Notre société se pornoïse-t-elle ?

Titrer un article avec un néologisme, voilà un travers que les journalistes adorent. Il y a quelques semaines, je lisais Courrier International
histoire de faire mon intelligente. Après la revue de presse du monde, voici le dossier : les jeunes filles dans le monde. Le premier article retient particulièrement mon attention : la « dérive » des jeunes filles américaines. En gros, la société américaine a totalement absorbé les normes des films pornos et les jeunes filles de 15-25 ans se comportent comme si elles passaient un casting permanent pour ce genre de production. En vrac : on fait claquer le string (c’est d’une classe folle…), on montre ses seins, ses fesses, voire son sexe à tout va, on boit et après, on fait des « concours de poses suggestives ». En gros, on simule l’acte sexuel lesbien entre copines. Les gamines de 15 ans se promènent très court vêtues et les mamans trouvent ça hilarant de vêtir leurs filles avec le t-shirt Playboy. Une journaliste, Ariel Lévy, a écrit un livre sur le sujet, faudra que je voie s’il est disponible en France… En gros, elle observe et dénonce un peu ces comportements, arguant que ces femmes s’enferment dans un rôle que les hommes attendent d’elle. Il faut être chaude, même si on n’a pas envie de coucher. Face à ça, il y a les groupes de chastes : « moi, je serai vierge jusqu’au mariage ». La société américaine est fascinante dans ses paradoxes.
 
Et en France, où en est-on ? Il me semble que nous glissons peu à peu vers ce modèle-là, même si nous en sommes loin. Concrètement, si je compare les adolescentes actuelles à ce que nous étions il y a dix ans, il est manifeste que la mode a changé : mes fesses ont connu leur premier string à 20 ans et encore, à l’époque, ce n’était pas hyper répandu. Quoique ça s’est vite démocratisé ensuite puisque Rachel, sainte prude, m’avoua un jour en rougissant : « Tu sais, moi, je mets des strings ! ». Cinq ans plus tard, cette grande confession a de quoi faire sourire. Donc à mon époque, je me souviens, c’était jean pas tellement taille basse et grand T-shirt, le pull attaché autour des
hanches (pratique pour masquer les fesses disgracieuses). Les piercings étaient limite une marque de rébellion, à l’époque, personne n’en avait. Aujourd’hui, les gamines font toutes monter leur strings jusqu’au milieu du dos pour être sûre qu’on le voit, certaines ont déjà des piercings. Je ne veux pas jouer les mères la vertu (c’est vachement mon genre, tiens) mais le comportement de certaines de ses gamines m’horripile au plus haut point : elles offrent aux autres, et surtout aux hommes, une sensualité et des promesses coquines qu’elles ne mesurent pas. Si j’ai une fille, elle portera un string le jour où elle mesurera le genre de message qu’elle envoie en exhibant ce petit bout de tissu. Et après un cours maternel sur les MST et la contraception (qu’est-ce que je vais être chiante comme mère).
 
Ceci étant, il me paraît que cette pornoïsation se limite à un changement de mode vestimentaire plus qu’autre chose. Forcément, nous, dans Beverly
Hills, y avait pas de strings apparents et de soutien-gorge apparent sous le débardeur. Je ne connais pas trop les nouvelles références ado mais si on s’arrête à la Star Academy, je suis sûre que la plupart des spectateurs masculins de 14-18 ans se souviennent plus des couleurs des strings des candidates que de leur prénom. Pour le reste, les Français ne me paraissent pas aussi
exhibitionnistes qu’aux Etats-Unis, du moins, c’est plus discret. A part dans Paris Dernière, je n’ai jamais vu de nanas se foutre à poil juste pour attirer l’attention. Il n’y a pas (encore ?) de surenchère à ce niveau-là, pas de programmes télés bas de gamme où des étudiantes saoules montre tout ou partie de leur anatomie (bien que dans Paris Dernière, parfois…). Et je
crois que c’est une bonne chose.
 
La lecture de cet article m’a fait réfléchir : est-ce que je glisse moi aussi vers la pornoïsation dans mon comportement ? Bon, déjà, je ne mets pas de mini jupe, je suis toujours habillée soft et si mon string dépasse de mon pantalon, c’est plus un accident vestimentaire qu’une provocation (si j’arrêtais de mettre de vieux pantalons trop grands, aussi, ils ne tomberaient pas…). Je n’ai pas de piercing (le seul que j’ai eu s’est infecté et il était au nez) et en boîte, je ne simule l’acte sexuel avec personne, je n’embrasse que Gauthier et Mister Big… Et encore, quand je dis « embrasser », ce ne sont que des smacks, nos langues restent dans leur bouche respective. Je ne me déshabille pas en public, surtout
à cette période de l’année. Bref, je suis sage comme une image. Evidemment, après, il y a mes écrits, parfois un peu sulfureux mais je ne pense pas encourager cette pornoïsation. Ce sont plus des réflexions à partager entre adultes consentants qu’un manifeste. Voilà comment je vis et je pense, êtes-vous d’accord avec moi ou pas ? Et accessoirement pourquoi ?
 
Je me refuse à virer pétasse en chaleur pour deux raisons : tout d’abord, j’ai un certain respect pour l’érotisme, je trouve ça trop sophistiqué pour en faire l’étalage n’importe comment et tomber dans la vulgarité. A quoi ça me sert de montrer mes fesses à tout le monde ? Je préfère les réserver pour mes amants (de toute façon, je pense que les gens se foutent bien de voir mes fesses). Simuler l’acte sexuel entre copines ? A part exciter les mâles en chaleur qui vont essayer de me serrer aux toilettes de la boîte, je ne vois pas du tout l’intérêt. Il y a des choses qui doivent rester réservées à la douce pénombre d’une chambre à coucher.
 
Par ailleurs, je partage entièrement l’avis d’Ariel Lévy : la liberté sexuelle de femme ne peut passer par là. En se sapant comme la dernière des traînées, je ne vois pas en quoi je clame ma liberté sexuelle. Bien au contraire, je me plie à l’esthétique des films pornos, faits généralement par et pour les hommes (même s’il y a une exception). 60 ans de féminisme pour en arriver à se transformer en objet sexuel ambulant ? Ben y en a quelques unes qui doivent se retourner dans leur tombe. Pour moi, la liberté sexuelle n’a rien à voir avec le fait de montrer son cul ou ses seins. Pour moi, la liberté sexuelle se résume plutôt à pouvoir faire l’amour avec qui j’ai envie, quand j’en ai envie, mais aussi le droit
de dire non si je ne veux pas. Et sans avoir à sortir la bonne vieille excuse : « j’ai mes règles ». Ma liberté sexuelle, c’est aussi pouvoir parler de sexe librement sans qu’on me prenne pour une salope. Ma liberté sexuelle, c’est pouvoir avoir autant de partenaires que je veux sans qu’on me prenne pour une salope…
Alors, certain(e)s vont me rétorquer : « oui mais si tu t’habilles pas de façon provocante, personne ne te verra et tu ne pourras pas choper. » Oui ben c’est pas grave parce que moi, je chope pas. Honnêtement, être rejetée par un homme qui n’a pour valeurs sexuelles que ce qu’il voit dans les pornos ne me traumatise pas plus que ça. Et puis très franchement, je serais tellement à l’aise en mini-jupe et mini top que je passerais ma soirée scotchée sur une banquette donc pour la drague, on repassera. Je me souviens, une fois, j’avais mis une robe très sympa et pas tellement sexy à la base sauf que j’avais pris quelques petits kilos entre l’achat et mon défilé avec en ville (je l’avais mise plusieurs fois avant, rassurons-nous). Donc me voici vêtue d’un T-shirt blanc, ma robe par dessus et des bottes chaussettes aux pieds. Sauf qu’en marchant, mes fesses faisaient remonter petit à petit ma robe. J’ai jamais été aussi mal à l’aise de ma vie, je suis rentrée fissa chez moi, attirant la convoitise de sales pervers. Par le passé, j’ai eu droit à des hommes qui cherchaient avant tout du sexe plutôt qu’une partenaire et j’ai retenu la leçon : aucun intérêt. J’ai plus envie d’un partenaire avec qui je développe une certaine complicité et qui partage mon goût de l’érotisme. Et pour moi, érotisme et vulgarité, ça ne va pas de pair du tout. De plus, je pense que la plupart des hommes, passés les affres de l’adolescence, ne sont pas particulièrement attirés par ses pétasses qui montrent tellement tout qu’il n’y a plus rien à découvrir. Je me souviens d’une discussion avec Jean qui m’expliquait que ce qui l’excitait, entre autres, c’était de passernla soirée avec une femme et découvrir au moment de l’effeuillage qu’elle n’avait pas de sous-vêtements. Aucune provocation apparente, juste un secret entre deux amants. Moi aussi, je préfère ça.
 
En somme, je crois que nous sommes encore loin du haut degré de pornoïsation de la société américaine mais on se dirige vers le même modèle, lentement mais sûrement. Arrivera-t-on à un tel degré de vulgarité ? Je n’en suis pas convaincue, je pense que cette provoc bête et irréfléchie se limitera à certaines catégories de personnes. Du moins, je l’espère.
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Les pubs qui m’énervent

Quand j’étais petite, j’adorais la publicité. Ma mère me raconte que dès que j’entendais le jingle pub, je courais devant la télé en poussant des « tut-tut !! » (en référence à la petite musique qui annonçait mes mini-métrages préférés)… Je me souviens même avec émotion de la chanson de Jeanne Mas, « Toute première fois », car je comprenais « tut-tut première fois » et je croyais qu’elle parlait de ma passion (même si je ne comprenais pas ce que foutait cette « première fois » derrière). Je suis une publivore, j’adore regarder les émissions qui sont consacrées et force est de constater qu’en France, nos cerveaux ne se foulent pas la neurone dans ce domaine.

L’afflux de sang lors des règles rend niaise
Petit cours d’histoire pour commencer : en 1975, ô révolution, les tampons arrivent en France et, avec eux, leur lot de polémique : les tampons font perdre la virginité aux jeunes filles. Bon, je ne sais pas à quoi ressemblaient les tampons en 1975 mais quand je vois ceux d’aujourd’hui, j’ai du mal à croire que j’ai perdu ma virginité grâce ou à cause d’eux… Sérieusement, un mec qui me
dit qu’il a le pénis de la taille d’un tampon, je pars en courant !


Est-ce parce que ce objets ont soit-disant menacé notre hymen il fut un temps que les publicités pour tampons sont aussi niaises ? On ne voit que des vierges effarouchées parler avec un air pincé : « ah non, je peux pas aller me baigner, j’ai mes hum-hum ! ». C’est le même combat pour les protège-slips et serviettes hygiéniques. Mon adolescence a été bercée par de jeunes filles sorties
directement de la famille Lequennois (cf La vie est un long fleuve tranquille) nous expliquant que les serviettes, c’est gênant parce qu’on ne peut pas mettre des pantalons moulants, ça se voit…


Heureusement, grâce à Always ultra, ouf, on peut mettre un fuseau si on veut. Merci le progrès ! Maintenant que les serviettes sont minces, nos amies-coincées-du-cul paniquent car elles ne se sentent pas « top fraîches » pour se promener sur les épaules d’un jeune homme. Heureusement, il existe des serviettes délicatement parfumées… Bon, déjà, la fille qui est au bord de l’orgasme parce qu’un mec la trimballe sur ses épaules, je trouve ça suspect. Ensuite, pourquoi faut-il toujours mettre en scène des filles prudes et chastes sur une musique neuneu au possible dans ce genre de publicités ?


Pour ma part, j’ai une idée de pub pour les tampons : un mec et une fille sont dans les toilettes d’une boîte, grosse soupe de langues et là, le mec sort une pièce en regardant la fille d’un air suggestif, elle prend la pièce mais au lieu de l’insérer dans le distributeur de capotes, elle le met dans le distributeur de tampons. Elle le saisit alors et secoue la tête en souriant style : « pas ce soir, chéri, la rivière rouge est en crue ». Bon, d’accord, c’est inutilement provocateur et les distributeurs de tampons n’existent pas, en France (et c’est bien dommage) mais franchement, ce n’est pas parce qu’on a nos règles que nous devenons complètement niaises.


Je profite de l’occasion pour souligner un problème soulevé tantôt par Océane dans l’un de ses mails. Je cite : « Pourquoi est-ce que les emballages de tampon sont ils toujours extrêmes colorés ?  Je veux bien qu’il faut que ça ressemble à des bonbons, comme dans la pub mais quand même!C’est bien une idée de mec ça… Ils sont tellement bloqués face ce « problème » qu’ils ne connaîtront jamais qu’ils les emballent comme des friandises. Oui mais toi quand t’es au boulot et que tu veux te changer aux toilettes tu te tape la honte : soit tu prends ton sac alors que tu ne le fais jamais soit tu te débrouilles par tout un tas d’acrobaties pour mettre le dit ustensile vert fluo de ton sac à ta poche…Quand tu as la chance d’avoir une poche… Sinon, tu pries pour avoir pris un compact qui tient dans la main et ne fond pas dans la bouche ( désolée!)… »


Je me souviens effectivement d’une pub vantant l’aspect « friandise » dudit produit… Y a bien que des hommes pour croire qu’il s’agit d’une géniale idée. Mais, personnellement, je ne connais aucune femme qui va aux toilettes avec un bonbon… Les WC ne sont pas forcément le meilleur endroit pour se restaurer.
Je vous passe les réponses à ce mail, chacune y allant de sa plainte et de ses petites astuces pour se promener discrètement avec l’objet… Tiens, voilà un sujet que les publicistes n’ont pas encore exploités.


Concernant ce que l’on appelle « l’hygiène intime », c’est encore pire. La plus merveilleuse étant « femmefresh » ou comment parler de cette fameuse hygiène sans même l’évoquer. On voit une bonne femme en maillot sur une plage qui s’enroule dans un paréo…Est-ce que pour une crème solaire ? Un après-soleil ? Une crème anti-cellulite ? Il faut bien lire ce qui est écrit en fin de pub pour
enfin savoir que c’est fait pour laver notre intimité…Cool.


Tout ce qui touche au sexe féminin fait peur ! C’est d’ailleurs pour ça qu’on parle « d’hygiène intime », on n’entendra jamais une femme dire dans une pub : « je lave mon sexe avec Rogé Cavailles ! » (c’est sûr, dit comme ça, ce M. Cavailles va faire des jaloux). Ce qui me fait hurler, c’est quand j’entends : « je ne lave pas mon hygiène intime comme mes pieds ». Voilà une phrase qui ne veut absolument rien dire ! Je regarde dans mon dico et je vois hygiène : « ensemble de soins apportés au corps pour le maintenir propre ». CQFD : « laver son hygiène » est un formidable pléonasme.

Le sexe est partout, le sexe est nulle part
Le sexe fait vendre, c’est bien connu. A l’étranger, j’ai vu quelques pubs assez coquines et follement hilarantes. Par exemple, je me souviens d’une pub scandinave où on voit un couple baiser avec fureur dans toutes les pièces de la maison. Et vas-y que je te défonce sur le piano, et vas-y que je te prends contre l’étagère… Forcément, ces coïts enragés causent des dégâts et, à la fin,
on voit monsieur qui recolle tout ce qui a été cassé… C’était une pub pour de la colle, trop fort.


En France, on ose sans oser et souvent, c’est ridicule. Boire certaines boissons ou utiliser certains parfums nous rendent absolument irrésistibles mais tout est dans le sous-entendu… Si ça marchait vraiment, tout le monde se promènerait avec une canette de Gini… (le problème étant que si nous passons nos journées à consommer cette boisson, certains gaz indésirables risquent de s’inviter durant nos brouettes. D’un autre côté, laissons tomber les régimes, nous serons tous très vite obèses). Manger un magnum file un orgasme…Ah ? Je m’en suis jamais rendue compte et pourtant, j’en mange.


Parlant de produits donnant des orgasmes, je ne pouvais passer à côté d’Herbal Essence. Personnellement, j’avoue que j’aime bien me laver les cheveux, sentir la mousse dégouliner dans mon dos lorsque je me rince tandis que mes cheveux apprécient d’être débarrassés de ce poids soudain… Mais franchement, je n’ai jamais eu d’orgasme en me lavant. La première pub d’Herbal Essence était
une sorte de parodie des pubs traditionnelles où les femmes jouissent en se lavant les cheveux mais depuis, ils ont abusé du concept. En plus, je soupçonne la même agence de pub d’avoir fait la pub pour la société générale avec les fly boats et Eiffel Tower et une nouvelle pour le brie que j’ai découverte aujourd’hui : les vieux couples s’inspirent de la fougue des jeunes pour tenter de
retrouver une nouvelle impulsion. C’est surtout la dame qui semble lassée par le manque d’initiative de leur mari et leur pénis mou qui ne leur donne plus satisfaction. Heureusement, la publicité nous parle aussi de pilules miracles pour rendre à monsieur son érection d’antan. Entre parenthèse, je plains l’acteur qui joue dans cette pub et qui écoute en souriant une bonne femme qui
raconte que c’est plus tout à fait ça… Pauvre monsieur, on sent le compte en banque qui flirte avec l’interdit bancaire pour en arriver là…


En parlant de sexe, c’est l’été et les publicités pour les préservatifs débarquent. Et là, on admire le talent des publicistes qui arrivent à faire une pub pour des capotes sans vraiment parler sexe. On voit des couples se remercier pendant des heures, un espèce de super Durex… Tant qu’à y être, ils auraient dû nous faire le coup des bombes à eau. En voilà un concept : des gamins qui
prennent les capotes du grand frère pour en faire des bombes à eau mais le préservatif est si solide et résistant qu’il n’éclate pas…


A ce sujet, Victoire a souligné dans l’un de ses mails un problème intéressant : «moi, la pub qui m’énerve, c’est celle qui nous rappelle qu’on peut choper le sida, même l’été. Genre, y a pas de 
saison pour la capote. Ils nous ressortent la même tous les ans. » Comme tu as raison, ma Victoire ! Le sida, ce n’est pas comme la turista, ça ne s’attrape pas uniquement en vacances. Lecteur, à l’approche de l’hiver, continue de te couvrir, s’il te plaît. Et puis, rappelons que le préservatif est d’utilité publique, il lutte contre la surpopulation.

Tu as raté la Star Ac ? Chante dans les publicités !
Certains publicistes sont inspirés et décident de faire chanter les slogans des produits qu’ils vendent. Erreur fatale ! Je me souviens, il y a quelques années, j’errais dans un supermarché en compagnie de ma maman, faisant semblant de m’intéresser aux courses familiales quand, soudain, un son
étrange me tira de ma distraction. Etait-ce le cri du paon à l’agonie ? La plainte désespérée d’une 2 chevaux qui voit fondre sur elle un 33 tonnes ? Non, une pub à la radio ! Une chanteuse
beugle comme une âne un slogan à la con sur l’air de L’école est finie…On n’a pas idée de chanter aussi mal !
Dernièrement, à la télé, passe une publicité qui me donne envie de jeter mon poste par la fenêtre (habitant au rez-de-chaussée, il n’ira pas bien loin), celle pour les yaourts Veloutés. Un type
qui prend une voix de fausset entame cette merde télévisuelle par un petit jingle : « Veloutés, où sont donc les veloutés ? ». Soit dit en passant, cette pub est l’exemple même de ce qu’on peut
faire de pire dans ce domaine. Outre le jingle atroce qui me donne envie de frapper le pauvre chanteur, les acteurs sont mauvais, en particulier la petite fille qui annone son texte sans chercher
à comprendre ce qu’elle dit (« mais-maman-où-sont-donc-les-Veloutés-tu-en-as-acheté-hier », option voix monocorde). Quant au « scénario » (grand nom pour cette chose), il est franchement
pitoyable…Le pire, c’est qu’on sent les publicistes qui ont bossé là-dessus et qui ont trouvé très drôle cette histoire de bonne femme qui parle de concierge et d’ascenseur alors qu’elle n’a ni
l’un ni l’autre dans son immeuble… Non, messieurs les publicistes, ce n’est pas drôle, ça me donne limite envie de pleurer.
Je parlais l’autre jour à Gauthier de cette pub que nous détestons tous les deux et il a une théorie à ce sujet : la chanson est insupportable volontairement, c’est pour que la publicité nous
marque. De ce point de vue là, la réussite est totale. Sauf que moi, j’ai décidé de boycotter les Veloutés, j’en achèterai pas tant qu’ils continueront avec cette atrocité !
De là, je me suis demandée pourquoi les publicistes s’acharnaient à faire chanter des trucs aussi catastrophiques. Car il ne faut pas se leurrer : si vous avez du talent pour la chanson, vous
n’allez pas chanter dans les pubs ! Mais ça doit coûter moins cher d’embaucher Dédé, la star du karaoké de Saint-Ouailles-sur-Berges que de payer des droits à la SACEM pour récupérer une chanson
déjà existante. Et puis, Dédé, il aura droit à ses 10 secondes de gloire plusieurs fois par jour pendant des mois.
Concernant les pubs qui font hurler, il y a une personne dans mon entourage qui est particulièrement critique vis-à-vis de ces mini-métrages : ma maman. Tu vois, lecteur, si l’enfer est
personnalisé pour chacun, je connais celui de ma mère : lui imposer de regarder en boucle la pub de Javel Dose. Rappelons que cette pub met en scène une brunette à la voix stridente qui hurle : «
Javel Dose, javel dire à tout le monde ! ». C’est fou mais dès que mes cousins ou amis proches voient cette pub, ils pensent irrésistiblement à ma mère. Par ailleurs, elle déteste la blonde dans
les pubs Taillefine (« Non mais qu’elle est moche cette fausse blonde qui se la joue Meg Ryan ! Elle m’énerve ! ») et la pub Calgon où le plombier engueule la bonne femme qui a choisi une marque
moins chère en la regardant style : « mais pauvre conne, y a que Calgon qui protège ta machine ! ». Monsieur le plombier, tu devrais être content que la dame ait choisi d’acheter son anticalcaire
chez Leader Price, ça te fait gagner des sous alors arrête de la mépriser comme ça !
Regarder la pub avec ma mère est assez jouissif, en fin de compte. Elle est très critique et s’énerve pour un rien, c’est très amusant. Finalement, je crois que je suis la digne fille de ma
génitrice !

 

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