J’aime pas mon métier, en fait.

Il y a 10 ans, j’arrivais, fringante et un peu excitée dans une petite SSII dans le XVe arrondissement de Paris pour débuter mon premier CDI. Le 16 avril 2007 (oui, y a un an et 2 jours mais j’allais pas publier un article sur le travail un jour où on en travaille pas, justement). 10 ans plus tard, j’ai progressé, doublé mon salaire et je parle comme une sale marketeuse. 10 ans que j’essaie d’évoluer car j’aime pas mon métier.

démotivation pour aller au travail, j’aime pas mon métier

Absolument tout à fait ça

Pour ceux qui tomberaient ici sans me connaître, je suis marketeuse dans les réseaux sociaux : community manager, social media manager, social paid media manager, stratégiste, consultante et même responsable social intelligence dans les prés’ pour faire genre qu’on est beaucoup et qu’on a tous beaucoup d’importance. Bref, l’intitulé change, les missions aussi : j’ai fait du SAV, j’ai vendu des billets sponsorisés, j’ai animé des forums, blogs, réseaux sociaux, j’ai écrit des articles, des statuts, j’ai raconté que tout ça, c’était important. Je le raconte toujours d’ailleurs car je fais aussi de la formation

Sourire désabusé à la dernière du grand journal

Je l’ai déjà dit sur les trendhacks, j’ai toujours l’impression qu’on s’incruste dans la vie des gens qui n’ont rien demandé, on propose des statuts sans histoire où les gens vont répondre car ils résolvent toujours (mal) les équations, qu’ils sont prêts à vendre père et mère pour un goodie, qu’ils sont là à nous hurler dessus des fois qu’on pourrait résoudre leurs problèmes alors que certains sont de mauvaise foi… 

Paon bleu qui fait la roue

Je n’ai pas choisi cette voie, je n’ai pas fait d’études pour ça. Je m’en sors parce que je suis intelligente, bosseuse. Mais j’échoue parce que je ne suis pas politique. Ma carrière, c’est des tas de gens qui viennent me taper sur l’épaule en me disant que je suis brillante, “une pépite”, mais jamais de promotion à la clé, j’étais trop occupée à travailler, pas assez à me faire voir. Et honnêtement, ça ne m’intéresse pas. J’en ai marre de ces boîtes où le copinage et le brossage dans le sens du poil poussent vers le haut des gens moins compétents mais qui ont fait croire qu’ils étaient fiables et reconnaissants. Je suis fiable mais je suis indifférente. Et surtout, ceux qui jouent ce jeu là, on le sait qu’ils ont un talent inné pour poignarder dans le dos. Ce doit être la génération Macron… Oui, j’en refous une couche mais ça me rend malade que des gens votent pour un projet de société qui représente absolument tout ce que je déteste… Ce qui fait que j’aime pas mon métier.

Démotivation au travail

Je l’aime pas parce que je n’apporte rien à personne, parce que je ne fais que brasser de l’air, parce que je devrais me compromettre pour arriver à un niveau correspondant à mes compétences. C’est vain. Si je m’arrêtais de bosser demain voire même si mon métier disparaissait dans son intégralité, personne ne s’en rendrait compte. Je m’amuse juste quand je fais de l’analyse ou du social listening et que je dois trouver des leviers pour raconter mon histoire et que ça me fait un (tout petit peu) de socio.

Graphiques et statistiques

Alors évidemment, je cherche un échappatoire, vous imaginez bien. Depuis presque trois ans, je cherche une épiphanie car je me rends compte que de voler de boîte en boîte en grattant un peu plus d’argent et un titre de plus en plus ronflant ne me rend pas satisfaite pour autant. J’ai fait un premier stage de yoga pour essayer de déclencher une révélation, j’ai chopé des courbature et une humiliation.J’ai persévéré : yoga (avec d’autres profs beaucoup plus bienveillantes)(surtout, je suis in love du vinyasa), sophrologie, parcours Perspectives de l’APEC (que je conseille même si j’ai pas eu mon épiphanie mais ça fait sacrément du bien quand même). Et puis un jour, c’est venu, ça m’a frappée, la révélation tant attendue…

Coucher de soleil, derniers rayons

Je vous raconte demain

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Politiques, je vous hais

C’est la rentrée ! Je vous parlerais bien des cartables neufs, des gommes flambant neufs et de l’odeur de l’encre sur les pages encore blanches d’un nouveau cahier mais cette année, j’ai grave le seum. Parce que cette rentrée lance le bal des what milliards de candidats aux primaires et que ça me fait réaliser à quel point je hais la politique. Enfin, je hais les politiques.

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J’ai une vision idéaliste de la société : l’idée que les plus forts donnent la main aux plus faibles pour pour un vivre ensemble harmonieux, dans la joie et la bonne humeur. Mon projet sociétal idéal se repose avant tout sur la solidarité car si, sur le papier, chaque individu naît libre et égal en droit à son voisin, rien n’est plus faux. Si j’en suis là où j’en suis dans ma vie, on va dire que c’est un quart grâce à mes capacités intellectuelles, un quart grâce à ma culture due à ma curiosité insatiable, un quart grâce aux hasards bien faits de la vie… Et un quart grâce à mes origines démo-socio. Oui, le fait que mon père soit médecin spécialiste m’a permis de faire des études sans coupler mes cours à un job alimentaire, mes jobs étudiants me servant à me constituer un petit pécule, ça m’a aussi permis de « monter à Paris » tenter l’aventure professionnelle et embrasser la carrière de webmarketeuse pour laquelle je ne me destinais pas du tout. Bref, si je veux bien croire que mon intelligence et mon grand sens de l’adaptabilité me permet de mener une carrière atypique mais qui va dans le bon sens (je mets actuellement un orteil dans le monde de la data), les sous de mon papa ont quand même bien aidé. Donc ce serait sympa d’imaginer que Jonas ou Sandra, tout aussi capables mais nés du mauvais côté de la barrière sociale, aient la possibilité de tenter leur chance pour devenir un jour des super community managers, data analystes ou physiciens brillants. Ou ce qu’ils veulent.

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J’aimerais qu’on se donne tous la main. Pour les jeunes pousses comme Jonas et Sandra mais aussi pour ceux qui ont vu leur vie brisée suite à un accident, la maladie d’un proche, la perte d’un emploi. A ceux qui échouent dans notre pays après avoir traversé la mer pour fuir la guerre et espéraient des jours meilleurs… Bref, je pourrais vous dresser une liste infinie de cas de gens peu chanceux résidant en France et que j’aimerais que l’on aide grâce à ce formidable projet de société qu’on appelle la solidarité (le truc qu’on a dans notre devise, là, tu sais…). Et là, je ne te parle que de la partie sociale du truc, j’en ai gros sur l’écologie, aussi, sur l’éducation, sur l’économie, le multiculturalisme… Dimanche dernier, en attendant le train sur un quai de gare de ma ville natale adorée (moment toujours propice aux pensées vu que t’as que ça à faire), ça m’a frappée : oui, je m’intéresse aux questions de société mais putain, qu’est-ce que je déteste la politique et surtout ces connards (et connasses mais y en a de suite beaucoup moins, parité, éternel mensonge) qui prétendent agir au nom du bien commun. Sérieusement, ça devient plus facile de compter les politiques qui n’ont pas de casserole au cul que ceux impliqués de près ou de loin dans des « affaires », comme on dit. Ah ça, on aime bien rigoler en montrer du doigt tonton Berlusconi (quoi que depuis Sarko et DSK, beaucoup moins…) mais on devrait commencer par balayer devant notre porte. J’en ai marre de tous ces êtres pansus et vieillissants nous expliquant qu’il faut se serrer la ceinture pour relancer l’économie, qu’il faut sacrifier nos droits, nos rêves, parce que y a pas le choix. C’est vrai que quand on voit les résultats de l’austérité, on se dit… Que c’est une voie de merde. Sans parler des injonctions contradictoires à base « faut consommer mais économisez pour votre retraite et serrez la ceinture », c’est pire qu’un magazine féminin, pour dire ! Bref, entre les petits arrangements et les plus gros, les polémiques gênantes et humiliantes, les mecs en qui t’as envie de croire un peu qui te plantent une épée dans le dos, je suis à CA de rendre ma carte d’électrice tellement je suis écœurée et désabusée.

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En vrai, je peux pas la déchirer car je l’ai perdue en 2012… La vie m’envoyait pourtant un signe clair à l’époque

Ca fait quelques années que je répète qu’à mon sens, le vrai changement, ça se passe au niveau des associations, ce sont elles qui sont les plus à même de faire bouger les choses à leur micro niveau. Alors oui, je sais, elles ne sont pas toutes clean non plus, y a toujours moyen qu’un individu peu scrupuleux aille un peu taper dans la caisse mais globalement, pour régler le problème d’Ulysse ou Jasmine, elles seront souvent plus efficaces que ces fats politiques et leurs discours creux. Et on peut dépasser le cadre du cas particulier : je pense que les associations de consommateurs ont fait bien plus que n’importe quel gouvernement pour défendre nos menues économies.

Supermarket Shopper

Donc je hais les politiques, j’en ai déjà marre de la prochaine campagne présidentielle, j’ai déjà acquis la certitude que je voterai blanc au second tour quel que soient les candidats (c’est bon, j’ai bien retenu l’arnaque de 2002) et je doute de mettre un bulletin dans l’enveloppe pour le 1er… Essentiellement parce que je ne les crois plus. Oui, la 6e république de Mélenchon me fait de l’œil, oui, j’ai la fibre écolo et énormément de sympathie pour Duflot mais… Entre les pétages de plomb réguliers de Mélenchon et les volte-faces opportunistes des ténors de EELV, comment tu veux que j’ai confiance ?

Image d'illustration du documentaire J'ai pas voté, clic si vous souhaitez regarder

Image d’illustration du documentaire J’ai pas voté, clic si vous souhaitez regarder

Le souci, c’est que je m’intéresse aux sujets sociétaux. Que je m’inquiète du devenir de la France, que l’injustice qui s’étale au quotidien en une des journaux me donne la nausée. Mais je fais quoi ? Je ferme tous les journaux, j’abandonne Twitter ou je ne suis plus que des comptes qui mettent des gifs de chats ou de loutres ? N’est-ce pas lâcheté de s’en laver les mains ? Après tout, pour moi, tout ne va pas si mal : j’ai un pouvoir d’achat pas dégueulasse, un boulot qui ne menace pas de me filer entre les doigts demain et de toute façon, dans moins de deux mois, je serai solidaire avec mon Victor. Puis y a mes parents. Moi, je ne risque pas grand chose. Mais je ne peux pas laisser tomber. Parce que cette société solidaire, j’y crois.

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Faut juste que je trouve comment la défendre en laissant les politicards dans leur cirque.

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Le jour où j’ai été photographe sur tapis rouge

Vous savez ce que j’aime dans la vie ? Les moments cocasses, what the fuck, ces moments où je vis un truc assez foufou et qu’une petite voix dans ma tête vient gentiment me demander si tout ça n’est pas un peu trop surréaliste. Genre quand je danse pour le réveillon sur un bateau entourée de dauphins, quand tu traverses l’Atlantique pour aller faire de la luge. Et puis un jour, tu te retrouves au bout d’un tapis rouge parmi des photographes qui hurlent les prénoms des acteurs qui passent… quand ils les connaissent.

Photographes sur le tapis rouge de Cannes

Mais depuis quand je suis photographe de stars ? Depuis un matin du mois de mai : “Nina, y a le client qui est partenaire d’un festival de film, il voudrait savoir si tu veux aller faire la CM là-bas”. Alors, voyons, un petit tour dans une ville que je n’ai pas encore la chance de connaître… Mais oui ! Bon, après, déménagement oblige, je m’en suis un peu mordu les doigts car ça nous faisait sauter un week-end d’installation dont nous avions cruellement besoin mais j’allais, sans le savoir, mettre à mon actif une nouvelle expérience… hmmm…intéressante.

Voilà, photo prise le dimanche soir avant le fameux week-end, ça vous situe le bordel

Voilà, photo prise le dimanche soir avant le fameux week-end, ça vous situe le bordel

J’arrive sur place le vendredi après un trajet en train… où j’ai dormi du départ à l’arrivée, à peu près, 2 heures envolées. J’arrive sur le lieu des festivités en navette, véhicule qui me dépose pile devant le tapis rouge où se massent déjà quelques curieux. Des gens me sourient à travers les vitres teintées, je me demande si c’est ma cliente… Ah pas du tout, ce sont des badauds qui espéraient que je sois une star et quand ils ont vu que je n’étais personne, j’ai juste disparu de leur radar. Je rencontre mon contact qui m’envoie passer l’après-midi dans un lieu un peu isolé du festival pour une manifestation de la marque. A 17h, je retourne au coeur des événements, je spotte quelques personnalités en me faisant quelques réflexions sur la différence réel/à travers un écran (oh mais lui, en vrai, il a un vrai truc alors que je le trouve absolument dégueulasse à la télé… Elle par contre, j’ai un peu envie de lui donner mon shampoing…). Je reste un peu avec une de mes contacts puis on me donne une accréditation presse. Mais pourquoi faire donc ? Je traîne, je fais quelques photos (un peu pour moi, beaucoup pour le taf) puis ça commence à s’agiter sur le tapis rouge. Tiens, mais j’ai une accréditation, tentons le coup. Me voici donc au milieu d’une dizaine de photographes pro armés de leurs super appareils Reflex suréquipés de flashs qui te font passer de la nuit au jour en une seconde et d’objectifs plus long que leur… à peu près, voilà. Moi ? J’ai mon adorable hybride Olympus OM-D 5markII. Alors je l’adore cet appareil, sincèrement, il est hyper pratique mais surtout, sa fonction wifi me permet d’envoyer mes photos directement sur mon mobile, idéal pour poster le tapis rouge sur les réseaux sociaux de ma marque. Bon, par contre, par rapport aux vrais photographes, je me sens en léger décalage. Je me cale dans un coin, je ne bouge plus, affectant mon air “mais oui, j’ai tout à fait le droit d’être là”.

Tapis rouge

Le défilé commence, on a d’abord droit aux invités des marques partenaires, puis arrive une actrice que personne n’identifie, on sait juste que c’est une actrice car elle est très belle, très maquillée, très coiffée et très mince. J’appuie gentiment sur le bouton quand ça commence à devenir la folie furieuse autour de moi “Hé, mademoiselle, HE HE !!! A DROITE ! OH ! A DROITE, A DROIIIIIIITE !!” Qu’est-ce qui se passe ? Ah oui ok… Alors je ne sais pas si vous avez déjà regardé la cérémonie de clôture du festival de Cannes, le moment où le primé va faire coucou aux photographes, vous voyez ? On entend comme une rumeur chez les photographes… Car ils veulent avoir la star de face, qui les regardent, pour une photo au top.

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Alors ça hurle, ça interpelle, ça vitupère… Ce qui est très drôle, c’est que la plupart des participants étant de jeunes pousses du cinéma ou des indépendants, il arrivait parfois qu’on ne connaisse pas le nom de la personne sur le tapis rouge (moi, j’en connaissais quasi aucun, vu ma grande cinéphilie mais ça m’a rassuré de voir que les autres, qui sont un peu plus dans le métier, ne s’en sortaient pas toujours bien non plus). Du coup, quand on connaissait, ça donnait “MELANIE !! RAPHAEL !!! FREDERIQUE !!!” et quand on ne connaissait pas… “MADEMOISELLE ! MONSIEUR ! AAAAA DROITE ! DROITE ! NON DROITE !” Moi, évidemment, avec mon petit Olympus, je fermais ma gueule et mitraillais, mi amusée mi gênée. Non parce que, ok, le tapis rouge fait partie du job mais on me gueulerait comme ça dans le cadre du travail, je ferais un procès pour harcèlement ! Mais les acteurs posent, goguenards, ils font un petit tour et s’en vont en faisant coucou, quelques uns signant des autographes de façon un peu random. Tout est normal dans le cirque Paillette.

leila-bekhti-au-festival-de-cannes

Et puis y avait une fille, la seule en dehors de moi (alors que j’étais un peu posée là par hasard, pour voir si on allait me laisser faire (oui)). Le lendemain, je croise le photographe officiel de la marque qui me dit ne pas m’avoir vue sur le tapis, je lui explique où j’étais posée “derrière une fille qui criait très fort, là…” “Ah oui, c’est Cyrielle, elle n’est pas commode… mais en même temps, c’est pas un milieu facile pour les meufs”. Ah. Alors avec moi, elle a été cool durant la mini interaction que nous avons eue (je lui ai pris son sac pour le poser derrière la bande de photographes, à peu près) mais elle a pourri la vie d’une autre CM de l’événement en lui foutant des coups de coude, se justifiant d’un “je bosse, moi, connasse !”. Alors, Cyrielle est-elle obligée de mettre ses balls sur la table, comme on dit, pour être respectée par ses collègues testostéronés ou réelle connasse ? Moi, en tout cas, elle m’a bien rendu service : vu qu’elle hurlait très fort, tous les people la regardaient… et moi, j’étais juste derrière. Clic ! Clic !

Un milieu très mixte, en effet... Jeu : sauras-tu trouver la seule femme de la photo ?

Un milieu très mixte, en effet… Jeu : sauras-tu trouver la seule femme de la photo ?

Moralité : c’était marrant… et je suis ravie que ce soit pas mon métier parce que j’aime pas me battre pour avoir la meilleure place, j’aime pas devoir montrer les dents pour me faire un peu respecter parce que je suis une femme, je déteste crier. Ou alors, je repère le plus fort en gueule pour me mettre pile derrière et je mets à profit ma souplesse naturelle (hyperlaxie mon amour) pour faire des photos sans avoir le flash ou l’objectif des photographes devant.

Oui, parfois, le photographe de devant te niquait un peu ton cliché

Oui, parfois, le photographe de devant te niquait un peu ton cliché

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Journal extime… jusqu’à l’indécence

11 ans, 11 ans que je blogue. Je suis passée d’un journal extime populaire à une sorte de cahier de brouillon où j’écris sur tout ce qui me passe par la tête, sans chercher à en faire quelque chose. 11 ans durant lesquels j’ai été intégrée à la blogosphère avant de m’en sortir peu à peu. En gros, avant, j’étais au coeur du système, aujourd’hui, je gravite en dehors. Si je ne suis plus la blogosphère, certains éléments arrivent parfois jusqu’à moi arrivant encore à me choquer par leur indécence.

femme choquée par son ordinateur

A peu près comme ça, oui

Let me introduce Emily Meyers, une jolie blogueuse rousse, maman de 5 enfants, qui partage tous les éléments de sa vie en photo… Jusque là, rien de vraiment choquant, ça arrive partout même si, déjà, exposer à ce point ses enfants me dérange un peu pour eux. Mais là où le malaise est total (vraiment total), c’est quand notre blogueuse met en scène la maladie de sa compagnon… et son enterrement à travers les clichés d’un photographe professionnel. Alors déjà, question : qui paie un photographe pour immortaliser un enterrement mais surtout : est-ce qu’il n’y a pas un ENORME problème à poster sur son blog des photos de soi tirée à quatre épingles en train de montrer sa tristesse devant un cercueil ?

six feet under famille fisher

Oui bah rousse et enterrement, j’ai forcément pensé à Six feet Under

C’est là que je me pose la question des limites à ce qui est montrable ou pas. Chacun met le curseur où il veut, certes, et on me dira que je ne suis pas obligée de lire le blog d’Emily (à dire vrai, je ne connaissais pas son existence avant que la reine Zénobie commence à en parler sur Twitter). Je suis allée voir… et j’étais tellement mal à l’aise. Mais au delà de ce fait “divers”, ça pose la question des limites du journal extime. Et rassurez-vous, avant de distribuer les mauvais points, commençons par balayer devant ma porte.

blog journal extime

J’ai moi-même manqué de pudeur au tout début de ce blog. Parce que ça nous faisait marrer d’être trash, de raconter nos histoires de fesses parce que c’est léger, ça ne fait de mal à personne et que nous ne postions pas de photos intimes. Notez que je ne juge pas ceux qui posteraient des photos intimes, tant que toutes les personnes sur le cliché sont consentantes. Bref, des tas de gens venaient ici se repaître de nos (més)aventures sexuelles, certains espérant s’accrocher à nos tableaux de chasse puis la vie faisant, on a fermé les portes. Essentiellement au lancement de nos vies professionnelles : on peut nous retrouver si on se prend la peine de chercher, j’ai pas forcément envie que mes collègues soient au courant que je me suis adonnée à la levrette fessée la veille, c’est pas le lieu. Depuis, ma vie se dessine ici en filigrane : je parle parfois de boulot, parfois de ma vie perso tant sur mes amours (au singulier depuis bientôt deux ans, d’ailleurs), mes amitiés que sur ma famille avec mes deux amours Saturnin et Pivoine (qui est mobile maintenant, qu’est-il donc arrivé à ce tout petit bébé ?). Je parle pas mal de mes voyages aussi mais beaucoup de choses restent désormais hors de portée du lecteur. Auto censure ? Non, juste je ne ressens pas toujours la nécessité d’en parler. Il m’est arrivé d’écrire des articles sanglants sur des choses qui m’arrivaient mais une fois écrites, j’étais calmée et je n’avais pas envie de partager ça, mon fiel avait été essoré.

Oui et je mets des photos de mes amours avec des pastilles sur la tronche aussi

Oui et je mets des photos de mes amours avec des pastilles sur la tronche aussi

Mais la question reste, finalement : pourquoi s’expose-t-on et quelle limite se mettre ? Quand je parlais de fesses, j’avais plein de lecteurs et nous étions dans une sorte de cercle… presque vicieux : plus ça parlait cul, plus l’audience grossissait, plus fallait en donner. Un peu grisant sauf que… ben à un moment, t’as envie de profiter de ta petite caisse de résonance pour parler d’autres choses, de sujets un peu plus sérieux… Et là, ça intéresse moins. Peut-être aussi parce que j’ai plus du tout joué les community managers de mon blog (pas envie de rapporter du travail à la maison, quelque part) : au chômage, je répondais à tous les comms en peu de temps. Une fois mon premier CDI décroché, forcément, mon temps libre s’est fortement réduit… Je pourrais reparler de cul en narrant mes expériences passées jamais racontées sur le blog pour voir si ça relancerait le machin mais… j’en vois juste pas l’intérêt. Puis je ne suis pas sûre qu’aujourd’hui, ce soit ce qui marche vraiment, les gens ont envie soit d’information (sur des produits culturels ou cosmétiques, selon vos centres d’intérêt), soit de blogueurs/blogueuses qui seraient un peu comme un grand frère ou grande soeur virtuelle.  Du coup, on expose quoi ? Faut-il en donner toujours plus pour rester “au top” ? Serais-je prête à exposer des moments si intimes pour gagner des lecteurs ?

femme en culotte dans le foin

Ca pose aussi la question de la mise en scène de soi : que veut montrer Emily ? Si je reprends mon cas, au début de ce blog, le but était de raconter la vie amoureuse et sexuelle d’une bande de potes, façon Sex and the city, on voulait montrer une jeunesse décomplexée et fêtarde (mais ça a sans doute sonné plus d’une fois “notre vie, c’est de la merde alors on boit et on baise pour oublier”). Aujourd’hui, c’est plus “jeune vieille conne qui ne comprend plus le monde dans lequel elle évolue et qui essaie de s’accrocher à l’espoir mince que le monde peut être plus beau demain” et aussi “j’essaie plein de trucs parce que j’adore découvrir”. C’est ce que j’expose, ni plus, ni moins. Ce qui ne rentre pas dans ce cadre là, je n’en parle pas parce que… ben rien ne m’y oblige.

Là par exemple, c'est le jour où j'ai appris à conduire une Jeep. J'ai fait la roue en l'air et tout

Là par exemple, c’est le jour où j’ai appris à conduire une Jeep. J’ai fait la roue en l’air et tout

Mais mon blog n’est pas le centre de ma vie. Ce n’est pas mon gagne-pain, je “travaille” dessus en dilettante, je ne fais rien pour en faire une machine de guerre parce que je n’ai juste pas envie d’en vivre, pas envie de me prendre la tête pour savoir quoi raconter histoire de garder mes vues et mes revenus. Et c’est peut-être là, la différence avec Emily : clairement, son blog lui sert à gagner de l’argent (elle a notamment relayé son kickstarter pour les aider, son mari et elle) donc il faut tout donner pour ne pas perdre son niveau de revenus. Et la question reste : qui est le plus coupable entre le blogueur qui se livre sans filtre et les lecteurs qui restent là à regarder ?

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Bloguer ou bosser: l’impossible alliance ?

J’ai un défaut: j’ai des idées, tout le temps. Des idées de livres à écrire, d’articles à vous faire… ou de blogs à créer. Et je vous parle même pas des 38 boutiques Etsy auxquelles j’ai pu penser. J’avais eu aussi l’idée y a 5 ans de faire des articles vidéo (des podcasts, quoi) avec des ponctuations issues de séries télé. Quand j’ai vu l’explosion des tumblr gavés de gifs animés exploser (et les articles qui utilisent encore ce type d’illustrations aujourd’hui), j’ai saisi à quel point j’avais trop eu la bonne intuition… et loupé le coche. Bon après, rendons à César ce qui lui appartient: “mon” idée géniale était directement inspirée de Dream On. Et en plus, j’ai une culture série de merde. Mais bloguer en travaillant, gérable ?

Bref, j’ai plein d’idées, des trucs où je me dis “tiens, je vais lancer ça pour me payer des vacances” (enfin, ça me paiera au mieux le café à l’aéroport) ou “tiens, je vais lancer ça, ça fera bien sur mon CV” voire “tiens, je vais lancer ça, ça me permettra d’acquérir telle compétence” (et ça fera bien sur mon CV)”. Oui, j’ai des idées mais pourquoi j’estime que c’est un défaut ? Facile: parce que si j’ai les idées, j’ai juste pas le temps de les appliquer donc je suis frustrée.

Bloguer en travaillant , le défi impossible ?

stressed woman with computer

Si je devais résumer ce blog, je dirais très grossièrement qu’il y a eu 2 périodes: la faste et la ronron.

La faste: au début où nous avions trois ingrédients de succès: le cul (version sans filtre), la régularité (1 article par jour) et surtout le temps d’entretenir la communauté (pas étonnant que je passe ensuite par la case community manager) et d’avoir de nouveaux lecteurs en postant des comms de ci de là.

bouton-commentaire

La ronron: beaucoup moins de cul pour cause de “j’ai des collègues maintenant, on ne sait jamais”, une régularité plus que relative et surtout plus aucune gestion de la communauté pour cause de manque de temps. Comme qui dirait les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés.

Mes jambes pré opération du genou et pré trou dans la jambe parce que je suis tombée dans le métro

Mes jambes pré opération du genou et pré trou dans la jambe parce que je suis tombée dans le métro

Il est vrai que ce blog m’apporte juste un espace de prise de parole mais c’est bien tout désormais. Et je n’ai aucun regret en soi. Contrairement à mes autres projets de blogs (ceux qui ne voient pas le jour, j’entends), les vingtenaires ne nécessitent que rarement un travail de recherche, on est plus dans le fact checking qu’autre chose. Pourtant, j’aime ça, chercher, c’est toujours l’occasion d’apprendre quelque chose mais pas le temps. D’autant plus maintenant que je suis en couple et que je vis entre deux apparts.

(sac trouvé sur Claire Production mais en rupture de stock mais vous pouvez cliquer quand-même si d'autres trucs vous plaisent)

(sac trouvé sur Claire Production mais en rupture de stock mais vous pouvez cliquer quand-même si d’autres trucs vous plaisent)

Mais parfois, je soupire devant certaines occasions manquées. Non pas que je compte devenir millionnaire grâce à mon blog, je suis légèrement réaliste mais du coup, je perds l’aspect expérimentation sur certains réseaux ou sur l’écriture, le public reste modeste. Parfois, je me pique de vouloir relancer la machine, faire un peu de SEO, essayer de booster un peu les réseaux sociaux mais je laisse vite tomber… essentiellement par manque de temps. Et d’investissement aussi. Ce que j’aime, moi, c’est écrire. Le reste, ce serait bien que je sache faire mais la flemme… Ouais, la flemme. D’abord parce que la naturopathe avait dit que j’avais droit mais surtout… bah une fois un article écrit, j’ai pas le courage de faire “buzzer” en commentant ailleurs, en allant interpeller des gens qui parlent du sujet et surtout, surtout, j’ai la flemme ultime de fréquenter la blogosphère et ses soirées sponsos. Je crache pas sur les blogs en général, certains sont tops, mais alors le côté soirées de marque, c’est peut-être un peu trop proche de mon boulot pour que j’ai envie. Sans parler du fait que c’est un milieu assez puéril (et Machine elle a dit de truc que ci, que ça et lui, je l’aime pas, lui parle pas, et elle, c’est trop une michto, blablabla) donc un gros “pas envie”. Enfin, je dis ça des blogs, les Tweet apéros et co, c’est pas forcément mieux… En fait, c’est un peu partout pareil, je crois juste que je suis devenue associale et que j’ai juste envie de voir a) mon mec, b) mes potes. Les soirées pince-fesses, à part pour faire progresser ma carrière, non, non, non.

NON MERCI !

NON MERCI !

Mais reste la frustration. Celle de ne pas avoir le temps d’écrire comme je veux, celle de ne pas arriver à écrire une relative success story (le défi étant donc de “réussir” à monter un truc sans se taper les soirées sus-nommées. Et surtout de mener de front ma vraie carrière et ce petit projet, je n’ai pas envie de devenir “blogueuse pro”, voyez). Que si, parfois, le secret pourrait résider dans l’organisation, ces derniers temps, le travail me pleut dessus et il devient difficile (impossible?) de sauver quelques minutes d’écriture. Avec de la chance, une fois que Victor et moi serons installés ensemble, je pourrai écrire un peu le soir, mais rien n’est moins sûr. Mais il faudra car mine de rien, le blog, ça reste le meilleur truc pour rajouter du sens au métro, boulot, dodo.

 

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Encadre ton contrat CDI, ça va devenir une rareté

Un riant matin du mois de juin, je m’éveille à la vie, fraîche et de bonne humeur quand je m’aventure naïvement sur Twitter, voir ce que le monde a fait pendant que je dormais. Et bien, il a fait de la merde, tellement que j’en ai saigné du nez*. Enfin, “il”, comprenez notre cher gouvernement “de gauche”. Je ne mets qu’une paire de guillemets pour ne pas alourdir inutilement la mise en page mais c’est pas l’envie qui me manque de vous en coller une bonne douzaine, bordel. Bref, je découvre donc que notre gouvernement “socialiste” a décidé de sauver l’emploi. Et comment ? En nous la foutant bien profond au cul.

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Je ne m’apesantirai pas particulièrement sur la notion de limitation des indemnités en cas de licenciement abusif tant j’ai eu la sensation de lire “merci de payer le verre pilé qu’on va vous enfoncer dans le troufion sans lubrifiant”. Sans parler du cynique “non mais c’est bien, les patrons des PME pourront calculer combien ça leur coûterait de licencier le mec, ce sera peut-être rentable et créer de l’emploi”. Créer de l’emploi en licenciant, ce doit être comme faire un régime en bouffant exclusivement du McDo, je suppose… Bref.

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Mais le truc qui m’agace le plus du plus, c’est le tapis rouge qu’on fait désormais aux CDD. Allez, on peut les renouveler encore plus, youpi ! Ca va encourager l’embauche, ça, regarde : le patron, il peut pas prendre un mec pour toujours alors il multiplie les CDD tant qu’il peut et pour le salarié, c’est mieux, il reste plus longtemps. Aaaaaaaaaah ! Mais sérieux, quel génie économique a décidé que plus de précarité allait relancer l’emploi et la consommation ? Non mais c’est vrai, moi, quand je ne sais pas de quoi les lendemains sont faits, j’ai une furieuse envie de dépenser et de relancer l’économie…

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Alors sur le papier, le CDD peut être un contrat intéressant. D’abord, on pleure sur les patrons mais pour nous aussi, un CDI, ça peut être chiant quand ça ne le fait plus. Pour avoir été dans des boîtes où j’associais ma quête d’un nouvel emploi à une évasion de prison (je me sens bien lalala), pour avoir vu des postes m’échapper parce que, non, on ne va pas m’attendre 3 mois. Pour avoir trouvé un emploi en un claquement de doigt dès que j’ai été disponible de suite**, j’ai la sensation que la disponibilité est un vrai argument. Alors des fois, je rêve à la possibilité de démissionner*** et de bénéficier des assedics vu que j’ai quand même pas mal cotisé en 8 ans et que ça rendrait ma démarche plus facile. Il existe bien la rupture conventionnelle mais c’est tellement chiant à réaliser et une porte ouverte à un turn over de malade que les RH préfèrent ne l’évoquer qu’en ultime recours (pour éviter un licenciement douteux mais à la limite, on s’en fout, on paiera moins d’indemnités au loser qui oserait nous attaquer).

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Et en même temps, c’est drôle… Les mecs pensent pouvoir lutter contre le chômage en accélérant le turn over. Prenons par exemple Louis et Karima. Ils ont la même formation, cherchent un même emploi. Louis vient de terminer son quota de CDD et la boîte peut pas le prendre en CDI donc au revoir Louis et tiens, bonjour Karima. Cette dernière quitte donc effectivement l’univers angoissant de la Chômagie mais qui y retourne ? Louis ! Bon avec de la chance, son expérience plus costaud lui permettra de signer un CDI (enfin, si ça existe encore) mais la précarité ne résout pas l’équation du chômage. Ca me paraît tellement évident, je… je suis fatiguée.

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* Bon, il est possible que ce saignement soit dû à une combo clim+allergies mais j’ai vraiment saigné du nez à ce moment très précis de l’histoire.

** Je préfère préciser : je ne dis pas qu’il est facile de trouver un emploi de façon générale et, donc, que les chômeurs sont des feignants. Je suis dans les plus anciennes community manager de la place donc j’ai des facilités à trouver un poste. Mais j’ai mis quand même un an et demi à trouver mon premier vrai job après mon diplôme…

*** Enfin, là, de suite, non.

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Forme-toi toi même !

Depuis quelques temps, c’est tempête dans un verre d’eau dans ma petite tête. J’ai des envies, des ambitions oui, mais voilà, « j’ai pas le diplôme ». Je ne parle pas de me reconvertir dans la recherche bio chimique ou l’ingénierie je sais pas quoi, non, non, je veux rester dans mon petit univers marketing. Mais je doute, je doute.

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Un jour comme un autre, je me dis qu’il est temps de prendre la voie qui me fait de l’oeil. J’ai fait une demande de DIF mais ça ne suffira pas. Une de mes collègues a prononcé un mot magique, voyons voir. Bachelor, MBA… Ah y a des formations pour salariés. Bon, bien, j’en ai pour 16 000 à 30 000 €. Bien alors je pourrais jouer au loto pour gagner de quoi me payer ces super formations mais placer mon avenir professionnel entre les mains du hasard, c’est… comment dire… non. Je me gratte la tête, je trépigne, je soupire, j’essaie de voir ce qu’il serait possible de faire mais je bloque. Comment pourrais-je convaincre que je suis bonne à un poste que je n’occupe actuellement pas et dont je ne maîtrise à la perfection qu’un seul des leviers.
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Et puis non. Je ne renoncerai pas. Je vais me former moi-même. Va falloir que je sois un peu rigoureuse mais je suis pas plus stupide qu’une autre, après tout. A moi les MOOCs, les articles de blogs et websites, les livres blancs et slideshares. Après tout, ai-je un diplôme de marketing ? Non. Est-ce que ça m’a empêché d’y bosser ? Non. Oui, le fait de ne pas sortir d’une école marketing-comm est un peu bloquant car ceux qui ont le diplôme au bon libellé peut progresser plus vite que moi, même si je suis plutôt excellente aujourd’hui. Oui, j’ai certainement eu la chance qu’une personne me fasse confiance au tout début, à un moment où le community manager n’avait pas de diplôme lié. Mais si ça a marché une fois, pourquoi ça ne remarcherait pas ?

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Alors maintenant, je me bouge le cul, j’arrête de râler. Et quand je maîtriserai à la perfection les arcanes de la stratégie digitale (ce qui m’intéresse donc), je me remettrai peut-être à l’allemand. Et comment valider ces connaissances validées sur le net ? Simple ! Vive les slideshares et autres productions à poster direct sur LinkedIn pour démontrer que, hé ouais, j’ai de la jugeotte.

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Bon ben y a plus qu’à…

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Toulouse, ma belle

Que pourrait bien faire une Nina un week-end du 15 août de 4 jours car ses RH ont décidé de poser un RTT à tout le monde le 16 août ? Elle embarque Anaïs sous le bras et décide de lui montrer sa région d’enfance et de jeunes adultes. Ma jolie ville natale (dont je ne parlerai pas pour cause de solide paranoïa, pas envie que quelques tarés me retrouvent facilement sur Google) et Toulouse. Avec entre temps des séances intensives de gâtouillage avec mon neveu (8 mois), la fille d’Anne (15 mois) et ma petite cousine (21 mois). Depuis, Anaïs s’est fait poser un stérilet, prend la pilule et utilise des capotes, des fois que… Bon bref, laissez moi vous conter cette journée toulousaine car ça fait plaisir.

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Début mars 2005, je casais mon bordel dans une camionnette, destination Paris pour de nouvelles aventures. Le coeur en lambeau, je quittais ma ville rose où j’avais démarré ma vie d’adulte, nourri mon cerveau de savoirs divers. Fini les heures à la bibliothèque, les marches au pas de course pour aller à la fac, le Capitole qui s’éveille, la rue du Taur déserte avant l’ouverture des cafés et crêperies, l’odeur de moisi du square Charles de Gaulle en automne, le métro au bruit caractéristique et au jaune fluo qui brûle les yeux. L’élégante place du Puy à côté de laquelle je vivais et où je suivais avec passion les fouilles archéologiques et le déterrage de squelettes d’un autre âge, avant que tout soit recouvert pour finir cette fameuse ligne B du métro qui n’ouvrit qu’après mon départ. Toulouse, ce n’est pas toujours rose non plus. Il y avait cette prostituée qui tapinait sur le Canal, en face de chez moi, été comme hiver. Un soir, je l’ai vue avec un homme, l’enlaçant tendrement : son mec. Ou son mac, va savoir. J’ai hésité parfois à lui apporter un thermos de thé ou de café. La prostitution d’une grande ville, les mecs qui te shhh shhh devant la FNAC pour te proposer du shit, cette fois où on a évacué le Mirail en urgence un soir car les jeunes de la cité venaient tout casser après la mort de l’un d’entre eux. AZF, évidemment… Mais je n’en gardais que le beau, la légèreté de ma vie étudiante, de cette fille de 20-25 ans que j’étais qui commençait à accumuler les petits boulots, qui jouait au couple d’adulte avec son copain de l’époque. Elle était mignonne cette fille, elle pensait tout savoir, elle ne savait rien.

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Alors forcément, j’étais toute excitée à l’idée d’y retourner et d’y mener en plus Anaïs. Premier petit pas dans la ville rose le vendredi avec Anne avec qui nous allons dîner au Casino (je connaissais pas). Elle nous explique que Toulouse est devenu salement craignos et qu’il faut pas y traîner mais moi pas peur, moi vouloir voir ma ville rose, je tempère. Et j’ai bien fait. Samedi, je me gare sur les allées Jean Jaurès et c’est parti pour la balade. On remonte, on descend, un peu au hasard de ce qui me passe par la tête. On est parties, on enchaîne place Wilson, place St George, on revient sur les Augustins. La rue Alsace Lorraine est devenue piétonne depuis mon départ, ça a une autre gueule. En fait, les voitures n’ont plus guère droit de cité et je trouve ça plus propre, plus aéré. Fini les mini trottoirs où faut slalomer entre les lents badauds qui marchent pas droit (oui, j’ai remarqué que plus les gens te gênent dans ta marche, plus ils zigzaguent, rendant le dépassement périlleux…) et les merdes de chien. C’est quand même étrange comme les immeubles changent de tronche quand ils ne sont plus bordés par des trottoirs mais par une large bande de pavés. Le Monoprix me semble plus laid que jamais…

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On repart sur l’étrange cathédrale St Etienne qu’Anaïs, architecte de son état, qualifiera pudiquement de “atypique”. Pour les non Toulousains, notre cathédrale a été construite, a brûlé en partie, a été reconstruite en plusieurs fois… Du coup, elle a un côté très… Frankenstein (ou patchwork architectural). Mais je l’aime bien quand même. Surtout l’orgue monumental, j’adore les orgues…

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Et on est reparties, on passe par le Capitole, la rue du Taur blindée de restos. Une note là dessus : dans mon souvenir, la rue du Taur avait plein de petits restos/cafés sympas, un peu alternatifs avec plein d’affiches. Là, c’st devenu le royaume du sandwich gras/kebab et autres merdes et ça m’a un peu brisé le coeur. Ca, la disparition constatée de la Librairie Privat rue des Arts et la fermeture de la librairie Ombres blanches que j’adorais (même si elle était assez chère). Bref, on passe devant St Sernin puis retour rue de Strasbourg pour le déjeuner. La veille, le mari d’Anne m’avait donné une adresse pour le déjeuner, ma mère et ma soeur aussi : L’entrecôte. Evidemment que je connaissais déjà, je trouvais pas ça hyper typique mais on y va. On arrive à 13h20, y a queue dehors. Okayyyyyyyyyy… Heureusement, on n’était que deux et la dame nous annonce “Ah 2, je vais avoir qu’une place en terrasse…”. Mais c’est parfaiiiiiiiit. Alors pour ceux qui ne connaissent pas, j’explique : c’est un resto sans menu, tu as une petite salade verte avec des noix en entrée puis la fameuse entrecôte baignée de sa sauce secrète coupée en fines lamelles et ses frites maison. C’est indécemment bon. Quoi que mon nouveau “mec au statut pas encore défini” m’a dit qu’il connaissait le secret et me ferait une entrecôte avec la sauce pour me montrer. Bref, on se fait bien plaisir, on arrose ça d’une lichette de bordeaux avec un bon dessert bien calorique pour terminer et on repart.

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Au menu : St Sernin (finalement, il y avait une messe, on est ressorties et on n’y est pas retournées), St Pierre en passant par la fac de droit (souvenirs !) et son joli jardin. St Pierre est en travaux, j’avise d’une grande roue en bord de Garonne sur la pelouse des Abattoirs (argh quand même, ça gâche). On longe les berges un peu ravagées par une récente inondation en bavant sur les apparts puis on repart pour une destination précise : les Jacobins ou plus précisément son cloître. Il faut savoir que j’adore les cloîtres, j’y trouve toujours une sorte de paix et de sérénité. On s’y pose un long moment, on papote, un peu amorphes (on n’aurait pas dû prendre de dessert). Après avoir un peu récupéré, on repart. On ne voit pas la Tour Fermat à cause du portail fermé, tant pis.

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On remonte sur Esquirol, on redescend la rue St Rome, la fameuse rue commerçante. Ah, ça me rassure, sa foule m’agace toujours autant. On a eu un jeu toute la journée : tenter de rentrer dans les cours d’immeuble. J’avise une porte ouverte, on tombe sur un sublime escalier classé. Un mec délicieusement sexy nous explique comment ressortir, on n’était pas censées être là mais il ne dit rien, il nous sourit. Toulouse, capitale du beau gosse. On termine notre virée, claquée, par un coca sur la place du Cap’ histoire d’assumer le côté touristique de la journée. Je me souviens, jeune, je me scandalisais des prix du Coca sur cette place, on allait en général en prendre un au McDo pour le siroter sur la place. Là, 2 coca zéro… 7 €. Je veux revenir vivre là bas.

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Bref, en conclusion, je dirais que Toulouse me manque et que j’ai de plus en plus envie de retourner y vivre. J’ai pas du tout senti le côté « craignos » de la ville, bien au contraire, je l’ai trouvée limite plus « clean » que lors de mon départ. Sauf que niveau boulot, je peux pas bouger maintenant. Puis j’ai mes amis à Paris, je n’en ai plus à Toulouse. Puis y a mon neveu, ma soeur… Je crois que je suis condamnée à avoir deux coeurs… Ou alors je rapatrie tout le monde à Toulouse (et je fais community manager pour l’A380).

PS : pardon pour les photos dégueus, j’avais oublié mon Canon chez mes parents donc j’ai dû utiliser mon iPhone…

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Vous me faites chier avec votre crise

J’ai 32 ans. D’aussi loin que je me souvienne, l’actualité a toujours été le truc le plus déprimant du monde. Petite, j’apprenais l’existence de pays « grâce » aux guerres s’y déroulant : Liban, Iraq, Koweit, Croatie, Serbie, Bosnie. Aujourd’hui encore, certaines régions du monde viennent frapper à ma conscience, leur nom charrié par des rivières de sang. Kosovo, Tchétchénie, Ossétie… Enfin, j’utilise le aujourd’hui de façon un peu simpliste, j’ai pas découvert ces régions ou pays en 2012.

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Petite, je pris un jour du monde tout pourri dans lequel je vivais et je me mis à chercher une période où il aurait été plus cool de vivre. Bon, j’avais 10 ou 11 ans donc la perspective de vivre sans un minimum de technologie (c’est à dire la télé) me paraissait inenvisageable. Il me semblait donc que je n’aurais pas pu être plus heureuse que dans les années 70 mais là aussi, il y avait des guerres. En fait, il y en a toujours, le monde est pourri, peu importe l’époque. En y repensant, j’en savais des choses à 10-11 ans, chapeau bas à mes instits.

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Depuis quelques années, depuis que ma carrière de journaliste a été tuée dans l’œuf par mon premier poste de community manager, j’ai commencé à ne plus regarder les infos. Aujourd’hui, je n’assiste plus à la grand messe du 20h qu’en vacances chez mes parents et pas en été car on mange dehors. Mais je continue à barboter dans un bain d’actu malgré moi. Oui, mon radio réveil est réglé sur France Inter mais je l’écoute pas vu que des que j ‘arrête de snoozer, je pars dans la salle de bain et c’est à peine si j’entend. Je la laisse pour avoir un repère sonore quand je reviens ouvrir les volets / donner à manger au chat / faire mon lit. Si c’est la chronique de Sophia Aram ou Blakowski : en avance. Les infos : à l’heure. La météo de Joël Collado : extrême limite. La voix de Pascale Clark : même en chopant un bus au vol et en ayant tous les feux piétons au vert, c’est mort, je suis en retard. Mais toute la journée, je me vautre dans le web et je suis malgré moi les actus. Des fois, je me surprends moi même à intervenir dans un débat en sachant tout à fait de quoi je parle. Bref je reste connectée malgré moi et c’est pas bon pour le moral. Pas bon du tout.

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Tout est question de point de vue. Tout. Une mauvaise nouvelle reste toujours relative et peut finalement se révéler parfois bonne. Sauf décès d’un être cher ou annonce d’une maladie incurable mais ça marche pour le reste. Faisons quelques exemples car nous avons tous le cerveau un peu carbonisé par le champagne des fêtes. Mettons hop, je me fais virer. A priori drame. Sauf que parfois, ça peut permettre de trouver un meilleur poste ailleurs, poste que nous n’aurions pas sollicité, joyeusement endormis par le ronron du quotidien et peut-être même que je vais rencontrer uns douce moitié au travail ou via un collègue et le licenciement de départ devient l’une des meilleures choses qui me soient arrivées. Ou une rupture. Pif, je me fais larguer, les sanglots longs et tout ça. Et là, pif encore, voilà qu’on me propose un poste à l’étranger, poste que je n’aurais pas accepté car chéri n’aurait jamais quitté Paris. Mais là, célibataire, je saute sur l’occasion ! Bon, ces exemples sont un peu des vies rêvées, tout ça pour dire que le verre est très souvent à moitié et qu’il ne tient qu’à nous de le voir à moitié plein.

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Mais les actus, elles, elles atomisent le verre pour qu’il soit bien vide. On nous secoue des menaces de guerres, chômage, maladies ou assassinats à longueur de temps. On te repeint le monde en noir désespoir et tu passes limite pour un illuminé si tu n’as pas peur. Peur de l’autre qui nous veut du mal, consciemment ou non. Qui nous filera ses germes ou fera péter une bombe, qui nous volera notre emploi ou nous rentrera violemment dedans avec sa voiture. Cet autre est l’instrument de la fatalité, celui qu’on ne peut contrôler et par qui tous les drames arrivent.

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Alors stop. Je le sais que le monde est pourri, que c’est la crise et qu’on mourra irradiés, d’asphyxie à cause de la pollution ou explosé par un illuminé terroriste. Ok bien mais ça, c’est pas mon quotidien. Ce n’est pas notre quotidien. Ces drames existent on le sait. Moi, j’ai besoin d’un bon bol d’air frais. Qu’on me parle de ce qui va bien et pas juste en mini reportage pour faire sourire entre le fromage et le dessert. Qu’on mette enfin la lumière sur le liquide dans le verre et non sa partie vide. Qu’on redonne l’envie de se démerder aux gens au lieu de les conforter dans l’insupportable « c’est la crise » ou faire pleurer dans les chaumières avec de bonnes intox sur la taxation de l’entrepreneuriat et les impôts tellement élevés que nos millionnaires quittent le pays. L’égalité, c’est toujours plus beau quand ce sont les autres qui paient… Mais les millions, ça sert à rien dans la tombe. Bref, bref. Aujourd’hui, si on veut se sortir de la crise, le premier pas serait peut-être… De ne plus en parler.

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Le CM est un loup pour le CM

Petit point lexical avant de poursuivre : CM = community manager ou plus concrètement la personne en charge de parler au nom d’une marque sur les réseaux sociaux (oui je suis extrêmement réductrice, là).

Nous avons tous dans notre escarcelle quatre ou cinq marques à manager et tous les jours, nous espérons inconciemment que rien ne va nous tomber sur la tête. Parce que le bad buzz rôde sur nos espaces, tu ne sais jamais sur qui ça va tomber. Sur une marque de parfum dont le dirigeant tient des propos racistes en toute décontraction ? Sur cette marque de VPC qui s’est retrouvé avec un homme nu sur une image d’enfants ? Sur cette marque de soda aux faux fans ? Sur cette chaîne de restaurant avec des souris en cuisine. Les hyperactifs connectés reconnaîtront les marques dont je parle. Pour les autres, ne vous inquiétez pas, je suis pas là pour faire une anthologie du bad buzz. Surtout que je ne suis pas sûre de sa définition exacte en terme de bad buzz, à partir de quelle propension on peut l’utiliser ? Non parce que certains tirent la sonnette d’alarme un peu pour rien. Bref, passons, c’est pas le sujet.

Quand le bad buzz éclate, bon courage, tu vas en chier. Assied-toi devant ton Pc et lis les commentaires, ne modérant que ceux se montrant insultants. Les autres, tu dois les supporter. Or tout CM qui a subi un jour un bad buzz, de près ou de loin le sait : les pires raclures, ceux qui postent les contenus qui rajoutent à chaque fois de l’huile sur le feu, ce sont les autres CM. Est-ce parce que Facebook est notre sorte d’open Space virtuel et on mange du pop corn en en jetant de temps en temps sur le pauvre community manager qui essaie de calmer les esprits sur sa page ? Ou est-ce une sorte de soulagement ? Ouf, ça m’est pas tombé dessus alors du coup, je vais un peu pourrir la vie du malchanceux du jour ! À moins que ce ne soit un peu l’occasion de se lâcher, de faire de la vanne pourrie que nos marques ne valideront jamais. Ou alors dernière explication pour les premiers messages : tester la modération. Mais ça ne marche vraiment que pour les premiers.

Et c’est toujours pareil. Sur Facebook et sur Twitter, le CM se déchaîne, multipliant vannes et parfois même création d’images douteuses (je dois vraiment mal me démerder moi, j’ai pas le temps de faire du montage photo pour le plaisir du lol quand je bosse). Dans l’espoir de se faire repérer ? Ah ben c’est vrai que saloper le boulot de tes camarades, ça donne envie de t’embaucher, mec, y a pas à dire. Car vois-tu, nous, on a une liste noire entre nous la liste des « petits cons », ceux qu’on rêve de croiser un jour en entretien et de lui dire : »votre nom m’est familier… Ah oui, vous vous êtes bien amusés lors du bad buzz sur la page Topitampon… Notre client. Au revoir ». Oh ouais, ce serait tellement bon !

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