A vous les incels, petite lie de l’humanité

J’avais envie d’écrire « abrutis finis à la pisse » mais je voulais un titre pas trop moche. Chers incels, donc, c’est à vous que je crache à la gueule écris aujourd’hui. Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’actualité des derniers jours, un incel, « involontairement célibataire », a pris sa voiture à Toronto et foncé dans la foule, tuant une dizaine de personnes. Comme il n’est pas musulman, ça n’a pas super intéressé les médias. Moi, ça m’a permis de découvrir le nom de cette communauté scélérate que je voyais agir notamment sur le forum 18-25 de jeuxvideos.com et sur Twitter dès que le mot « féministe » apparaît.

Klay, prototype des incels

Chers incels, vous pleurez sur votre célibat H24 tout en jouant les bonhommes genre « go muscu », vous vous posez en victime de la société en général et des femmes en particulier… alors que ce sont nous, les victimes. Vous vous posez en nice Guy, le gentleman ultime, comme disait Robert Elliot juste avant de tuer 6 personnes à Santa Barbara. Mais ça ne vous gêne pas trop de légitimer des viols ou nous souhaiter la mort, vous nous harcelez, vous profitez de la moindre occasion pour nous toucher, nous mater… toujours gentils ?

Les frotteurs dans le métro

Votre série modèle, ça doit être 13 reasons why : l’histoire d’un nice guy qui arrive à pecho une des plus belles filles du lycée… avant qu’elle ne se suicide, victime des « Chad » et « Stacy » de service, comme vous les appelez. Sauf qu’à y regarder de plus près, votre nice guy, c’est loin d’être un prince charmant. Oublions qu’il se masturbe devant la photo d’Hannah en train d’embrasser une autre fille, on mettra ça sur le compte de l’adolescence. Est-ce qu’il se préoccupe une seule fois d’elle, de ce qu’elle ressent ? C’est toujours à elle de faire un pas vers lui, lui est trop occupé à mater son nombril. Et il n’a vraiment rien à dire, il ne s’intéressé à rien. Du coup, pendant toute la série, je n’ai pas compris pourquoi elle le kiffait. Le seul relativement good Guy de l’histoire, c’est le basketteur, Zack, le seul qui, à un moment, se préoccupe vraiment d’elle. Un Chad pur jus. Heureusement, l’histoire en fait un connard juste après parce que si les beaux gosses sportifs sont en plus gentils, quelle fable allez-vous pouvoir vous raconter ?

Zach dans 13 reasons why

Ce qui me fascine le plus, c’est votre insistance sur le fait que vous êtes gentil. Le nombre de fois où je me suis fait invectiver (pour rester mesurée) par des mecs qui me reprochaient ma vie sexuelle, me crachaient à la figure que c’était bien fait pour ma gueule quand je tombais sur un connard parce que je ne les choisissais pas, eux, les gentils garçons. Le mieux, c’était quand ils approchaient, tout sucre, espérant me serrer et si ça n’arrivait pas, le miel devenait poison. C’est ça que vous appelez être gentil ? Ah bah j’espère ne jamais vois croiser en mode méchant, j’y laisserais quelques dents. Au mieux.

Hannah pleure dans 13 reasons why

Le problème, ce ne sont pas les femmes qui ne veulent pas de vous mais vous. Vous pleurez sur les modèles masculins mis en avant, tout de muscles saillants ? Nos injonctions sont pires, les corps que l’on nous impose irréalistes . La société est faite en faveur des hommes (cishet blanc, certes). Et vous ne supportez pas que ceux qui devraient sociologiquement vous être inférieurs ne reconnaisse pas votre supériorité. Vous pensez que la gentillesse, telle une carte à points, vous donne droit d’utiliser le corps de la femme qui a bénéficié de vos « largesses ». Non, ce n’est pas comme ça que ça marche. Une envie amoureuse ou sexuelle, c’est quelque chose de complexe, déjà, il n’y a pas de formule mathématique du désir. Porter le sac lourd de sa voisine ne lui fera pas écarter les cuisses. Imaginer de droguer une fille pour la rendre amoureuse non plus. Ah mais c’est legit « je la drogue pour la choper mais je la traiterai bien après ». Bien sûr, bien sûr…

GHB

La vraie vie, c’est pas juste des Chad et des Stacy qui copulent après un match de football américain, éteignez votre télé. Dans votre lycée aussi, les populaires sortaient entre eux. Oui, c’est ce qu’il se passe dans les groupes d’amis en fait. Quand j’étais au lycée, dans mon groupe de potes ni populaires ni impopulaires, y avait du mélange. Alors arrêtez de chialer sur votre sort en pensant que tout est de la faute des autres alors que c’est votre haine et votre rancœur qui vous rend peu désirable. Les femmes ne vous doivent rien.

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C’est quoi l’amour ?

Des fois, je me demande ce qu’on nous a fait avaler durant notre enfance pour faire de nous de tels sado-masochistes amoureux. Hélène et les garçons certes mais m’est avis que c’est plus profond. Mais qui a réussi à nous faire croire qu’aimer, c’est (faire) souffrir.

Quand j’étais avec l’Ex, je m’étais fixée une limite : le jour où notre relation me rend plus malheureuse qu’heureuse, je m’en vais. Comprenez-moi bien : en un an, ce ne fut pas qu’amour, paillettes et arcs-en-ciel, non, non, non. Parfois, quelque chose n’allait pas et nous en parlions ensemble pour tenter de trouver une solution. Puis est arrivé le point où de solution, il n’y avait plus. Rester pour n’avoir plus que quelques miettes de bonheur et le reste du temps de l’amertume ? Nous méritions mieux. Cette rupture a été difficile pour tous les deux mais aucun de nous deux n’était un SM de l’amour. Je n’ai pas voulu souffrir plus que nécessaire, je n’ai pas voulu lui faire du mal en jouant la carte du chantage. De toute façon, ça n’aurait pas marché avec lui.

L’amour ne doit pas etre un océan de souffrance avec quelques ilôts de bonheur. Évident à écrire, je sais mais combien d’entre nous ont assisté à cette personne, homme comme femme, torturé psychologiquement par celui ou celle qu’il aiiiiiiime qui ne cesse de jouer l’arlésienne, les « oui, non, je t’aime, je sais pas, je vais te quitter mais en fait non ». Ceux qui distribuent des paroles blessantes l’air de rien, les « oui, tu es quelqu’un de bien mais je ne suis pas sûr de t’aimer ». L’honnêteté est louable mais à trop le dire, elle devient perverse.

L’amour est un jeu où le sadique trouve son masochiste, où l’un pleure tandis que l’autre lui arrache les ailes. Ah oui, vraiment ? Qu’on vive tous un jour ce type de relation, c’est normal, c’est l’apprentissage de la vie, dirons-nous. Sauf qu’il faudrait voir à en tirer les (bonnes) leçons. Tu tombes de vélo, tu essaies de comprendre pourquoi au lieu de t’enteter bêtement et retomber deux mètres plus loin. Tu n’abandonnes pas ton vélo, ta chute t’a appris quelque chose, ce serait con de partir avec un genou écorché, l’égo en lambeau tout ça pour rien.

Pourtant certains persistent, ils se jettent encore et toujours dans le mur et avec élan s’il vous plait. L’autre leur fait un reproche, il a forcément raison, ce ne sont que des merdes, la lie de la race humaine, blablabla. Processus de soumission classique, t’as beau les rassurer, parole de l’Aimé est parole d’évangile. Mais bordel pourquoi s’inflige-t-on ça ? Pourquoi croit-on que celui/celle qui prétend nous aimer a le droit de nous cracher à la figure. Je veux dire qu’il/elle a le droit d’essayer de nous pousser à nous améliorer mais y a des façons de faire. On ne dit « c’est vraiment le bordel chez toi, je sais pas comment tu peux vivre dans une telle porcherie » mais « tu vois, si tu achetais une étagère pour ranger, tu te sentirais mieux chez toi », par exemple. Les « t’es vraiment [adjectif péjoratif] » ne sont pas de l’amour. Quand vous aimez quelqu’un (je parle aussi d’amour familial ou d’amitié), vous l’insultez ? Non, je ne crois pas.

Masochistes de l’amour, réveillez vous ! L’amour, ce n’est pas les brimades, insultes et larmes qui coulent dans l’obscurité d’une chambre quand l’autre dort. Apprenez à vous respecter, à dire non. Une personne qui se comporte de la sorte ne vous aime pas. Il/Elle n’aime que lui/elle, vous ne gagnerez rien à insister. Sauf peut-être un aller simple pour Lexomiland.

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Au nom de l’esthétique, interdisons le botox

De temps en temps, je me plonge dans la presse people, un peu pour mon boulot même si j’ai ordre de ne plus trop m’occuper du site people pour concentrer mes efforts sur mes deux autres site, mais aussi pour le côté gossip qu’on trouve sur certains sites. Ok,
se moquer, c’est mal, gna gna gna mais on ne va pas non plus pleurer des liftings ou liposuccions ratées non plus.

Or depuis quelques temps, nous avons de plus en plus droits à ces visages figés plastifiés effrayants : le botox a encore sévi. Quand on regarde des Nicole Kidman, des Madonna, des Rosanna Arquette, des Demi Moore, j’en passe et des meilleures, j’ai peur, franchement. C’est le bal des sorcières et pas des sorcières sexy à la Charmed, non, les vraies sorcières qui font peur. A l’arrivée, on ne sait plus si c’est la star elle même que l’on voit en photo ou sa statue de cire, c’est troublant. Et quelque part, ça me navre.


Je peux comprendre que quand on a un métier public, on est obligé de faire attention à son image. Les femmes que j’ai citées, leur visage et leurs corps sont un outil de travail qu’elles sont contraintes de plier aux canons de beauté en vigueur. La minceur et la jeunesse sont à la mode, faisons du sport voire liposuçons nous, botoxons et liftons nous. Quand nous, on fait un bilan de compétences, elles, elles passent chez leur chirurgien esthétique. On pourrait les blâmer, leur cracher à la figure que c’est leur faute si nous, pauvres anonymes, sommes obligées de rester minces quoi qu’il arrive et de s’étaler des dizaines de crèmes sur la tronche pour paraître éternellement jeunes. Perso, je fais du sport pour avoir un corps au top et je m’étale tout un tas de produits sur mon petit corps qui ne demande rien mais j’assume : c’est aussi parce que j’aime bien. Surtout parce que j’aime bien. J’ai même commencé l’antirides mais on subit les influences que l’on choisit, finalement.

Seulement, arrive un moment où la course à la beauté provoque des dégâts considérables. Je ne relancerai pas le débat sur la minceur, la minceur est un critère de beauté comme les cheveux longs : tous les hommes n’en sont pas fans, question de goût. Mais certains aiment. Par contre, ne me dites pas que ces visages plastiques et effrayants puissent réellement plaire à quelqu’un et en premier lieu aux propriétaires de ces dits visages. On se retrouve avec des stars de 40 ans qui en paraissent 20 quand elles sont botoxées et maquillées mai elles ont toute la même tronche et je ne parle même pas des implants faciaux pour avoir de bonnes joues rebondies, les injections de collagène qui les font ressembler à Daisy Duck ou autre… Du coup, on se retrouve avec une Meg Ryan qui ne ressemble plus à rien, à part à une starlette qui refuse son âge. Mais au secours quoi ! Et que dire de Madonna qui, sur certaines photos,
ressemble à une sœur cachée des frères Bogdanov… Brrrrr, ça m’en fait froid dans le dos. On gueule parce que ces femmes n’ont pas le droit à un kilo en trop. Là, on oublie la question de la morphologie, certaines femmes sont naturellement minces. Quand je vois ma collègue, Louise, qui revient de son congé maternité aussi mince qu’avant sa grossesse, c’est naturel. Cette femme est taillée pour être mince, elle ne s’est pas fait liposucée. Mais par contre, notre visage se marque au fur et à mesure du temps et ce n’est pas un drame, c’est juste la vie. Dans ma famille, on ride peu mais je sais quelles rides j’aurai parce que c’est génétique, je sais que j’en aurai sur le front et autour de la bouche en premier mais je vais pas commencer à m’injecter du poison dans la figure pour retarder l’inéluctable.  On peut retarder l’inéluctable, rendre son corps tonique et utiliser des crèmes pour garder une élasticité de la peau mais se la figer, pitié. Nous connaissons l’âge de ces femmes, qui veulent-elles tromper ?

Et quelque part, ce qui est dramatique, c’est de lire des articles comme dans Biba qui exalte ces quadragénaires et quinquagénaires qui font de la pub en nous expliquant que le jeunisme est mort. Mais c’est archi faux. Le jeunisme est plus que jamais d’actualité, au point que des femmes ne peuvent plus rire, qu’elles ont perdu tout leur charme pour se ressembler les unes les autres et sortent même avec des petits jeunes. Et on veut me faire croire qu’elles acceptent leur âge ? Heu… Comment dire ? Vous êtes sérieuse là ? Quand on voit Demi Moore avec sa fille, on a du mal à savoir qui est la mère de la fille. Elle a limite l’air plus jeune que moi avec ma mini ridule sur le front.

Ceci étant, moi, j’attends. Le botox est une technique récente, on ne connaît pas les effets à long terme. Pas sûr que dans une dizaine d’années, quand je flirterai avec la quarantaine, on se précipitera encore à se faire des piqûres pour se faire injecter un poison végétal pour avoir l’air plus jeune. Peut-être que d’ici là, on se rendra compte que pouvoir rire ou avoir des expressions faciales est finalement plus important. Ou que, comme les hommes, les femmes ridées ont un sacré potentiel de séduction.

NB : Ayant mis deux heures (pour de vrai) à mettre les deux images, je laisse tomber. Vieux pc agonisant (pas celui du virus, l’autre, 6 ans d’âge). Mais bon, des gens meurent en Palestine, bordel.

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La rancune est-elle toujours mauvaise conseillère ?

(Message garanti 100% sans messages cachés, personne n’a donc à se sentir visé, je précise)

Dans la vie, j’ai moults défauts mais s’il y en a un que je n’ai pas, c’est la rancune. En gros, on me demande mon pardon, je le donne sans trop discuter car je trouve toujours que « tout ça ne vaut pas la peine de rester fâché ». Et il y a des fois où, effectivement, rester fâché par principe est ridicule surtout que je trouve que ça bouffe de l’énergie pour rien. Moi, je suis plutôt adepte du précepte chinois ou arabe : « regarde la rivière couler, tu y verras le corps de ton ennemi flotter ». En gros, laisse la vie gérer le retour de bâton, on ne peut pas se comporter comme une immonde ordure sans se prendre une baffe un jour.

Sauf que. L’autre jour, je discutais avec Pink qui avait pour idée de lancer la semaine de la réhabilitation. Pour ceux qui auraient la flemme de lire son article (hum), l’idée est qu’en gros, on devrait lancer une semaine où toutes les personnes qui ont eu un comportement goujat s’excusent. En gros, opération soigne ton karma. Mais dans sa vision, elle estime que des excuses ne méritent pas forcément un pardon et qu’il ne doit en aucun cas être exigé. Sur le coup, je lui dis que je ne trouve pas très charitable de ne pas récompenser ce genre de démarches mais finalement, à bien y penser, elle a raison. Je sais qu’il y a quelques cas où si la personne venait me présenter des excuses, je lui cracherais littéralement à la figure avant de lui claquer la porte au nez. Non pas que je ressente colère ou rancune, ni même désir de vengeance : les sentiments négatifs sont en général à l’image d’un orage d’été chez moi : ça pète, ça fait du bruit et le lendemain, c’est comme si de rien n’était. J’oublie, je range ça dans un dossier mental que je n’ouvre plus. Alors pourquoi refuser le pardon ? Parce que certains ne méritent pas d’avoir la conscience tranquille.

Dans la vie, on a le choix : certains font celui de faire du mal sciemment à une personne. Revenir quelques temps après la queue entre les jambes en prononçant quelques « excuse-moi », c’est un peu facile. Même si certains en sont génétiquement incapables, certes. Le truc, c’est que présenter des excuses ne veut pas dire qu’on est conscient du mal qu’on a pu faire. Parfois, une insulte balancée peut marquer une personne au fer rouge et rester douloureuse pour peu qu’on appuie dessus. Alors le bourreau, il peut bien s’excuser avec des yeux humides, ça n’arrangera pas le mal causé chez sa victime.

Alors je me pose la question : faut-il accorder facilement son pardon, comme une personne généreuse et bonne d’âme ou au contraire, être impitoyable, garder toujours vivace la flamme de la colère pour ne pas oublier l’humiliation ? Perso, je l’ai déjà dit, je trouve que tout ça équivaut surtout à une perte d’énergie et mon énergie, je préfère l’investir dans des choses plus positives et productives. Bien que la vengeance soit parfois un très bon moteur d’imagination mais c’est pas le sujet. Mais finalement, refuser son pardon ne
peut-il pas être signe de vertu et de générosité ? Faire comprendre à la personne que son comportement a cassé quelque chose de façon irrémédiable pour éviter qu’elle ne recommence ? Après tout, je me dis que seuls les débiles profonds ne tirent aucun enseignement de leur vécu. Sauf que le risque est que notre geste follement altruiste (si, si) soit pris comme un affront : « quelle
conne, elle se prend pour qui ? » et que dans l’histoire, personne ne sorte vainqueur de la bataille. Navrant pour tout le monde.

Je veux pas dire mais la vie, elle est quand même plus facile dans les séries AB où ils se pardonnent toujours.

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Comme des stars

Il y a quelques mois, j’avais écrit un article sur les blogs. A l’époque, j’étais une inconnue, j’avais une dizaine de lecteurs à tout casser. Aujourd’hui, mon regard sur ce phénomène a un peu changé, j’ai moins de naïveté et voici ma nouvelle réflexion sur le sujet.

Mercredi dernier, je passe la journée en compagnie d’un autre blogueur : Loui. C’est un jeune garçon vraiment très intéressant, on a discuté longuement du phénomène blog et cette conversation vaut, à mon avis, son pesant d’or. Pourquoi écrit-on un blog ? Comment faire face à notre « succès » ? Comment ne pas avoir envie d’abandonner, parfois ?

Quand j’ai commencé ce blog, je ne m’attendais absolument pas à tout ce qu’il s’est passé. Me voici aujourd’hui à 1400 lecteurs par jour, pour la plupart anonymes. Pourquoi viennent-ils ? Pourquoi se passionnent-ils pour nos vies somme toute normales ? De façon tout à fait objective, je suis une fille comme les autres, pas mal de nanas de mon âge peuvent
en faire autant… Je n’ai pas tant d’aventures amoureuses que ça et même, en ce moment, c’est d’un calme ! Evidemment, c’est super flatteur, ce succès inattendu mais somme toute relatif : 1400 personnes sur 60 millions de Français, y a pas non plus de quoi se pavoiser. Et puis, les vingtenaires ne sont pas censés aboutir à quelque chose de concret. Un livre ?
Non, certainement pas ! J’écris depuis que j’ai 15 ans (bon, c’était merdique, à l’époque, je l’avoue) et j’adore ça mais quitte à être publié, je voudrais que ce soit pour mes romans, pas pour ma vie… Je n’ai pas envie d’être connue sous le nom de Nina Bartoldi, pas du tout. Nina marque une période de ma vie qui s’achèvera un jour et je ne prendrai plus ce nom.

Le problème quand on a un succès d’estime, c’est qu’on récolte vite quelques ennemis. Curieusement, le succès engendre systématiquement la jalousie. Loui en fut victime et de façon assez violente… Moi aussi. Personnellement, ça ne me touche pas dans la mesure où les gens s’attaquent à Nina et pas à moi, même ceux qui m’ont fréquentée de façon éphémère. Peu m’importe que les gens aient une mauvaise opinion de Nina, au fond, ils ne connaissent pas mon vrai nom et, s’il le faut, ils me côtoient tous les jours et m’adorent…

Cependant, il y a certains comportements que je ne comprends pas. Qu’on soit en désaccord avec ce que je dis, c’est normal et si ça peut engendrer un débat comme sur l’article Politique, j’en suis ravie… Mais qu’est-ce qui pousse les gens à être insultants envers nous ? Qu’on apprécie pas mon blog, mes idées, ma personnalité (du moins, ce qui transparaît sur le blog), soit. Qu’on me crache à la figure de façon aussi violente, là… Je pense qu’il y a d’autres façons pour marquer sa désapprobation que l’insulte. Il est vrai que, personnellement, quand je tombe sur un blog que j’aime pas, je passe mon chemin, je n’ai pas envie de traiter l’auteur dudit blog « d’enfoiré de connard qui doit être trop moche et qui pue du cul ». Si je suis en désaccord avec ce qui est écrit et que j’ai envie de le dire, rien ne m’empêche d’être courtoise. Evidemment, les insultes sont souvent de la provocation, l’anonymat est grisant, je peux aller sur n’importe quel blog et insulter les gens en les traitant de tous les noms, je ne risque rien… Oui parce qu’en général, ces gens-là sont très courageux. Samedi soir, je n’avais plus le net, donc, et Gauthier m’appelle pour connaître le fin mot de l’histoire et me dit : « On a encore été insulté ! » Emma était furieuse paraît-il. Moi, ça m’interpelle. La plupart des insultants lise le blog avec attention pour mieux nous cracher à la gueule : « t’es qu’une grosse conne inintéressante ! » Alors pourquoi tu lis mon blog, andouille ? Y en a certains qui devraient visiter un lieu fantastique qui s’appelle Sainte Anne à Paris, Beaupuy ou Marchand à Toulouse, ça leur ferait le plus grand bien…

Nous restons interdits face à de tels comportements. Loui m’a expliqué que suite à un mail particulièrement violent, il avait failli arrêter son blog. Moi même, j’ai été tentée de le faire après l’épisode « Raphaël écrit des insanités sur moi ». Non pas que ça m’ait touchée, c’était trop gros pour être crédible mais je me suis posée la question : est-ce que ça en vaut la peine ? Le blog est un loisir, pour moi, ça me permet d’écrire, occupation que j’adore, mais si c’est pour ramasser tant de haine, le jeu en vaut-il la chandelle ? Evidemment, il était hors de question d’arrêter pour si peu, ces personnes n’attendent que ça mais c’est vrai que des fois, on se demande ce qu’on a fait pour mériter ça.

La seule insulte que je ne supporte pas, c’est quand on m’attaque sur mon professionnalisme. Je m’en fous qu’on me dise que je suis une vilaine pas belle : je plais au seul mec qui m’intéresse en ce moment donc les autres, ça ne me touche pas. Et puis personne n’a vu mon visage donc je vois pas comment on peut dire que je suis moche. D’ailleurs, je ne le suis pas,
je suis très belle, j’ai un visage de princesse… Non, je plaisante ! Enfin, peu m’importe qu’on me trouve conne sur ce que j’écris, un article est torché en trente minutes maxi, c’est bourré de fautes d’inattention… Mais qu’on en déduise que je suis une mauvaise journaliste, là, ça me fait hurler. Personne ne sait comment je travaille dans une rédaction. Je n’écris pas un article sérieux de la même façon : je fais des recherches documentaires, je relis, je travaille sérieusement. Pour le blog, je ne peux perdre trop de temps dessus, je suis en recherche d’emploi et ça me prend du temps… De la même façon, quelqu’un avait accusé Loui d’être un mauvais infirmier en lisant son blog. Mais comment se permettre un tel jugement ? D’autant qu’à travers ses planches, j’aurais dit précisément l’inverse, on sent qu’il est très proche de ses patients et qu’il fait ce métier, très difficile, avec cœur. Mais bon, ce doit être le jeu, on nous juge sur la parcelle de nous qu’on montre. Mais Loui est tellement plus que son petit personnage, je suis tellement plus que Nina… Ce n’est pas parce que je ne vous fais pas tous les jours un bilan de ma recherche d’emploi que je ne cherche pas. Ce n’est pas parce que je ne fais pas une revue du livre que je viens de terminer que je ne lis pas, ce n’est pas parce que je ne vous parle pas de musée
que je n’y vais jamais… Sans doute est-ce le jeu : dès qu’on s’expose un peu, on est vite détestés, voire haïs. Personnellement, la haine étant l’exact contraire de l’amour, on ne peut haïr que quelqu’un qu’on a aimé… Je n’ai jamais pu détester une personnalité quelle qu’elle soit, je n’aime pas certaines mais les détester… Je garde mes sentiments pour les gens qui les méritent. En effet, ces gens-là ne jouent aucun rôle dans ma vie. Par exemple, je n’aime pas Ophélie Winter car elle représente le vide artistique pour moi… Ce n’est pas pour autant que, si je la croisais dans la rue, je l’agoniserais d’insulte ou que je me sens emplie de haine quand je l’aperçois…

Malgré cette aversité et cette haine que je déclenche parfois, je persiste et signe. Pourquoi ? J’ai réfléchi, samedi soir, dans mon bain, sur la question, j’ai repensé à ma conversation avec lui. Si un jour, j’édite mes romans, j’aurai forcément des détracteurs, personne ne fait l’unanimité. Arrêterai-je d’écrire parce qu’une personne aura mis le feu à mon livre
qu’il aurai jugé « merdique » ? Non. Parce que si j’écris, c’est d’abord pour moi. Puis, comme m’a dit très justement Gauthier, pour un commentaire insultant, nous avons des dizaines de sympathique. Dois-je arrêter mon blog parce qu’un courageux au pseudo « pouetpouetcacaprout » m’a dit que j’étais moche (comment pourrait-il le savoir ?) alors qu’à
côté, il y a des Stef, Yome, Fanfics, Gloups, Lefroid, Zibro, Nico, David… qui sont là tous les jours à lire nos histoires et à nous donner leur avis (pas toujours en accord avec le nôtre) ? Non, certes pas.

Et oui, car à y réfléchir, nous sommes comme de petites stars, avec nos fans et nos détracteurs mais comme a dit si bien Gauthier : « continue à nous insulter, nous, on s’en fout, ça fait grimper nos stats ! ». De mon côté, j’aurais plutôt tendance à dire que plutôt que de nous insulter sur des conneries futiles et superficielles, que le détracteur nous offre une critique argumentée et respectueuse de notre travail, ça nous donnera plus envie de l’écouter.
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