Le meilleur des mondes, la fausse utopie scientifique

En général, quand on parle abrutissement des masses, on pense de suite à la télé ou tout du moins aux écrans, c’est le cas dans Albator, Fahrenheit 451 et 1984, on limite l’apprentissage d’un savoir par un écran supposant une passivité importante. Mais il existe une autre voix pour l’abrutissement des masses : les petites pilules ! Donc aujourd’hui, c’est le meilleur des mondes par Aldous Huxley.

Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley

L’histoire en bref : dans une société parfaitement hiérarchisée où chaque individu est programmé dès sa conception dans un laboratoire pour appartenir à une caste, chacun vaque à ses petites occupations sans se sentir malheureux de son destin. Les castes vont de Alpha à Gamma, chaque membre est vêtu de façon à être reconnu, chacun a son rôle à jouer dans la société. Le sexe étant devenu inutile pour la procréation, il n’est plus que quelque chose de festif, chacun ayant plusieurs partenaires. Bernard et Lénina se fréquentent donc en toute légèreté. Mais Bernard n’est pas vraiment un citoyen modèle : plutôt petit pour un Alpha, il refuse de prendre le Soma, la pilule distribuée à tout le monde en fin de journée, sorte de drogue qui rend heureux. Il invite donc Lénina à visiter une “réserve” où vivent des “sauvages”, individus vivant selon les traditions tribales. Sur place, Bernard et Lénina rencontrent Linda, une femme s’étant perdue autrefois dans la réserve et qui a accouché sur place, à l’ancienne, avec accouchement et tout, ce qui choque Lénina. Bref, Linda et John, son fils, repartent avec Bernard et Lénina et sa naïveté et sa méconnaissance de la société va nous permettre d’en mesurer tout le grotesque.

Le meilleur des mondes, le film

Bon, il se passe beaucoup de choses par la suite, John ayant du mal à s’adapter à la société qu’on lui propose. Bernard, qui était limite à la marge de la société devient très populaire en organisant des soirées pour que les gens puissent voir le sauvage mais John ne joue pas le jeu, il devient violent quand personne ne comprend sa peine et ses larmes quand sa mère décède, il ne supporte que difficilement la proximité de Lenina. Il tentera de monter une rébellion en privant les Deltas de leur Soma mais ces derniers se révoltent et John est exilé.

Les Alphas du Meilleur des mondes

Alors pourquoi je range cette dystopie dans la catégorie “abrutissement des masses”. Comme dit dans l’intro, je m’intéresse surtout ici à la drogue, au Soma. Mais pas que puisque toute la société tient par l’endormissement des citoyens : dès leur conception, ils sont assignés à une caste et développés en fonction et une fois nés, ils ont droit à un enseignement “hypnopédique”  reçu pendant leur sommeil leur édictant la morale de la cité (gros tabou sur tout ce qui touche à la reproduction). L’Histoire, quant à elle, n’est plus enseignée car inutile… Bref, ils ne sont pas nés que déjà, les citoyens sont contrôlés pour ne pas réfléchir, suivre le chemin qu’on leur a assigné. Le personnage de Linda est intéressant car si elle vit longtemps loin de la société, dès qu’elle y retourne, elle reprend les normes de sa caste et est honteuse d’avoir eu un enfant de manière naturelle.

Le meilleur des mondes - Linda et John

Toute dérogation à la norme est sévèrement punie : les femmes doivent faire des exercices malthusiens pour ne pas tomber enceinte, la reproduction naturelle étant devenue totalement taboue pour éviter des naissances incontrôlées. D’ailleurs, quand Bernard oute le père de John (un Alpha haut placé), ce dernier est contraint de démissionner. Bref, cette société ne fonctionne que parce qu’absolument tout est sous contrôle, le moindre élément perturbateur étant envoyé en exil. Mais ici, la société ne s’effondre pas dans un grand fracas, rognée par sa faiblesse cultivée au fil des ans. Comme dans 1984, ceux qui ont voulu sortir du chemin sont, in fine, perdants. Plus d’amour, plus d’Histoire, juste le soma. Bienvenue dans le meilleur des mondes.

 

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Tu préfères un neveu ou une nièce ?

(À partir d’aujourd’hui, mes petites histoires de tatie seront narrées dans la rubrique Tatie Gaga, terme emprunté à la douce Zananine qui m’a donné l’autorisation de reprendre l’expression. Merci !)

Quand j’annonce que je vais être tatie, il se passe deux choses :

– en un, on me félicite. Je suis touchée par tant de sollicitude mais il faut bien l’avouer : je n’ai rien à voir dans cette conception. Je n’ai pas présenté ma sœur à ce garçon devenu son mari, j’étais même pas en France quand la graine a été plantée, comme qui dirait. Mais merci quand même !
– en deux, on m’a demandé : alors, tu préfères une fille ou un garçon ?

Alors je me sens obligée de préciser : mais je suis pas enceinte, moi. Déjà que quand je l’ai annoncé à une collègue, un autre qui avait les oreilles qui traînait a cru que c’était moi… Sachant que je crois qu’il a entendu « faut bien le dire, ça commence à se voir. » Serait-ce le signe que je dois le remettre serieusement au régime ? Quoi que comme m’a dit un camarade de plongée « hé mais t’as pris des seins ! ». Je dois donc faire une grossesse nerveuse ou une couvade va savoir. Quoi qu’il en soit, non, je suis pas enceinte.

J’avoue que le sexe de ce petit fœtus n’a pour moi que peu d’importance. La seule question est : de quelle couleur j’achète ma laine ? Quoi que vu le butin de mes soldes, je suis en période vert amande donc ça va à tout le monde, ça, ça tombe plutôt bien ! Mais bon, garçon comme fille, ce petit fœtus fera de moi une tatie, une tatie impliquée (dans la mesure du possible) et je me fiche bien qu’il ait un petit zizi ou une petite chatounette. Quoi que ma sœur a dit « Nina, elle gardera le petit que quand elle saura changer une couche » et y a une histoire de décalotage pour les garçons… Oh bordel ! En attendant, j’ai changé deux fois la couche de la fille d’Anne, je me prépare sérieusement.

13 juillet, il va être temps de savoir. Ma soeur à passé son écho le 12, la veille, mais elle ne veut rien nous dire car elle descend dans le sud le lendemain. « J’aurai un truc sur moi qui vous dira le sexe de l’enfant ». On en parle entre nous, mes parents et moi pensons garçon. Mais les gens à qui je raconte que le gynécologue pense avoir vu le sexe pendant la première écho mais n’a pas voulu le dire pour pas se tromper me disent que c’est forcément une fille. Dans la nuit du 11 au 12, ma mère rêve que je lui annonce que c’est un garçon mais quand ma sœur appelle pour nous raconter que l’écho s’est bien passé, elle dit qu’elle a eu du mal à voir le sexe du bébé. Une fille alors ?

Vendredi 13, le train de ma sœur arrive à 12h36. 12h15, on est à la gare avec ma mère qui craignait d’etre en retard. 12h30, mon père arrive, ma mère à fini de se ronger les ongles et entame ses doigts. 12h33, le train entre en gare (en avance, oui !). Comme j’ai mes lunettes, je vois ma sœur de loin, elle porte une chemise avec des fleurs bleues, roses et jaunes… Et dans ses cheveux :


Un garçon. Je vais avoir un neveu ! Un petit boy ! Hiiiiiiii ! J’avoue que ça aurait été une fille, ça aurait été pareil. Je suis émue, envie de pleurer, un peu.

Le seul truc dommage, c’est que j’ai plein de tissu Liberty et je sais pas trop si ça va le faire.

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La jouissance est un féminisme

Ouh que je suis en forme en ce moment ! Des truismes en veux-tu en voilà, c’est open bar. Mais ne rigolons pas trop car je veux parler d’un sujet grave ! Oui, mesdames et messieurs, il n’est pas l’heure de rire car dans l’Hémicycle, là où des gens décident de notre législation, la Femme Conservatrice rôde. Et parfois, elle parle. Après « le préservatif ce n’est pas drôle », Christine Boutin présente « on oublie trop souvent la procréation au profit du plaisir dans le sexe ». Oh-mon-Dieu.

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Premier volet : la procréation. Alors tu vois Christine, moi, je trouve que l’État devrait plutôt me remercier de ne pas trop penser à la reproduction. Imaginons que là, je décide de procréer parce qu’en tant que femme, forcément, j’ai envie d’être mère. Déjà, je ne suis pas sûre de trouver plus qu’un géniteur, la paternité est aussi un engagement. Donc me voilà mère célibataire, ça me donne droit à des allocs ça non ? Et encore, Dieu merci, ma fertilité a toujours été sous contrôle car depuis que je suis sexuellement active, j’aurais eu le temps d’en faire une tripotée…

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Autre point important. Imaginons que je sois dans une relation stable et que nous envisagions de faire un mini nous. Hop, je consulte mon petit calendrier de la fertilité que j’ai sur mon Iphone (P tracker pour ceux que ça intéresse). Bon, il me met en fertile quasi tout le temps mais peu importe. Donc chéri et moi baisons pour procréer. Comme c’est mon objectif premier, il se peut que je sois tendue comme un string, que je ne prenne aucun plaisir. Or la psychologie joue énormément dans la conception, c’est un fait, et je ne suis pas sûre que trop penser à cette fameuse conception ne soit pas un frein.

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Mais enfin et surtout : Christine, tu es la honte du féminisme. Oui, du féminisme. Tu vois, en tant que femme des années 2010, j’ai la chance incroyable de maitriser mon corps tant dans sa fertilité que dans mon plaisir et ça, vois-tu, c’est quand même assez récent. Faisons ensemble un rapide cours sur l’histoire de la sexualité féminine. En 1805, on a découvert le mécanisme de l’ovulation et là, c’est le drame : jusqu’à présent, on estimait qu’une femme devait jouir pour tomber enceinte. Avec l’ovulation, on décrète que l’orgasme, c’est mal car ça disperse le sperme. Or comme dans les sphères bourgeoises, le sexe n’était envisagé que sous l’angle procréatif, ces pauvres femmes n’avaient simplement pas droit au plaisir. Du moins avec leurs maris car beaucoup avaient des relations saphiques avec leurs camarades du couvent.

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Forcément, quand on lit le calvaire de ces femmes, condamnées à ne pas jouir pour tomber enceinte alors qu’en plus, l’orgasme, de par les contractions qu’il provoque, favorise le déplacement du sperme, on se sent toute légitimité à prendre notre part du gâteau en terme de plaisir. Et puis surtout, Christine, des femmes se sont battues pour que je dispose de mon corps comme je veux, si j’ai envie de n’en jouir sans assurer ma descendance, qu’est-ce que ça peut te faire ? Et puis tu sais, faut arrêter de croire que le sexe « sans but », si ce n’est celui de la jouissance, est une dépravation. Je peux te dire que certaines de mes galipettes infertiles furent (et, je l’espère, seront) d’une beauté et d’une intensité incroyables, limite j’en pleurerais tellement c’est beau. Et je ne parle de prouesse physique là mais d’un ressenti. Le sexe, c’est aussi un don et un abandon de soi… Excuse-moi, je vais chercher un mouchoir, je m’auto-émeus.

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Je t’épargnerai un paragraphe entier sur les couples infertiles, homosexuels compris. Pour eux, que préconises-tu puisqu’ils n’ont justement que le sexe sans possibilité de procréation ? Mmmm ? Allez Christine, détends-toi du string car comme je le disais récemment, le sexe, c’est pas sale ! Tu devrais essayer plus souvent, tu verrais.

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En attendant, je vais préparer un article sur ta prochaine déclaration, j’hésite entre « être homosexuel, c’est quand même pas très très normal » (gaypride oblige) et « oui, les viols, c’est moche mais faut pas s’habiller aussi provocant, elle le cherche un peu… ». Quoique tu serais capable de pire…

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Célibataire vs fille maquée

Si on schématise très grossièrement, il y a deux types de filles, celles en couple et celles célibataires. Les célibataires, y en a de tous styles, celles qui le vivent bien
(« bah, ça viendra quand ça viendra, je suis trop canon pour finir seule, de toute façon, puis je vois pas pourquoi je devrais avoir un mec à tout prix, j’existe sans ça ») et celles
qui le vivent mal (« bouhouhou, mais pourquoi personne il m’aime ? »). C’est plus ces dernières qui m’intéressent.

 

Pendant 4 ans et demi, j’ai occupé le rôle de la « bonne copine en couple », celle qui est censée mieux s’y connaître en mec que Brigitte Lahaie alors que je sortais avec
un homme en particulier, pas avec tous. Je m’y connaissais en Guillaume 1er, pas en Jean-Luc, Paolo ou Arthur. Oui parce que, lecteur, c’est pas un scoop, tous les mecs sont pas
pareils et je sais pas pourquoi Arthur répond pas au texto trente secondes après l’avoir reçu ou pourquoi Paolo ne comprend pas qu’on le drague. Ce n’est pas parce que je sors avec un homme que j’ai la recette magique pour sortir du célibat. Honnêtement, Guillaume 1er, je l’ai rencontré à la fac, je n’ai rien fait pour le séduire et voilà. Alors je donne quoi comme
conseil ? « Va dans des lieux publics et attends » ? Oui ben elle va être bien avancée ma copine célibataire, tiens.  Or, c’est dur d’être la fille maquée de service, je m’explique.

Une fille en couple doit être heureuse, c’est mathématique. Donc elle doit écouter avec bienveillance les soucis de l’amie célibataire qui le vit mal. Elle doit écouter pendant des
heures des « mais pourquoi les mecs veulent pas de moi ? » en sortant juste des « mais tu es très bien, t’inquiète pas ! ». La fille maquée n’a pas le droit de se plaindre. Non, elle peut pas ! Parce que si elle commence à faire remarquer que tout n’est pas rose dans une vie de couple, elle se prend un cinglant « Oh, ça va, te plains pas, t’as un mec, toi, au moins ! ». Sauf qu’en vérité, autant la célibataire envie sa copine en couple, autant la réciproque peut être vraie.

Etre en couple, c’est pas une joyeuse balade tous les jours. Bon, au début, c’est magique, on vit sur un petit nuage, tout le monde est beau, tout le monde est gentil, même cette
connasse du supermarché qui n’a ni bonjour ni au revoir à son vocabulaire. Mais bon, petit à petit, on redescend du petit nuage. On n’aime plus passionnément, on aime tout court. C’est pas le bagne la vie de couple, c’est vrai que c’est bon de retrouver quelqu’un le soir quand on rentre chez soi, d’avoir un confident en permanence, de partager des tas de choses. Mais bon, c’est aussi se taper les copains de monsieur, y compris ceux qu’on aime pas, faire des concessions pour que tout aille bien… Ca veut pas dire qu’il faut tout sacrifier, hein, mais quand on vit à 2 dans 27 m², on peut pas tout faire non plus. Bon, bref, être en couple, c’est bien mais pas que.

Ainsi, quand une amie célibataire nous raconte avoir rencontré un mec, le premier baiser et tout ça, ben on l’envie. Quand j’étais en maîtrise science po, vers la toute fin de mon
histoire avec Guillaume 1er, alors qu’on avait des relations bien plus amicales qu’amoureuses, ma copine Nyna a rencontré un homme. Elle me raconte donc la rencontre, la soirée, le premier baiser, j’en frissonnais de partout. Bon, certes, ça n’allait plus du tout dans mon couple donc ça n’aidait pas mais c’est vrai qu’être en couple, ça veut aussi dire ne plus tomber amoureuse d’un mec, ne plus se laisser emporter par une aventure ni rien. La frénésie du début est loin et la routine, c’est quand même chiant, des fois. Mais on n’a pas le droit d’ouvrir la bouche sur ce sujet car « oh ça va, te plains pas, t’as un mec, toi, au moins ! ». Et alors ? Etre en couple, tout comme le célibat, c’est un état de fait avec ses avantages et ses inconvénients, pourquoi la célibataire a le droit de se plaindre de son état et pas la fille en couple ? C’est quoi ce racisme ? Je lis actuellement un livre, « le musée de
l’homme » de David Abicker, un petit bijou drôlissime, un homme trentenaire qui sort des considérations sur tout et qui me fait mourir de rire, je vous en reparlerai quand je l’aurai fini. Bref, dans ce livre, à un moment, monsieur espionne sa femme et ses copines célibataires et ça donne :

« Tu as de la chance, toi, tu as trouvé l’homme idéal.
– Ouais, dit ma femme, pensive.
– C’est vrai, t’as du pot

– Mais qu’est-ce qu’on a, franchement ? Dès qu’on s’attache, ils se tirent. Et dès qu’on les drague, ils se tirent

– Y en a même qui se tirent avant même de nous rencontrer. [Que cette phrase m’a fait rire, j’ai l’air très fine quand je me marre toute seule dans le métro]

– Vous savez, femme mariée, c’est pas tous les jours dimanche ! »

C’est carrément ça ! Parce qu’on a un homme, tout doit aller dans le meilleur des mondes, t’as pas le droit de chouiner, ma petite, toi, tu as une moitié. Bien sûr, il ne s’agit pas de se plaindre tout le temps, ce n’est pas ce que je dis non plus, mais si y a un truc qui nous pèse, une anecdote qui nous a gonflé, on a le droit de le dire, non ? Ben, apparemment, non… Les seuls motifs de plainte acceptés sont « j’ai pas de mec et c’est dur ! ».

En fait, on en revient encore à cette espèce de conception : à un, on est incomplet et malheureux, à deux, on est complet donc heureux. Donc on peut aisément jouer le rôle
d’assistante sociale auprès de nos amies tendance Bridget Jones. Parce que si on regarde toute la littérature qui nous est destinée, à nous, les femmes, c’est toujours pareil, la course à l’Homme, celui qui va nous épouser et nous faire des bébés. On nous fait croire que le célibat est une tare, qu’on doit pleurer tous les jours sur la place inoccupée dans notre lit, sur notre marteau qui n’a pas d’homme au bout (alors que je sais très bien me servir d’un marteau toute seule, même que j’ai monté mon bureau comme une grande, sans aide masculine). Pourtant, je ne pense pas être anormale mais je ne pense pas tout le temps « merde, je suis célibataire, je suis pas normale. » Y a même des moments où je ne capte même pas que je suis célibataire parce que j’ai pas le temps de me pencher sur ma vie sentimentale. Et puis même, mon célibat, c’est juste un état de fait. Je n’ai pas rencontré d’homme pouvant devenir un petit ami et c’est tout. Bon, c’est sûr, moi, en ce moment, c’est facile de relativiser : je bosse chez moi donc je rencontre personne donc mon célibat, c’est un truc normal. Puis qui dit célibat ne dit pas abstinence (héhéhé !). Bref pourquoi faut toujours se plaindre d’être seule ? Et pourquoi faire chier celle qui est en couple sur le sujet ? Après tout, ce serait plutôt normal d’en parler avec une compagne de galère. La fille en couple, elle, il vaut mieux écouter ses récriminations et se dire que, finalement, le célibat, c’est pas si mal !

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L’’histoire de Nina le foeœtus

Il y a 26 ans, je poussais mon premier cri, un dimanche de Pâques… J’avoue que je m’en souviens pas mais il y a plein d’histoires autour de la conception de Nina, je vous les livre.

 

Juin 77, Papa Nina et maman Nina se marient, ils sont jeunes, ils sont beaux… Pour parfaire le tableau, ne manque qu’une chose : un bébé. Oui mais voilà, les tests de grossesse se suivent et le résultat reste le même : négatif. Au bout de deux ans, maman Nina passe des tests : tout va bien. Donc le problème viendrait de papa Nina. Avant de subir un spermogramme, papa et maman Nina décident de partir en vacances, la dernière tentative. Pendant quelques jours, papa et maman Nina s’aiment sur le divan qui sert de lit dans l’appart au bord de la mer de papi et mamie Bartoldi.

 

Retour at home. Les règles de maman Nina sont en retard, serait-ce enfin le moment tant attendu ? Un soir, papa et maman Nina font la fête entre amis. Le lendemain, ils se lèvent aux aurores, l’heure de vérité est enfin arrivée. Maman Nina fait un test de grossesse, ils attendent, le cœur battant et là : bingo, il est positif ! Ivre de joie, mon papa va acheter le journal (???) et le marchand de journaux lui rend une pièce de 2 francs toute neuve : hé oui, ce jour de test de grossesse est aussi celui de la sortie des pièces de 2 francs et le marchand de journaux dit à mon papa : « C’est la première que je donne ». Papa et maman Nina décident donc de collectionner toutes les pièces de deux francs pour ce petit embryon de vie qui vient de surgir dans leur existence. Sauf qu’ils ont arrêté avant que je naisse, arf !

 

Enceinte, ma maman est persuadée que je suis pénissalement équipée et que je m’appellerai Pierre. Je pense ici qu’il y a un certain traumatisme puisqu’à un moment dans ma vie, je ne flashais que sur des Pierre (et même que des fois, je concluais). Notre couple se promenait main dans la main en regardant avec émotion les meubles pour enfants : « ça ira bien dans la chambre de Pierre. Oh, ce serait trop mignon pour Pierre. » Raté, l’échographie révèle que je suis en fait une Pierrette. Donc, il faut se mettre d’accord sur un prénom. Mon père milite
pour Isabelle, ma mère pour Flavie (là, j’ai gardé les vrais prénoms). Je dois avouer que 26 ans plus tard, je bénis toujours mon père de ne pas avoir cédé. Finalement, ce sera Nina. Et là, c’est papi Bartoldi qui fait la moue : petit, il avait été traumatisé par une Nina, vilaine petite fille moche qui l’embêtait. Mais bon, la décision est prise, je serai Nina.

 

Le problème, c’est que je suis un fœtus chiant. A 6 mois, ma mère se retrouve alitée et doit suivre un traitement parce que j’ai une furieuse envie de sortir : pas née et déjà impatiente, quelle catastrophe. Mais à 6 mois, je suis pas finie donc hors de question de me faire sortir. Comme je suis chiante mais pas trop, je reste dans le ventre de ma maman.

 

Arrive la fin de la grossesse et là, ça devient épique. 21 mars, ma maman fête ses 25 ans. Hé hop, contractions ! Elle va à l’hôpital, la sage femme (accessoirement une grande tante) dit à ma mère : « elle arrive la petite, tu vas accoucher incessamment sous peu ! ». Mais ma maman n’a rien sur elle donc elle doit vite retourner à la maison avec papa pour récupérer quelques affaires. Pas de chance, mamie Parmentier (la maman de ma maman) et la sœur de ma maman ont décidé de passer à la maison pour faire une surprise à maman Nina pour ses 25 ans. Or ma mère ne veut pas les tenir au courant que son fœtus veut sortir, elle essaie de les éconduire poliment pour filer à l’hôpital. Retour à la case hôpital et là…rien. Finalement, je ne naîtrai pas le même jour que ma maman.

 

6 avril. Pendant 15 jours, ma mère est allée plusieurs fois à l’hôpital mais finalement non, je voulais plus sortir. En même temps, j’étais prévue pour le 12, quand c’est pas l’heure, c’est pas l’heure. Mais revenons au 6 avril, dimanche de Pâques. Ce jour-là, papa et maman Bartoldi ont rendez-vous avec mamie Parmentier et toujours la même tante pour un déjeuner pascal dans une auberge. Sauf que je fais à nouveau des miennes, je veux sortir ! Donc au lieu d’aller au restaurant, mes parents vont à l’hôpital. L’infirmière, très désagréable, manipule ma mère avec une délicatesse peu commune et perce la poche des eaux. Bon, ben, là, c’est la bonne, je vais donc naître.

 

L’accouchement ne se passe pas très bien (c’était pas l’heure, bordel !) et les médecins veulent utiliser les forceps pour me sortir de là. Et demandent donc à mon père d’aller voir ailleurs s’il y est. Or mon père, en tant que médecin, a fait un stage en maternité et sait qu’un bébé qui naît sous forceps a une tête en forme de huit, après. Ma mère hurle : « non mais c’est sa fille autant que la mienne, il reste ! ». Oui, ma mère, même en me donnant la vie, elle garde son caractère.

 

Pendant ce temps, dans l’auberge. Hé oui, mes parents ont un peu omis de prévenir leurs deux compagnes qu’ils ne viendraient pas pour cause d’accouchement. Mamie Parmentier, inquiète, finit par appeler et apprend l’évolution de la situation (n’oublions pas la tatie sage-femme). Il faut savoir que ma grand-mère est très discrète donc toute une auberge a suivi ma
naissance en direct. Pas née et déjà une star, tel est mon destin.

 

Enfin, à 14h45, je crie. Je ne suis pas très grande ni très épaisse : 48 cm pour 3 kg, un petit bébé même pas avec une tête en forme de huit. La fin de l’histoire, selon ma mère : mamie Parmentier arrive enfin à la maternité et me kidnappe des bras de mon papa, tout étonné.

 

Et voilà, 26 ans plus tard, j’ai bien grandi (si d’abord !). Aujourd’hui, ma maman va m’appeler et elle me dira : dire qu’il y a 26 ans, tu étais un petit bébé, tu as bien grandi. Hé oui. Des fois, je me demande ce que ressent une mère quand elle voit son bébé pour la première fois. Selon ma maman, ce fut : « qu’elle est belle ». Alors que pour ma sœur qui était toute rouge et toute fripée, ce fut : « Seigneur, c’est nous qui avons fait ça ? ». Rassurez vous pour ma sœur, elle s’est défripée et a retrouvée une couleur normale depuis (et non, Bernardin, tu toucheras pas à ma sœur). Est-ce qu’une jeune mère imagine l’avenir de son petit bébé ? Ma mère imaginait-elle que je serais une journaliste de
26 ans (certes au chômage) belle comme le jour. Bon, c’est mon anniversaire, les fleurs sont pas chères, j’ai le droit de m’en envoyer.

 

Les années passent et je me rends compte que mon anniversaire a moins d’importance qu’avant. Mais ça m’ennuie quand certaines personnes l’oublient, quand même. Maintenant, c’est plus l’occasion de faire la fête avec mes amis et ma famille. Cette année, j’ai droit à trois fêtes : la familiale, la toulousaine et la parisienne. Trois fois plus de cadeaux, donc ! Non, je plaisante, les cadeaux n’ont pas d’importance. Ce qui compte, c’est d’être avec les gens que j’aime et de passer un bon moment avec eux.

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La lucarne magique

D’ordinaire, je critique la télé mais pour une fois, je vais en faire l’éloge. Pas de la télé en général mais d’un documentaire que j’ai vu mardi et qui m’a presque fait pleurer d’émotion. Oui, il faut savoir qu’en ce moment, je baigne dans une étrange soupe émotionnelle et je trouve tout mignon, émouvant… Allez savoir pourquoi.
 
Mardi, donc, au lieu de jouer aux Sims, je décide de regarder le documentaire « l’odyssée de la vie » sur France 2, ne sachant trop si je
resterai jusqu’au bout ou pas. Pour ceux qui ne l’ont pas vu, j’explique : c’est l’histoire d’une grossesse, de la conception à l’accouchement. On suit donc un couple, une italienne et un gars qui s’appelle Manu. Elle nage avec les dauphins (quelle chance, mon rêve !), elle les dresse, c’est son métier donc elle passe beaucoup de temps dans l’eau. Elle écrit un cahier pour son bébé, elle le lit avec son accent. Je dois avouer que la langue française me plaît particulièrement quand elle est parlée avec un accent, j’adorais celui de ma prof de violoncelle qui était russe ou quelque chose comme ça (même quand elle m’engueulait parce que je m’entraînais pas trop voire pas du tout à la maison). Bref, la maman parle, elle se parle parfois à elle, parfois à son bébé. Vous savez qu’en général, je grogne contre cet espèce d’exhibitionnisme qui pousse les gens à dévoiler leur vie privée mais là, c’est juste beau. On sent les questions de la future maman, on voit le fœtus se développer (images de synthèse). Un fœtus, au début, c’est franchement moche, ça a une queue et de gros yeux noirs, dire qu’on a tous ressemblé à ça !
 
Donc petit fœtus grandit, se transforme petit à petit en humain. On le voit réagir en fonction de ce que fait sa maman. Donc, je préviens de suite : quand je serai enceinte, pas de clope dans la même pièce que moi, c’est pas bon pour le bébé. C’est vrai qu’en tant de femme n’ayant jamais été enceinte, je considère limite la grossesse comme une maladie qui empêche de faire plein de trucs, de peur de blesser petit fœtus qui grandit en moi. Mine de rien, ce documentaire m’a montré qu’une future maman peut faire plein de choses sans que ça traumatise fœtus. Sa maman continue à travailler jusqu’à six mois de grossesse, elle nage, elle joue avec les dauphins mais pas avec tous : certains sont mal à l’aise avec elle à cause de sa grossesse, d’autres, au contraire, cherchent sa présence. Quand ma cousine fut enceinte (ce qui fut le cas trois ans d’affilée, non pas qu’elle ait eu une grossesse particulièrement longue, juste qu’elle en a fait trois à la file), elle en profitait pour ne rien foutre. Surtout pas le ménage, ça la fatigue et ça la fait vomir. Ma mère pestait : « non mais la grossesse, c’est pas une maladie, j’ai bossé jusqu’au bout, moi ! ». Enfin, pour ma sœur parce que moi, à six mois de grossesse, je voulais déjà sortir. Oui, autant j’étais un bébé calme, autant je fus un fœtus chiant.
 
Une femme enceinte, ça peut donc travailler, jouer au flipper, nager et brouetter (ouais !). Même que ce dernier point est plutôt une bonne chose car maman contente, fœtus content. Donc, je note, quand je serai enceinte, je ne fumerai plus et n’irai plus au McDo mais qu’est-ce que je brouetterai ! Il y avait des scènes très amusantes où le papa pose sa main sur le ventre tout rond de sa compagne pour sentir fœtus bouger. Ma mère m’a expliqué que quand le bébé bouge, ça fait un peu comme une sensation de gaz dans le ventre, ça doit être bizarre quand même. Mais quelque part, quand je pense à ma future grossesse (et même mes futures grossesses, si on en croit M. le voyant), c’est le truc qui me paraît le plus agréable, de sentir le bébé bouger, ça doit être bizarre car ce doit être à ce moment-là qu’on prend pleinement conscience qu’on a un individu qui grandit en soi. Par contre, ça me fait un peu flipper de penser que je vais voir mon ventre se déformer selon les coups que va me filer fœtus.
 
Au bout d’un moment, on sait enfin si fœtus est pénissalement (© Gauthier) ou vaginalement équipé. Ben, moi, je le sentais, ce sera une fille, et j’avais raison ! Fœtus devient donc Julia, joli prénom. Au bout du 7e mois, les choses se gâtent un peu, la maman commence à avoir des contractions, direction l’hôpital : le bébé ne peut pas naître encore, il n’est pas tout à fait formé.
 
Finalement, la maman arrive à garder Julia un mois de plus et là, arrive l’accouchement. Ce petit souci a empêché papa et maman de se marier, ils avaient prévu de le faire un mois avant la naissance de la petite mais finalement, non. Bon, alors, je sais pas si c’est le documentaire qui a éclipsé les douleurs de l’accouchement ou si c’est passé comme une lettre à la poste mais là, pas de sang, pas de larmes, c’est super rassurant. En fait, c’est intéressant, c’est un nouvelle technique d’accouchement (il y en a beaucoup, j’ai
l’impression) où la maman est assise et tire elle-même le bébé hors de son corps, une fois la tête sortie (bon, y a toute l’équipe médicale, quand même, faut pas déconner). Je dois avouer qu’avec mon instinct maternel surdéveloppé, ça me foutrait une trouille pas possible de sortir moi-même mon bébé de là, j’aurais peur de le blesser. Bref, la petite Julia, toute pleine de placenta pousse
son premier cri et sa maman la prend dans ses bras… Et là, j’ai comme un envie de pleurer. Ben, mince, je pensais pas que voir à la télé la naissance d’une petite fille que je ne connais pas m’émouvrai à ce point.
 
Hé oui, parfois, au milieu du gerbis télévisuel se cache une pépite. Et je suis heureuse de l’avoir trouvée. 
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