Petit dej sushis, Odaiba et grosse fatigue

02 octobre : le jour où Tokyo a commencé à nous fatiguer. Ca avait commencé plutôt tranquille, nous étions partis, vaillants, vers le marché aux poissons à Tjukiji. Sauf qu’on a décidé de faire nos malins à base de “nous, on ne prend que la Yamanote, fuck le métro !”. Parce que la Yamanote est une ligne circulaire qui permet de se déplacer facilement mais surtout, elle est comprise dans le Japan railpass donc ça évite de payer le métro.

Tokyo, vue de la ville

Nous voici donc à Shimbaji, le nez dans notre plan et un homme du coin vient spontanément nous proposer son aide. C’est assez inédit, les Tokyoïdes n’ayant pas l’air particulièrement intéressés par nous, nos interactions s’étant limités à des vendeurs ou personnels de la gare et aéroport. Et là, pour le coup, c’est soit tout noir, soit tout blanc : soit on tombe sur des personnes extrêmement sympathiques et serviables, soit sur des personnes qui font à peine l’effort de parler anglais*. Oui, la communication est assez difficile, on finit par abandonner les phrases pour jeter des mots en espérant se faire comprendre. Finalement, en France, on n’est pas si pire que ça sur l’anglais.

Tokyo, vue de la ville

Nous voici donc au marché que nous avons trouvé assez facilement grâce à une soudaine concentration de touristes occidentaux. Nous limitant à la partie très touristique du marché, ne comprenant pas trop où aller sur cet immense parking, au milieu, nous nous sommes vite arrêtés dans un restaurant de sushis. Oui, petit déj sushis, les vacances, c’est fait pour faire des expériences. Nous avons donc testé l’oursin, les crevettes et d’autres poissons crus et c’était pas mal du tout.

Sushis à Tsukiji

Le marché de poisson Tsukiji à Tokyo

Le marché de poisson Tsukiji à Tokyo

Le marché de poisson Tsukiji à Tokyo

On ne s’éternise pas sur le marché donc on a totalement loupé l’intérêt pour se rendre à Odaiba sur la baie de Tokyo… en empruntant le Yurikamome, un monorail aérien. Assez onéreux mais la balade vaut le coup. Bon par contre, je me suis plantée de station, on se retrouve à sortir au Tokyo Big Sight… qui est à peu près l’équivalent du parc des expositions de la porte de Versailles un jour où il n’y aurait pas d’expo. S’ensuit une marche chiante en bord de route où on sent bien la pollution. Heureusement, notre petite balade en monorail nous avait permis de remarquer une grande roue qui allait nous servir de guide. Victor m’a même payé un tour dans cette grande roue histoire de profiter de l’architecture fort expérimentale du coin. Et encore, on n’avait pas tout vu…

Tokyo, Odaiba, la grande roue

Tokyo, Odaiba, Tokyo Big sight

La grande roue d'Odaiba à Tokyo

Parce que Victor a des trous dans son jean. Mais genre on voit parfaitement la couleur de son boxer quand il s’asseoit… Donc opération jeans. Oui, en quatre ans, je ne l’ai vu acheter des fringues que trois fois mais là, il veut des jeans. Ca tombe bien, à côté de la grande roue, il y a un centre commercial. On commence par le showroom Toyota  et autant je ne suis pas une passionnée de bagnole, autant je l’ai trouvé vraiment sympa, surtout la voiture à hydrogène, on a testé le casque Oculus Rift qui nous a servi une pub géante pendant cinq minutes avec un mannequin crash test qui t’explique que waouh ! le freinage assisté de Toyota, c’est trop bien de l’avoir. Et comme j’ai dû enlever mes lunettes pour profiter du spectacle, j’ai pas trop vu grand chose.

La voiture hydrogène Toyota exposée au showroom de Tokyo

L'i-road Toyota exposée au showroom de Tokyo

Le scooter du futur Toyota exposée au showroom de Tokyo

Nous voici ensuite au centre commercial Venus Fort qui a comme caractéristique principale d’imiter des rues romaines. Fortement fantasmées, les rues romaines mais l’effet est marrant, j’ai l’impression de me promener dans des décors de cinéma avec son faux ciel bleu et ses murs en carton pâte. Autre curiosité du coin : le Gundam géant, la statue de la liberté et le bâtiment de Fuji TV et son look improbable. Et je vous le dis : j’ai adoré ce coin.

Oui, on est toujours à Tokyo… #tokyo #japan #newyork #statueofliberty #odaiba

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Tokyo Odaiba, building Fuji TV

Tokyo Odaiba, Venus Fort

Tokyo Odaiba, Venus Fort

Mais à propos de “copions les monuments de l’étranger”, il est temps d’aller voir la Tour Eiffel locale aka la Tour de Tokyo. Alors déjà, une anecdote : le premier jour, j’ai vu dépasser vaguement une tour des Buildings, j’ai crié à Victor “hé, c’est la tour de Tokyo !”. Quand nous avons revu cette fameuse tour du haut du Yurikamome, j’étais assez étonnée, ça ne ressemblait pas vraiment à ce que j’imaginais, déjà parce que ce n’est plus orange et blanc… Et bien en fait, je confondais la tour de Tokyo et la Tokyo Sky Tree. Donc nous marchons jusqu’à la Tokyo tower, un peu isolée quand même… et c’est une grande déception. Comme elle est étroite et engoncée entre les immeubles, on a vraiment du mal à concevoir qu’elle est plus haute que la Tour Eiffel. Bref, si vous allez à Tokyo et que vous êtes un peu justes niveau timing, ne faites pas le détour.

Tour de Tokyo

On repart pour le touristique carrefour de Shibuya assez célèbre car présent dans la plupart des films qui se passent à Tokyo. Laissez moi vous décrire le lieu : un carrefour avec des passages piétons qui vont tout droit mais aussi en biais ! Le tout entouré de hauts immeubles bardés d’écrans géants qui diffusent des pubs interminables. Ca crie, ça chante, ça clignote,la foule est immense… et ce petit coin de Shibuya illustre à lui seul ce qui fait que je ne pourrai jamais vivre à Tokyo : c’est épuisant. Il y a tant de cacophonie, d’écrans qui clignotent, la foule, la foule… Petite pépite néanmoins au carrefour, un gars nous offre un joli récital à la basse (j’adore la basse). Après un dîner fort peu mémorable (en même temps, le coin, c’est l’équivalent de Time square ou les Champs Elysées, c’est pas pour rien que Pizza Pino n’a pas son étoile Michelin…), on va se frotter à notre boss ultime de Tokyo : la gare.

Tokyo Shibuya de nuit Tokyo Shibuya de nuit Tokyo Shibuya de nuit Tokyo Shibuya de nuit

On doit partir le lendemain fin de journée pour la gare de Kasei. N’étant pas la meuf la plus sereine du monde dès qu’il est question de transports, je souhaite faire la réservation (on a le Japan Rail Pass, je vous en parlerai à l’occase) pour être peinarde sauf qu’on ne trouve que les guichets pour les trains du jour. On est perdus, fatigués,on commence à mal se parler. Ok, fin de la blague, on rentre se coucher.

 

* En fait, au fur et à mesure du voyage, on a compris que le mythe du “ils parlent tous très bien anglais” était… ben un mythe, justement. On n’est donc pas dans une logique de moindre effort mais bien sur une non maîtrise d’une langue.

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Les enfants de la pub

La semaine dernière, je vous parlais de la scandaleuse pub adopteunmec, je me dis que tiens, je vais poursuivre dans cette voie. Donc sans transition aucune, je voudrais parler des enfants dans les pubs. Parce que je les déteste.


Déjà dans les séries télé, la plupart des gosses sont chiants, particulièrement les petits malins fayots. Quand j’étais plus jeune et que je déjeunais chez mes parents en compagnie de mon père et de ma soeur, celle-ci nous imposait l’insupportable docteur Quinn, femme médecin. Parmi les personnages caricaturaux et agaçants, un cristallisait toute ma haine et mon envie de vomir mon déjeuner : Bryan le petit fayot. Passons sur sa tronche improbable (oui, ok, ça joue, je trouve le gosse de Susan et Mike dans Desperate Housewives krokro mignon alors qu’il faut avouer que ce gamin est un handicapé social), pour se consacrer à ce qui constitue 98% de ses dialogues : »je t’aime ma maman, j’aime mes frères et soeur et l’indien que t’as épousé et ma maîtresse, les poneys, les étoiles dans le ciel et les canards. Tiens regarde, j’ai eu une bonne note et je t’ai dessiné un cheval, comme celui du faux Indien avec qui tu forniques ! ». Naaaaaaaa mais que quelqu’un gifle ce petit fayot de mes deux (ovaires, bien entendu).


Dans la publicité, c’est un monde rempli de Bryan mais de Bryan pervers. Du genre « je suis un enfant mignon et intelligent, j’en profite pour faire des conneries mais mes parents ne diront rien car je suis justement trop mignon et intelligent. D’ailleurs, toi même devant ton écran tu fais des « ooooh » devant ma trombine, j’ai le pouvoir. ». L’enfant roi dans toute sa splendeur.


Je ne saurais dire quand ça a commencé, j’ai pas le temps de faire des recherches, mais j’ai identifié deux coupables potentiels :
– Antoine, le bébé krokro mignon qui pisse sur le canapé devant sa mère extatique.
– le petit garçon binoclard-mais-mignon qui apprend à son père qu’il n’est pas tolérable de répondre à son accès de curiosité. « Papa, comment on fait les bébés ? » À ce propos, si je daigne me reproduire, je compte abandonner mes enfants durant la période des « mamaaaaan, pourquoi… » parce que rien que d’y penser, je trouve ça profondément chiant. Alors qu’en bonne tatie, quand mon neveu posera ce genre de questions, je répondrai « tu demanderas à maman ». Au top la tatie ! Et je clos cette navrante parenthèse sur mes talents innés en terme d’éducation et vous renvoyant vers la parodie des Nuls parce qu’un peu de rire ne fait jamais de mal.

Bref. Depuis, des gamins krokro mignons qui cachent derrière leur bouille adorable des monstres d’insolence voire de sadisme dominateur (pléonasme ?) pullulent. Regardez ce bébé pervers qui torture son père en refusant de dire « papa » et qui finalement sort le mot magique pour couvrir sa connerie en désignant son père. Et tout le monde fait « rooooooh, huhuhu ! ». Et le gosse s’en sort peinard pendant que papa nettoie. Et que dire de cette gamine qui tyrannise sa famille pour les forcer à manger des knackis à 10h du matin ? Si c’est pas de la perversion ça ?   Je finirais en dernier exemple sur la sale gamine qui sévit actuellement dans la pub Carrefour. Et vas-y que je cours dans tous les sens et vas-y que je fous tous les stylos par terre sous le regard admiratif et approbateur de ma mère et du M. Auchan qui touche un smic pour ramasser mon bordel mais c’est pas grave, je demande avec ma moue de fille trop mignonne si y a un prix sur ce stylo 4 couleurs en faisant 3 avec mes doigts et si je peux choisir mes couleurs et tout le monde rit. Une petite fille de 5/6 ans qui fait un 3 avec les doigts en disant 4, elle est pas mignonne mais demeurée mais tout le monde rit niaisement.


Bref, j’aime pas les pubs avec les gosses, ils sont toujours mal élevés comme le gamin qui traite ses parents de débiles dans la pub Kinder « elles sont pas très originales les cloches » (en même temps, les chiens ne font pas des chats, le gamin qui joue encore aux cloches de Pâques à 12 ans, pardon hein…), en train de faire des sales coups et de se foutre des parents et de leur autorité,  sous les applaudissements de tous, parents compris.

Finalement, seule une mère a compris le jeu de ces sales mioches : la bonne femme de la pub pour une lessive que je retrouve pas avec une gamine qui se transforme en démon. Même si son « espèce de petits démons » me fait pressentir un infanticide imminent.

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