Le lesbianisme soudain

Ceci n’est pas qu’un titre racoleur mais une tendance un peu étrange que j’observe dans quelques séries depuis quelques temps et qui m’interroge un peu. Vous suivez des femmes qui ont une vie amoureuse hétérosexuelle et soudain, croisent la route d’une femme et là, plot twist : elles ont toujours été lesbiennes mais ne l’avaient jamais admis. Je… hein ? Y a pas un manque de background là.

The 100, baiser entre Clarke et Lexa

Ah oui, faudra que je vous parle de cette série, aussi

Je trouve toujours très positif d’avoir une pluralité de sexualités dans toute oeuvre de fiction, pas de soucis. Mais dans ce cas de lesbianisme soudain, ça m’interroge un peu. La première fois que j’ai découvert cette évolution, c’est dans Urgences où Kerry Weaver, chef de service acariâtre présentée comme plutôt hétérosexuelle mais surtout célibataire endurcie. Puis elle rencontre une psy dont j’ai totalement oublié le nom, incarné par Elizabeth Mitchell qui est une actrice que je n’aime pas trop (je ne la trouve pas très expressive, surtout dans V… mais peut-être qu’elle était juste empêtrée dans une très mauvaise série). Leur relation fait long feu et là, pof, c’est officiel, Kerry est lesbienne. Mais… idem pour Willow dans Buffy : “avant, j’étais hétéro puis j’ai rencontré Tara et maintenant, je ne regarde que les meufs”. Idem pour Alex dans Supergirl, Alison dans Pretty Little Liars, je le sens fort pour Petra dans Jane the virgin… Alors ok mais sinon, la bisexualité ou une sexualité fluide, ça existe aussi, hein…

Xena et Gabrielle : l'amour ?

Alors il faudrait que je revoie Xena (flemme un peu) mais il me semble qu’on est dans un cas intéressant de deux femmes hétérosexuelles qui tombent amoureuses l’une de l’autre. Pas par lesbianisme soudain mais plus parce que l’autre est l’âme soeur

Ca m’interroge. Déjà pourquoi ce revirement sexuel ne touche que les femmes ? Alors je n’ai pas une culture exhaustive des séries télés mais il me semble que les hommes bisexuels, déjà, se comptent sur les doigts de la main. Oberyn Martell est même le seul qui me vient en tête et ce n’était juste que pour mettre une scène d’orgie racoleuse… Ah si, Sense8 où des hommes hétérosexuels se retrouvent avec quelques pulsions homosexuelles suite à leur connexion avec Lito et à la toute fin de la série… ah non, ça, je dis pas, je vous laisse découvrir. Mais sinon chez les personnages masculins, j’ai vraiment l’impression qu’ils sont homos ou hétéros et qu’il n’y a pas de fluidité, justement. N’hésitez pas à me dire si je me trompe. Il y a bien toujours ce moment un peu bizarre où un homosexuel va coucher avec une femme (Clara Sheller et son meilleur ami dont j’ai oublié le nom, Keith dans Six feet under) mais j’ai vraiment pas de référence d’un hétéro se laissant tenter par un homo. Voire devient soudain attiré uniquement par les hommes. Alors quand je dis que je m’interroge sur le pourquoi de cet étrange virement de cutie ne touchant que les femmes, comprenez que c’est ironique : on sait bien que le lesbianisme est parfaitement intégré à l’imaginaire érotique commun alors que bon, l’homosexualité masculine, quand même, curieusement, ça passe moins.

Will et Lito dans Sense8

Mais surtout, ce qui me turlupine un peu dans cette histoire, c’est que ça trahit une écriture un peu trop légère des personnages. Prenons Alex dans Supergirl puisque c’est le dernier cas croisé. Elle est attirée par une flic et se pose un peu des questions. Mais là, ça devient “oh mais oui, j’ai toujours su que j’étais lesbienne, je me suis juste menti”. Mmmm… Alors non. Je veux dire dans la saison 1, non seulement elle a une liaison avec un homme mais jamais ô grand jamais elle ne semble avoir l’ombre d’une interrogation quant à son orientation sexuelle, pas de regard brûlant dirigé vers un personnage féminin. Idem pour Willow qui se retrouve au coeur de deux liaisons hétérosexuelles assez majeures dans les premières saisons finit par devenir lesbienne sans retour en arrière. Alors je veux bien croire que ça arrive, je connais des personnes dans “la vraie vie” qui ont trouvé l’amour dans les bras d’une personne du même sexe alors qu’ils étaient censé ête parfaitement hétérosexuels, mais là, c’est vraiment le côté “on est un peu trop hétérocentrés, là… Tiens, elle, elle devient lesbienne.” Et le virement de cutie est balayé en deux minutes “oh bah c’est un peu dur de sortir du placard dans lequel je ne savais même être enfermée. Ah voilà, c’est fait, je suis lesbienne, merci bisous”.

Dylan devient lesbienne dans Desperate Housewives

Du coup, ce manque de nuance m’ennuie profondément. A la limite, je trouvais le personnage d’Emily dans Pretty Little Liars qui peine un peu à faire son coming out par rapport à sa famille, ses amis… Même si une fois qu’elle a révélé à ses parents son orientation sexuelle, elle passe en quelques minutes de “personne ne doit savoir” à “je roule une pelle à ma meuf à la cafet’ du lycée en toute décontraction”. Mmm… Surtout, je trouve dommage le manque de nuance qui pourrait pourtant amener des circonvolutions du récit intéressantes.

Emily et Alison dans Pretty little liars

Avant de fermer cet arc définitivement, j’ai un dernier point à aborder : pourquoi je n’arrive pas à écrire une histoire d’amour.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Le jour où tu comprends que c’est fini

Mardi soir, alors que la chaleur m’etouffe, je tombe par hasard sur Clara Sheller, saison 2, que j’avais vaguement suivi lors de sa première diffusion. Je n’avais accroché que moyennement vu que je trouve l’heroine plus exaspérante qu’une Carrie Bradshaw même si je préfère Zoé Félix dans ce rôle. Bref, je mate donc les 3 derniers épisodes en constatant que j’avais finalement été dure avec cette série qui propose pas mal de choses intéressantes. Peut-être aussi parce que dans ses épisodes, la vie de Clara s’effondre et je me suis légèrement identifiée à elle (période marasme, j’entends). Et surtout une scène où Clara s’effondre en larmes car elle a compris : son mec et elle, c’est fini.

Avez-vous déjà connu cette sensation ? Vous sentez que votre couple n’est pas à la fête, vous fermez les yeux très fort en vous persuadant que vous avez tort, que c’est juste une petite crise et que ça va passer. Jusqu’au signe, un truc anodin qui vous fait comprendre que ce n’est pas uniquement dans votre tête que ça ne va pas et que votre relation ne tient plus qu’à un fil. Un fil bien élimé en plus. Parce qu’il n’est pas dispo ce soir, parce qu’il semble ravi que vous sortiez avec vos copines, parce que vous avez voulu annuler votre soirée avec lui pour voir d’autres personnes, parce que votre dernier « je t’aime » est resté sans réponse. Vous vous raccrochez à votre dernier fil avec l’énergie du désespoir mais la fin est inéluctable : ça ne tiendra pas.

Face à un mur de 5 m de haut sans la moindre aspérité, vous êtes obligée de renoncer. Toutes les histoires d’amour ne finissent pas sur un « et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants », malgré tous les efforts qu’on peut faire. On peut y voir un échec si on veut, moi, je préfère me dire qu’on n’est pas faits pour vivre avec tout le monde. On a tenté, ça n’a pas marché, c’est la vie.

Sauf que quand tu percutes, tu t’effondres. C’est comme une douche froide en hiver, ça mord, ça griffe, tu te sens lacéré, déchiqueté, ton cœur se tord de douleur, tes tripes aussi. C’est une pierre qui te tombe dans l’estomac, un rocher qui tombe sur tes épaules et te cloue au sol. Tu hurles, tu te débats, tu penses que tu ne pourras jamais te relever. Tu penses à la vie sans l’autre, cette vie que tu ne peux imaginer. Tu es au bord d’un gouffre que tu pressens sans fond et tu essaies de te raccrocher comme tu peux pour ne pas chuter.

Parfois, tu fais durer un peu le supplice, dans un mauvais calcul. Vous savez tous deux que c’est fini mais tant que personne ne dit rien, c’est comme si ça continuait. Ton cœur se serre d’angoisse à chaque fois que tu le voies, de peur qu’il prononce les mots fatidiques. « Faut qu’on parle ». La tension devient lourde, intolérable, la moindre étincelle met le feu aux poudres. Jusqu’au jour où le fil craque définitivement « alors, c’est fini ? ».

Là, tu te sens plongé comme dans un lac froid et sombre. Tu souffres, tu as peur de ce lendemain où tu devras reprendre la route seul. Et en même temps, tu ressens comme un soulagement : le pantomime que vous jouiez depuis quelques temps et qui vous épuisait se termine enfin. Une sorte de sérénité de celui qui sait qu’il va se noyer : la fin est inéluctable. Il va falloir du temps pour renaître, se guérir, refaire confiance. Le travail de reconstruction, de réhabitude de la vie en solo te terrifie. On se promet de rester amis histoire d’attenuer le choc tout en sachant que ça fera plus de mal que de bien. Mais sur le moment, envisager la vie dans cet autre qui a tant partage avec nous est inimaginable.

Pourtant, au fond, on le sait, on finira par sortir de notre lac gelé pour repartir sur notre chemin. Ce chemin où on finira par trouver un nouvel autre.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Mais pourquoi tu ne parles plus de sexe sur ton blog ?

Ceux qui me lisent depuis le début ou à peu près l’auront remarqué, ma vie sexuelle n’est plus la star de ce blog et ce depuis un bon moment. Hormis quelques anecdotes et réflexions de ci de là, impossible de connaitre la météo de mes amours et coucheries. Et c’est fait exprès.

porte-ferme.jpg

Ce n’est pas parce que je n’ai plus rien à raconter, je dirais même que c’est précisément l’inverse. Première explication et la moins intéressante : certains de mes collègues connaissent ce blog. N’y voyez pas de la fausse pudeur ou autre mais je n’ai pas forcément envie qu’ils connaissent le détail de mes nuits et si je veux raconter un truc, je le fais à la pause. Donc même si je sais qu’à l’arrivée, connaitre ce blog ne signifie pas forcément le lire, la possibilité existe.

trou-serrure.jpg

Mais ça, ce n’est qu’une explication mineure, la vérité est ailleurs. En fait, je me suis rendu compte que je n’avais plus tellement envie de partager les histoires de fesses et/ou de cœur. Non, pas envie, le mot exact serait plus besoin. Je n’ai plus besoin de raconter mes folles nuits pour prouver, pour ME prouver que, oui, je plais. Fini le temps du doute et des choses à prouver. Aujourd’hui, je vis ma sexualité pour moi et pas pour raconter sur ce blog.

plaisirs-sexuels.jpg

Je ne dis pas que des fois, le clavier me démange un peu, j’ai un peu envie de partager certaines expériences. Parce qu’elles sont folles, parce que je découvre certaines choses sur moi, les autres, le sexe, l’amour… Mais en grandissant (je ne vieillis toujours pas), force est de constater que les limites de mon extimité sont de plus en plus étroites. Peut-être aussi parce que Nina est de moins en moins anonyme, j’ai la sensation de parler ici à des potes, certains particulièrement prompts au jugement, et je ne raconte pas les détails de ma vie sexuelle à mes potes. Juste à Vicky que j’ai traumatisée un peu. Et à certains de mes amants mais ils en sont les acteurs donc bon…

Confidences.jpg

Et puis je ne suis pas qu’un cul ou une paire de seins voire un clitoris… Aujourd’hui, je lis mes jeunes camarades sur Twitter et je suis un peu attristée par les personnes qui passent leur journée à crier leur sexualité débridée. J’attends même le « mon mec vient de me defoncer le cul, je vais me doucher et je reviens, hihi ! ». Principe de la poutre et de la paille : quand on le fait, on trouve ça super drôle, tellement subversif mais quand les autres le font, on sent alors toute la lourdeur du propos. Non parce que parler de sexe sans recul, juste pour rajouter une ligne sur son carnet de conquête et le montrer fièrement, je me rends compte que c’est sans intérêt et qu’en plus, ça finit par devenir suspect. Si tu insistes autant sur le fait que quelqu’un a daigné te sauter la veille, ça donne limite la sensation que c’est exceptionnel. Oh, je sais, Hopital, charité mais force est de constater que plus j’ai confiance en moi et en ma séduction, moins
je la ramène sur le sujet. C’est un fait. Il y a aussi ce sentiment émancipatoire à base de « je bois, je baise, j’emmerde les conventions » mais bon, le sexe et l’ivresse, ce n’est pas vraiment novateur comme concept… On est même drôlement soft par rapport à des temps plus ou moins lointains.


vase-grec.jpg

Pourtant, le sexe en soi peut tout à fait être intéressant pour peu qu’on prenne un peu de recul, il existe de très bon blogs de sexe, de zone zerogene dont je parlais l’autre jour à rue69 en passant par second sexe ou sexactu. Mais le but n’est pas la-bas de se poser en personne sexuée mais bien de replacer la chose dans son contexte. Parce qu’il y a des milliers de choses intéressantes à dire sur le sujet, encore faut-il chercher à décoller un peu le nez de son oreiller. Par ailleurs, je trouve que de façon générale, on perd un peu le côté léger et grivois des conversations sur le sexe, ça devient limite une revendication, un manifeste à la limite de l’agressivité. Mais enfin, mes enfants (j’ai 30 ans, je grandis toujours mais commence à prendre un ton maternaliste, quand même), baiser est un acte
joyeux, agréable, ludique (enfin, j’espère pour vous), pourquoi en faire une sorte d’arme pour… pour quoi d’ailleurs ? J’ai pas encore compris.

sexe-et-JV.jpg

Voilà donc pourquoi ma sexualité n’apparaît plus qu’en filigrane ici. Et si quelques uns (voyeurs ?) le regrettent, je pense pour ma part qu’on y gagne tous au change, finalement. Même si en ce moment, pour reprendre Isadora « ohlala, ta vie, c’est trop Clara Sheller! ». Ouais, à peu près…

Rendez-vous sur Hellocoton !

Les desperate singles, les femmes les plus pénibles du monde ?

L’autre soir, je regardais Fox life (mais mon Dieu, pourquoi ? Y a même plus des jours et des vies) et je tombe sur la bande annonce de Brothers and sisters.
Rien que la bande annonce, je diagnostique une série chiante à pleurer avec Sally Field, Rachel Griffiths (Brenda de Six feet under) et… Calista Flockhart. Là, de voir sa tête de Droopy dépressif, je soupire. Mais au fait, pourquoi je ne l’aime pas Calista ?


Evidemment, je ne sais rien d’elle, à part qu’elle sort avec Harrisson Ford donc pourquoi cette antipathie pour cette pauvre Calista ? Mais c’est bien sûr : Ally McBeal. Et là, j’ai eu une révélation : qu’il y a-t-il de plus pénible qu’une desperate single ? Je prends les cas « connus », les héroïnes de films ou de séries mais franchement, y en a pas une pour rattraper l’autre, que ce soit Ally, Clara Sheller, Carrie Bradshaw, Susan Meyer, Bridget Jones… pardon mais de vraies filles casse-couilles (ou ovaires, choisis ton sexe, lecteur). Elles sont toutes pareilles : « han, le célibat, c’est trop moche ! Han, j’ai rencontré un mec mais je sais pas, je lui fais un bisou le premier soir ? Et la langue, je la mets quand ? Han, Steve, il m’a pas rappelé depuis 3h, je suis désespérée ! Han, Steve, il a fini le PQ et n’en a pas remis, non mais tu imagines ? Han ! Steve, il m’a plaquée ! Han, Steve, je l’aime et il me manque trop ! Han, le célibat, c’est trop moche ! Han, il est mignon Brad mais tu crois que je peux lui envoyer un mail de blague pour le draguer ? ».  Résultat : on les déteste. Je trouve assez fort de créer des séries autour de ces femmes globalement peu appréciées mais le fait est que ça marche. Parce qu’on se trouvera toujours moins pathétiques en comparaison ?


Mais le pire, ce sont les vraies desperate singles, celles de la vraie vie. Parce que oui, en vrai, elles existent. Et quand je dis elles, soyons généreux, y a aussi des desperate singles mâles. Scannez un peu votre entourage et identifiez celui ou celle qui ne parle QUE de sa vie amoureuse ou de sa non vie amoureuse, qui préfère répéter 100 fois que « les mecs, c’est tous des connards » plutôt que de laisser la conversation glisser sur un autre sujet plus intéressant ou plus général. Parce que le desperate single, au début, tu veux être sympa, tu le rassures genre « mais non, t’as pas de problème, on ne peut pas tous être en couple tout le temps, ça va venir, tu as toutes les qualités, ne t’en fais pas… ». Erreur, on tombe dans son piège ! Parce qu’en voulant le rassurer, on lui sert d’oreille compatissante et du coup, c’est parti, on a droit à écouter toutes ses névroses amoureuses depuis Thomas, son voisin quand elle avait 4 ans et dont elle était amoureuse mais tu comprends, il n’a pas voulu lui prêter son seau et ce fut le drame… Parce que la desperate single n’a qu’une chose de réellement passionnant dans sa vie (à ses yeux, j’entends) : les hommes. Elle passe sa vie à parler de celui qu’elle a en vue, celui qu’elle a réussi à attraper, celui qui lui a brisé le cœur. Quitte à ressortir de vieilles histoires de temps en temps histoire d’avoir quelque chose à dire. Inutile d’essayer de parler de vous, elle s’en fout (à moins de parler de vie amoureuse pour qu’elle puisse vite dire « ah ben c’est comme moi, blablabla). Si on prend le cas Bradshaw, ses amies peuvent traverser les pires galères du genre « oh tiens, je suis enceinte et je ne le voulais pas », « oh, tiens, je divorce », « oh tiens, j’ai un cancer », elle va compatir trente secondes puis pleurer parce que Mister Big ne l’a pas appelée ou je ne sais quoi d’autre.



Bref, à bien y réfléchir, oui, ces filles sont pénibles et une fois repérée, personnellement, je la fuis. Non que je n’ai aucune compassion mais arrive un moment où recevoir des textos à 0h30 m’informant que X est un connard (véridique), je suis désolée mais non. Sauf de la part de mes amies identifiées comme telles et qui savent qu’elles peuvent le faire. Surtout que soyons réalistes, si j’étais douée en relations amoureuses, ça se saurait. Ce n’est pas parce que je vis bien mon célibat que je dois servir d’épaule à toutes celles qui ne supportent pas de vivre seules plus de deux jours…



Mais va quand même falloir m’expliquer pourquoi les desperate singles sont toujours des héroïnes de séries… de séries qui cartonnent en plus.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Génération loser?

Il y a quelques temps, j’ai été interviewée par une journaliste de Technikart sur la génération vingtenaire. M’étant fendu de longues réponses, je me dis que ça a sa place ici, surtout que mes réponses allaient à l’encontre du ton défaitiste de l’article. Bon, je suis journaliste, je sais carrément comment ça marche donc je ne critique pas du tout la demoiselle. Je vous ai surligné le passage qui a été gardé pour l’interview.

 

Avez-vous le sentiment de faire partie d’une génération à part ?  Différente des trentenaires ?

Je pense que nous sommes effectivement différents des trentenaires mais je ne suis pas sûre que la génération « 20 ans en l’an 2000 » soit particulièrement différente des précédentes. Il faut savoir que la décennie vingtenaire n’intéresse personne en tant que telle : si vous regardez les instituts de sondages, statistiques ou autres, vous n’avez jamais la tranche 20-30. C’est plus 15-25 ou 18-25 puis 25-35… Pourtant, à 25 ans, je ne me sentais plus très proche des gens de 18 ans. Par ailleurs, les vingtenaires ne semblent pas être passionnants
comme thème. Si on regarde les films au cinéma ou les séries télés, on se passionne surtout pour les amours des trentenaires (Sex and the city, Clara Sheller, Ally McBeal, Bridget Jones…) ou alors pour les ados pour des histoires se passant au lycée. Pourtant, il paraît que la vingtaine est la plus belle décennie !

Quand je lis la prose des trentenaires, je suis assez agacée par leurs plaintes incessantes, leur rancœur envers les soixante-huitards, les « c’est votre faute si on en est là ». Je pense qu’être vingtenaire, c’est un mélange de réalisme et d’espoir. Depuis un an, je galère, j’ai eu droit à un CDD de trois semaines et un stage de 5 mois, ce n’est pas très glorifiant. Pourtant, je relativise et j’ai toujours espoir : oui, j’ai choisi une branche difficile, oui, je galère. Je ne reçois qu’une réponse sur 10 envoyées et encore, c’est pour me remercier de l’intérêt que je porte à l’entreprise mais ils n’ont rien pour moi. Pourtant, je ne m’angoisse pas plus que de raison, je sais que je finirai par trouver. J’ai confiance en moi et mes capacités. C’est pareil en amour. Je ne vis pas mal mon célibat, ça viendra quand ça viendra. Mon horloge interne ne panique pas encore… Je me donne jusqu’à trente ans pour trouver une stabilité et si elle survient avant, tant mieux.

Je pense que si les trentenaires passionnent tant les médias, c’est qu’ils ont une grosse pression sociale : à trente ans, on se doit d’avoir un emploi ET une famille (ou du moins, être en couple). Si ce n’est pas le cas, on est dans une anormalité qui crée une angoisse, c’est toute la trame des productions que j’ai citées plus haut. Vingtenaire, je cherche pas forcément le père de mes futurs enfants. Trentenaire, ça risque de me chatouiller un peu plus.

Je pense que les vingtenaires ont encore une fraîcheur et une insouciance appréciable. Ca ne veut pas dire qu’on ne galère pas et qu’on n’a aucune conscience des réalités, c’est juste qu’on a foi en l’avenir. On est sans doute aussi plus exigeants envers les gens qui nous entourent, notamment les politiques. On n’est pas encore dans le reproche mais plus dans l’attente
d’une vraie reconnaissance. Depuis quand être jeune est devenu un défaut ?

Certains nomment votre génération celle des Baby-losers ? Vous vous reconnaissez dans ce terme ?

Je trouve ce terme très négatif et défaitiste. Vingtenaire, on a encore la vie devant nous, comment peut-on se définir déjà ainsi ? Je pense qu’on a clairement pas assez de recul pour juger ainsi notre génération. Bien sûr, les temps ont changé, on n’est plus du tout dans une logique de plein emploi. On galère plus que nos parents, c’est certain. Mais le système a changé aussi : avant, la sélection se faisait au niveau du brevet puis du bac. Maintenant, il faut avoir des bac + pour se démarquer et encore, le taux de chômage des jeunes diplômés est assez effrayant. Quand j’ai commencé mes études, du haut de mes 18 ans, je pensais que le monde m’appartenait, qu’un bon diplôme était la garantie d’un emploi. Aujourd’hui, j’ai 26 ans, un bac+5 en journalisme obtenu dans un IEP et on me propose… des stages. Que j’accepte car faute de grives, on mange des merles. Les employeurs réclament des diplômes ET de l’expérience mais il faut bien qu’on débute, nous aussi. La sélection est drastique, on met des candidats en concurrence pour de simples stages, on nous demande un à deux ans d’expérience sur certains stages, c’est proprement hallucinant. Sans mes parents, je serais rentrée dans ma province depuis longtemps. Ceci étant, tous les vingtenaires ne sont pas au chômage, certains tirent très bien leur
épingle du jeu. Je n’aime pas trop les portraits noirs que l’on fait de ma génération. Nous sommes certes moins expérimentés que les trentenaires mais nous avons pour nous notre volonté, notre motivation et on déborde d’idées. Je crois que les entreprises ont tout à gagner à embaucher des jeunes. De toute façon, les formations diplômantes permettent de faire des stages. J’ai pas besoin de 10 ans d’expérience pour connaître mon métier, il ne faut pas exagérer ! Si on me lâche demain dans une rédaction, je serai à la hauteur de ce qu’on attend de moi.

Ceci étant, je réfute quand même le terme de baby-loser car ça donne l’impression qu’on baisse déjà les bras. Alors, oui, on galère, mais on finira bien par tirer notre épingle du jeu. Moi, en tout cas, je ne renonce pas.

C’est vrai qu’on accole souvent des noms négatifs à notre génération : perdue, sacrifiée, génération SIDA… Rien de très joyeux.

Après, en France, il y a toujours eu une méfiance envers la jeunesse, c’est pas nouveau. Les vingtenaires ont toujours été considérés comme remuant et revendicatifs. Si on relit la presse au moment de 68, on se rend compte que les jeunes de l’époque avaient, eux aussi, des revendications, des désirs, des espoirs. Bref, la situation n’est plus la même mais les difficultés
des jeunes ne sont pas une nouveauté non plus.

Il faudra voir où nous en serons dans 20 ou 30 ans pour vraiment voir si nous sommes une génération « baby loser » ou pas.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Ni Bridget, ni Ally, Clara ou Carrie

Souvent, les jeunes blogueuses comme celle que vous lisez actuellement sont assimilées à Bridget Jones, Carrie Bradshaw, voire Ally McBeal ou Clara Sheller. Soit des histoires de
filles comme les autres à la recherche de leur Mister Big, Prince charmant tout parfait. De ce point de vue là, ok. Mais le modèle ne correspond pas pour autant.

clara-sheller

En octobre, je suis allée boire un verre avec Lucas. Au passage, Lucas, si tu passes par là, c’est pas que je m’inquiète mais si, si tu pouvais me faire un signe, ça me rassurerait
quand même… Donc on parle du sujet avec M. Lucas et là, il met le doigt sur ce qui ne va pas : nos amies, elles sont trentenaires. Les problématiques ne sont donc pas les mêmes.

 

Dimanche soir, je regardais Sex and the city sur Teva, en VO histoire de dire que je travaille mon anglais (mouahahah !). Carrie et ses copines croisaient dans cet épisode des
gamines de 13 ans fringuées comme des trentenaires, baisaient et dépensaient l’argent de papa comme si c’était le leur. Or, je pense qu’il ne faut pas brûler les étapes. A 26 ans, je n’en ai pas 30 + (oui parce qu’il me semble que si Ally passe le cap des 30 pendant la série, les autres sont légèrement au dessus, voire franchement au dessus pour les miss de Sex and the city qui terminent la série à 37 ans). Alors, oui, 4 ans, c’est rien, blablabla mais en fait si. Enfin, pour moi en tout cas. Pour l’heure, mon horloge biologique ne me traumatise pas. Moi, ce que je veux, c’est une relation sympa et pas prise de tête, pas trouver à tout prix un mec qui me filera ses gênes pour que je fasse un bébé. Parce que les enfants, j’aime toujours pas ça et que j’ai décidé que ma sœur se reproduirait avant moi, histoire que je vois si je suis à ce point nulle avec ces individus minuscules qui s’expriment en pleurant ou en gazouillant ou si finalement, je suis trop une future mère en puissance.

 

Et puis quelque part, j’envie ces femmes dont le seul problème, c’est L’homme. Trouver the only one. Après, elles ont des métiers (ce qui n’est pas mon cas) avec un salaire qui
leur permette de sortir et d’avoir un super appart (ben, j’ai pas de boulot donc pas de salaire, évidemment). Bref, une vie où le seul souci est de se trouver une moitié, je trouve qu’il y a pire
comme vie. Bon, évidemment, ce sont des séries ou des livres donc c’est dur de faire des « œuvres » sur du vide, genre pendant 5 ans, Carrie ne trouve pas un mec, ce serait chiant à pleurer… Quoi que… Mais après, quelque part, ça rassure : ouais, elles sont belles (oui, enfin, pour certaines, ça se discute mais c’est pas le sujet), intelligentes, pétées de tune mais seules. Bon, ça va alors, moi aussi, je suis seule, ça veut pas dire que je suis moche et conne. On comprend les angoisses de Bridget qui se lève trois fois dans la nuit pour se peser, le cœur déchiré d’Ally quand elle se rend compte que son grand amour est marié à une autre, on est heureuse quand Carrie retrouve son seul amour Big. Qui est quand même vachement plus beau que le vieux Slave chiant qu’elle se tape à la fin. Bref, en un mot, ces comédies tirent les bonnes ficelles qui font réagir notre petit cœur de princesse romantique à la recherche de son prince.

 

Ceci étant, ça m’agace quand on me limite à ça. Déjà, moi, je suis une vraie personne, pas un personnage. Y a des moments où je m’en fous de la recherche de L’homme, j’ai pas le
temps ou pas l’envie et j’ai d’autres trucs à régler vachement moins glamour. Genre me réinscrire pour la 38e fois aux assedics parce que j’ai oublié de leur dire que j’étais toujours
au chômage. Genre envoyer une lettre en recommandé à mon ancienne asso qui me doit toujours 600 euros (ça, remarque, c’est la super histoire à rebondissements, hein ? Quand on croit que
c’est réglé, hé bé non). Genre appeler la Poste parce qu’ils me font chier. Genre aller au salon du cinéma et se rendre compte qu’on
est potentiellement psychopathe. Tout ça, c’est pas glamour. Ca peut à la limite être Bridget mais pas du tout Carrie ou Ally. Encore moins Clara qui vit tellement dans son monde qu’elle n’a pas
trop conscience de genre de joyeusetés administratives. Et puis, elles, elles vivent dans un monde où tout est beau : des apparts fantastiques, des fringues démentes, des placards remplies
de chaussures qui font rarement mal aux pieds… Mais surtout, elles vivent toutes dans un monde de mannequin. Non mais sans déconner, elles ne croisent que des mecs sortis tout droit des pubs Hugo
Boss. Moi, même sans lunettes, c’est pas le cas.

 

Le truc, c’est qu’il ne faut pas trop se comparer à nos modèles. Tout ça reste fantasmagorique. Oui, la recherche de L’homme, c’est sympa. Mais faut pas oublier que L’homme
d’aujourd’hui ne sera peut-être pas celui de dans 10 ans et qu’il arrive souvent qu’on ait plusieurs hommes de notre vie, plusieurs Mister Big et c’est comme ça. On ne retrouvera pas notre grand
amour au détour d’une rue à Paris alors que ça fait dix ans qu’on se trouve, quitte, retrouve, requitte… Ben, moi,je trouve ça fatigant. On se quitte, on se retrouve une fois, à la limite, mais
on va pas faire 107 ans ce même cirque, on a un peu autre chose à faire. Et puis, franchement, au bout des 15e retrouvailles, vous pensez réellement que ça va marcher, ce
coup-ci ?

 

Bref, ces vies ne sont que des vies fantasmées. Des modèles amusants, pourquoi pas mais des idéaux de vie… Quelque part, passer sa vie à juste chercher le prince charmant, c’est un
peu triste, nan ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

One woman show

Dans la vie, je ne fais pas que regarder la télé en envoyant des CV, non, non, non. Il m’arrive de sortir et de faire des choses à visées culturelles. Donc lundi, je suis sortie pour voir un one woman show, Lady Brind’zingue, joué par Aurèle (si vous tombez sur le blog de Lady, mieux vaut le lire après avoir vu le spectacle, sinon, vous allez pas comprendre). La demoiselle joue tous les lundis soir, à la Loge, dans le 9e, la plus petite salle de théâtre de Paris (17 places !). Grâce à mon boulot d’attachée de presse pour Modo (c’est elle qui tient le rôle principal dans le synopsis en vidéo, pour ceux qui ne suivent pas), j’ai pu avoir une place gratuite.

 J’arrive un peu en avance pour pouvoir choisir ma place puis le spectacle commence. Bon, je vais pas tout vous raconter, je ne veux surtout pas déflorer votre plaisir. Je vous fais un petit résumé : après s’être débarrassée de son petit ami Jean-Paul (en le poussant en haut d’une falaise), Lady repart à la recherche de l’amûûûûûûûr. Mais vu que Lady n’est pas comme les autres, cette recherche ne ressemble à rien de connu. Oui, c’est pas Bridget Jones sur scène, non, non, non ! Parce que moi, les Bridget, Clara et compagnie, elles me saoulent un peu. Comme si être célibataire était la fin du monde… Là, justement, c’est marrant car Lady a une vision très particulière de la séduction et de l’Homme. Bon, je vais pas vous en dire plus parce que sinon, je vais balancer des vannes à base « ouais et quand elle dit ça, c’est trop drôle » et je déteste les gens qui font ça. Genre les gens qui me balancent qui est le tueur dans Usual Suspect ou les gens qui vous indiquent gentiment « atta, atta, là, c’est trop drôle ! » comme si j’étais pas capable de m’en rendre compte toute seule. Ca va, je suis pas débile non plus, je peux comprendre toute seule quand il faut rire ! Bon, Aurèle, moi, je l’avais vue dans les courts de Mitchoum Productions, des films qui ne jouent pas précisément la carte de l’humour donc j’avoue que j’étais curieuse de la voir dans un rôle comique. C’est dingue, on dirait carrément pas la même personne ! Mais elle assure dans les deux domaines.
 

Bon, ensuite, nous avons pris Gildas (le scénariste de Modo) sous le bras et on est allé boire un verre tous les trois dans un bistrot voisin en grignotant des tapas. On revient un peu sur le spectacle et sur le public du soir. Il faut savoir que, dans son spectacle, Aurèle fait participer le public et c’est toujours à quitte ou double. On tombe bien, ça se déroule tout seul mais si vous tombez sur le ronchon de service, sortez les pagaies. Par exemple, souvenez-vous du spectacle d’Axelle Laffont en DVD, elle demande à un mec dans le public de faire la voiture, il lui répond « elle est en panne ». Super ! Donc, là, il faut reprendre la situation en main sans paniquer. Aurèle m’a raconté plusieurs anecdotes du style pour son spectacle, des gens qui lui font ce genre de tour. Faut vraiment réagir au quart de tour sans faire remarquer que ce genre de réponse n’était pas attendue…

Le public est très important dans ce genre de spectacle, même si vous le faites pas intervenir. En octobre, j’étais allée voir un one man show et on avait discuté ensuite avec l’artiste et la chargée de prod qui disaient que, selon le soir, le public ne réagit pas pareil et les jours où ça rit pas trop, c’est plus dur de donner le meilleur de soi. Aurèle m’a dit la même chose. Il y a des soirs où les gens rigolent à la même blague et d’autres où les gens sourient. Non mais imaginez, vous êtes en train de jouer votre spectacle et personne ne réagit, ça doit être dur. Moi, avec mon foutu caractère, je finirais par péter un plomb et arrêter le truc en plein milieu… Non, ok, je le ferais pas mais c’est vrai que ça doit être super frustrant. Surtout que selon les gens avec qui on assiste au spectacle, ça peut avoir un effet inhibant ou, au contraire, exaltant. Lundi, quand j’y suis allée, il y a avait une famille certes sympathique mais qui ne jouait pas trop le jeu. Du coup, ça inhibe vachement (même si moi, j’ai joué le jeu, nananère !). C’est un peu comme au lycée ou à la fac, quand vous étiez dans des classes ou personne ne participe. L’ambiance est plus tendue et, du coup, vous n’osez pas l’ouvrir. Sauf si le prof est super beau, là, je participais toujours mais c’était assez rare que j’aie de beaux profs. Et le dernier prof qui m’a interrogée, j’étais un peu pompette, j’ai répondu juste alors que je comprenais même pas ce que je disais. Les relations internationales, c’était inné, chez moi.

Mais revenons à notre spectacle. J’explique à Aurèle que, pour rigoler, j’avais décidé d’écrire un one woman show qui compte joyeusement… un sketch. Mais j’ai d’autres idées en prévisions : la politique, l’hypersexuelle (c’est notre chouchoute avec mon agente, aka LilVirgo), l’ANPE… Enfin, faut juste que je les écrive, quoi. Là, Aurèle et Gildas me demandent, tout enthousiastes : « Mais pourquoi tu le joues pas ? ». Non mais ça va pas ? Me mettre sur une scène devant des gens qui me regardent et qui m’écoutent mais c’est pas possible ! Je suis pas actrice moi ! La dernière fois que j’ai joué la comédie, c’était en terminale pour la fête de l’école, je jouais un nain de Blanche Neige avec 3 autres filles (oui, notre princesse était un mec en santiags, on était profondément débiles). Evidemment, j’arrive sur scène et je perds mon bonnet donc je commence à rire, encouragée par Yohann en fée qui est mort de rire et on s’emmêle un peu les pinceaux sur scène mais bon, tout est bien qui finit bien. Tout ça pour dire qu’actrice, c’est pas mon métier. Je suis même pas sûre d’être capable de retenir tout ce texte, pourtant écrit avec mon clavier. Et surtout, si le public est du genre pas expansif, je vais mal le prendre, je serais capable de leur dire : « Ben alors, vous avez le droit de rire, vous savez ? ». Non, moi, j’admire les gens capables de s’exposer comme ça, sur scène, de jouer un spectacle d’une heure à une heure et demi en étant tous seuls sur scène. Etre actrice (ou comique), c’est un métier… Et c’est clairement pas le mien (même si je suis pas timide et super drôle, mouarffff !)

id= »radioblog_player_0″ bgcolor= »#ECECEC » allowscriptaccess= »always » src= »http://stat.radioblogclub.com/radio.blog/skins/mini/player.swf » type= »application/x-shockwave-flash »>

Rendez-vous sur Hellocoton !

Louis

Sur Meetic, les photos tardent à être publié, il faut compter environ deux jours pour trouver sa photo sur son profil, à moins de payer. Etant étudiante, je n’avais aucune envie de donner des sous pour que mes photos soient en ligne plus rapidement d’autant que, au départ, je pensais sincèrement que l’aventure tournerait court. Les premiers jours, je m’amusais donc à visiter pleins de profils et à sélectionner des tas de gars, cachée derrière l’icône type que nous attribue meetic quand nous n’avons pas de photos (un œil, en fait, comme c’est sensuel).
 
Une fois ma photo validée, comme je n’avais pas choisi la plus moche, les visites et les flashs se sont multipliés.
Pour mes « recherches », je me suis d’abord limitée à ma ville, la région attendra. Je fais un peu ma sélection, je visite notamment la page d’un jeune homme que je ne sélectionne pas et flashe encore moins (ça, je ne le fais en général qu’après la rencontre, j’avance à couvert…). Le soir où mes photos sont publiées, je reçois un chat de sa part, j’essaie de répondre mais, comme d’habitude, ça ne fonctionne pas donc je lui envoie mon identifiant MSN et nous partons à chatter là-dessus. Il se prénomme Louis, il me bombarde de photos de lui, de sa moto, de sa future nièce, de son futur chat… En fait, je l’ai trouvé très touchant car, lors de notre second chat, il m’envoyait des photos de chats en train de venir au monde tout en se réjouissant du fait qu’il pourrait en récupérer un.
 
On chatte une semaine avant de se rencontrer, notre sujet de prédilection fut de commenter ce qui passait à la télé puisque nous regardions souvent le même programme. A partir du moment où nous avons fixé notre premier rendez-vous (la veille de l’ascension, pour ne pas avoir à se lever le lendemain), la conversation a pris un tour plus coquin tout en restant relativement soft. La veille de notre rencontre, puisqu’il était convenu que Louis viendrait dormir chez moi, nous avons eu une conversation assez hallucinante sur ce qu’il devait amener à la maison ou pas (« des serviettes de toilette, j’en ai de trop mais je n’ai pas de produit pour tes lentilles, vu que je n’en ai pas ! »)… Ca m’a rappelé ma tendre enfance, quand j’invitais des copines à dormir à la maison. Mais quelque part, ce fut troublant : c’était la première fois que je planifiais ce genre de nuit coquine ! Mais, en même temps, c’était excitant.
 
Le lendemain, le jour X, il passe me prendre directement chez moi pour qu’on aille au restaurant et il arrive dix minutes en avance. J’avoue que je ne suis pas habituée du tout aux hommes ponctuels, je suis toujours tombée sur des retardataires, jusque là, donc je n’étais pas tout à fait prête.
 
Il y a toujours un moment angoissant dans ce genre d’aventure : le moment où l’on se découvre physiquement. Est-il aussi bien que sur sa photo ? Ne va-t-il pas être déçu par la version réelle de ma personne ? Eternelles questions qui reviennent à chaque rencontre. Donc, le voilà derrière ma porte, il est temps d’ouvrir… Fin du suspense, nous nous retrouvons enfin face à face. Bon, il ne ressemble finalement à aucun de ses photos mais il est quand même assez charmant, il a d’immenses yeux bleus qui me scrutent de la tête aux pieds. C’est le jeu, après tout.
 
J’enfile ma ceinture toujours sur le regard appuyé du jeune homme et nous voilà partis pour le restaurant, un moment assez pénible, en fin de compte. La cuisine n’est absolument pas en cause mais mon prétendant n’a pas vraiment de conversation donc les blancs s’enchaînent et, à la fin, je ne fais plus l’effort d’entretenir un semblant de discussion. A 21 heures, nous voilà hors du restaurant et nous retournons tranquillement chez moi pour regarder une vidéo, à savoir « les indestructibles » de Disney, une séance hautement érotique, donc. Au moins, devant le film, on n’a pas besoin de faire semblant d’avoir des choses à se dire. Au fur et à mesure, on se rapproche un petit peu, bras contre bras, jambes contre jambes. Mon sens de l’autodérision me pousse à sourire de la situation, j’ai l’impression que nous sommes deux adolescents au cinéma, attendant impatiemment que l’autre fasse le premier pas. Finalement, c’est lui qui agit, sans doute car il connaissait déjà le film. Je commence à sentir ses doigts gratouiller gentiment mon bras, je prends son geste comme une invitation, à raison d’ailleurs. Nos lèvres s’effleurent et c’est parti pour une étrange séance d’embrassades que j’ai un peu de mal à maîtriser. En fait, Louis a une façon assez bizarre d’embrasser, sa langue fait de minuscules incursions dans ma bouche avant de se retirer, j’ai quelques difficultés à attraper le rythme. Le film continue à passer mais on n’y fait plus attention.
 
La nuit fut douce et câline, il est très demandeur de câlins, on s’endort dans les bras l’un de l’autre, c’est agréable et ça me fait oublier le calamiteux début de soirée. Le lendemain, il reste chez moi jusqu’à 16 heures, il pioche dans ma collection de mangas tandis que j’avance dans la lecture de mon roman, toujours aucune communication mais, étrangement, ça me dérange moins. Après le déjeuner, je me blottis contre lui pour regarder la télé…et je m’endors. Je suis assez coutumière du fait. Avec mon ancien petit ami, j’avais cette mauvaise habitude de m’endormir alors qu’on regardait un film et je ratais pas mal de scènes importantes, je ne comprenais plus rien. En même temps, si je m’endormais, c’est que le film n’en valait pas la peine.
 
Il finit donc par quitter mon appartement vers 16 heures en me donnant rendez-vous sur le chat le soir même mais, même sur Internet, la conversation est toujours aussi laborieuse mais je me suis faite une raison : il n’est pas bavard, je ne vais pas le forcer à me sortir de longues tirades.
 
Suite à ça, j’essaie de le recontacter pour qu’on se voit mais il a toujours mieux à faire. Légèrement agacée, je lui demande si il pense qu’on se reverra et, ô surprise, il me répond : « oui, sans doute. ». Bien ! Apparemment, il a été très satisfait de notre folle nuit, j’avoue que j’en suis un peu flattée, même s’il m’a avoué que je n’étais pas précisément son style de fille.
 
A partir de là, je ne le relance plus, occupée ailleurs. Ceci étant, on se parle toujours, il me demande de mes nouvelles, on se tient vaguement au courant de nos vies. C’est amusant de voir à quel point le dicton se vérifie : « je te suis, tu me fuis, je te fuis, tu me suis ». A partir du moment où je ne l’ai plus sollicité, c’est lui qui est revenu à moi jusqu’au jour où il me propose d’aller au cinéma, ce que je m’empresse d’accepter. Ce n’est pas tant que j’avais une folle envie de remettre le couvert avec lui (bien que je garde un très bon souvenir de nos ébats), mais je mourrais d’envie d’aller voir ce film, en l’occurrence Star Wars III, et je n’aime pas aller au cinéma toute seule.
 
Je lui file donc rencard le mercredi, vu que j’avais deux rendez-vous meetic le lundi et le mardi, dont celui avec Julien. Le jour J, le voici donc qui arrive chez moi, toujours en avance. C’est fou, ce doit être le seul individu à pénis qui est équipé d’une montre… Non parce que si on considère mon individu à pénis de référence, Gauthier, on comprend que je sois étonnée par un mec ponctuel. Au moment où il arrive, j’étais en train de rattraper mon chat dans le couloir donc je lui ouvre et ne lui fais ni la bise, ni ne l’embrasse… En fait, je ne savais pas trop ce que j’étais censée faire : nous ne sortons pas ensemble mais dans la mesure où il a exploré mon intimité, dois-je me contacter de lui faire la bise ou un contact linguistique serait plus approprié ? Avec Benoît, on s’embrasse à chaque fois mais, lui, c’est différent, il ne vient me voir que pour me sauter, pas pour aller au cinéma…
 
Il rentre donc chez moi et il s’installe sur mon canapé, tranquille, et reprend sa lecture de mangas tandis que je fais la cuisine, la conversation se limite à des banalités genre « ça va ? Oui, et toi ? ». En même temps, c’était le lendemain de ma rencontre avec Julien et j’étais en pleine réflexion, je n’avais pas envie de parler. Une fois le repas prêt, on mange en silence devant les infos puis on commence à regarder Clara Sheller, je lui explique rapidement l’histoire, mais nous n’avons pas le temps d’admirer cette œuvre française, nous repartons chez lui pour récupérer sa moto et foncer au cinéma.
 
Ici est le départ d’une grande aventure. En effet, j’ai passé 25 ans de ma vie sans poser mes royales fesses sur une moto donc je pressentais le pire… Pourtant, j’étais sortie avec un motard, dans le temps, mais il avait crashé sa moto et n’avait pas d’argent pour la réparer, donc… Bref, je découvre au passage son appartement et je comprends pourquoi il était plus simple de faire des folies de nos corps chez moi : outre la taille de l’appartement, 20 mètres carrés et un bordel indescriptible, son lit est situé en mezzanine. Donc pour s’envoyer en l’air, vous êtes priés de pratiquer le missionnaire, tout autre position étant soit impossible, soit fortement déconseillée (franchement, se fracasser le crâne pendant un coït endiablé, ça vous casse une ambiance…).
 
On récupère casques et gants, l’engin sur lequel je me hisse avec peine (ma souplesse n’est pas en cause : comment voulez vous que j’arrive à faire quoi que ce soit avec un casque intégral ? Je n’y voyais rien !) et c’est parti ! Comme je lui avais avoué ma virginité en moto, il m’avait expliqué comment se comporter, j’ai été très appliquée. J’avoue que cette expérience m’a beaucoup plu et je suis ravie de savoir que mon futur plan brouette (Cédric, j’en parlerai quand ce sera fait) est un motard et qu’il doit me promener sur cet engin-là. En fait, j’ai toujours aimé la vitesse même si, sur la route, je ne me suis jamais prise pour Fangio… Oui, évidemment, ma voiture était une Clio premier modèle mais tout de même…Sur la moto, on ressent très bien la vitesse, c’est vraiment grisant… Cuisses contre cuisses, mes bras autour de sa taille, le vent qui caresse mon casque… C’est hautement érotique, tout ça !
 
Nous arrivons sans encombre au cinéma mais la séance précédente n’est pas terminée donc il me questionne un peu sur mes aventures meetic, ce qui me dérange un peu. Bien que nous ayons partagé une folle nuit ensemble, j’ai du mal à le considérer comme un confident et je lui réponds très évasivement, il en fait autant. Heureusement, il est temps d’entrer dans la salle et la conversation s’arrête là.
 
Une fois le film terminé, on repart en moto, ce qui nous empêche de commenter quoi que ce soit. Devant chez moi, on s’embrasse de façon assez torride pour se dire au revoir (j’avais oublié qu’il embrassait bizarrement), chacun dormira dans son lit, cette nuit. Depuis, il continue à venir me parler. Un soir, alors que je ruminais des idées noires, il vient discuter, m’expliquant qu’il était avec deux amis. Déchaînée, je m’amuse à lui proposer que tout ce petit monde vienne chez moi pour une folle partie à 4, il entre dans mon jeu… Le plan à 4 est compromis car l’un des participants ne veut pas faire de cochonneries en groupe, l’autre est allergique au chat… Nous rigolons puis la conversation s’arrête. Quelques temps plus tard, je vois qu’un nouveau contact m’a ajouté dans sa liste MSN. Louis m’ayant dit qu’un de ses amis avait attrapé mon pseudo, je lui demande si la personne qui m’a rajouté est bien son ami. En effet, étant blonde naturellement, j’avais eu la grande idée d’utiliser mon pseudo MSN pour meetic donc je recevais de nombreuses invitations que je refusais toujours… En fait, la première fois que ça m’est arrivé, je pensais qu’il s’agissait de quelqu’un à qui j’avais effectivement donné mon adresse et je suis tombé sur un lourd… Je lui demande et là, réponse : « oui, en fait, je suis l’ami de Louis, il est parti aux toilettes »(merci de préciser…). Et voici le jeune homme qui commence à me parler. Je découvre qu’il ne sait absolument rien sur moi, si ce n’est : « tu es mignonne et tu n’habites pas loin »… Je me demande ce que Louis a dû dire sur moi pour que ce jeune homme se jette virtuellement sur moi… Je sais qu’il leur a montré des photos de ma personne mais a-t-il raconté nos brouettes ? En attendant, je sympathise avec Aurélien et, maintenant, je suis dans une situation bizarre : Louis me casse souvent Aurélien sans pour autant me déconseiller franchement de coucher avec lui (de toute façon, je fais ce que je veux et je ne suis pas sûre qu’il se passera quelque chose avec lui). Je ne sais pas si j’ai très envie d’être la fille que l’on se passe de pote en pote…
 
Cette semaine, Louis est un peu revenu dans mon paysage, j’avais besoin de ses services, en fait. En effet, je me suis pris un vent magistral avec Julien, le week-end dernier, mon catsitter attitré. Déjà, je narre mes malheurs à Louis sur MSN et ce charmant garçon décide de me remonter le moral en m’assénant une phrase pleine de poésie et d’amour : « Pourtant, tu es un bon coup ! ». Bon, mon ego devrait s’extasier de cette déclaration (bien que je n’ai jamais eu de doutes sur ce point…) mais il faudrait que les hommes comprennent que sous mon opulente et appétissante poitrine, un petit cœur bat. Ayant perdu mon catsitter officiel, je demande à Louis s’il peut le remplacer et il accepte. Voilà une bonne épine enlevée de mon pied, ô joie !
 
Avant de repartir dans ma province, je passe donc chez lui pour lui amener un double de mes clés. Il s’est laissé pousser la barbe et ça lui va bien, ça le vieillit un peu, je trouve. On se fait la bise, cette fois-ci, on discute quelques minutes, il a parfois tendance à me regarder droit dans les fesses (quelle idée !), ce qui me trouble un peu mais je n’ai pas le temps de m’attarder, j’ai un rendez-vous avec une collègue de mon ancien stage. En tout cas, une chose est sûre : je trouve ce garçon sympathique, il est gentil malgré sa maladresse et s’il est tenté pour une nouvelle nuit blanche en ma compagnie, j’accepterai avec grand plaisir…
Rendez-vous sur Hellocoton !

Edito/Présentation

Les amours des trentenaires ont la côte ! Entre les aventures sexo-urbaines des girls de « Sex and the city » et les états d’âme acidulés de la française Clara
Scheller, on connaît tout des angoisses amoureuses de ces filles qui ont fini de faire la fête et partent à la conquête d’un mari pour la vie.

Les ados ont aussi leur lot de séries les représentant, plus ou moins fidèlement, ce serait trop long d’en faire la liste, d’autant que je ne suis plus de cette génération et qu’il en sort tous les deux jours.

Mais qu’en est-il des jeunes entre 20 et 30 ans ? N’existe-t-on plus à partir du moment où on passe la majorité ? Quand on détaillera le film de notre vie, sur notre lit de mort, serons-nous face à un abîme de 10 ans durant lesquels il ne se passe rien ? Même le dictionnaire ne parle pas de cette période : on est adolescent ou trentenaire, mais rien entre les deux. A la limite, la plupart d’entre nous fêteront leur catherinettes au milieu de cette triste décennie, histoire de dire qu’il s’est passé quelque chose.

Pourquoi personne ne parle des vingtenaires alors que leur vie (notre vie, puisque j’en fais partie) est tout aussi fascinante ? Peut-être parce que nous sommes de la mauvaise génération : génération SIDA, génération chômage, génération sacrifiée… Pourtant, nous nous amusons, aussi, nos vies amoureuses n’ont rien à envier à celles des autres tranches d’âge !

Partant de ce constat, ce blog va narrer la vie de six vingtenaires comme les autres, entre boulot, amourettes et soirées entre copains… Car nous sommes finalement au bel âge : on garde un certain romantisme de nos années adolescentes, on espère sans l’avouer que le prince charmant viendra frapper à notre porte. Mais nous ne subissons pas encore l’appel de nos ovules qui se demandent bien à quoi elles servent. On a encore le temps de se caser et on en profite. De plus, à force d’entendre qu’on mourra tous de notre tumeur du cerveau à force d’utiliser nos téléphones portables, ordinateurs et micro-ondes, d’un cancer du poumon ou de la peau dû à la pollution ou encore que la planète explosera lors de la prochaine guerre mondiale, on est poussé à vivre notre vie à fond !

Ici, vous suivrez les histoires d’Anne, Clara, Lucie, Victoire et Gauthier racontées par votre humble servitrice, moi. Un peu romancées, nos histoires n’en sont pas moins vraies. Les prénoms ont cependant été modifiés pour ne pas nuire à l’intimité de notre joyeuses troupes et celle de nos conquêtes. Comme je suis « responsable » de ce blog, ma partie sera forcément plus étoffée mais ce n’est pas pour autant qu’elle est plus trépidante que les autres.

Venez vous éclater avec nous !

Nina

Rendez-vous sur Hellocoton !