Arrival ou la suspension consentie de l’incrédulité

On a des phases, avec Victor genre “tiens, si on allait au ciné”, ce qui fait qu’on y est déjà allés 2 fois en 2017… mais qu’on devrait très rapidement arrêter. Dernier film vu : Arrival de Denis Villeneuve, une oeuvre sur laquelle on est radicalement pas d’accord à l’arrivée et qui nous a occasionné une petite dispute. Car on a un souci avec la suspension consentie de l’incrédulité.

Suspension consentie de l'incrédulité

Je vais d’abord vous pitcher rapidement le film : douze vaisseaux extraterrestres arrivent sur Terre mais on ne sait pas trop ce qu’ils veulent. L’armée fait donc appel à Louise Banks (Amy Adams), très éminente linguiste, pour tenter d’entrer en contact avec eux, et de Ian Donnelly (Jeremy Renner) un physicien. Le film va donc se concentrer sur les liens qui se tissent entre eux et les extraterrestres, des espèces de poulpes géants à sept pattes, appelés donc heptapodes. Ce film est esthétiquement très beau et assez émouvant, j’ai eu la gorge serrée sur les dernières scènes. Car ça parle pêle-mêle de langues, de réaction des Terriens face à ce contact compliqué (avec évidemment le camp des belliqueux incarnés comme il se doit par le camp de l’Est, à savoir Chine et Russie) mais aussi de choix.

Arrival, vue du vaisseau

Le travail sur la brume dans ce film est juste génial

Maintenant, définissons la suspension consentie de la crédulité : dans une histoire qui met en place des éléments difficiles à admettre au départ (genre des poulpes extraterrestres qui débarquent un beau matin), on les accepte à partir du moment où l’univers construit est cohérent. Karim Debbache en parle ici, par exemple. Donc ici, on peut admettre sans trop de soucis cette arrivée extraterrestre vue que c’est une hypothèse qu’on a vu dans de très nombreux films, notamment Independence Day et Independence Day : Resurgence (que j’ai détesté), Signs, la guerre des mondes, E.T., Rencontre du 3e type, X files, etc. Cependant, il faut que le reste du récit fonctionne et c’est là que Victor et moi ne sommes pas d’accord. Attention, spoiler dans le paragraphe suivant.

Amy Adams dans Arrival

Dans Arrival, les extraterrestres utilisent un langage écrit à base de cercles, tracés dans les airs par une espèce d’encre (c’est franchement beau) et je salue une nouvelle fois le travail sur l’esthétique du film. On apprend à mi parcours que chez les heptapodes, le temps n’est pas linéaire comme pour nous mais cyclique et donc qu’on peut naviguer entre présent, passé et futur (même si en l’occurence, le passé ne sert à rien dans cette histoire). Louise, en apprenant le langage des heptapodes, développe malgré elle la capacité de voir le futur et on découvre que l’histoire de sa fille qui nous est présentée en début de film se passe en fait après la fin de celui-ci. Mais le film est conçu comme un palindrome et peut se lire dans les deux sens, le nom du film apparaît d’ailleurs à la toute fin de celui-ci. Quand Louise est forte de ce savoir, elle entrevoit alors une scène du futur où le général chinois qui voulait tout péter lui donne son numéro de téléphone pour qu’elle l’appelle dans le présent et qu’elle lui dise les derniers mots de sa défunte épouse. Et là, craquage de Victor “c’est pas possible, ça crée un paradoxe temporel, c’est nul”, moi “mais non puisque quand il lui parle dans le futur, ils savent comment ça fonctionne et il sait qu’il doit lui parler pour lui donner la clé”.

Amy Adams dans Arrival

J’ai accepté le deal, lui non. En rentrant, je cherchais à quel film ça me faisait furieusement penser et quelques notes d’orgue m’ont donné la solution : Interstellar. C’est peu ou prou le même dénouement : un élément du futur qui influe sur le passé pour lancer l’intrigue, deux points du temps solidement imbriquées… et j’avais pas aimé Interstellar, même si je ne m’étais pas offusquée de ce loop temporel. On est dans la base même de terminator également : si John n’avait pas renvoyé Kyle dans le passé, il n’aurait pas existé… Ok mais la première fois que l’histoire s’est déroulée ? Ah ben non : Skynet n’existe que parce que le Terminator avait été renvoyé dans le passé mais du coup, s’ils arrivent à supprimer tout le matériel de base servant à Skynet pour devenir ce qu’il est (ce qui est censé se passer dans le 2), John devrait dès lors disparaître puisque le futur a changé et que son père ne reviendra jamais voir sa mère  dans le passé ? Un peu comme dans Retour vers le futur où en modifiant le passé, Marty met en péril son présent…

Terminator 2 : Sarah, John et le terminator

Du coup, je me demande : à quel moment tu peux sortir d’un film et être écrasé par l’aspect pas crédible du truc, même si tu as accepté le fait qu’on t’embarquait dans un univers pas vraiment réaliste ? On a peut-être pas tous le même prisme de lecture. Je me rends compte qu’en général, je réagis par empathie : quand un personnage fait un truc con ou illogique, ça me fait sortir du film (justement ce que je reprochais à Interstellar dont les personnages étaient beaucoup trop placides à mon goût). Victor semble lui plus sensible à la rigueur scientifique : si c’est pas bien expliqué, ça se peut pas et c’est tout.

L'écriture des heptapodes dans Arrival

De l’univers tissé ou de l’empathie pour les personnages, qu’est-ce qui rend la suspension consentie de l’incrédulité plus facile à accepter ? Apparemment, il n’y a pas de généralités.

Si vous avez vu le film, j’aimerais bien votre avis sur la question, d’ailleurs.

PS : Et sinon, deux petites vidéos sur le film que j’ai bien aimées : Linguisticae pour le côté linguistique et nexus 6 pour le côté « première rencontre »

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A l’autre bout du monde

Par Laurent

Aujourd’hui petit article léger avant de repartir sur des sujets plus controversés.

Depuis quelques jours je suis sur les sites internet des télés australiennes les violentes inondations qui recouvrent le Queensland depuis maintenant une dizaine de jours.

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Je me suis rendu compte que je me sentais beaucoup plus concerné par ce que qui se passait là bas que par ce qui se passait en France. Non que je sois insensible à ce qui se passe devant ma porte, mais pour moi l’Australie a toujours eu une signification particulière. 

Pour comprendre ca, il faut savoir qu’ado j’ai toujours utilisé ce pays comme un exutoire à tous mes malheurs. Dans la montagne perdu ou j’ai grandi il faisait froid, je ne pouvais pratiquer mes passions que 2 mois dans l’année, 80% des filles étaient brunes (pas un défaut en soi mais je fonds sur les blondes), les voisins étaient distants voir désagréables entre eux, et les gens étaient malheureux au boulot. 

Pour moi l’Australie représentait tout ce qui me manquait : le soleil toute l’année, la possibilité de jouer au volley ou de surfer tous les jours, des blondes sveltes aux cheveux longs à tous les coins de plages, des gens sympa avec tout le monde, une ambiance décontract au boulot.

Pour faire simple c’était mon utopie à moi. A tel point que je m’étais dit étant ado que si j’étais pas heureux à 25 ans, je plaquais tout pour aller vivre la bas. Une déception amoureuse aidant, c’est effectivement ce que j’ai fait, j’ai dit au revoir à mes amis, à ma famille, vendu une bonne partie de mes affaires pour m’acheter un billet d’avion, sans
aucune certitude sur le fait de revenir un jour en France.

Au final j’en suis revenu, mais le fait de revoir l’Australie à la télé – même des images plutôt douloureuses – a été comme un revival des choses extraordinaires que j’ai vues là bas. 

Je me permets de les partager avec vous.

Le climat

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On a tous rêvés en voyant les vidéos de maman noël en bikini à bondi beach. Certes le mois de décembre correspond là bas au beau milieu de l’été, mais il y a quand même une part de réalité dans ce mythe de l’été austral sans fin.

Le pays est tellement vaste que vous n’aurez que l’embarras du choix entre l’humidité étouffante des tropiques, l’aridité extrême du désert, la neige des black mountains, mais surtout la côte Est entre Sydney et Rockhampton (où vivent plus de la moitié des locaux) vous garantissant une température annuelle comprise entre 15 et 35°.

Imaginez ne plus avoir froid de votre vie, plus de rhume, une armoire ne contenant que 2/3 pulls par précaution, mais des shorts et des maillots de bain par dizaines, les gens là bas vivent comme ca. 

Le lifestyle

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L’image que nous en avons en Europe est d’un pays où tout le monde va surfer et se taper une petite mousse en bord de plage après le boulot. Bien évidement tout le monde ne surfe pas, mais ce pays a une tradition de sport (4° nation au JO d’Athènes avec seulement 20 millions d’habitants) et on voit des joggers / nageurs / surfeurs un peu partout. Une chose
qui est super, c’est qu’il est admis dans la majorité des entreprises de gérer son emploi du temps comme on le souhaite. Ainsi les gens peuvent travailler les soirs ou les weekends pour se dégager des demi-journées de temps libre en semaine. 

Une statistique étonnante dit que 52% des australiens ne prennent pas l’intégralité de leurs congés. Non que cela soit mal vu comme au Japon, mais plutôt dû au mode de management du personnel qui met en avant l’esprit d’équipe et la confrérie au sein des entreprises. Ainsi les employés d’une même boite organisent entre eux plusieurs sorties dans la semaine (impensable en France !). 

En résulte que les gens sont épanouis, décontractés et sympas, et au final tout le monde parle avec tout le monde dans la rue sans arrière pensée. En arrivant à Sydney quelques heures après mon atterrissage, je me suis fait interpellé 3-4 fois dans la rue par des inconnus me proposant de m’aider à porter ma valise (35 kg quand même, et sans roulette !).
J’aurais été une jolie nana j’aurais compris le but de la manœuvre, mais là c’étais gratuit, sans rien attendre en retour, et j’ai trouvé ca génial par rapport à la France où tout le monde fait la gueule.

Le niveau de vie

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Avant de partir j’avais l’apriori que vivre la bas serais beaucoup plus cher qu’en France (du fait que nos insulaires arrêtent pas de se plaindre), mais une fois sur place je me suis rendu compte que je me faisais de fausses idées.

Une bonne partie des objets manufacturés viennent de Chine et donc sont peu chers. La nourriture est également beaucoup moins chère qu’en France (jusqu’à 3 fois moins pour la viande) même si les légumes (importées) ne sont pas donnés. Les habitations sont en général de pleins-pied et en bois, ce qui fait que leurs constructions (250 000€ pour une maison avec jardin avec vue sur la mer) sont abordables assez rapidement pour les jeunes couples qui en deviennent propriétaire. L’automobile (importée du Japon ou des US) est plutôt accessible et le pétrole est bon marché car ils le produisent eux même. L’Australie a à peine subit la crise, étant le premier producteur mondiale de charbon, sa croissance en 2008 était de 4 .3%. D’ailleurs le pays est en plein emploi (4% de chômage) et a ouvert la porte à 2 millions d’immigrés qualifiés depuis 1994 (essentiellement des indiens, chinois et britanniques).

La politique

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Le modèle de politique australien est un mixe entre le modèle anglais (Elisabeth est également reine d’Australie) et le modèle américain. Sans vouloir porter le débat sur le champ politique, je trouve qu’ils ont trouvés un bon équilibre : les études sont payantes mais largement subventionnées pour les diplômés voir remboursées pour les mentions, l’Australie s’est doté depuis environ 5 ans d’une couverture de santé publique, beaucoup d’administrations sont gérées par des sociétés privées et ça fluidifie drôlement le quotidien (j’ai pu passer mon permis moto en à peine 2 jours !). Les armes sont prohibées en Australie mais il existe beaucoup d’associations de surveillance du voisinage qui font rentrer les choses dans l’ordre au moindre bordel et la petite criminalité n’existe pas ou peu. Cela peu paraitre très libéral comme système, mais il réside néanmoins une grande solidarité, la majorité des australiens donnent chaque année à des œuvres caritatives, les français ne peuvent pas en dire autant.

Si c’est le paradis sur terre, pourquoi je n’y suis pas resté me direz-vous.

La décision de revenir n’a pas été simple, comme casser délibérément mon propre rêve, mais il me manquait une chose indispensable : j’aime les gens et j’étais pas capable de communiquer avec eux comme je l’aurais voulu. 

Bien sur je parlais anglais tous les jours au boulot et j’étais parfaitement capable de m’exprimer au quotidien, mais il y a une finesse de langage que seuls les natifs peuvent avoir. Comprendre des blagues, en dire, avoir des discussions de fonds, faire preuve d’esprit, tout ça m’était des choses impossibles à faire en anglais, mes rapports avec les gens
demeurant donc forcement superficiels. Je me suis dit que ça allait forcement venir avec le temps, jusqu’au jour ou j’ai rencontré une traductrice française installée depuis 20 ans et qui n’était toujours pas capable de le faire, j’ai donc compris qu’il y avait guère d’espoirs à avoir. Ne me voyant pas avoir des rapports artificiels avec les gens durant les 50 prochaines années, j’ai décidé de rentrer en me disant qu’il serait toujours possible d’y revenir plus tard.

Avec quasiment 2 ans de recul, je me rends compte que ce pays me manque énormément et je pense effectivement retourner m’y installer plus tard, mais dans un contexte complètement différent. Plutôt dans une dizaine d’années avec femme et enfants. J’aimerais offrir à mes futurs gosses l’enfance que j’ai pas eue : les pieds dans l’eau avec des plages de
sable blanc à perte de vue. Bien sur, j’en profiterais aussi, maison avec vue sur la mer, grande cuisine américaine, terrain de beach-volley dans le jardin, le coin barbecue à l’ombre des palmiers, la décapotable des 80’s dans le garage, l’aile de kite prête à partir. J’ai appris à être en accord avec mes envies, et celle qui est la plus forte de toutes, c’est de lézarder le reste de mes jours pénard au soleil.

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En province, on a même l’électricité !

Petite, j’étais une grande publivore devant l’éternel, hors de question de me coucher sans avoir regardé la page de pub de 20h30. Depuis, j’ai grandi et je trouve plus d’agacement que d’émerveillement dans ces satanées pages de pubs. Et ce qui m’horripile le plus ? L’image de la province.


J’ai beau être parisienne depuis bientôt 4 ans (quand j’y pense, c’est fou !), je continue à expliquer à tous les gens que je rencontre que je viens du sud. Et la plupart me répondent : « ah bon ? Et l’est où ton accent ? », ce qui me donne envie de pleurer car mon accent du sud ouest était un facteur sympathie indéniable. Maintenant, on ne me demande même plus d’où je viens, je trouve ça d’un triste. Mais bon, je garde ma fierté de fille du sud ouest, je suis contente quand on vent des Airbus, que les équipes de rugby de pas loin de chez moi gagnent des matchs, que plein de Toulousains soient en équipe nationale de rugby et je serais presque émue de savoir que Toulouse (le Téfécé, comme on dit) a battu Bordeaux en foot si je ne détestais pas ce sport. Enfin, ok, c’est pas le sport en lui-même que j’aime pas, c’est tout ce qu’il y a autour.

Alors forcément, quand je vois ma région réduite à des images d’Epinal, je grince des dents. Souvenez vous la pub Rondelé avec Maïté et ses copains qui parlent des bonnes choses et notamment cette bonne femme en tablier immaculé et chignon strict genre « paysanne du XVIIIe siècle dans l’imaginaire collectif » qui ramasse des herbes en les disposant dans son beau panier en osier en disant « la ciboulette, peut-être… ». Alors déjà, j’ai beau ne pas être un as du jardinage, je SAIS que l’herbe et la terre, ça ne va pas du tout de pair avec un tablier blanc. A l’époque, je me demandais où se passait la scène car en France, en vrai, personne ne va ramasser la ciboulette avec un beau tablier démodé et un panier en osier bien garni.

 

Nouvelle pub qui me fait hurler, celle de la twingo XV de France (ou rugby, je ne sais trop) où on voit une classe de crétins qui répètent en imitant l’accent du sud « Engtre lé PERcheeeeeeuh ! ». Alors déjà, en temps qu’ex stagiaire en journalisme rugbystique, on dit rarement « entre les perches », la plupart des journalistes restent avec le « entre les poteaux ». Mais surtout, je suis étonnée que les publicistes parisiens qui ont une si belle image de la province (le Parisien qui « apprend » le provincial avec l’accent, pardon mais ça me fait hurler) n’aient pas tilté qu’il y avait aussi des équipes de rugby hors sud ouest. Y en a aussi dans le sud est et même deux en région parisienne qui évoluent en professionnel (le deuxième, c’est le Racing Metro 92). Plutôt que de mal imiter notre accent et mettre en avant un vocabulaire rugbystique peu usité, ils n’avaient qu’à faire appel à des joueurs de la région, tiens. Ah, c’est sûr, c’est plus cher mais ça m’aurait un peu moins énervée car dès que je vois la couillasse à la télé qui commence à répéter toute fière
« engtre lé PERcheeeeeeeuh ! Engtre lé PERcheeeeeeeeeuh ! », j’ai envie de l’attraper par les cheveux, la jeter par terre et lui donner des coups de pied en lui expliquant que dans mon pays, personne ne parle comme ça en vrai.

Et je suppose que nos amis du Pays Basque doivent aussi être fatigués par le pépé qui « goss goss » avec sa patate ou, à l’époque, la sale gosse qui répétait du basque quand on lui servait du Ossau Iraty.


Parfois, quand je vois la province qu’ils nous sortent dans les pubs, je me demande s’ils ne sont pas allés tourner leur film dans les régions rurales du fin fond de la Chine. Parce qu’à Toulouse, par exemple, on a quand même l’eau et l’électricité courantes, on a même l’ADSL et nous, en plus, on construit des avions ! Alors la province d’un autre siècle, ce serait bien d’arrêter un peu de nous la servir.

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Courrier des cœurs : réponse à Coach

Cette semaine, Coach nous a posé la question suivante : « Je suis avec ma copine depuis 4 ans et demi et voici mon dilemme.
Quand j’étais étudiant j’avais des rêves, des ambitions, notamment de m’expatrier, ou du moins de partir à l’étranger, tenter l’expérience, l’aventure..L’année dernière nous sommes partis en chine en vacances, c’était bien, génial, mais pour des vacances.
J’ai alors compris qu’elle ne pourrait ‘quasi » jamais accepter de partir avec moi vivre qq années la bas. depuis je ronge mon frein, j’ai enfoui ce désir, mais aujourd’hui c’est trop dur, mon envie de tenter l’aventure est trop forte… Que dois je faire ? Dois je oublier cette ambition ?
 
J’aime ma copine de tout mon coeur et de toute mon âme mais j’ai besoin aussi de m’épanouir. Le dilemme se corse d’autant plus que nous attendons un enfant bientôt. Que faire ? Comment lui dire ?
 
Merci d’avance
 »



La cellule love and sex s’est réunie pour répondre à cette question complexe et voici ce que l’on pense.

Enzo : Avec un enfant, ce sera encore plus dur. L’idéal serait de le faire maintenant. Si tu renies tes envies profondes, tu craqueras à un
moment donné, que ce soit pour la crise de la trentaine ou celle de la quarantaine ! Plutôt que de tabler directement quelques années, penses peut-être plutôt à quelques périodes de six mois renouvelables.

Lucas : Déjà si tu es avec elle depuis 4 ans et qu’elle est enceinte, faut-il encore parler de copine ? Ta compagne serait plus adéquat…
C’est toujours le même pb. Hable con ella ! Parle avec elle ! Evoque avec elle les bons cotés de l’expatriation, l’aventure, la découverte… Et surtout le gamin ne doit pas être un frein… Demande lui clairement ce qui la gêne et si elle n’a pas d’arguments donne lui quelques jours pour qu’elle réfléchisse, puis parlez en entre quat’z’yeux… Plus facile à dire qu’à faire.

Summer : C’est dur comme question! A ta place je me demanderais ce qui est le plus épanouissant pour moi: être là bas sans elle et
accessoirement sans mon gosse si elle ne veut vraiment pas partir ou rester ici et ne jamais tenter l’aventure. Ensuite oui, comme le dit Lucas une discussion s’impose, c’est aussi une décision à prendre à 2.

Jane : Sans enfant en jeu, j’aurais clairement dit « Fonce et tente l’aventure, histoire de ne pas avoir de regrets dans quelques années ». Parce que malheureusement, il se peut que lors d’une dispute, le sujet soit remis sur le tapis, et généralement, ça tape là où ça fait mal.
Mais avec un enfant en construction… Ce n’est plus uniquement vous deux, mais vous trois maintenant, et décider de partir en prenant le risque qu’elle ne suive pas (si elle n’était déjà pas motivée avant, je doute qu’enceinte elle le soit plus) n’affecte pas seulement vous deux…
Une solution miracle? Il n’y en a pas, à part éventuellement mettre vraiment le sujet à plat, et tenter de lui vendre ton projet. Après tout, mondialisation oblige, c’est toujours bien pour un enfant de découvrir plusieurs cultures (si tu as besoin d’aide et de conseils en chantage affectif, mes tarifs sont très intéressants et les résultats quasi garantis!)

Tatiana : Je ne peux qu’adhérer aux réponses précédentes. Que me reste-t-il à dire ? Je rajouterais que ça te fera du bien d’en parler avec elle car sinon effectivement ta frustration risque de ressortir de la mauvaise manière à un moment ou à un autre. Aussi, apparemment vous vous aimez beaucoup donc je me dis qu’il y a des chances qu’elle comprenne ton envie d’expatriation. Peut-être pourrez-vous trouver un compromis : choisir le pays ensemble et réduire la durée.

Nina : Bon, je pars du principe que quand tu dis « un bébé bientôt », ça veut dire qu’il est déjà en route. Je me demande si tu as
l’opportunité de partir ou si tu veux juste partir à l’aventure parce que la deuxième possibilité me paraît un peu difficile avec un bébé. Je sais que certaines familles partent à l’aventure mais pas avec un tout petit bébé, il faut attendre qu’il grandisse un peu. Pour ma part, j’aurais tendance à dire que l’arrivée d’un enfant va être un grand bouleversement dans votre vie et je crois qu’une expatriation maintenant va être très difficile. Maintenant, je pense que tu ne dois pas renoncer à ton projet pour toujours car cette frustration risque de ressortir un jour et ça ne ressort jamais au bon moment. Mon conseil serait d’attendre que l’enfant ait deux ou trois ans, histoire d’arriver là bas en début de sa scolarité. En attendant, ça laisse du temps pour préparer le terrain. Je pense que si le départ est bien préparé, il sera moins effrayant pour tout le monde.

Et voilà ! Si toi aussi, derrière ton petit écran (ou plus grand, j’ai pas les stats sur votre matériel), tu as besoin de nos lumières, de nos avis, si tu es pris d’une envie irrépressible de voir ton nom écrit en grosses lettres bleues sur ce blog, n’hésite plus, pose ta question en comm, par mail (nina.bartoldi(a)gmail.com) ou même passe par mon facebook, mon twitter, envoie-moi des signaux de fumée… Et nous te répondrons.

PS : La question de cette semaine étant délicate, si tu as choisi la voie de l’expatriation, je pense que Coach sera ravi d’avoir ton avis.

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Livré avec indignation

Avant, je lisais  les journaux et débattait de l’actu avec mes amis. Aujourd’hui, plus produit : je travaille sur des forums et là, je lis les
considérations politiques des uns et des autres, de tous bords et milieux, toutes opinions politiques et c’est enrichissant… ou fatigant. Quoi qu’il en soit, le Français (mais sans doute pas que) a une capacité d’indignation assez épatante. Surtout quand les médias poussent à ça.

Récemment la France s’est émue et indignée : les JO vont avoir lieu à Pékin, quel scandale, ce pays ne respecte pas les droits de l’homme, c’est ignoble. Bon, alors, déjà, j’ai une question : pourquoi personne ne s’est indigné y a 6 ans ? J’ai l’impression que soudain, les gens atterrissent : de quo-a ?? C’est la Chine qui organise les JO d’été ? Mais c’est un scandale ! Bravo, je pense qu’on a là la palme de la réactivité. Félicitations. Bon, il y a des gens qui n’ont pas attendu que la cause devienne médiatique donc populaire, je me souviens que mon cousin avait une bannière contre ces JO sur son site dès le début des années 2000, quelques autres aussi. Mais quand même, j’ai un peu l’impression qu’il y a eu un gros atterrissage depuis 3 ou 4 mois et ça me fait lever les yeux au ciel. On mélange joyeusement tout : et les droits de l’homme, les gens exploités, le Tibet. D’ailleurs, il faut l’indépendance du Tibet et le dalaï lama, il est trop cool. Comme disait Jean-Luc Mélenchon : « les gens ne se rendent pas compte que l’indépendance du Tibet est réclamée par des
prêtres extrémistes. Vous voudriez être gouvernés par eux ? ». Alors soyons bien clairs : je ne remets pas en cause ce qu’il se passe en Chine en matière de non respect des droits de l’homme et compagnie. Ce qui me désespère, c’est que les gens attendent que les journaux parlent d’un sujet pour, soudain, s’indigner, sans forcément chercher plus loin que les infos qu’on leur donne. Ceci étant dit, je pense qu’on a été « victime » du même procédé en Chine avec leur Jeanne d’Arc = prostituée et « free corsica »

Je parle de cet exemple là car c’est le plus récent mais c’est pas vraiment nouveau. Souvenez vous, le tsunami. Quand le drame s’est déroulé, les dons ont été particulièrement massifs, l’émotion très vive. Jusque là, tout va bien. Mais une fois l’événement dé médiatisé, plus personne ne s’est préoccupé des pays dévastés par le tsunami. On a parfois quelques reportages sur le sujet mais si on faisait un appel au don aujourd’hui, ça ne donnerait pas grand-chose, à moins d’une grande soirée avec les stars, celles où on appelle à notre générosité.

Je suis toujours assez admirative de cette capacité à s’indigner sur commande. D’un côté, c’est rassurant, ça veut dire que les gens ne sont pas encore assez blasés pour réagir sur certains sujets. Mais de l’autre, j’ai de plus en plus la sensation de moutons qui vont là où les caméras tournent. La Chine a eu les JO vers 2000 ou 2001, ça n’a pas choqué les foules. De même, c’est pas vraiment nouveau les violations des droits de l’homme. Sans doute que le fait que la Chine fasse partie du G20 et qu’on signe des accords commerciaux avec eux a calmé les envies de dénoncer ce genre de choses, on préférait parler des progrès de la Chine et de son développement économique. Peu importe, à la limite. Mais ce qui me plaît moins, ce sont ces mobilisations qui ne sont que ponctuelles et superficielles. Par exemple, le SIDA : à une époque, on avait droit à de nombreuses campagnes sur le sujet, de la prévention en veux-tu, en voilà. Puis les campagnes se sont un peu espacées, les gens ont compris que la trithérapie était un vaccin qui guérit du SIDA et du coup, ça n’a pas raté : recrudescence du nombre de contaminés et des maladies vénériennes en général.

Alors que faire ? On peut accuser les médias de tous les maux mais arrive aussi un moment où les médias ne peuvent pas être responsables de nous, de nos opinions, de nos comportements. Quand les campagnes sont trop récurrentes, on se plaint du battage. C’est bon, on le sait, arrêtez de nous materner. Mais dès que la prévention se relâche, les gens aussi. Le sida, c’est pour les autres, on va se passer de capotes. Et la chaude-pisse, hein ? On n’en meurt pas mais c’est pas très agréable, à ce que j’ai cru comprendre. Peut-être
qu’il faudrait éduquer les gens à voir au-delà de leur écran de télé et à faire fonctionner leur neurone plutôt qu’on leur donne les préconisations d’une vie saine.

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Le politiquement correct nuit-il à la liberté d’expression ?

Au départ, j’avais prévu de te parler d’un sujet léger où il serait question de levrette dans les séries télé mais finalement, ce sera pour la semaine prochaine. Là, je vais plutôt évoquer un sujet qui m’a fait bondir et quand un truc m’énerve, faut que ça sorte.

 

Actuellement à Paris se tient l’exposition « Paris sous l’occupation », des photographies idylliques d’un Paris pendant la guerre prise par le photographe du journal collabo Signal André Zucca. Et voilà que ça polémique : on ne prévient pas assez le visiteur de cet aspect propagandiste et même qu’on voudrait nous faire croire que la France sous l’occupation, c’était pas si horrible. Alors là, ça me gonfle. De un, figurez-vous que pendant la guerre, les gens sortaient aussi de leur maison, avaient une vie… Oui, c’était pas la période la plus heureuse de leur vie mais ces photos montrent aussi une réalité. Sans parler de l’intérêt pédagogique : selon l’angle de vue, on peut montrer tout un tas de réalités. De deux, faut arrêter de prendre les gens pour des cons. Le contexte de l’époque, on le connaît, c’est même écrit sur l’affiche OCCUPATION. Si les gens qui vont voir l’expo prennent ce qu’ils voient pour argent comptant, on n’y peut rien non plus mais je pense qu’on est tous capables d’avoir suffisamment de recul pour comprendre le choix du photographe.

Cette histoire est une nouvelle anecdote à rajouter au lourd dossier du « le politiquement correct rend con ». J’ai l’impression qu’aujourd’hui, on vit dans une espèce de parano : quoi que tu dises, fais gaffe car on aura vite fait de te prendre pour un raciste, un homophobe ou pire, un nazi. Ce qui fait que le catalogue des blagues qu’on peut raconter se réduit à peau de chagrin, il nous reste les Totos et les blagues carambar, le reste est choquant. Je suis d’accord sur le fait qu’on ne peut pas tout dire et tout faire mais faut
arrêter de pousser mémé dans les orties. Quand je dis par exemple : « ahlala, ces Italiens, tous des dragueurs », je pense qu’il est facile de comprendre que c’est une vanne et ne sort en général pas de nulle part mais je ne pense pas réellement que tous les Italiens sont comme ça. Allez, j’écluse les clichés, comme ça, ce sera fait : les Français sont sales et râleurs, les Ecossais radins, les Anglais boivent du thé at five o’ clock, les Noirs et les Corses sont feignants, les Arabes voleurs, les Asiatiques fourbes, les Espagnols fiers, les Portugais
fort en ménage et maçonnerie, les Grecs sont tous pédés (à se demander comment on peut encore croiser des Grecs, ce doit être héréditaire), les Scandinaves disciplinés, les Japonais racistes… Bon, je vais pas épiloguer 107 ans. Mais la phrase précédente est une horreur : tuez la, elle est xénophobe !

Bon, si on peut se passer des blagues vaseuses sur les nationalités (ou les pédés, les hommes, les femmes…), le cas de cette expo me paraît scandaleux. Il est vrai qu’en France, on a du mal à parler de la collaboration : tous résistants, c’est bien connu ! Montrer que beaucoup de Français continuaient leur vie pendant la guerre, sans résister, mais quel scandale, mon Dieu ! D’ailleurs, tant qu’on y est, on devrait brûler tous les films et tableaux tournés par les Allemands sous le IIIe Reich, des fois que des musées ou des chaînes de télé décideraient de les montrer. Le juif Süss ne doit jamais être montré, c’est une pure horreur. Tant pis si, analysé en cours, ce serait un exemple très pertinent de l’utilisation de l’art comme outil de propagande. On ne sait jamais, on est tellement cons qu’on est condamné à tout prendre au premier degré.

Bref, y a des jours où la société clean, ça me fatigue un peu. Déjà qu’on n’a plus le droit de critiquer les artistes sans risquer de se prendre un pain dans la gueule, surtout quand c’est Cali. On ne doit plus dire du mal de personne et dès que tu sors des lignes, tu es prié de présenter des excuses. Récemment, Cauet s’est un peu déchaîné contre l’attachée de presse de Sheryfa Luna. En gros, la demoiselle était venue à son émission radio et s’est tirée en plein milieu à la demande de son attachée de presse lui faisant remarquer que c’était l’heure de partir. Or la chanteuse était arrivée une heure en retard et a dû partir avant l’heure prévue. L’animateur s’est énervé, tapant au passage sur les attachées de presse. Bon, ok, c’est du Cauet et ce n’était pas fin mais voilà, on lui demande de présenter publiquement des excuses, ce qu’il a fait. Or pour le coup, même si mettre toutes les attachées de presse dans le même panier n’est pas intelligent du tout, il a raison sur le fond : la chanteuse s’était engagée à être là de telle heure à telle heure et son attachée de presse ne lui a pas permis de respecter son engagement. Et elle, elle n’a pas eu à présenter des excuses publiquement alors que c’est son métier de respecter ce genre d’engagement.

Bref, aujourd’hui, ne dis plus de mal de personne, même si tu le penses, c’est politiquement incorrect. Ne fais pas d’exposition sur la France sous l’occupation, pas plus que sur l’esclavage, la colonisation, on va dire que t’es collabo. Ah, tant qu’à faire, ne fais pas de reportage sur la Chine actuellement, on va dire que tu soutiens ce pays qui nie les droits de l’homme. Heureusement, il nous reste un havre de paix : le dimanche après-midi, regarde Drucker, le pays où tout le monde est beau, gentil, et roupille sur un canapé à côté du
chien de l’animateur.

Pauvre France.

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La liste de la fille qu’a plein de choses à dire

Faites vous un thé ou un café, liste impressionnante !
 

– Le week-end dernier, la famille Bartoldi a voyagé. A ma droite, papa et maman Bartoldi qui se sont rendus à Venise en namoureux (avec un N). Avant le départ, ma mère merdoie avec la valise et entre un code à la con pour le verrou. Sauf qu’elle sait pas lequel. Du coup, une fois sur place, mon père est obligé d’essayer les chiffres un par un. Au retour, vol retardé pour cause de brouillard sur Paris, ils ont eu une heure 15 de retard. A ma gauche, Alice et Anthony en voyage en namoureux, destination Bali via Bahreïn. Une fois là-bas « votre vol est annulé donc soit vous restez ici 24h, soit vous rejoignez Bali via Bangkok ». Donc ils décident de rejoindre Bangkok mais une fois là-bas « non mais si vous voulez aller à Bali, vous payez votre billet, merci. » Du coup, après négociation, ils arrivent à dégoter un vol pour Bali via Djakarta et Kuala Lumpur… Sans leurs bagages perdus entre temps mais retrouvés depuis. Finalement, je suis contente de pas être partie à Prague…


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– Samedi nuit, j’erre pas solitaire dans le XIIIe pour la nuit blanche, entre Bercy et la BNF. C’est étrange… Mon petit préféré : le bus transformé en œuvre d’art dans un parc juste au pied de la salle de concert. On pouvait s’installer sur une chaise longue pour admirer l’œuvre. Mais vu qu’il faisait froid, on n’est pas restés. Mais j’aime bien le XIIIe, en fait, c’est une autre ambiance. En tout cas, ambiance sereine pour cette nuit blanche, les gens rendus joyeux par la victoire de la France face aux All Blacks (nananère)

– Les bloggeurs sont des malades. Enfin, ceux de ma plateforme. Genre on leur modère un article, ils s’insurgent, nous parlent Birmanie et Chine et nous représente avec une image d’Hitler. Finesse, quand tu nous tiens.

– Lundi et mardi, on était deux dans l’agence, les autres étant à Prague. Lundi, me voici seule à partir de 17h. C’est là que j’ai regretté de pas avoir de mec, histoire de conserver un souvenir impérissable de l’agence… En plus, il est tentant le canapé rouge, mouahahah !

– Mercredi, 9h du matin… Tout va bien quand soudain « TAKATAKATAKATAKATA ». .Bordel, c’est la guerre !! Ah non, ils sont en train de casser la rue. C’est bien, ils l’ont refaite y a 1 mois et demi, 2 mois… C’est pas graaaaaaaaaaave ! Et miam, la bonne odeur de goudron chaud qui envahit l’appart tout à coup, celle qui file mal à la tête et envie de vomir… Je l’ai eue dans le nez toute la journée.

– Mercredi soir, j’ai rendez-vous à 18h30 avec Summer, Vicky et Maud, qui subissait son dépucelage bloguesque. Bon, moi, j’ai prévenu : 18h30, c’est pas concevable. 19h, le métro arrive à Châtelet, je descends à la station suivante, les Halles (toi aussi, devine dans quelle ligne j’étais). Et là annonce : « à la demande de la police, ce train ne marquera pas d’arrêt à la station des Halles ». Putaiiiiiiiiin ! Je descends à Châtelet, traverse quand même les Halles, plus de RER, plus rien. En fait, il y avait une alerte à la bombe (et ils m’ont quand même laissée traverser la station, super !). J’arrive au bar où je retrouve les demoiselles sus nommées et une amie de Maud. On papote, je veux un cocktail, j’interpelle le serveur : « Monsieur ! Monsieur ! Monsieur ! » et me prend un vent superbe. Ah ben ouais, le monsieur est une madame et ça les a fait marrer, les copines !
Bon, finalement, je commande mon cocktail, elle m’en apporte un que je commence à siroter et elle revient « me suis trompée ! ». Du coup, je prends mon vrai cocktail, prends une gorgée et pouah !! C’est du gin pur ou presque. Du coup, après, j’étais méga pétée. Mais j’ai réussi à pas me perdre dans un quartier que je n’ai que peu sillonné dans ma vie, je m’impressionne.

– Mes collègues sont revenus de Prague, tous en vie et en entier. J’avais demandé à Guillaume de me ramener de l’absinthe mais étant persuadée qu’il avait oublié, je lui envoie un mail lui demandant une aide technique intitulé « puisque tu as oublié mon absinthe, voilà du taf ». 30 secondes plus tard, le voilà qui arrive à mon bureau tout fier et qui pose une belle bouteille verte dessus. Ouéééééé ! Sinon, bilan du voyage : « c’est con que tu sois pas venue. Mais c’est vrai que partager un appart avec 12 mecs, c’est pas facile. Surtout que personne n’avait pris de gel douche, on a dû en acheter sur place et donc partager un gel douche pour 3 salles de bain, tu nous aurais vu en caleçon pas réveillé ». Ouais, là, je regrette vraiment. Même que j’aurais vu un bout de fesse, ça aurait resserré les liens entre nous.

– Jeudi soir, Vicky, Nina et Kenya sont on the road, parties à 23h et des poussières, arrivées à 6h et des brouettes. Donc 7h de route avec du brouillard, du dark dog, des arrêts pipis mais surtouuuuuuuuuuuut Kenya ! Le chat qui miaule pendant 6h quasi non stop (oui, à un moment, elle a vomi) malgré le cachet censée l’endormir. Et vu sa connerie le lendemain matin, et vas y que je cours, et vas y que je saute, je pense qu’en fait, la pharmacienne m’a filé des vitamines.

– Nina en voiture, 5h30, genre « mais non, je dors pas ». Je raconte les péripéties de mes bloggeurs crétins quand « ouais alors il me dit qu’il va porter
plainte, je l’encourage à le faire et je lui demande s’il veut le numéro de 60 millions de consommateurs et là carte postale… Non, je viens de dire n’importe quoi ! ». En gros, l’histoire de la carte postale, je venais de m’endormir en parlant et c’est le premier mot qui est sorti. Mais Vicky, elle comprenait pas ce que j’essayais de dire avec ma carte postale.

 – Nina, 27 ans, teste pour vous la couette Jurassic Park. Vaut mieux tard que jamais.
 

– Le prochain qui me dit « c’est pas toi, c’est moi », je lui explose la gueule. Vicky suggère de lui péter sa figure avec une batte de baseball.

 – Lundi, réunion au sommet suite à des débordements de bloggeurs crétins et décérébrés. Comme on est pas tous sur Paris, on se fait une conférence téléphonique, trop la classe !! Du coup, on parle à des gens qui ne nous voient pas, y a des gros blancs, on peut dessiner et on parle fort car on sait pas si tout le monde nous entend. A propos de téléphone, lundi et mardi grand jeu au boulot : y a 15 postes dans l’agence, trouve celui qui sonne pour répondre. Je m’éclaaaaaaaaaaaaaaaaate.

– Une musique pour donner la patate

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Virée au sex shop

Cela fait maintenant une semaine que Gauthier vit sur Paris et, franchement, ça me rend heureuse. Il y aura vraiment une vie parisienne avant et une vie parisienne après son arrivée. Il faut avouer qu’il est arrivé pile au bon moment, pour me remonter le moral après une rupture. Du coup, tous les jours, mon téléphone sonne : « Dis, je sors de cours, je suis en ville dans une heure, tu me rejoins ? ».
 
Gauthier, je l’adore mais il me coûte cher car resto ou verre tous les jours, les sous partent vite… Hier, on se retrouve à notre traditionnel lieu de rendez-vous (hé oui, déjà), on s’installe à la terrasse pour boire un verre, on en profite pour papoter au téléphone avec Lucie. Après un petit tour à la FNAC, nous voilà posés au Bistro Romain en s’explosant le bide à coup de carpaccio. Après le vide intersidéral de notre week-end, nous avons fait fort, nous voilà partis à parler politique internationale, mondialisation… On confronte nos idées sur le Japon, la Chine, les Etats-Unis, l’Europe, l’ONU etc. C’est bon de se sentir intelligent, parfois ! Pendant que je mange mon carpaccio, il me lit un article du Monde, quelle classe.
 
Et si on allait au sex shop ?
Cependant, le naturel revenant au galop, on finit par reparler galipettes, je ne sais même plus comment. Il me dit qu’il aimerait bien aller dans un sex shop à Paris. Oh, ça tombe bien, notre restaurant est situé rue Saint Denis ! Donc après le dîner, virée coquine ! En attendant, il me raconte la fois où Anne et lui sont allés m’acheter Ernest, mon petit gode. A Toulouse, récemment ils ont ouvert un sexy center dans la banlieue industrielle. Les voilà partis en voiture, ils trouvent de suite et ils entrent. Un peu intimidés, ils se dérident au fur et à mesure des gadgets les plus hallucinants et à la fin, ils se promènent sans gêne dans les rayons, mon Ernest à la main. A un moment, la caissière s’avance vers eux et leur donne un sachet noir, opaque : « ce sera plus discret ». Et les deux autres rigolent comme des bossus.
 
Bref, c’est parti pour l’assaut de la Rue Saint-Denis ! Premier sex shop, il est écrit en gros : « grand choix de K7 vidéos ! Palm- Secam- NTSC »… Bon, on a préféré ne pas choisir celui-là, les godes devaient être recouverts de poussière, depuis le temps ! On continue. Le suivant, les annonces nous font rire : « Massage « body to body », jusqu’au plaisir »… Tous les massages sont assurés « jusqu’au plaisir ». Mais le mieux : « tarif préférentiel pour les militaires » ! Bon, on se demande où s’arrête le massage et où commence la prostitution. Déjà, quand Gauthier était venu sur Paris le mois dernier, il s’était cherché un salon de massage pour ses lombaires… Et bien, ce n’est pas du tout ce qu’il a trouvé ! C’est fou tout ces massages « jusqu’au plaisir » disponibles sur Paris !
 
Bon, on continue, on ne croise que des DVD shop puis on tombe devant une petite vitrine pleine d’accessoires, le magasin a l’air particulièrement clean, on voit l’intérieur quand des gens entrent. On se croirait presque au rayon DVD de la FNAC ! Gauthier hésite un peu, je lui dis que je veux y aller et c’est parti !
 
Dans un magasin aux vitres teintées…
C’est un très grand sex shop, il y a un nombre incroyable de DVD, la plupart sont en anglais. Je me demande s’ils sont sous-titrés, ce qui fait rire Gauthier. « Qu’est-ce que tu veux qu’il sous-titrent ? Ah oui, ah oui, ah oui ? » Non mais des fois, y a des dialogues dans les pornos. Bon, à l’étage, il y a un théâtre érotique avec « des couples hétéros et lesbiens en représentation », une pauvre fille qui a l’air de s’ennuyer interpelle les hommes pour leur proposer de faire un tour à ce théâtre. Nous, personne ne nous demande rien, on doit nous prendre pour un couple ou des touristes ou les deux. Bref, il y a aussi des salons vidéos et des salons de massage.
 
On trouve le coin des accessoires et là, forcément, on rigole. Déjà, on arrive, Gauthier fait : « on devrait en acheter un pour Lucie » et là, tous les deux on repère un gode énorme, une statue en fait, hyper réaliste, il y en a un rose et un noir. On se marre mais on se dit qu’on peut pas lui offrir ça.
 
On regarde, on s’extasie, il y a le frère d’Ernest, des godes énormes, des tout petits, des bizarres (y en a un qui ressemble au micro de mon PC). On en trouve un particulièrement joli : « oh, il est beau celui-là ! », il est en silicone avec des fils de couleur dedans. Il y en a un double, c’est pas très joli, un pénis devant se ranger dans le sexe, l’autre exciter le clito j’imagine car vu la configuration, je ne pense pas que ce soit pour une double pénétration. Enfin, il y en a de toutes les tailles, toutes les couleurs et toutes les formes pour votre plus grand plaisir. Certains sont trop sophistiqués, je trouve, ça fait plus Game Boy que gode. Sinon, il y a des trucs amusants comme des vagins où ce qui nous a le plus amusé, une sorte de bouche en matière gélatineuse. Il y avait un endroit où on pouvait toucher donc, forcément, avec Gauthier, on se lance… Beurk, c’était dégoûtant comme contact !
 
Par contre, j’ai été déçue : pas de menotte, pas de boule de geisha et pas de canard en plastique (je voulais en prendre un pour Lucie). Du coup, on va pour partir mais Gauthier s’arrête juste avant la sortie pour voir les tarifs massage. Moi, je me plante en plein milieu de la sortie et, là, je me prends les portes automatiques dans la figure : les gens ne sont pas censés rester en plein milieu, ils se dépêchent de rentrer ou sortir.
 
Bon, on finit par sortir, je reste un peu sur ma faim, tout de même. Je pensais trouver plus d’accessoires funs mais comme m’a fait remarquer mon compagnon d’aventure, c’était plus une DVDthèque qu’un véritable sex shop. En tout cas, une fois, il faudra que je me fasse le théâtre érotique !
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