La plongée et ses dangers

Depuis que je plonge, j’ai une hantise qui se résume en 3 lettres : l’ADD. ADD ou accident de décompression. Qu’est-ce que donc ? En très gros (et expliqué par une fille pas scientifique du tout) : quand tu plonges, tu respires de l’air en bouteille. Si tu remontes trop vite, ton corps est saturé d’azote, ça fait des micro bulles d’azote dans le sang et paf, accident de décompression. D’où la nécessité de faire des paliers.

Suite aux deux premières plongées, je casse donc mon caisson et décide de tenter le tout pour le tout. Je vire l’appareil photo et mets un tampon à la place puis serre fort le caisson avec une chambre à air (l’amie des plongeurs) pour tester l’étanchéité du truc. Si ça marche, je plonge avec mon appareil na !*


On prépare nos bouteilles pour la troisième plongée quand soudain, agitation : “Mathilde ne se sent pas bien, faut revenir à la côte”. Oui ? Moi, pleine de sollicitude : “elle a quoi, elle a mal à la tête ?” “Non, elle est bleue avec des marbrures sur le corps…”. Ok, c’est donc un… ADD. Plongée annulée, on la place sous oxygène et on lui donne de l’aspirine, le bateau met le cap vers la côte. 4h de trajet. On vit notre vie sur le bateau, le couple qui est parti avec nous tient compagnie à Mathilde, on ne sait pas trop quoi faire : si on va trop la coller, on a peur de la stresser. Peu de temps avant d’arriver à la côte, je descends dans la cabine récupérer Dieu seul sait quoi et quand j’en sors, je vois Mathilde en train de préparer son sac pour débarquer. Je lui demande comment elle se sent, lui demande si elle avait bu “non, non, juste un verre…”. Heu mais je suis pas ta mère, je parlais d’eau, moi… A un moment, elle me dit qu’elle doit retourner en haut chercher un truc, je lui demande si elle veut que je reste. “Oui, au cas où…”. 5 minutes après, c’est Céline, sa coloc, qui apparaît : “Mathilde ne se sentait pas bien, on l’a remise sous oxygène”. Ambiance.

Finalement, on arrive sur la côte vers 20h, Mathilde est prise en charge par une ambulance, on repart aussi sec. L’ambiance du soir est unpeu étrange, Anaïs et moi sommes un peu impressionnées par ce qu’il vient de se passer mais Céline nous rassure : “les ADD, c’est super rare ! On en a eu un sur le bateau, ce serait dingue qu’il y en ait un deuxième”. Elle avait raison et Mathilde n’a subi “que” 3h de caisson et a pu nous rejoindre deux jours plus tard (mais n’a plus plongé).


Du coup, avec Anaïs, on a bu, beaucoup. Parce quela plongée de Mathilde était très carrée donc le problème ne venait pas d’une remontée trop rapide mais d’un problème de fatigue et de déshydratation. Vu que j’avais eu un souci de déshydrataton entraînant un vertige alterno barique lors du passage de mon niveau 2, j’ai bu. Beaucoup. 3 litres par jour environ. A la fin, j’en pouvais plus de pisser tous les quarts d’heure et mes reins faisaient la gueule. Ah oui, la plongée, c’est pas un sport glamour au fait…


Retour à mes histoires de plongée. Je vais pas vous les raconter toutes, je passe à l’essentiel. Vu : la raie manta, donc, deux tortues, une énorme murène serpentant entre deux rochers (beurk), des poulpes, des barracudas, thons, fusiliers… Et des milliards de poissons tropicaux tous plus magnifiques les uns que les autres. Sans parler d’énormes concombres de mer qu’on se montrait avec enthousiasme avec Anaïs (surtout le gros blanc qui s’est érigé quand on est passé. Et le concombre de mer ça ressemble vraiment à une grosse bite), de coraux, de nullibranches, doris… Et même des labres, poissons nettoyeurs qui ont salement piqué (moi la jambe, d’autres les oreilles ou les lèvres). Il y avait aussi des poissons perroquets, j’aime bien, ils ont une bonne bouille.

J’ai aussi testé les dérivantes : on se place dans le courant et on se laisse dériver. A un moment, à Richelieu (spot magnifique), j’avais un peu la sensation d’être à Eurodisney, dans la maison hantée : tu restes assis et tu vois le paysage défiler. En remontant au boot (traduction : à la corde de la grosse bouée en surface), il y avait pas mal de courant, je jouais dans ma tête à l’avion avec trou dans la carlingue où les passagers s’accrochent pour pas se faire aspirer dans le vide. Oui, je joue à des trucs bizarres des fois. J’ai aussi expérimenté (malgré moi), les thermoclines, ce sont des courants d’air chaud ou froid qu’on peut voir en surface car ça ressemble à des traces d’huile. Sous l’eau, ça fait une vision trouble comme de l’eau mêlée à de l’huile, effectivement (une huile transparente) mais quand tu te chopes une thermocline froide, t’as beau avoir une eau à 25°, quand elle était à 29 quelques secondes plus tôt, tu te gèles…

Niveau pratique, j’ai eu une mésaventure avec mon parachute. Un matin, on plonge au boot, toujours, y a pas mal de courant donc interdiction de le lâcher tant qu’on est pas en bas. Ok on commence à descendre quand je sens un truc toucher ma jambe mais genre un truc mou. Je regarde : mon parachute est sorti de son enveloppe, la corde de 6 mètres avec le plomb au bout flotte tout autour de moi. Réflexe : je lâche le boot pour rattraper mon barda. J’ai dû bien pédaler pour rattraper le boot et finir ma descente. Arrivée en bas : 160 bars (partie avec 190). Ra-té.


Autre point curieux : j’avais toujours un membre de ma palanquée dans mes palmes ou pile sous moi. Par exemple, je flotte peinarde quand je me dis que je vais redescendre un peu. Le temps que je saisisse mon direct system (le bouton pour vider l’air de mon gilet), j’ai quelqu’un littéralement sous moi. Mais vraiment dessous genre si je sors mon ventre au max, je leur touche le dos. Je savais pas que sous moi était the place to be…

Bilan de cette semaine : j’ai progressé. Malgré mon surlestage parce que j’ai pas voulu enlever un plomb (alors que je retombais à chaque palier ce qui indiquais que j’étais mal lestée), j’ai diminué ma consommation, remontant à chaque fin de plongée avec 70 à 80 bars, tranquille, alors que les autres (sauf Marine, ce qui est un peu un mystère vu comme elle s’agitait) étaient largement dans la réserve (à partir de 50 bars). Bon, ça sert pas à grand chose, ça montre juste que je consomme mieux.


Bref, en destination plongée, je vais évidemment dire qu’il faut un jour se l’offrir mais bon, ça me paraît un peu couler de source. Du coup, avec Anaïs, on louche sur les Maldives, les Philippines ou l’Indonésie pour 2013 ou 2014. Surtout qu’en 17 plongées, j’ai pas eu de soucis d’oreille, yeah ! Par contre, entre les brûlures de filaments de méduses, les écorchures et les bleus dûs à la montée du Zod au bateau, la plongée, ça rend vraiment pas sexy !

Demain, je coupe mon récit de voyage parce que perso, j’ai un peu envie de parler d’autre chose. Mais il me reste encore plein de trucs à raconter. Pfiou !

* Oui, non, ça n’a pas marché

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