Le lesbianisme soudain

Ceci n’est pas qu’un titre racoleur mais une tendance un peu étrange que j’observe dans quelques séries depuis quelques temps et qui m’interroge un peu. Vous suivez des femmes qui ont une vie amoureuse hétérosexuelle et soudain, croisent la route d’une femme et là, plot twist : elles ont toujours été lesbiennes mais ne l’avaient jamais admis. Je… hein ? Y a pas un manque de background là.

The 100, baiser entre Clarke et Lexa

Ah oui, faudra que je vous parle de cette série, aussi

Je trouve toujours très positif d’avoir une pluralité de sexualités dans toute oeuvre de fiction, pas de soucis. Mais dans ce cas de lesbianisme soudain, ça m’interroge un peu. La première fois que j’ai découvert cette évolution, c’est dans Urgences où Kerry Weaver, chef de service acariâtre présentée comme plutôt hétérosexuelle mais surtout célibataire endurcie. Puis elle rencontre une psy dont j’ai totalement oublié le nom, incarné par Elizabeth Mitchell qui est une actrice que je n’aime pas trop (je ne la trouve pas très expressive, surtout dans V… mais peut-être qu’elle était juste empêtrée dans une très mauvaise série). Leur relation fait long feu et là, pof, c’est officiel, Kerry est lesbienne. Mais… idem pour Willow dans Buffy : “avant, j’étais hétéro puis j’ai rencontré Tara et maintenant, je ne regarde que les meufs”. Idem pour Alex dans Supergirl, Alison dans Pretty Little Liars, je le sens fort pour Petra dans Jane the virgin… Alors ok mais sinon, la bisexualité ou une sexualité fluide, ça existe aussi, hein…

Xena et Gabrielle : l'amour ?

Alors il faudrait que je revoie Xena (flemme un peu) mais il me semble qu’on est dans un cas intéressant de deux femmes hétérosexuelles qui tombent amoureuses l’une de l’autre. Pas par lesbianisme soudain mais plus parce que l’autre est l’âme soeur

Ca m’interroge. Déjà pourquoi ce revirement sexuel ne touche que les femmes ? Alors je n’ai pas une culture exhaustive des séries télés mais il me semble que les hommes bisexuels, déjà, se comptent sur les doigts de la main. Oberyn Martell est même le seul qui me vient en tête et ce n’était juste que pour mettre une scène d’orgie racoleuse… Ah si, Sense8 où des hommes hétérosexuels se retrouvent avec quelques pulsions homosexuelles suite à leur connexion avec Lito et à la toute fin de la série… ah non, ça, je dis pas, je vous laisse découvrir. Mais sinon chez les personnages masculins, j’ai vraiment l’impression qu’ils sont homos ou hétéros et qu’il n’y a pas de fluidité, justement. N’hésitez pas à me dire si je me trompe. Il y a bien toujours ce moment un peu bizarre où un homosexuel va coucher avec une femme (Clara Sheller et son meilleur ami dont j’ai oublié le nom, Keith dans Six feet under) mais j’ai vraiment pas de référence d’un hétéro se laissant tenter par un homo. Voire devient soudain attiré uniquement par les hommes. Alors quand je dis que je m’interroge sur le pourquoi de cet étrange virement de cutie ne touchant que les femmes, comprenez que c’est ironique : on sait bien que le lesbianisme est parfaitement intégré à l’imaginaire érotique commun alors que bon, l’homosexualité masculine, quand même, curieusement, ça passe moins.

Will et Lito dans Sense8

Mais surtout, ce qui me turlupine un peu dans cette histoire, c’est que ça trahit une écriture un peu trop légère des personnages. Prenons Alex dans Supergirl puisque c’est le dernier cas croisé. Elle est attirée par une flic et se pose un peu des questions. Mais là, ça devient “oh mais oui, j’ai toujours su que j’étais lesbienne, je me suis juste menti”. Mmmm… Alors non. Je veux dire dans la saison 1, non seulement elle a une liaison avec un homme mais jamais ô grand jamais elle ne semble avoir l’ombre d’une interrogation quant à son orientation sexuelle, pas de regard brûlant dirigé vers un personnage féminin. Idem pour Willow qui se retrouve au coeur de deux liaisons hétérosexuelles assez majeures dans les premières saisons finit par devenir lesbienne sans retour en arrière. Alors je veux bien croire que ça arrive, je connais des personnes dans “la vraie vie” qui ont trouvé l’amour dans les bras d’une personne du même sexe alors qu’ils étaient censé ête parfaitement hétérosexuels, mais là, c’est vraiment le côté “on est un peu trop hétérocentrés, là… Tiens, elle, elle devient lesbienne.” Et le virement de cutie est balayé en deux minutes “oh bah c’est un peu dur de sortir du placard dans lequel je ne savais même être enfermée. Ah voilà, c’est fait, je suis lesbienne, merci bisous”.

Dylan devient lesbienne dans Desperate Housewives

Du coup, ce manque de nuance m’ennuie profondément. A la limite, je trouvais le personnage d’Emily dans Pretty Little Liars qui peine un peu à faire son coming out par rapport à sa famille, ses amis… Même si une fois qu’elle a révélé à ses parents son orientation sexuelle, elle passe en quelques minutes de “personne ne doit savoir” à “je roule une pelle à ma meuf à la cafet’ du lycée en toute décontraction”. Mmm… Surtout, je trouve dommage le manque de nuance qui pourrait pourtant amener des circonvolutions du récit intéressantes.

Emily et Alison dans Pretty little liars

Avant de fermer cet arc définitivement, j’ai un dernier point à aborder : pourquoi je n’arrive pas à écrire une histoire d’amour.

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QI : l’ovni télévisuel

Je ne suis pas une téléspectatrice très appliquée, plutôt du genre à tomber par hasard sur certaines programmes en tapant au hasard sur les touches de ma télécommande. Un soir, je découvre ainsi QI, une petite série sans prétention : l’histoire d’une actrice porno, Candice Doll (Alysson Paradis), qui décide de reprendre ses études pour passer une licence de philo. Au début, tu crois que tu vas tomber sur une série classique sur la confrontation de deux univers que rien ne destinait à se rencontrer. Mais en fait non, tu tombes sur une série en dent de scie qui alterne comédie et vannes parfois un peu faciles et réflexions troublantes.

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La première saison ne prétend pas grand chose, on joue sur un retournement de situation assez facile : Candice/Karine décide de reprendre ses études et l’annonce à son mec (plus ou moins réalisateur porno, incarné par le très drôle Jérôme Daran) et ses parents (gros libertins légèrement relou sur le sujet, la mère est jouée par Jeanne Savary qui était dans Caméra Café) qui le prennent pas très bien. Donc Karine suit ses études en cachette mais commence à négliger son travail, oubliant ses tests HIV. Finalement, Karine fait son coming out philosophique et son mec décide de tourner un film basé sur la philo. Choc total des culture, facile et prévisible. Mais Karine a une petite particularité : elle est frigide. Jusqu’au jour où en lisant du Descartes, elle pige le cogito ergo sum et se paie un orgasme : la compréhension la fait donc jouir. Fin de la saison 1 : après un accident lors du tournage du porno philo, Karine se prend un petit studio seule et continue de jouir de la compréhension. Bref, petite série sympa, rien de transcendant même si la relation entre la mère de Karine et la fille pue légèrement le malsain, la mère mouillant à l’idée de faire une apparition dans l’un des films de sa fille et veut utiliser l’image de cette dernière pour le club échangiste qu’elle veut ouvrir avec son mari.

QI

Saison 2 et là, on entre dans l’étrange. La philo ne faisant plus à jouir Karine, elle est à la recherche de nouvelles drogues spirituelles. Elle a terminé sa licence et envisage de se tourner vers la religion, elle rencontre une bonne sœur qui va la guider sur la voie. Parallèlement, elle rencontre un thésard en physique (ou maths, j’ai un doute) et va entamer une relation avec lui. On suit plusieurs histoires : la quête de soi de Karine, les doutes sexuels de son ex réalisateur qui fait désormais des films gays et commence à faire des rêves homo érotiques, l’ex prof de philo de Karine qui redécouvre la séduction, coaché par le réalisateur et se tape des nanas au kilos et enfin les parents de Karine et leur bar échangiste. L’histoire du réalisateur et du prof de philo assurent l’élément comique alors que côté Karine et ses parents, ça vire au glauque : la fille fait des strip teases tandis que sa mère se fait tringler sous son nez par un banquier. Alors que le couple des parents plonge dans le sordide, Karine se penche sur la religion, suit une psychothérapie, fait même une retraite silencieuse.

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Et c’est là que j’ai été attrapée par la série. Karine cherche à tout prix qui elle est, pourquoi elle ressent certaines choses (ou ne les ressent pas). Au départ, elle se laisse un peu ballotter jusqu’à ce qu’elle reprenne les choses en main, quitte sa psychothérapie car elle en a marre et part faire sa retraie silencieuse. Elle découvre alors des choses sur elle, sur son passé, se rapproche de sa mère. Je découvre des axes de réflexion sur la personnalité et la découverte de soi dans une série légère et qui paraissait un peu concon, un peu facile. Et je cherche pour savoir s’il y aura une saison 3. Parce que même si cette série reste bricolée, que certaines quêtes des personnages (le mec thésard qui veut prouver la véracité de son travail ou le prof de philo qui baise à tout va) ne me paraissent pas indispensables à l’intrigue, la quête de Karine me trouble, m’interroge. Me donne envie de peut-être réaliser la mienne car on est tous à la recherche de sa propre vérité… Non ?

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L’engagement marketing

Depuis bientôt 6 mois, la France se déchire sur la question du mariage pour tous, nous forçant à regarder droit dans les yeux l’homophobie ordinaire. C’est un peu comme tout débat touchant à la nationalité et au droit des étrangers, ça semble toujours légitimer les commentaires racistes. Ca me donne toujours un peu envie de vomir (dans la gueule des homo/xénophobes) mais bon, il paraît qu’il faut laisser tous les avis s’exprimer… Mouais.

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Du coup, les sphères artistico-médiatiques s’engagent. On (re)découvre l’allumée Frigide Barjot dont je n’ai toujours pas compris le métier (avant égérie anti mariage pour tous, j’entends), ça se positionne pour, contre. Surtout pour d’ailleurs. Jusqu’à ce que cette solidarité sur la question du mariage commence à fleurer bon le racolage et un moyen facile de faire parler… de soi. Genre Lio qui se déclare ivre de bonheur car le premier amour de sa fille était une autre fille. Mais qui va encore lui parler, à Lio ?

Lio

Premier grincement de dents de ma part sur la question : la couverture d’Elle. Elle sait s’engager, l’édito se positionne parfois pour, parfois contre. Parfois maladroitement, en tombant complètement à côté du débat comme lors de l’histoire des mademoiselles. Donc, là, forcément, Elle se positionne en faveur du mariage pour tous et veut faire fort en posant deux mariées sur sa couverture. Sauf que c’est raté. Cette photo est bien trop glamour, soignée, trop “issue d’un shooting”.

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Ca pue le toc. Sans même parler du côté incroyablement consumériste de leur « marage (mode, alliances…) Pourtant, des lesbiennes sexy et glamour, c’est quand même pas ce qui manque. Elle aurait pu choisir Jodie Foster et son récent coming out ou le couple de mannequins Arizona Muse et Freja Beha, pour rester dans l’aspect mode. Mais ça, bof quoi ! Honnêtement, je passe en kiosque, je ne repère pas du tout cette couverture. Engagement oui, mais engagement bien frileux.

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Et ça continue et là, on arrive à l’obsédé du marketing, le roi de la polémique de merde : Karl Lagerfeld. Karl Lagerfeld qui dit qu’Adele est trop grosse, François Hollande un abruti et veut faire de Zahia une grande styliste (et la fait défiler à poil, des fois qu’on oublierait d’où elle sort). Karl a donc achevé son défilé car un couple de mariées. Ouah, il s’engage dis donc. Non mais les gens, arrêtez d’être naïfs par pitié. Karl se préoccupe autant de ce débat que moi de ma première paire de chaussettes. Mais faire un petit coup d’éclat en pleine fashion week, quand les marques se font la guerre pour produire LE défilé dont parlera toute la presse spécialisée… Pardon de douter de la sincérité de l’engagement.

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Bref, à chaque débat de société, une bonne raison de faire un peu de marketing sous couvert de s’engager… Je ne pense pas que le débat en sorte grandi. Quoi qu’au point où il en est, rien ne pourrait vraiment l’aggraver. Enfin, je crois…

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La bisexualité n’est pas réservée qu’aux femmes

Récemment, M6 a diffusé une série d’emissions sur le sexe. J’avoue avoir regardé 10 mn avant de zapper, agacée par le consensualisme du ton à base de « le cul c’est bien mais aimer son partenaire, c’est mieux ». Ouais ok alors si c’est pour me faire la morale en me faisant culpabiliser car je peux baiser sans amour, non merci.
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Mais twitter me permettant de suivre des émissions sans les regarder (j’envisage donc de jeter ma télé), je découvre qu’à un moment, il est question de bisexualité. Niveau racolage, M6 et TF1 même combat. Mais il semblerait qu’au pays magique de M6, la bisexualité ne peut être que féminine. Est-ce à cause de tous ces films grivois diffusés tantôt le dimanche soir ? L’histoire ne le dit pas. Mais non, messieurs, dames, incroyable : la bisexualité est unisexe. Si j’ose dire.

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Bon, je ne vais pas vous reparler des Grecs bisexuels, je le fais à chaque fois. Mais quand même, ça s’enculait joyeusement au gymnase et ce sans déranger personne. Mais aujourd’hui, la notion de bisexualité semble entrer violemment en conflit avec la virilité. Alors que la bisexualité féminine tient plus, dans l’imaginaire, d’une sorte de cajolerie amicale poussée. Ben tiens, c’est tout naturel d’aller se doigter entre copines, comme ça, parce qu’on se fait chier le samedi soir devant Mercy Hospital. Mais par contre se rabaisser à sucer ou pire à se faire pénétrer par un autre mec, ça ne va pas non ?


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La plupart des hommes bi que j’ai eus dans mon lit étaient plutôt bi par expérience mais le dernier en date m’expliquait qu’il n’en parlait pas à tout le monde parce que tout le monde n’a pas de réaction rationnelle sur le sujet. J’avoue que pendant longtemps, j’ai considéré à tort qu’un individu bisexuel était souvent un(e) homo qui fait son coming out petit à petit. Je n’ai pas eu tort pour tout le monde mais le monde n’est pas aussi binaire, je l’ai déjà dit.
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Mais au fond, ce qui me dérange le plus dans ces joyeux clichés, c’est de constater qu’on n’envisage pas du tout l’aspect sentimental. La bisexualité est souvent présentée comme un jeu ou, pire, comme une façon de chauffer les mecs. Oui, j’ai toujours trouvé très flatteur de choper un mec parce que j’ai une fille accrochée à mes lèvres. Pourtant des femmes qui aiment des hommes ET des femmes, dans le sens amoureux du terme, ben oui, ça existe. Ce n’est pas juste pour choper du mâle ou faire sa meuf libérée à la télé. Et c’est donc pareil pour les mecs bisexuels.

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Parfois, je me demande si le traitement de la bisexualité ne dessert pas plus la cause qu’elle est censée présenter qu’autre chose. Parce que pour ma part le mini bout de la lorgnette des bi filles aventureuses et allumant les mâles à la Katy Perry ou à la Stéphanie/Coralie de Secret Story, ça finit par me fatiguer. Je pense sincèrement que nous avons tous en nous la probabilité de craquer sur une personne du sexe opposé à celui qui nous attire habituellement sans qu’il s’agisse pour autant d’une simple expérience sexuelle. Et ceci n’est pas l’apanage des femmes.

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On va forcer ton outing !

Il y a des moments où les Twitterers m’epuisent. Tout commence par le twitt de je ne sais plus qui declarant que Martine Aubry était lesbienne. Aussi sec, une ultra
militante de la cause gay hurle au scandale : »il faut la forcer au outing puisqu’elle n’a pas les couilles de le faire! » Et la, je découvre l’univers magique des outing forces : gare à toi si tu caches ton homosexualité, on va tout dévoiler !

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Décollons nous du cas particulier Aubry, d’autant que son homosexualité reste à prouver, et examinons le processus d’outing forcé dans son ensemble. Partant du principe que les homos ne devraient pas avoir honte de leur sexualité, il faut forcer ceux qui le cachent à sortir du placard comme ça, on verra qu’il y a plein de gays et lesbiens ! Alors sur le papier, comme ça,  ça a l’air super mais dans les faits, ce n’est ni plus ni moins qu’une chasse aux sorcières et là, je dis non. Oui, c’est mal de mentir à son entourage en se prétendant hétéro alors qu’on est gay et ceux
qui font leur coming out font preuve de courage. Seulement la sexualité relève de la vie privée et ne regarde personne.

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Allons au-delà de cette première constatation. Nos amis pro-outing vont donc enquêter sur vous et malheur à vous si vous fricotez avec un camarade du même sexe. Notons d’ailleurs que la bisexualité ne semble pas exister dans ce cas. Si t’es bi, c’est que tu es homo, point. Donc ces personnes bien intentionnées vont faire ton coming out, t’avais qu’à pas mentir d’abord, faut assumer maintenant !

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Binaire le raisonnement ? J’ai presque envie de dire primaire. Ah, ce serait merveilleux un monde où le fait d’être homo ou hétéro ne pose aucun souci, qu’il n’y aurait pas besoin de sortir du placard vu qu’on n’aurait pas à y entrer, qu’on puisse avoir une maison Barbie avec 2 Barbies ou 2 Ken parce qu’on apprendrait aux enfants qu’une famille n’est pas forcément papa+maman et on pousse le rêve jusqu’à trouver normal que Barbie et Barbie ou Ken et Ken aient des enfants parce qu’ils pourraient adopter. Sauf que la réalité est bien plus complexe que ça. Pourquoi une personne lambda cache son homosexualité ?  Et bien, surprise, ce n’est pas forcément par lâcheté ou honte, il n’y a pas qu’une explication. Du coup, cette irruption dans une vie privée  qui n’est pas notre me choque. C’est un peu facile d’aller punaiser des rainbow flags sur des portes et se laver totalement les mains de ce qu’il va se passer ensuite car « c’est sa faute d’abord, il a menti ». Menti ? Par mentir, tu veux dire ne pas tenir au courant la terre entière de son homosexualité. Ah ok…

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Ici, ce qui m’énerve le plus, c’est la sensation que ces pro-outing jouent contre leur propre camp. Imaginez vous être gay ou lesbienne, ne pas savoir trop comment l’annoncer, vous poser des questions sur la manière de faire, si ça va choquer maman…  Bref, j’en suis à me poser des questions, sans trop savoir vers qui me tourner quand arrive un inconnu ou presque qui va crier sur la place publique que je suis lesbienne. Je n’aborderai même pas la question des « preuves », tiens. Alors c’est sûr que mes questions existentielles sont réglées mais faut pas enlever
le sparadrap sur une plaie purulente, sinon, ça s’infecte. Je ne dis pas que l’homosexualité est une plaie purulente, ma métaphore est boiteuse, je dis par contre qu’une fois qu’on m’a outée, je me retrouve aussi seule qu’avant et je n’aurai peut-être pas forcément envie de me rapprocher d’associations gay & lesbiennes pour me faire aider, au vu de ce qu’il s’est passé. Je ne suis pas naïve, je sais que le militantisme ne fait pas forcément dans la dentelle. Par exemple, le MLF s’est amusé à balancer du sang et de la bidoche crue sur un médecin anti avortement pour
illustrer qu’un fœtus, ce n’est qu’un tas de chair (ou un truc du genre, je ne sais plus bien). C’est pas délicat pour un sou mais la différence, c’est que le MLF défendait un choix, celui de garder ou non un fœtus peu développé. Là, on t’impose quelque chose, on te force à vivre ta sexualité sur la place publique et c’est ça qui m’énerve. Et si une association pro libertine allait annoncer publiquement qui va en club libertin ? Ou une association pro polyamour qui irait révéler que quand vous dites à votre femme que vous êtes en réunion, en vrai, vous sautez l’instit de votre fils ? (la secrétaire, c’est trop cliché). Ok, j’exagère, je l’admets mais l’idée reste la même : la vie privée d’une personne ne regarde personne. Si une personne choisit de ne pas dévoiler publiquement son homosexualité (mais est-ce que ça sous-entend réellement qu’elle est totalement dans le placard ? Ne garde-t-il pas cette information juste pour ceux que ça regarde ?), où est le problème ? Etre homo, c’est forcément s’habiller en tafiole un jour de gay pride ou en semi camionneuse à cheveux courts ? On peut pas sortir du cliché un peu ? Dans mon ancien taf chez TGGP, il y avait plusieurs gays, deux qui l’affichaient ostensiblement et un troisième qui n’en parlait pas particulièrement mais ne le cachait absolument pas.
Juste qu’il n’avaient pas besoin d’hurler qu’il était gay toutes les deux minutes pour se sentir bien et j’ai envie de dire tant mieux parce que je m’en fous. Ca ne me regarde tout simplement pas.

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Bref, de mémoire, la chasse aux sorcières n’a jamais rien donné de bon. Et je pense que ces pro outing sont en train de se tirer une belle balle dans le pied… 

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Un peu de coquetterie dans ce monde de brute

Ce week-end, on ne va pas faire de love and sex (ça revient la semaine prochaine, promis), on va se lancer dans un exercice de style un peu différent, on va faire la fille. Je sais que sur ce blog, je mets rarement en avant ma coquetterie pourtant très prononcée. Pourquoi donc ce coming out féminin ? Surprise !


Je suis donc une accro aux produits de beauté. J’aime leur odeur, leur texture, j’aime tester de nouveaux produits, me tartiner de tout ce qui me tombe sous la main. Par exemple, je pratique assidûment le layering, cet art qui consiste à superposer plusieurs crèmes pour un effet mastoc. J’aime avoir des crèmes pour tout car mon principal problème, voyez-vous, est ma peau sèche. Je passe ma vie à l’hydrater et malgré tout, ce n’est pas encore parfait parfait… Hum.


Alors parmi mes multiples produits, j’ai du body shop. Ce que j’aime chez Body shop, ce sont leurs baumes parfumés, d’abord parce qu’ils sentent tellement bon qu’on aurait limite envie de les manger (mais il ne faut pas le faire !). J’aime bien leur texture, douce et crémeuse. Et cerise sur le gâteau, ce n’est pas testé sur les animaux, c’est même un de leurs arguments vente. Alors mes produits chouchoux Body shop sont le baume à lèvres yes yes yes ! au bon goût de fruits exotiques et le baume hyper hydratant à la cerise. Le premier est parfait pour les rencards car il réhydrate mes lèvres (ça évite que je me mange les peaux mortes et que j’en saigne, rassurez-moi, je ne suis pas la seule à le faire, hein ?), ce qui les rend…plus appétissantes, je dirais. Et je ne vous parle même pas du goût fruits exotiques, un vrai bonbon. Ca me rappelle un peu les gloss aux fruits que j’achetais quand j’étais plus jeune. Quant au baume à la cerise, il est top pour mon coude gauche. Pourquoi mon coude gauche ? Et bien car il est bizarrement victime d’une forte sécheresse (alors que le droit, non) dont je n’arrive pas à identifier la cause. Est-ce parce que je m’appuie plus souvent dessus ? Est-ce parce que j’étale mal ma crème hydratante à cet endroit là ? Plutôt curieux pour une droitière, ça devrait être l’inverse… Enfin, peu importe les causes, mon coude gauche est tout sec et tout laid, il est hors de question que je laisse les choses en l’état. Et depuis que Iasmina me l’a fait découvrir, je vois bien la différence. Ceci étant dit, heureusement qu’on peut pas se lécher son propre coude parce que l’odeur est vraiment appétissante.


Je ne vous raconte pas tout ça pour vous dire que mon coude gauche sent bon la cerise, non. En fait, là, je vais m’adresser à vous, les filles. Quoi que je doute que les hommes soient arrivés jusque là. Figurez-vous que je suis conviée, avec d’autres blogueuses, à partir un week-end à Marseille, gentiment invitée par The body shop. Pour le moment, j’en sais pas beaucoup plus sauf que le week-end sera placé sous le signe « love ». Et là, si toi, derrière ton écran, tu es une fille et que tu as un blog, tu peux partir avec moi. Tu écris un article sur le thème « love », tu l’envoies à Vicky (pas ma chérie, une autre mais sympa aussi) à vbalnave[a]buzzparadise.com avec ton mail et ton adresse aussi. Et avec de la chance, le week-end du 17-18 octobre, tu viendras faire la nouba avec nous sur la canebière. Ouais ! Moi j’ai franchement hâte vu que je peux pas prendre de vacances en octobre comme je voulais (je précise qu’elles ne m’ont pas été refusées, c’est moi qui ai décidé de pas les poser, hein), ça va me faire trop de bien.



Allez les filles, on y va !

NB : Qui a essayé de se lécher le coude à la lecture de la phrase « on peut pas le faire »?

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Où trouver l’homme ? Episode 24 : au mariage

(Je rappelle à mon aimable lectorat et au taré qui m’insulte en faisant semblant de faire de grosses fôtes que ceci n’est qu’une
fiction. En vrai, je n’ai pas assisté à un mariage depuis 5 ans et ce serait bien qu’Anthony demande ma sœur en mariage pour que je fête au moins celui là.)

A la recherche du prince charmant

Un soir, rentrant du boulot, j’ouvre ma boîte aux lettres en miaulant. Non que je sois folle mais ma porte est face aux boîtes aux lettres et Kenya appelle des fois que la personne qui farfouille devant la porte soit moi donc je lui réponds joyeusement [ça, c’est vrai]. Tiens, une lettre qui n’est pas envoyée par EDF et consort, qu’est-ce que c’est ? Une invitation au mariage d’une vieille copine de lycée. Ah oui, c’est vrai qu’elle m’en avait parlé. Bon, je viens seule ou accompagnée ? A un mariage où je ne connais personne ? J’ai pas de compagnon sous la main… Donc seule.

Le mariage, ah le mariage, ressort essentiel à nombre de comédies romantiques. Hé oui, le grand classique, le héros ou l’héroïne doit assister au mariage de son ami et il/elle est seul(e) et un peu déprimé(e) mais pendant la cérémonie il/elle rencontre une charmante personne, ils se tournent autour pendant 1h30 à 2h de films et à la fin, le monsieur demande la demoiselle en mariage et tout le monde pleure. Souvent il pleut et l’héroïne a les cheveux mouillés mais elle a un maquillage magique : il coule, certes, mais fait un effet smoky eyes sexy. Alors que si elle avait été sous la pluie et misérable parce que son nouvel amour doit faire face aux obstacles, elle a du mascara plein les joues.

 

Donc le mariage semble être le bon plan idéal pour la drague mais moi, je ne suis pas vraiment convaincue. Si je regarde la liste des mariages où je suis allée, les célibataires se comptaient sur les doigts de la main d’autant que dans ses cas là, on essaie de venir accompagnée quoi qu’il arrive pour ne pas passer pour la célibataire de service et éviter les questions gênantes de tante Yvette qui nous demande où est notre fiancé. Moi aussi, je me pose la question tante Yvette, si tu savais…Sauf que le mariage ayant lieu en Bretagne, je trouve peu d’hommes motivés pour m’accompagner. Et je n’ose pas faire un faux coming out à un mariage où je ne connais personne. Surtout qu’il faut avouer qu’un mariage, il y a une chance sur deux qu’on s’ennuie à mourir.

Week-end du mariage. Voyons le positif, ça me fait deux jours loin de Paris, comme des vacances. Et…c’est tout. Je ne connais quasi personne à part la mariée, ses parents et sa sœur mais ils sont très occupés, c’est fou. Du coup, à la mairie, je me passionne pour le plafond de la pièce et pendant la messe, je réfléchis plus sur le bébé qui pleure qu’autre chose. Je sais pas si vous avez remarqué mais y a toujours un bébé qui pleure et qui crie durant toute la cérémonie ou des enfants turbulents qui n’ont pas très envie de rester assis une heure. Moi, j’ai passé l’âge de courir sur les bancs de l’église en piaillant, c’est bien dommage. Ca m’aurait occupé. Tiens, si j’édifiais une théorie sur le mariage pour mon blog ? Pourquoi c’est toujours long à mourir une cérémonie de mariage ? Pourquoi le sermon du prêtre est toujours très drôle ? Pourquoi je trouve toujours surréaliste qu’une personne qui a fait vœu de chasteté explique à un jeune couple qui a déjà visité le kamasutra comment ça marche l’amour entre deux êtres alors que ça lui est étranger ? C’est comme si j’allais expliquer la cuisine à Cyril Lignac.

Fin de la cérémonie. Le couple a choisi des chansons relativement sympa, j’ai quand même assisté à une cérémonie où la mariée rentrait sur du Johnny Hallyday [véridique]. Là, arrive le meilleur moment, je trouve, le jeter de confettis sur les mariés puis le défilé de voitures qui klaxonnent. Parce qu’après, arrive la torture des photos, ça prend des heures, c’est insupportable et en plus, là, il pleut. Mariage pluvieux, mariage heureux, dit-on pour consoler ceux qui n’ont pas bien choisi leur date. Le dernier mariage pluvieux auxquels mes parents ont assisté, ça a duré 6 mois [véridique], super. Et c’est parti pour les photos, les parents des mariés, la
famille de la dame, la famille du monsieur, les témoins, les cousins… Moi, j’arrive en toute fin, la photo des gens qu’on n’a pas pu caser ailleurs. On est une demi douzaine dans le cas, ceux qui ne sont pas de la famille et ne sont pas témoin. Mais… qui est donc ce charmant jeune homme là, sans fille ultra sapée et bronzée accrochée à son bras ? D’ailleurs, j’aimerais qu’on m’explique qui a décrété qu’il pleuvait tout le temps en Bretagne, elles sont toutes dorées alors que moi, je suis plus teint de bidet. Mais bon, on dirait qu’il est seul. Intéressant…

A suivre, bien entendu !

Pour le plaisir, la chanson de Johnny Halliday pour rentrer dans une église.

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L’amour, c’est une (sale) maladie

Aujourd’hui, j’avais prévu de vous parler de mon opération « abstinence active » (ou lesbianisme abstinent, pareil) mais je vais changer mon fusil d’épaule car je viens d’apprendre une nouvelle qui me laisse sans voix. Je discute avec Lucie sur MSN quand elle m’annonce une nouvelle terrible : Pierre et Luigi ne sont plus ensemble.

 

Laissez moi vous expliquer. Pierre et Luigi étaient ensemble depuis 3 ou 4 ans, ils me semblent qu’ils ont commencé à sortir ensemble quand je me suis séparée de Guillaume, ce qui correspondrait à l’été 2004. C’était le petit couple tranquille, uni, jamais de grosses disputes, de sales histoires, rien. Ce genre de couple qui fait vite référence et qui vous paraît indestructible. Bon, avec Guillaume, nous étions aussi la référence du couple qui ne se séparera jamais mais bon. Donc Pierre et Luigi, ils s’aimaient, ils ont même vécu ensemble. Cette année, ils se retrouvaient séparés géographiquement, l’un en région parisienne (Pierre), l’autre à Londres dans une école d’interprétariat (lequel est-ce ??). Avec Lucie, ça nous avait paru mieux qu’un Toulouse/Paris ou Londres donc pour nous, tout allait bien. Puis ils ont déjà été séparés puisque tous les étés Luigi retournait dans son île méditerranéenne.

Mais la semaine dernière, fin violente du rêve. Luigi envoie un mail à Pierre : « c’est fini ». Depuis, silence radio, il a changé tous ses mails et MSN. Au bout de
3 ou 4 ans ! Déjà, quand un mec me fait le coup du silence radio au bout d’une nuit, je râle mais là… C’est pire que tout. Comment peut-on se comporter avec autant de mépris avec celui qui a partagé notre vie pendant plusieurs années ? Ce n’est pas possible ! Lucie me raconte ça et les mots me manquent (pour une fois). J’ai beau tourner et retourner cette histoire, je ne comprends pas comment Luigi a pu agir ainsi, surtout que c’est à des millions d’années lumières de ce que je connaissais de lui.

Et puis y a Pierre, forcément dévasté. Imaginez le choc…Et là, ça m’énerve. Pierre me méritait vraiment pas ça. Personne ne mérite ça à moins de s’être comporté comme le pire des enfoirés (marche aussi au féminin). Déjà qu’en ce moment, l’amour n’a pas vraiment la  côte par chez moi, là, c’est un peu la goutte d’eau. Voilà un domaine où, décidément, rien n’est juste. Soyez aimant et attentionné, vous vous ferez largués comme une merde. J’avais lu y a quelques temps un article de Cosmo où des gens parlaient d’amour, je compte même en faire un article. Parmi toute cette guimauve sucrée sortait une phrase, une nana qui disait « moi, je croyais que l’amour se méritait, je faisais tout pour être la plus jolie, la plus gentille, la plus ci, la plus ça et j’ai compris que l’amour, ça ne se méritait pas, ça arrivait et c’est tout ». Pas faux. Je ferai un article plus développé sur le sujet d’ailleurs. Là, Pierre prouve hélas par A+B que
c’est carrément vrai. Pour Luigi, il a fait son coming out familial, ils vivaient ensemble, étaient très unis. Tant d’efforts jetés aux orties avec juste un mail… Et surtout, c’est sans appel : « non seulement je te quitte mais je coupe les ponts, ciao ! ». Et du coup, qui culpabilise, qui se sent responsable de cet échec ? Pierre. La victime de cette sale histoire n’a que ses yeux pour pleurer et va ruminer ça longtemps car il n’a pas eu d’explications et n’en aura jamais.

Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai vraiment été en colère et un peu désespérée. On nous apprend toute notre vie qu’il faut être quelqu’un de bien et que rien ne nous arrivera si on se conduit droitement. Que les gentils gagnent toujours parce qu’ils sont gentils, justement et que tout ce que tu donnes, on te le rendra à un moment ou à un autre. Et mon cul, c’est du poulet ? En amour, rien n’est moins vrai. Autour de moi, je vois des gens se comporter très mal, « maltraiter » leur moitié mais être heureux en couple car moitié en question subit sans rien dire. Trompe-moi à tout va, c’est pas grave… Le pire, c’est que j’avais tendance à penser que tout se paie un jour et qu’on ne peut pas se comporter comme la dernière des raclures sans passer un jour à la caisse. Ce soir, je doute…

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Tiens, si j’allais voir un psy ?

Quand je lis les littératures girlies pour les filles d’aujourd’hui (donc pour moi), je me rends compte que je suis loin du compte : a) je ne suis pas
dépressive car célibataire et à la recherche perpétuelle du prince charmant, b) je vais pas chez un psy. Ayant développé moult fois le a) dans d’autres articles, on va zapper, vous m’en 
voudrez pas, et passons au b). En gros : dois-je aller chez un psy pour être hype. Merci de continuer à lire l’article avant de m’insulter en comm.

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(c) José pour Pseudo-Sciences

Des gens qui vont chez le psy, j’en connais ou j’en eus connu. Pour certains, il y avait un vrai problème à régler genre mon cousin qui fait son coming out à 15 ans et qui a du mal à gérer tout ça, ma tante qui s’est retrouvée veuve à 38 ans avec trois enfants de 8 à 13 ans, des amis qui ont vécu des choses dramatiques (mais vraiment)… Bon, bref, cet
article ne vise pas à dire que les psys, ça sert juste à être à la mode, rassurons nous. Mais après, il y a des gens qui suivent une thérapie, je ne comprends pas bien pourquoi. Bien sûr que 
nous avons tous en nous une part sombre, un mal être, des névroses et compagnie. Des fois, quand j’entends certains me dire qu’ils vont consulter un psy pour X ou Y raisons, je souris poliment mais intérieurement, je ricane. Y en a qui n’ont vraiment rien d’autres à faire de leur vie que de dépenser des sous pour pouvoir dire « oui alors tu vois, mon psy… ». Bon, c’est sûr, du coup, on peut se faire plaindre « quoi, tu vas chez un psyyyyyyy ? Mais pourquoiiiiiiii ? » « Parce que petite, ma mère m’a mis une claque parce que je
lui avais piqué ses chaussures pour jouer et depuis, quand je vois des chaussures à talon rouge, je fais une crise de panique ». Ouais j’exagère. Mais franchement, aller chez un psy, 
j’ai parfois l’impression que c’est du parisianisme snob que ça n’en peut plus.

Il y a quelques temps, je me suis en effet posé la question. Disons que je suis quelqu’un d’assez fort mais j’ai une faille dans ma carapace, une faille très vite visible où les gens qui me veulent du mal tapent allègrement pour me blesser et ça fait très mal. Donc, en janvier, après qu’un ancien ami ait une fois de plus appuyé où ça faisait ma (et pas qu’un peu), je me dis que je devrais peut-être régler ce problème là. J’en parle à mon ex, Alex, qui me dit que si je ressens le besoin, pourquoi pas, mais que c’est pas forcément l’idée du siècle. Sab me dit la même chose : c’est pas tant un problème psychologique qu’un problème d’acceptation de moi et qu’il y a une technique genre acupuncture qui me permettrait
de digérer ça. C’est moins cher et moins dangereux. 

Moins dangereux ? Oui, c’est là où je veux en venir. Donc en janvier, je parle de ça à Mister Alex, lui expliquant que je crains un peu la psychothérapie (ou psychanalyse, je ne connais pas bien la différence). Pourquoi ? Parce que ça remue la merde, y compris celle qu’on n’avait pas vue. En gros, vous y allez pour un problème, ça vous colle une dizaine de névroses supplémentaires, vous en avez pour 10 ans et vous n’osez plus regarder votre papa dans les yeux parce qu’il paraît que vous n’avez pas résolu votre Œdipe et que c’est pour ça que vous faites tout pour ressembler à votre mère, votre « rivale ». Oui, je sais, je caricature. Il est vrai que j’ai des attitudes un peu bizarres, comme mon incapacité chronique à ignorer mes (petits) problèmes de santé plutôt que de les soigner parce que je me dois d’être toujours en bonne forme. En y réfléchissant toute seule de mon côté, j’ai une explication : petite, jusqu’à 7 ans à peu près, j’étais tout le temps malade. Une à deux fois par mois, je faisais de grosses fièvres genre 39 à 40°, gâchant à l’occasion les
vacances au ski de mes parents. Je suppose que quelque part, j’ai intégré que le fait d’être malade était « mal » et donc, que je devais toujours être en forme. Bon, rassurez-vous, 
je n’ai pas de gros problèmes de santé, je vais bien. Même très bien en ce moment, ça fait un moment que j’ai pas été malade, je touche du bois.

Bien sûr, en ce moment, je n’ai aucune raison d’aller voir un psy, je suis heureuse. Peu de nuages dans mon ciel, des trucs sans importance. Je me sens enfin être quelqu’un depuis que je bosse, une nouvelle moi, enfin adulte. Mais je reste exaspérée par le réflexe qu’ont certain d’aller chez un psy pour régler des trucs totalement insignifiants qu’on peut régler par soi même. Certains me répondront, peut-être, que ce que je dis vient du fait que je veux toujours être en bonne forme, je sais pas. Mais j’aimerais bien que certains prennent conscience qu’une psychothérapie/psychanalyse n’est pas qu’un truc à la mode pour faire chic et délicieusement névrosée comme Ally McBeal et je sais pas qui. Il y a des gens qui en ont vraiment besoin, je ne dirai jamais le contraire. Pour les autres, l’écriture d’un blog suffira amplement !

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Keep off wall

Par Gauthier

Bon ça fait un petit moment que je ne me suis pas épanché sur vos épaules. Alors comme la blogo-thérapie a remplacé la psychothérapie, on va m’analyser un peu… Il y a quelque temps, j’ai fait la plus grosse connerie de ma vie (non je ne parle pas du fait de coucher avec un séropositif, j’ai fait pire, sisisisi j’en suis capable). Pour celles et ceux qui lisent mon blog, j’en ai parlé .

Pour les autres, petit cours de rattrapage. Flashback, nous voilà en 2001.

Gauthier est à l’université depuis deux ans, c’est le printemps, il vient de décider de mettre un terme à son analyse. L’analyse, c’est quelque chose de merveilleux, de confortable, mais bon quand la psy vous raconte ses problèmes de famille, c’est qu’il est temps de voler par vos propres ailes ! Je suis rassuré sur mon orientation sexuelle, sur ma normalité, sur mes envies, sur mes besoins, je peux donc me plonger à corps perdu dans cette grande aventure qu’est la vie.
 

Je me souviendrais toujours de cette phrase que j’ai eue lors de mon dernier rendez-vous d’analyse « Tout va bien pour moi, il ne me manque plus qu’un homme à aimer ! ». J’aurais mieux fait de m’arracher un bras… 27 mars 2001, minuit passé, le téléphone sonne, je sors d’un spectacle au Zénith :

– Salut Gauthier, je vais chercher un mec pour aller boire un verre, tu viens?

– Dis donc toi, t’es pas maqué et fidèle ? Tu te fous de moi ? Fais demi-tour de suite, sinon je t’étripe ! (j’avais passé le week-end à l’écouter me parler de son merveilleux, son sublimissime mec dont il était éperdument amoureux, et il s’apprêtait à le tromper ? En me prenant pour couverture ? Mais ça va pas non ?)

Allez, viens avec moi, comme ça je serai sage…

Non, je rentre me coucher et toi aussi !

Putain, je le vois, il est trop trop trop beau, viens de suite, c’est un ordre !

Mais… (et il me raccroche au nez)

 

J’avais 19 ans, je croyais encore au principe de fidélité et d’amitié, je décide donc d’aller jouer les chaperons alors que je n’avais pas dormi plus de 4h dans la semaine. J’arrive dans notre bar, et je le vois. Nom de dieu… Mais il avait raison, il est trop beau ! En disant bonjour à mon pote, je lui annonce qu’il n’a pas de soucis à se faire, je repars avec le beau gosse, et lui il se masturbera en pensant à nos ébats, comme ça pas d’infidélité (je suis sympa comme pote, non ?).

 

Je fais connaissance avec le bellâtre, il se fait draguer par tous les mecs présents, je suis on ne peut plus pressant pour marquer mon territoire. Là je me souviendrais toujours de ce que m’a dit mon pote en le regardant :

 Ok là il est parfait, mais c’est le genre de mec, à 22/23 ans, qui aura du bide 
 Mais je m’en fou complètement de sa gueule dans 4 ans, je l’encule ce soir, et on en parle plus !

Mais on fond de moi ça ne se passait pas aussi bien. Il me sourit, je suis aux anges, il parle à un mec qui lui touche le bras, j’ai envie de tuer tout le monde. Mais pourquoi je réagis comme ça ? J’ai autant de mecs que je veux, et même plus, mais c’est celui-là que je veux. Un coup de foudre ? En tout cas, ça y ressemble…

 

On se sépare, je lui propose de prendre mon num, il est nouveau, on a le même âge, je lui propose d’être son guide dans la jungle de pédé-land. Il refuse poliment. Je suis tout triste quand je rentre chez moi… Je sais que je le reverrais jamais, j’insiste alors auprès de mon pote pour qu’il me file son tel, son mail, n’importe quoi qui me permette de le retrouver, mais ce gros chacal refuse, normal il veut se le faire…

 

Deux semaines plus tard, je me console dans les bras d’un autre homme depuis quelques jours, je suis sur le net. Un garçon vient me parler, c’est lui ! Putain je le crois pas ! Je le lâche pas, sur le net je suis beaucoup plus direct :

 – Tu m’as fait très forte impression, pourquoi tu as refusé mon numéro ?

 Je ne sais pas quelles sont tes intentions, et ça me gênait…

Alors je vais te le dire : tu m’épouses quand ?

  

 

S’en suivent des heures de dials, des coups de fils interminables, et enfin, le grand rendez-vous, le 29 avril (il m’aura fait courir celui-là !). On se fait un resto, on boit un verre, Lucie nous rejoint, on va en boîte, et enfin il se décide à m’embrasser. Grand moment épique ça aussi. Ça faisait quelques heures que je tendais des perches, et toutes sont passées au dessus, je commençais à me résigner, quand enfin, lâchant un merveilleux « tip top moumoute ! » il se jette sur mes lèvres ! Oui bon ok, ça mérite une explication. Cette expression débile, on la sortait tout le temps, et on l’a dite peut-être 200 fois dans la soirée, à un moment, je dis sur la piste de danse « alors les boîtes à pédés tu en penses quoi ? », réponse de l’intéressé « tip top moumoute ! »… Mais je vous jure que c’était vachement mignon sur le coup, bon ok il faut être moi pour voir le romantisme dans cette scène, mais bon… Bref, la suite est censurée, on s’est mutuellement violé sur les banquettes, Lucie a dû nous rappeler à l’ordre !

 

S’en est suivie une année très mouvementée. Deux fois je pris mon envol, une fois il fit ses bagages. J’avais peur, je pense, d’un amour possible, à 20 ans, on ne se rend pas compte. Et lui aussi ne savait pas comment gérer tout ça. On s’est fait du mal, je l’ai trompé (lui je ne sais pas, et je ne veux pas savoir). Et je suis toujours amoureux de lui, quatre ans après qu’il m’ait brisé le cœur.

 

Il a été le seul que j’ai vraiment présenté à mes parents (comprenez, le seul que j’ai invité à manger chez eux, ceux que ma mère croisait à mon bras à Carrefour, ça compte pas !), il était là pour mes 20 ans lors de mon coming-out définitif devant tous mes amis, il était là quand j’ai pris mon premier appartement, il est le seul garçon avec qui je suis parti en week-end, il est le seul que j’ai jamais aimé. Et je suis incapable de passer à autre chose. Pourquoi ?

 

Il m’a fui pendant 4 ans, et le mois dernier, on va boire un verre ensemble, comme on le fait deux fois par an à peu près, pour se raconter nos vies. Je reste dormir chez lui parce que j’ai loupé le dernier métro, et du coup on a le temps de parler, et surtout aucun des deux ne peut s’enfuir. Et là il vide son sac, pourquoi a-t-il gardé tout ça pour lui pendant quatre ans ? Pour pas me faire souffrir, mais surtout pour pas se faire souffrir, ne pas en parler ça aide à se persuader que c’est faux.

 

Résultats des courses : je l’aime, je veux revenir avec lui (de mon côté, vous remarquez que c’est plutôt clair !). Il a des sentiments pour moi, il n’arrive pas à passer à autre chose, les autres garçons ne l’intéressent pas, il ne se voit pas passer sa vie en couple, mais si ça doit se faire ça ne peut-être qu’avec moi, il a envie de vivre de façon plus consumériste (comme moi en gros : boire, sortir, baiser…), mais il en est incapable, mais il ne veut pas se mettre en couple pour la vie sans avoir fait ça avant, mais il ne sait pas si ça va marcher, mais il ne veut pas me faire souffrir, mais de toute façon il faut réessayer quand même sinon on ne s’en sortira pas, mais après bon dans 5 ans quand il va vouloir partir vivre en province moi je ne voudrais jamais le suivre, et puis il aime pas les chats, et puis il ne l’a toujours pas dit à sa mère (qu’il était pédé, pas qu’il aimait pas les chats, c’est bon vous suivez ?), et puis je suis grand, brun, avec une bonne situation en devenir, et puis je suis beau, et puis il m’embrasse et me demande de le serrer fort dans ses bras toute la nuit…

 

Vous avez compris quelque chose vous ? Moi j’ai du mal… Là il est parti en vacances, je vais passer deux mois sans le voir. La seule chose que je lui ai demandé, enfin les deux choses en fait, me donner des nouvelles, et répondre quand je l’appelle ou me rappeler dans les heures qui suivent, et ne pas me dire s’il touche un autre mec. Et on fait le point en septembre.

 

On s’est déjà engueulé parce qu’il me laisse 4 jours sans nouvelles (quoi psychopathe ? mais c’est juste que j’aime qu’on me réponde, surtout lui d’ailleurs), donc j’ai explosé, il m’a répondu « c’est comme ça et puis c’est tout ! ». J’ai pris ça pour un « tu m’saoule, bye ! », mais en fait pas du tout, il compte bien reprendre en septembre, sans me donner de nouvelles pendant deux mois.

 

Et je fais quoi moi ? J’ai pris une grande décision : je bois, je sors, je couche avec tout ce qui bouge, et si je suis encore en vie en septembre, il n’aura qu’à m’épouser, mais je garantis pas la gueule de la marié après 2 mois de débauche non-stop…

 

Programme du week end : trouver de la coc, trouver un mec, puis un autre, puis un autre… Vais pas me laisser emmerder parce que je suis amoureux d’un connard égoïste non ?

 

Gauthier part en vrille.

 

PS : selon lui l’égoïste dans l’histoire, c’est moi… ça s’annonce mal cette histoire !

PPS : Nina et moi en ce moment on a un grand délire sur les murs, vous savez ces murs qu’on voit arriver de loin, mais on fonce quand même dedans en dansant et en chantant. Heureusement que les copains sont là pour nous ramasser après. Donc là je fonce clairement dans un mur, nous sommes d’accord. Et hier j’ai acheté un tee-shirt « Keep off wall », ce qui signifie d’après un pote bilingue « Evitez le mur » ! Faut vraiment que je me remette à l’anglais…

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