Ecrire une scène de sexe : l’épreuve

Il existe toujours un écart certain entre ce qui se déroule dans ma tête et ce que je retranscris sur papier. C’est le cas de tous les écrivains, celui qui écrit son récit va me donner des matériaux pour que je puisse imaginer la scène mais il y a toujours une part de subjectif impossible à maîtriser chez le lecteur. On fera avec. Mais par contre, il y a un truc qui représente un vrai défi : écrire une scène de sexe.

Scène tendre entre Maggie et Glenn dans The walking dead

Il n’est pas tant difficile de l’écrire que de trouver le parfait équilibre. Je pourrais écrire des kilomètres de scènes de sexe sans rougir et sans trembler, je n’ai pas de tabous spécifiques sur le sujet. Mais le problème, c’est l’effet recherché. Je pense que vous l’avez tous expérimenté en lisant des romans où traînait un peu de sexe : c’est souvent soit terriblement gnan gnan en mode “fondu enchaîné ils vont forniquer – ah c’est fait, merci” soit beaucoup, beaucoup trop détaillé et ça te fait sortir du récit. Je me souviens par exemple de “Philosophie dans le boudoir” où un personnage distribuait les rôles à chacun, qui allait baiser qui et comment… sauf qu’anatomiquement parlant, y avait un truc qui ne marchait pas, j’en ai limite à faire un dessin pour bien tout comprendre… Ca situe le niveau d’excitement. Idem pour Glamorama de Breat Easton Ellis (auteur que j’ai toujours trouvé atrocement surcôté),on a droit à une scène de sexe à trois et… ça dure des plombes et ce n’est jamais ô grand jamais excitant. Et je ne vais même pas parler d’After ou Beautiful Bastard, mes seules incursions dans la nouvelle littérature Harlequin, je trouve ça… plat. Oui, plat.

Collection Azur Harlequin, sous le joug du désir - écrire une scène de sexe

A dire vrai, je crois que peu de livres à forte teneur en érotisme ont réellement réussi à m’exciter, exception de Desideria de Moravia, le roman le plus troublant que j’ai jamais lu (on est très loin mais alors très loin d’un sexe gnan gnan mais malgré la subversivité de ce dernier, le côté très dérangeant, ben ça m’a bien titillée). Alors peut-être est-ce parce que je suis plus stimulée par les images que par les mots sur la question du sexe, je n’en sais rien… Bien que pas mal de scènes “érotiques” mal filmées m’ont plus fait bailler que mouiller mais passons. Peut-être que je devrais juste passer ces scènes dans mes romans, ce n’est pas toujours utile non plus… Quoi que des fois si. Je ne raconte pas chaque copulation parce que ce n’est pas si nécessaire mais certaines sont effectivement essentielles au récit. Dans un roman en pause, sorte de saga dans un royaume alternatif (genre Game of Thrones ? Ouais, si on veut), l’héroïne affronte donc sa première nuit avec son époux, le prétendant au trône, alors qu’elle est encore vierge. Si on veut un minimum entrer dans la psyché du personnage, cette nuit de défloraison est cruciale. Et va raconter une scène de défloraison, toi.

Contes de la virginité

Alors je me dis que pour me faire la main, je devrais écrire quelques nouvelles érotiques histoire de trouver le juste équilibre car je trouve que je suis soit trop évasive (ce qui peut cependant correspondre à certains personnages décrits comme prudes, genre Maja du roman de Maja) soit beaucoup mais beaucoup trop détaillé… ce qui nous fait quitter l’érotisme pour le porno et c’est pas mon but non plus. Sans doute devrais-je me constituer une petite bibliothèque érotique pour m’aider sur cette voie mais revenons à mon paragraphe précédent : peu de livres me paraissent satisfaisants sur le sujet, on oscille toujours entre le trop mou et le trop cru. Quel est l’équilibre ?

 

Si vous avez quelques livres à me conseiller sur le sujet, les comms sont ouverts !

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Au dessus de l’équateur

Par Ella Sykes

On est le mardi 25 novembre 2008, il est précisément 21h54. Ce matin, une épaisse couche de neige mousseuse recouvrait absolument tout. Mon colocataire est parti pour Montréal, me laissant tout le loisir d’être seule, à moitié nue devant la télévision en fond sonore. L’émission est trash à souhait comme on les aime pour mieux les mépriser.

Les jours se succèdent et se ressemblent vaguement, je suis débordée de travail et c’est aujourd’hui la première soirée que je me consacre depuis plus d’un mois. Au fond, j’aime avoir l’esprit occupé au point de devoir réfléchir avant de me situer dans le temps et savoir quel jour nous sommes. Cela m’empêche de penser.

Sinon, je commencerais à repenser à la fille que j’étais à Paris, à ces raisons qui m’ont poussé un jour, en me réveillant, à prendre la fuite, deux chats et un sac sous le bras, pour tout bagage. Par moment, il se passe un temps d’arrêt où je me demande vraiment ce que je fais ici. Je veux dire que, tout roule, tout s’écoule avec la rapidité de l’éclair, et tout semble parfait, un peu comme dans les débuts de romans de Brett Easton Ellis. Au bout de quelques pages, les tourments et la douleur reprennent lentement leurs droits.

Alors, parfois lorsque je m’arrête de gesticuler, de courir et de travailler, la douleur et la tristesse m’envahissent pendant quelques minutes. Je pensais avoir plus de temps avant que cela ne se produise. Au moins, un an ou deux. Je misais sur le dépaysement et le fait d’être loin de tout ceux qui connaissent mon histoire, pour me distraire. Je me suis trompée du tout au tout.

Rien n’a changé, je suis toujours la même et cette vérité est effrayante. Je vais finir ce que je suis venue faire ici et dans un an, je partirais m’installer pour quelques temps à New York. J’espère que le bruit et la vie trépidante de la ville, ses magasins de luxe et son métro sale distrairont la souffrance que je me porte en moi malgré tous les efforts que je fournis, pour m’en débarrasser. Mais, je suis magnanime, je sais reconnaître ma défaite. Je ne peux que coller des pansements. Je sais bien que ces déplacements ne font que tenir la chose à distance même si elle me rattrape sans arrêt. L’été prochain, je tenterai d’user cette souffrance sur les routes de la Road 66.

C’est drôle de se dire qu’un seul événement dans une vie inclut un certain déterminisme duquel découle des réactions en chaîne imprévisibles et impossible à éviter.

Peu importe. J’essaie de me faire raison et de l’accepter, je me prépare à une vie d’exil et de solitude parce que j’ai l’impression persistante de ne pas comprendre les autres. Je suis toujours trop passionnée, impulsive, snob, excentrique, gentille, cruelle ou trop brillante. Bien oui je me la pète, je peux, non ? Bref, je me fais l’effet d’être comme ces poupées Made in China défectueuses. J’arrive maintenant à faire avec cette idée. Celle d’être une fille qui par son excès saoule rapidement autrui. Oui, quand on y pense, c’est logique. Actuellement, la société exige que l’on aille droit au but, sans perte de temps. Personne n’a que faire des créatifs et des originaux, des gens tourmentés. Tout roule pour les superficiels. J’aurais bien aimé faire partie de cette caste So select !

Vous savez quoi ? Dans le fond, tant que je ne m’attache pas, à personne, jamais, tout pourra demeurer sous contrôle donc ce n’est pas grave.

Si je ne me détestais pas autant, ce serait mieux. Le pire c’est que je ne suis même plus désespérée ou attristée par ce genre de considération. Je me suis résignée. Et, la résignation, je vous assure des fois ça fait du bien.

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La quête effrénée du plaisir annihile-t-elle la jouissance ?

(ou comment être sûre en un titre de perdre tous les lecteurs qui pourraient être blogueurs sur la plate forme sur laquelle je bosse)

Il y a peu de temps, j’ai lu Les particules élémentaires de Michel Houellebecq. Oui, je lis du Houellebecq moi maintenant, alors que je déteste le personnage mais avant de cracher sur un roman, autant le lire. Et en plus, j’ai trouvé ça pas si mal que ça, finalement, bien mieux qu’un puant Easton Ellis (là, je suis en plein American Psycho et y a de quoi devenir psychopathe, en effet). Bref, dans ce roman, un des héros partouze joyeusement en boîte échangiste et explique, en gros, que trop de plaisir tue le plaisir. Je réfléchis : ouais, je suis d’accord.

partouze-chaussettes

Je suis une personne qui considère que le sexe est un raffinement. J’aime quand c’est bien fait, en gros. Même un coup vite fait entre deux portes doit être fait avec application sinon, je n’en vois pas la peine, je peux très bien me démerder tout seule pour un orgasme vite fait bien fait. Je me suis toujours interrogée sur les partouzes ou autre (enfin, toujours, depuis que je connais, quoi). Aimerais-je ça ? Au jour d’aujourd’hui, je réponds non. Déjà, les clubs échangistes, le truc qui me bloque, c’est l’odeur. Non mais imaginez une salle en sous-sol surchauffée (les gens sont quand même à poil) avec plein d’hommes qui éjaculent et de femmes qui mouillent. Oui, ça doit puer et pas qu’un peu. Bon, grâce à Michel, je sais qu’il est très aisé de refuser mes entrées à un monsieur qui me plaît pas mais je suis pas sûre que monsieur-qui-me-plaît-pas qui se tire sur le spaghetti pendant que j’autorise un monsieur à visiter mon
intimité, non, non…

Bon, ça, c’est mon opinion sur ce genre d’expérience donc, pour l’heure, ça m’intéresse pas. Parce que, souvent, je me demande comment des gens en arrivent à pratiquer ce genre de sexualité. Non pas que je condamne ça, chacun fait ce qu’il veut, je m’en fous, mais sont-ils à ce point blasé du cul qu’ils ne savent plus quoi faire pour prendre leur pied (ou égayer leurs soirées) ? Trop de sexe ne tue-t-il pas le plaisir et donc la jouissance ? Ou est-ce peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ? Ou alors, est-ce une addiction comme une autre tel que l’alcool où on boit toujours plus parce qu’un verre ça suffit plus ? Et pourquoi le bleu marine, ça va pas avec le noir ? Que de questions lecteur ! T’as trois heures.

Parce que, souvent, dans les récits de partouze et co, ce qui me semble prévaloir, c’est l’ennui. On baise mais on s’emmerde, fascinant. Triste mais fascinant. Je sais pas mais il me semble que rien qu’à deux, y a déjà tant de choses à faire, de voies à explorer (ce n’est pas un mauvais jeu de mot !), de jeux à pratiquer, tout ça, tout ça. Bref, quand on intègre plein de gens en plus, n’est-ce pas que l’ennui sexuel a gagné le couple ? Tout me paraît faux là-dedans. Par exemple, quand je regarde Paris Dernière où y a toujours ce genre de sexe, j’ai l’impression que les gens surjouent leur plaisir. Evidemment, y a des caméras donc les gens font les malins devant mais tout me donne une impression de toc, le plaisir, la joue d’être là, les performances sexuelles. Alors, ouais, ça fait rebelle du sexe de partouzer mais si le plaisir n’est pas au rendez-vous, quel est l’intérêt ? Tiens, encore une question.

Bref, tout ça pour dire que je m’interroge. Peut-être que je mets tout le monde dans le même sac, à tort et qu’il y a un réel plaisir et même une jouissance, une vraie qu’il y a des trucs vraiment kiffant. Mais tout ce qui est orgiaque me paraît écoeurant, dans le sens on s’en lasse vite ? J’aime les bonnes choses comme le foie gras par exemple, mais je me contente d’une tranche. Je m’en enfilerais pas un entier sans vomir. Oui, je sais, c’est pas la première fois que je compare le sexe au foie gras mais mon cerveau est down après les journées que je passe
donc hein !

En conclusion, petite question : plutôt que d’aller toujours plus dans le trash, les gens ne devraient-ils pas réapprendre à savourer plutôt que de consommer à tout prix ? Finalement, Houellebecq, il est pas si mal que ça, il m’a inspiré un article ! Comme quoi, des fois, c’est bien de tester avant de condamner (comme ça, vous pourrez dire en comm « mais pourquoi tu dis que les partouzes c’est nul alors que t’as jamais essayéééééééé ? »)

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Mon incroyable fiancé !

Comme je le répète souvent, la vie est pleine de surprises mais à un point parfois peu croyable. Je ne peux pas dire qu’elle me réserve de sublimes surprises en ce moment mais, pour me consoler de mon chômage, elle m’a préparé une petite farce. Hé oui, le « fiancé » que m’a dégoté mes parents a décidé de faire plus que de la figuration. Accrochez-vous à vos strings (ou boxer), voici l’histoire de Nina et de son « fiancé ».

 

Lors du dernier épisode, j’en étais restée à « mon père doit me filer son e-mail mais il ne le fera jamais… » et j’avais raison. Mais je n’avais pas compté sur la détermination du jeune homme qui a l’air très motivé pour me rencontrer, quand même. Mercredi matin…euh… midi… téléphone sonne : « Ninette, c’est maman, tu sais pas où sont tes papiers de voiture ? ». Je te rappelle, lecteur, que j’ai quitté mon sud natal il y a huit mois et que, depuis, je n’ai pas touché ma voiture adorée donc, non, je n’avais pas les papiers sur moi. Je raccroche. Quelques instants après, ça resonne. Oui, chez moi, le téléphone fixe ne marche que deux jours par mois mais quand il marche, c’est un festival : Télé2, Club Internet, ma mère… Je décroche : « Nina Bartoldi ? » Les jeux sont lancés qui m’appelle ? Wanadoo, France Telecom, les témoins de Jéhovah, Jean-Baptiste Elissalde ? Et bien non, c’est mon « fiancé » ! Très motivé, le jeune homme, Pierre-Marie, me propose d’aller avec lui à une soirée « gens du sud-ouest » vendredi soir mais, pas de chance, j’ai déjà un resto de prévu avec les gens de France Five.

« Ah, ben, c’est pas grave, on se recontacte très vite, alors. Tiens, mon numéro c’est le 06********.

Ok. Tu as mon portable ?

Heu… non, je  n’ai que ton fixe.

Ah, je te donne mon numéro de portable car mon fixe marche quasiment jamais donc tu peux m’appeler au 06 ********* ».

Cette petite conversation me permit de comprendre que le jeune homme avait attrapé mon numéro sur l’annuaire : motivé !

Le lendemain, mon fixe ne marchait plus. Par contre, mon portable n’a pas (encore ?) rendu l’âme donc vers 13h et quelques, je reçois un texto. Bip ! Bip ! Je saisis mon portable, persuadée que ce petit message venait de Guillaume ou Gauthier mais raté, c’est Pierre-Marie ! Qu’est-ce qu’il veut ? « Je suis libre samedi après-midi, ça te dit qu’on se voit ? Sinon, je suis dispo le week-end prochain. » Ah dis donc ! C’est bien la première fois qu’un mec me court après avec tant d’ardeur alors qu’il ne connaît de moi que ma voix… Ils ont raconté quoi mes parents ? Que j’avais été mannequin ? Là, je suis perplexe. Mais irrémédiablement curieuse donc j’accepte. Romantiquement, il me propose de nous rejoindre aux Tuileries à 17 h pour une promenade. Comme m’a fait remarquer plus tard un gars qui participait au repas France Five : « A 17 heures ? Mais il fait nuit, il va t’entraîner dans les buissons ! » Ah, certes, je n’y avais pas pensé…

Jour J, je pars en avance car je veux à tout prix acheter les contes de Narnia. En effet, le film me tente beaucoup mais comme ils commencent l’adaptation cinématographique dès le deuxième opus, je me dis qu’une petite lecture avant d’aller voir le film ne sera pas une mauvaise idée. Donc je prends un gros livre qui réunit les sept ouvrages ainsi que « Glamourama » d’Easton Ellis. Hop, direction les champs, je commence à lire dans le métro. Arrivée sur place, je regarde l’heure : 16h40. Bon, je vais me trouver un banc et lire mon bouquin en attendant. Sauf que le téléphone sonne aussi sec ! « Ouais, c’est Pierre-Marie, je suis en avance ! ».

Bon, mon portable n’aime pas la station Champs Elysées donc ça raccroche. Je sors, me pose au milieu du trottoir et rappelle. Je vois un mec qui répond pas loin : c’est lui, je suis trop forte. On se rejoint, on se fait la bise. Première impression : aucune. Il ne me plaît ni ne me déplaît. Je précise que je suis emmitouflée dans mon manteau, les mains gainées de gants roses et un chapeau visé sur la tête.

« Ça fait longtemps que tu es sur Paris ?

Ouais, 8 mois.

Ohlala, t’as presque plus d’accent ! »

Ah non, c’est pas vrai, ça !! Mais ça m’ennuie car trois personnes m’ont fait la réflexion ce week-end dont Christophe qui a dit que je l’avais pas mal perdu et un lecteur que j’ai rencontré samedi soir mais l’alcool aidant, mon accent revient, ouf ! Voilà comment Paris me rendra alcoolique. Mais revenons à notre balade.

« Tu connais un peu Paris?

Ben, ouais, quand même…

Ah mince, moi qui voulait te faire découvrir Paris…

Ah, ben… Raté ! »
 

Donc on marche, des Tuileries à la Bourse, de la Bourse à St Lazare. Dès le départ, je sens que le jeune homme est assez intéressé par ma personne. A peine 15 minutes plus tard, j’ai droit à un compliment hallucinant :

« Tes cheveux sont de quelle couleur ?

Châtain clair, normalement, mais là j’ai fait une couleur cuivrée mais le cuivré est parti, je me retrouve châtain tout court.

D’accord. En tout cas, tes cheveux ont l’air très beaux, même si j’en vois que trois centimètres ».

Bon, alors, faut avouer qu’un mec qui me complimente sur mes cheveux, il gagne des points car ça n’arrive JA-MAIS. Sauf le collègue de ma coiffeuse mais c’est son métier alors bon… Et puis c’est même pas pour me draguer : il ne resterait que Gauthier et moi sur Terre, ben j’aurais qu’à aller jouer toute seule. A un moment, aussi, il s’écrit « Ohlala, j’avais pas vu mais tu as des yeux magnifiques ! ». Ouah, il est à fond les ballons ! Il me propose aussi de porter ma poche mais ça va : elle n’est pas lourde. Bon, on finit par se poser au café du côté de St Lazare, je bois un lait chaud en fumant quelques cigarettes et les compliments pleuvent : « tu as vraiment de trop beaux cheveux… Tu es quelqu’un de bavard, c’est super agréable… ». Ce qui est amusant, c’est qu’en venant de la même ville et ayant fréquenté le même collège, ça nous fait pas mal de souvenirs en commun. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que nos destinées se croisent, on partait au même camp de ski, étant jeune… Et malgré ma bonne mémoire, je ne me souviens absolument pas de lui. On discute aussi de meetic où il est inscrit, aussi. Comme je sens qu’il est un peu beaucoup intéressé, je préfère freiner un peu ses ardeurs et je lui parle de Guillaume qui « n’est pas mon petit copain mais un peu, ça dépend si on se voit ou pas. » Il a eu l’air étonné mais ça ne l’a pas refroidi. Ainsi, quand j’ai expliqué que j’avais des problèmes de chaudière, il m’a proposé de venir me doucher chez lui. En sachant qu’entre nos deux demeures, il doit y avoir facilement ¾ d’heures de transport en commun. Une heure et demie de vadrouille pour une douche, c’est un peu trop pour moi, quand même.

Bon, on repart de là car on a froid (on s’était posé en terrasse, soit-disant chauffée… Ils doivent avoir le même modèle de chaudière que moi, le modèle kapput) donc on chemine un peu, je lui dis que je suis frigorifiée et il me propose gentiment de me frictionner pour me réchauffer. « Non, non, ça va ! » Finalement, on traverse le printemps pour gagner quelques minutes de chaleur, il me propose plusieurs fois d’essayer les parfums mais non, ça ira, le mien m’ira très bien. On ressort, on tourne un peu et je lui propose de dîner rapidement ensemble (oui après, j’ai rendez-vous…). Donc on se pose à un Flams. « Dommage que t’aies rendez-vous, on aurait pu aller manger chez moi ! ». Non mais il lit mon blog ou quoi ? Il sait que je brouette le premier soir ? Bon, bref. On continue à discuter, il me regarde un peu comme la 8ème merveille du monde, ce qui gêne un peu par moment. En tout cas, il faut à tout prix qu’on se voit pendant nos vacances dans le sud. 

A un moment, on parle métier et il m’explique où il bosse : « à l’usine Vroum Vroum à Santigny » et là, je me décompose : il travaille dans la même usine qu’Arnaud ! C’est pas possible, il n’y a je ne sais combien d’hommes sur la région parisienne et me voilà à dîner avec un collègue de mon ex. Et en plus, il fait de la plongée sous-marine ! Bon, apparemment, ils ne se connaissent pas mais je le sens mal, cette histoire.

On se quitte au métro après s’être fait la bise, chacun retourne chez soi. Aujourd’hui, alors que je ne faisais rien qu’à végéter dans mon lit, il m’a envoyé un texto pour me demander le titre d’un bouquin (alors qu’il déteste la lecture) et termine son texto par : « J’ai passé un excellent moment avec toi hier soir ». Et, ce matin, alors que je dormais, j’ai reçu le texto suivant : « Bonjour, Nina ! Le temps passé ensemble samedi soir me semble déjà bien loin… Est-ce qu’on pourrait se voir un soir de cette semaine ? Bisous !!! ». Et bien j’ai décidé de refuser l’invitation : il ne faudrait pas qu’il s’emballe trop, il oublie mon Breton !

Bon, en conclusion, je ne sais pas trop qu’en penser… Il est très sympa et je ne sais pas si son empressement est dû à de la pure gentillesse ou à une envie de m’épouser. Car apparemment, ce n’est pas le genre à courir l’aventure, il semble plus attiré par la vie de couple et compagnie. Sauf que ce n’est pas mon cas… Enfin, on verra bien. En attendant, c’est agréable de voir que je peux aussi intéresser un homme sans la réputation (un petit peu) sulfureuse que m’a conféré ce blog.


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