Silo, la dystopie confinée

Quelle est la recette de vacances “repos” réussies : un canapé confortable, un plaid, une cheminée et un bon bouquin. Cette année, j’ai eu du bol, j’ai réussi le combo (ça faisait bien deux ans que je n’avais pas eu droit à la cheminée de Noël chez mes parents pour cause de “il fait 15°”) et sur la partie bouquin, j’ai jeté mon dévolu sur Silo de Hugh Howey, une dystopie claustrophobe. Et très chouette.

Silo de Hugh Howey

Je vous raconte l’histoire : dans un futur lointain, ce qu’il reste d’humanité s’est réfugié dans un silo pour échapper à l’air devenu toxique. La société est donc organisée par strates, on se déplace dans le silo par des escaliers, chaque caste occupant différents niveaux : il y a les mécanos, les fournitures, le DIT et, au sommet, la mairie et la police, à savoir un shérif et un assistant. Les habitants du sommet viennent dîner avec plaisir à la cafétéria où est diffusé les images captés en extérieur par des caméras. Sauf que l’air salit les caméras et dès qu’une personne est condamnée, elle est expulsée du silo le temps d’aller nettoyer les caméras avant d’aller mourir sur la colline d’en face.  Nous suivons donc plusieurs personnages : Holston le shérif qui ne se remet pas de la mort de sa femme, la Maire Jahns, l’adjoint du shérif Marnes et Juliette, une mécano appelée par les sommets pour un nouveau destin. On découvre à travers eux la vie du silo mais aussi des secrets bien enfouis sur cette société décidément trop bien huilée…

Silo de Hugh Howey - illustration

Alors dit comme ça, si vous lisez mes articles sur les dystopies, ça va vous faire penser à un autre que j’avais adoré : Metro 2033. Oui, c’est d’ailleurs cette similarité qui m’avait poussée à acheter Silo. Une dystopie claustrophobique, la version russe vs la version américaine… Sauf qu’en fait, les similarités sont plus géographiques qu’autre chose : dans Metro, tout tourne autour de mystérieuses créatures nées des radiations et la découverte de micro sociétés alors que dans Silo, il n’y a qu’une loi et point de créatures cheloues, tout n’est lié qu’à la nature humaine,on va dire. Point fort de Silo, également, l’une de ses héroïnes : Juliette, la meuf badass. Alors vous allez me dire qu’une héroïne dystopique badass mais pas trop, hyper démerde, un peu hors norme mais pas trop, ça rappelle des figures déjà croisées genre un peu Triss ou Katniss (je vous avoue que même sans avoir vu Hunger Games, je n’ai pu m’empêcher de donner les traits de Jennifer Lawrence à Juliette… c’est à cause de la tresse, je crois)(et pas Shailene Woodley alors que j’ai vu deux Divergente mais j’ai vu Big little lies depuis et Shailene, je l’aime mieux en Jane qu’en Triss, essentiellement parce que les films Divergente sont tartes) mais j’ai bien aimé Juliette. Je sais pas, les héroïnes ne sont jamais omnipotentes comme Robert Langdon de Dan Brown ou Darwin Minor de Dan Simmons, des livres que je n’aime pas car c’est pas crédible le mec qui réussit à peu près tout et que du coup, y a aucun enjeu. Là, on sait bien que Juliette se sortira des épreuves mais elle galère parfois à comprendre ce qui arrive, sans être débile pour autant. Non parce que les héros qui ne comprennent rien alors qu’ils ont absolument tous les éléments pour piger, ça m’éneeeeeeerve (faudra que je vous parle de la série Dark d’ailleurs).

Silo, le film

Ce roman est bon sur ses personnages féminins, Juliette mais aussi la maire Jahns ou encore Shirly chez les mécanos. J’ai trouvé les personnages masculins moins bons par contre, assez manichéens, moins nuancés. Autre (petit) point noir : quelques pistes lancées sans qu’elles ne soient poursuivies, on n’aura jamais le fin mot. Ce n’est pas dramatique en soi, ce ne sont que des axes secondaires finalement mais… je chipote. Parce que ce roman est vraiment super agréable à lire, je l’ai littéralement dévoré et je vous le conseille.

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La carte du temps de Felix J Palma

C’est l’histoire traditionnelle : une petite virée en librairie, une envie de nouveauté et ce livre qui me tombe dans les mains : la carte du temps de Felix J Palma. Il est question de voyage temporels, de futur apocalyptique, de Jack l’Eventreur et de H.G. Wells. Ouais, ok, j’achète.

Couverture du roman "la carte du temps" de Félix J Palma

L’histoire… comment la résumer ? Londres 1896, un jeune homme de bonne famille, Andrew, décide d’en finir avec la vie. Il se rend à WhiteChapel pour se suicider à l’endroit même où a surgi son pire malheur : l’assassinat de celle qu’il aimait… la prostituée Marie Kelly, sauvagement massacrée par Jack L’Eventreur. Il est sauvé de justice par son cousin qui lui propose l’impensable : un voyage dans le temps pour sauver Marie Kelly. En effet, une entreprise propose un voyage dans le temps, en l’an 2000, pour assister à la dernière guerre des hommes contre les robots.

Affiche du film la guerre des robots, affiche futuriste rétro

Donc ça, c’est le pitch de départ. Et c’est là qu’on va rentrer dans un incroyable imbroglio d’histoires : il y a celle d’Andrew, donc, celle de l’entrepreneur qui crée la société permettant de voyager dans le temps (dont j’ai oublié le nom), celle de Claire, jeune femme fantasque, celle de Derek, l’homme qui triomphe des machine et enfin H.G. Wells et son scepticisme face à ce voyage alors qu’il a lui-même écrit “La Machine à voyager dans le temps”. On rajoute une pincée de Jack L’Eventreur, Elephant Man et Bram Stoker passent faire un petit caméo et…

Baies et épices pour cuisiner

Herbs and spices in wooden spoons – beautiful kitchen image.

Et on touche là le souci du roman, selon moi : c’est un peu trop too much. On commence sur une histoire et hop, tout à coup, c’est fini, salut Andrew, à la revoyure, hein ! On enchaîne sur les différents personnages mais au bout d’un moment, on finit par s’en foutre un peu, on attend juste le twist qu’on a vu venir à des kilomètres. Oui parce que c’est un roman à twist, ce qui ne me dérange pas, bien au contraire, mais là, je les ai vus venir jusqu’au dernier, un traditionnel

spoiler
“mais en fait, il avait rêvé tout ça, ohohoh”
. Non. Ce retournement de situation a été interdit en 1996 parce que c’est le summum de la paresse narrative. Même si je le retrouve encore très souvent, partout… Limite, j’ai eu parfois que l’auteur partait loin, très loin, et qu’il se rendait soudain compte qu’il ne lui restait que quelques pages (ou il en avait marre) et se débarrassait du tout
spoiler
“heu… et là il se réveille et tout ça n’était qu’un rêve, voilà, bisous !”

Au revoir écrit en lettres de feu

Autre point qui, je pense, me rend vraiment moins indulgente avec le roman : l’auteur est présent partout et beaucoup trop mais de façon irrégulière. C’est à dire qu’au départ, il lui arrive de suspendre le récit pour interpeller directement le lecteur et ça, pour le coup, j’ai trouvé ça assez amusant et, après tout, pourquoi pas. Même si parfois, il y a une auto satisfaction un peu agaçante mais allez, je suis. Sauf que ce petit truc d’écriture disparaît au fur et à mesure, ce qui semble confirmer ma sensation sur une écriture sur un temps long et une perte de vue de ce que devait être le roman au départ mais surtout, on sent un glissement… Je vous avais déjà parlé de ces auteurs qui s’identifient à leur héros, ce qui peut paraître de bonne guerre. Après tout, pourquoi ne pas écrire ses fantasmes de surpuissance ? Mais ça peut rendre le personnage hyper agaçant genre Robert Langdon de Dan Brown ou Darwin Minor de Dan Simmons, vous savez, ces mecs qui ont la science infuse et qui, en plus, sont physiquement capables de tout et ramassent toujours l’héroïne à la fin (avant de manifestement l’oublier pour l’aventure suivante, classe les mecs…) ? Mais là, on atteint un niveau encore au dessus, on est plus dans le niveau de Claude Mossé qui s’imagine plus ou moins forniquer avec Lucrèce Borgia… Je vous disais que l’auteur intervenait très régulièrement dans le récit pour faire des clins d’oeil *wink wink* au lecteur… mais vers la fin, ça disparaît car le narrateur devient… H.G. Wells. On rentre carrément dans ses pensées, on devient lui. En résumé Felix J. Palma se prend carrément pour H.G. Wells… Ouch.

Statue de H.G. Wells

Et c’est dommage car le début du livre est vraiment sympa, la reprise des grands mythes de SF du XIXe siècle pour imaginer un Londres de l’an 2000 apocalyptique aussi et cette tentative de semer un petit caillou dans la machine pour nous faire comprendre que tout n’est pas si clair dans le roman aussi mais… Mais j’ai surtout la sensation que la fin bâclée n’était pas celle prévue (car en fait, le petit caillou que je viens d’évoquer n’a finalement aucun sens et est bien trop noyé sous des tas d’histoires pour qu’à la fin, on le garde vraiment en mémoire)… et le problème, c’est que la fin, ça reste le plus important dans l’appréciation d’un livre… et celle-ci est clairement ratée.

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La première phrase

La semaine dernière, je vous ai partagé la première phrase de mon roman sans titre, nom de code : Maja Sweden. Je vous parlerai titre une autre fois. Je la trouvais un peu plate, un peu nase à la relecture, je vous la repartage, pour le plaisir masochiste :

“Il est souvent difficile de savoir où commence réellement une histoire”

Il est souvent difficile de savoir où commence une histoire - écriture manuscrite - première phrase

Définitivement, à réécrire. Voyons voir celle d’un autre roman sans titre, nom de code “Ezialis”

“La roue passa sur un gros caillou, secouant les passagers du carrosse fonçant droit vers la capitale”

La roue passa sur un gros caillou, secouant les passagers du carrosse fonçant droit vers la capitale - écriture manuscrite

Déjà mieux, pas le temps de niaiser, on est direct dans l’action et dans un véhicule qui va vite. Une dernière pour le plaisir, voyons… Roman toujours sans titre, nom de code : “pour son sourire” (si vous cliquez, vous aurez la chanson de Jorane quasi du même nom, il y a d’ailleurs de fortes chances que cet embryon de roman ait hérité de ce titre car au moment où je nommais le fichier, j’écoutais Jorane. )

“Un garçon passa en courant à côté de moi, me faisant sursauter.”

Un garçon passa en courant à côté de moi, me faisant sursauter - écriture manuscrite

Ah tiens, on passe à la première personne du singulier. Ah, faudra que j’en parle, ça aussi, du je ou du “il/elle”. C’est fantastique, je viens d’écrire 20 lignes qui ne contiennent à peu près que du vide et des promesses. Je suis tellement faite pour la politique en fait.

Casting baron Noir canal plus Kad Merah, Anna Mouglalis, Niels aRESTRUP

J’ai bien aimé Baron Noir, au passage

Je n’ai jamais su commencer. Quand j’étais en terminale, la plupart de mes disserts de philo commençaient par “de tout temps, l’homme” pia pia pia… Jusqu’à ce que j’arrive à la fac et qu’un prof nous dise que c’était ri-di-cu-le et qu’il fallait éviter à tout prix. Ce même professeur, qui a ruiné ma culotte en disant qu’il se souviendrait longtemps de moi, m’avait filé un conseil qui me servira jusqu’à la fin de mes études : “Commencez votre dissert par une anecdote ou une citation”. Ah oui, oui, merci, Monsieur ! C’est ainsi que j’ai débuté la rédaction de mes mémoires… avant d’abandonner l’écriture de l’introduction pour le faire en dernier (conseil d’un autre professeur mais moins sexy (le prof, pas le conseil)).

cupcake topping marché de Belfast

Finalement, l’introduction, c’est comme le topping d’un cupcake : tu fignoles à mort car c’est ce qui va être mangé en premier

Parce que débuter, c’est difficile. Ca marche pour tout, hein, pas que pour l’écriture d’un roman. Pour l’écriture d’un article déjà, vous remarquerez que mes phrases d’attaque sont rarement le point fort du propos (je commence généralement par un “la semaine dernière”, “hier”, “il y a quelques temps”). Mais aussi pour des activités manuelles genre la couture ou le tricot, mes petites marottes du moment. Oui, c’est cyclique chez moi : j’attends avec impatience mon matos mais une fois que j’ai tout, je traîîîîne à commencer, je ne sais pas par quel bout prendre. Le pire, c’est quand je me prends d’une passion soudaine sans socle préexistant genre : le paper art. Ca me fait surkiffer, je vois plein de photos, je me dis “oui, je veux faire ça”. Et voilà. Par quel bout je prends le truc ? Par quoi je commence ? Parce qu’un mauvais départ, c’est la voie royale pour vite laisser tomber. Dans l’absolu, sur le paper art, c’est pas dramatique vu que je comptais pas en faire mon métier, mais sur un roman ça génère de la frustration. Parce que j’ai toutes ces histoires dans ma tête dont je ne fais rien, ces scènes tricotées au fur et à mesure de mes marches pour aller bosser (ce qui m’arrive beaucoup moins vu que je ne marche plus beaucoup, snif) qui n’attendent qu’à être couchées sur papier. Mais si le départ est mauvais, je n’arrive plus à rattraper le fil.

chat pelote noeud jeu mignon

Quand tu renonces à rattraper le fil

Du coup, reprenons les conseils du Pr “j’aurais tant aimé te montrer ma culotte” et voyons si nous pouvons les appliquer :

  • Une citation : alors non, direct. Le conseil est bon, ne nous méprenons pas mais vous savez qui commence ses romans ou chapitre par une citation ? Marc Lévy, Guillaume Musso, Dan Brown… Pas des gens que j’ai envie de suivre (no offense, c’est juste pas ma came). Et de façon générale, je trouve que les gens qui usent de citations dans la vie réelle genre sur leur Facebook ou Twitter sont des médiocres qui veulent se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas.
  • Une anecdote : et mais pourquoi pas en fait. Sauf que voyons… Maja, je raconte quoi comme anecdote sur elle ? Là, la phrase sert juste à enchaîner direct sur Maja et l’éveil de sa conscience politique, on s‘en fout un peu de ce qu’elle a pu faire avant, rien ne la rattache à cette histoire là. Mais le coup de l’anecdote, ça peut servir pour plus tard.

deux femmes se chuchotent un secret

Et pourquoi ça me saoule autant cette phase d’attaque ? Parce qu’avant, j’avais un vilain tic d’écriture qui lançait la première scène comme un film, littéralement : une description rapide d’un lieu, un personnage « pop » : ce sera lui ou elle le héros ou l’héroïne, certainement et quelques lignes plus tard, quelqu’un viendra lui parler pour qu’on ait le prénom de la personne. Ce qui donnait dans la version 1 d’Ezialis :

Le bois grinça, ajoutant une touche de lugubre dans l’obscurité nauséabonde. A l’odeur de sueur et de déjections se mêlaient celles, tenaces, de poisson séché et d’algues en putréfaction. L’ambiance pesante était entrecoupée de toux, de râles, quelques sanglots. Ils ne savaient pas précisément vers où ils naviguaient mais leur avenir s’annonçait sombre.”

C’est limite si vous ne voyez pas les noms des acteurs apparaître en surimpression, non ?

générique game of thrones

Le meilleur générique du monde

N’empêche… N’empêche qu’à tout relire, je me dis que c’est peut-être mieux. Et si “roman nom de code “Maja Sweden”” démarrait par “Le ciel lourd de ce matin d’automne donnait une allure lugubre à la salle de cours où on n’entendait que le professeur et les cliquetis des claviers sur lesquels les étudiants tapaient avec dextérité. Maja Lagerkvist ne se doutait pas que ce cours allait bouleverser sa vie”.

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Mmmm… C’est mieux non ?

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L’épée de Darwin de Dan Simmons

J’aime varier les plaisirs et après Anna Karénine, j’avais envie d’un bon polar et l’épée de Darwin de Dan Simmons sonnait bien à mes oreilles. Surtout que le monsieur est l’auteur de “l’échiquier du mal” que je n’ai pas lu mais dont j’ai entendu beaucoup de bien donc vas-y, liseuse, on part à la conquête de ce nouveau polar.

l'épée de Darwin de Dan Simmons

L’histoire : Darwin Minor, docteur en physique spécialisé en accidentologie, intervient sur les accidents mortels pour une assurance afin de décider quelles sont les responsabilités des uns et des autres. Mais le voilà soudain pris en chasse par des tueurs à gage russes. En leur échappant, Darwin se retrouve désormais face à une mafia locale qui organise des tas d’arnaques à l’assurance avec des accidents provoqués. Il va s’associer à Sidney, une inspectrice de choc.

The Mentalist

Un consultant et une inspectrice, c’est vrai qu’on n’a jamais vu ça

Alors dis comme ça, avouez que c’est assez sexy… Et bien, c’est un leurre ! Le livre fait 463 pages, il aurait pu tenir en 150. Une souffrance.

Alerte mauvais livre

Alors reprenons, qu’est-ce qui ne va pas dans ce roman ? En premier lieu le héros principal. Mon Dieu que ce type est insupportable. En fait, Darwin Minor souffre de ce qu’on pourrait appeler le syndrome Robert Langdon, le héros de Dan Brown (Da Vinci Code, Inferno, Le symbole perdu…) : le mec sait tout sur tout, il sait tout faire et les femmes en tombent systématiquement amoureuses. Non mais bonjour l’ennui ! Du coup, notre ami Darwin te dit en 34 secondes ce qu’il s’est passé sur cet étrange accident, il va faire du planeur et joue à la guérilla dans la forêt avec des armes, te shootant un mec à au moins 10 km pépouse. Sa seule faille : il a perdu sa femme et son fils dans un crash d’avion auquel il a lui même survécu. Alors je sais pas vous mais moi, M. Parfait, j’ai toujours du mal à avoir de l’empathie pour lui…

Zodiac-de-David-Fincher

Mais encore, il n’y aurait que ça… L’écriture de Simmons est insupportable. Soit le mec veut nous partager toutes ses passions soit il veut nous montrer qu’il s’est bien documenté mais… la moitié des écrits sont juste inutiles. On a le droit à de trop longues listes d’armes et de voitures (ne m’y connaissant ni dans l’un ni dans l’autre, ça ne m’aide pas vraiment à rentrer dans le récit), tout une histoire de planeur qui ne sert strictement à rien (mais on a bien compris que Darwin était le meilleur pilote du monde), un flash back sur un épisode infiniment long de la guerre du Vietnam (spoil : Darwin est le seul militaire à s’en sortir) qui n’a pas la moindre incidence sur le récit. Mais bon sang, Simmons, à quoi tu joues ? Tu avais un nombre de signes trop élevé à respecter ou ?

long manuscrit - sur la route

Quant à l’intrigue. Bah, c’est un épisode des Experts, quoi, ni plus, ni moins. On a des crimes, on enquête, on te plie ça en 2*2, merci bisous. A la limite, pourquoi pas, j’ai pas mal regardé les Experts il y a 15 ans mais là, c’est même pas bien amené ! L’enquête avance un peu par la grâce du Saint Esprit, Darwin comprend des trucs tu ne sais même pas comment, la piste se remonte bien trop facilement… Et du coup, niveau rebondissement, tu repasseras.

Le cross over des Experts

Nyeeeeeeeeeeeeeeah !

Bref, je me garde L’échiquier du mal pour plus tard, pour voir, mais je vous cache pas que je vais le lire un peu à reculons. J’ai fait une légère comparaison avec Dan Brown et on n’en est vraiment pas loin : héros bien trop parfait, héroïne simple faire valoir (même celle qui devient la descendante de Jésus), enquête qui se débarrasse du bon sens… mais je ne rends pas tout à fait justice à Brown : malgré ces gros défauts, son écriture est efficace et tu dévores le bouquin comme un paquet de Malteser. Alors que là, c’était plutôt grosse plâtrée d’haricots* verts en boîte… C’est assez dégueu et ça se digère pas très bien.

 

* Je reste fascinée par la différence radicale de goût entre les haricots verts en boîtes et les haricots verts frais.

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Le complot Romanov de Steve Berry

Cet été, j’ai débuté la lecture d’Ulysse de James Joyce. Je l’ai quasi fini là et je vous en parlerai plus tard mais, en pleine souffrance (car oui, j’ai souffert), j’ai eu besoin d’une pause, d’une bulle d’oxygène. Puisque je partais m’amuser en Corse, il me fallait de la littérature plus légère. Je vais donc me promener avec ma maman dans les allées de Cultura et tombe sur un polar intitulé “Le complot Romanov”. Un thriller qui se passe en Russie avec des tsars dedans, chouette.

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Je vous fais l’histoire en gros : la Russie se dit que finalement, la démocratie parlementaire, c’est pas super leur truc et que Poutine, ça suffit. Donc ils vont rétablir les tsars plutôt et font quelques recherches pour trouver un vague cousin qui a survécu au massacre. Les Américains viennent y foutre leur nez et créent une commission pour surveiller que tout est réglo (ils sont bien urbains). Dans cette commission, Miles Lord, un Noir. C’est important pour la suite. Donc Miles fait ses petites recherches pour vérifier et tombe sur des lettres d’Alexandra qui parle d’une prophétie de Raspoutine qui a annoncé leur massacre. On a d’ailleurs droit à quelques scènes poignantes d’une Alexandra au bord de l’hystérie car son petit Alexis souffre d’hémophilie mais ça va, Raspoutine arrive toujours à le soigner. Sauf qu’en lisant les correspondances d’Alexandra, je ne sais plus comment, mais il flaire qu’il y a un truc louche et commence à chercher car il se pourrait que… toute la famille impériale ne soit pas morte. Et oui, nous revoici avec la fameuse légende “on n’a jamais retrouvés les corps d’Anastasia et d’Alexis”, ils en ont réchappé.

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Du coup, Miles devient un peu gênant et des méchants qui ont l’air justement très méchants (ça tombe bien) commencent à vouloir le buter mais Miles, il s’en sort à chaque fois. Un coup, c’est son collègue qui se fait buter à sa place et un autre coup, attention, accrochez-vous à vos slips : il se baisse au moment où le méchant tire et échappe ainsi à la balle. Il-se-baisse-et-évite-de-mourir. A partir de là, on sent le bon gros navet bien juteux. Enfin, on s’en doutait déjà bien mais là… Non parce que Miles est quand même un énorme abruti : quand il comprend eeeeeeeeenfin que c’est lui qu’on veut buter et pas le reste de la planète évoluant autour de lui, il se dit qu’il va appeler son chef, la seule personne qui sait où il se trouve. Et à peine a-t-il indiqué sa position que les vilains patibulaires débarquent. Mais il percute rien et continue de dire “oh mais mon chef est un homme de confiance, appelons-le pour lui dire où nous sommes !” Oui, nous parce qu’évidemment, il va rencontrer une jeune femme, Ekaterina, artiste de cirque. Il la croise dans un train alors qu’il est poursuivi par les méchants patibulaires et hop, elle décide de l’aider parce qu’il est différent (sous entendu Noir) et qu’elle le croit sur parole (je pense qu’elle a surtout entendu la légende urbaine autour des hommes de couleur, mmm). Les voilà donc partis tous deux à la recherche des héritiers Romanov.
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Donc là, on en est déjà à la page 300, Miles a échappé déjà trois fois aux tueurs alors qu’ils tuent tout le monde à côté. Comme une envie d’aller un peu se taper la tête contre les murs mais poursuivons. Miles et Ekaterina obtiennent une énigme pour remonter la piste de nos héritiers. Un peu comme Dan Brown, oui, mais en version “Mickey Magazine” en fait. Bref, Ekaterina et Miles poursuivent les héritiers Romanov, poursuivis eux-mêmes par les méchants patibulaires qui tuent tout le monde mais se foirent toujours sur nos deux héros grâce à des rebondissement aux ficelles plus grosses que des poteaux. Y a des moments, je lève tellement les yeux au ciel que je suis sûre que mes globes oculaires font des loopings.
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Je vous raconterai pas la fin (même si, rassurez-vous, elle est solidement cousue de fil blanc, je suppose que vous l’avez déjà devinée). Il paraît que Steve Berry est un bon auteur de polar, on dira que je suis mal tombée. Peut-être. Mais je passerai sans doute mon chemin la prochaine fois que je verrai son nom. Pourtant, franchement, jouer sur la légende des derniers tsars de Russie, moi, ça me vendait du rêve. Peut-être est-ce précisément ça le hic. Y a des légendes laquelle faut être à la hauteur pour s’y attaquer… Pour le coup, Steve Berry a loupé son coup comme la balle a loupé Miles car il s’était baissé…
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Ca me donnerait presque envie de relire du Dan Brown dis donc ! Pour dire.

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La ceinture masculine, ta pire ennemie

(article léger pour les 3 du fond qui traîneraient ici en ce long week-end)

La première fois avec un homme, toujours une grande aventure. Les doigts caressent, fébriles, le corps de l’autre, découvrant ses coins et recoins. Dans les magazines féminins, on vous explique que la femme craint que l’homme n’apprécie guère son corps sans emballage (non mais faudra un jour m’expliquer comment des vêtements pourraient m’enlever 10 kilos qui réapparaîtraient dès que je suis nue !). Moi, c’est pas d’être nue qui m’angoisse… C’est la ceinture.

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Dans la version féminine des ceintures, y a une boucle, un trou, une languette et fin de l’histoire. Une ceinture masculine, y a toujours une boucle à la con. Je vous jure, je sais plus lequel de mes ex avait une ceinture que je n’arrivais jamais à détacher, ça devenait limite un running gag ! Du coup, à l’heure de l’effeuillage, je stresse. Mes doigts commencent à tâter la bête, caresser la boucle, soulever l’air de rien un coin ou l’autre pour essayer de déclencher quelque chose. Surtout que je ne suis pas censée regarder car je fais ça tout en faisant autre chose (genre mélanger ma langue avec mon partenaire. Allez regarder discrètement une ceinture quand on vous roule une pelle… Surtout quand on est myope !). Multitâche, oui, mais encore faut-il que je maîtrise les dites tâches.

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Mais pourquoi sont-elles si compliquées, ces ceintures ? Pour vous démarquer des weshs avec les pantalons aux genoux ? Parce que vous avez bien remarqué que dans le Da Vinci Code et toute la série des bouquins de Dan Brown, le Professeur dont j’ai oublié le nom arrive à choper facile avec des histoires d’énigmes et de casse-têtes ? Mais messieurs, si je suis en train d’essayer de vous enlever la ceinture, c’est certainement que je suis déjà conquise, inutile d’en rajouter, hein… Et puis à la limite, filez-moi un Rubik’s cube pendant la levrette…

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Ou alors, c’est pour jouer avec ma patience, en mode cadeau de Noël avec tout un tas de scotch. Oui, je déchire pas le papier, moi, je décachète. Et je fais pareil avec les hommes, imaginez leur tête si je déchirais leur pantalon ! Surtout si nous sommes chez moi… Quoi qu’il en soit, il y a des moments plus indiqués pour jouer avec ma patience, surtout que j’en ai pas des masses.

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Et là, les hommes s’insurgent. Eux aussi, ils doivent se battre. Non pas avec notre ceinture mais avec nos pantalons. C’est vrai quoi, pourquoi les pantalons féminins ont toujours des boutons à l’intérieur, des agrafes, des fermetures éclairs un coup sur le côté, un coup sur le devant. Pareil pour les robes, les fermetures éclairs sont toujours cachées. Alors oui, il est possible de passer dessous mais avouons-le, le peau contre peau, ça reste le must. Et puis les soutien-gorges impossibles à défaire, les collants qu’il ne faut pas déchirer… Vous, femmes, osez vous indigner d’une ceinture un peu taquine à enlever. Mais il faut bien que vous gagniez votre Graal, vous aussi, pas de raison qu’on soit les seuls à galérer !

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Oui, oui… Mais nous, on n’est pas responsable de la galère du collant ou du soutif, y en a pas de plus simple (quoi que jeune ado, j’avais un ravissant petit soutien gorge qui se fermait devant avec un bouton pression). Alors que vous, pourquoi vous ne prenez pas une ceinture toute simple à base d’une boucle, une languette, un trou dans lequel on glisse la languette (cette phrase me paraît terriblement ambiguë). Promis, personne ne vous volera le pantalon dans la rue !

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Le fanorat est médiocre

En lisant l’autre jour un article sur Lana Del Rey, j’ai découvert une étrange expression “la médiocrité du fanorat”. En gros, les fans ont grosso modo des goûts de merde. La preuve, ils écoutent Justin Bieber en masse et maintenant Lana Del Rey. Et là, j’ai réalisé tout le snobisme du concept, snobisme dans lequel je me suis souvent vautrée.

Je l’avoue sans honte, je suis merdophage. J’écoute de la musique commerciale (Lady Gaga, Britney Spears ancienne époque parce que j’aime pas la nouvelle qui abuse de cette voix électronique qui me pète les oreilles, Rihanna, Katy Perry… Mais pas les Black eyed peas, faut pas déconner), je regarde des séries pourries de type Hélène et les garçons et leurs déclinaisons (du moins quand j’en ai le temps donc en ce moment, non). Par contre, je suis d’un snobisme épouvantable en terme de cinéma (bouh les blockbusters) et surtout de littérature. Souvenons-nous ensemble comme j’ai souffert en lisant du Guillaume Musso. A chaque fois que je passe dans une librairie, je pleure en découvrant en tête de gondole les Musso et Lévy, best sellers absolus ou encore les Dan Brown qui réécrit perpétuellement le même roman en changeant le prénom féminin et la ville où se passe l’action.

Et pourquoi donc ? Qui suis-je pour décréter ce qui est bien ou mal en terme de littérature ? Si on reprend l’univers musical, je sais faire la distinction entre de la musique de haut niveau (si j’ose dire) et une production commerciale calibrée pour cartonner sur les radios et dans les discothèques. Mais j’aime la musique commerciale pour travailler en paix dans l’open space, taper mes content plans sans interventions extérieures. De la même façon, peut-on vraiment condamner des gens qui préfèrent s’avaler un Lévy sur la plage plutôt qu’un Tolstoï ou se vider la tête devant Transformer plutôt que devant un film d’art et essai ousbek ? Et d’abord, qui a décrété ce qui était digne d’intérêt et bon à jeter ?

On en revient au bon vieux Bourdieu et son étude du bon goût. Pour rappel, selon Bourdieu, le bon goût est défini selon les goûts bourgeois. Et oui, on a du mal à imaginer un conducteur de voiture tuné écouter du Mozart sur ses enceintes surround machin tout ça (je suis nulle en enceintes) ou en train de lire La Propédeutique philosophique d’Hegel. Et pourtant, pourquoi pas ? Je veux dire en tant que femme, je me plains parfois d’entendre que le maquillage et la coquetterie semblent être des antonymes de culture et d’intelligence. Mais voilà, souvent culture populaire = culture facile d’accès = de la merde.

Et pourtant, si je retourne le raisonnement, je me dis qu’il y a du génie dans cette sous culture. On peut cracher tant que l’on veut sur les Lady Gaga, Lana del Rey, Marc Lévy et co, ils ont quand même compris ce qui marchait et comment faire du business. Ils ne sont pas si nombreux que ça. On peut se gausser sur la facilité de leur art, pour se permettre de la ramener, faudrait déjà arriver à en faire autant. Oui, je n’aime pas le style d’écriture des Lévy et Musso mais puisque c’est si facile, pourquoi ne pas en faire autant, hein ? Je n’ai pas le goût des bluettes, j’ai essayé d’en écrire sans le moindre succès, ça m’ennuie. Mais si j’y parvenais et que je les envoyais à une maison d’édition, serais-je pour autant publiée ? Connaîtrais-je le succès ? C’est un peu comme la cuisine, c’est pas parce que tu suis la recette que c’est forcément génial à l’arrivée.

Bref, existe-t-il réellement un fanorat médiocre ou des artistes qui donnent ce que l’on souhaite, un art facile à consommer pour les jours où on n’a pas envie de faire des efforts ? Que le gastronome qui n’a jamais croqué un Big mac me jette la première pierre.

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Ce roman dont l’auteur est le héros

Grâce à ma convalescence, j’ai un peu repris l’habitude de lire, ce qui n’est pas un mal. Même si je n’ai pas battu mes scores, lecture du Nouvel Obs oblige (ça prend du temps quand même), travail, écriture et déménagement du blog prenant du temps. Mais j’ai lu trois romans qui avaient la même caractéristique : le héros principal était l’avatar du romancier.

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Je me demande dans quelle mesure ce n’est pas un travers « naturel » de l’écrivain. Reprenons ces romans. Les deux premiers (oui, c’était une histoire en deux tomes), c’étaient « Les Borgia » de Claude Massé, historien de son état. Bon historien je pense mais niveau romancier, c’est pas trop trop ça. Il a inventé un personnage qui navigue dans l’univers des Borgia pour nous le raconter, pourquoi pas, un jeune théologien érudit. Sauf que tu sens bien que le théologien, Vincente, c’est un peu son avatar dans l’univers historique des
Borgia. Fils caché d’Alonso Borgia et Isabelle d’Aragon (rien que ça !), c’est un personnage d’une mollesse infinie. Pour nous planter le décor historique, Massé ne cesse de prêter des intentions à son personnage qui veut un coup aller à Florence rencontrer Savonarole puis Venise oh et puis non, je vais retrouver ma maîtresse juive en Espagne mais oh, on me rappelle à Rome. En gros, il veut beaucoup mais il ne fait rien. Sauf quand même se taper Lucrèce pour une scène qui ne sert strictement à rien mais bon, faisons-nous plaisir. Ceci étant, ce roman m’a donné envie d’en savoir plus sur les Borgia.

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Autre roman de ce type : Le symbole perdu de Dan Brown. En fait, ça marche avec tous les romans de D. Brown puisqu’on sent bien que le Robert Langdon, c’est Danounet qui s’y croit. Pourtant, il est un peu con par moment Robert genre « han mais je comprends pas cette énigme si mystérieuse, hum hum… » alors que moi, j’ai compris, merci. Mais bon, Robert, c’est un peu le mec qui a toujours toutes les forces de sécurité du monde au cul mais qui s’arrête papoter autour d’une tasse de thé avec une charmante créature qu’il finit par se taper (je n’en suis pas encore là dans le symbole perdu mais je suppose). Mais bon, Robert, il a une culture innn-cre-di-beul et le charisme d’un Indiana Jones. D’ailleurs il passe son temps à se la raconter dans sa tête « c’est toujours ce qu’il dit à ses élèves qui l’écoutent si pieusement, qui sont trop fans de lui et même tous ses élèves aimant les hommes sont fous de lui et font des rêves érotiques impliquant son corps ». Oui bon, j’exagère légèrement mais vous saisissez l’idée.


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Quand je regarde modestement mes propres héroïnes, y a un peu de moi, c’est sûr. Oceany était un bon avatar de ma personne sur certains points mais pas forcément sur tous. Mon héroïne actuelle me paraît plus éloignée mais il est difficile d’être juge de ses propres écrits. Au fond, l’écriture n’est-elle pas une forme de concrétisation d’un fantasme. Je m’explique : quand j’écris, je donne chair d’une certaine façon à une histoire tricotée dans mon imaginaire. Forcément, certaines scènes sont inspirées de mes désirs et/ou de mon vécu. Par exemple, dans un roman que j’ai laissé de côté (abandonné ?) à la page 5, il y avait une image, une bribe de scène précise qui me vient d’un vécu (un couple allongé après l’amour et la fille regarde leurs corps allongés dans un miroir en se disant qu’ils sont beaux ensemble, en gros), d’une scène que j’ai très précisément vécue. D’ailleurs, dans ce nouveau roman (j’arrive à la page 30, héhé), l’héroïne est violoncelliste, italienne et flirte avec un Russe. Oui bon, ok, y a beaucoup de mes fantasmes là.

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Ca renvoie à la sempiternelle question : pour qui écrit-on ? Et sa corollaire : à force de me faire plaisir en écrivant, est-ce que je ne risque pas d’ennuyer le lecteur ? Les Borgia, le roman m’a assez ennuyée dans la mesure où il ne se passe quasi rien et le seul intérêt est effectivement la très bonne maîtrise de l’auteur de la période dont il traite. D. Brown, lui, tricote des énigmes politico-ésotérico-policières qui excitent l’imagination, surtout celle des conspirationnistes à 2 balles (oui, oui, les Illuminati gouvernent le monde, oui, oui, oui… Tiens, prends ta petite pilule). Sauf que réécrire à chaque fois la même histoire avec les mêmes rebondissement, en changeant juste le nom de la ville et celui de l’héroïne, ça va finir par se voir.

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Mais en cherchant bien, je n’ai pas d’exemple d’écrivains loin de leurs personnages. Peut-être parce qu’au fond, l’écriture reste la meilleure des thérapies ? 

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Un pénis dans mon journal !

Jeudi, 12h. Je pose mes délicates fesses sur le banc de ma gare et j’entreprends de feuilleter mon « 20 minutes » tout en tirant de longues lattes sur ma clope. Je jette un regard rapide aux gros titres. C’est ma technique de lecture, en fait : un premier coup d’œil, vite fait, je note quelques sujets intéressants pour des articles pour mes webzines puis je recommence au départ pour lire sérieusement.
 
Je tourne les pages, un coup d’œil à mon horoscope (aussi vite lu, aussi vite oublié), je saute le programme télé et là, à l’avant-dernière page, que vois-je : un homme
nu ! Ce n’est pas tant l’homme nu qui me marque que son pénis, pendant négligemment entre ses jambes.
Il a oublié son slip…
Seigneur ! Mais je rêve : un pénis innocemment exposé dans mon journal, voilà qui est inédit ! Pour ceux qui auraient raté ce merveilleux cliché, je vous explique : c’est l’association AIDES (qui lutte contre le SIDA, pour ceux qui ne connaîtraient pas) qui « remercie » ceux qui se sont protégés cet été. Du coup, le monsieur a mis une capote et a le zizi tout blanc alors que le reste du corps est subliment bronzé… Je trouve cette pub géniale même si j’émets une petite objection : le monsieur, même s’il n’a pas mis de préservatif, sera blanc du pénis aussi puisqu’une fois dans son/sa partenaire de jeu, il n’est pas censé bronzer. Mais peu importe…
 
Estomaquée, je finis par monter dans mon train et je rejoins Zoé en ville pour un déjeuner entre filles, on s’installe et je lui montre l’objet du délit. Du coup, on passe la
moitié du repas avec notre « 20 minutes » ouvert à la page X, sans même s’en rendre compte, occupées à parler de nos amours. Bon, voilà comment passer pour des obsédées totalement en manque d’homme en une leçon.
 
Faut dire que c’est osé : des gens nus dans les journaux, ce n’est pas si étonnant que ça. Dans les pubs pour le savon (notamment Tahiti), on voit des femmes, tout seins
dehors, se laver avec délectation (hum !). Mais un pénis ! Ça, je vous jure que c’est de l’inédit ! Je me souviens quand Basic Instinct était sorti, en 1992, on avait accepté de ne pas le classer en « pornographique » car on ne voyait pas le sexe de Michael Douglas… Dans les films, on en voit quelques uns, de temps en temps, mais c’est rare. Alors dans la presse non spécialisée, imaginez un peu ! Bon, on notera que le pénis en question est au repos, mais il est là, quand même !
 
Ohlala !
En France, on a vraiment une drôle de relation avec le sacro saint phallus, je trouve. Dan Brown dans son best seller « Da Vinci Code » a dit un truc du style : « ça m’étonne pas que les Français aient choisi un phallus géant (la Tour Eiffel) comme symbole national ». Bon, on en voudra pas à M. Brown de ne pas savoir que notre symbole national, c’est le coq, mais bon, ça reste pareil, au fond… J’étais partie en voyage de classe en Allemagne, il y a quelques années (en 1995), j’avais emprunté un journal à ma correspondante, un espèce de Voici, je crois : jamais vu autant de pénis en quelques pages : celle de Brad Pitt (cachée en France), celle d’un inconnu qui posait à poil… Je précise que ma correspondante avait 15 ans et ce magazine n’avait rien de pornographique ni même d’érotique…
 
Mais en France, montrer un pénis, quel scandale ! D’ailleurs, quand j’ai montré la campagne à Zoé, j’ai rajouté : « demain, la campagne est annulée ! ». Triste à dire mais les Français sont puritains : 20 minutes a reçu beaucoup de lettres et de mails de personnes se plaignant de ce zizi même pas dans sa superbe. La palme du conservatisme extrémiste a quand même été atteint par le site Internet des jeunes catholiques nantais (ou quelque chose du style) qui a déclaré que 20 minutes faisait de la pornographie et que le préservatif ne protégeait en aucun cas du SIDA, de toute façon… Qu’on soit choqué par la photo d’un pénis, soit, qu’on en profite pour véhiculer de telles conneries, ça me dérange mais ceci est un autre débat.
 
Le début d’une nouvelle ère ?
Personnellement, je trouve cette campagne pas mal trouvée et j’ai bien envie de faire un article dessus pour un webzine. Bon, comme je l’ai dit plus haut, je ne crois pas que le préservatif soit lié ou non au bronzage du monsieur. Personnellement, je n’ai pas installé de lampe UV dans mon intimité donc si un monsieur entre là-dedans alors que nous sommes en train de paresser au soleil, son pénis ressortira tout blanc, avec ou sans capote. Mais j’aime bien le principe de cette photo, ça va faire couler de l’encre.
 
Ceci étant dit, AIDES est sympa de nous remercier de nous être protégés cet été, ça veut dire qu’on peut relâcher notre attention ? Je rappelle à ceux qui ne le sauraient pas (pas grand monde, j’imagine), que le SIDA n’a rien à voir avec la saison, il ne sort pas aux premiers rayons de soleil et ne s’attrape pas dans le sable. N’oubliez pas le petit capuchon à la
rentrée…
 
Du coup, j’attends avec impatience la campagne d’hiver, avec une petite écharpe autour du pénis ! 
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