Les hommes gentils et totalement safe existent-ils ?

NON ! (générique de fin). On n’arrête pas de se répéter : le not all men nous insupporte. On parle de nos souffrances, de nos peurs, la seule chose que vous nous répondez “non mais tous les mecs ne sont pas des connards, hein, moi par exemple…” Alors je te cache pas que le fait que toi, simple inconnu, ne soit pas un connard ne va pas me consoler de m’être faite toucher par des individus qui n’en avaient pas l’autorisation. Mais surtout, en es-tu sûr ?

Homme gentil

Vous ne savez pas ce qu’est la séduction

On va attaquer direct par ce qui fâche. Je vais commencer par citer Victor, l’homme que j’aime et parfait à mes yeux “tu sais, aujourd’hui, je me rends compte que j’ai parfois été limite avec les femmes. Je mettais un peu ça sur le compte de l’alcool mais c’est l’excuse facile, ça.” Voilà. Je pourrais vous parler de milliers de soirées dans ma vie où je me retrouvais coincée par un individu qui avait certainement lu des dizaines d’article ou vu des vidéos de ces arnaqueurs de PUA sur comment isoler sa proie. Le problème, c’est que vous n’êtes pas attentifs aux signes… enfin, non, je corrige : vous n’en avez rien à battre. Ce que vous appelez de la séduction, pour nous, c’est une menace. Pendant que vous débitez vos merdes, on cherche comment à se sortir de ce traquenard.  Bien sûr, il est possible que la jeune femme soit intéressée par vous mais elle vous le fera savoir. Et en général, quand elle ne fait aucun effort pour relancer la conversation et que tu t’enfonces dans un soliloque, c’est que c’est mort, laisse tomber.

Le dragueur lourd qui ne veut pas entendre qu'on ne veut pas de lui

C’est votre principal problème : vous pensez avoir le droit de nous importuner parce que vos intentions sont pures (aka soit nous baiser après avoir recueilli notre consentement… soit flatter votre ego quand vous commencez à collectionner des 06 gratos) alors que bon, si vous n’avez effectivement pas prévu de nous violer (vous êtes bien urbains), vous représentez néanmoins une menace pour nous. Parce que vous ne nous lâcherez pas tant qu’on aura pas lâché notre 06 (option “attends, je t’appelle comme ça tu auras mon numéro”, la technique fourbe pour nous afficher si on a filé un numéro à la con), certains auront même l’audace de nous imposer une accolade, une bise… Vous ne voulez pas nous violer ? Mais il y a bien d’autres comportements dérangeants avant ça qui nous forcent à adopter tant que faire se peut un maximum de stratégies d’évitement (ne pas croiser les regards, ne pas se retrouver isolée voire un code entre potes pour appeler à l’aide… vous nous forcez à ça, oui). Tu es un mec gentil parce que tu ne veux pas me violer ou me mettre une main au cul ? Super mais quand tu m’as coincée une heure dans un bar alors que je voulais passer une soirée avec mes copines, que tu m’as au passage gâché mon plaisir, et que je commençais à m’inquiéter de comment me débarrasser de toi, non, désolée, je ne t’ai pas perçu comme un mec gentil. Car tu ne l’as pas été.

Peur de la drague

Vous êtes complices

Oui, c’est vrai, il est un peu lourd le poto Mateo… dès qu’il est bourré, il roule un peu des pelles gratos à des meufs, c’est chiant. Un peu comme cette première scène des Petits mouchoirs Dujardin sort des WC, commence à plaquer une meuf  contre le mur des chiottes puis va rouler une pelle à une meuf qu’on lui présente, meuf qui se fera ensuite assaillir par son petit ami en mode “azy, c’est pas grave, c’est Jean, il est un peu comme ça”. Je ne me souviens pas du prénom du personnage de Dujardin, j’ai détesté ce film qui est gênant à tous les niveaux avec des personnages tous plus insupportables et problématiques les uns que les autres (notamment celui de Laurent Lafitte… je finis par avoir un peu de peine pour ce mec qui ne se tape que des rôles de connard) et une morale de merde. Bref, votre pote Mateo, il a un peu tendance à coller les meufs en soirée, à leur rouler des pelles gratos et tant pis si c’est accessoirement la vôtre mais bon, c’est l’alcool et il est sympa quand même.

Jean Dujardin dans Les petits mouchoirs, personnage insupportable

Et vous vous voyez encore comme un mec gentil et respectueux ? Vous laissez un prédateur parfaitement identifié agir en toute impunité et pire, vous riez de petites forfanteries parce que bon, il est con Mateo quand même. En général, il finira toujours par exhiber son cul ou sa bite parce que Yolo, vous rirez aux éclats et tant pis pour les femmes qui commencent à faire de grands cercles pour éviter de rentrer de trop près dans le périmètre de votre pote qui ne manquera pas de choper une main féminine pour la poser sur son sexe ou son cul. Nous sommes en pleine agression sexuelle mais vous ne faites rien. Not all men mais on en a un gros paquet qui laissent faire en trouvant toutes les circonstances atténuantes à celui qui est en train d’agresser une femme. Pire, vous en riez. Donc pour un Mateo, on peut compter facilement une demi-douzaines de potes passifs, ça commence à faire beaucoup… Et c’est pas fini car…

Soirée mec

Vous ne faites rien

Très concrètement, si je me fais emmerder dans la rue et que je cherche de l’aide pour m’en sortir, je n’irai vers un homme que s’il n’y a pas d’autres solutions. Déjà, vous avez zéro empathie pour nous, on ne peut jamais compter sur vous… du moins sur les Blancs. Demandez à n’importe quelle femme qui a été enceinte et qui a dû trimballer une poussette dans le métro : les seuls à vous aider sont les femmes et les hommes issus de minorités. Je l’ai observé aussi dès que j’étais chargée ou quand je vois des femmes avec poussettes (c’est même parfois moi qui aide, je ne fais pas qu’observer, hein). D’ailleurs, ces femmes avec poussettes demanderont plus naturellement de l’aide à une femme. Même dans la vidéo des violences du 1er mai où Benalla, Croze et les flics (si) tabassent le couple de manifestants, les seules à spontanément s’interposer étaient des femmes…

Benalla maltraite une jeune femmes, deux femmes essaient de s'interposer

Vous, vous faites quoi ? Vous vous posez en victimes. On parle de femmes qui ont été agressées, qui ont eu peur, qui risquent d’avoir du mal à se rendre à nouveau dans une foule et vous avez l’audace de chialer sur le fait que quand même, vous n’êtes pas comme ça, vous ? Mais vous êtes nés avant la décence ! Personne, personne ne dit que toi, Thibault, tu es une raclure de bidet. Par contre, le fait que tu trouves légitime de pleurer sur ton sort sur un tel sujet, capturant le débat et refusant de partager la souffrance féminine… et bien si, Thibault, tu fais partie du problème. Et pas qu’un peu. Non seulement tu silencies la souffrance féminine en détournant le débat mais surtout, tu nous fais comprendre qu’on pourra continuer à se faire toucher, embrasser contre notre gré, agresser, insulter… tu prendras toujours la défense des “hommes” et non pas d’une victime. Alors oui, Thibault, tous les hommes ne sont pas de sombres ordures et ceux qui ne le sont pas ne se sentent d’ailleurs pas visés et partagent la parole féminine sans la prendre à leur place. Toi, par contre, tu es juste une merde.

Un homme vexé

Le jour où vous aurez compris ça, on aura déjà fait un énorme pas en avant. Commencez par éduquer vos potes, à ne plus rire des agressions dont se rendent coupables vos potes parce que “oh, c’est la fête, c’est pas grave”. Et laissez-nous la parole. Vous ne saurez jamais ce que c’est de tenter de sortir dans une foule festive et les risques que l’on prend quand on sort en soirée. Parce que les hommes se croient permis de nous importuner et que si vous n’êtes pas ce dragueur impétueux, il y a des chances que vous soyez le témoin silencieux.

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J’ai eu 38 ans

Vendredi, c’était mon anniversaire. 38 ans. Et pour ceux qui me connaissent, petit bug : “mais attends, c’était ton anniversaire et tu n’as pas écrit d’article le jour J ?”. Hé non. Et c’est précisément le coeur de mon article d’anniversaire : va falloir arrêter de se faire bouffer.

J'ai 38 ans

Normalement, mon anniversaire est toujours l’occasion de me la jouer “bilan et perspectives”, un de mes exercices préférés car j’adore croire qu’il suffit de modifier un paramètre ou deux pour atteindre le bonheur. Sauf que là, je suis en phase d’épuisement avancé. Mes vacances m’ont à peine rechargé mes batteries, mon boulot me bouffe, prend toute la place, me vide. Je n’écris plus beaucoup, je ne fais plus de sport, j’ai de vagues projets dans des cartons mentaux mais je ne m’y attelle pas du tout.

Femme rêveuse sur la plage

Certains le diront “heu, meuf, t’es pas un peu en dépression ?” Non, je ne pense pas, je suis très heureuse le week-end, pendant les vacances et même le matin, entre le moment où j’ai quitté le lit (toujours un petit déchirement, j’aime la paresse)  et celui où j’enfile mon manteau, je suis plutôt de bonne humeur. Parfois même, dans le métro, quand j’arrive à écrire, j’ai comme un instant de grâce, comme on dit. Et puis, je ne suis pas une experte mais il me semble que la dépression est une sorte de grande indifférence et je ne suis pas très indifférente, j’ai plutôt la rage. Et le dimanche, toujours une belle motivation pour améliorer ma vie. Dommage que mes belles intentions soient ruinées dès lundi matin.

Femme en plein burn out

Et c’est peut-être là que je dois travailler. J’ai des ambitions. Non des rêves. Sauf que… ben, je rêve, justement. Alors je ne vais absolument pas vous faire le sketch du “qui veut peut”, “ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait”, “ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles” ou encore “il faut vivre ses rêves et non pas rêver sa vie” et tutti quanti parce que ces mantras m’agacent dans l’absolu. Mais il y a un fond de vérité pour moi. Et je dis bien “pour moi”, je conçois absolument que le ”qui veut peut” n’est pas une réalité absolue.  Mais je dois admettre que je me mens quand je dis que je n’ai pas le temps. Oui, il y a des moments où je me fais bouffer par le boulot, que je dois y passer des soirées et des week-ends MAIS il y a aussi des soirs où je ne fais rien, des trajets où je pourrais lire ou écrire au lieu de jouer à Candy Crush… Des moments un peu tout le temps où je traîne sur les réseaux sociaux pour lire des messages en 280 caractères maximum, aller m’énerver contre des inconnus qui sont pourtant trop cons pour que je gaspille la moindre seconde pour eux. J’ai déjà mis en place deux ou trois trucs : déjà, mon journal intime qui va toujours bien et même un Bujo. Un Bujo ? Oui, le fameux bullet journal, celui qui est censé changer ma vie en faisant des to do lists à l’envi. J’ai fait mon modèle… et arrêté au bout de 2 jours… essentiellement parce que c’était plus vexant que motivant.

Mon bullet journal

Et si finalement, le souci n’est-il pas la peur de faire ? Comprenons bien : on a droit à la flemme, à la paresse, ce n’est pas grave. Sauf que là, ça bloque mes envies et ça me frustre. J’ai fini d’écrire le roman de Maja en septembre, y a plus de 6 mois, j’ai toujours pas entamé la relecture parce que “j’ai pas le temps”. Si, je l’ai. Je n’ai certes pas toujours l’énergie mais le temps, je l’ai. Mais au moins, tant que je le relis pas, je ne tente pas de l’envoyer à quelques maisons d’édition que je n’ai toujours pas sélectionnées et je ne prends pas de lettres de refus. Alors qu’en fait… ben c’est pas si grave. J’essaie beaucoup de dédramatiser l’échec, surtout quand il n’est pas si dramatique. Le roman de Maja, c’est juste un roman parmi d’autres, j’en ai écrit avant, j’en écrirai après et c’est pas grave. Au pire, je le mets en auto édition et il aura sa petite vie, quoi. Idem sur le boulot. J’essaie réellement de me déconstruire là-dessus. J’ai toujours été la bonne élève de service, “travailler bien” et “être brillante”, ça fait un peu partie de mon ADN… Pas que je prétende être plus intelligente ou quoi que ce soit mais j’ai toujours appris que les bonnes notes, c’est important dans la vie. Même quand on est adulte. Alors que mon travail, je le sais que c’est un bullshit job, j’ai même rêvé un instant que je pourrais me faire virer et ce serait merveilleux… Mais voilà : j’ai beau n’avoir aucune considération pour mon secteur, je reste angoissée à l’idée de rendre un mauvais travail… et je bosse le soir et ou le week-end pour arriver à produire quelque chose qui fera l’unanimité. Oui, on reparlera un jour de ma surcharge désormais permanente de mon travail, pas maintenant…

Rêveuse

Bref, plutôt que de chercher à grappiller des minutes de ci de là pour arriver à être plus heureuse, il faut que je commence à oublier un peu le boulot. Après tout, je le fais pour gagner ma croûte, pas par passion et je ne suis que salariée donc bon… Après tout, j’ai 38 ans, il est peut-être temps de ne plus confondre “ma vie” avec un boulot alimentaire outrageusement trop bien payé au vu de ce qu’il apporte aux gens. La quarantaine approche, il est temps de décider de ce qui est important et de ce qui ne l’est pas… Et de tenter enfin d’avoir une vie qui me va mieux. Après tout, tout va bien quand je rentre chez moi… essayons de l’étendre au reste de ma journée.

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Loyauté vs opportunisme

Fin de la série « hé, j’ai démissionné ! » Mais pour une fois que j’ai quelque chose à dire hein… Aujourd’hui, j’aborde donc le chapitre loyauté contre opportunisme car moi qui me croyais loyale, je me suis découverte plus opportuniste, finalement. Mais je crois que c’est normal.

Revenons à ce matin du mois d’août où j’ai reçu le mail de Simon me proposant un entretien chez TGGP. Sur le coup, je reste estomaquée et indécise. Dois-je accepter ou refuser ? Rappelons un peu les faits tels que je les ai vus au moment M :

– ma boîte actuelle m’a littéralement sauvée du chômage, pour moi, elle m’a donné ma chance et depuis, ma vie est quand même drôlement plus belle.

– c’est quand même TGGP

– oui mais c’est justement grâce à ma boite que j’ai été contacté, ça fait que 6 mois que je suis là, ce n’est pas très honnête de partir si vite

– c’est TGGP. Souviens-toi, Ninouscka, le journalisme tout ça. TGGP situé en face de l’entreprise de DRH choupinou, ces 3 semaines idylliques de 2006. Puis, allez, zou, un entretien, ça n’engage à rien, tu dis oui ! »

 Donc j’allais au premier entretiens « pour voir » mais forcément, quand Simon me parle du poste, de TMF, des possibles avantages sociaux… Là, je ne peux plus arrêter le processus, je veux le job. Je me pare pour l’entretien suivant, je pense l’avoir raté et j’ai le cafard. Tout le monde me dit que c’est pas grave, que j’ai déjà un taf donc quoi qu’il arrive, si j’ai pas celui là, c’est pas grave. Moi, je suis tiraillée : d’un côté, ne pas avoir ce taf, c’est la solution de facilité : pas de démission, de paperasse, quitter ma boîte et mes collègues que j’aime bien. De l’autre, j’ai devant moi une sublime porte et j’ai envie qu’elle s’ouvre. Parce qu’une fois chez TGGP, je me rapproche du journalisme encore plus. Et surtout, je n’aurai plus à subir des bloggeurs crétins. D’ailleurs, heureusement que j’ai démissionné car ces abrutis atteignent des sommets en ce moment, j’en suis impressionnée. Mais je raconterai ça une autre fois… ou pas.

Mais c’est vrai que sur le coup, je me suis pas sentie honnête, honnête. Il y a 6 mois, on m’a dit que je me casserais si vite, jamais je ne l’aurais cru, surtout que j’ai refusé un CDI à peine un mois après avoir commencé (certes en région toulousaine et je ne veux plus redescendre). D’un autre côté, j’imaginais pas d’être débauchée, surtout pas TGGP. Dans mon plan de
vie prévisionnel, je comptais y rester 2 ans là où j’étais. Pas plus mais pas moins quand même. C’est vrai que je dois beaucoup à cette entreprise rapport à mon trajet de vie, mon premier CDI, la fin du chômage. Puis j’ai un peu peur de pas retrouver la même ambiance. Je sais que je ne serai pas la seule fille (j’en ai vu plein, au moins 3 !), je serai plus la petite princesse merdeuse, bouh ! J’avoue que ça me fait un tout petit peu peur mais d’un autre côté, faut savoir saisir les chances qu’on nous donne. Si j’avais dit non aujourd’hui, qui me dit que j’aurais
eu une si belle occasion dans un an et demi quand j’aurais décidé de changer de boîte ? J’ai certes tendance à m’emballer mais là, c’est du concret, sur le papier, je ne pouvais rêver mieux. Je ne pouvais pas dire non, impossible. Alors oui, je me suis engagée quelque part et c’est mal mais en fait non. Dans le professionnel, je crois qu’il n’y a pas de place pour le sentimentalisme.
L’esprit d’entreprise, je l’ai, j’ai préféré faire un aller-retour express dans le sud un week-end pour une fête de famille sans prendre un jour de congé pour pas mettre mes collègues dans la panade. J’ai toujours fait mon travail très consciencieusement, sympathisé avec mes collègues. Ouais, ça, je l’ai fait. Mais mon affection pour cet entourage professionnel ne devait pas devenir un frein pour ma carrière. Je suis jeune, j’ai pas de responsabilités genre un prêt à rembourser ou un gosse à élever, c’est maintenant que je dois grimper les échelons, avant de m’encroûter. Dieu seul sait où je serai dans un an et demi, dans quel état sera ma vie. Peut-être que si j’avais dit non par loyauté, plus tard, je n’aurais pas bougé par encroûtement. La stabilité offre une confort et une sécurité rassurante. Sauf que je suis quelqu’un d’ambitieux et je veux pas me réveiller dans 5 ans rongée par le remord pour n’avoir pas su prendre une porte qui s’ouvrait.

Bref, je me suis découverte plus opportuniste que loyale mais finalement, dans ma boîte, tout le monde a compris mon choix, y compris ma boss qui était contente pour moi. Finalement, cette histoire de démission, elle finit plutôt bien !

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Printemps / célibataires tous frais

Par Tatiana

Le printemps c’est la période des couples qui se font mais aussi des couples qui se défont. Ne me dites pas non parce que c’est prouvé scientifiquement par une de mes amies alors voilà !
Donc c’est vrai qu’en ce moment y a des gens que je connais qui se retrouvent célibataires du jour au lendemain. L’avantage c’est que moi c’est sûr que ça ne m’arrive pas vu que je suis déjà célibataire. Je risque pas de rompre avec moi-même. Enfin bref, y a un truc qui me frappe quand même dans cette histoire c’est que j’ai l’impression que les gens qui sont en couple depuis longtemps gèrent bien mieux leur rupture que ceux qui sont en couple depuis peu. D’habitude tout le monde te dit que c’est bien plus dur de se faire larguer quand ça fait longtemps que t’es avec quelqu’un, et pourtant moi je vois les gens que je connais, qui au bout d’un mois sont déjà en train de se dire que ça va beaucoup mieux, et qui regardent ailleurs. Je vois ces gens qui directement trouvent des gens qui leur plaisent et parfois même sortent avec. Alors que je vois d’un autre côté des gens qui étaient en couple depuis peu de temps et qui après six mois sont toujours dégoutés de l’amour. Des gens qui n’arrivent pas à trouver d’autres personnes pendant longtemps. Des gens qui prennent les choses avec beaucoup moins de philosophie, il faut le
dire.

Du coup je cherche des réponses à cette constatation. Parce que honnêtement il faut l’avouer ça me rend hyper jalouse de voir ces gens qui retrouvent
direct d’autres gens alors que moi pas et que d’autres gens que je connais aussi. Je les vois ils ont l’air bien dans leur peau et plein de confiance en eux, je sais pas comment ils font.


Première réflexion, je me dis qu’ils doivent sortir beaucoup. Moi je le ferais bien mais je suis complètement a sec niveau tunes donc impossible. Forcément c’est sûr que ça ne m’aide pas à rencontrer de nouvelles personnes. Peut être aussi qu’ils ont l’air plus ouverts, car ils redécouvrent les joies du célibat. Exemple : hier j’étais justement avec une fraîchement célibataire (qui était en couple depuis le lycée donc quasi 10 ans) et on aura dit qu’elle était émerveillée de tout, les mecs dans la rue, et plein d’autres trucs encore. Forcément elle doit avoir l’air plus avenante que moi car moi le célibat je connais bien donc c’est loin de m’émerveiller. Et puis moi quand je marche dans la rue c’est soit des tarés qui m’accostent, soit des mecs qui me plaisent pas donc pour éviter le problème je fais en sorte qu’on ait pas envie de venir me voir.

Et puis faut dire que je trouve qu’en général ces gens ils prennent les choses avec mille fois plus de philosophie que nous. « de toute façon ça ne marchait plus, c’est mieux comme ça, je vais rencontrer quelqu’un d’autre » Forcément quand on reste célibataire 1 mois c’est sûr on est persuader de ça. Après le discours change. On se dit plutôt « merde est-ce que je vais réussir à retrouver quelqu’un ? Est-ce que j’ai pas laissé filer la seule personne à qui je plaisais ? ». Le pire dans cette histoire c’est que quand on se fait larguer alors qu’on est depuis peu de temps avec le mec tout le monde se dit que c’est pas grave alors qu’au final c’est là où on le vit le moins bien. C’est pas parce qu’on est depuis peu de temps avec qu’on avait pas de sentiments pour lui et qu’on s’est pas pris une grosse claque dans la figure. On a aussi besoin de soutien, autant que les autres, qui eux, au bout d’un mois ils en veulent plus de soutien.

Et puis vous me direz que ces couples qui se défont on au moins l’avantage de mettre des célibataires sur le marché. Certes c’est vrai, mais on est pas sûr de les voir ces célibataires en question. Parce que par exemple l’ex mec de la fille dont je parle plus haut, j’avoue qu’il me plait beaucoup, mais je sais aussi je ne le croiserai plus donc c’est carrément du gâchis. C’est une autre qui l’aura (pétasse !). A moins que vous ayez une solution pour que je puisse récupérer son numéro de téléphone sans passer pour une garce ?

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Meetic

(Troisième sketch de mon one woman show que je jouerai jamais mais ça m’éclate de l’écrire quand même)

Bon, tel que vous me voyez là, je suis célibataire. Bon, alors, j’ai beau me dire que c’est pas grave, on me fout la pression quand même. Genre, ma meilleure amie : « Il serait temps que tu te trouves un mec, tu vires aigrie », ma grand mère : « alors, c’est quand que tu nous présentes ton jules ? ». Ma tante : « Alors, c’est toi la prochaine à te marier ! ». Ma mère : « t’es sûre que t’es pas lesbienne ? ». Non mais oh, je fais ce que je peux ! L’amour, ça se trouve pas comme ça, d’un claquement de doigts. Je vérifie, tous les soirs, qu’il n’y a pas un beau mec caché sur mon lit et ça n’arrive JA-MAIS. D’un autre côté, un inconnu sous mon lit, je suis pas sûre de bien le vivre sur le coup.

meetic

J’ai donc décidé de prendre mon destin en main. Comme j’ai compris que je ne trouverai pas l’amour au boulot, à moins de devenir sourde et aveugle, l’amour, je le trouve là où il se présente, sur meetic. (S’asseoit et tapote sur un ordi). Alors, je tape ce que je veux comme mec, voyons voir… Brun, grand, athlétique, les yeux bleus, parlant anglais, russe et croate, bac+5 et plus, riche… Oh, ça va, puisque je peux choisir, je vais pas prendre un smicard ! Vous avez le choix entre Brad Pitt dans un château ou le mec qui zone toute la journée au PMU, on sait tous quel choix vous allez faire. Bon, hop, je rentre tout ça et… aucun profil ne correspond à ma demande. Bon, je crois que je suis trop exigeante, là… Bon, on va regarder ce qu’il y a dans ma ville, pour voir. (montre son écran avec son doigt). Non… Non… Non… Ahahahahah, non ! Ah, lui, il est mignon. Ah, il est en ligne, je vais passer sur sa page et attendre qu’il me contacte sur le chat. Oui, meetic, c’est comme dans la vie, c’est à l’homme de nous courtiser, faut pas déconner non plus. Bon… Ah, j’ai un message sur le chat, gagné ! Ah non, c’est pas lui, c’est qui qui me parle ? Raymond, 57 ans… « Est-ce que tu veux faire l’amour ce soir ? ». C’est une blague ? Alors que les choses soient claire, je n’ai rien contre les quinquas, mes parents le sont, justement… Mais avoir des relations sexuelles avec un gars qui aurait pu être dans le berceau voisin de mon père, c’est complètement impossible…Bon, je vais lui répondre (tapote) « Non, mer-ci, je-ne-suis-pas-in-ter-res-sée ». Ah, il me répond : « t’es frigide ? ». Mais c’est quoi ce site ? Pervers.com ? Bon, je ne lui réponds plus, ça ne sert à rien. Ah, en voici un autre : 29 ans, bac+5. Bon, y a pas sa photo donc à priori, ça veut dire qu’il est soit moche, soit marié, soit qu’il n’a pas 29 ans… Voire les trois en même temps. Bon, il me demande gentiment comment ça va, répondons lui. (tapote)« Ça va et toi ? ». Il me répond : « Oui, c’est quoi ton prénom ? ». Ouh, je sens la conversation passionnante, là. Bon, je vais lui répondre, on ne sait jamais. Il veut savoir mon âge, maintenant… (tapote)« C’est écrit sur mon profil, tu sais pas lire ? ». Non mais on va pas lui mâcher le travail, non plus ! Ah, il me répond : « quelle est la taille de tes pieds ? ». Hein ? C’est quoi cette question ? Il est podologue ou quoi ? (soupir) Bon, répondons lui, on sait jamais… Des fois que j’ai besoin d’aller chez un podologue, un jour. Il me répond : « j’adorerais te les lécher ». Bon, ok, on passe au suivant.

Bon, bonsoir, ça va, oui, début classique. Il me demande ce que je fais dans la vie… Des fois, je me demande à quoi ont servi les 15 minutes que j’ai prises pour remplir mon profil… (se lève). L’autre soir, j’ai discuté avec un homme : il était beau, il était drôle, il m’a parlé de Mozart et de villa en Toscane, de couchers de soleil, d’escapade à Venise et d’aurores boréales. Moi, j’étais toute émoustillée, je m’imaginais cheminer main dans la main avec ce poète cultivé, homme de goût… La preuve, il me drague. Je croyais l’avoir trouvé, l’amour, le vrai. Il m’a demandé un rendez-vous, j’ai accepté. Il était beau sur sa photo, on aurait dit Sean Connery, jeune. Je vous rappelle que je refuse de tomber amoureuse de gens ayant l’âge de les parents ou plus. Donc je l’imaginais, arriver dans son manteau long, une écharpe négligemment jetée autour du cou, l’œillade irrésistible, un sourire à faire fondre la banquise. Oh Sean, je suis à toi, épouse-moi, prends-moi, fais de moi ta chose ! Donc, j’étais là, dans la rue, je l’attendais mon Sean Connery, la tête pleine de rêves ! Il est arrivé et là, et là… C’était plus Sean Connery mais Mister Bean… J’ai un peu déchanté quand même mais sur le coup, je me suis dit : « c’est pas grave, il a la beauté de l’âme… ». Mais quand au bout de dix minutes, il m’a demandé si on allait directement à l’hôtel, j’ai compris que la beauté de l’âme non plus, il ne l’avait pas !

Bon, y en a qui trouvent l’amour par meetic, quand même, faut pas exagérer. C’est pas parce que moi, je suis mal tombée que c’est le cas de tout le monde. Et puis meetic a un côté positif quand même : c’est de la drague lourde comme en boîte mais là au moins, personne ne vous met la main au cul…

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