueurs sous prétexte que les blogueurs annoncent clairement leurs orientations politiques et sont « libres ». Pourtant, pas mal d’intox circulent sur le net comme les nombreux hoax qu’on reçoit par mails et que certains prennent pour argent comptant.

Le journaliste, lui, a une obligation morale et éthique de ne pas avancer n’importe quoi. Notre métier implique non seulement un savoir-faire qui ne s’acquiert pas en claquant des
doigts, un réseau constitué au fil des expériences, une rapidité d’exécution née de la pratique mais surtout une déontologie. La rumeur ne doit pas faire les choux gras des journaux. Bien sûr, ça, c’est la théorie. Mais tout de même, je suis lassée de voir à quel point mon métier est bradé aujourd’hui. Bien sûr que je savais écrire avant de commencer mon « master professionnel ». Mais j’oubliais parfois, comme mes camarades, que le but premier d’un article, c’est d’informer donc les titres semi obscurs genre on fait du Libé mais on pousse le bouchon trop loin, on oublie. Si on veut faire des effets de style qui rendent nos propos limite incompréhensible, on écrit un roman. Un article de journal, il faut que ce soit compréhensible pour tous. Sujet, verbe, complément, pas la peine de faire des phrases de 4 km de long. On apprend aussi l’art de choisir la bonne photo, comment fonctionne une caméra, ce qu’il faut filmer, les montages d’images qui donnent du sens, éviter les faux plans, les mauvais raccords, travailler sa voix pour la faire paraître plus spontanée. Quoi qu’en disent certains qui méprisent le journaleux, c’est
un vrai métier.

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Les médias ont-ils une influence quelconque sur nous ?

La semaine dernière, j’épinglais une nouvelle fois une émission télé et dans les comms, un petit débat sur le sujet était né et j’ai décidé d’en faire un article à part entière.
influence-hypnose
 
Durant mes études journalistiques, j’ai eu un cours fascinant sur la sociologie de la réception. M. Tintin Hondelatte, mon directeur de master (que j’appellerai comme ça désormais car c’est un bon croisement entre les deux), soutient mordicus que NON, les médias n’ont aucune influence sur nos opinions et comportements. C’est d’ailleurs ce qu’a démontré M. Lazarsfeld, un chercheur américain sévissant durant les années 40 ou par là. En effet, selon ce monsieur, si on a une opinion politique bien établie, ce n’est pas les médias qui nous en feront changer. Certes, certes. De là à nier absolument le rôle des médias sur la formation des opinions, je dis non ! Je me souviens du débat qu’on avait eu en cours, il avait dit en rigolant : « non mais c’est du n’importe quoi les gens qui disent que les pubs pour les sucreries font grossir les gamins, je vous avais mis ce texte là pour vous piéger ». Connard, va ! C’est d’ailleurs pour ça que le CSA réglemente la pub pour enfants : elle n’a aucune influence sur les enfants mais emmerdons les publicistes, tiens ! Pffffffff ! Je me souviens, moi, quand j’étais petite, je voulais que ma mère achète de la soupline parce que je voulais le nounours de la pub…
 
J’ai donc rédigé un devoir thèse/antithèse sur le sujet en disant que, certes, les médias ne nous influencent pas à partir du moment où notre opinion est faite mais il ne faut pas nier absolument le pouvoir des médias. Et je me suis pris un merveilleux 2,5/10 (note limite éliminatoire puisque si on se prend une note inférieure à 5/20, on ne peut pas avoir notre diplôme). Je ne comprends pas comment on peut décemment enseigner ça à de futurs journalistes. Bon, je ne dis pas que les journalistes sont tous puissants mais aujourd’hui, il faut bien se rendre compte que pas mal de gens se font une culture politique en regardant la télé. En 2002, par exemple, il y a eu une vraie polémique sur le rôle des médias dans la présence de Le Pen au second tour. Je pense, en mon âme et conscience, que c’est un peu trop facile de tout foutre sur le dos des médias en disant : « c’est leur faute, ils font peur aux gens avec leur reportage sur la violence dans les cités ». Il y a eu de ça, certes, mais je crois que le malaise est un peu plus profond que ça mais là n’est pas le sujet de l’article.
 
En tant que journaliste (enfin, euh… future), penser que ce que je pourrai écrire n’aura aucune importance est un peu dangereux. Nombre d’hommes politiques ou personnalités de toutes sortes ont dû essuyer des scandales révélés par les journaux. Le problème des médias aujourd’hui, à mon sens, c’est l’urgence. Il faut du scoop A TOUT PRIX. Donc on écrit un article basé essentiellement sur des bruits, des rumeurs, on passe pas forcément le temps de vérifier et là, on chute. Quelque part, je ne comprends pas que David Pujadas soit encore en poste après sa merveilleuse bourde sur Juppé, tout ça pour griller la Une… En même temps, je comprends pas non plus comment PPDA peut encore avoir une quelconque crédibilité suite à sa fausse interview de Fidel Castro. Evidemment, moi, je suis encore à l’orée de ma carrière, même si je n’ai pas précisément une vision toute rose de ma profession , rien ne me garantit que je ne ferai pas la même erreur que mes confrères. Aujourd’hui, la déontologie semble passer bien après les intérêts commerciaux : faut vendre, si on se plante, on s’excusera après, c’est pas grave. Bon, ok, on a ruiné la réputation d’un type qui ne demandait rien à personne (oui parce qu’en général, les médias s’auto alimentent) mais bon, on s’est excusés, hein ? Venant de Toulouse, j’ai pu voir à quel point la rumeur relayée par les journaux pouvait être proprement catastrophique. Je n’ai franchement aucun avis sur l’implication de Baudis dans l’affaire Allègre, je sais pas s’il est coupable ou innocent, j’ai pas les moyens de le dire, de toute façon. Mais cette triste affaire n’a pas vraiment fait du bien à Toulouse, tout le monde s’en est mêlé, y compris des présentateurs télés qui se la jouent journalistes alors qu’ils ne le sont pas (hein, M. Zéro, le bien nommé ?). L’avantage, dans ce genre d’histoires, c’est que tous les médias sont liés : oui, on s’est plantés, mais on l’a fait collégialement donc il n’y a pas de réel coupable.
 
Puis-je décemment affirmer que ce que j’écris n’aura aucune influence sur personne ? Bien sûr que non. Je retranscris les faits selon ma vision de ceux-ci, ce n’est pas forcément comme ça mais c’est ainsi : l’objectivité est un leurre. Il n’y a qu’à lire le Figaro et Libé sur un même sujet, vous verrez. Evidemment, chez mon marchand de journaux, j’aurai naturellement tendance à acheter Libé, je ne pense pas que le lire influencera particulièrement mes opinions politiques. Ceci étant, je considère sans prétention faire partie d’une certaine élite qui a un minimum de connaissances politiques et qui multiplie ces sources d’informations : journaux, télé, radio, selon l’humeur du moment. Je sais prendre de la distance par rapport à ce que l’on me raconte, réfléchir aux faits pour me bâtir ma propre opinion.
 
Mais tout le monde n’est pas comme ça. Des tas de gens mangent devant les infos, le prêt à consommer de l’actualité, on avale les reportages en même temps que notre gratin dauphinois, on ingurgite sans même réfléchir à ce que l’on entend. Les jeunes de cité ne sont que des sauvageons prêts à tout brûler. L’insécurité est partout. Le chômage baisse. Le dernier film des Bronzés est gé-nial… Le problème est qu’on ne peut pas savoir tout sur tout. Comment puis-je mettre en doute un reportage sur un pays comme le Togo (totalement au hasard) où je n’ai jamais mis les pieds ? Même si j’aime bien tout ce qui est international, ma connaissance ne se base que sur ce que j’en lis. Si un journaliste écrit une énorme connerie sur le Togo, comment puis-je m’en rendre compte ? Là, c’est un exemple extrême, tout le monde s’en fout du Togo, de toute façon. Mais le journalisme glisse de plus en plus dans le prêt à consommer donc on multiplie les approximations et on finit par propager des images fausses.
 
Je n’irai pas jusqu’à dire que le journalisme peut changer le monde, voire même la France (soyons modestes). Les Français n’ont pas voté Le Pen à cause des médias mais ils ont contribué à entretenir le climat ambiant. Parce que comme je disais plus haut, le but premier d’un média est de faire de l’argent donc de suivre les thèmes d’actualité. Les blogs sont à la mode ? Hop, 50 émissions de radio, de télé ou des magazines sortent sur le sujet, entretenant d’autant plus le phénomène. J’adore regarder Arrêt sur images et voir un peu les « sujets à la mode » : grippe aviaire, guerre en Irak ou courses de Noël… Des fois, je regarde les infos et ils rabâchent tellement les mêmes infos que j’ai
l’impression de ne pas avoir vu le journal depuis longtemps… N’empêche qu’à force de nous agiter des épouvantails sous le nez, les gens sont terrorisés : ne mangeons plus de bœuf, de poulet, d’œufs et de produits laitiers… Ben youpi ! De toute façon, moi, j’ai mangé pendant 5 ans au restaurant universitaire, si j’ai pas chopé la vache folle, je ne l’aurai jamais. Informer est une chose, entretenir une paranoïa en est une autre.
 
Tout est orienté. Je me souviens à l’époque avoir vu un Envoyé Spécial sur l’affaire Dils, à l’époque où il n’avait pas encore été innocenté. Le reportage avait clairement choisi son camp, démontrant par A+B que Dils était forcément innocent et Francis Heaulme coupable. On voyait même une photo de Dils en communiant à côté une photo de Heaulme où il foutait franchement la trouille. J’ai certes du mal à croire que P. Dils soit coupable mais faire un reportage à ce point subjectif, ça me fait grincer des dents.  Idem dans la « merveilleuse » émission Faites entrer l’accusé avec M. Hondelatte qui passe trois heures à se mettre en scène en train de marcher sur les quais de la Seine, l’air préoccupé, ou à fouiller des dossiers (mais à quoi ça sert, franchement ?) et là, dès le départ, on décide que l’accusé est coupable ou pas. Depuis quand les journalistes jouent les juges ? Depuis longtemps…
 
Alors enseigner à de futurs journalistes que les médias n’ont aucune influence sur l’opinion publique, n’est-ce pas un peu dangereux ? Si, carrément, et je méritais bien plus que 2,5. M. Tintin Hondelatte, si vous me lisez (ça m’étonnerait mais on ne sait jamais), cessez de vivre dans votre tour d’ivoire de sociologue et ouvrez un peu les yeux sur le monde. Lazarsfeld, c’est périmé, toutes les recherches sont à refaire. Demandez à M. le prof de communication politique, le pervers qui me parlait en me regardant droit dans les seins (véridique), ce qu’il en pense de vos théories Lazarsfeldiennes, ça promet un débat…hum…houleux.
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