Patong, le temple du vice thaïlandais

On associe souvent la Thaïlande à un pays très favorable au tourisme sexuel. Peu importe ce que tu as envie de te taper, sur place, tu as, il te suffit de sortir la monnaie. Dans ma petite tête, j’imaginais que ce marché de la luxure se faisait dans des quartiers interlopes, loin de la lumière des quartiers touristiques. Oui, je sais, je suis naïve.

Premier soir, on dîne et on nous propose d’aller à Patong le lendemain. Anaïs et moi sommes enthousiastes, prêtes à accepter toutes les excursions du moment que ça nous fait “voir du pays” (parce que dans l’hôtel, on voit pas grand chose). Le samedi soir, nous voici donc 6 à filer vers Patong : Anaïs et moi, donc, Marine brune et Jeff, Matteo et Fabrice. Déjà, ambiance, notre guide (qui ne fait que nous laisser là-bas sans se joindre à nous) nous répète à plusieurs reprises, à Anaïs et moi, de pas rester seules. Youhou… On y retournera tous le samedi suivant.

Il nous laisse à l’entrée d’une rue piétonne et de suite, ton corps part en vrille : tu perds 3 dizièmes à chaque oeil et la moitié de ton audition entre les néons aveuglants et la musique techno-dance à fond les ballons. Du bruit, de la fureur, la chaleur moite, la foule qui monte et descend, des Thaï qui te sautent dessus tous les deux mètres pour te proposer des shows à caractère sexuels ou les merdasses clignotantes que tu envoies en l’air, les mêmes qu’à Paris sur le Trocadéro ou devant le Sacré Coeur.

D’abord, tu ris de l’ambiance kitsch du lieu, de ces immenses bâtisses parées de néons et de sculptures en tuc, tu ne vois que les trucs pour gentils touristes comme la fish pédicure, tentée par Marine brune et Céline (certainement pas par moi, du fait de ma podophobie), les jeux étranges qui fleurent au coin des bars comme le bon vieux puissance 4 ou ces énormes troncs d’arbre sur lesquels on plante des clous. Comme à Fort Boyard, oui. Tu passes devant des bars où des groupes Thaï chantent, pas toujours juste, voire même carrément faux, du Shakira ou du Metallica. Tu découvres même un petit autel bouddhiste, la longue file des Tuk tuk.

Et puis le stupre commence à te piquer les narines. Tu comprends que la bouillie verbale que te servent tous les Thaï qui t’abordent dans la rue signifie “ping pong show”. Si tu as vu Priscilla Folle du désert et/ou le film South Park, tu sais de quoi je parle. Pour les autres, ce spectacle d’un rare raffinement consiste à se placer des balles dans le vagin et les expulser en le contractant. D’après un de mes encadrants de plongée (à Paris), il y a des spectacles à base de sarbacane dans le vagin qui éteignent des bougies ou des poissons vivants enfilés là-dedans et qui sont expulsés dans un bocal.

Puis tu vois les femmes, partout, qui se dandinent autour de barres de pole dance devant des écrans géants diffusant du foot ou seules dans des vitrines. Poses suggestives, elles se jettent sur tout Occidental s’aventurant près d’elles. Puis tu vois les autres, celles qui racolent dans la rue et ont l’air d’avoir 15 ans. Sans doute ont-elles réellement cet âge là d’ailleurs. Pendant que je bois mon cocktail trop sucré, je vois les va et vient, cette jeune prostituée qui semble flirter avec un Occidental, un badinage amoureux comme on en voit tant mais tu sais que ce n’est pas ça, elle rejette finalement le gars : il ne proposait pas assez. Elle partira avec un autre, l’entraînant avec assurance vers un lieu plus intime. A côté, une autre passe au bureau de change, elle a dû être payée en euros, roubles ou dollars australiens. Dans la rue, tu ne vois plus que ces prostituées, femmes ou hommes grimés en femmes, les fameux lady boys. Tu vois aussi une foule de jeunes Occidentaux complètement défoncés, certains flottant au bord du coma éthylique. Le malaise commence à devenir palpable. Et là, un gamin de 7-8 ans vient de proposer des conneries qui clignotent.

Au loin, tu vois ce qui semble être des flics. Alors tout ceci est normal, légal. Les gamines de 15 ans qui tapinent ont un air prétentieux, un gras chauve d’une cinquantaine d’années fend la foule avec une certaine agressivité en traînant derrière lui une de ces ados qu’on se paye pour quelques baths. Les clients sont de tout âge et de toute nationalité. Un peu comme la fish pedicure, la pute thaïlandaise semble un incontournable.

Le lendemain, alors que nous faisions un tour dans le vieux Phuket avec notre responsable, je lui dis que je trouve ce tour intéressant, que j’ai l’impression de voir enfin la Thaïlande. Et il me répond : “oui, je veux montrer aux gens que la Thaïlande, c’est pas que l’alcool et les putes”. Je suis pas sûre que ce soit clair pour tout le monde. Bref, Patong, c’est à voir juste pour comprendre que oui, ça existe et que même en étant ouvert d’esprit, ça met franchement mal à l’aise. A la fin, t’as juste envie de partir de là, de ne plus être la complice passive de ce bordel. Tu jettes un dernier coup d’oeil à la fille qui danse mollement dans sa vitrine. Et tu prends dans la gueule tout ce tourisme que tu exècres mais auquel tu as participé. Même si à Patong, t’es pas obligé d’aller dans un bar aux filles qui dansent ou de te payer une ado…

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Les mystères de l’amour : Hélène et les garçons reloaded

Vous connaissez mon merveilleux penchant pour la merdophagie avec, en tête de rayon, les séries AB et plus précisément Hélène et les garçons et ses suites car les autres séries sont quand même assez fatigantes même pour moi. Donc j’attendais avec “impatience” (tout est relatif, j’ai quand même des choses beaucoup plus intéressantes dans ma vie) le nouvel opus : les mystères de l’amour.

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 Dans la dernière saison des Vacances de l’amour, tout le monde vivait sur Love Island et tous les anciens couples s’étaient reformés dans un final à vomir tant il était sucré. On les retrouve 5 ans plus tard, noyés dans une crise de la pré quarantaine. José et Bénédicte sont propriétaire d’un restaurant sur l’Ile de la Jatte (je suppose qu’ils ont dû toucher un énorme héritage au vu du prix du mètre carré sur l’Ile), Nicolas est devenu photographe et vit sur une péniche, Christian musicien raté et alcoolique, Lalie journaliste people… Bon, bref, comme d’hab, ils ont passé leur post adolescence à sécher les cours à la fac mais ils ont tous des carrières très…hétéroclites on va dire. Après tout, faut voir, peut-être que sur un coup de bol, je peux aussi devenir photographe sur péniche demain, j’ai déjà deux appareils photos alors hein… On nous donne quelques nouveaux aussi : Angèle, l’adorable, cucul et terriblement neuneu copine de Christian qui se pâme d’amour pour lui et lui pardonne toujours tout. Même quand elle le trouve évanoui par terre parce qu’il s’est foutu une cuite, elle fait “oh mais Christian je t’aime!”. Notons cependant qu’Angèle a une peau sublime. Puis y a Ingrid, la nouvelle copine de Nicolas qui parle avec son nez pour faire femme de pouvoir et qui tient un club un peu coquin où les serveuses sont peu vêtues mais c’est tout ce qu’on a noté de sexy dans ledit club (où travaille Angèle pour donner des sous à Christian). Enfin, y a de la prostitution aussi Mais vu qu’Ingrid est jouée par la nana qui a toujours joué les salopes dans l’univers AB, on se doute qu’elle n’est pas toute innocente.

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Bref, ça repart sur le retour de Jeanne que tout le monde croyait morte dans un accident d’avion. Mais comme toujours, Jeanne est toujours poursuivie par des méchants, en cavale car elle s’est échappée de prison parce qu’on l’accuse d’avoir tué son demi-frère mais c’est trop pas vrai. Bon, du coup, une partie de l’intrigue tourne autour de la cavale de Jeanne et des vilains Colombiens qui veulent la tuer et enlèvent tout le monde (Olga enceinte jusqu’aux yeux qui dégage dès le 3e épisode d’ailleurs et ne revient à la fin que pour se taper un jeunot, elle ne servait qu’à ça puis Ingrid qui passe du coup son temps à baiser avec le méchant Colombien en simulant des viols). Parallèlement à ça, y a des histoires de coeur un peu chiantes avec Christian-Angèle qui n’est qu’un éternel “oh Angèle, je suis trop bien pour toi, je te mérite pas. – Mais si Christian – Mais pourquoi es-tu si adorable ? – Mais parce que je t’aiiiiiiiime”. On dit toujours beaucoup je t’aime, Bénédicte roule une pelle à un petit jeune absolument insupportable à mon avis, ils se disent de suite “je t’aime”. La chance. Nous avons aussi la crise José-Bénédicte, rien de très neuf, ils se trompent, ils s’engueulent.

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Globalement, je suis dubitative. Très. D’abord, ça fait un peu mal de voir certains acteurs s’être pris un coup de vieux. Nicolas vire bedonnant (mais pourquoi a-t-il passé le premier épisode à se balader torse nu ?), Eve Watson semble avoir abusé de la cortisone. José par contre devient de plus en plus charmant (enfin, l’acteur, son personnage reste toujours aussi creux à base de “je suis un con, je vais me rattraper et faire un bébé à Béné”), Bénédicte a trouvé la fontaine de jouvence et Lalie est devenue sacrément charmante. Mais bon, la pré-quarantaine, c’est moche au pays d’AB : Bénédicte ne parle que de sa future ménopause, José se teint les cheveux, les jeunes de 25 ans sont méchants et tous les mecs de la bande sont alcooliques même si seul Christian le reconnaît. Non parce que les ¾ des scènes tournent autour d’un verre partagé entre potes. “Tiens, allez, une petite dernière”. Ils doivent écluser une bouteille chacun par soir, tout va bien.


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Puis l’histoire est mal ficelée, y a de gros problèmes de temps. Y a une journée qui n’en finit jamais, c’est le matin, le soir, l’après-midi, le soir, le matin, l’après midi, on ne sait plus où on en est, surtout que Béné dresse trois fois les tables pour le service du soir. En même temps, Béné passe l’essentiel de la série à mettre la table et à baiser avec son petit jeune. A ce sujet, jamais nous n’avons autant senti les premières amours d’Azoulay : l’écriture de films érotiques. On caresse du doigt le thème de la bisexualité (toujours entre femmes, faut pas déconner non plus) : Ingrid embrasse Angèle et on apprend qu’elle couche avec ses employées. D’ailleurs, on a droit à une scène hallucinante où Ingrid se fait masser par une de ses filles “mmm, vas-y, plus fort, plus bas, c’est bon, mmmm!”. Employées qui au passage se prostituent et couchent aussi gratos avec le mec d’Ingrid si elle leur demande.. Lalie et Jimmy (oh le couple improbable) caressent du doigt le sado masochisme mais s’arrêtent aux menottes. Seuls Nicolas et Jeanne semblent se faire chier au lit et Hélène qui, comme d’hab, n’a pas de sexe.
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 Une saison 2 est en route, elle sera plus romancée et moins polar et surtout moins sexuée, les gens ont été un peu choqués (??). En fait, je crois qu’on touche là le vrai problème de la série : on ne sait pas ce que c’est. On passe d’une scène avec drogue et flingues à une scène neuneu où on se dit je t’aime avant de voir une femme prendre son pied lors d’un massage. Une bluette érotico-policière, c’est un hybride un peu trop mutant pour être honnête.
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Le témoin amoureux


Depuis le temps que F nous en parlait, Vicky et moi avons donc décidé de poursuivre notre marathon du nanard par Le témoin amoureux. Oui, je suis une meilleure amie de rêve, je vous impose mes lubies, adoptez moi comme copine.  Bref, lancez le Témoin amoureux, c’est parti !


Alors en fait, ce film, je l’avais dans le collimateur depuis sa sortie, j’avais vu la bande-annonce et je m’étais dit « oh mon Dieu, un mélange du mariage de mon meilleur ami et de Mon beau-père et moi qui est le film le plus lamentable qu’il m’ait été donné de regarder ». Tellement que j’hésite sérieusement à le revoir parce que ça ferait certes un article sympa pour cette rubrique mais c’est une torture pour tout esprit clair. Ou relativement éloigné du coma éthylique ou médicamenteux. Parce que dans la bande-annonce du témoin amoureux, on voyait Patrick Dempsey qui me fait à peu près aucun effet être supra lourd parce que comme tous les boulets cinématographiques, il se rend compte qu’il est amoureux d’une femme quand celle-ci lui annonce qu’elle en aime un autre. Ceci étant, y en a des comme ça dans la vie aussi.


Bon, je vous résume : Patrick est amoureux d’Anna mais en fait, il met 10 ans à s’en rendre compte (boulet, donc) et justement, quand il veut lui dire, cette nigaude rencontre un Ecossais et décide de se marier avec lui au bout de 2 mois. Oui, ils avaient pas le budget pour une trilogie. Donc Patrick il fait « oh non, bouh ! Il faut que je lui dise ». Sauf que Anna, comme elle l’aime fort son Patounet, elle le prend comme témoin avec trois autres nanas dont une blonde ex de Patounet qui est joué par toujours la même nana vue dans Urgences ou Dawson. Vous savez, celle qui s’habille en 34 alors qu’elle fait du 38 et à chaque fois que je la vois, je m’arrête automatiquement de respirer tellement j’ai l’impression que toutes ses fringues vont exploser. Bref, voilà donc Pat’ qui doit organiser le mariage de sa chère Anna tout en la dégoûtant de son futur mari de façon un minimum subtile et de supporter la blonde qui va péter son chemisier. Les deux autres demoiselles d’honneur ne servent à rien à part la grosse qui prétend pouvoir rentrer dans du 36 le jour du mariage en ne se nourrissant que de milk shakes diététiques. Ceci étant, ayant travaillé sur des forums féminins, je peux vous garantir que chaque mariage engendre son lot de « je fais du 44, il faut que je perde 3 tailles en 15 jours pour le mariage pour être sublime sur les photos ».


Donc au vu de ce pitch, je m’attendais à de la merde en barre d’autant que le film reposait sur le charme de Patrick Dempsey qui, pour moi, n’en n’a pas une once. Même dans « Il était une fois » que j’ai trop adoré, je le trouvais moche. Donc, voilà, je n’aime pas les comédies romantiques et le prince de service ne me plaît pas, me voilà mal barrée.


Et j’ai été déçue. Je m’attendais à dégainer ma plume la plus acide et acérée et en fait, je vous le confesse : j’ai relativement bien aimé. Evidemment que le scénario est convenu, les rebondissements visibles 15 mn avant facile mais y a quelque chose de sympa dans le film, finalement. Un petit côté qui fait dire que l’équipe ne s’est pas trop prise au sérieux, que le but est de divertir, pas de faire vendre des kleenex aux nanas hypra romantiques. Donc même si ça ne restera pas mon film préféré de la vie et que j’en ai déjà oublié pas mal de passages, finalement, si une de vos amies vous harcèle pour une soirée comédie romantique, choisissez ce film là. Vous vous en tirerez drôlement mieux qu’avec n’importe quelle comédie romantique avec Meg Ryan dedans.

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Et ce que je craignais arriva… et en fait, c’était pas si mal

Avant de commencer cet article, sacrifions nous à la tradition du 01 janvier, premier jour de l’année et sans doute le plus inutile, le temps qu’on sorte tous de nos comas éthyliques : Bonne année ! Amour, santé, prospérité, travail, famille, (non, pas patrie, c’est pas chez Pétain ici) tout ce que vous voulez. Pour ma part, je fonde de grands espoirs sur 2009, j’en parlerai une autre fois.


Pendant longtemps, j’ai cru que le comble de l’infamie et de la honte sociale était de ne rien faire un soir de réveillon. Si tu ne fais rien un soir de réveillon, c’est que tu es socialement exclu, personne n’a voulu de toi, en gros. Et pourtant, cette année, je fus seule moi aussi, pour le 31. Non que je n’ai pas d’amis qui auraient été ravis de le fêter avec moi, c’est pire : je suis malade. Une bonne vieille grippe qui semblait m’avoir un peu lâchée hier mais qui est revenu à fond aujourd’hui, alors que je dois ranger mon appart pour plausiblement accueillir mon lit samedi (ahahah !). Je crois surtout que je vais me rallonger avec un lait chaud.


Bref, hier après-midi, après une réunion au sommet avec Vicky, on décide qu’il est plus raisonnable de ne rien faire, on se fera un repas plus tard pour rattraper le coup. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut se laisser abattre. Etat du frigo : vide. Ok, let’s go. Je m’habille, vais à la Poste qui était fermée parce qu’on est le 31 (qu’ils ferment plus tôt, je veux bien mais 14h, c’est pas vraiment trop tôt ?) puis je me rends chez Picard dit « la Nouvelle Pologne ». Je choisis viteuf de quoi manger et après une queue finalement assez rapide, me voici au Monoprix pour la petite bouteille de champagne (quand même) et des courses de tous les jours. Alors, je vous l’annonce, je vis à côté du meilleur Monoprix du monde : il n’y avait pas de citron. Ni de poche solide vu que la mienne s’est rompue dans le hall de l’immeuble et, curieusement, c’était pas la poche où se trouvait la bouteille de champ. Par contre, j’ai bien remarqué que pendant que je ramassais, un de mes voisins est allé voir son courrier et m’a ignoré ostensiblement et il me semble en plus que c’est mon voisin direct que je trouvais déjà mal aimable.

Bref, après une virée à une Franprix que je viens de découvrir où ils sont aimables (comme quoi), me voici chez moi pour mon petit réveillon. Après avoir trafiqué sur mon ordi, j’ai mangé en regardant des films téléchargés, pause à minuit pour les vœux et c’est reparti jusqu’à 3h30.


Et bien vous savez quoi ? En fait, ne rien faire le 31 décembre au soir n’a aucune espèce d’importance. Quand je me remémore certains réveillons où j’avais voulu que mon esprit sorte de mon corps pour partir de là, je me dis que parfois, passer une soirée peinard entre soi et soi n’est pas si mal. De toute façon, dès le départ, j’avais pas trop le cœur à faire la fête ou autre donc finalement, c’était une bonne année pour tenter le réveillon solo. Je me rattraperai l’an prochain !

Voilà, j’ai survécu à un 31 décembre seule. Par contre, là, j’aimerais un massage car mon dos est en train de mourir.

Une dernière fois : Bonne année à tous, que 2009 soit aussi belle que dans mes espoirs les plus fous.

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Etre professionnelle avec le nez qui coule

Ceci n’est pas vraiment un article parce que voilà où j’en suis : 0h22, mon cerveau a dû se liquéfier et me sort par le nez, mes sinus grincent, ma mâchoire est bloquée, mes yeux pleurent, je suis au bord du coma éthylique grâce à un grog maison hypra corsé. Hé oui, vive les allergies. Du coup, je ne suis pas en état de faire un article avec un minimum de réflexion, je vais donc faire un mini vécu prospectif. Et essayer de parler français.


Lundi matin, j’arrive au boulot, la tête qui pèse 100 tonnes. But de la journée : faire le minimum vital et tenir au moins jusqu’à 18h. 10h30, par là, téléphone qui sonne.

« Allo ?

– Heu Nina ?

– Oui ?

– Bonjour, je suis une chroniqueuse dans une émission télé quotidienne et que même mon nom, tu le connais… [bref, elle se présente mais je vais pas dire qui c’est]

– Heu… Oui ? »

C’est une blague ? Ils n’ont que ça à foutre les gens ou quoi ?

« Louise vous a prévenue ?

– Non, je ne sais donc pas du tout pourquoi vous m’appelez, hihi. »

Ouais, je me la joue tu m’impressionnes pas. Bon, en gros, elle va tenir un blog sur TMF.com et elle a besoin d’une formation. Rendez-vous est pris pour ce matin, 11h. Dans 10h30, à peu près. Et j’ai mal partout, j’ai des crises d’éternuements, je suis pas bien du tout…

Alors je me demande si éternuer sur une chroniqueuse télé, ça peut nuire à ma carrière. Bon ok, j’exagère, on a tous le droit d’être malade mais faut comprendre que ce genre de formation, ça permet de rappeler que je suis super compétente, qu’on ne me paie pas pour rien… En général, c’est toujours là que la personne que je forme me trouve très sympathique et disponible et que je marque des points. Là, je me dis que j’ai au moins une bonne raison de ne pas rester au lit demain à agoniser de mes allergies mais je sens que je vais pas être au top. Mais je vais essayer. Déjà, faut pas que j’oublie d’enlever la carte postale que m’avait envoyée Vicky d’Australie et qui trône sur mon bureau : c’est un mec à poil « great beaches, great views ». Les fesses rebondies, moi, ça m’a toujours émue. Mais ça fait pas hyper pro, quand même…

Au moins, je pourrai dire que j’ai éternué sur une « star » de la télé, c’est pas donné à tout le monde.

Bon, douche et dodo, je suis morte. Si toi aussi, tu souffres d’allergies, t’as le droit de râler en comm. C’est open aujourd’hui.

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Plan de quartier

Par Bobby
 

Le deuxième semestre commence, j’ai gonflé mon emploi du temps à bloc (12 cours au lieu de 5, c’est à dire 36h par semaine, ce qui me vaut les regards étonnés de mes petits
camarades sortant tout juste du bac ; oui parce que je t’explique, après deux ans d’égarement -prépa + fac de philo- j’ai recommencé à zéro ; et donc, qu’on puisse aimer étudier, les boutonneux de 17-18 ans, ça les épate) et, forcément, je commence à fatiguer au bout d’une semaine et demi. D’autant que le soir je mène ma petite vie de débauche, du coup ça n’arrange rien. Si tu connaissais la musique stupide de mon réveil, cher lecteur, genre je suis une mélodie douce mais super agaçante, tu la haïrais tout comme moi.

[note à moi-même : sur les conseils avisés de Tante Summer, ne pas oublier que je n’ai plus le droit d’insulter ni d’emmerder le lecteur]

Bref, surmenage rapide (parce qu’en plus de ça j’ai tourné un court métrage en province, j’en prépare un autre sur Paris, je gère mon propre site et j’essaye de finir mon bouquin
tout en cherchant un éditeur, sans compter les 2h de métro minimum chaque jour), et voilà que les maladies reviennent à l’assaut de ce pauvre organisme fragilisé. Mon médecin m’a dit que si je continuais à faire des angines, on allait m’enlever les amygdales. Du coup je les aies engueulées, ces connes : arrêtez de chopper des conneries où sinon vous allez jarter et ça va pas être une partie de plaisir, ni pour vous, ni pour moi. Ceux qui chouignent parce qu’ils vont se faire retirer les dents de sagesse me font bien rire, maintenant.

Longue introduction, donc, pour te dire que j’entame cette article en buvant un efferalgan corsé (oui, je mets très peu d’eau, le goût est plus dégueulasse mais y en a moins à
boire, chacun ses petits trucs). Pour me donner du courage, je me suis promis un cran de chocolat à la tarte citron meringuée (oui oui, c’est une véritable tuerie, la tablette est un cadeau de maman ce weekend à l’occasion de mon retour momentané en province parmi d’autres victuailles  – à ce propos, il faudra que je pense à te parler du chaos familial qui règne chez eux depuis mon départ en octobre dernier), dans la vie il faut savoir se faire plaisir.

Si je m’accorde le droit à une page de traitement de texte, et une seule, pour chaque article, ça signifie qu’il me reste moins d’une demi-page pour te dresser, cher lecteur, un
petit panorama de mon quartier. Parce que le milieu naturel d’un vingtenaire, c’est rudement important.

Commençons par les voisins les plus proches : sur le palier d’en face, un mystérieux LE PORC, jeune homme invisible qui, lorsqu’après mon arrivée j’ai frappé à toutes les portes
de l’étage pour quémander une connection internet (sans laquelle je ne saurais vivre), m’a reçu en peignoir à 16h, genre en plein plan cul. A côté de chez lui, un vieil homo, ancien styliste, m’a aidé à recharger mon portable pour que j’appelle mes parents lorsque EDF m’a coupé l’électricité (je ne payais pas les factures, forcément). Même qu’il m’a raconté les différentes morts ayant eu lieu dans l’immeuble : une fille qui s’est jetée par la fenêtre au 4e, après quoi sa mère venait chaque jour hanter les escaliers en hurlant de désespoir, et un type, à deux portes de chez moi, qui est mort chez lui après un coma éthylique et s’est décomposé dans sa moquette (qu’il a fallu découper autour de lui pour emmener le corps). Ensuite, vient le personnage le plus intéressant : Ungoliant*, ma voisine du dessous. Le jour de mon emménagement, elle est venue frapper chez moi en menaçant d’appeler la police si le « bordel » ne cessait pas immédiatement (il était 19h, et j’installais mon clic-clac, honte à moi et à mon manque de respect d’autrui). Depuis, elle et moi, c’est une guerre sans merci. J’en reparlerai ultérieurement.

Descendons quelques étages. Il y a un type au premier, genre hacker japonais, qui se promène en robe de chambre et en fumant lentement, très étrange. Ensuite, dans la rue, un traiteur chinois tenu par toute une famille (père, mère, fils -fort mignon-, et fille, et depuis peu le bébé de cette dernière). Eux ils sont hyper-polis. Pas chaleureux du tout, non, polis. On est là pour payer, manger, et partir. Avec le sourire.

[deuxième note à moi-même : une seule page de traitement de texte ne suffira pas…]

Un peu plus loin, la boulangerie. Ma boulangère est une petite grosse aux cheveux rouges, complètement folle à force de vendre du pain et des croissants. Exemple d’un de ses
monologues : « Oui ? Oui ? Bon-bonjour ? C’est ? C’est pour ? Un ? Un croissant aux amandes ? Alors, oui. Oui. Un croi-ssant. Aux a-mandes. Oui. Un, oui, c’est tout ? Un croi- donc oui. 1 euro 20. Oui voi-là. C’est – ça. Oui, au re-voir. Oui. » Je me mords les lèvres jusqu’au sang pour ne pas éclater de rire devant elle. Un peu plus loin encore, enfin, on trouve la pharmacie, tenue par un grand black de plus de deux mètres, qui parle avec une voix à la fois douce et flippante.

Bref, encore une fois, j’évolue parmis des dingues. Il n’y a qu’ici que je me sens bien, dans mon élément.

Au prochain épisode, je vous en dirai plus sur l’avancée de ma bataille de drague à l’égard du sosie blond de Louis Garrel qui est dans ma promo et si, oui ou non, il finira dans
mon lit (pour l’instant, j’ai son numéro, c’est déjà ça).

*Ungoliant : dans les écrits de Tolkien (Le Seigneur des Anneaux), il s’agit d’une araignée mythique géante issue des ténèbres. Or ma voisine lui ressemble étrangement…

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Be corporate, be drunk

Hier soir, nous avons eu droit au grand raout annuel de la boîte pour Noël. Champagne et petits fours au menu. Et comme toujours dans ce genre de soirée, c’est surtout beaucoup de champagne épongés par 3 petits fours et demi. En gros, on finit tous morts saouls, certains se mélangeant même un peu à d’autres. Mais pas moi, hein, je précise, l’alcool me rend autiste.



Donc hier soir, fiesta, on s’amuse, on rigole. A un moment, quand il est l’heure de commencer à danser, Philippe m’entoure l’épaule avec son bras et me fait :
« c’est dans ces moments là que tu te dis que tu l’aimes ta boîte ! ». Et le pire, c’est que c’est vrai. Au milieu de l’euphorie alcoolisée, tu te dis qu’ils sont vraiment supers
tes collègues et que t’as de la chance de bosser avec des gens aussi sympas et que la vie est belle. Bon, évidemment, le lendemain, tu n’es pas au top de ton rendement mais à côté de ça, tu as approfondi tes rapports avec tes collègues (sans sous entendu) et tu n’as pas envie de quitter la boîte, même si tu trouves que tu mérites un salaire plus élevé.


Certains considèrent ce genre d’happening comme futiles mais je crois qu’on sous estime le pouvoir de la fête dans le sentiment d’appartenance à une boîte. On passe entre 8 et 10h par jour avec des personnes à se parler projets, travail, et le connard du service d’à côté qui fait pas son travail, et ça qui marche pas, et les réunions… Donc de temps en temps, ça fait aussi du bien de se voir dans un cadre plus détendu et de ne pas parler boulot, juste boire un verre, rire et s’assurer que les autres sont plus bourrés que vous, histoire que tout le monde oublie.


Evidemment, même si le cadre est festif et les gens globalement saouls, il est important de ne pas trop faire de conneries non plus. S’il est admis qu’on soit un peu trouble, qu’on danse comme si on allait mourir demain, qu’on se donne de gentilles accolades car l’alcool rend affectueux ou qu’on oublie que danser avec une coupe de champagne arrose les voisins, il n’est pas super conseillé de faire un coma éthylique, de tomber tant que le big boss est encore dans la pièce (sauf si le sol est glissant mais il faut arriver à dire « oh, c’est une vraie patinoire ici » de façon claire et sans fautes), de rouler des pelles à des gens, surtout quand votre légitime vous attend gentiment à la maison, de s’envoyer en l’air dans les toilettes. Et danser à moitié nue sur la table n’est pas très conseillé, pas plus que de ne pas boire du tout et tenir la jambe à big boss toute la soirée pour lui expliquer que là, quand même, si on mettait plus de moyen sur tel projet, alors… Si on peut sortir avec un collègue de boulot, pour vivre heureux, vivez cachés, pas de chopage apparent, j’insiste.


Mais quand même, ce genre de soirées donne le peps et l’envie de travailler ensemble (sauf si vous avez chopé la cible de votre collègue pendant ladite soirée) et une appréciation plus élevée de votre entreprise. Même si la réalité reprend très vite le dessus. D’ailleurs, j’y vais parce que malgré le mal de tête persistant, j’ai du boulot.

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Et toi, tu fais quoi le 31 ?

Article anachronique puisque là, je te parle de la soirée d’hier de façon prospective. Donc, je débute un article par une phrase qui ne veut rien dire et pour me rattraper, lecteur, lectrice, je te souhaite de tout cœur une

 
BONNE ANNEE 2008 !!!
 
2008 sera sweet, je le prophétise.
 

Donc, le 31, revenons-y, le réveillon. Il y a différents styles de réveillons : le réveillon en famille, le réveillon entre amis version petit, moyen ou grand comité, le réveillon « mêlons nous à des inconnus en boîte ou, subversivité ultime, sur les Champs » ou encore le réveillon « j’étais tellement pétée qu’à minuit, j’étais déjà dans un coma éthylique ». Cette année, pour moi, ce fut réveillon en petit comité avec Vicky et sa best. En même temps, au moment où j’écris cette phrase, il est 15h03 le 31 décembre… Donc là, dans cet article, je vais pas vous raconter mon réveillon vu que je l’ai pas encore vécu. Non, je vais vous parler de la pression du réveillon.

Dans notre vie sociale, je vois deux grosses pressions annuelles : le réveillon et la St Valentin. C’est-à-dire les jours où c’est la loose de ne pas avoir et de chéri pour faire des bisous et des soirées prévues. Bon, moi, j’ai été en couple pendant 4 ans et demi et j’ai jamais fêté la St Valentin donc je peux légitimement dire sans passer pour l’aigrie frustrée de service que je m’en fous royalement, de la St Valentin. Par contre, il semble socialement inadmissible de ne rien faire pour le réveillon. Si tu fais rien, c’est que t’as pas d’amis, CQFD. Donc, aux abords du mois de décembre, on sent que ça commence à s’angoisser dans les chaumières : mais que va-t-on faire le 31 ? Les plus populaires d’entre nous ont plusieurs pistes et il va falloir choisir. D’autres savent avec qui, reste à savoir où. Les couples hésitent : avec tes amis ou les miens ? Et il y a ceux qui n’ont rien de rien, pas l’ombre d’une invitation, et qui commencent à paniquer. Vite appeler ses amis pour tenter une incruste quelque part, se dégoter un bon plan ! On ne peut pas commencer l’année seul(e) quand même, ça n’aurait pas de sens.

Et après tout, pourquoi pas ? C’est le soir à pas être seul mais, si, au fond, on a envie de passer la soirée du 31 tranquille chez soi, est-ce vraiment un mal ? Entre une soirée où on ne connaît personne et où tout le monde est torché à 23 heures, à entendre dix fois la même blague sur les blondes ou l’analyse du championnat de France de foot où la seule chose à retenir, c’est que Lyon est toujours en tête et une soirée à se cocooner tranquille chez soi, entre un bain et une petite coupe de champagne, pour le style, quel mal y a-t-il à choisir la
seconde solution. Là encore, si on crie haut et fort qu’on fait le réveillon tout seul et qu’on en est très content, c’est comme quand on dit qu’on s’en fout de la St Valentin, on est soupçonné de mauvaise foi. Il faut réveillonner, il faut en foutre plein la vue aux autres avec nos réveillons somptueux avec 150 invités et notre robe créateur Chloé et nos Manholo Blanik au pied. Genre, on a dépensé 500 euros dans une tenue qu’on ne mettra qu’une fois dans sa vie. Et puis même s’il est acquis que le 1er janvier est une journée qui ne sert à rien, ce n’est pas la peine de commencer l’année avec la gueule de bois. Ca, je peux le faire tous les dimanches, si je veux, c’est pas hyper excitant.

L’an dernier, j’ai passé un réveillon calme, ce sera sans doute pareil cette année. Et franchement, j’en suis la première ravie. Bien sûr que refaire le monde en bonne compagnie autour d’un verre de vin et d’un bon gueuleton, je peux le faire toute l’année. Mais tu vois lecteur, je me suis rendue compte que mes réveillons étaient souvent symboliques de l’année qui vient. En gros, réveillon merdique, année pourrie. Quoique le réveillon 2005-2006 fut sympa et l’année merdissimale, comme quoi… Mais là, par exemple, le réveillon 2006 fut hautement symbolique : une soirée calme et bon enfant au milieu de gens que je ne connaissais pas chez Anne. Effectivement, cette année fut calme et pleine de rencontres.

Enfin, j’espère que vous avez passé une bonne soirée hier, quoi que vous ayez fait. Et encore une fois, bonne année, les gens !  Et je t’ai mis plein de liens vers mes articles passés sur le réveillon (non parce que c’est la 3e fois que j’en parle!), des fois que tu t’ennuierais…

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La schizophrénie du blogueur

Deux ans et demi  que je blogue, j’en ai vu et lu des choses. Maintenant, c’est même mon métier les blogs, c’est dingue. Mais je ne vais pas faire un bilan bloguesque, ça, je
le ferai quand ce sera l’annif du blog. Non, je veux parler du comportement étrange de certains blogueurs. A savoir vivre sa vie pour son blog.

Il y a quelques temps, je discutais sur MSN avec une grande consommatrice de blogs et on en vient à parler d’un blogueur que j’analyse en 2 mn de la façon suivante : « ce
qui est triste, c’est que maintenant, il fait ça juste pour remplir son blog. ». Peu importe de qui je parlais, ça pourrait être pas mal de gens. Je ne compte pas régler mes comptes (surtout que c’est un bloggeur qui n’est ou ne fut pas proche de moi) mais de présenter une dérive que j’ai observée avec d’autres personnes. Un blog, c’est quoi ? En gros un espace perso où on peut partager ses passions ou raconter sa vie, entre autres. Moi, je parle des blogs de type journaux intimes comme le mien. Donc le but premier du blog, c’est de créer un journal extime (© Kamui dans un vieux commentaire, je sais plus du tout où, sorry !) où on partage tout ce que l’on veut partager. Sa vie amoureuse, sexuelle, pro, ses pensées, ses joies et ses peines, ses délires et tout ça. Aujourd’hui, je m’en sers surtout pour partager mes visions de la société, étaler mes opinions. Ma sexualité est devenue un sujet annexe, souvent évoquée sous forme de blague (héééééé, ma maman me croit lesbienne !). Mais de mes derniers amants/mecs, vous n’avez rien su ou si peu. Sans doute car aujourd’hui, j’assume suffisamment ma sexualité pour ne pas avoir besoin de la raconter, que je suis sûre de ma séduction et que je n’ai plus besoin d’étaler mon tableau de chasse. Bref, bref.

 Quand je lis les blogs de certains, je note certaines « déviances ». Des gens qui nous semblaient sincères au départ mais qui tombent dans un espèce de cercle vicieux : vite, il doit m’arriver des trucs pour alimenter mon blog. Et faire les courses à la supérette et avoir la caissière qui dit bonjour/merci/au revoir, ça compte pas. Il faut qu’il m’arrive des trucs de ouf genre j’ai baisé avec George Clooney, j’ai fait un coma éthylique, j’ai pris une nouvelle drogue top démente qui vient tout juste de sortir et qui fait faire des bulles

(ah, merde, en fait, c’était un bout de savon, je me sens flouée, là), j’ai été embauchée rédac chef au Monde, j’ai gagné au loto… Bon, ok, je grossis considérablement le trait, là, mais vous saisissez la substance. En gros, le rapport s’inverse. Avant, on faisait des choses et on les racontait sur son blog. Maintenant, on fait des choses pour les raconter sur son blog. On n’est plus soi mais on est « machin le blogueur », une identité qui prend le pas sur la nôtre.

 

Des fois, je me demande si je ne suis pas dans ce schéma aussi mais vu ce que ma vie est excitante en ce moment, je crois pas. Non parce que je voudrais vous mettre du
croustillant, je serais retournée sur meetic, pour commencer. Puis je fréquenterais des milieux interlopes pour vous raconter tout ça, aussi. Là, j’avoue que ma vie a été plus subversive que ça : je me lève, je bosse, je rentre, je papote un peu, je me couche. No sex. De toute façon, en ce moment, j’ai pas envie de séduire. Là, le côté trépidant, inédit, qui fait rêver, j’ai pas. Et je vais franchement pas provoquer pour avoir trois lecteurs de plus, j’ai pas le temps et puis j’ai pas envie de jouer un rôle, ici comme ailleurs. Je m’étais perdue de vue y a quelques temps (sans rapport avec le blog, ça avait commencé avant), je me suis retrouvée enfin, c’est pas pour recommencer.

Mais surtout, ce genre de comportement m’interpelle. Pourquoi ? Il y a des gens dont c’est le métier de se créer un personnage, je pense à des blogs BD ou d’acteurs et
d’actrices. Là, je comprends, c’est normal. Mais les autres ? Les comme moi qui ont une vie normale, un métier qui n’appelle pas à se créer un univers, à se vendre, pourquoi se laisser
embarquer dans ce jeu ? Bien sûr que le nombre de lecteurs qui croît, c’est exaltant. Bien sûr que ça fait plaisir de voir que nos tribulations suscitent la curiosité ou l’envie ou la
réprobation. Ca peut permettre à des gens de se poser des questions. Mais à nous, ça nous apporte quoi ? Je n’ai pas envie d’être Nina à part entière, je suis plus que ça et je refuse de
livrer ce plus en pâture pour attirer plus de lecteurs. Je pourrais vous parler de mes pratiques solitaires, tout vous détailler. Je pourrais coucher avec tous les mecs qui m’allument pour faire monter mes stats. Mais pourquoi ? Pour prouver que j’existe ? Mais j’existais avant ce blog et j’existerais après lui, seul mon pseudo disparaîtra dans les limbes virtuelles. Des fois, 
je me demande si ces personnes s’arrêtent sur leur vie, si elles réfléchissent à ça et ce qu’elles en pensent. Je parle de vraies introspections, pas d’un article sur un blog pour récolter des « mais non, t’es génial(e), change pas ». Parce que même si je t’aime beaucoup lecteur, tu ne me connais pas comme moi je me connais, normal. Tu ne sais que ce que je te dis, tu n’es pas dans ma tête. Sinon, ce serait invivable, tous ces gens qui squattent ma boîte crânienne. Bien sûr que j’ai eu ce travers à une époque, je mentirais en prétendant le contraire mais aujourd’hui, quand je vois les guéguerres entre blogs pour avoir trois lecteurs de plus et tout ça, je préfère me retirer de tout ça. Ma vie n’est pas trash, ça ronronne comme une Kenya. Et alors ? C’est ma vie, je l’assume pleinement.

En guise de conclusion, une « révélation ». Et même deux. Arrêtons de prendre les lecteurs pour des cons, ils voient souvent quand on joue un rôle, quand on perd notre sincérité. Et ça les fait fuir. Perso, j’adore les blogs simples où je me reconnais, je me marre plus en lisant les tribulation d’une Lalie ou d’une Vicky que de gens qui grossissent tellement le trait que ça finit par me gonfler. Et enfin, grande phrase à méditer : y a aussi une vie en
dehors des blogs.

PS : Cet article n’est dirigé contre personne, si vous vous sentez visé(e), je n’y peux rien donc pas la peine de se défouler en comm, heiiiiiiiin

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La tentation de Dante

Par Marine

La saga de l'été des vingtenairs

Ca vous est déjà arrivé, quand vous êtes avec quelqu’un, de vous demander si vous ne vous fourvoyez pas? Nina disait, la semaine dernière, que Ben avait beaucoup de qualités… Pour peu qu’il vive à Paris, il serait idéal. Moi ça me dérangeait pas. Je rencontre trop rarement des gens qui me plaisent. Mais, et si je rencontrais quelqu’un aussi bien que Benoît, mais à Paris, du coup? Ce serait pas un peu trop de
bonheur, ça?

Un soir, je suis invitée chez une amie, Sarah, pour son anniversaire. Prenant Audrey (une ancienne colocataire) sous le bras, je m’y rends. J’y rencontrai Dante (ce passé simple est dédié à Summer, je sais qu’elle aime qu’on emploie ce temps dans les articles). Dante, donc. Ouais vous foutez pas de mes pseudos, ils sont pas si éloignés que ça de la réalité. Dante il était beau. Il était grand. Il faisait de la musique. Il aimait les films d’action américains. Il avait un t-shirt orange avec Superman dessus. A ce stade de ma démonstration, je tiens à rappeler que non, Marine n’a pas 15 ans, mais bien 25. Dante il était marrant, et discuter avec lui dans la soirée fut très agréable.
Même moi je crois que j’étais classe. Quand on connaît mes mésaventures culottesques et épilatoire, on se rend compte que c’est beaucoup beaucoup BEAUCOUP, venant de moi.  J’étais assez chic. Et mondaine. Dans une soirée où je connaissais quasi-personne, la présence d’Audrey était salutaire au début. Celle de Sarah aussi, bien évidemment. Sa mère, avec ces pseudos que je donne à mes copines, j’ai l’impression d’être au collège. C’est vrai, quoi, qui n’a jamais été « amie pour la vie avec Audrey », ou trop adoré les Doc violettes d’une Sarah? Bref. Mais Dante, c’était la bonne surprise. Un mec bien. Intéressant. Sympa. Tout bien. A côté de ça, je m’en fous, j’ai un mec. Ouais il habite loin, mais c’est mon mec, jsuis sa nana. Ouaip ouaip. Avant la soirée, je me gargarisais déjà de ce statut de fille à copain, mais qui s’en vante pas, juste qu’il existe et que ça la rend radieuse. Première fois que je peux avoir cette posture, j’en jubilais. Même Sarah, qui la semaine précédente m’avait dit « tu fais chier, je voulais te présenter quelqu’un moi!!! », me rendait fière de moi. Eh ouais. Plus besoin!
Eh ouais.
Au détour d’une conversation passionnante avec Dante au sujet des films de John McTiernan, celui-ci me demande d’arrêter de parler, parce que, je le cite « la seule chose chiante que t’aies dite depuis tout à l’heure c’est ‘mon copain blablabla' ». Rire gêné. Mais merde, ouais mon Ben il est trop bien. Dante est pas mal, il est devant moi, mais Benoît, bien. Benoît, à moi. Moi, pour Benoît. Benoît, là avant. Benoît, plein de qualités mortelles.
Benoît loin.
Sarah en remet une couche. « Putain tu sais pas ce que tu rates, Dante c’est un coup fabuleux. Super agréable, attentionné, tout »
Rhhhhaaaaaaa je vais exploser!
Je tiens bon. « Dante, tu repars par où? » « Ah ben je vais du côté de *la place qui est à 20 mètres de chez toi* c’est là que j’habite. Si tu veux on rentre en taxi ensemble. Tiens mon numéro,
et mon mail, à l’agence de pub où je bosse. »  Ciel ciel ciel…

Non, je n’ai pas craqué. Ma culotte – LA guest-star de cette saga -, je suis la seule à l’avoir vue ce soir là. En fait, j’ai même pas pensé en termes de craquer. Du moins sur le vif. Quand je suis rentrée, j’ai fait un mail à Benoît relevant d’un body call caractéristique. Réussi en plus. Un truc que seule une fille à 2 doigts du coma éthylique pourrait écrire. J’étais contente. Mon Benoît il était drôlement bien. Et drôlement chic. Et drôlement intéressant. Et drôlement rigolo. Et drôlement loin.  Ca c’est ce que j’ai pensé au réveil, entre « aspirriiiiiine ma têêêêêteuh » et « où sont les toilettes ».

Bordel mais quelle conne. Y a un mec bien juste en bas de chez moi. Mignon. Bon coup. Fan de moi. Mais qu’est-ce que j’ai fait????? Et là j’ai regretté. Je me suis demandé ce qui clochait chez moi, de ne pas être foutue de trouver un mec bien pendant des années, d’en trouver 2 coup sur coup en l’espace d’1 mois, et de choisir celui qui habite à 6000 km. Ouais je me suis trouvée conne. A bouffer du foin.
Ce que je n’ai pas fait, d’ailleurs, le foin aurait trouvé aussi sec le chemin des chiottes via mon oesophage. Oui, j’étais malade. Personne n’était disponible pour me parler. Or laisser quelqu’un ruminer pendant sa gueule de bois, chers lecteurs (vous 6), c’est in-ter-dit. INTERDIT.

J’ai bad-trippé pendant toute une soirée, partagée entre une envie terrible de parler avec Benoît, un énervement croissant à son égard, pour tout ce qu’il était, et l’envie d’appeler Dante.
Le lendemain – je n’avais toujours rien fait, trop déprimée et malade pour ça – je parlais avec Benoît. Enfin… je MSNais avec lui, donc, vu que mes exploits digestifs du week-end m’avaient tellement détruit la gorge que j’arrivais ni à parler ni à avaler la moindre nourriture. Envie de pleurer, en face, il est de bonne humeur. Il se fout de moi, il me taquine, il est gentil. Il m’énerve. Il est adorable, je le trouve insupportable. Il me console, je l’envoie chier. Il me fait livrer un repas, je lui dis que je suis mal par rapport à Dante. Ce que je vomis, désormais, ce sont des mots.
Il est abattu, je me sens mal. Il essaie de me comprendre, je n’arrive plus à trouver mes mots. Il pense que je lui demande de me larguer, je panique. Bordel mais quelle conne. Y a un mec bien juste en face de moi. Mignon. Bon coup. Fan de moi. Mais qu’est-ce que j’ai fait????? Et là j’ai regretté. Je me suis demandé ce qui clochait chez
moi, de ne pas être foutue de voir quand un mec est un mec bien. Je me serais giflée. C’était ce genre de crypto-mélodrame que seul Internet sait créer. Je parlais la semaine dernière de l’importance des téléphones portables dans l’expression des sentiments amoureux (et surtout lubriques, il faut bien l’admettre). Pour cet épisode, ce sera la webcam. Je voyais Benoît encaisser et être mal. Et moi je me sentais plus légère. Facile, non? Tout cela restait silencieux. Ni lui ni moi ne parlions. On se voyait mais nos réactions restaient sans paroles. Putain mais faut pas laisser quelqu’un ruminer pendant une gueule de bois, c’est IN-TER-DIT!

Dante, je l’ai plus revu. C’est lui qui a pas donné de nouvelles.
Benoît, je l’ai revu. Des nouvelles, ça oui, j’en ai eues. J’en ai donné aussi.
Ce soir-là, à la soirée de Sarah, pour la première fois de ma vie, j’avais quelqu’un dans ma vie. Première fois que j’ai cette posture. Je pensais jubiler, mais le lendemain, ça m’a fait peur comme jamais.

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