Tu veux pas t’asseoir sur les genoux de mon mec tant qu’on y est ?

Par PinkLady

(Et on accueille ici PinkLady que certains connaissent déjà sur son autre blog. Et pour les autres, comme d’hab, on est gentils et polis)

Je ne suis pas du genre jalouse possessive mais il y a des limites à ne pas dépasser, celles notamment de la bienséance et de la courtoisie. En somme, si tu veux draguer mon mec car il est beau, je peux comprendre mais évite de le faire sous mon nez.

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Jeudi soir, petite réunion entre gens de bonne compagnie pour un projet web perso. Sont présents dans la salle : Wannabe John John (c’est le pseudo de mon mec, longue histoire), un autre garçon, trois autres filles et moi. Parmi ces filles, une que j’aime très beaucoup et la « rivale », celle qui passe son temps à parler à WJJ dès que j’ai le dos tourné.
Soit un peu souvent parce que j’ai autre chose à faire que de le surveiller et qu’il aimerait pas ça. Et moi non plus. Appelons là Bouche car elle a une bouche pulpeuse et fait plein d’effets avec. La soirée commence en fait sans WJJ arrivé en retard. Quand il arrive, il dit bonjour à tout le monde et me gratifie d’un baiser et d’une étreinte. Ok, peut-être qu’elle a pas vu mais elle pourrait un peu remarquer que pendant la soirée, nos mains se sont un peu posées sur le dos et le bas des reins de l’autre. Bon ok, peut-être qu’elle a besoin d’aller chez l’ophtalmo réviser ses lunettes. Faudra que j’y aille avec elle, tiens, les miennes sont à réviser, on aura un tarif de groupe.

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Pour bien saisir la tension dramatique de la scène : je suis sur un canapé entre WJJ et la fille que j’aime très beaucoup, elle est pile en face de lui. Et toute la soirée, ce sont oeillades et jeux de bouche en veux-tu en voilà, des « han mais si t’as perdu tous les textos qu’on t’a envoyés, je vais te renvoyer les miens, hihihi! ». D’un certain côté, j’admire sa volonté et son abnégation car il n’était pas de très bonne humeur mon WJJ. Bon, je ne comprends pas bien de quoi ils parlent, je suis en plein assaut de drague geek et je n’en suis pas une. Enfin pas de ce niveau là, je comprends rien à leurs histoires de gestion de bases de données, de langage plein-de-lettres. Moi j’ai fait « heu oui alors je vais m’occuper de Facebook » parce que ça, je sais faire, et basta. 

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Sur le coup, je ne vous cache pas que ce petit jeu de séduction m’a légèrement agacée mais j’ai pris sur moi car je sais qu’il ne se passera rien entre WJJ et elle (parce que je l’ai expressément demandé, ok). Puis j’ai observé. Et c’était fascinant ses appels du pied, ces regards direct dans les yeux, les effets de bouche genre je gonfle un peu mes lèvres, l’absence quasi totale de l’existence de son petit copain (car il existe). Un incroyable cas d’école, un exemple vivant pour la sociologie et l’anthropologie de la drague. Dommage qu’elle se soit coupé les cheveux, on a raté le passage L’Oréal de la séduction. Par exemple, moi, c’est ce que je maitrise le mieux, jouer du cheveux et des cils mascarés pour signifier au monsieur à qui je
parle que j’ai envie qu’on fasse connaissance plus en profondeur… Mais dans son comportement, tant d’invitations, de propositions non dites. Et le pire, c’est que je sais que WJJ va me dire « non mais tu rêves, elle m’a pas draguée ». Je crois que WJJ n’a conscience d’être dragué que quand la fille s’allonge langoureusement nue sur ses genoux (hors strip teaseuse évidemment)

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Mais comme je suis une garce mesquine, le meilleur fut quand même la conclusion de cette petite réunion-sauterie. On repart tous les 3 vers le métro et comme WJJ ne partait pas dans le même sens que nous, il lui fait la bise… et vient tout naturellement m’embrasser et de façon peu discrète, on s’échange quelques mots sur notre rendez-vous du lendemain et
on se sépare. Ah la tête ! C’est aussi jouissif que des Shokobons qui seraient sans calories. On descend sur le quai dans un silence absolu et là, elle me demande : « Mais vous deux… c’est officiel comme relation ? ». Hé ouais, meuf même si on reste discret pour éviter les ragots et autres messes basses dans le groupe. Et là, comme par magie, son petit ami reprend consistance : « moi, mon mec, j’ai bien fait de le trouver ailleurs alors, hihi! ». Oui, hihi. 

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Bref, tout est bien qui finit bien, elle m’a rajoutée en amie sur Facebook, je suppose donc qu’elle a désormais intégré le fait que WJJ et moi sommes en couple. Retenons donc la leçon : j’aurais pu, lors de la soirée, faire un esclandre… Non, en vrai, j’aurais pas pu, c’était pas du tout dans l’ambiance. Je n’aurais pas pu non plus la coincer dans un coin en lui expliquant que WJJ est un peu avec moi alors qu’elle calme ses ardeurs en ma présence car ce n’est pas très respectueux pour moi. Et là, j’aurais commis sans doute une grosse erreur. En pissant symboliquement sur le WJJ qui n’a rien demandé à personne dans cette histoire, j’en aurais fait une sorte de trophée, un mec à conquérir absolument car il a un énorme panneau « pas touche » sur le front. Un peu comme un panier de pâtes d’amande en période de régime (je suis actuellement à la diète, ça se sent un peu, non ?). Plus l’interdit est fort, plus la tentation est grande. Or je n’ai rien fait, rien dit, je ne me suis pas vautrée sur ces genoux en mettant ma langue dans sa gorge pour dire subtilement « hé mais c’est bon, je le pratique déjà, trouve-t-en un autre! ». J’ai été cool, essentiellement car j’ai un super atout dans mon jeu : je fais confiance au jeune homme. Même si le fait de sembler passer pour le dindon de la farce aka celle qui voit son mec se faire draguer sous son nez ne m’a pas super ravie. En restant cool, je suis donc passée pour la copine sereine, celle qui ne doute pas. Non pas une rivale. Du coup, je pense qu’elle va naturellement se trouver une nouvelle cible.

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Quoi que je dis ça, samedi, elle lui a quand même bien tenu la jambe… 

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La nécessaire éducation sexuelle

Parfois, je suis effarée quand j’entends les jeunes de 16, 17 ans parler de leur sexualité. Le préservatif ? C’est quoi ce machin ? C’est moche, ça pue, c’est visqueux, beurk ! Le coïtus interruptus, c’est tout aussi bien !

Jeunes gens, d’une part, vous n’avez rien inventé, le coïtus interruptus, ça existe depuis la nuit des temps et ce n’est pas fiable. Ensuite, le préservatif n’est pas un engin de torture, ça sert à vous protéger non seulement des grossesses indésirées mais aussi de tout une batterie d’IST (infections sexuellement transmissibles). Mais le problème ne vient pas, à mon avis, d’une insouciance soudaine de la nouvelle génération mais d’un manque total d’éducation sexuelle. Cet article est militant : je me prononce pour l’éducation sexuelle au lycée ! En effet, nous, durant notre adolescence, nous avons eu beaucoup de discours sur le SIDA (nous sommes la « génération sacrifiée »), souvenons-nous des émissions de doc et difool, des préservatifs à un franc ou de la capote géante glissée sur l’obélisque de la Concorde. Souvenons-nous de Clémentine Célarié qui roule une pelle à un séropositif. Aujourd’hui, le ruban rouge est rentré dans les mœurs, le symbole est beaucoup moins fort.

Le préservatif dès la première fois

Retour en arrière. 1994, je finis mon année de quatrième. Comme je suis en collège privé on a des séance de « catéchisme » qui sont plutôt des forums de discussion. On a le choix entre plusieurs ateliers et je m’inscris à un sur le SIDA. Deux personnes de ma paroisse (oui, j’ai une paroisse, je n’y vais jamais mais j’en ai une quand même) viennent nous parler SIDA et prévention et, à la fin de la séance, ils nous donnent à chacun un préservatif. Voilà qui est courageux ! Au lycée, nous avons également un cours sur la contraception très
intéressant. Bon, sur le coup, Cécile et moi sommes un peu traumatisées : pilule ou capote, sinon rien ! Le stérilet, c’est vraiment trop… Alors, certes, c’est super efficace mais ça a une tête d’engin de torture. Enfin, toujours est-il que la gentille dame nous explique que sans protection, aucune contraception n’est fiable. Oublions de suite la fameuse méthode Ogino qui a permis à de nombreux êtres de voir le jour. Grâce à ma super prof de biologie de première, j’ai complété mes connaissances sur la question. Oui, comme j’étais en littéraire, la classe était très majoritairement féminine, ce qui permettait de parler facilement sexualité avec elle.

 

Alors, mesdemoiselles et messieurs, voici quelques petits cours d’éducation sexuelle. Si j’empêche au moins un avortement grâce à cet article (en empêchant une jeune fille de tomber enceinte, je ne suis pas anti-IVG), ça n’aura pas été vain. Alors, imaginons. Sarah et Paul sont jeunes, ils ont quinze ans, mettons, et les hormones qui commencent à bouillonner. Ils sont vierges tous les deux et veulent franchir le pas MAIS première épreuve : acheter des capotes. A cet âge-là, ce n’est pas forcément évident, on a un peu honte d’aller au distributeur dans la rue ou dans la pharmacie. Après tout, Mme Crochon connaît bien la maman de Sarah, elle pourrait cafter. Aveuglés par leur désir et leur envie de copuler, Sarah et Paul décident de s’en passer. Après tout, ils sont vierges tous les deux donc aucun risque d’attraper le SIDA et on ne peut pas tomber enceinte la première fois…

Et bien c’est faux ! La première fois est justement un acte hautement risqué au niveau de la fécondité. En effet, l’ovulation est un mécanisme curieux : normalement, la plupart des filles sont bien réglées et ont leurs règles tous les 28 jours. Sauf que c’est très lié au psychique : un stress peut enclencher l’ovulation et on trouve difficilement plus stressant qu’une perte de virginité. D’ailleurs, c’est pour ça que dans les siècles passées, les femmes tombaient souvent enceintes dès la nuit de noce.

Donc notre ami Sarah compte : normalement, y a pas de risque, elle a eu ses règles il y a peu. Donc Sarah et Paul se découvrent, font l’amour, Paul a promis de se retirer « à temps ». Sauf qu’à temps, c’est souvent trop tard et les premières gouttes de spermes sont aussi les plus concentrées. Donc les plus fertiles. Donc entre les trois gouttes de Paul et l’ovulation soudaine de Sarah, la catastrophe n’est pas loin. Par ailleurs, qu’est-ce qui prouve à Sarah que Paul est vraiment puceau ? Et vice versa, d’ailleurs… Donc la capote est vraiment utile. Pour éviter ce genre de mésaventure, un distributeur de capotes dans les toilettes des lycées ne serait vraiment pas du luxe mais c’est encore un autre débat.
 

Donc si vous ne voulez pas tomber enceinte, oubliez de suite le coïtus interruptus et l’étude appuyée de votre calendrier menstruel, ces méthodes sont généralement peu efficaces. Et l’avortement n’est en aucun cas un moyen de contraception. Pas plus que la pilule du lendemain, d’ailleurs. D’une part, ça coûte cher et d’autre part, c’est très violent pour l’organisme. En effet, une pilule du lendemain est douze fois plus forte qu’une pilule normale et peut provoquer des vomissements. Si tel est le cas, vous pouvez faire une croix sur les vertus contraceptives de cette pilule.

Bien sûr, il y a l’avortement, au cas où… Mais franchement, ce n’est pas facile à vivre, ni physiquement ni moralement. Aujourd’hui, il y a des pilules avortives mais d’après ce que j’en sais, ça rend malade et provoque des règles très abondantes et douloureuses. Donc si on peut éviter, on évite.

Non, IST n’est pas un jeu vidéo

Le préservatif protège aussi des IST, c’est quand même bien pratique. Prenons le cas du SIDA. Non, il n’existe pas de vaccin, on ne guérit pas du SIDA. La trithérapie ? Alors d’une part, ça n’élimine pas le virus d’autant qu’une fois qu’on est séropositif, on l’est à vie. En effet, la séropositivité veut dire que le corps a été en contact avec le virus et a crée des anticorps pour se protéger. Par exemple, si vous attrapez la grippe, vous fabriquez des anticorps de la même façon et vous êtes séropositif au virus de la grippe. Ainsi, il est totalement
impossible de redevenir séronégatif. Ensuite, on ne meurt pas du SIDA. Non, on meurt des complications liées à l’affaiblissement du corps. Le système immunitaire faiblit et on est la proie de toutes les infections, des plus bénignes au plus graves. Donc à partir du moment où on se découvre séropositif, nous voilà avec une merveilleuse épée de Damoclès au dessus de la tête et la
trithérapie, si elle allonge l’espérance de vie, elle le fait de façon très violente : on est malade en permanence. Là encore, si on peut éviter… Et encore, je ne parle pas de la syphilis en recrudescence (Maupassant en est mort), les herpès génitaux ou la célèbre chaude-pisse. Je vous invite à aller jeter un œil sur google, je pense que ça va calmer vos ardeurs.

Evidemment, la théorie est simple, parfois, en pratique… Quand j’ai débuté ma vie sexuelle avec Pierre le pervers, ses treize ans de plus que moi m’ont rapidement convaincue de pas mettre de préservatifs. Enfin, convaincue, non, mais j’ai pas osé protester, il avait trop d’ascendant sur moi. Résultat : un gros retard de règles le mois suivant et le flip de ma vie : Seigneur, me voilà enceinte ! Bon, ce ne fut pas le cas mais 40 jours sans règles, c’est quand même long. Sans parler de l’angoisse quelques temps plus tard quand j’ai passé le
test du SIDA car mon nouveau petit copain (c’était Guillaume) et moi voulions nous passer de capotes. D’ailleurs, anecdote amusante : on a décidé de se passer de capotes le jour où sa mère
nous a donné une boîtes de préservatifs « avec applicateur » (oui, ça existe). Chaque préservatif était enserré dans une bague en plastique qui se distendait et s’enlevait une fois la capote mise, pour éviter de se mettre de la vaseline partout. Bon, je rigole beaucoup en la mettant, beaucoup moins pendant le coït : le préservatif était ultra épais, on ne sentait rien du tout. Ceci étant le préservatif est parti APRES le test (négatif) et parce que je prenais la pilule.

Par la suite, je n’ai pas eu une conduite irréprochable donc je ne me permettrai pas de juger les gens. Certes, chacun prend les risques qu’il veut mais prendre un risque par manque d’information, c’est tout de même idiot. Et prendre un risque, d’accord, mais pensons aussi au partenaire : si j’ai eu un rapport à risque avec X, dois-je en faire autant avec Y ? Je pense que jouer avec sa propre vie nous regarde, menacer celle de l’autre est bien plus blâmable.

Alors engageons-nous ! N’hésitons pas à parler de sexe avec les adolescents de notre entourage, militons pour les cours d’éducation sexuelle à l’école et aux distributeurs de préservatifs dans les lycées. Après tout, ce n’est pas parce qu’on parle sexe à des jeunes ou qu’on met des préservatifs à portée de main qu’ils vont copuler comme des bêtes. Au contraire, leur parler de sexe permettra de les responsabiliser et d’éviter qu’ils se lancent dans l’aventure dans l’ignorance.

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