Si Marine Le Pen est élue, à qui la faute ?

Ou pourquoi j’en ai marre de la menace frontiste et l’appel au vote utile/républicain. J’ai choisi mon camp depuis que Jadot s’est retiré (et non, je ne le suivrai pas, plus de PS, j’ai dit, malgré ma sympathie pour Benoît Hamon) et je n’en bougerai pas. Et surtout, je ne voterai pas au second tour pour quelqu’un qui n’incarne pas à minima mes valeurs. Si Marine Le Pen est élue, ce sera donc ma faute ? Bah tiens !

Marine Le Pen

Je reste dubitative quant à la possible arrivée de Mme Le Pen à l’Elysée. Je sais que c’est possible et je sais aussi que beaucoup de gens ne referont pas le même sketch que 2002 à aller voter l’autre par peur. Et pardon une nouvelle fois mais vous voulez vraiment que j’aille voter pour un mec pourri jusqu’au tronc ou un ambitieux narcissique qui me paraît très dangereux pour notre bien-être ? Vraiiiiiiiiiment ? Parce que c’est précisément mon point. Si la mère Le Pen est si haut dans les sondages et sera très certainement au second tour, je ne veux pas entendre que ce sera peut-être de ma faute si elle est élue présidente.

loutre mignonne

Ayant déjà mis assez de photos de la Le Pen dans cet article, je mets une loutre mignonne à la place, c’est meilleur pour notre journées à tous

Si on écoute un peu l’électorat déclaré de Mme Le Pen, on constate que ce qui fonctionne, ce ne sont pas tant ses idées (ce qui rassure un peu) que l’envie de donner un coup de balai. Et ce point là, je peux le comprendre, marre des oligarques corrompus qui nous culpabilisent pour un arrêt maladie mais détournent des centaines de milliers d’euros sans trembler. Et ça tombe de tous les côtés, tous les jours, à droite comme à gauche, des emplois fictifs, des voyages au frais de l’Etat, des erreurs de déclaration dans le patrimoine. Et je ne vous parle pas des connivence médias-politiques qui décident plus ou moins du casting du second tour. Car en France (pas que, certes), on a un pouvoir magique : il faut tuer la Bête. La Marine. Alors on demande aux gens d’être raisonnables, de voter pour un candidat crédible, qui nous déplaît pas tant que ça parce que lui, il a des chances d’aller au second tour et qu’entre lui et l’autre moisi d’en face, franchement, est-ce qu’il y a à hésiter ?

moisissure de salle de bain

Le changement incarné par Mme Le Pen m’échappe. D’abord parce que les récentes péripéties judiciaires ont démontré si nous en doutions qu’elle n’était pas plus blanche que les autres (au contraire) mais surtout quel changement, réellement ? A part durcir tout ce qu’on subit depuis bien dix ans, je ne vois pas trop… Ca ne rendra pas riche les plus pauvres, les déclassés qui la voient comme l’incarnation d’un lendemain meilleur mais qui resteront sur le bord de la route. Ca changera, sans doute, mais en pire.

plat de coquillettes

Mais voilà, j’en entends dire que si elle passe, ce sera de ma faute car quoi qu’il se passe, je refuse de voter Fillon ou Macron au second tour. Et je suis désolée mais si la Le Pen est aussi puissante aujourd’hui, ce n’est pas ma faute. J’ai longtemps diffusé des articles mettant en cause l’intégrité et la dangerosité du programme du FN, j’ai arrêté car ma communauté est quand même plutôt à gauche donc à part les trucs marrants, pas grand intérêt, je n’avais déjà plus personne à convaincre. Mais si les gens en ont marre de tout ce cirque, de la corruption, des politiques qui se foutent de leur gueule et des médias “menteurs”, ce n’est pas ma faute. C’est celle des politiciens corrompus qui refusent de quitter la partie alors qu’ils sont plongés jusqu’au cou dans une merde nauséabonde et nous salopent le tapis. C’est la faute de tous ces démagogues qui changent de discours selon les interlocuteurs. C’est la faute des médias qui laissent parler Marine et ses potes sans les coincer, les mettre face à leurs contradictions, à quelques exceptions près. C’est la faute des chaînes d’infos en continu qui ont tellement besoin de remplir leurs plateaux qu’ils vont prendre les bons clients, ces politiques toujours prêts à venir débattre chez eux genre Philippot.

Florian Philippot invité chez Jean-Jacques Bourdin

Des fois, je me dis que la solution serait justement de la laisser arriver au pouvoir pour casser l’argument du “eux, on les a jamais essayés” pour que ça n’arrive plus. Sauf que 5 ans, c’est long, bien trop long. Et que j’ai pas eu le temps d’apprendre le Suédois pour me barrer là bas.

Stockholm en Suède

Hallå !

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Les bloggeurs sont des journalistes comme les autres

Je sens que y en a qui vont s’arrêter au titre et s’énerver sur ça mais en fait, après un titre racoleur, provoc et lourdingue vient la subtilité de l’argumentaire… Ou pas, remarque. On verra.

Mercredi soir, intérieur nuit. Nina est tranquillement en train de trafiquer sur le net quand elle voit un de ses contacts facebook afficher le statut suivant « Ingrid libérée ? ». Ingrid ? LA Ingrid ? Notre cause nationale depuis 6 ans ? Je regarde sur le site du Monde : rien. Je traîne mes guêtres sur Scoopéo et là, ça m’explose en pleine figure : des dizaines d’articles de blogs sur le sujet. Dans mon netvibes, c’est pas mieux : tout le monde se dépêche d’écrire trois lignes pour poster en premier la nouvelle. Je ne conclurai pas que les bloggeurs sont des geeks no lifes qui vivent connectés en permanence à leur plate forme blog. Après tout, j’étais moi aussi devant le pc. Par contre, on en arrive au cœur du sujet : les bloggeurs veulent être premier sur le scoop, quitte à publier des infos non vérifiées.

Personnellement, je n’ai pas bousculé mon planning pour parler d’Ingrid Bétancourt : le jeudi, c’est chômagie. Et puis, franchement, quel intérêt de poster un article « Ingrid a été libérée, je suis bien contente pour elle et sa famille ». D’abord, je ne ressens pas de joie particulière. Oui, c’est bien qu’elle soit libérée et qu’elle retrouve les siens, oui, c’est bien de constater que les FARCS perdent de leur puissance et sont en train de tout lâcher petit à petit. Oui, c’est bien de voir que le camp anti corruption en Colombie, camp qui n’est incarné par Ingrid Bétancourt qu’en France car là-bas, c’est un peu l’équivalent d’une Dominique Voynet, quand même, remettons les choses dans leur contexte. Oui, tout ça, c’est bien sympa mais concrètement, je ne suis pas ivre de joie et je n’ai pas ressenti le besoin de dire mon soulagement somme toute relatif à cette nouvelle.

Aujourd’hui, au boulot, ce fut la folie Bétancourt : quand on gère un forum où les nanas aiment parler actu, je vous laisse imaginer, j’ai passé ma journée entre mail et téléphone. J’ai été assez étonnée par l’engouement des internautes sur le sujet, les « ohlala, comme je suis trop heureuse qu’elle ait été libérée ». Si je ne doute pas de la sincérité de l’émotion puisque ça fait quand même 6 ans qu’elle était retenue en otage et qu’on en  énormément parlé, je n’ai pas compris cette espèce de précipitation des bloggeurs de poster un « Ingrid Bétancourt a été libérée ». Si au moins, c’était accompagné d’une analyse, de quelque chose. Mais non, faut poster le plus vite possible pour ramasser un max de lecteurs. Est-ce que le jeu en a réellement valu la chandelle ? Je sais pas. Mais aujourd’hui, on voit à quel point on court après le lecteur, qu’on est prêt à parler de la sextape de Laure Manaudou même si on n’a aucune capture d’écran, voire même titrer sur un sujet qui est dans les mots clés les plus cherchés de google et parler d’autre chose…

Finalement, bloggeurs et journalistes ne sont pas si loin, surtout en ce qui concerne le racolage. Alors j’entends déjà certains « ouais mais atteeeeeeeends, toi aussi, t’en parles alors arrête de juger les gens, vilaine fille ». Alors juste pour info parce que le référencement, j’apprends depuis quelques temps : le titre de mon article ne faisait absolument pas référence à Mme Bétancourt et en plus, comme over-blog n’utilise pas le système des tags sur chaque article (ou mot clé) et n’envoie pas de ping à Technorati, j’aurais pu parler d’Ingrid Bétancourt en long, large et travers hier, le temps que je suis référencée sur google ou autre, elle aura eu le temps de reprendre au moins 5 kilos et on aura déjà changé de sujet. Oui parce que le journaliste comme le bloggeur est versatile, il change de marotte tous les deux jours. D’ailleurs, c’est Domenech qui doit être content : entre ça et la vidéo de Sarko au JT de France 3, il a été confirmé à son poste d’entraîneur et plus personne ne dit rien.

Il n’empêche que moi, je m’inquiète un peu : maintenant qu’Ingrid est rentrée, on va parler de quoi dans les creux d’actualité  ?

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DESPROGES MON AMOUR

Par DianeFrançaises, français, belges, belges, vingtenaires, vingtenettes,Pierre, pierrot, lecteurs chéris mon amour,

 
Voilà aujourd’hui 20 ans que Pierre Desproges est mort. Oui, je sais, il est mort en avril et on est en janvier, donc techniquement ça fait pas encore 20 ans, mais je vous ferais
remarquer que s’arrêter à de tels détails tatillons et puérils n’est pas franchement intelligent, et puis ne commencez pas à m’interrompre comme ça dès le début ça va m’énerver.
20 ans, disais-je, que ce fabuleux trublion politiquement incorrect a cessé de trublioner et de titiller nos zygomatiques pour aller s’enterrer au père Lachaise, entre Petrucciani
et Chopin.
Une dernière résidence dont l »épitaphe originelle a malheureusement été jugée un peu trop trublionement incorrecte (« Pierre Desproges est mort d’un cancer sans l’assistance du professeur Schwartzenberg») par les biens pensants qu’il assaisonnait copieusement et régulièrement de sa haine ordinaire. 
Mais qu’est ce que tu dirais, Pierrot (tu permets que je t’appelle Pierrot), si tu pouvais voir ce qu’on est devenus, sans toi?
On tient sa langue, on est mous, on lit closer, voici et la biographie de cécilia sarkozy, on a élu un mec gréffé à ses ray-ban et à ses faires valoirs (hommes, femmes enfants,
faux amis et rolex) qui se shoote à l’ego, au pouvoir et aux photos pipole comme représentant de tous les français aux piteux yeux du monde, on dégomme mère Nature, on fait la gueguerre, on piste les délinquants à la maternelle, on écoute nos MP3 à fond dans le métro sans écouteurs, on s’excite plus à la publication de photos de manaudou à poil sur le net qu’à la mort de Nougaro, on veut travailler, travailler, travailler, pour avoir du fric, du fric, du fric, pour pouvoir consommer, consommer, consommer, nous ruer dans les magasins, encore, courir avec une délectation vibrante d’extase consumériste nous coller à d’autres chercheurs d’or suintants d’excitation fébrile et se prendre une ou deux vieilles emperlouzées à chihuahua et vison véritable en pleine face, et leur planter notre talon dans les tibias, parce qu’on l’avait vu en premier, le sac vuitton à -50%, on va pas se laisser marcher dessus par une vieille mamie-la-tremblotte non plus merde!!
Tu avais raison, Pierre, on peut rire, de tout, mais pas avec tout le monde. On peut même pas  s’moquer de Mahomet sans se retrouver avec une bombe sous le paillasson ou se
faire attaquer en justice (heureusement charlie hebdo est revenu…)
 
COUVERTURE MAHOMET 
 
Les aveugles ont bon dos d’être les bénéficiaires d’une puante bienséance qui les fait hypocritement appeler « non voyants » tandis qu’entourés de centaines de
personnes à st lazare le matin ils se prennent les murs avec bienséance, aussi.
 
Mais où est-elle, Pierronounet (tu permets que je t’appelles pierronounet), où est-elle, cette fièvre, cet enthousiasme vibrant, cette passion fébrile, cette intarissable soif de
savoir, de justice et de raison qui embrasait naguère avec ardeur et éloquence nos plus brillants cerveaux d’une inextinguible flamme humaniste? Nous sommes mous, taris, vidés,lympathiques, décérébrés, légumineux, exsangues,atrophiés du bulbe,diminués,hypo-courroucés,neurasthéniques,flegmatiques et gélatineux. Gracq est mort, tout le monde s’en fout. Pour un peu que Mme de Fontenay aille casser sa pipe, on lui ferait des funérailles nationales. 
Mais je m’égare, et pas seulement au gorille.
J’ai peur, Pierrot, l’ombre misanthropique plane sur ma foi en l’humanité. Je lis Axel Kahn, Picouly et Philippe Val, et mon petit coeur se gonfle d’un léger espoir qui croit entrevoir en l’homme l’émergence, ou plutot la survivance d’une foi, d’une croyance, voire d’une certitude qui fait penser à l’homme qu’il peut vivre son éphémère vie en regardant plus loin que le bout de son pouvoir d’achat, qu’il peut être utile, qu’il peut découvrir, apprendre, et vivre sa vie sans corruption, en étant, tout simplement, raisonnable et humain.
Ca me rappelle ce que tu me racontais jadis:
« On a envie d’aimer mais on ne peut pas. Tu es là, homme mon frère, mon semblable, mon presque-moi. Tu es là, près de moi, je te tends les bras, je cherche la chaleur de ton
amitié. Mais au moment même où j’espère que je vais t’aimer, tu me regardes et tu dis :
— Vous avez vu Serge Lama samedi sur la Une, c’était chouette. »
 
Pourtant je persiste. Il y a 20 ans que tu es mort, et je ne m’en fous pas! Je suis triste! J’ai les badigoinces à l’envers et la rate en berne, et ce soir, ma choucroute a un arrière-goût d’atrabile. Je t’ai écouté, j’ai lu Vialatte et Aragon, et délaissé un peu ( un peu) Pif gadget. Aragon justement, rappelle toi:
 
« votre enfer est pourtant le mien
nous vivons sous le même rêgne
et lorsque vous saignez je saigne
et je meurs de vos mêmes liens.
 
Quelle heure est-il, quel temps fait t-il,
j’aurais tant aimé cependant
gagner pour vous pour moi perdant
avoir été peut-être utile.
 
C’est un rêve modeste et fou,
il aurait mieux valu le taire
vous me mettrez avec en terre,
comme une étoile au fond d’un trou. » 
 
Rhhaa je souffre, ver de terre amoureuse d’une étoile; mais du fond de ton trou tu m’éclaires toujours Pierrot, alors vivons heureux en attendant la mort, et d’ici là, n’oublions
pas qu’il faut rire de tout. c’est extrêmement important.C’est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans.
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« Sucer n’est pas tromper! »

C’est la rentrée ! Dans la rue, des enfants au cartable neuf errent, les arbres se parent de leur teinte enflammée… Voilà, c’était la seule note de poésie et de lyrisme de l’article, j’espère que vous en avez profité.

petite gâterie?

 Grande question : « sucer est-il tromper ? ». Et bien cet article n’a pas du tout pour but de répondre à cette question mais à vous parler du retour de deux de mes ex-plans brouettes : c’est la rentrée et ils ont faim. Et, manifestement, ils ont du mal avec le mot « non », ils ne doivent pas trop en comprendre le sens.

De retour de la pharmacie

Il y a 15 jours, je traînassais sur le net, pour changer, quand MSN m’indique que Benoît se connecte. Soit. Ca fait quelques jours qu’il est de retour sur la toile mais comme la semaine avant, j’étais au boulot, je me mettais hors ligne. Et là, c’est le drame : le voilà qui vient me parler ! « Hé, salut, ça faisait longtemps ! » Non mais je rêve, c’est pas possible ! Polie, je réponds et là, il me fait : « oui, j’avais des problèmes avec Internet, je viens de trouver tes messages. » Mes messages ? Ces « s » indiquent qu’il y en aurait eu plusieurs ? Bon, manifestement, il me confond avec une autre donc je lui demande de quoi il parle : « Ben de celui que tu m’as laissé avant les vacances ! ». Ah, oui, donc, c’est bien de moi qu’il s’agit. Souvenons-nous ensemble, lecteur, du contenu de ce mail qui disait, grosso merdo : « t’es qu’un pauvre connard de m’avoir laissé en plan comme ça, ce n’est pas parce que je ne suis pas ta copine que tu ne me dois pas le respect. Ca m’a trop gonflée. » Des amabilités de ce genre.

M’attendant à des excuses, je le laisse parler et là, question : « alors, tu es toujours célibataire ? » Non, ne me dites pas que… Je le sens venir mais ce serait trop énorme, il n’oserait tout de même pas… Intriguée, je lui réponds que non et le voilà qui me fait : « ah, dommage ! ». Non mais je rêve ! Il a osé ! Amusée, je poursuis la conversation, me montrant assez ironique du genre : « oui, je ne suis plus célibataire, c’est bête, hein ? ». Mais apparemment, ça ne le dérange pas plus que ça : « je ne suis pas jaloux ! » m’explique-t-il. Encore heureux ! Il veut à tout prix une « dernière fois », pas moi. Mais il insiste, il propose de lécher les recoins les plus intimes de ma personne, je ne cesse de lui répéter : « Non, arrête, c’est pas la peine » mais il persiste ! « Je t’attacherai, je te donnerai des fessées ! ». Quel programme ! J’avoue que je ne suis même pas excitée. La rancune (toute relative) coupe-t-elle le désir ? Le souvenir de nos moments passés ensemble est-il suffisamment lointain pour que leur évocation me laisse de glace ? A moins que d’avoir un petit ami officiel avec qui je brouette souvent calme suffisamment mes ardeurs pour ne pas être émue à l’idée d’une partie de jambe en l’air (avec ou sans fessée).

Comprenant qu’il ne parviendrait pas à me corrompre, il me demande de lui présenter mes copines : mais bien sûr ! Gentiment, je mets en pseudo MSN : « les filles, je connais un maître-nageur célibataire » ou quelque chose du genre. Résultat : rien. Une copine est vaguement intéressée mais elle n’a pas le temps et un pote de brouette ne la branche pas plus que ça. Gauthier en ferait bien son quatre heures mais Benoît n’a pas viré sa cuti (je lui ai demandé, quand même). Mes copines en manque ne se montrent guère intéressée : bon, il est vrai que j’ai bien clamé haut et fort que c’était un connard mais en plus, le fait qu’il ait forniqué avec moi en refroidit plus d’une. En même temps, j’avoue que j’aurais du mal à brouetter avec un ex d’une de mes copines.

Comme on se retrouve !

Après avoir fait mon œuvre sociale avec Benoît (« tu es mignon, tu es maître-nageur, tu vas en trouver des copines ! »), je me pensais tranquille. Erreur !

Mardi soir, je laisse mon MSN allumé tandis que je descends dîner avec mes parents, j’avais précisé « partie manger » mais ça n’empêche pas les gens de venir me parler. Ainsi, je reviens devant mon écran et là, je découvre que Laurent avait essayé d’entrer en contact avec moi. Ça me ravit : comme je l’avais dit dans mon article bilan amusant, j’aime beaucoup ce garçon, je le trouve charmant et intéressant et je trouvais dommage qu’on n’ait plus de contacts ensemble. Je lui réponds donc, on s’échange les formules de politesse (« ca va bien ? Oui et toi ? ») et là, il me sort : « j’ai plus de copine ! ». Oh non, c’est pas vrai, il va me faire le coup lui aussi. « Et toi ? » Mon pseudo MSN était très exactement : « Mon chéri nage au milieu des poissons/Je me noie dans mon rapport de stage ». Je lui réponds donc qu’il n’a qu’à lire mon pseudo pour avoir sa réponse. Je lui précise que, c’est amusant, mais Arnaud a énormément de points communs avec lui : blond, breton, allergique au chat et amateur de plongée. Je continue la conversation en lui précisant que ça me ferait plaisir qu’on aille boire un verre en tout amitié mais ce n’est pas ce qu’il veut : « Moi, je veux faire crac-crac ! ». Ça a le mérite d’être clair.

Et c’est reparti pour la conversation : « non-je-suis-en-couple-et-fidèle-laisse-tomber ». Mais le monsieur se révèle insistant, il me rappelle ses fantastiques proportions (comme si j’avais oublié), les choses qu’on avait faites et tout le reste. Poliment, je lui réponds mais en gardant ma ligne directrice. Et là : « et tu ne voudrais pas venir me sucer ? Sucer n’est pas tromper ! ». Seigneur, si je m’attendais ! Je lui réponds assez laconiquement que sucer pour sucer, ça ne m’intéresse pas du tout. « Mais je te lècherai, aussi, et on en restera là. » Que répondre à de tels arguments ? La vérité : « tu crois sincèrement qu’on s’en arrêterait là ? Moi pas. » Mais si, répondit-il, il fera en sorte qu’on s’arrête là, même si j’insiste parce que, de toute façon, il préfère une bonne fellation à une brouette. Je suis atterrée. En plus, j’avoue que j’ai été un peu garce.

« Tu n’as pas des photos sexy de toi (sous-entendu nue, X, porno…) ?

– Non, j’ai pas ça !

– Tu ne peux pas en faire ?

– Non, je suis chez mes parents, j’ai pas mon appareil.

– J’aurais dû prendre des photos de toi quand nous étions ensemble

– Oui, ça aurait été marrant.

– Et tu en prendras de toi quand tu rentreras ?

– Non. »

Voilà pendant trois heures (et oui, quand même), je laisse la pression monter un peu mais je la fais redescendre par ces trois lettres magiques : N.O.N. Je lui avoue que j’aurais bien aimé qu’on se revoit entre potes mais je pense que c’est compromis : il ne saura pas se tenir et il me le confirme : « je t’embrasserai, tu te débattras, au début, mais je parviendrai à mes fins puis nous aurons nous promener au bord de la Seine, je mettrai mon bras autour de ta taille et je redescendrai doucement vers tes fesses. Puis on ira chez moi… » La bande-annonce est alléchante mais je n’irai pas voir le film.

Il continue sa propagande (« mais allez, juste une fellation ! Il le saura jamais, ton copain ! »), je continue à répondre non, me disant que je me serais peut-être passé de cette conversation qui casse un peu l’image idyllique que j’avais de lui. En désespoir de cause, il me demande si j’ai pas des copines célibataires (encore !) et je lui fais la même réponse qu’à Benoît : mes copines célibataires sont soit à Toulouse, soit pas disponibles pour une histoire, voire même pour une brouette. Alors il embraye. « Il s’appelle comment, ton copain ? » Je lui réponds et là, il me fait : « et il voudrait pas qu’on fasse un plan à 3 ? » Je ne m’y attendais pas à celle-là ! Bon, alors, honnêtement, il tape pile dans mon fantasme ultime. J’évoquerai la question avec Arnaud sous forme de boutade mais je connais déjà sa réponse, vu que nous avons déjà parlé de ce fantasme-là. Du coup, il espère que je vais vite quitter Arnaud (d’ici quinze jours, en fait, car il part ensuite en Afrique pour un mois et demi) pour qu’on s’amuse, à deux ou plus.

Là, il faut avouer que son passage sur notre hypothétique rencontre a fait naître une chaleur dans mon bas-ventre. Comme vous avez pu le constater, Laurent était le chouchou de mes plans brouette, même s’il m’a un peu agacée avant-hier à insister aussi lourdement. Quand je dis non, c’est ferme et définitif. En plus, ça tombe pile la semaine où je suis éloignée d’Arnaud, la tentation est réelle mais je fais face, il n’y aura ni brouette, ni fellation et léchouilles réciproques, ni même café.

Lectrice, si tu es intéressée par Laurent ou Benoît, n’hésite pas à m’envoyer un mail (visiteuz, tu semblais intéressée la semaine dernière !). En tout cas, si je me retrouve célibataire, je pourrai organiser un plan à 3 avec mes deux brouetteurs, ça me consolera.

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Lucie a son CAPES

La plupart des vingtenaires de ce blog sont étudiants. En fait, hormis Anne, Linga et Victoire, nous sommes tous encore en train d’user nos délicieux fessiers sur les bancs inconfortables des facs, à transpirer comme des gorets dans des amphithéâtres surchauffés… Sauf quand on a la malchance de tomber sur le seul qui n’est pas équipé de la fonction « chauffage ». Franchement, tenir deux heures dans un amphi où il fait à peine cinq degrés à faire semblant de se passionner pour le paradigme de l’entropie (si, ça existe, Gauthier, Clara et moi pouvons en témoigner ! Enfin, surtout eux, je séchais ce cours…), ça relève de l’exploit.
 
Les études, c’est long, la plupart d’entre nous arrivons à bout. Jeudi, jour férié, alors que je ne faisais rien au bord de la piscine familiale, mon téléphone portable sonne, foutu appareil ! Le nom de Lucie clignote, je décroche, donc et elle me dit, placidement : « j’ai eu mon CAPES. » Tant de calme m’émeut, je lui demande de répéter pour être sûre de bien avoir entendu. Hé oui, notre demoiselle peut devenir professeur au collège, quelle chance ! Ceci étant, je crie de joie et c’est sincère. J’ai passé quatre ans et demi de ma vie avec un candidat au CAPES (qui n’a jamais fourni l’effort maximum, mais bon…) et je sais à quel point cette épreuve est difficile. La première fois, Lucie a manqué l’oral de peu. D’abord effondrée, elle a su transformer son échec en nouvelle énergie pour aller de l’avant. Honnêtement, je peux comprendre sa frustration, l’oral était à portée de main mais franchement, aller à l’oral dès la première année relève de l’exploit. Car, en France, on doit bien aimer l’échec. Pour ceux qui ne se sont jamais intéressés au CAPES, je vous explique la notation : au CAPES, on se prend des mauvaises notes à l’écrit. Résultat : pour aller à l’oral, il faut un 7 de moyenne…Cette année, ils ont même baissé à 6,5 ! Evidemment, toi, lecteur, tu te dis : pourquoi ils notent si dur pour mettre une admissibilité si basse ? Et là, je te félicite lecteur pour ta remarque intelligente et pleine de bon sens. Je me pose la même et je n’ai toujours pas de réponse. A la limite, une explication : les professeurs qui corrigent les copies sont également passés par cette humiliation et tiennent enfin l’occasion de se venger. Aujourd’hui, alors que les professeurs ont pour consigne de noter très largement les copies du bac, il doit y avoir quelque chose de jouissif à coller une note à un seul chiffre sur une copie. Au CAPES, il est possible de se ramasser la note minimale : 1. J’imagine le professeur frustré qui n’a pas pu descendre en dessous de 8 pour le bac alors qu’un élève lui expliquait sans rire les histoires de Lénine et Stallone (ma tante est encore tombée sur cette perle cette année dans ses copies). Je l’imagine le stylo tremblant, un rictus malsain se dessiner sur ses lèvres, le stylo qui trace une simple barre verticale. Pauvre élève, cette simple barre ruine un an d’efforts et de révisions… Tu ne partiras pas à l’oral, tu ne seras pas professeur l’année prochaine, tu dois attendre la mi-mars pour repasser ton concours et tenter de prendre ta revanche.
 
Et bien, Lucie l’a prise et de fort belle manière, à mon sens. Après avoir pleuré une bonne demi-heure sur son sort, elle est repartie sur les chemins de la révision. Quelques jours pour décompresser dans sa campagne natale et on reprend les livres… Passer un été à étudier la révolution française ou les villes italiennes au Moyen Age, j’applaudis ! Cette année, Lucie a calculé son planning à la minute près. Si vous saviez le nombre de fois où, quand nous l’appelions pour une folle sortie, nous avions droit à un : « Non, j’ai pas le temps, je révise et puis j’ai pas d’argent, de toute façon ! »(ceci prononcé avec une voix pleine d’amour et de douceur, comme vous pouvez l’imaginer). La dernière fois, j’avais été contrainte de lui faire du chantage affectif pour la voir une heure dans un bar.
 
Mais cette année, Lucie n’avait qu’une priorité, le CAPES. Exit les hommes, le sexe et l’alcool, pour la corrompre, il fallait se lever tôt. Mais enfin, ce soir, elle tient sa revanche : elle a son CAPES et, en plus, elle est mieux classée qu’un connard de notre connaissance et, ça, ça fait plaisir ! Donc, au programme : alcool, alcool et sexe… Enfin, ça m’arrangerait que ce dernier point du programme ne soit pas respecté car je dois dormir chez elle et je ne voudrais pas finir sur le palier.
 
Je me souviens de la première impression que j’ai eu Lucie, quand un ami commun nous a présentées, je l’ai trouvé très sympathique mais je l’avais classée à tort dans la catégorie : « j’en fous pas une, la fac, c’est les vacances ! ». En effet, au premier abord, Lucie donne l’impression d’une fille extrêmement relax qui ne se prend pas la tête pour les études. Et bien, c’est totalement faux. J’ai appris à la connaître, à l’aider comme je pouvais à concilier les études et son boulot de pionne en lui passant mes cours. Je me souviens d’un mois de novembre où nous étions toutes deux parties à l’assaut de la BNF (Bibliothèque Nationale de France)… Il y a un temps pour tout et quand il est temps de travailler, Lucie ne le fait pas à moitié !
 
Samedi, nous voici donc réunis chez elle avec Gauthier et des gens très sympathiques dont  l’ex de la demoiselle qui est drôlement mignon, j’avais oublié… Ce fut une folle soirée que je ne narrerai pas dans les détails, d’autant que je me suis illustrée par ma forte alcoolémie. Et puis Lucie est déjà repartie sur les chemins de la conquête : après une semaine de vacances dans le Cantal avec Gauthier, elle reprendra ses livres pour son agrégation interne. Je commence à me demander si cette fille n’est pas une boulimique de travail.
 
Ma Lucie, je te dédie ce dernier paragraphe pour te répéter à quel point je suis fière de toi. Ton CAPES, tu l’as amplement mérité et l’avoir dès la deuxième fois relève de l’exploit, à mon avis. Surtout quand, comme toi, on cumules études et boulot. J’admire ta détermination et ton courage. Comme je te l’ai dit, j’ai eu peur pour toi, cette année, peur qu’à force de travailler, tu finisses par craquer mais tu es une citadelle, un fort, un château (comme celui que nous avons visité l’an dernier en Dordogne, sauf que tu n’es pas en ruine). J’espère que tu feras la passe de deux avec l’agrégation l’an prochain…Et là, promis, je ne forcerai pas à nettoyer ta salle de bain à 5 heures du matin.
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