Patte de lapin et fer à cheval

Il y a des moments où, dans la vie, les embrouilles s’accumulent sans qu’on comprenne bien ce qu’on a fait pour mériter ça. Personnellement, ça doit faire six mois que les petits tracas de la vie quotidienne s’accumulent. Certes, il n’y a pas mort d’homme mais parfois, on aimerait vraiment pouvoir s’en prendre à quelqu’un tellement ça fatigue.

Je vous avais déjà raconté mes loses. J’avoue que, jusque là, j’étais du genre chanceuse dans la vie : toujours au bon endroit au bon moment. C’est pour ça que je ne pensais pas connaître le chômage un jour : j’aurai forcément la bonne opportunité à la sortie de mon stage. Tout faux. Depuis, je suis devenue la postuleuse folle, je réponds à toutes les annonces qui correspondent à peu près à mon profil, je parle de mon chômage à tout le monde, au cas où la personne connaîtrait quelqu’un qui travaille dans la presse. Mais ma chance m’a abandonnée, on dirait.

Retour chez mes parents pour les vacances, youpi, un peu d’air pur et de vie en communauté. A peine rentrée, je peux mesurer la malchance familiale… Oui parce que la lose, c’est héréditaire, ça me vient de mes parents. Donc pour l’anniversaire de mon père, ma mère décide de lui offrir un GPS. Ma tante va donc en acheter un à Toulouse et nous le ramène. Mon père a hâte de l’essayer, il monte à l’ordinateur familial, il met le CD d’installation et…rien. Je fouille dans l’ordi, je clique sur le fichier « install », il veut pas partir, sous prétexte que ce n’est pas une application valide. Application valide toi même ! On tente l’installation manuelle, toujours rien. Bon, très bien, on va aller faire un tour à Toulouse pour leur signaler le problème. Donc c’est parti, trois quarts d’heure aller, trois quarts d’heure retour, tout va bien… Arrivée au magasin, je vais au SAV qui m’envoie gentiment bouler : je suis priée de me rendre au rayon correspondant. De toute façon, je suis une bonne femme, ils me prennent de haut genre : « t’es trop conne, tu peux pas comprendre un objet aussi évolué. » Un poil agacée, j’y vais et je tombe sur un gentil vendeur et je lui explique mon problème, il teste le CD et… ouf, ça lui fait pareil ! Il me propose donc de me filer le CD d’installation du modèle d’exposition mais, heureusement, avant de me le filer, il le teste : même souci. TOUT VA BIEN ! Il regarde la notice : « Ah mais regardez, y a un numéro au cas où le logiciel marcherait pas, ça doit arriver souvent… Il faut les appeler et ils vous enverront un nouveau CD.
– Ok… Et on a combien de temps pour changer le GPS ? »
C’est pas que je pressentais que ça allait arriver mais bon… Je rentre dans ma ville, de mauvaise humeur, j’arrive chez moi et je vois le chat du voisin jouer dans le jardin… Mais que sont ces étranges cristaux que j’aperçois ? Je sors, curieuse et là, c’est le drame : ces charmants cristaux sont de l’eau séchée : une canalisation a pété et pulvérise de l’eau partout ! Au secours !

Bon, on a coupé l’eau et une semaine plus tard, je retournais sur Toulouse changer le GPS puisque j’ai jamais pu joindre le constructeur du GPS… Quand j’appelais, une gentille dame m’explique que tous les correspondants sont en ligne mais on va me prendre, pas de panique. Au bout de 10 minutes à attendre le même refrain, je raccroche. Je réessaie, un quart d’heure à entendre toujours la même dame… Excédée, je décide donc de ramener le tout et je me suis jurée de ne jamais acheter de matériel informatique de cette marque là. Donc je me tape un nouvel aller-retour sur Toulouse, je me fais rembourser. Sauf que je m’étais garée dans un parking que je connaissais pas et que la porte que j’avais empruntée pour sortir ne permettait pas de rentrer dans le parking… J’erre, donc, et je finis par demander à un vigile :
« Bonjour, on fait comment pour entrer dans le parking ?
– Ah bé c’est pas compliqué, vous prenez l’ascenseur, là, et vous ouvrez la porte avec le ticket de parking.
– Mais j’ai pas de ticket, j’ai payé avec ma carte bleue… ».
Donc le vigile a gentiment demandé un ticket au pc sécurité pour me permettre de récupérer enfin ma voiture. Donc je suis rentrée chez moi de mauvais poil…

2006 commence, ça ira forcément mieux… Grossière erreur. Lundi 2 janvier, mon père m’amène à la gare : je retourne sur Paris où je retrouverai Guillaume, youpi ! J’avais réservé mon billet sur le net une semaine avant, j’avais pris une place en 1ère vu que c’était le même prix qu’en seconde. Je retire mon billet et là, je m’énerve : je n’ai pas de place attitrée, « place assise dans la mesure des disponibilités ». Je commence à râler mais mon père me rassure : en première, y a toujours de la place. Je monte dans le train, je range mon sac comme je peux en me faisant un merveilleux bleu sur le bras gauche et je vais m’asseoir : c’est vrai, y a plein de place ! Mais à Bordeaux, c’est la ruée et je me retrouve… debout ! Folle de rage, j’appelle mon père pour me plaindre : « tu vois, je te l’avais dit ! ». Et là, le contrôleur passe et il se prend tout dans la gueule : « Non mais c’est scandaleux, j’ai payé 80 euros et je me retrouve debout !
Ah oui, ça arrive…
Mais quand j’ai réservé sur Internet, il était marqué « place assise garantie » et là, je n’en ai pas ! »
Bref, je fais une scène pas possible, une nana (assise) se fout limite de ma gueule, qu’elle m’énerve pas trop, celle-là aussi. Le contrôleur fait le tour et confirme qu’il n’y a plus de places assises (comme si j’avais pas pu le constater par moi-même, je le savais, déjà !) donc il m’explique comment faire les démarches pour me faire rembourser. Ainsi, me voici donc assise sur les marches à côté de la porte (oui, tous les strapontins étaient pris, aussi). Et bien figurez-vous que les portes d’un TGV sont mal isolées… Donc j’arrive sur Paris d’humeur massacrante, je me vrille le doigt avec ma valise à roulette qui a tendance à se retourner, je suis de mauvais poil, je vais mordre quelqu’un ! Heureusement, je retrouve Guillaume à la gare, ça va mieux mais les galères ne sont pas terminées. On arrive à ma maison, je prends mon courrier : j’ai reçu un colis le lendemain de mon départ de Paris, soit quinze jours auparavant… Or la poste ne garde les colis que 15 jours ! Je suis à nouveau furieuse : j’avais demandé à l’expéditeur de me prévenir s’il m’envoyait ce colis ! Mais ça, encore, c’est rien !

Guillaume entre dans la salle de bain et en ressort aussi sec : quelle odeur là-dedans ! On se croirait dans une grotte : affreusement humide et ça pue la moisissure. Effectivement, par terre, il y a une grosse flaque… Non, je n’avais pas oublié de couper un robinet, ça s’appelle une fuite. Là, tout ça cumulé, j’ai eu envie de pleurer… Le lendemain, je vais à la Poste : mon colis est reparti. Et pour finir dans la lose, France Telecom m’a coupé mon ADSL samedi, donc je n’ai plus le net… De plus, mes parents sont venus sur Paris, ce week-end, ce qui a donné : ma sœur et moi malades dans la nuit de vendredi à samedi, mon père malade samedi en fin de journée et ma mère malade dans la nuit de samedi à dimanche. Mais quelle famille !

Pourtant, peut-être que tout va s’arranger : jeudi, on m’a remplacé ma chaudière et le plombier a remplacé mon réservoir de WC qui fuyait… Maintenant, faut que j’envoie la facture à mon proprio qui me doit 800 euros, maintenant, youpi… Mais à présent, je peux prendre une super douche chaude (avec de la pression ! C’est nouveau, ça, pour moi, dans cet appart) et ma salle de bain ne sent plus mauvais, il n’y fait plus si froid. De plus, j’ai un déjeuner lundi avec de possibles futurs employeurs donc à suivre… Ma lose serait-elle en train de partir ? Les six derniers mois m’ont appris à ne pas crier victoire trop vite…
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