Mon petit labo

Bienvenue dans mon petit labo ! A l’origine du blog était l’envie de garder un lien avec ma vie toulousaine. Je pris mon clavier et j’impliquais mes amis dans un projet commun sans trop leur demander leur avis : un Sex and the city parisiano-toulousain avec des filles et des garçons célibataires qui aiment les hommes. Au départ, on parlait liaisons foireuses, les prénoms et les plans culs s’enchaînaient vitesse grand V.

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Puis la vie, la vraie comme on dit, a pris le dessus. Des amitiés qui partent en lambeau, une adolescence définitivement terminée. Les galères, le chômage, ce truc qu’on ne pensait jamais côtoyer car on nous avait dit qu’on était les meilleurs et on l’a cru. Avec mon diplôme, j’ouvrirai toutes les portes du monde, c’est mon directeur de master Tintin Hondelatte qui l’a dit. Un an et demi après avoir obtenu ma clé foireuse, je braquais presque par hasard une porte et je pénétrais l’univers tout neuf du community management. Ma vie a changé : fini le chômage, fini les journées à chouchouter son blog entre trois envois de CV et deux entretiens. Petit à petit, la machine ralentit et se grippe : l’article quotidien devient intenable. Alors je ne le tiens plus.

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Et là, de la libération de la contrainte naît le grand n’importe quoi. Des longues séries comme la chômagie à peu près suivie ou les « où rencontrer l’homme » qui muteront en l’avortée série « où draguer« , une histoire d’amour qui n’a jamais dépassée la première nuit, un mariage bien mené même si j’ai oublié quelques éléments, la recherche de l’amour sur les sites de rencontre qui n’a pour l’heure pas dépassé la fiche d’inscription (mais faut avouer que c’est une étape salement fastidieuse). Des coups de gueule, des coups de coeur, des petites histoires de tatie Gaga. Parler de tout, de rien, tenter d’éditorialiser puis lâcher pour se laisser aller. S’essorer le cerveau pour en faire couler les mots. Parce qu’au fond, derrière tout ça, il y a cette envie, ce besoin : écrire. Ecrire, écrire. Tenter des styles, des phrases, taper sur le clavier comme d’autres tapotent les touches d’un piano. Je ne suis pas musicienne, je n’y comprends pas grand chose en musique, je ne fais que reproduire les chants que j’aime, j’ai frotté quelques cordes de violoncelle par le passé mais de là à créer… De la même façon, je tricote, je couds parfois, je noue des fils de couleur pour faire du bracelet brésilien ou du macramé. Mais mon vrai talent, ma meilleure façon de créer, c’est l’écriture.

Mon labo d'écriture

Quand j’étais en 6e, nous avons appris en cours en catéchisme la parabole du talent : un riche propriétaire part Dieu seul sait où et donne un talent à chacun de ses serviteurs pour qu’ils le gardent au chaud. Deux l’investirent, le 3e l’enterra. Moi, j’ai naïvement cru que c’était le 3e qui avait bien agi car il avait obéi mais non, ce sont les 2 autres car ils ont fait fructifier leur talent (oooooh, talent/talent, quelle subtile métaphore). Mon cousin, qui était dans un autre groupe, s’exclama alors « ça, c’est ma cousine ! Elle a que des bonnes notes mais elle fait jamais ses devoirs ». Merci la balance hein (mais il avait raison). Du coup, je me dis qu’en attendant de sortir de ma procrastination crasse qui me fait abandonner tous mes romans au bout d’une quarantaine de pages au mieux, je vais faire évoluer mon talent. J’écris. Et quoi de mieux que mon blog, après tout. J’enfile les mots comme des perles, je tisse mes phrases, je construis mes paragraphes. Je ne joue pas le jeu de la blogo en racolant auprès des marques et des « influenceurs »pour choper invites et backlinks. De toute façon, j’ai même pas mis de pub sur le blog et j’arrive déjà pas à voir tous les gens que j’ai envie de voir donc perdre des soirées à faire des sourires à des gens que je n’apprécie pas pour la plupart, à qui je n’ai rien à dire. En faire un business pourquoi faire ? Ah oui, si je travaillais mon réseau plus sérieusement, mes réseaux sociaux, que je reboostais un peu tout ça, j’aurais une super vitrine pour le jour où je finirais d’écrire un truc pour le balancer aux éditeurs, je pourrais sortir un « livre tiré de mon blog ». Peut-être. Mais vu que je passe mes journées à pimper les réseaux sociaux de mes clients, vous comprendrez que j’ai du mal à faire de même le soir sur mes propres réseaux.

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Bref, mon blog est finalement devenu mon labo d’écriture. Je teste les styles. Quand je relis mes premiers articles, il y a 8 ans (bam), c’est le jour et la nuit et ce à tous les niveaux. J’ai grandi, j’ai muté. En mieux ou en pire, ça dépend de là où on place le curseur, je suppose. Mes péripéties deviennent de plus en plus anecdotiques. Je parle un peu de mon job, beaucoup de mes voyages, quasi plus de mes amours ou de mes histoires de fesses. Et là, je me dis… et si je retentais l’aventure ? Reprendre la base, pour voir… Je vous explique ça prochainement.

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Votre vie rêvée

Bientôt un an que ce blog existe et il y a toujours un truc qui m’étonne : le nombre de lecteurs. Ici, c’est un blog écrit, on ne rigole pas tous les jours (même si des fois, on s’en paye une bonne tranche), ça prend du temps à lire nos proses. Et pourtant, vous êtes quotidiennement plus d’un millier à venir ici, très peu commentent et se font connaître. Mais qu’est-ce que vous foutez là ?

 

Parmi les commentateurs qui sortent de l’ombre, revient souvent la phrase suivante : « je ne vis pas du tout comme vous, je lis pour comprendre. » Ah ? Il y a souvent une idée de fascination/répulsion pour notre style de vie. Mais c’est quoi notre style de vie ? Certes, on est un peu bobos, un peu métrosexuels, un peu adulescents. Mais en quoi notre vie est-elle enviable ou détestable ? A 26 ans, je trouve que ma vie est normale : je galère dans ma vie professionnelle et ma vie privée (même si là, je suis dans ma bulle merveilleuse), je sors, des fois, je bois. Je baise et j’assume mais rien d’extraordinaire. Seulement 8 hommes ont partagé ma couche en 2005, ça n’a rien d’exceptionnel. Sur le lot, seuls deux
ont été des one shot et j’ai eu des relations suivies avec deux d’entre eux. Certes, par rapport au reste de ma vie, ce fut la fête du slip mais je ne suis ni une tombeuse ni une acharnée du sexe. Je ne suis pas non plus une nonne. Une fille normale, en somme, avec ses coups de cœur et coups dans la gueule, rien d’exceptionnel.

Nos vies ne sont pas que strass, sexe et alcool, loin de là. Nous avons des ambitions et nous donnons les moyens de les obtenir. Je n’ai pas fait 7 ans d’études pour me retrouver dans un boulot qui ne me plaît pas. Désolée mais être caissière au supermarché et rentrer le soir m’occuper de ma marmaille, ça me stimule pas. Mais voilà, en France, avoir des ambitions, c’est mal. Mes études me destinent à faire partie d’une sphère intellectuelle, idem pour Gauthier. Nous sommes snobs ? Sans doute mais peut-on nous reprocher de vouloir le meilleur ? Ce qui est amusant, c’est qu’on nous prend parfois pour des êtres futiles et superficiels mais vous seriez surpris par nos conversations. Avec Gauthier, nous parlons souvent de politique internationale, j’ai travaillé sur le Québec et l’Irlande du Nord, lui sur le Japon, nous suivons l’actualité et nous avons des idées politiques, des opinions construites. Mais sur ce blog, on ne parle pas politique, ce n’est pas la ligne éditoriale.

On ne voit ici que notre vie privée et encore ce qu’on en voit. Si on met en avant le côté festif, ce n’est pas par provocation mais raconter mes soirées à la maison ne me paraît pas des plus excitants. Je pourrais disserter sur ma demi-heure de rameur, sur les conneries qui passent à la télé, sur le roman que je lis, la musique que j’écoute, ma grille de sudoku avant le dodo… Je pourrais même donner les horaires de mes pauses pipi, soyons subversifs ! Forcément nos aventures surviennent surtout quand on sort de chez nous, quand on va dans des lieux peuplés d’autres individus. Dans des soirées, en somme. Mais ce n’est pas pour autant que nous sommes de sortie tous les soirs, nous n’en avons pas les moyens. On se prend des cuites mais pas tant que ça.

Après, il y a la question de nos relations amoureuses. Je suis une femme, 26 ans, mes ovules n’ont servi à rien pour le moment et ma principale ambition dans ma vie n’est pas de me reproduire. Je n’ai pas une affection particulière pour les enfants qui me laissent plutôt de marbre, je ne fonds pas sur les bébés. Quand j’entame une relation, je ne commence pas à faire des plans sur la comète. Je ne planifie rien : le premier câlin crapuleux survient quand le désir est le plus fort, je vais pas m’imposer une période d’abstinence d’un mois « parce que c’est pas bien de coucher le premier soir ». Honnêtement, je reste persuadée que de ne pas coucher le premier soir ne protège pas des connards. Si un mec ne veut que me sauter, il attendra que je cède (ou même pas) et il me balancera une fois qu’il aura obtenu ce qu’il veut. De l’autre côté, les mecs qui visitent mon intimité le premier soir ne sont pas forcément des fieffés salauds, ne catégorisons pas les gens comme ça. Sauf qu’on a beau dire, au début du XXIe siècle, une fille qui assume une vie sexuelle devient une salope, une « fille comme ça », comme a dit un lecteur récemment. On n’avance pas.

Alors, voilà. Des tas de gens lisent ce blog et jugent sur le peu qu’ils connaissent de nous. On nous crache dessus, sur notre vie, on nous trouve désespérant, on prétend qu’on lit notre blog « pour comprendre des gens comme nous ». J’admire cette curiosité anthropologique et sociologique de ces personnes tout comme j’admire leur hypocrisie. Personnellement, lire
des blogs de personne dont la vie ne m’intéresse pas, voire même me dérange, je ne lis pas. Je suis suffisamment confrontée à la vie des autres dans les journaux pour ne pas en plus pousser la curiosité à polluer mes loisirs. Je lis la vie de gens qui m’intéressent, que je ne me permets pas de juger parce que, d’une part, je ne les connais pas et que, d’autre part, ils sont libres de
faire ce qu’ils veulent. C’est déjà dur d’essayer de conseiller ses amis les plus proches sans le faire en plus pour des inconnus. Mais je lis aussi la vie de gens que j’envie. Bon, globalement, 
je n’envie que des détails : celle-ci a l’air d’avoir un boulot passionnant, celui-là a une vie de couple vraiment marrante… Après, je ne vais pas lire un blog pour vivre une vie par procuration, faut pas exagérer non plus.

Je continue à me demander : pourquoi les gens qui nous trouvent pitoyables continuent à nous lire ? Ca me rappelle l’arrivée de Loft Story en France, une fille m’avait expliqué qu’elle trouvait ça « sociologiquement intéressant ». La sociologie et l’anthropologie ont bon dos, tiens ! Je me demande dans quelles mesures les gens ne nous crachent pas sur la gueule parce qu’au fond, ils nous envient et ça leur fait mal au cul de pas pouvoir vivre comme nous. Ici, il n’est pas question de moyen. Quand on sort, avec Gauthier, on ne va pas dans des restos à 50 euros l’entrée, on ne va pas dans les boîtes où on paye 15 euros le cocktail. Non, nous, notre boîte de prédilection est petite et chaleureuse, il n’y a pas de people et on s’en fout bien. Parfois, nos sorties se font chez les uns ou chez les autres, on dîne, on discute, on rigole. Comme n’importe qui.

Ce qui m’amuse le plus, ce sont ceux qui critiquent le vide de nos vies. C’est sûr, leur vie doit être super pleine pour qu’ils prennent non seulement le temps de nous lire mais de cracher leur fiel sur nous. Par ailleurs, ces charmantes personnes se cachent souvent derrière des pseudos inconnus qui viennent juste nous insulter un petit coup et repartent sans demander leur reste. Mais, Seigneur, quel est donc l’intérêt ? Attention, je ne fustige pas la critique, je peux envisager qu’on ne soit pas d’accord avec nous (enfin, j’ai du mal… je plaisante !).  Ce qui me dépasse, ce sont les gens qui nous détestent tellement qu’ils viennent nous lire tous les jours et ne ratent pas une occasion de nous snipper. C’est du masochisme, à ce niveau là !


Mais je dirais plutôt que c’est de l’envie. Tout ce que nous faisons dans nos vies (pas grand-chose d’exceptionnel à mon sens), ça en démange certains. Mais notre vie est ce que nous en faisons.

 
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