Faut-il décrire ses personnages ?

A présent que j’ai terminé le roman de Maja (et séché la réécriture, je savais que ça allait me saouler, ça n’a pas manqué…) et que j’ai entamé l’écriture d’Ofelia (déjà 31 pages à l’heure où j’écris, dimanche fin de journée), je me pose un peu une question : dois-je décrire mes personnages ? Je veux dire, donner des caractéristiques physiques particulières, ok, mais dois-je, par exemple, leur donner une couleur de peau particulière ? Faut-il décrire ses personnages ou laisser aux lecteurs la possibilité de leur donner les traits qu’ils souhaitent ?

Dessiner un corps humain

Dans le roman de Maja, par exemple, j’ai mis un peu de couleur : Maja et son frère sont vietnamo-suédois, le professeur est typé Méditerranéen, une fille a une couleur “caramel”. Svea, l’espèce de doppelganger de Maja, à l’inverse, est une beauté suédoise type, à base de cheveux blonds et yeux bleus. Dans Ofelia, j’ai donné une relative description physique d’Ofelia, actrice donc décrite comme très mince et assez grande mais je n’ai pas détaillé plus, son compagnon a également quelques caractéristiques physiques propres mais pas de couleur donné. Mais on sait qu’ils sont blancs par rapport à une présentatrice télé noire qui explique à Ofelia avoir de la chance d’être à son poste alors qu’elle est une femme, jeune, et Noire de surcroît.

Kady Adoum-Douass

La question de la description physique peut paraître anodine mais elle ne l’est pas tant que ça. Evidemment, quand je base mes histoires à Stockholm ou Rome comme ici, on peut s’attendre à ce que les personnages soient blancs et c’est s’ils ne le sont pas qu’on va avoir tendance à préciser. Effectivement, je le confesse, dans Ofelia, la seule personne pour le moment dont je décris la couleur de peau, c’est celle, justement, qui n’est pas “comme les autres”. Ce qui peut avoir un certain sens dans l’histoire. De la même façon, j’ai choisi de donner un métissage à Maja et son frère car dans leur décision de se lancer ou non dans l’activisme se pose la question de respecter le pays d’accueil de leur mère.

Mylène Jampanoï

Mais la couleur n’est pas tout, il y a également la silhouette. J’avais besoin qu’Ofelia soit mince pour un ressort précis de l’histoire, ça peut coller avec son métier d’actrice (modulo l’histoire se passe en Italie, les actrices italiennes mythique sont plus pulpeuses). J’avais besoin que Svea soit musclée pour une partie précise du récit. Par contre, je ne crois pas parler un seul instant de la silhouette de Maja, ni même de sa taille. Son métissage et ses cheveux longs sont ses seules caractéristiques physiques. Les caractéristiques physiques doivent-elles être évacuées du récit à partir du moment où il n’y a pas d’incidence sur le récit ?

Décrire ses personnages

Car les descriptions peuvent être parfois un peu sexistes. J’avais lu un thread il y a fort longtemps sur le sujet sur Twitter (pas le courage de le rechercher) où une personne signalait à juste titre que dans pas mal de romans, les personnages masculins étaient à peine décrits tandis que les personnages féminins étaient longuement décrit jusqu’à la couleur de leur téton, limite. Parce que ça colle avec pas mal de produits culturels : où le héros n’a pas besoin d’être particulièrement beau ou svelte tandis que la femme, elle, sera toujours parfaitement mince et correspondra aux canons de beauté en vigueur. D’ailleurs, je ne vous apprends rien en soulignant que les actrices au physique “atypique” (vraiment dans le sens pas en accord avec l’ultra exigence des canons de beauté des mass medias) seront plus facilement cantonnées aux séries alors que les acteurs atypiques peuvent parfaitement percer et tenir la tête d’affiche. Je veux dire, ok, on a eu des George Clooney, Brad Pitt et Johnny Depp (pré alcoolisme pour les deux susnommés) mais on nous vend aussi des romances avec Adam Sandler, Benedict Cumberbatch, Vincent Cassel ou encore Javier Bardem… que je trouve pour ma part totalement sexy mais qui est loin d’un lisse Clooney ou Pitt de la belle époque, voyez. Alors qu’en actrice, côté beauté atypique, on a… hmmm. Quelques unes dans le cinéma français, je dis pas, mais sinon, c’est formaté, formaté. Le pire : j’ai tapé “actrice moche” dans Google pour trouver des noms, j’ai trouvé trente articles “les actrices qui sont moches au ciné/à la télé mais belles en vrai” alors que pour ces messieurs, on a droit à un “ils sont moches mais sexy”. Vous le sentez le double standard ? Alors j’essaie tant que faire se peut d’éviter de tomber dans ce cliché. Même si ma nouvelle héroïne est une actrice de cinéma donc potentiellement complètement dans les normes de beauté actuelles.

Diane Kruger

Alors ne décrire que ce qui a son importance dans le récit ? Ok mais est-ce que ça ne risque pas de totalement tuer le suspense ? Si je dis qu’un personnage a une cicatrice mais que ça ne semble pas jouer sur sa personnalité ou son histoire, est-ce que ce ne serait pas évident que cette cicatrice va, à un moment, avoir une importance dans l’histoire ?

Dalius cicatrice

Décrire ou ne pas décrire, quelle question…

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Et si pour le 08 mars, on laissait les femmes parler ?

Ceux qui me suivent sur Twitter (et un peu ici aussi) le savent : je suis certainement ce qu’on appelle péjorativement une Social Justice Warrior, à savoir que j’ai l’air de me mêler de toutes les causes. Alors oui mais non, mes intentions sont toujours les mêmes, la même je dirais même : peu importe quel est ton sexe (de naissance ou non), ton âge, ta couleur, ton orientation sexuelle ou ton histoire, tu dois avoir les mêmes chances que ton voisin. Et rien que ça, ça te donne matière à t’énerver 2 à 3 fois par jour minimum. Et notamment sur le féminisme, la cause ennemie de beaucoup de gens qui ne savent jamais de quoi ils parlent. Et en ce 08 mars, on va vous demandez une chose, une petite chose à vous les hommes : fermez-là.

Le 08 mars : Homme baillonné pour laisser parler la femme

“Et mais attends, dit l’homme, moi aussi, je suis féministe, moi aussi, j’ai des trucs à dire”. Non, tu te tais. Déjà, tu ne peux pas être féministe, tu peux être allié. Parce que tu auras beau nous écouter (déjà, ça n’arrive pas souvent tellement les hommes sont toujours pressés de prendre la parole pour donner LEUR avis), tu ne sauras jamais ce que c’est que d’être une femme, réellement. Tu pourras lire des tumblr qui te mettent sous le nez ce qu’on vit au quotidien (paye ta shnek, paye ta blouse, paye ta robe, paye ta bulle, paye ta fac, paye ton taf, paye ton couple, chaire collaboratrice, conseil aux féministes, je connais un violeur… et d’autres qui ne sont pas arrivés jusqu’à moi), tu ne le vis pas, tu peux au mieux imaginer. Et vu ta propension à nous dire qu’on exagère, j’ai la sensation que tu as l’imagination défaillante, mon cher ami. En tant que femme, j’essaie de ne pas croiser le regard de mecs qui me matent avec insistance en espérant que ça va les décourager. En tant que femme, j’ai toujours le réflexe de regretter ma tenue si je me fais reluquer de trop près alors que *bordel* j’ai encore le droit de m’habiller comme je veux, je dois subir des tentatives de drague bien lourdes dans le milieu professionnel et si tu te rebiffes, c’est toi la conne sans humour. En tant que femme, je scrute toujours les gens derrière moi si dans des lieux de foules, je sens quelque chose contre mes fesses. En tant que femme, je me prends des réflexions si j’ose mettre un orteil sur un domaine soit-disant masculin. En tant que femme, tout ce qui se passe ou non dans mon utérus semble être soumis à libre discussion. En tant que femme, même si je serai naturellement moins bien payée qu’un homme, on hésitera à me faire progresser dans la hiérarchie rapport à mon utérus, toujours. En tant que femme, si je suis battue ou violée, on remettra ma parole en cause, on se dira que je l’ai sans doute bien cherchée, peut-être même que je mens. Je serai traitée de salope dès que j’ouvrirai la bouche, menacée de viol si j’insiste. Mon corps devra correspondre à certains canons sinon je ne vaudrait rien. Et encore, là, c’est juste une petite liste, y en aurait encore tant et plus.

Nicky Minaj, élégante pour la Fashion Week

Si un jour je me lance dans un show type effeuillage, ce sera trop ma tenue

Ca, voilà, c’est un peu notre quotidien. Nos souffrances, sans cesse niées d’ailleurs sous prétexte qu’on exagérerait quand même voire que “hihi, c’est agréable de se faire draguer quand même”. Franchement, non. Et c’est la même pour toute lutte d’une minorité « contre » une majorité. Je ne suis pas militante anti raciste ou pro LGBT, je suis une alliée de ces causes. Je ne prends pas la parole dessus, je la relaie. Parce que j’ai beau avoir l’imagination fertile, je ne sais pas. Parce que je tombe encore des nues quand je découvre qu’un mec s’est fait défoncer la gueule juste parce qu’il avait tenu la main de son petit ami dans la rue, qu’une jeune lesbienne a été violée par son père qui voulait lui prouver que c’était meilleur avec les hommes, que j’apprends que la discrimination à l’embauche des personnes racisées continue encore et toujours, qu’on continue les Blackfaces en 2017 et on envisage d’appeler un bar “le bal nègre” sans bien voir le problème. Que je ne saurai jamais ce que c’est d’entendre des gens commenter ta coupe de cheveux et que si tu les laisses naturels, on va te dire que ça fait négligé… Je ne connais pas les vexations quotidiennes, les petites réflexions tellement routinières qu’on ne prend plus le temps de les dénoncer, on fait avec en se disant qu’il y en a marre. Je sais que tout cela, je ne le saurai jamais, je ne peux que comprendre et faire preuve d’empathie. Donc je n’ai pas à imposer ma vision des choses, de la lutte, des priorités, je n’ai pas à dicter un agenda des actions à mener à ces personnes là.

Affiche black feminism

ET POURTANT ! Les non minoritaires ont, pour la majorité, un besoin viscéral de s’en mêler. Les mecs, on n’a juste pas besoin de vous. On a besoin d’alliés, pas de guides ou de prophètes. C’est hallucinant comme les majorités veulent toujours se mêler des combats en prenant la parole, surtout quand on leur demande de ne pas le faire. Si vous saviez comment les féministes ont été alpaguées sur le sujet depuis une semaine… Regardez : dès qu’une réunion non mixte ou sans blancs est organisée, c’est l”indignation… Alors que les mecs, tu ne leur aurais pas dit de ne pas venir, ils ne l’auraient juste pas fait d’eux-mêmes. Et je sais que certains sont animés des meilleures intentions mais quand on est élevé dans une société où on vous apprend que seul l’Homme blanc peut diriger, que seule sa voix porte et est légitime, ça donne des manterruptions toutes les deux minutes et des mecs qui se posent en leaders de mouvements qui ne les regardent même pas.

Féminisme : ne me libère pas, je m'en charge

Alors s’il vous plaît, demain, pendant juste une journée, taisez-vous et laissez-nous parler.

Merci

 

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Ca vous gêne pas qu’on se flingue la santé en attendant ?

L’autre jour, j’ai entraperçu une polémique (sans grand intérêt en soi) sur le régime Dukan. En gros : l’obésité a baissé, Dukan dit « ouais, c’est grâce à moi » et tous les autres diététiciens dont son grand rival Jean-Michel Cohen crient au loup. Entre les « non mais c’est hyper dangereux, Dukan » et les, « il n’y a jamais eu d’étude pour connaître les effets d’un régime hyperprotéïné », moi, je tique. Ca dérange personne les préconisations santé potentiellement dangereuses qui envahissent les magazines ?

On sait que la course à la minceur peut faire faire à peu près n’importe quoi. De la prise de médoc dangereux, (Mediator) à la tentative de choper le Tenia, se gaver de laxatifs. Ceci étant, maintenant, on peut s’acheter des pilules minceur sans ordonnance grâce à Alli, le médoc qui te fait chier ton gras, littéralement. La minceur se fait au détriment de ta tuyauterie mais qui ça intéresse, elle ne se voit pas. Idem pour les régimes hyperprotéinés à la Dukan qui te flingue les reins ou te file des troubles cardiaques, ça se voit pas…

Je suis atterrée, vraiment. D’un côté, on nous bourre le mou (justement) à base de bien manger, faire du sport, on nous vante la nécessité d’une bonne santé (somme toute relative vu que tout s’oppose à tout. Tiens, maintenant, faut plus manger de produits laitiers, c’est pas si bon que ça… Vous m’emmerdez là !). De l’autre, on nous survend la minceur, l’hyperminceur même, celle qui défie la loi de l’IMC. On nous gave d’aspartame dont on ne connaît manifestement toujours pas les effets. Minceur, minceur, sois mince ou crève seule car tu ne corresponds pas aux canons de beauté en vigueur. Mais oui, bien sûr…

(c) Calirezo

Je ne comprends pas qu’on nous fasse pas plus d’alertes sur le sujet. On nous dit de bien manger, de ne boire ni fumer, de se laver bien les mains, tout est hyper codé, avec messages qui foutent bien la trouille et nous promettent la mort à chaque dérive. Les régimes, on te dit juste « si tu le fais plus de 15 jours, parles-en à ton docteur ». En attendant, flingue-toi, on s’en fout : ça fera toujours plus de sous pour nous.

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Peut-on dénoncer un système que l’on encourage ?

Oh, le joli sujet de philo, vous avez 3 heures. Moi, j’irai boire un café, ciao !

Bon, allez, non, je ne vous lâche pas en ce dimanche alors que je débute la rédaction de cet article à très précisément 3h57 parce que je vous ai préparé une belle surprise pour demain avec l’aide de Lucas. Je deviens vraiment la pro du teasing, n’est-il pas ? Bon, je débute vraiment mon article là, 5 lignes pour ne rien dire, je crois que je vais battre mon propre record. Quoi que des articles entiers ne disent rien donc bon…
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Cette semaine, j’ouvre mon Elle parce que je me la pète femme active et pétée de tunes (alors que j’ai pas de sous, mais chut, it’s just an illusion) et là, je vois un article sur l’anorexie et une campagne de presse la dénonçant. Bouh, l’anorexie, c’est mal ! En photo une jeune femme de 25 ans, Isabelle, qui n’a plus de sein, le ventre creux et le visage tellement creusé que sur le coup, j’ai cru que c’était une vieille. Ah ouais, ça donne pas envie d’être anorexique ! Sauf que je feuillette le journal et je vois pas une seule fille dépasser le 36 alors que j’ai lu récemment que près de 40% des gens (je sais plus si on parle en terme de population française ou mondiale) s’habillent en grande taille, c’est-à-dire à partir du 46-48. Paf, paf. Hier encore, on dissertait sur le sujet avec Lucas, sur les rondeurs et la féminité et on s’accordait à dire que les femmes avaient trop la pression du 36 fillette. Alors que Marilyn, elle, faisait du 42 et que moi, je la trouvais canonissime. J’adore les tailles serrées et les hanches extralarges, c’est féminin, sensuel, mmmm… Mais là n’est pas le sujet.

 Les journaux féminins sont schizophrènes, c’est pas nouveau. Il y a peu de temps, Glamour avait dénoncé la tyrannie de ce fameux 36, montrant des femmes qui faisaient un…  38-40 ! Mais quelle rébellion les enfants « moi, j’assume mes rondeurs ». A du 38-40, c’est pas méga difficile de les assumer. Récemment, sur la plate forme où je bosse, un bloggeur s’était moqué du ventre flasque de Britney pendant sa prestation et une bloggeuse lui avait répondu : « tu te rends pas compte que pour une fille comme moi, Britney, là, elle

est mince et j’aimerais être comme elle ». Ceci étant, je suis d’accord avec elle, Britney n’est pas grosse si on la compare au commun des femmes. Bon après, si on la compare à ses copines d’Hollywood, là, c’est sûr, si tu pèses plus de 45 kg, t’es grosse et c’est tout. Mais j’en reviens à mon sujet, j’arrête pas de digresser, c’est mal ! Donc Glamour nous dit que le 36 c’est mal et dans le même numéro, nous fait un dossier spécial « défilés de mode » avec plein de photos de mannequins au visage émacié qui ne savent pas qu’on peut aussi sourire mais attention, si tu t’entraînes pas régulièrement, ça fait mal. Evidemment, les magazines ne sont pas les seuls responsables de l’anorexie mais je pense qu’ils ne sont pas tout à fait innocents dans certains cas.

 Est-ce que c’est pas un peu gonflé de la part de ces magazines de dénoncer ça alors qu’ils génèrent eux-mêmes cette dépendance à la minceur (voire maigreur) ? Parce que je connais un gros gros paquet de filles (dont moi, évidemment) qui passent leur vie à faire un régime pour perdre 300 grammes alors que nous ne faisons pas un métier d’image. Honnêtement, que je pèse 50 ou 100 kg, c’est pas ça qui va me faire embaucher quelque part. Donc on n’a pas forcément besoin d’avoir le ventre plat et le cul ferme mais on nous a tellement imposé ça comme canon de beauté que voilà. Et je parle des journaux féminins mais c’est juste un exemple. En 2002, tous les médias s’étaient écriés lors de l’arrivée de Le Pen au 2e tour « c’est la faute aux médias ! » Ben ouais, tiens ! Mais bon, aucun n’a réellement fait son autocritique mais se dénoncer en tapant un peu sur le confrère, je trouve ça fort, faire des papiers sur l’emballement médiatique encore plus. « Ouais, c’est nous qui générons le phénomène mais regarde, là, on dit que c’est mal alors ce soir, moi, je dormirai comme un loir, j’ai bonne conscience ».

Maintenant, les journaux qui dénoncent ces systèmes là nous dirons : « nous, on veut bien arrêter mais la concurrence ne le fera pas et on coulera alors ça sert à rien ». Ca reste à prouver. Dove a justement pris le contre-pied des mannequins en prenant des femmes normales pour ses pubs, c’était risqué mais ça a bien marché. Les féminins expliquent que les filles canon, ça fait plus vendre. Déjà, ils ne mettent jamais de Noire car ça fait baisser les ventes à de très rares exceptions près (Beyoncé et Naomie, quoi). Alors ouais, peut-être
que mettre une fille avec du ventre, des fesses et de la cellulite, ça vendrait moins. Peut-être pas. Mais peut-on décemment s’associer à une cause, la promouvoir alors qu’on en est plus ou moins responsable ? Là, j’ai des doutes.

04h22, je vais me coucher.
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Vous reprendrez un peu de féminisme ?

Bon, aujourd’hui, j’ai pas envie de parler sexe ou amour. Pas du tout parce que je suis frustrée ou aigrie, juste qu’il faut savoir varier les plaisirs quand même. Une récente conversation avec un ami a dérivé sur le féminisme, je me dis qu’il est temps d’aborder ce sujet.

 

En tant que femme libérée des années 2000, je me dois d’être féministe. Mais quand je vois les hystériques des chiennes de garde, j’avoue que je ne suis pas très emballée… Ouais, certaines pubs sont sexistes mais y a quand même des sujets plus graves à traiter en priorité. J’ai parfois l’impression que nos chiennes se contentent de couper les branches mortes plutôt que de soigner l’arbre. Ces combats sont hyper médiatiques, c’est sûr qu’interdire une pub Babette (je la lie et je la fouette), ça fait du bruit. Mais bon, ces bonnes femmes se penchent-elles sur des problèmes plus graves comme les femmes battues ou les pauvres gamines dans les cités qui se mettent à porter le voile pour pas être emmerdées par les garçons. Pour ça, y a « ni putes, ni soumises », mouvement né dans la cité, Dieu merci.

 

Dans les années 60 et 70, la cause féminine a été défendue par le MLF, « Mouvement de Libération des Femmes » dont on a pu mesurer la réussite : légalisation de la
pilule et de l’avortement, criminalisation du viol… Donc un bilan positif. Mais les méthodes ne sont-elles pas discutables ? Lors d’une conférence d’un médecin anti-avortement, elles avaient
débarqué dans la salle et lui avaient jeté de la viande à la figure pour représenter des fœtus. Pas très fin… Ceci étant, si on regarde en arrière, toutes les grandes causes n’ont pas toujours
fait dans la dentelle. Personnellement, je ne me permettrai pas de remettre en cause leurs méthodes puisque j’étais pas née et rien n’indique que je n’aurais pas applaudi des deux mains ce genre
d’agissements à l’époque. Mais ce qui me dérange dans le féminisme de la vieille école (dans lesquelles je range les chiennes de garde), c’est que pour obtenir des droits pour les femmes, on se
bat contre les hommes. Eradiquons le dictateur phallocrate ! Il est évident que le combat féministe se fait contre une société machiste et il y a encore beaucoup à faire. Ceci étant, au lieu
de mettre en place une guerre des sexes systématique et stérile, pourquoi ne pas tendre la main aux hommes ? De nombreux hommes sont préoccupés par la cause féministe et veulent faire
changer les choses comme nous. Pourquoi les foutre en dehors du coup sous prétexte qu’ils ont un pénis entre les jambes ? « Ni putes ni soumises » l’a bien compris mais le problème
de ce mouvement, c’est qu’on le cantonne aux cités. Or les problèmes que le mouvement souligne dépasse le simple contexte de cité.

 

Car c’est pas toujours facile d’être une femme aujourd’hui. Bon, en France, on n’est pas les plus mal loties mais c’est pas une raison pour ne rien faire. Bon, sans parler du côté pénible du « je peux pas mettre une jupe sans le faire emmerder », il y a quand même un sacré problème sur le marché de l’emploi. Outre la question des salaires, il y a une vraie discrimination à l’embauche. Au début de l’été, je déjeunais avec Simon, le président de l’asso, et Gabrielle, une attachée de presse qui bosse avec nous. Gabrielle a 30 ans, mariée depuis peu. Et là, elle m’explique qu’elle a eu beaucoup de mal à trouver du boulot car pré-trentenaire et jeune mariée, les recruteurs prenaient peur : celle-là, elle va faire un bébé ! Elle a même fini par remplacer le « mariée » par « célibataire » sur son CV pour trouver un emploi. Et là, j’ai peur car je vais bientôt rentrer dans la zone fatidique des 27-30 ans où on n’embauche pas de femmes de peur d’une grossesse. Je veux pas dire mais c’est pas parce que je suis en âge de me reproduire que je vais le faire ! Par ailleurs, le congé parental, c’est plus forcément la mère qui le prend. Enfin, qu’est-ce que c’est que ce procès d’intention ? Comme je disais à l’ami avec qui j’en parlais l’autre jour : « est-ce qu’on refuse d’embaucher un automobiliste car il risque de mourir dans un accident ? ». Ouais, j’assume mes comparaisons pourries. C’est quand même hallucinant aujourd’hui que dans une société où on a tous les outils pour maîtriser notre fertilité, on nous colle encore dans le rôle traditionnel de la maternité.

 

Et pourtant. L’autre jour, je lisais « Génération 69 » qui consacre un paragraphe au féminisme, justement, et qui rapportait le témoignage d’une jeune femme qui avait quitté le MLF car elle désirait avoir un enfant et que ses copines la regardaient avec dédain : un enfant ? Beurk ! Alors outre le rejet des hommes, le féminisme doit aussi faire fi de nos envies personnelles ? Ce n’est pas parce que je suis une femme que je veux forcément un enfant. Mais ce n’est pas parce que je suis une féministe que je n’en veux pas. Parce que le côté féministe « je rejette tout ce qu’il y a de féminin en moi », je trouve ça un peu ridicule. Le but n’est pas de nier notre statut de femme mais de promouvoir notre place dans la société ! Alors après, je pourrais refuser de m’épiler pour ne pas obéir aux canons de beauté imposés par la société (comprenez, les hommes) mais moi, je trouve mes jambes plus jolies sans poil. Je me souviens d’un cours de sociologie des femmes quand j’étais en licence, une hystérique expliquait fermement qu’elle refusait de repasser les affaires de son mec et de faire la cuisine, suivant ses idéaux féministes. Ben, moi, c’est con, mais cuisiner un petit plat pour mon chéri, ça me fait plaisir. Ca veut pas dire que ça doit être à moi de le faire systématiquement mais cuisiner (et réussir) un plat pour deux, je trouve ça assez agréable.

 

Bref, quand je vois certains combats d’arrière-garde, je comprends que certaines (et certains) ont du mal à se définir comme féministes. Car après tout, le combat ne devrait-il pas permettre à toutes les femmes, quelles que soient leurs origines et leur milieu social, de pouvoir vivre normalement et d’avoir les mêmes droits que les hommes ? Si, évidemment. Mais y a des jours où c’est pas évident. Mon féminisme à moi, c’est juste de pouvoir faire ce que je veux sans être gênée parce que j’ai un vagin. Et si un jour je veux un enfant, qu’on me laisse faire.

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La fin des maigres ?

Bon, c’est vendredi et faisons dans le léger. Oui parce que tout n’est pas noir dans la vie et si des gens me foutent vraiment en colère (surtout si elles sont de sexe féminin), j’ai pas envie de m’énerver pour rien. Alors parlons de choses futiles qui font plaisir : la fin du monopole des mannequins maigrelettes.
La semaine dernière, en faisait ma revue de presse habituelle, je vois une dépêche  » En Espagne, des mannequins trop maigres interdites de défiler « . Je vais lire ça et là, je jubile ! Enfin, on commence à se dire que des filles dont on compte les côtes sans rayon X, c’est pas tout à fait normal. Désormais, une mannequin devra faire 1m75 pour 56 kg. Oui, 56 ! Moi, je croyais qu’une fille d’1m75 devait peser genre 52 kg pour avoir un corps parfait, je suis nulle en poids, une catastrophe.
Mais pourquoi on les interdit ? Parce que ça donne une mauvaise image aux jeunes demoiselles et que ça entraîne des désordres alimentaires chez elles. Bon, je ne discuterai pas sur ce point, moi, je ne suis ni psy ni diététicienne donc mon avis ne sera pas éclairé.
Par contre, je peux vous parler des complexes féminins. Comme toute fille, je suppose, je suis complexée. Enfin, ça dépend des jours. Y a des jours où je suis de tellement bonne humeur que je ne me trouve pas grand chose à redire. Il y a les jours d’humeur égale où je me dis que faire des abdos serait une bonne idée, quand même… Et les jours de mauvaise humeur où je trouve que tout est à jeter, même mes yeux que je ne trouve pas symétrique (alors que mes yeux, c’est ce que j’ai de plus beau, quand même). Mais bon, les complexes les plus répandus, outre le nez, c’est la silhouette. Trop de cul, trop de ventre, pas assez de sein, trop d’épaules ou pas assez, un cou trop long ou trop court, des mollets trop ronds… Enfin, bref, y a toujours un truc qui cloche. Perso, je déteste mon ventre, il est mou et moche. En plus, grâce à l’hérédité familiale, il a un peu tendance à gonfler. Bon, après, le reste n’est pas parfait mais c’est vraiment ce
qui me gêne le plus. L’autre jour, j’en parlais avec un mec sur MSN qui me fait :  » non mais attends, t’en connais beaucoup des nanas de plus de 18 ans qui ont un ventre plat en dehors des magazines et de la télé ? Oui j’en connais ! Mais bon, à la limite, un ventre plat, plat, plat, c’est pas forcément top, une toute petite bosse, c’est joli… Mais minuscule la bosse, pas un boudin !
Le problème, c’est que nos références sont biaisées. J’ouvre un magazine, au hasard le Cosmo d’octobre (qui est pas top et en plus, ils me font chier avec toutes leurs pubs avec échantillon gratuit, ça vous fait des espèces de pages hyper lourdes, c’est impossible à feuilleter et une fois sur deux, quand vous enlevez l’échantillon, vous déchirez la page). Les pages modes sont squattées par des filles sans seins et sans hanches au teint diaphane… Elles ont pas une tête de droguée qui revient d’une rave party mais limite. Et en plus, elles ont une frange, mais quelle horreur ! Je déteste les franges, surtout quand elles cachent les yeux, ça m’agace et ça va à très peu de filles. Moi, la frange, je l’ai eu jusqu’à mes 14 ans, je n’en aurai plus jamais. Mais bon, je digresse, excuse-moi, lecteur. Bref, des gamines de 16 ans qui risquent fort d’être périmées quand elles auront enfin des hanches de femme. Donc, forcément, moi, à 26 ans, on
m’explique que ça, c’est la norme mais à moins de me raboter les os, je ne peux pas avoir de hanches aussi étroites.
Alors, ENFIN, on commence à prendre conscience que la maigreur n’est pas forcément un bon exemple. Merci, enfin, merci ! Parce que même si on nous rabâche que les hommes adorent nos formes voluptueuses (c’est fou comme le politiquement correct a nui au mot voluptueux, devenu une espèce de synonyme de grosse, grasse ou obèse alors qu’il est si joli, au départ, ce
mot), il n’en reste pas moins que les mannequins n’ont que la peau sur les os. L’autre jour, au meeting de Jack Lang, j’ai vu une nana de Top Model, l’émission de téléréalité de M6 qui est passée je sais plus quand. Bon, honnêtement, c’est ma collègue qui l’a reconnue parce que moi, je cherchais la chargée de comm de notre ami Jack et de toute façon, j’avais pas mes lunettes. Bon, cette
fille, c’était une blonde pas jolie (à mon goût) qui a un pif de cochon et des yeux méchants. Bon, cette fille avait été éliminé car elle avait grossi et pesait 56,5 kg, je crois (voire 57, diantre !). Bon ben je sais pas si elle a maigri depuis ou quoi mais elle est drôlement bien foutue et pas si grande que ça (elle doit bien faire son mètre 75, quoi). Donc voilà, à cette nana, on lui a dit qu’elle était trop grosse alors qu’on nous explique maintenant que finalement, son poids à elle est le minimum correct pour sa taille. 
Moi, je suis contente ! Je commence à espérer. Voir des vraies femmes défiler sur des podiums. Des filles qui font un 38-40 avec des seins, des fesses, des hanches et qui n’ont pas l’air de droguées. Si elles pouvaient sourire au passage, on leur en voudra pas. Je rêve d’un jour où je pourrais avoir la silhouette d’un mannequin (mais bon, j’aurai jamais la taille quoi) non pas parce que j’aurai perdu 20 kg mais parce que la norme sera comme ça. Je rêve d’un monde où on arrête de gommer la cellulite des nanas sur les photos parce que, d’accord, c’est pas joli mais nous en avons toute, même avec les supers crèmes anti-cellulite. Je rêve enfin d’un monde où l’esthétique et les canons de beauté féminin ne seront plus dictés par trois couturiers et deux photographes, où le mot voluptueux reprendra son sens initial et où toutes les actrices d’Alerte à Malibu et autres séries sur la plage auront un joli bidou qui donne envie de poser sa tête dessus (je parle pour les hommes, j’avoue que je ne pose jamais ma tête sur le ventre des femmes). Et puis je rêve aussi du jour où la beauté ne sera plus jugée en fonction de la maigreur ou non d’une femme. Parce qu’une paire de fesses, ça ne sera jamais aussi expressif qu’un visage.
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J’me sens pas belle

Dimanche dernier, alors que j’étais censée me coucher et que je ne le faisais pas, je tombe sur un épisode de Sex and the City sur Teva (en VO). Je regarde d’un air distrait, je me souviens pas de cet épisode (en fait, je crois que je n’en avais jamais vu le début). Miranda était invitée à un repas chez des amis de son nouvel ami. A un moment, elle part à la cuisine avec les femmes qui lui expliquent que son ami s’est enfin décidé à ne plus sortir avec des tops models, certes très belles mais totalement crétines. Et voilà que notre amie partage son désarroi avec ses copines : elle ne peut pas faire le poids face à des tops models (ou plutôt, elle fait trop le poids…).
dans-le-miroir
 
Quand j’avais écrit mon article sur un pénis dans le journal, Erich m’avait filé des liens sur une polémique qui avait eu lieu quand une pub avait mis en scène un homme nu. Une féministe avait crié au scandale car maintenant, les hommes devaient aussi subir le diktat de la beauté, tout comme les femmes. Pour ma part, je pense qu’il n’y a pas de raison que seules les femmes subissent l’obligation d’être parfaites mais là n’est pas le sujet. Comme Carrie, je jette un œil dans les magazines et je désespère : je n’arriverai jamais à la cheville de ses créatures à la beauté parfaite. Enfin, selon les canons de beauté en vigueur aujourd’hui.
 
Depuis quelques années, plusieurs associations essaient de les casser, en s’en prenant notamment à la poupée Barbie. Si Barbie était une vraie femme, elle tomberait, entraînée par le poids de sa poitrine démesurée par rapport au reste de son corps. Ils ont d’ailleurs inventé une poupée Barbie qui reprend les mensurations de l’Européenne type, à savoir une taille 42. Le problème est que les normes sont biaisées : les mannequins des magasins ne pourraient pas avoir d’enfants si elles étaient de vraies femmes, tant leurs hanches sont fines. Quant aux photos de stars ou mannequins, elles sont très souvent retouchées. Exemple ? Prenez Britney Spears ou Mariah Carey (entre autres). Ces demoiselles perdent mystérieusement une dizaine de kilos entre les photos et leurs passages en plateau ou en concert. Mariah Carey est très amusante pour ça, on sent la fille complexée par ses kilos en trop. Sur les plateaux télés, elle rentre le ventre comme une malade et croise les jambes pour cacher ses cuisses. Du coup, elle se déplace pas, elle peut pas ! Essayez de marcher avec les jambes croisées, c’est vraiment pas évident !
 
Pourtant, il paraît que les rondelettes sont à la mode. Exemple : une pub pour un savon (je sais plus lequel, Palmolive, je crois) où une femme plantureuse à la peau laiteuse sort à moitié de l’eau. Elle, au moins, elle saute pas de repas ! L’an dernier, Emmanuelle Béart exposait ses rondeurs sur la couverture de Elle pour le festival de Cannes, on peut évoquer Jennifer Lopez, Beyoncé ou je ne sais plus qui. Même Monica Belluci, on dit pudiquement qu’elle a « des formes ». Franchement, j’aimerais avoir les mêmes qu’elle ! Cependant, dès qu’une star filiforme prend 3 grammes, les magazines people nous la montre en photo : « oh, qu’elle est grosse ! ». A côté de ça, on voit
des nanas anorexiques nous expliquer qu’elles mangent des yaourts 0% car elles sont au régime… Qu’elles se fassent amputer d’un os, c’est la seule façon pour elles de perdre du poids ! Des nanas zéro bourrelets se déchaînent dans les clips et dans les magazines de vente par correspondance, les vêtements grandes tailles sont portées par… des mannequins qui arrivent à caser leur cul dans un jean en 34. Le mot régime est omniprésent dans les magazines : régime post-fête, régime pré-été, régime de la rentrée, régime pré-fête…Bon, les grosses sont à la mode mais faut pas l’être ! Dernier « rebondissement » en date : la gamine qui a gagné la Star Ac. Bon, cette pauvre gosse a un réel problème de poids mais ça l’empêche pas de gagner la Star Ac…sauf que tout le monde doute de sa capacité à faire carrière. Honnêtement, je sais pas comment elle chante et ses prédécesseurs n’ont pas faits des ventes record mais elle, de suite, on doute.
Pourquoi ? Parce qu’elle est grosse… Jusqu’à preuve du contraire, on chante avec sa voix, pas avec son ventre plat…
 
Donc me voilà devant ma glace en sortant de la douche et je me lamente : je suis pas foutue comme Gwen Stefani… mais bon, je suis pas non plus foutue comme Laurence Boccolini, rien de dramatique, mes pantalons taille 38 me contiennent sans me torturer. Pourtant, comme la plupart de mes copines, je suis perpétuellement au régime… vous savez, le régime qu’on commence le lundi matin et qu’on arrête le lundi soir. Celui-là même ! Mais à force de m focaliser sur mon ventre, mes fesses et mes cuisses, j’oublie le reste, qui est plutôt pas mal. D’ailleurs, Gauthier m’a parlé un jour du régime que j’avais fait en 2e année de fac. Ça, pour maigrir, je maigrissais : allez encore un kilo, encore un autre ! J’avais une technique imparable : je fumais au lieu de manger. Technique débile, on est d’accord. Mais comme il m’a dit : « ok, t’as minci mais tu as aussi perdu ta
joie de vivre et moi, je t’aimais moins ! ».
Oui, forcément, quand le seul élément qui se frotte à notre palais, c’est de la fumée… C’est très mal, que personne ne m’imite. Le pire, c’est que je ne me rendais même pas compte que je mangeais pas, c’est quand je m’endormais en cours que soudain, je réalisais : « mince, j’ai pas mangé à midi ! ».
 
La minceur est une obsession imposée à chaque femme. Non mais imaginez un peu le harcèlement dont nous sommes victimes : dans tous les magazines féminins, TOUT AU LONG DE L’ANNEE, on nous explique comment perdre quelques kilos. Du coup, on culpabilise, on se dit que, c’est vrai, ces deux kilos, là, on vivrait très bien sans. Et quand je vois toutes les conneries qu’on nous fait faire pour ça, je me dis que certains magazines pourraient être traînés devant les tribunaux par des filles qui souffrent de troubles de l’alimentation à cause d’eux. Par exemple, ma chère sœur fait actuellement un régime hyperprotéiné (non, pas Slim Fast) où elle mange que des yaourts, des légumes et de la viande, en gros, pas de sucre et pas de fruits ( ??)… Ah, ça, elle a minci mais elle risque de tout reprendre une fois le régime arrêté.
 
A ce sujet, toujours, j’ai vu mardi le terrible Requiem for a dream qui, il faut l’avouer, m’a fait pleurer, je pense en faire un article,d’ailleurs. Donc, dans ce merveilleux film, le personnage de Sarah veut maigrir pour passer à la télé et commence un régime à base de pamplemousse et d’œufs mais c’est dur donc elle prend des pilules qui s’avèreront être des amphétamines. Cette femme va perdre la santé et la raison pour pouvoir entrer « dans sa robe rouge »… Tout ça pour ça…
 
Je ne m’oppose pas aux régimes pour raison de santé : ils sont parfois nécessaires pour le bien de la personne. Mais être obsédé par son poids alors qu’on a que quelques kilos en trop, ça m’énerve. Certes, je ne suis pas foutue comme Kate Moss, est-ce pour autant que je suis repoussante ? Non. Après tout, si je regarde les hommes que j’ai aimés, aucun n’était foutu comme un rugbyman du calendrier. Est-ce pour autant qu’il ne me séduisait pas ? Non. Et bien, l’inverse est vrai : j’ai pas d’abdos mais j’ai d’autres atouts et ça, faut que j’y pense la prochaine fois que je commencerai un régime. Et puis si nous avions tous les mensurations idéales, comment ferions-nous pour sortir du lot ? De toute façon, ce qui nous rend belles, ce n’est pas les régimes que nous faisons mais l’estime que nous avons pour nous. Plus nous nous aimons, plus nous sommes belles… Avec ou sans côtes apparentes.
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