Le délice d’un bon narrateur rigolo

C’est dimanche et vous savez ce que j’aime faire le dimanche : écrire en mettant en fond des séries un peu légères, idéalement drôles même si je suis un peu chiante en matière d’humour. Du coup, je me dis “tiens, si je vous gratifiais d’un article léger sur un truc que j’aime bien : le narrateur rigolo”.

Le narrateur rigolo

Je vais parler ici de deux séries, n’hésitez pas à m’en balancer d’autres dans le genre si vous en avez : Arrested Development et Jane the Virgin. Alors certains ne verront pas le rapport à priori, rapides présentations : à ma gauche, Arrested Development, l’histoire d’une famille riche complètement dysfonctionnelle qui se retrouve sans le sous du jour au lendemain. On a donc une galerie de freaks assez drôles et attachants et si vous ne connaissez pas cette série, vous en connaissez néanmoins quelques gifs :

Gif arrested development Gif arrested development Gif arrested development

A ma droite, Jane the virgin, série que j’aime d’amour et dont je reparlerai une autre fois, je sais pas trop quand. Jane est, comme son nom l’indique, une vierge mais elle se retrouve inséminée accidentellement avec le sperme du beau Rafael. En gros : on a le pitch classique de la telenovela avec un triangle amoureux, une pauvresse qui flirte avec un homme très riche car l’amour transcende les classes sociales… et, ce qui est merveilleux, c’est qu’ils ont rajouté en guise de paillettes au chocolat sur le tout une sorte de parodie de télénovela. Donc j’adore.

Le triangle amoureux de Jane the virgin

Le point commun entre les deux : le narrateur qui sort un peu de son rôle de narrateur, justement. Et c’est précisément ce qui rend ces séries délicieuses. On pourrait avoir affaire d’un côté à une série familiale à sketches, pas loin d’un Fête à la maison ou Notre belle famille mais en plus féroce, de l’autre une série romantique. Je pense qu’on doit pas être loin d’Ugly Betty mais je dois avouer que je n’ai vu qu’un épisode donc je vais avoir du mal à poursuivre le parallèle. Il n’y a pas une écriture identique, Arrested Development ressemble plus à une sorte de documentaire, le narrateur décrit la situation… de façon assez sarcastique. Alors que dans Jane, il brise les règles du jeu en s’adressant aux personnages (“non, ne fais pas ça”) ou démolit le quatrième mur en s’adressant à nous, je me souviens, à propos d’un plot twist “oh wouah… je ne sais pas quoi dire, je suis aussi surpris que vous” voir nous spoile un petit peu du genre “à propos de pétrin, voici Petra” (ok, j’adore la sonorité de cette phrase) ou le sublime « regardez comme ils sont mignons mais comme nous sommes dans une telenovela, je suis inquiet, ça va pas durer ». D’ailleurs juste après, vient le rebondissement.

Jane the virgin : Xiomara et Rogelio

Et en fait, ça change tout. Et je me demande comment adapter ça dans mon écriture. Sur les quatre romans que j’ai actuellement en chantier (enfin, on pourrait presque dire cinq, je reprends en sous-marin mon projet d’Audrey, là, mais je veux écrire une vingtaine d’articles avant de lancer quoi que ce soit surtout que j’aimerais trouver un style d’illustration un peu sympa), j’en ai un (en fait deux du coup) écrit sous forme de journal à la première personne et ces personnes n’ont pas forcément un sens de la dérision ultime, vu qu’elles sont impliquées. Mais je trouve qu’il y a quelque chose d’intéressant ici, un sens du détail qui fait basculer une histoire banale à un bon moment de rire et je veux capturer ça… Peut-être que je devrais envisager un Audrey bis raconté par une autre personne, ça pourrait être amusant…

Jane et Rafael - Jane the virgin

En fait, il n’est pas toujours facile d’écrire un personnage dont on peut se moquer sans déraper. C’est tout le problème que j’ai avec certains personnages, surtout féminins, loseuses éternelles à la Bridget Jones, du genre à ne pas pouvoir descendre un escalier sans chuter si l’objet de leur attention est dans la pièce, qui envoie des SMS par erreur, qui transpire le “hihi, je suis maladroite, je suis une fille comme les autres” (non). Parce que vous savez qui est quand même assez maladroite ? Jane. Et vous savez qui n’est pas agaçante ? Jane.

Jane et Mateo - Jane the virgin

Va vraiment falloir qu’on reparle d’elle.  

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Les desperate singles, les femmes les plus pénibles du monde ?

L’autre soir, je regardais Fox life (mais mon Dieu, pourquoi ? Y a même plus des jours et des vies) et je tombe sur la bande annonce de Brothers and sisters.
Rien que la bande annonce, je diagnostique une série chiante à pleurer avec Sally Field, Rachel Griffiths (Brenda de Six feet under) et… Calista Flockhart. Là, de voir sa tête de Droopy dépressif, je soupire. Mais au fait, pourquoi je ne l’aime pas Calista ?


Evidemment, je ne sais rien d’elle, à part qu’elle sort avec Harrisson Ford donc pourquoi cette antipathie pour cette pauvre Calista ? Mais c’est bien sûr : Ally McBeal. Et là, j’ai eu une révélation : qu’il y a-t-il de plus pénible qu’une desperate single ? Je prends les cas « connus », les héroïnes de films ou de séries mais franchement, y en a pas une pour rattraper l’autre, que ce soit Ally, Clara Sheller, Carrie Bradshaw, Susan Meyer, Bridget Jones… pardon mais de vraies filles casse-couilles (ou ovaires, choisis ton sexe, lecteur). Elles sont toutes pareilles : « han, le célibat, c’est trop moche ! Han, j’ai rencontré un mec mais je sais pas, je lui fais un bisou le premier soir ? Et la langue, je la mets quand ? Han, Steve, il m’a pas rappelé depuis 3h, je suis désespérée ! Han, Steve, il a fini le PQ et n’en a pas remis, non mais tu imagines ? Han ! Steve, il m’a plaquée ! Han, Steve, je l’aime et il me manque trop ! Han, le célibat, c’est trop moche ! Han, il est mignon Brad mais tu crois que je peux lui envoyer un mail de blague pour le draguer ? ».  Résultat : on les déteste. Je trouve assez fort de créer des séries autour de ces femmes globalement peu appréciées mais le fait est que ça marche. Parce qu’on se trouvera toujours moins pathétiques en comparaison ?


Mais le pire, ce sont les vraies desperate singles, celles de la vraie vie. Parce que oui, en vrai, elles existent. Et quand je dis elles, soyons généreux, y a aussi des desperate singles mâles. Scannez un peu votre entourage et identifiez celui ou celle qui ne parle QUE de sa vie amoureuse ou de sa non vie amoureuse, qui préfère répéter 100 fois que « les mecs, c’est tous des connards » plutôt que de laisser la conversation glisser sur un autre sujet plus intéressant ou plus général. Parce que le desperate single, au début, tu veux être sympa, tu le rassures genre « mais non, t’as pas de problème, on ne peut pas tous être en couple tout le temps, ça va venir, tu as toutes les qualités, ne t’en fais pas… ». Erreur, on tombe dans son piège ! Parce qu’en voulant le rassurer, on lui sert d’oreille compatissante et du coup, c’est parti, on a droit à écouter toutes ses névroses amoureuses depuis Thomas, son voisin quand elle avait 4 ans et dont elle était amoureuse mais tu comprends, il n’a pas voulu lui prêter son seau et ce fut le drame… Parce que la desperate single n’a qu’une chose de réellement passionnant dans sa vie (à ses yeux, j’entends) : les hommes. Elle passe sa vie à parler de celui qu’elle a en vue, celui qu’elle a réussi à attraper, celui qui lui a brisé le cœur. Quitte à ressortir de vieilles histoires de temps en temps histoire d’avoir quelque chose à dire. Inutile d’essayer de parler de vous, elle s’en fout (à moins de parler de vie amoureuse pour qu’elle puisse vite dire « ah ben c’est comme moi, blablabla). Si on prend le cas Bradshaw, ses amies peuvent traverser les pires galères du genre « oh tiens, je suis enceinte et je ne le voulais pas », « oh, tiens, je divorce », « oh tiens, j’ai un cancer », elle va compatir trente secondes puis pleurer parce que Mister Big ne l’a pas appelée ou je ne sais quoi d’autre.



Bref, à bien y réfléchir, oui, ces filles sont pénibles et une fois repérée, personnellement, je la fuis. Non que je n’ai aucune compassion mais arrive un moment où recevoir des textos à 0h30 m’informant que X est un connard (véridique), je suis désolée mais non. Sauf de la part de mes amies identifiées comme telles et qui savent qu’elles peuvent le faire. Surtout que soyons réalistes, si j’étais douée en relations amoureuses, ça se saurait. Ce n’est pas parce que je vis bien mon célibat que je dois servir d’épaule à toutes celles qui ne supportent pas de vivre seules plus de deux jours…



Mais va quand même falloir m’expliquer pourquoi les desperate singles sont toujours des héroïnes de séries… de séries qui cartonnent en plus.

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C’est quand qu’on est vieille fille ?

Hier soir, comme sans doute nombre de jeunes femmes désoeuvrées et cafardeuses du dimanche soir, j’ai regardé Bridget Jones. Bon, ok, je n’étais pas vraiment cafardeuse mais c’est un peu pour grossir le trait (en vrai, je n’ai même pas mangé de glace à même le pot, pour dire). Je voyais donc les pérégrinations de Bridget et je me suis posée une question dramatique : « mais c’est à partir de quand qu’on devient vieille fille ? »


Alors résumons un peu. Suis-je déjà tombé le nez le premier dans un pot de Haagen dasz. Oui. Et même sans raison valable de type rupture amoureuse. Ai-je déjà noyé mon chagrin dans de la vodka ? Non, en général, c’est du rhum. Est-ce que je me remets au sport à la moindre petite déception amoureuse, pensant que mon gros cul est la cause de tous mes malheurs ? Carrément.

Oh merde, sur le papier, ça s’annonce déjà mal. Sauf que moi, je ne suis pas résolue à trouver LE mâle qui comblera tous mes désirs, tombant amoureuse du premier tocard venu, sachant très bien que ça ne va pas le faire parce que c’est objectivement un connard mais subjectivement, je suis sûre que je vais le changer. C’est cela ouiiiiiiiiiii…

Alors est-ce que le côté vieille fille est lié à un célibat mal assumé ? Et va-t-il de pair avec une horloge interne en plein boom qui ne comprend pas encore qu’on n’ait pas procréé ? Dans ce cas, youpi, je ne suis pas encore vieille fille, tout va bien. Et puis le côté vieille fille n’inclut-il pas une question d’âge aussi ? On ne saurait être vieille fille avant au moins 30 ans, sauf exceptions. Donc je considère que, non, je ne suis pas une exception et que ma mère ayant eu la bonne idée de m’accoucher en 1980, j’échappe pour l’heure au titre de vieille fille.

Mais si l’âge n’entre pas en ligne de compte et si la vieille fillerie est plus liée à une attitude ? Réfléchissons un peu. Pour moi, une vieille fille, c’est une nana qui fait « vieille » genre qui se tient recroquevillée avec un gilet sur les épaules, la nana qui envoie clairement un message « mon kiff dans la vie, c’est de boire ma tisane à 21h30. Sortir ? Pourquoi faire ? ». Ah non, de ce point de vue là, je ne suis pas vieille fille. Mais si on suit ce cliché, Bridget non plus… Et si vieille fille, c’est envoyer un message aux hommes comme quoi on n’a pas forcément envie de leur faire une place dans notre vie ? Dans le film (j’ai lu le livre il y a 10 ans, j’en ai un faible souvenir), Bridget se fait traiter de vieille fille après une discussion où elle semble tout faire pour dégoûter un mec. Il est vrai que ces derniers temps, j’ai pas vraiment le temps d’avoir un mec, à moins qu’il ait la gentillesse de m’attendre (ou de me rejoindre) tranquillement à la maison après une soirée se terminant plus ou moins tard. Il est sûr que de loin, je dois lancer un message « pas dispo, pas dispo, pas dispo » qui clignote en gros. Alors là, oui, je suis une vieille fille.

A moins que… Et c’est là que je crois tenir le truc, dans ma dernière hypothèse. Etre vieille fille n’est pas question d’âge, de disponibilité ou de tisane (en plus, pardon mais en hiver, ma petite tisane avant d’aller me coucher, je l’aime) mais de faiblesse face au célibat. Si on reprend cette scène ou Bridget passe pour une vieille fille, son problème saute aux yeux : elle a 32 ans et la présence d’un homme la rend nerveuse quoi qu’il arrive. Parce qu’elle a une pression, la sensation d’être à la limite de la date de péremption et ça la rend vulnérable, peu sûre d’elle et godiche. Et ça, oui, ça, c’est être vieille fille.

Bon, et bien, je vais aller me faire ma tisane, moi.

NB : C’est moi ou l’affiche des JO de Moscou est terriblement phallique ?

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Courrier des cœurs : réponse à Daniela (2)

Cette semaine, Daniela nous a posé la question suivante : « Depuis quelques mois je suis dans une phase de guerre psychologique avec un mec, lequel est bien entendu un connard parce que c’est bien connu, Tous des Connards (sauf Enzo). Le petit jeu dure depuis maintenant 3 mois, et je me demande comment y mettre fin et l’éjecter définitivement de ma vie… sachant que nous fréquentons les mêmes personnes au quotidien »

La cellule love and sex s’est réunie et voici ce que l’on en pense.

 Bobby : Etant de sexe masculin tout en n’étant pas Enzo, j’en conclus que je suis un connard, donc je ne répondrai pas à la question. Question de principe !

Jane : Guerre psychologique dans quel sens? (ben ouai, si c’est pas précisé, je demande moi) Il te passe devant à la photocopieuse? (guerre de boulot) Il dit à tes potes que t’es chiante en soirée? (guerre de territoire potesque) Il te regarde avec des étoiles dans les yeux en te disant que tu es la femme de ta vie pour ne plus donner de nouvelles pendant 3 semaines? (guerre affective) Dans tous les cas, j’aurais tendance à dire qu’en cas de guerre, mieux vaut être comme la Suisse, neutre, et lui porter le minimum syndical d’attention (« bonjour », « au revoir », « quel mois d’août pourri! » devraient suffire) Si c’est une guerre de conquête (de cœur à prendre) j’aurais plutôt tendance à dire de fuir, vite et loin, une relation épanouïe avec quelqu’un qu’on considère à la base comme un enfoiré, ça me semble pas super sain. Surtout qu’il risque de rester le même après, le potentiel de princecharmantitude ne se développant pas forcément!

Tatiana : Moi (comme toujours) je suis d’accord avec la miss. Si c’est la guerre psychologique « affective », ce que je soupçonne fortement, car sinon tu en aurais rien à faire, il est clair que la relation épanouie risque d’être difficile. Ben oui on est pas dans un film, mais dans la vraie vie. Sachant qu’en plus si par guerre psychologique tu entends qu’il te laisse croire que mais que rien ne se passe, d’après expérience propre j’ai envie de te dire que rien ne se passera surtout au bout de trois mois. M’est avis qu’il vaut mieux des relations superficielles et cordiales. Laisse le dans son coin.

Enzo : Merci pour le petit hommage flatteur à défaut d’être réaliste !
Sinon je ne puis rien rajouter que mes collègues n’ont déjà pu dire. La raison voudrait qu’on s’oriente vers une attitude d’ignorance pacifiste. Mais si tu tiens à pratiquer la guérilla, je suis à ta disposition pour idées et conseils (laxatif dans le café, etc).

Diane : Mmm…la grande question est tout de même: malgré le fait qu’il soit un connard, serait-il possible qu’éventuellement tu sois
intéréssée par ce jeune bougre? Parce que, c’est bien connu, tous les hommes sont des connards, soit, mais bien souvent ils savent être connards irrésistibles (cf Hugh Grant, alias daniel cleaver, dans bridget jones)… S’il y a « petit jeu » comme tu dis, c’est que les deux participants veulent bien y jouer… Donc soit tu lui pourris la vie, soit tu choisis tu choisis l’option « ton venin passe sur mes chakras ouverts comme une petite brise de printemps sur le papillon guilleret », ce qui je te l’accorde ne doit pas être des plus aisés si vous fréquentez les mêmes personnes…

….ou alors, cyanure dans le café.

Nina : 3 mois, c’est long quand même, pourquoi ne pas y avoir mis fin avant ? Au départ, je t’aurais dit de lui parler entre 4 yeux pour
mettre les choses à plat mais puisque tu veux l’éjecter de ta vie… Ben, simple, fais-le. Fais-lui savoir que tu ne veux plus le voir et fais circuler l’info. Ensuite, il est possible que tu ne sois plus invitée à toutes les soirées mais si tes amis sont intelligents, ils ne choisiront pas leur camp. On a tous vécu ce genre de rupture amoureuse et pour ma part, j’ai toujours adopté la technique du « il est sorti de ma vie, je ne parle plus de lui », histoire de ne pas donner l’impression que j’essaie de monter les gens contre lui et que je devienne la méchante de l’histoire. Après, je n’ai pas pu être invitée à une soirée, du coup, la fille qui l’organisait s’est excusée. A l’arrivée, on se voit toujours, elle et moi.

Voilà, si toi aussi, tu as une question love and sex à nous communiquer, tu peux le faire par mail (nina.bartoldi(a)gmail.com)  ou par facebook, twitter ou même en nous laissant un comm. Par contre, j’en ai déjà deux en attente donc ta question passera dans 3 semaines mais pas de soucis, elle passera.

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Où es-tu, je reviens te saouler

Par Lucas

Bien sûr amies lectrices, amis lecteurs, vous n’allez pas manquer de lâcher un « Lucas il est jalouuuuux« . Je sais bien et j’avoue : je suis jaloux, effaré par le succès d’auteurs aussi merdiques que ces deux loustiques. Je n’ai même pas besoin de vous donner leurs noms ; ils trustent les deux premières places des ventes en France : Guillaume et Marc.

Ils ont trouvé un filon et ils l’exploitent jusqu’à la lie. J’en veux pour preuve les atermoiements des lecteurs (pardon, des lectrices…) qui ont donné un jugement sur FNAC.com.  Musso en prend plein la gueule avec son dernier roman Je reviens te chercher car selon les lectrices il joue la facilité. Il reprend, d’une part, un schéma stérile et facile, d’autre part le thème de la seconde vie, et il use tout ça jusqu’à la corde. Je ne vous parle pas de Levy avec Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites. Les copines à qui j’en ai parlé ont eu un petit sourire gêné, en avouant du bout des lèvres qu’elles étaient un peu déçues. Une sorte de Max Gallo spirit… Perso j’ai ouvert « Vous Revoir » qui trone sur la bibiyotek de ma p’tite sœur. J’ai tenu 50 pages…


Marc et Guillaume ressortent donc des schémas éprouvés et les copient-collent d’un roman à un autre.

C’est ce que faisait Paul-Loup Sulitzer avec le western financier,

c’est ce que fait Grisham avec le monde juridique américain,

c’est ce que fait Higgins avec la l’IRA et la Seconde Guerre Mondiale : c’est ce que font nombre d’auteurs de romans de gare. Musso et Levy en sont les dignes successeurs. Sauf qu’ils ont une machinerie marketing derrière eux, eux. Et le market, c’est ce qu’on nous a appris à faire en école de commerce. Ça me rend fou… De manière plus ou moins avouée, c’était en partie ce que Beigbeider critiquait dans 99 francs, même si ce n’était pas le sujet principal.

Ce qui est déplaisant là dedans c’est que ce mimétisme semble toucher bcp d’écrivains à succès. Je prends un exemple : Douglas Kennedy.

Kennedy  a écrit un de mes romans préférés, L’Homme qui voulait vivre sa vie.
Il y dépeint les travers de l’Amérique qui veut toujours réussir sur des schémas classiques (bonnes études, situation importante, travail acharné). Dans Les Désarrois de Ned Allen, il raconte cette vie à crédit où tout le monde court après un bonus, dans Rien ne va plus c’est le coté superficiel des relations humaines à Elaye, dans Les Charmes Discrets de la Vie Conjugale c’est le schéma de la vie de famille aux States et la main mise des média qui servent au public des infos markétées donc vendeuses, etc…

Je n’ai jamais été déçu… jusqu’à La Femme du Vème.

Là encore, tel un Musso ou un Levy, Kennedy s’embarque dans des explications surnaturelles ! Alors même que ce qui fait tout l’intérêt de ses romans précédents c’est justement de présenter des situations humaines au possible, sans force occulte ! Des situations qui prennent pied dans notre société avec ses travers et ses bonheurs. La vie, quoi !

Je pourrais aller loin comme ça. Vous parler des girlie books qui fleurissent à la FNAC. Dans la droite ligne de Bridget Jones et Le Diable s’habille en Prada. Les bouquins, pas les films qui en ont été tirés. Vous savez bien, tous ces bouquins avec des couvertures bien flashy, bien affligeants mais qui ciblent une population (les femmes dynamiques, vieilles vingtenaires, jeunes trentenaires) et ça marche. A se demander ce qu’il reste aux vrais auteurs. Bah parlons-en.

Le prochain roman d’Amélie Nothomb  sort, comme d’hab, en Septembre, pour la rentrée littéraire. Les premières pages proposées par le magazine Lire sont un peu décevantes. Je ne vais pas juger avant l’heure mais c’est vrai que Journal d’hirondelle m’avait un peu laissé sur ma faim. Amelaye avait heureusement rebondi avec Ni d’Eve ni d’Adam, grace à son fonds de commerce, Amélie au Japon. Mais il faut avouer qu’elle sait parfois centrer son roman sur des thèmes forts  (Attentat avec les normes de beauté, Mercure avec les apparences et les relations humaines, Acide Sulfurique et la télé réalité, entre autres). Pour autant, quid avec Le Fait Du Prince ?
Réponse à la rentrée…

Pour ma part ça fait des années que des copains me pressent d’écrire un roman. Mais il y a un océan entre vous baver des articles pamphlétaires à deux sous sur les Vingtenaires et avoir la rigueur d’écrire 100 pages intéressantes et intelligentes, captivantes et rythmées. C’est là-dessus et uniquement là-dessus que mon honnêteté intellectuelle doit saluer Levy et Musso. Ils savent (ou ils ont su) écrire des trucs qui tiennent en haleine. Encore une fois ça démontre bien à quel point, dans notre existence absurde (merci Albert Camus) on a besoin d petits moments d’émotions épars pour se sentir vivre. Ces petits moments de souffle court, c’est peut-être ça que les lectrices aiment chez Marc Musso…

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Portrait de séducteur

Par Diane

Suite à l’article de Lucas sur la question du contact homme/femme, hommes=rhaaaa tous les mêmes, ils ne pensent qu’à ça!! ;voici un petit développement sur l’agaçant mais non moins fascinant personnage du séducteur. Un petit mix entre mes observations/mes expériences/mes lectures.

Pour la petite touche de culture étymologique, faut savoir que le mot « séducteur », et c’est pas anodin, vient du latin « ducere », qui veut dire, je vous le donne émile….conduire.

Donc dès le départ, un séducteur, ça va vous mener en bateau. ça promet. En plus, en latin toujours, le mot avait aussi le sens de « trompeur »‘… bref le cadre est fixé, allons donc jeter un coup d’oeil sur les spécimens qui nous sont proposés.

Il faut l’avouer, nous nous sommes toutes, un jour ou l’autre ,faites avoir par un séducteur. On a beau être renseignées/prévenues/spirituelles et intelligentes, ce genre de considérations ne rentrent pas en ligne de compte quand le séducteur pointe le bout de son…..nez, et vient titiller nos hormones comme un bougre qu’il est.

Procédons par étapes: les spécimens en liberté:
 
1/LA CONQUETE POUR LA QUANTITE

Le specimen qu’on appelera le Don Juan, c’est celui qui court après un maximun de gonzesses.  Son but: établir un tableau de chasse le plus rempli possible. Et comme tout chasseur, il se rend dans les bois (boites de nuit, soirées et autres) où il peut trouver la masse la plus conséquente de viande à dégommer, il traque, use de petits subterfuges (appeaux, ornements…), il séduit par l’apparence physique et l’opulence,(tu l’as vu ma belle chemise ralph lauren et ma montre à 10 000 balles que y’a 14 fuseaux horaires dessus parce que je voyage beaucoup, tu comprends ») voire par la virtuosité verbale, mais option ringard. (« c’est magnifique, pamela, tes yeux sont couleurs des mers du sud, ça me rappelle mes vacances à Hawai, dans mon yacht privé avec tom et brad ») Le Don Juan vise donc la quantité, est une fois satisfait a une tonne d’excuses toutes prêtes pour déguerpir en vitesse. Le Don Juan est lâche vis à vis de ses conquêtes, et il adooooore briser les beaux petits couples solides. La conquête multiple lui donne un sentiment d’auto-satisfaction très grisant et qui flatte son petit amour propre qui ne vaut pas plus qu’un gros guano de pigeon parisien diarhéïque piteusement étalé sur le capot poussiéreux d’une vieille R5 cabossée. Comme le dit son pote Sganarelle, Don Juan est « l’épouseur du genre humain ».

Citation très parlante à l’appui: «  »j’ai beau être engagé, l’amour que j’ai pour une belle n’engage point mon âme à faire injustice aux autres […]il n’est rien de si doux que de triompher de la résistance d’une belle personne […] je me sens un coeur à aimer toute la terre, et comme Alexandre, je souhaiterais qu’il y eut d’autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses » (acte I, scène2)

2/LA CONQUETE POUR LA  QUALITE

Le specimen suivant, le Valmont, contrairement à son prédécesseur, à la séduction plus subtile. Quand le Don Juan cherche la quantité, le Valmont cherche la qualité. Avec lui, tout est dans le défi. Plus la demoiselle sera résistante et difficile à séduire, plus ça va l’interesser et il va tout mettre en oeuvre pour en venir à bout. Pour le Valmont, la séduction est un art
subtil qui nécessite jugeotte et habileté. Autant dire que les mecs qui n’ont ni spiritualité décapante, ni humour fin (blagues de blondes et alphabet roté ne comptent pas), ni art du compliment aussi discret qu’efficacement redoutable, peuvent bien aller se recoucher. La séduction n’est donc pas ici un moyen (le but étant, bien sûr, niquer), mais bien une fin en soi. Il n’y a en principe pas d’affectif, tout est affaire de jeu et de calcul.

Le Valmont s’attaque aux femmes sensibles et spirituelles, et comme plat de résistance se dégustent de gentilles petites dévotes prudes et fidèles. Toujours par esprit de défi, il adooore les femmes mariées. Bref, il sait s’y prendre le cancrelat, et nous laisse bien souvent comme des gourdes incapables de piger ce qu’il a bien pu se passer. C’est le genre de gros panneau dans lequel on tombe la tête la première, voire même on plonge dedans, car notre petit cerveau naïf ne parvient pas à saisir comment peut cohabiter (pour reprendre le cri d’amour du crapaud) dans un seul cerveau (le sien, vous suivez?) la perversion égoïste et une spiritualité transcendantale, parce que putain ils savent y faire, les vils vilains voleurs de volonté vertueuse.

Re-citation à l’appui:(pour ceux qui ne connaissent pas les liaisons dangereuses, Valmont à réussi à mettre à ses pieds une bonne dévote prude et mariée, et du coup; une fois le défi relevé, s’en débarrasse par une lettre, mais une lettre mes amis….virtuose de perversité!) « On s’ennuie de tout, mon ange, c’est une loi de la nature: ce n’est pas ma faute. Depuis quelque temps je t’ai trompée, mais aussi, ton impitoyable tendresse m’y forçait en quelque sorte! ce n’est pas ma faute.[…] Adieu, mon ange, je t’ai prise avec plaisir, je te quitte sans regret: je te reviendrai, peut-être. Ainsi va le monde. Ce n’est pas ma faute. »

 
3/Le SEDUCTEUR MALGRE LUI

Ce troisième specimen, le Dorian Gray, a ça de particulier qu’il exerce une fascination sur tout son entourage, mais sans le chercher. Le pouvoir de séduction réside alors dans l’esthétique (=il est beau comme un dieu, et même si vous le connaissez depuis 4 secondes 3 dixièmes, vous avez une furieuse envie de lui sauter dessus: c’est hystérique, c’est incontrôlable,
mais tout votre corps fébrile veut absolument toucher le sien, chaud, moite, sensuel, vibrant d’une irrésistible puissance mâle et féline….rhhaaaaaa….). Et plus que parler avec lui, vous aller rechercher ce fameux contact, justement. N’importe lequel: lui frôler l’épaule dans l’escalier, la main en servant la salade, toucher son bras en faisant semblant de s’intéresser à son pull (« tiens, c’est doux, c’est du cachemire? »), voire même lui marcher sur le pied, n’importe quoiiiiiiiii!!! Le Dorian Gray vous rend dingue, il aliène complètement votre riche et fertile personnalité pour faire de vous -et involontairement, c’est ça qui est fort- une pure furie en rut dont le sang se met à bouillir dès qu’il approche de moins de 50 cm de vous.

4/Le PRINCE CHARMANT

Bon, bien sûr, comment parler des séducteurs sans évoquer le petit mythe du prince charmant, que selon vos références culturelles vous pourrez appeler Prince Phillipe (belle au bois dormant), Tristan (et Yseult), M. Darcy (orgueil et préjugés + bridget jones)…. Bref le fantasme de la femme raisonnable, de l’homme fidèle, intègre, droit , riche, sensible et beau. Mais bémol étant que souvent que c’est pas franchement l’aventure et la poilade quotidienne avec celui là…

5/CE QUE VEULENT LES FEMMES

Pour mettre tout ça en application, prenons le problème à l’envers, en choisissant un bon exemple de femme qui les a enchainés: Emma Bovary

1er amour d’Emma: son mari, charles. le pti médecin de campagne pépère, aimant et fidèle. Pas très bandant tout ça, pouf, Emma va voir ailleurs. (Charles en crèvera, soit dit en passant)

2ème amour d’Emma: Léon, qui est une sorte de Valmont, avec qui elle a des discussions hautement spirituelles, qui parle à son intrinséque féminité. Communion, harmonie parfaite, mais le truc c’est qu’il est aussi infidèle qu’elle, au final ils se ressemblent trop, pouf léon disparait. Dégoutée des hommes, Emma? Que nenni

3ème amour d’Emma, Rodolphe, l’artiste fascinant….mais aussi absent,  et forcément, l’abence, bah ça fait marcher l’imagination d’Emma qui se peint un homme parfait pendant que lui déguerpit aussitot… Donc que veulent les femmes pour être séduite? elles veulent souffrir! La seule séduction efficace, en somme, est celle qui n’est pas sensée!

Concluons: notons que les vilains séducteurs crèvent tous à la fin (Don Juan, couic, Valmont, couic, Dorian Gray couic -l’avait vendu son âme en échange de son éternelle jeunesse , ça se paye ça mosieur…-) et qu’au final il y a autant de séducteurs différents qu’il y a de femmes voulant être séduites… sic transit gloria mundi

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Avoir plus de 25 ans aujourd’hui c’’est quoi ?

Par Summer

Je me rappelle d’une réflexion que m’a fait Nina un jour, la tranche d’ages 25-30 ça n’intéresse personne, les gens préfèrent parler de la vingtaine début de vingtaine et des années fac qui vont avec ou du passage à la trentaine, mais entre : rien, que dalle, nada !  

 

Mais alors oui, c’est vrai ça, mais pourquoi ? Abus de Bridget et Sex and the city pour les trentenaires ? Réminiscences de Beverly hills pour la jeune vingtaine ? (oui je sais j’ai des références qui tuent des fois)

 

Avoir plus de 25 ans aujourd’hui c’est quoi ? En général, on vient de finir nos études et on cherche encore tout plein d’illusions le travail qui correspond un tant soit peu à ce qu’on s’est fait chier à étudier, on est donc Rmiste fauché au mieux Smicard, alors forcément ça intéresse pas des masses la société d’ultra consommateurs que nous sommes, parce que pas de blé, pas de consommation. Je parle bien sur des jeunes diplômés parce que ceux qui ont choisi des formations courtes en général ont vécu ça dans leur belle vingtaine, je n’en connais pas personnellement alors je ne peux qu’imaginer.

 

 Avoir plus de 25 ans aujourd’hui c’est aussi compter à peu près tout le temps, alors oui je peux aller là ce soir mais demain désolé je pourrais pas je suis fauchée. Forcément on essaie d’entretenir le répertoire d’amis ce qui implique de sortir souvent sauf les fins de mois quand il n’y a vraiment plus rien dans le porte monnaie juste de quoi acheter des pâtes pour survivre d’ici des jours meilleurs. C’est aussi connaître des soirées autres que les soirées étudiantes et se rendre compte que l’open bar n’existe plus quand on nous demande 12€ pour un malheureux cocktail en général on en boit qu’un et on passe même pas au coca après.

 

Avoir 25 ans et plus, c’est payé plein pot les billets de train et les transports en commun. Et se rendre compte quand on passe un entretien que l’on vit à l’autre bout du monde.

 

Avoir plus de 25 ans, c’est souvent connaître le célibat. Dans le sens on envisage que la personne qui partage notre vie depuis 3 mois puisse être la bonne mais on en mettrait pas la main à couper non plus, tant qu’à cette main y’a pas de bague y’a rien de concret (je sens que je vais me faire conspuer là, tant pis j’assume) ou alors enchaîner les histoires sans lendemain. Bien sur là encore il y a les exceptions, y’a les couples de la fac qui décident de se marier ou d’emménager ensemble, mais y’a aussi tous ceux qui se séparent. C’est donc connaître une période plus ou moins longue de célibat et aussi connaître le problème « je remplis ma poubelle d’emballages » parce que, je sais pas si vous avez remarquer, mais qui dit achat pour une personne dis aussi trois tonnes d’emballages individuels, sympa pour l’environnement.

 

Mais avoir plus de 25 ans c’est aussi avoir plein de projets : trouver un boulot forcément épanouissant avec une équipe de travail forcément hilarante, trouver le bon numéro et le traîner devant les bijouteries puis au rayon layettes et petits pots du supermarché (oui je continue dans le cliché, j’aime !), avoir un PEL qu’on remplit comme on peut tous les mois dans l’espoir un jour pouvoir acheter la maison de nos rêves tout en zyeutant de temps à autre les annonces d’appart qui ne ressemble pas à un 12 m² avec WC sur le palier.

 

Et puis quelques fois être une femme de plus de 25 ans c’est acheter un test de grossesse, se rendre compte qu’il est positif alors qu’on n’est plus avec le père et partir s’exiler en Sicile parce qu’on a une super opportunité de job en se demandant si oui ou non on le garde et si oui ou non il faut le dire au mec en question. Cette fille là m’a choquée en m’expliquant son choix d’élever le gamin seule sans jamais le dire au père. Il y a des choix comme ça que je ne comprends pas, mais plus loin que ça je me suis dit que peut être avoir plus de 25 ans aujourd’hui c’est commencer à faire des choix qui nous engageront pour le reste de notre vie ou du moins une sacrée bonne partie. Alors voilà avoir plus de 25 ans, ça n’intéresse personne parce que peut être le trajet de chacun ne peut être stéréotypé, on commence à entrer dans une catégorie prédéfinie à partir du moment où l’on fait nos choix. Peut être, allez savoir, ça fout les chocottes quand même !

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Génération loser?

Il y a quelques temps, j’ai été interviewée par une journaliste de Technikart sur la génération vingtenaire. M’étant fendu de longues réponses, je me dis que ça a sa place ici, surtout que mes réponses allaient à l’encontre du ton défaitiste de l’article. Bon, je suis journaliste, je sais carrément comment ça marche donc je ne critique pas du tout la demoiselle. Je vous ai surligné le passage qui a été gardé pour l’interview.

 

Avez-vous le sentiment de faire partie d’une génération à part ?  Différente des trentenaires ?

Je pense que nous sommes effectivement différents des trentenaires mais je ne suis pas sûre que la génération « 20 ans en l’an 2000 » soit particulièrement différente des précédentes. Il faut savoir que la décennie vingtenaire n’intéresse personne en tant que telle : si vous regardez les instituts de sondages, statistiques ou autres, vous n’avez jamais la tranche 20-30. C’est plus 15-25 ou 18-25 puis 25-35… Pourtant, à 25 ans, je ne me sentais plus très proche des gens de 18 ans. Par ailleurs, les vingtenaires ne semblent pas être passionnants
comme thème. Si on regarde les films au cinéma ou les séries télés, on se passionne surtout pour les amours des trentenaires (Sex and the city, Clara Sheller, Ally McBeal, Bridget Jones…) ou alors pour les ados pour des histoires se passant au lycée. Pourtant, il paraît que la vingtaine est la plus belle décennie !

Quand je lis la prose des trentenaires, je suis assez agacée par leurs plaintes incessantes, leur rancœur envers les soixante-huitards, les « c’est votre faute si on en est là ». Je pense qu’être vingtenaire, c’est un mélange de réalisme et d’espoir. Depuis un an, je galère, j’ai eu droit à un CDD de trois semaines et un stage de 5 mois, ce n’est pas très glorifiant. Pourtant, je relativise et j’ai toujours espoir : oui, j’ai choisi une branche difficile, oui, je galère. Je ne reçois qu’une réponse sur 10 envoyées et encore, c’est pour me remercier de l’intérêt que je porte à l’entreprise mais ils n’ont rien pour moi. Pourtant, je ne m’angoisse pas plus que de raison, je sais que je finirai par trouver. J’ai confiance en moi et mes capacités. C’est pareil en amour. Je ne vis pas mal mon célibat, ça viendra quand ça viendra. Mon horloge interne ne panique pas encore… Je me donne jusqu’à trente ans pour trouver une stabilité et si elle survient avant, tant mieux.

Je pense que si les trentenaires passionnent tant les médias, c’est qu’ils ont une grosse pression sociale : à trente ans, on se doit d’avoir un emploi ET une famille (ou du moins, être en couple). Si ce n’est pas le cas, on est dans une anormalité qui crée une angoisse, c’est toute la trame des productions que j’ai citées plus haut. Vingtenaire, je cherche pas forcément le père de mes futurs enfants. Trentenaire, ça risque de me chatouiller un peu plus.

Je pense que les vingtenaires ont encore une fraîcheur et une insouciance appréciable. Ca ne veut pas dire qu’on ne galère pas et qu’on n’a aucune conscience des réalités, c’est juste qu’on a foi en l’avenir. On est sans doute aussi plus exigeants envers les gens qui nous entourent, notamment les politiques. On n’est pas encore dans le reproche mais plus dans l’attente
d’une vraie reconnaissance. Depuis quand être jeune est devenu un défaut ?

Certains nomment votre génération celle des Baby-losers ? Vous vous reconnaissez dans ce terme ?

Je trouve ce terme très négatif et défaitiste. Vingtenaire, on a encore la vie devant nous, comment peut-on se définir déjà ainsi ? Je pense qu’on a clairement pas assez de recul pour juger ainsi notre génération. Bien sûr, les temps ont changé, on n’est plus du tout dans une logique de plein emploi. On galère plus que nos parents, c’est certain. Mais le système a changé aussi : avant, la sélection se faisait au niveau du brevet puis du bac. Maintenant, il faut avoir des bac + pour se démarquer et encore, le taux de chômage des jeunes diplômés est assez effrayant. Quand j’ai commencé mes études, du haut de mes 18 ans, je pensais que le monde m’appartenait, qu’un bon diplôme était la garantie d’un emploi. Aujourd’hui, j’ai 26 ans, un bac+5 en journalisme obtenu dans un IEP et on me propose… des stages. Que j’accepte car faute de grives, on mange des merles. Les employeurs réclament des diplômes ET de l’expérience mais il faut bien qu’on débute, nous aussi. La sélection est drastique, on met des candidats en concurrence pour de simples stages, on nous demande un à deux ans d’expérience sur certains stages, c’est proprement hallucinant. Sans mes parents, je serais rentrée dans ma province depuis longtemps. Ceci étant, tous les vingtenaires ne sont pas au chômage, certains tirent très bien leur
épingle du jeu. Je n’aime pas trop les portraits noirs que l’on fait de ma génération. Nous sommes certes moins expérimentés que les trentenaires mais nous avons pour nous notre volonté, notre motivation et on déborde d’idées. Je crois que les entreprises ont tout à gagner à embaucher des jeunes. De toute façon, les formations diplômantes permettent de faire des stages. J’ai pas besoin de 10 ans d’expérience pour connaître mon métier, il ne faut pas exagérer ! Si on me lâche demain dans une rédaction, je serai à la hauteur de ce qu’on attend de moi.

Ceci étant, je réfute quand même le terme de baby-loser car ça donne l’impression qu’on baisse déjà les bras. Alors, oui, on galère, mais on finira bien par tirer notre épingle du jeu. Moi, en tout cas, je ne renonce pas.

C’est vrai qu’on accole souvent des noms négatifs à notre génération : perdue, sacrifiée, génération SIDA… Rien de très joyeux.

Après, en France, il y a toujours eu une méfiance envers la jeunesse, c’est pas nouveau. Les vingtenaires ont toujours été considérés comme remuant et revendicatifs. Si on relit la presse au moment de 68, on se rend compte que les jeunes de l’époque avaient, eux aussi, des revendications, des désirs, des espoirs. Bref, la situation n’est plus la même mais les difficultés
des jeunes ne sont pas une nouveauté non plus.

Il faudra voir où nous en serons dans 20 ou 30 ans pour vraiment voir si nous sommes une génération « baby loser » ou pas.

 

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Ni Bridget, ni Ally, Clara ou Carrie

Souvent, les jeunes blogueuses comme celle que vous lisez actuellement sont assimilées à Bridget Jones, Carrie Bradshaw, voire Ally McBeal ou Clara Sheller. Soit des histoires de
filles comme les autres à la recherche de leur Mister Big, Prince charmant tout parfait. De ce point de vue là, ok. Mais le modèle ne correspond pas pour autant.

clara-sheller

En octobre, je suis allée boire un verre avec Lucas. Au passage, Lucas, si tu passes par là, c’est pas que je m’inquiète mais si, si tu pouvais me faire un signe, ça me rassurerait
quand même… Donc on parle du sujet avec M. Lucas et là, il met le doigt sur ce qui ne va pas : nos amies, elles sont trentenaires. Les problématiques ne sont donc pas les mêmes.

 

Dimanche soir, je regardais Sex and the city sur Teva, en VO histoire de dire que je travaille mon anglais (mouahahah !). Carrie et ses copines croisaient dans cet épisode des
gamines de 13 ans fringuées comme des trentenaires, baisaient et dépensaient l’argent de papa comme si c’était le leur. Or, je pense qu’il ne faut pas brûler les étapes. A 26 ans, je n’en ai pas 30 + (oui parce qu’il me semble que si Ally passe le cap des 30 pendant la série, les autres sont légèrement au dessus, voire franchement au dessus pour les miss de Sex and the city qui terminent la série à 37 ans). Alors, oui, 4 ans, c’est rien, blablabla mais en fait si. Enfin, pour moi en tout cas. Pour l’heure, mon horloge biologique ne me traumatise pas. Moi, ce que je veux, c’est une relation sympa et pas prise de tête, pas trouver à tout prix un mec qui me filera ses gênes pour que je fasse un bébé. Parce que les enfants, j’aime toujours pas ça et que j’ai décidé que ma sœur se reproduirait avant moi, histoire que je vois si je suis à ce point nulle avec ces individus minuscules qui s’expriment en pleurant ou en gazouillant ou si finalement, je suis trop une future mère en puissance.

 

Et puis quelque part, j’envie ces femmes dont le seul problème, c’est L’homme. Trouver the only one. Après, elles ont des métiers (ce qui n’est pas mon cas) avec un salaire qui
leur permette de sortir et d’avoir un super appart (ben, j’ai pas de boulot donc pas de salaire, évidemment). Bref, une vie où le seul souci est de se trouver une moitié, je trouve qu’il y a pire
comme vie. Bon, évidemment, ce sont des séries ou des livres donc c’est dur de faire des « œuvres » sur du vide, genre pendant 5 ans, Carrie ne trouve pas un mec, ce serait chiant à pleurer… Quoi que… Mais après, quelque part, ça rassure : ouais, elles sont belles (oui, enfin, pour certaines, ça se discute mais c’est pas le sujet), intelligentes, pétées de tune mais seules. Bon, ça va alors, moi aussi, je suis seule, ça veut pas dire que je suis moche et conne. On comprend les angoisses de Bridget qui se lève trois fois dans la nuit pour se peser, le cœur déchiré d’Ally quand elle se rend compte que son grand amour est marié à une autre, on est heureuse quand Carrie retrouve son seul amour Big. Qui est quand même vachement plus beau que le vieux Slave chiant qu’elle se tape à la fin. Bref, en un mot, ces comédies tirent les bonnes ficelles qui font réagir notre petit cœur de princesse romantique à la recherche de son prince.

 

Ceci étant, ça m’agace quand on me limite à ça. Déjà, moi, je suis une vraie personne, pas un personnage. Y a des moments où je m’en fous de la recherche de L’homme, j’ai pas le
temps ou pas l’envie et j’ai d’autres trucs à régler vachement moins glamour. Genre me réinscrire pour la 38e fois aux assedics parce que j’ai oublié de leur dire que j’étais toujours
au chômage. Genre envoyer une lettre en recommandé à mon ancienne asso qui me doit toujours 600 euros (ça, remarque, c’est la super histoire à rebondissements, hein ? Quand on croit que
c’est réglé, hé bé non). Genre appeler la Poste parce qu’ils me font chier. Genre aller au salon du cinéma et se rendre compte qu’on
est potentiellement psychopathe. Tout ça, c’est pas glamour. Ca peut à la limite être Bridget mais pas du tout Carrie ou Ally. Encore moins Clara qui vit tellement dans son monde qu’elle n’a pas
trop conscience de genre de joyeusetés administratives. Et puis, elles, elles vivent dans un monde où tout est beau : des apparts fantastiques, des fringues démentes, des placards remplies
de chaussures qui font rarement mal aux pieds… Mais surtout, elles vivent toutes dans un monde de mannequin. Non mais sans déconner, elles ne croisent que des mecs sortis tout droit des pubs Hugo
Boss. Moi, même sans lunettes, c’est pas le cas.

 

Le truc, c’est qu’il ne faut pas trop se comparer à nos modèles. Tout ça reste fantasmagorique. Oui, la recherche de L’homme, c’est sympa. Mais faut pas oublier que L’homme
d’aujourd’hui ne sera peut-être pas celui de dans 10 ans et qu’il arrive souvent qu’on ait plusieurs hommes de notre vie, plusieurs Mister Big et c’est comme ça. On ne retrouvera pas notre grand
amour au détour d’une rue à Paris alors que ça fait dix ans qu’on se trouve, quitte, retrouve, requitte… Ben, moi,je trouve ça fatigant. On se quitte, on se retrouve une fois, à la limite, mais
on va pas faire 107 ans ce même cirque, on a un peu autre chose à faire. Et puis, franchement, au bout des 15e retrouvailles, vous pensez réellement que ça va marcher, ce
coup-ci ?

 

Bref, ces vies ne sont que des vies fantasmées. Des modèles amusants, pourquoi pas mais des idéaux de vie… Quelque part, passer sa vie à juste chercher le prince charmant, c’est un
peu triste, nan ?

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Célibataire vs fille maquée

Si on schématise très grossièrement, il y a deux types de filles, celles en couple et celles célibataires. Les célibataires, y en a de tous styles, celles qui le vivent bien
(« bah, ça viendra quand ça viendra, je suis trop canon pour finir seule, de toute façon, puis je vois pas pourquoi je devrais avoir un mec à tout prix, j’existe sans ça ») et celles
qui le vivent mal (« bouhouhou, mais pourquoi personne il m’aime ? »). C’est plus ces dernières qui m’intéressent.

 

Pendant 4 ans et demi, j’ai occupé le rôle de la « bonne copine en couple », celle qui est censée mieux s’y connaître en mec que Brigitte Lahaie alors que je sortais avec
un homme en particulier, pas avec tous. Je m’y connaissais en Guillaume 1er, pas en Jean-Luc, Paolo ou Arthur. Oui parce que, lecteur, c’est pas un scoop, tous les mecs sont pas
pareils et je sais pas pourquoi Arthur répond pas au texto trente secondes après l’avoir reçu ou pourquoi Paolo ne comprend pas qu’on le drague. Ce n’est pas parce que je sors avec un homme que j’ai la recette magique pour sortir du célibat. Honnêtement, Guillaume 1er, je l’ai rencontré à la fac, je n’ai rien fait pour le séduire et voilà. Alors je donne quoi comme
conseil ? « Va dans des lieux publics et attends » ? Oui ben elle va être bien avancée ma copine célibataire, tiens.  Or, c’est dur d’être la fille maquée de service, je m’explique.

Une fille en couple doit être heureuse, c’est mathématique. Donc elle doit écouter avec bienveillance les soucis de l’amie célibataire qui le vit mal. Elle doit écouter pendant des
heures des « mais pourquoi les mecs veulent pas de moi ? » en sortant juste des « mais tu es très bien, t’inquiète pas ! ». La fille maquée n’a pas le droit de se plaindre. Non, elle peut pas ! Parce que si elle commence à faire remarquer que tout n’est pas rose dans une vie de couple, elle se prend un cinglant « Oh, ça va, te plains pas, t’as un mec, toi, au moins ! ». Sauf qu’en vérité, autant la célibataire envie sa copine en couple, autant la réciproque peut être vraie.

Etre en couple, c’est pas une joyeuse balade tous les jours. Bon, au début, c’est magique, on vit sur un petit nuage, tout le monde est beau, tout le monde est gentil, même cette
connasse du supermarché qui n’a ni bonjour ni au revoir à son vocabulaire. Mais bon, petit à petit, on redescend du petit nuage. On n’aime plus passionnément, on aime tout court. C’est pas le bagne la vie de couple, c’est vrai que c’est bon de retrouver quelqu’un le soir quand on rentre chez soi, d’avoir un confident en permanence, de partager des tas de choses. Mais bon, c’est aussi se taper les copains de monsieur, y compris ceux qu’on aime pas, faire des concessions pour que tout aille bien… Ca veut pas dire qu’il faut tout sacrifier, hein, mais quand on vit à 2 dans 27 m², on peut pas tout faire non plus. Bon, bref, être en couple, c’est bien mais pas que.

Ainsi, quand une amie célibataire nous raconte avoir rencontré un mec, le premier baiser et tout ça, ben on l’envie. Quand j’étais en maîtrise science po, vers la toute fin de mon
histoire avec Guillaume 1er, alors qu’on avait des relations bien plus amicales qu’amoureuses, ma copine Nyna a rencontré un homme. Elle me raconte donc la rencontre, la soirée, le premier baiser, j’en frissonnais de partout. Bon, certes, ça n’allait plus du tout dans mon couple donc ça n’aidait pas mais c’est vrai qu’être en couple, ça veut aussi dire ne plus tomber amoureuse d’un mec, ne plus se laisser emporter par une aventure ni rien. La frénésie du début est loin et la routine, c’est quand même chiant, des fois. Mais on n’a pas le droit d’ouvrir la bouche sur ce sujet car « oh ça va, te plains pas, t’as un mec, toi, au moins ! ». Et alors ? Etre en couple, tout comme le célibat, c’est un état de fait avec ses avantages et ses inconvénients, pourquoi la célibataire a le droit de se plaindre de son état et pas la fille en couple ? C’est quoi ce racisme ? Je lis actuellement un livre, « le musée de
l’homme » de David Abicker, un petit bijou drôlissime, un homme trentenaire qui sort des considérations sur tout et qui me fait mourir de rire, je vous en reparlerai quand je l’aurai fini. Bref, dans ce livre, à un moment, monsieur espionne sa femme et ses copines célibataires et ça donne :

« Tu as de la chance, toi, tu as trouvé l’homme idéal.
– Ouais, dit ma femme, pensive.
– C’est vrai, t’as du pot

– Mais qu’est-ce qu’on a, franchement ? Dès qu’on s’attache, ils se tirent. Et dès qu’on les drague, ils se tirent

– Y en a même qui se tirent avant même de nous rencontrer. [Que cette phrase m’a fait rire, j’ai l’air très fine quand je me marre toute seule dans le métro]

– Vous savez, femme mariée, c’est pas tous les jours dimanche ! »

C’est carrément ça ! Parce qu’on a un homme, tout doit aller dans le meilleur des mondes, t’as pas le droit de chouiner, ma petite, toi, tu as une moitié. Bien sûr, il ne s’agit pas de se plaindre tout le temps, ce n’est pas ce que je dis non plus, mais si y a un truc qui nous pèse, une anecdote qui nous a gonflé, on a le droit de le dire, non ? Ben, apparemment, non… Les seuls motifs de plainte acceptés sont « j’ai pas de mec et c’est dur ! ».

En fait, on en revient encore à cette espèce de conception : à un, on est incomplet et malheureux, à deux, on est complet donc heureux. Donc on peut aisément jouer le rôle
d’assistante sociale auprès de nos amies tendance Bridget Jones. Parce que si on regarde toute la littérature qui nous est destinée, à nous, les femmes, c’est toujours pareil, la course à l’Homme, celui qui va nous épouser et nous faire des bébés. On nous fait croire que le célibat est une tare, qu’on doit pleurer tous les jours sur la place inoccupée dans notre lit, sur notre marteau qui n’a pas d’homme au bout (alors que je sais très bien me servir d’un marteau toute seule, même que j’ai monté mon bureau comme une grande, sans aide masculine). Pourtant, je ne pense pas être anormale mais je ne pense pas tout le temps « merde, je suis célibataire, je suis pas normale. » Y a même des moments où je ne capte même pas que je suis célibataire parce que j’ai pas le temps de me pencher sur ma vie sentimentale. Et puis même, mon célibat, c’est juste un état de fait. Je n’ai pas rencontré d’homme pouvant devenir un petit ami et c’est tout. Bon, c’est sûr, moi, en ce moment, c’est facile de relativiser : je bosse chez moi donc je rencontre personne donc mon célibat, c’est un truc normal. Puis qui dit célibat ne dit pas abstinence (héhéhé !). Bref pourquoi faut toujours se plaindre d’être seule ? Et pourquoi faire chier celle qui est en couple sur le sujet ? Après tout, ce serait plutôt normal d’en parler avec une compagne de galère. La fille en couple, elle, il vaut mieux écouter ses récriminations et se dire que, finalement, le célibat, c’est pas si mal !

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