Le vote utile nous a-t-il volé notre droit au choix

[Article écrit avant les résultats du 1er tour donc je vais peut-être être absolument anachronique, je sais pas]
Je suis triste, dépitée, saoulée. Alors que le 1er tour est en cours (on est dimanche quand j’écris cet article), je vois de plus en plus de gens choisir un vote “utile” et non pas un vote de conviction. C’est ma besta qui m’explique qu’elle voudrait voter blanc mais que ça sert à rien. C’est mon collègue qui me dit qu’il votera Hamon, même si ça sert à rien. Je vous rassure les copains, si mon premier choix n’est pas qualifié au second tour, ma voix n’aura pas eu plus de valeur que la vôtre.

Vote inutile

Alors je les ai encouragés sur cette voie. Je n’ai pas fait le même choix qu’eux mais je veux qu’en France, on puisse voter pour un projet de société, une conviction, une envie… et pas juste pour le mec qu’on te présente comme seule alternative. Une fois tous les cinq ans, on invite les citoyens à donner leur avis sur la suite de l’histoire : est-ce que tu veux continuer dans la voie déjà prise, veux-tu changer de voie, considères-tu qu’aucune voie ne te convient ? Une fois tous les cinq ans, on a la possibilité de tous donner notre avis sur la direction à donner à la politique nationale du pays. Oui, tous les cinq ans car les autres scrutins concernent d’autres sujets. Evidemment, vous avez tout à fait le droit de descendre dans la rue entre deux élections pour dire non aux nouvelles lois and co, c’est juste pas le sujet. Donc, un avis tous les cinq ans et on vient vous faire chier pour que nous ne votiez pas en fonction  de ce que vous voulez mais en fonction de qui a le plus de chances de l’emporter.

vote utile

C’est d’abord le délire du vote contre. On va t’ériger quelques bêtes immondes en t’expliquant que tu dois absolument faire barrage à ces gens là. Peu importe ce que tu veux pour ton pays, on va te convaincre que c’est moins important que ce que tu ne veux pas. Alors comprenez que je serais la première à faire sacrément la gueule si la Marine passe mais j’ai un peu compris qu’une élection, c’est pas juste un bulletin dans une enveloppe et on subit pendant cinq ans, voyez. Remember CPE. Mais je vais pas voter pour quelqu’un juste parce que ce quelqu’un pourrait empêcher quelqu’un d’autre d’être élu. On n’est pas dans une élection de délégués de classe où je vais voter Déborah plutôt que cette te-pu d’Elise qui se tape tous les mecs alors qu’elle a un gros cul (on est très cons au lycée).

Popularité au lycée

Mais surtout, ce qui me fait vomir, c’est le vote utile. Parce qu’on en vient à se demander qui choisit vraiment le Président et son gouvernement. Les citoyens qui votent en leur âme et conscience ou les instituts de sondage qui te disent que le seul rempart vs la bête immonde, c’est celui-ci ou celui-là. Parce que j’en ai vu des gens me dire “je vais voter Macron car c’est le seul qui peut empêcher un deuxième tour Fillon- Le Pen.” Alors déjà, on n’en sait rien (c’est pas comme si ces dernières années, les sondages nous racontaient un peu n’importe quoi, coucou 2002, coucou le Brexit, coucou Trump… et encore, je dis ça, c’est pas tant les sondages que l’interprétation éditoriale qu’en font les médias qui ont leur poulain, notez) mais surtout, est-ce que vous avez juste conscience que vous faites taire vos ressentis, vos envies parce que tel journal ou tel institut de sondage a choisi pour vous ? Parce qu’en plus, le vote utile a un effet terriblement pervers : si vous le suivez, vous donnerez aux sondages un pouvoir d’auto-réalisation terrible. Ca veut dire que pour les prochaines élections, ce seront 3 instituts de sondage et 4 journaux qui décideront qui ils veulent voir au sommet de l’Etat et, spoiler, leurs intérêts ne sont pas forcément les vôtres.

Lire la presse et boire du café

Bref, je ne rentrerai pas dans ce jeu là. Si le 07 mai, je n’ai le choix qu’entre Fillon, Le Pen ou Macron, je ne choisirai aucun des trois (désolée mais Macron est limite plus dangereux que les deux autres parce que vu qu’il n’aura jamais la majorité parlementaire, la droite contre laquelle vous avez voté, y a de fortes chances que vous vous la ramassiez en gouvernement donc encore pire…). Selon le casting du second tour, je pense tenter le vote nul en écrivant quelque chose sur mon bulletin de vote. Peut-être un “rend l’argent”, peut-être quelques citations politiques ou voter pour ma candidate de coeur qui ne se présentera peut-être jamais mais qui a un courage de dingue : Isabelle Attard.

Isabelle Attard

<3

Mais le vote utile, jamais il ne passera par moi

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Le cas Wes Anderson

Je ne suis pas cinéphile mais je me soigne ! J’ai souvent dit que j’avais un souci avec le cinéma : trop passif (contrairement à la lecture qui est une activité en soi ou la télé que je regardais toujours en faisant autre chose) d’où assoupissement régulier, scénarii cousus de fil blanc (défaut commun à la littérature romantique), acteurs que tu n’aimes pas toujours… Mais j’essaie de me soigner et grâce à des Youtubeurs formidables comme le Fossoyeur de films ou mon idole Karim Debbache (ce mec est un GÉNIE de l’écriture. En majuscule, oui)(je mets le lien vers sa chaîne Youtube et celle sur Dailymotion car sur cette dernière, y a Chroma et c’est génial), ma curiosité est titillée. Alors avec Victor, on s’est lancés dans un cycle Wes Anderson.

Wes_Andersson

Sur la théorie, Wes Anderson, c’est déjà un univers visuel fort avec des couleurs saturées,  ses travellings et ralentis. Ce sont aussi des ambiances surannées, des personnages évoluant dans des époques révolues, une esthétique rétro irrésistible. Et puis y a la famille, au sens propre comme au sens figuré, des pères absents ou peu impliqués, souvent. Des originaux aux vies ordinaires qui vivent des épopées extraordinaires, des moments drôles, d’autres touchants. Et Bill Murray. Des gens en parlent mieux que moi et s’y connaissent mieux que moi donc allez lire leur prose.

Wes anderson

Et mon avis alors ? J’adore. En top 3 : la vie aquatique (forcément pour une plongeuse), Mister Fox et the grand Budapest hôtel. Après, je ne suis pas sûre mais la famille Tenenbaum est limite celui qui m’a le moins convaincue même si, miracle, il n’a fait dire du bien de Gwyneth Paltrow que je trouve généralement fade et sans intérêt. Donc ça donne une idée du niveau du film que j’ai le moins aimé. Chaque visionnage nous a mis d’excellente humeur, un vrai délice et un tel sans faute, bordel, c’est suffisamment rare pour être célébré. J’aime les décors, pour commencer, les personnages qui se parlent en mouvement, se poursuivent parfois, souvent dans les escaliers, beaucoup d’escaliers…

Le bateau de la vie aquatique de Wes Anderson

Là, par exemple, c’est le décor de la vie aquatique, notez les différents niveaux et les escaliers

Mais surtout, ce que j’aime, ce sont les personnages frappadingues, originaux et foncièrement drôles. Dans les films, un truc que je déteste, ce sont les personnages qui agissent en dépit du bon sens. Genre si on prend le Dernier Pub avant la fin du monde (j’ai vraiment pas aimé ce film même si le twist de milieu de film m’a scotchée), le héros est complètement antipathique, ses ex amis n’ont aucune, et je dis bien aucune, raison de le suivre dans son délire et pourtant, ils le font. Dès ce moment là, je décroche, j’ai juste envie de lâcher un “bande de cons” et d’éteindre l’ordinateur pour passer à autre chose. Dans les Wes Anderson, les personnages n’ont pas toujours un comportement cohérent (pléonasme) mais leur grain de folie, finement distillé au début du récit, nous fait accepter ses décisions, même les plus connes.

A bord du Darjeeling Limited - Wes Anderson

Regarder un film de Wes Anderson, c’est rire. Attention, n’allez pas imaginer que c’est de la comédie grasse, non. Mais il y a une bonne humeur, une fuite en avant vers un avenir que l’on espère meilleur, une fuite qui serait in fine une solution au problème. On a toujours droit à une galerie de personnages hauts en couleur incarnés par des acteurs croisés ça et là dans les autres films. Ah oui, y a ça aussi chez Wes Anderson : reprenant régulièrement les même acteurs, on attend toujours l’apparition d’un Bill Murray, acteur principal ou personnage à la limite du figurant (A bord du Darjeeling limited), idem pour Owen Wilson (souvent en premier rôle mais très discret dans The Grand Budapest Hotel, par exemple). D’autres acteurs sont pris un peu à contre emploi et délivrent une performance étonnante : j’ai déjà parlé de Gwyneth Paltrow, je pense aussi à Bruce Willis dans Moonrise Kingdom, Jeff Goldlum ou Adrien Brody dans The Grand Budapest, Cate Blanchett sublime dans la vie aquatique…

La famille Tenenbaum de Wes Anderson

En fait, je crois que ce que j’aime le plus dans les Wes Anderson, c’est la sensation que les acteurs se sont éclatés. On a l’impression de retrouver à chaque fois une bande de pote, il y a parfois quelques petits nouveaux qui ne sont que de passage, parfois, on repère un visage discret croisé dans une autre histoire.

Le casting de Moonrise Kingdom

Bref, si vous ne connaissez pas et que vous avez quelques soirées à occuper, c’est de la bonne came. Si je peux donner un petit conseil : il semble que le Grand Budapest Hotel est un peu en dessous d’autres films. Nous, on l’a vu en 2e (après la vie aquatique) et on a vraiment adoré donc pour savourer tout le sel de ce film, mettez le en haut de la pile, ça vaut vraiment le coup.

The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson

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J’ai vu pour vous l’Exoconférence d’Alexandre Astier

Il y a un mois ou à peu près, Zeno et moi nous sommes rendues au Théâtre du Rond-Point pour assister à l’Exoconférence d’Alexandre Astier. Petit préambule : Astier ne semble ne pas faire l’unanimité, ce qui est plutôt sain, je ne suis moi-même pas une fan absolue même si j’ai pas mal de bons souvenirs de Kaamelott, j’y suis donc plus allée par curiosité qu’autre chose. Et la curiosité est toujours la meilleure raison pour découvrir quelque chose.

ExoConferenceAffiche

Ca commence : écran géant qui commence à diffuser des images de synthèse avec Astier qui commente : voici le Big Bang, ça explose, l’univers existe… Lumière, l’acteur apparaît, boîte de popcorn en main et nous explique : c’est bien joli et impressionnant cette explosion mais il est fort probable qu’il n’y en ait pas eu, en fait… Et c’est parti pour 1h30 d’une histoire de l’univers vu par les hommes un peu revisitée. De l’Antiquité au Moyen Age avec un passage obligé par Ptolémée, Copernic puis Fermi et son fameux paradoxe sur l’existence ou non des Extraterrestres. Car voici où nous amène Astier : démonter l’histoire d’ET qui viendraient nous rendre visite et la possibilité de papoter avec une quelconque civilisation extraterrestre.

extraterrestre

Point récurrent du show : la critique assez piquante mais très drôle de la plaque de Pioneer qui semble pour lui la pire façon de communiquer avec une éventuelle civilisation extraterrestre qui ne comprendrait sans doute pas trop ce qu’on lui veut. Puis il détricote certains cas connus d’OVNIS passés par la Terre : Roswell (passé un peu vite), le faux crash d’un OVNI à Sverdlovsky en Russie, l’enlèvement du couple Betty et Barney Hill… La démonstration est assez convaincante en soi et drôle.

Exoconference_Astier

Bref, l’Exoconférence est globalement un bon moment, je mettrais cependant deux bémols :

  • je n’ai pas toujours tout compris aux délires d’Astier. On sent un peu le gars qui a tripé tout seul dans son coin pendant l’écriture du spectacle et on se retrouve avec des passages un peu étranges, notamment quand, après avoir philosophé sur l’univers en citant du Saint-Augustin, hop, y a son groupe qui débarque et c’est parti pour un boeuf avant de nous diffuser une scène façon 3D où Astier nous explique qu’il est physiquement impossible de communiquer avec d’autres civilisations extraterrestres au regard des lois de l’univers et de la physique tout en se mettant en scène dans un OVNI. Heu… wokéééé…
  • le côté un peu lapidaire et condescendant d’Astier. Ok, ça fait partie de son personnage mais le côté “c’est comme ça et c’est pas autrement » sur quelques affirmations sur lesquelles il passe sans s’attarder, ça me fait lever un sourcil… Un exemple qui m’a un peu marquée pour mieux expliquer mon propos : Astier évoque quelques fois les adeptes du complot affirmant que l’homme n’est jamais allé sur la Lune. On se fout bien de leur gueule puis il balance “si, on y est allés, voilà !”. Même si je suis pas convaincue de l’existence de ce complot , je pense que 2 ou 3 arguments comme sur d’autres points évoqués. Bref, il affirme tout en sous entendant bien qu’il faut être con pour y croire. Je ne suis pas sûre qu’il faille être “con” pour être séduit par une théorie du complot, celles-ci étant construites en général de façon à être crédibles, justement. Savoir démontrer un fait, c’est éventuellement plus efficace que l’affirmer… Mais je m’égare.

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Bref, j’ai apprécié l’Exoconférence même si j’ai pas adoré, je suis sortie un peu mitigé au vu des deux bémols cités juste au dessus. Je ne regrette néanmoins pas d’y être allée car j’ai appris deux ou trois petits trucs au passage. Par exemple, saviez-vous que l’univers aurait un goût de framboise ?* En effet, il est composé en grande partie de formiate d’éthyle que l’on retrouve en grande quantité dans les framboises. Voilà, moi, je savais pas et je pourrai faire ma crâneuse dans les dîners en ville.

framboise

* Et une odeur de rhum selon cet article. Il semble donc que le paradis existe et que c’est l’univers. Cohérent.

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Désinformations

Le pouvoir magique des réseaux sociaux. Vendredi dernier, je rentre aux petites heures de la nuit et fonce sur Internet pour me mettre au courant de l’accident de Brétigny. Je devais, le lendemain, prendre un Intercités Toulouse-Limoges-Paris et je me doutais bien que mon train serait annulé. Je finis par faire un tour sur Twitter et découvre cette histoire de caillassage des secours diffusé en boucles avec commentaires plus ou moins racistes à l’appui. Oui maintenant, quand on parle de caillassage, on assimile ça aux jeunes de cité donc aux Arabes. Classe, vraiment…

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Et puis on découvre que ahah, pas du tout. Y a bien eu un vol de portable et quelques badauds énervés de se faire refouler des lieux de l’accident mais personne n’a rapporté d’émeute telles que décrites sur Twitter. Sauf que la rumeur a grossi et que les démentis semblent peu écoutés. C’est la guerre civile, les sauvageons attaquent, raaaaah !! Cet épiphénomène me paraît intéressant à deux niveaux.

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Niveau 1 : la force de la rumeur


Tout part d’Europe 1 qui tend son micro à une membre d’Alliance, syndicat policier d’extrême droite. Les chaînes d’info en continu diffusent l’info à tout va, les twittos commencent à retweeter en masse avec quelques commentaires charmants. Les instances sur place étant légèrement occupées à tenter de sauver des vies, personne ne vient démentir avant le lendemain, trop tard, le poison s’est distillé. Ce qui est intéressant ici, c’est de voir que personne n’a l’idée d’attendre un peu avant de répandre la rumeur. Cas de plus en plus classique sur Twitter ou tu peux tuer un people d’un simple “RIP people” repris en boucle ou par un tweet trop court pour préciser une vérité…

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Amusant de voir aussi que les gens qui fustigeaient les journalistes qui ne vérifient pas leurs informations sont très prompts à retweeter la moindre information sans même se questionner sur sa valeur. Un RT ne vaut pas un article ? Certes mais c’est précisément ce qui a emballé la rumeur, ce qui lui a donné vie. Ce qui fait qu’aujourd’hui, on doute de la véracité des faits, on part un peu plus dans des délires sur un gouvernement dictatorial qui tait la vérité. Pourtant, j’aimerais savoir comment les « sauvageons » ont pu accéder au wagon pour piller les morts vu que, justement, les tensions étaient dues au périmètre de sécurité trop élargi. Donc d’un côté, il y a des échauffourées à cause de trop de précautions de sécurité mais de l’autre, on a des jeunes qui pillent les cadavres, peinards. Sans qu’aucune photo ne soit prise alors que les photographes amateurs surconnectés
ont tous partagé des clichés pris de loin de l’accident. Censure, censure, censuuuuuure sans doute. Bref, gros bullshit, la nana d’Alliance (qui n’était même pas sur les lieux) a finalement juste crié au loup… et vous avez tous rentrés vos moutons, effrayés.

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Niveau 2 : les mauvaises intentions gagnent toujours
L’un des premiers tweets que j’ai vu passer, c’est un mec de Brétigny ou des environs proposant son aide aux rescapés pour les héberger. Tellement perdu dans le flot de vos indignations que personne ou presque n’a relevé. Personne n’a parlé de l’élan spontané de certains habitants Brétignois venus proposer spontanément leur aide. Le délire va même jusqu’à prétendre que ces gens ont voulu aider pour en vrai piller les cadavres. Vous n’avez pas honte de ces discours de merde ? Bien sûr que la France va mal, on ne retient que ce qui ne va pas, même si ça n’existe pas. L’indignation sur commande. Faut dire qu’en un an, on en a remué de la merde : entre le racisme assumé lors des dernières élections et l’homophobie décomplexée, faut pas s’étonner que les gens ne doutent pas une seule seconde que les sauvageons de la cité ont forcément voulu piller des morts. C’est la guerre civile, on n’est plus chez nous, blablabla.

racisme

La circonspection n’est pas une faiblesse. Attendez de savoir avant de propager une rumeur. On y gagnerait tous. Et notons que les habitants de banlieue ne sont pas tous des charognards sans foi ni loi… On a encore raté l’occasion de démontrer que Brétigny, c’est pas le « Bronx ».

Notez aussi que vous n’êtes pas obligés d’avoir un avis sur tout. Renseignez-vous avant de réagir.

Un peu de lecture intéressante pour finir :

Brétigny et les pillards de l’apocalypse

Emballement à Brétigny (2)

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Radio potins

Je vous l’ai dit hier, y a 10 jours, j’étais en séminaire. Soirée dansante, on s’amuse, on rigole, ça se frotte un peu. Sauf qu’il y a frotti frotta mignon et frotti frotta “heu… Prenez une chambre, là…”. Alors forcément, quand les corps s’effleurent de façon suspecte, radio potins se met en marche.

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Déjà, vendredi soir, en retournant dans ma chambre à 2h30, je retrouve Caroline aka collègue chouchoute avec qui on analyse régulièrement ce qu’il se passe dans l’agence. Je prends une douche rapide puis on décortique. “Ohlala, X et Y, c’était chaud, t’as vu ? Et Z et W, ils sont ensemble, non ? Ils se cachent pas de toute façon !”. Lundi à la cantine, radio Potins repart à fond les ballons pour les absents du séminaire. Bilan : on a deux couples officiels dans l’agence, des suspicions d’attouchements dans le secret des chambres d’hôtel, quelques suspicions assez délirantes et très certainement fausses. Peu importe le vrai du faux, je vais pas investiguer non plus (surtout que ce ne sont pas des personnes particulièrement proches de moi. Voire des “heu… bidule ? Non, je vois pas du tout qui c’est… Aaaaah lui! Ah si, si, je pensais juste qu’il s’appelait Machin”. Je suis parfois un peu nulle au jeu du qui est qui). Si je ne suis pas directement impliquée, je me fiche un peu de ce qu’il se passe dans la chambre à coucher des employés de ma boîte. Mais il n’en reste pas moins que la rumeur, le potin, reste vraiment un liant social des plus intéressants.

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J’ai fréquenté plusieurs boîtes dans ma longue carrière (ouais, j’ai passé les 6 ans, pif paf !) et Dieu seul sait que les rumeurs sont un composant essentiel des relations entre collègues. Pas seulement pour les histoires de fesses, d’ailleurs, on aime se parler de qui a dit du mal de qui, qui est sur la sellette… Je me souviens de la terrible histoire de la gifle chez TGGP. Une femme arrivée peu de temps avant a été licenciée en période d’essai. Rien de bien incroyable en soi sauf qu’il se disait que son licenciement était lié à une altercation avec l’éditrice de TMF et qu’il y aurait même eu tentative de gifle sur l’employée désormais indésirable. Evidemment, la rumeur a gonflé, la baffe était devenue réelle. J’ai eu enfin le fin mot de l’histoire par l’éditrice censément agressée qui nia l’histoire de la baffe (mais l’altercation au sujet d’une place de parking était, elle, bien réelle. Un emploi tient parfois à peu de choses). On se partage les rumeurs échangés à voix basse à la cantine, à la pause clope ou à la machine à café, penchés les uns vers les autres tels des conspirateurs. Parce que savoir (ou penser savoir), c’est le pouvoir. C’est montrer qu’on est bien placés, qu’on connaît les bonnes personnes.

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Puis je suis pas dégueulasse en captage de trucs. En fait, je suis redoutable. Planquée derrière mon écran, isolée du monde par mes écouteurs, on ne se méfie pas de moi. Sauf que parfois, mes écouteurs ne diffusent aucune musique et mes lunettes me permettent de bien voir. Je remarque les malaises ou les regards de connivence. Je cerne les approximations dans les discours, les procrastinateurs agitant des bras pour mimer la suractivité, ceux qui utilisent l’agressivité ou une autorité excessive pour masquer un manque de confiance en leur capacité. Ceux qui sont curieusement très proches et ceux qui ne le sont soudainement plus.

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Et ça papote. Tu crois que… Noooooon ! Evidemment, ça tourne surtout autour des histoires de fesses qui font ricaner à la cantine. Parce que tu comprends, Bidule, il est peut-être marié mais t’as vu comment il reluque Machine ? T’as vu comme ils se sont pas quittés durant la soirée du CE ? Ca veut bien dire ce que ça veut dire hin hin hin ! Souvent, Radio Potin imagine des histoires qui n’existent pas et je dirais “heureusement”. Si toutes les coucheries supposées étaient bien réelles, on n’aurait plus le temps de bosser dans cette boîte !

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Plane plus fort !

Autant vous le dire : mon mois d’octobre pue. Un peu normal pour un mois humide où toutes les jolies feuilles jaunes et rousses tombées au sol pourrissent et exhalent une odeur pestilentielle. Automne de merde. Donc fatalement, mon petit corps fragilisé par les coups de la vie (c’te pute) et une humidité record : je suis malade.

Week-end pourri, passons parce que ça m’agace d’avoir dû annuler mes plans alors qu’ils étaient signes d’un moral en hausse. Non, ma déprime, je suis priée de la savourer, option nez qui coule et corps qui tremble. Donc samedi soir, plutôt que de bitcher en joyeuse compagnie, je m’effondre sur mon lit, m’enroule dans ma couette et c’est parti pour une longue nuit que, malgré tout, j’affectionne : la nuit délirante.

Il faut savoir qu’en mode repos, mon cerveau déraille déjà pas mal. Sans doute est-il si heureux de s’ébattre loin de mes réflexions profondes qu’il s’en donne à coeur joie, me racontant des histoires sans queue ni tête. Je sais en général que je suis en train de m’endormir quand ma réflexion m’échappe et devient un joyeux bordel, le délire pré dodo. Mais là, en prime, je suis malade donc entre deux retournements-virage de couettes (ou rapatriement de celle-ci au vu de ma température interne oscillant entre peu et beaucoup trop), mon cerveau pense avoir pris de l’exta et me raconte d’étranges histoires. Samedi, par exemple, vu que je venais de regarder The Tudors, me voici épouse d’Henri VIII. J’ai pas trop situé quelle reine j’étais… Si j’ai bien saisi, je semblais être entre Anne Boleyn et Jeanne Seymour (donc une Reine qui n’a jamais existé). Mais bon, là, je me demande si je suis pas un peu victime de mon nouveau fantasme absolu, j’ai nommé Henry Cavill (gnaaaaaaaaaaa…)

Le week-end passe et je me réveille lundi à 6h30 (je n’arrive plus à dépasser les 6h de sommeil en semaine, quoi que je fasse) et là, c’est reparti pour 1h30 de délire, avec le générique d’Hollywood Girls 2 dans la tête (pour vous dire comme je souffre) et je sais même plus quoi. Au moins, je suis sûre d’une chose, je me suis pas prise pour une Hollywood Girl, ça prouve que je suis pas si atteinte que ça.

Sauf que le lundi, faut être opérationnelle et c’est parti pour la journée coton, celle où tu comprends rien à ce qu’on te dit, celle où tu planes à 100 000 mais que tu te raccroches désespérément à ton powerpoint en espérant ne pas taper trop de conneries dessus (ou du moins que les mots que tu utilises sont les bons) (non parce qu’à la cantine, j’ai pas toujours utilisé les bons mots quand je discourais sur le mariage homo. J’ai des conversations passionnantes… Enfin, je crois, je m’en souviens déjà plus trop).

Et en même temps, cet état de planage a quelque chose de divinement reposant. Rien ne te touche, tu réponds certes avec un délai de retard, tu as du mal à expliquer ce que tu veux dire. Mais tu es impérméable au stress, tu planes. Tu pourrais avoir le feu dans l’open space que tu prendrais ta veste avec un flegme admirable « Ah… Bon, ben je vais rentrer chez moi alors ». Et le tout sans aucun médoc (oui, ok, je me soigne à la juvamine parce que j’avais décrété dans un premier temps que j’avais rien de grave et au bout de 3 jours, je suis pas sûre que ce soit pertinent d’acheter du Fervex vu que le plus gros est passé, NORMALEMENT). Les émotions coulent sur toi mais tu tournes au ralenti, t’as pas le temps de les saisir. Ca offre un peu de repos, c’est pas si mal.

Puis en un sens, c’est assez amusant de voir la journée passer sans bien comprendre le déroulé des heures, en se réveillant de temps en temps pour se dire qu’il est déjà telle heure, taper des powerpoints sans avoir la moindre idée de ce qu’on raconte et de la cohérence des mots employés. Mais on avance. Le pire, c’est que je crois que le résultat n’est pas si mal… Peut-être que la vie me donne une petite astuce : pense moins ma fille, tu réussiras mieux.

En attendant, je vais me coucher. Avec de la chance, mon cerveau me reservira une fournée d’Henry Cavill.

PS : Je jure que j’ai essayé d’écrire un article un peu intelligent mais rien n’est sorti.

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Retournement de situation

JF ch F2

Cruelle désillusion : l’appart que je voulais n’est plus en location apparemment, ce qui veut sans doute dire que je n’en serai pas l’heureuse locataire vu que je n’ai reçu aucun coup de fil à ce sujet. Or après mes histoires de lose avec ma carte bleue et autres déceptions de petit ordre, je suis assez déprimée. Je revis un peu les heures noires du chômage, quand les entretiens n’aboutissaient à rien. Même si l’enjeu n’est pas aussi important, ça me rappelle quand même ces mauvais souvenirs et je m’en serais bien passée.

Une semaine après la disparition de l’annonce, je me lève et me dis qu’il faut que je reprenne mes recherches. Des apparts bien, j’en trouverais d’autres. Et puis j’ai découvert un parc sympa dans ma ville, ce n’est pas parce que je n’ai pas l’appart à 3 mètres de là que le quartier m’est interdit. Puis il me semble avoir vu un panneau à louer sur l’immeuble voisin, je peux toujours me renseigner…

Forte de ma nouvelle volonté de trouver un appart, même si je commence à douter de mon dossier, j’arrive au boulot, salue Ioulia, pose mon fessier sur mon siège et à peine ai-je posé mon fessier sur ma chaise que mon poste sonne. « Et allez, ça commence… Allo ?

– Mlle Bartoldi ?

– Oui.

– Bonjour, agence immobilière Machin, donc pour l’appartement à Plume sur Berges, il faut qu’on décide d’une date d’entrée dans les lieux, votre dossier est bon. »

Hein ? Quoi ? Je ne comprends pas… C’est quoi ce délire ? J’avais déposé mon dossier 10 jours plus tôt, il me paraît impossible qu’on me rappelle 10 jours après… Hé bé si, l’appart est à moi à partir du 20.


Après la joie, je réalise l’engrenage administratif qui s’annonce. Etape 1, envoyer le préavis pour mon appart actuel. Comme je n’ai toujours pas de carte bleue, je dois emprunter des sous à Simon pour payer mon recommandé avec accusé de réception (la honte, quand même). Ca, c’est fait. Ensuite ? Me rendre à l’agence pour signer les papiers et donner plein de sous. Problème : l’agence n’est pas la même que celle où j’ai déposé mon dossier donc les possibilités que je me perde encore sont élevées. La veille de la signature, Vicky me demande si j’ai déjà une attestation d’assurance pour mon nouvel appart. Comment dire… non. Ah, encore un truc à régler.


Mais chaque chose en son temps, revenons en à la signature du bail. Ca n’a pas raté, je me suis perdue, je connais mal le quartier. Ah tiens, c’est là où j’ai eu mon premier rendez-vous avec Gabriel. En fait, c’est sur une station de la ligne 6, on était sortis chacun d’un côté, on était au téléphone sans se trouver puis à un moment, il me dit « avance jusqu’au parking » et là, on avance et tout à coup, on surgit chacun d’un côté de la station, eye contact… Mais j’ai pas le temps de jouer la nostalgie, je suis en retard et perdue. Je finis par trouver l’agence. Je signe tous les papiers, fais un chèque à 4 chiffres et voilà. L’appart est officiellement ma location. Maintenant, l’agent immobilier doit m’appeler pour l’état des lieux.

A peine repartie, coup de fil dudit agent qui se la joue mielleux : « félicitations pour l’appart, hihi » alors qu’il n’avait pas été des plus
agréables pendant la visite. Sans doute que  j’ai pas la tête à avoir les moyens de louer un studio seule… L’état des lieux est donc fixé le lundi suivant, à 12h. Youpi !


Et voilà, Plume sur Berges, je reste chez toi. Et là, je suis contente. Non seulement je dépends d’une autre gare donc niveau problèmes, ça va être beaucoup plus léger vu que plusieurs lignes passent par ma gare, il y a aussi des bus. Mais la super bonne nouvelle de l’histoire, c’est que nos futurs bureaux de Lavande sur Seine sont à un quart d’heure, vingt minutes à pied de mon chez moi. Te souviens-tu du temps béni de ma vie toulousaine où j’allais à la fac à pied ? Ca va recommencer, yeah ! Plus de mauvaise humeur matinale pour cause de train annulé. Ca n’a pas de prix.

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Prétention et Modestie

Par Lucas


Je sais bien. Ca vous fait penser à Orgueil et Préjugés un tel titre. Je ne fais rien qu’à copier. Bouh, pas bien. Jane Austen va sortir de son caveau et venir me donner une malédiction.

Bon,  Prétention et Modestie parce que j’ai été taxé ces jours ci de prétention et ça m’énerve. Non pas parce que c’est faux ; je suis surement prétentieux,
m’enfin ce n’est pas avec mes études de merde et le fait qu’à 29 ans je n’bosse toujours pas que je peux me la raconter. Mais bon ce genre de pseudo débat stérile avec moi-même n’a aucun intérêt : revenons au sujet.

Ca me fait râler, mais il s’avère qu’en Douce France, on voue un culte à la médiocrité.

Alors là bien sûr, vous allez dire :

 « Mais il est pas bien Lucas, il nous prend tous pour des demeurés ou quoi ? Elle a raison la nana qui dit qu’il est prétentieux. Faut qu’il se soigne !« 

Alors, oui,  je sais bien : les magazines nous abreuvent d’exemples de gens qui ont réussi, de Challenge à Capital en passant même par Le Monde. Pour autant,
certaines lectrices, certains lecteurs reconnaitront qu’en France il ne faut pas avouer qu’on est doué, efficace,  ou au dessus de la moyenne dans un domaine donné sinon on est tout de suite 
taxé de vaniteux, d’orgueilleux, de mec qui se sent plus péter. Parce que reconnaitre soi même son talent en France, et bah c’est pas bien. Attention ! Je ne dis pas le clamer et s’en gargariser.

Je dis : simplement le reconnaître.

Culture de la médiocrité où personne ne doit sortir du rang, égalité portée aux nues…

 Cette culture, c’était celle qui dominait en France et elle en train de changer grâce notamment à des média agressifs (l’Entreprise qui invite ses lecteurs à se lancer, par exemple, et qui a senti qu’il y avait une place à occuper, un marché pour les publications dédiées à l’entrepreneuriat).

Avant, il ne fallait pas chercher à aller plus loin à faire progresser ou changer les choses. Paye ton cours « Comment lutter contre la résistance au changement ? »

Si les autres disent du bien de vous il ne faut pas les encenser. A la rigueur, on peut rester silencieux. Mais il faut mieux les contredire avec un p’tit sourire de mauvaise foi. Assumer qu’on est bon dans un domaine donné c’est mal.  En France, il faut rentrer dans le rang personne ne doit dépasser

Et je suis persuadé que la religion catholique a eu un rôle là dedans.
Sinon, pourquoi les pays de culture protestante voire anglicane ont un rapport différent à la réussite, qu’elle soit financière ou plus largement sociale ?
Comment expliquer que ce soit en Angleterre qu’il y ait eu en premier la révolution industrielle ?
Wiki nous propose 3 éléments de réponse :
– l’empire colonial,
– la spécialisation industrielle précoce,
– la puissance financière.

J’en rajouterai un 4eme qui me parait prépondérant : l’anglicanisme, religion qui ne reniait pas l’enrichissement personnel. Cette volonté de réussite, on la retrouve aux Zetats Zunis mais là ils ont d’autres arguments : un peuple d’aventuriers, de preneurs de risques au départ. Ca vous façonne une culture cet état
d’esprit…

Donc je résume. La religion catholique est responsable de tous les vices de la terre et elle a trouvé un ferment utile dans la culture française qui a mis en avant le coté égalité plus que la liberté et a transformé la fraternité en assistanat. Plus prosaïquement on retombe sur le bon vieux dilemme entre égalitarisme et élitisme. Je sens que ce genre de paragraphe va susciter des réactions à foison…

Voila c’était mon dernier article sur les Vingtenaires. Depuis mon coma/accident, je ne me sens plus en phase avec les lecteurs (mais l’ai-je jamais été ?) et un peu trop enclin aux délires perso là où la ligne éditoriale est plus carrée.  Je ne me sens pas vraiment dans le trip 20’s et vos comm sur les  derniers articles voire vos silences le
montrent. Ca tombe bien Nina veut recruter de jeunes plumes. Ca tombe encore mieux, je vais avoir 29 ans, le 3 août. Vieux vingtenaire, vieux vingtenaire lève ton verre…

Je vais donc sombrer dans l’égoïsme vaniteux et essayer d’écrire une histoire. Une vraie.  Ca fait bien dix ans que mes amis me pressent de le faire : il est grand temps de leur faire lire un truc afin qu’ils se rendent compte qu’écrire des articles c’est bien joli mais avoir le talent et la culture d’une McCullers ou d’un Auster, d’un Aragon ou d’un Labro, voire plus récemment d’une Barbery  (L’élégance du hérisson) ce n’est pas donné à tout le monde. Je sais ce que vous allez dire : je pourrais très bien mettre en suspens ma participation le temps de barbouiller qq pages. Mais là encore, je me découvre vide. Les idées d’articles qui me viennent n’ont pas grand intérêt.

Merci pour tous vos messages, vos commentaires, dithyrambiques ou non, et surtout merci pour votre honnêteté intellectuelle.

Je repasse coté lecteur pour apprécier pleinement les phrases ciselées de Nina et son jugement, son abnégation et son allant qui suscitent encore et toujours mon
admiration.

Merci à tous les Vingtenaires pour leur accueil, leur gentillesse, virtuelle ou IRL dans les rares moments où on s’est vu. J’espère que je vous laisserai un souvenir pas trop mauvais.


Je vous laisse tous avec une chanson.  Découverte sur Nova. De la Soul bien zen.

Une chanson dont le titre pourrait faire croire que je veux rester dans vos esprits mais c’est simplement que la musique est fort plaisante. Dédicace à Mlle Myers
au passage… Et petit sourire triste de circonstance : Lucas tire sa révérence.



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Non je suis pas morte

Hier, j’ai été salement malade. Aujourd’hui, j’ai décidé d’aller au travail mais je ne suis pas sûre de tenir le coup car il semblerait que je sois victime d’une grippe. Mais comme
j’ai aucun article en avance et que les autres vingtenaires ne sont pas très actifs pour le moment (hum…), je vais vous écrire une petite bafouille quand même, histoire de vous rassurer sur mon état de santé.

En fait, tout a commencé dimanche. Je me suis levée avec un léger mal de cou que j’ai imputé à une mauvaise position pour dormir. A 16h, je rentre chez moi et file me coucher pour une sieste bien méritée, vu que j’ai pas mal mangé, pas mal bu, j’ai la peau du ventre bien tendu. Je m’endors comme une bûche jusqu’à 20h et là, c’est plus le même refrain : j’ai mal non seulement au cou (côté droit) mais aussi au dos et à la jambe gauche. Alors imaginez à quoi je ressemble quand je marche. Bon, vu ma force, je vais me ré-étaler sur le canapé et je m’endors avant la fin du dernier épisode des experts. A 1h, je me relève, écris vite un article et au dodo.

 

Le lendemain, je passe la journée à somnoler, à grimacer, à transpirer, frissonner,à découvrir des zones de mon corps que j’avais oubliées. La seule chose qui me tire de mon
lit ? Ma vessie. A 18h, alors que j’ai passé une journée étrange entre rêves et délires semi éveillés, je me dis qu’il faut quand même que je bouge. Pour quoi faire ? Faut boire et
manger. Je décide d’aller faire quelques courses pour voir : le Picard est à 5 mn à pied, le franprix est sur le chemin de retour, c’est parti. Je me prépare rapidement sans trop me regarder dans la glace tellement c’est horrible. Déjà, j’ai le cheveux terne et raplapla, le teint bizarre, les yeux réduits à des fentes. Et encore, Dieu merci, je mouche pas donc mon nez ne s’est pas transformé en immonde patate pelée et suintante. Bon, ben, j’étais contente de retourner chez moi. Je décide de manger mais j’ai pas faim. Bordel, j’ai quasi rien avalé en 24h et j’ai pas faim ! Alors que je me suis achetée des mandarines bourrées de vitamines exprès. Bon, c’est pas grave, on va attendre un peu. Je regarde les Simpsons et Jurassic Park dans un état de semi conscience mais Ugly Betty, j’ai pas tenu. En plus, c’est pas ma faute si dans le clic clac, la meilleure position, c’est dos à la télé. Bref, comme n’importe quelle personne malade, je tourne, retourne, je n’arrive pas à trouver une bonne position, contrairement à Kenya, étalée de tout son long contre mon ventre ou mon dos, selon le côté où je me tourne. Mais bon, il paraît que les ronronnements de chats ont des vertus curatives alors on dira qu’elle faisait la garde malade. Mais en fait, c’est surtout que dès que je me mets sous ma couverture en mohair, j’ai forcément une Kenya par là, sur ou sous la couverture, c’est un fait scientifique. C’est fou, ça, dès que j’utilise cette couverture, même si elle est à l’autre bout de la pièce, elle rapplique.

Bon, voilà, là, il est 0h50, j’ai réussi à manger trois mandarines, je vais boire un peu (de la volvic, je suis apparemment la seule personne de cette planète à trouver que c’est
la meilleure des eaux minérales) mais surtout, je vais aller me doucher, ça va me faire du bien, j’ai l’impression d’être sale comme si je m’étais pas lavée depuis un mois. Demain, je vais bosser. J’espère sincèrement que ça ira mieux.

Voici le récit de mon premier RTT 2008… Je vais pas être super motivée pour en reprendre.

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La liste de la fille qui connaît la fin d’Harry Potter

(aurait pu s’appeler aussi la liste de la fille qui a oublié son article au bureau et doit le réécrire, grrr ! Boulette !)

 Voilà, maintenant, je sais si l’hystérique qui nous a hurlé dessus « HARRY POTTER IL MEURT A LA FIN ! » disait vrai ou pas mais je ne dirai rien, moi. Juste que des fois, un livre devrait s’arrêter 10 pages plus tôt car les 10 pages de trop gâchent bien le plaisir.

– Le week-end dernier, mes parents étaient sur Paris, je précise pour ceux qui ne lisent pas mes post it d’amour (les méchants). Arrivée parentale le jeudi soir, dîner chez ma
sœur. Vendredi midi, déj dans un resto à côté de mon boulot, le soir près de chez Yohann (et pas loin de mon ancien boulot, amusant). Le samedi matin, je me lève et…aïe, j’ai mal au ventre et je n’ai pas mes règles donc ce n’est pas normal. Je me prépare péniblement et au moment de nouer mes lacets, énorme envie de vomir, je cours aux toilettes mais rien. Je pars chez ma sœur, 15 mn de marche au grand frais me fera du bien. Ah non… Une fois chez ma sœur, je m’étale sur le canapé avec un jus de citron préparé par ma maman et je dors pendant qu’ils déjeunent. En début d’après-midi, ça a l’air d’aller mieux mais une fois dans le train pour aller sur Paris, je sens que le peu de couleur que j’ai au départ s’en va de mon visage. Mes parents m’ordonnent de rentrer chez moi, je proteste mais je tiens plus debout. Une fois arrivée chez moi, je tremble des pieds à la tête, je me couche. Et c’est parti pour 19h de somnolence, délire, rêves bizarres, j’ai froid, chaud, je transpire, j’ai mal partout, surtout au dos. Le lendemain matin, je me lève, je suis pas super vaillante mais au moins, je peux manger avec les autres. Super le week-end familial.

 – Celui qui a inventé la fonction bloquer les mails d’une personne est un génie, ça évite les conversations stériles et pénibles, on est même pas tenté de lire le mail bien chiant

qui arriverait.

 – Jeudi, me voici au siège de TGGP pour la conférence de rédaction de TMF.com. Bon, les baskets au pays du glamour et de la mode, c’est pas super mais moi mal au dos (suite à mon problème du week-end), moi pas mettre de talons. La phrase à retenir « Kylie Minogue devait faire la couv mais elle est trop botoxée, finalement, ils l’ont pas prise ». Mouahahahah !
 

– Comment traumatiser les sœurs Bartoldi par maman Bartoldi « ben, si ça fait 30 ans qu’on s’aime avec votre père, c’est parce qu’on s’entend bien, pas besoin d’être des foudres au lit ! ». Là, Alice se bouche les oreilles, moi, je me masque les yeux (y a une sœur plus logique que l’autre, devinez laquelle) en criant : « AAAAAAAAAAAAAAAH je veux pas savoir ! Mes parents et ma sœur sont vierges ! ».

– J’ai trouvé ma spécialité à mon nouveau taf. Après « Nina, spécialiste de la langue française », je deviens maîtresse des vents. Semaine dernière, je discute avec mes
coupines de taf, une fille vient discuter avec nous. Dans ma volonté de m’intégrer, je demande : « et toi, tu travailles dans quel service ? – Ben, le même que le tien. Je suis
assise juste là ! ». Ok… Cette semaine, un gars à lunettes que j’avais déjà vu la semaine dernière vient me parler. Je sais plus qui c’est mais il me demande si j’ai fourni tous les
papiers pour mon contrat « Ben, je sais pas, quand j’ai signé le contrat avec Lenaïg, il m’a rien demandé… – Oui, c’est moi Lenaïg ». Je suis définitivement une boulette.

 – Ma sœur est la pro du one woman show. Jeudi soir, on dîne en famille chez elle et elle nous raconte ses péripéties d’avion en nous mimant la scène « non mais tu comprends,

je me suis énervée, je hurlais dans l’aéroport « NO WAY ! NO WAY ! I want to go to Bali, no to Kuala Lumpur ! » C’était excellent, on était morts de rire.

 – Nair, la seule marque de crème dépilatoire qui respecte tellement le poil qu’en fait, elle l’enlève pas.
 

– La phrase de la semaine de Lena, une collègue parlant d’un snack bio à côté du taf où on mangeait « en fait, ici, c’est le McDo des anorexiques ».

 

Bon, je crois que j’ai tout reconstitué la liste, je mets une petite musique pour fêter ça.

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