Tuons la téléréalité

Depuis plus d’un an maintenant, j’ai une sale manie : je compulse les réseaux sociaux pendant mes trajets en métro au lieu de lire. Triste habitude qui m’empêche de nourrir mon esprit mais exaspère mon désespoir envers l’humain social et sa propension moutonnière. Comme par exemple sa volonté à live tweeter la moindre émission racoleuse de télé réalité ou associée (genre émissions de reportages merdiques où l’on fait croire aux gens qu’on leur donne la parole alors qu’on veut juste se moquer d’eux). Et là, je dis “mais éteignez votre télé bordel ! ».

Petite parenthèse sémantique pour que le reste de l’article soit clair pour ceux qui n’utilisent pas Twitter : en gros, ce sont des gens qui commentent en direct une émission de télé. Or si tu reprends mon paragraphe précédent, je consulte surtout Twitter dans les transports donc quand tu te retrouves à un tweet genre “Oh quelle pute la blonde #emissiondemerde”, tu comprends pas trop de quoi il s’agit et quel est l’intérêt de la déclaration, mais voilà, tu sais que quelque part dans le poste de télé, y a une blonde qui est assimilée à une pute. Mais sutout, tu découvres un phénomène pervers : la téléréalité et consort sont regardés par des kikoolol mais aussi par des amis que tu pensais intelligents et cultivés mais qui ont envie de leur dose de lol et de cracher sur le prolo inculte qui rêve de ses 5 mn de gloire.

J’ai moi même regardé ces émissions. Essentiellement Secret Story 3 (les autres ne m’ont pas accrochée), le Bachelor 3 (parce que j’aime l’histoire de cet homme qui dit je t’aime en toute sincérité toutes les 2 minutes et ce dès le premier rencard et passe pour un prince. Alors qu’un mec qui fait pareil hors caméra passe sutout pour un connard), Pékin Express 1, un peu l’Ile de la tentation (saison 4, 5 ou 6, j’en sais fichtre rien). Et je me suis moquée de leur français plus qu’approximatif et de leur bêtise profondément incrustée. J’ai tenté quelques Confessions intimes mais j’ai un peu de mal, ça me rend terriblement mal à l’aise. Quand aux On a échangé nos mamans et Super Nanny, j’en avais parlé tantôt.

Pourtant, même si on en rit au premier abord, ça finit par créer un malaise. D’abord parce que ces gens qui passent à la télé n’ont pas toujours conscience du traquenard dans lequel ils se sont fourrés. Ils pensent pouvoir trouver une solution à leurs problèmes, faire parler de leurs particularités, de leur passion ou devenir enfin des stars. Touchant sauf que la télé saloparde se fout des bons sentiments, on n’est pas chez les Enfoirés ici. Le montage pervertit les images, ne ressort que les “perles” des brèves participants. Si tu prends Secret Story par exemple, faut pas se leurrer, on prendra toujours le moment où Sandy dit une énormité de type “oh bah je m’a trompée hihihi!” mais si elle se mettait à parler physique quantique (on ne sait jamais), jamais vous n’auriez accès à cette scène. Les abrutis parlent aux abrutis ou aux snobs imbus se moquant de ces losers en quête de leur 15 minutes de gloire. Et ça finit par me faire de la peine, tous ces jeunes paumés prêts à montrer leurs fesses H24 pour “devenir des stars”, seul avenir un peu clinquant qui leur est promis. Mais au bout de 2 mois, tout le monde les aura oublié.

Et c’est là que je dis stop, faut arrêter de nourrir le système. On ne peut pas s’indigner du racolage de ces émissions et les raconter limite minute par minute sur un réseau social, accroissant le succès de la dite émission. Ca fait 10 ans qu’on se moque des débilos exhibos qui parlent pas français, ça va aller maintenant. Si vous voulez de la merdophagie, regardez des séries télé, y en a plein de pourries (je vous en parle suffisamment souvent). Au moins, les acteurs et scénaristes sont payés et non pas exploités avec une vague promesse de célébrité. Et après, on se retrouve avec une ancienne “star” de la téléréalité dépressive qui s’enchaîne les tentatives de suicide.

Alors, on arrête ?

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