Commencer un roman

Il y a quelques temps, je vous avais parlé du fait de finir un livre… niveau lecture et un twittos m’avait dit, un peu taquin “je croyais que tu parlais de finir d’écrire un livre”. Et non parce que j’ai du mal pour cause de “la vie professionnelle, ça fatigue une Nina”. Par contre, il y a quelque chose que je fais super bien : commencer un roman … à écrire. Et c’est une sensation merveilleuse.

commencer un roman

Petit tour sur mon Drive : j’ai 25 ébauches de roman. Je n’avais pas fait l’effort de compter avant de débuter cet article et je suis sidérée. 25 embryons d’histoires… Bon ok, sur les 25, y en a 2 paires, c’est le même sauf que j’ai choisi de refaire l’histoire et certains ne comptent même pas une page mais quand même. Certains ne verront jamais le jour : je me suis lancée la fleur au fusil de la motivation mais j’ai très vite laissé tomber. Je ne finirai donc jamais l’histoire de Jérôme et Valentine, ni celle d’Audrey, en plein marasme dans sa vie (c’était une relative autobiographie de mon début d’année 2011, c’est certainement pour ça que je m’en suis arrêtée là mais j’ai récupéré le prénom d’Audrey parce que je l’aime vraiment bien), ni d’autres que je regarde, circonspecte : c’est moi qui ai commencé à écrire ce truc là ?

tampon "mauvais manuscrit" humour

Parce que dans la vie, j’ai un don et presque une malédiction : une imagination de malade. L’inspiration me bombarde en permanence. Lire un magazine et y trouver un fait divers qui serait une super histoire, naviguer nonchalamment de reportages en reportages sur Youtube et trouver un récit incroyable, surprendre une conversation entre deux personnes, m’interroger sur une chose incongrue vue ou aperçue. Parfois, j’essaie de construire un roman sur une personnalité particulière, un trait de caractère qui me fascine (pas forcément dans le bon sens du terme genre “je suis fascinée par Poutine parce qu’il ferait un personnage de roman incroyable”). Et n’oublions la source principale de mon imagination : mes rêves.

un femme dort sur un nuage et rêve

Genre ça se passe à la montagne, “je” suis l’héroïne de l’histoire. C’est confus, c’est la nuit et j’ai fait du ski (passionnant), il y a l’Hiver (allegro non molto) de Vivaldi et deux mecs qui m’ennuient, ça vire à l’agression mais l’Homme arrive. Je sais que je l’ai repoussé tantôt, un quinqua puissant et marié et qui porte un grand manteau mais là, il vient de me sauver alors je cède, reconnaissante et ivre de lui, sur cette même musique de Vivaldi. Le lendemain, j’arrive au boulot, exaltée, je commence à réfléchir à quoi faire de cette histoire. Après avoir imaginé une histoire proche de Black Swan, je suis retournée à ma data chérie et j’ai laissé tomber. Par contre, si j’écris une sitcom (voire une télénovela parce que y a souvent une histoire de meuf jeune, pauvre mais belle et du riche plus âgé qui craque sur elle au delà des barrières sociales), je m’en resservirai.

teresa et mariano, couple phare de la telenovela Teresa

Il y a cette histoire dans un chalet perdu au milieu de nulle part, il y a un scientifique, de jeunes gens dont “moi”, il y a de la neige (je rêve souvent de neige, tiens), des séances d’hypnose et au fur et à mesure de l’histoire, on découvre que le scientifique nous fait régresser par l’hypnose dans nos vies antérieures car nous avions tous été dans ce chalet dans notre ancienne vie et il y a eu un meurtre, le scientifique cherchait donc le pouvoir alors que le passé et le présent se mélangeait pour nos jeunes. A la fin du rêve, je me retrouvais soudain devant la télé et cette histoire était un film que je regardais et, tandis que j’arrangeais un bouquet de fleurs, je me désolais de ne pas avoir eu l’idée de cette histoire en premier. Evidemment, en me réveillant, j’étais exaltée car si, c’était mon idée à moi. Arrivée à la fac, je commençais à vite prendre des notes pour ne pas oublier… Pour finalement me rendre compte que c’était plutôt une idée de merde en fait.

Une femme assise sur un nuage avec une tablette lit

Mais j’aime commencer un nouveau roman. Poser le personnage principal, qu’il s’agisse de Guillaume, Maja,  Daniela, Ezialis, Audrey (3 fois), Allegra, Annabel (oui, j’écris plus facilement à travers une héroïne). Ils vivent à Paris, Rome, Stockholm, New York ou dans un royaume qui n’existe pas en vrai. Ils débutent leur histoire sans savoir ce qui va leur arriver, inconscients qu’ils commencent ici l’aventure de leur vie, heureuse ou malheureuse. Il n’y a que moi qui sais, moi qui tisse leur destin, qui pense à un aléa à ajouter au récit alors que je me douche ou même que je suis aux toilettes. Ecrire à un aspect grisant, on a droit de vie ou de mort sur des personnages, on place sur leur chemin dès micro événements qui feront toutes la différence. On voit naître sur l’écran cette histoire qu’on a en tête, se matérialiser cette histoire qu’on avait envie de raconter depuis des lustres.

une maman lit un livre à sa petite fille avant de dormir

Et puis… À suivre.

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Peut-on parler de la St Valentin quand on est célibataire

Et voilà, la St Valentin s’approche et me revoilà célibataire. Pas d’aigreur particulière sur la question, on ne l’aurait de toute façon pas fêté vu que notre anniversaire aurait été deux jours plus tôt. Mais qui dit fête des amoureux dit toujours “ceux qui sont laissés sur le bord du chemin et qui l’ont mauvaise”. Ah oui, le monde est-il désespérément binaire ?

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Si l’homochiralité existe dans la nature, c’est bien que tout ne fonctionne pas de façon symétrique. Oui, je me la raconte légèrement depuis que je suis abonnée à Pour la Science. Minute culturelle : l’homochiralité désigne le fait de ne trouver qu’une forme de chiralité dans la nature, on parle de molécules lévogyre quand il ne s’agit que de la forme gauche de la chiralité et de dextrogynes quand il s’agit de la forme droite. Pouf, pouf, j’ai perdu tous mes lecteurs. Donc si l’homochiralité, le gris ou la bisexualité existent, c’est bien parce que tout n’est pas binaire. En somme, au 14 février, il n’y a pas les couples heureux d’un côté et les célibataires dépressifs de l’autre.

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A dire vrai, la St Valentin ne m’intéresse plus depuis que j’ai quitté le lycée, époque où j’espérais recevoir une belle déclaration d’amour en ce jour J. Ce qui n’est jamais arrivé. Adulte, je n’attends rien de cette journée, que je sois en couple ou non. Parce que dans les faits, ça ne représente rien pour moi. Certains me disent “mais siiiii, c’est l’occasion de se retrouver tous les deux, de se faire un resto”. Ok, à la limite, argument recevable. Sauf que pour ma part, adorant la foule qui piétine avec fureur mon espace vital, je préfère inventer une autre fête de l’amour qui serait propre à mon couple, en dehors de l’anniversaire. “Tiens, chéri, si on disait que le 28 mars, c’était notre St Valentin à nous ?”. Cherchez pas pour le 28 mars, j’ai donné une date au hasard. Ce serait un peu comme un rendez-vous obligé, un “quoi qu’il arrive, le 28 mars, c’est toi, moi, et on fait un truc un peu inédit, pas juste une soirée canapé-dvd-pantoufles.” Non que je n’apprécie pas les soirées canapé-dvd-pantoufles, y a des moments où elles deviennent nécessaires tant pour notre santé physique que pour notre porte-monnaie mais c’est pas vraiment ce que j’appelle une fête de l’amour. 

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Je m’égare. Puis-je donc parler de la St Valentin sans être soupçonnée d’aigreur puisque célibataire (et fraîchement en plus) ? De mon point de vue oui, de celui de certains autres, non. Parce que si j’explique que la St Valentin n’a pa d’intérêt en soi, que c’est plus la fête des fleuristes, restaurateurs et chocolatiers, on me répondra que je dis ça uniquement parce que j’ai pas de mec et que je suis jalouse de celles qui en ont un. De 1, je ne peux pas être jalouse de toutes les nanas en couple, certaines le sont avec de pauvres types dont je ne voudrais même pas un soir de faim sexuelle tenace. De 2, si tel était le cas, je ne serais pas jalouse juste le 14 février mais également le jour de l’anniversaire du couple, de l’anniversaire des demoiselles, de Noël et du Nouvel an, pour leurs vacances, l’annonce de leurs fiançailles… Bref en permanence ou à peu près. Puis soyons honnêtes, au vu de la communication spéciale St Valentin de nombreuses marques, y compris celles qui n’ont rien à voir (genre les fast food, top romantique), c’est que, oui, c’est un business. Et ça me gênerait de forcer mon homme à participer d’autant que paye ton effet de surprise “Oh chérie, je t’ai acheté des fleurs!” “Un jour de la st Valentin, je m’y attendais pas du tout mon coeur ! Tu es si surprenant !”. Sans parler des pauvres gars qui sortent tard du boulot et sont en galère pour trouver ne serait-ce qu’une rose potable. Et puis d’ailleurs, pourquoi c’est toujours les hommes qui doivent offrir des fleurs aux femmes ? Moi, j’avais bien offert une plante à l’Amoureux pour le remercier, une fois. 

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A se demander si, finalement, la St Valentin n’est pas plus la fête des femmes amoureuses que des amoureux tout court.

En attendant, j’ai pas d’amoureux mais je veux ce magnifique bouquet !

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Youpi, soyons amoureux !

Il y a grosso modo, trois catégories de gens : les en couple, les célibataires et les célibataires amoureux. Evidemment, il y a des sous-catégories mais cet article ne se veut pas une analyse sociologique de l’amour. Vous constaterez qu’on envie toujours un peu les membres des deux autres catégories : les célibataires pour leur liberté, les en couple pour leur sécurité. Mais ceux que l’on préfère, ce sont les célibataires amoureux.
 amour
Imaginons une scène : vous êtes en train de discuter avec un(e) amie de la catégorie 1 ou 3 (donc en couple ou célibataire) et vous avouez entre le fromage et le dessert que vous avez rencontré quelqu’un, « un garçon très mignon qui me plaît beaucoup, il est beau, intelligent, marrant… ». Oui, il n’y a rien de moins objectif qu’une personne amoureuse. Bon, bref, vous vous extasiez sur votre cible que nous appellerons ici Brad (au hasard). Et là, immanquablement, votre interlocuteur ou cutrice s’exclamera : « Ouah, mais c’est génial, comme je t’envie ! ». Bon parfois, c’est hypocrite, surtout si la personne fait partie de la catégorie célibataire sous-catégorie totalement aigrie. Elle dira ça mais pensera : « fais chier, cette connasse va se trouver un mec avant moi alors que je suis carrément plus belle qu’elle. Non mais qu’est-ce qu’on peut lui trouver à c’te grosse vache aux cheveux filasses ? ». Mais dès qu’on est amoureux, tout le monde nous envie. Pourquoi donc ?
 
Me voilà donc amoureuse de Brad. Quand je me réveille le matin, je rêvasse à lui, à nous, à notre premier baiser. Je sens presque ses lèvres effleurer les miennes, sa langue caresser légèrement la mienne, ses mains qui glissent délicatement de mon visage à mes hanches… aaaaaah ! Voilà effectivement de quoi se lever de bonne humeur. Tard (oui, fantasmer, ça prend du temps) mais de bonne humeur. Comme je veux Brad à tout prix, il faut que je sois belle : sport, soins de peau, nourriture saine, juvamine… L’artillerie lourde, quoi. J’ai forcément envie de m’acheter de nouvelles fringues et de nouveaux dessous (au cas où) pour parader devant mon beau et le faire craquer. Bref, à notre prochain rendez-vous, je serai tellement la plus belle que Brad ne voudra pas sortir avec moi, non, il voudra carrément m’épouser.
 
Etre amoureuse, c’est avoir des papillons autour de la tête en permanence. On a l’impression que les fleurs fleurissent sur notre passage, le soleil brille même à travers la pluie. Un signe anodin de sa part et notre cœur s’emballe, on s’envole, on touche plus pied par terre. Il a signé son texto par « bisous »… IL A SIGNE SON TEXTO PAR « BISOUS », vous imaginez ? Oui parce qu’être amoureuse, c’est aussi un peu retomber en adolescence. C’est se réjouir de lui avoir souri en se disant qu’il a compris le message, c’est mettre plein d’étoiles dans ses yeux et du gloss sur ses lèvres pour donner envie à Brad de nous embrasser. C’est imaginer les scénarios les plus débiles, les excuses les plus foireuses pour le revoir : « Je dois te rendre ton CD.
– Mais je ne t’en ai pas prêté.
– Ah et tu veux pas m’en prêter un ? »
 
En fait, être amoureux, c’est, parfois, ne pas arriver à coordonner deux neurones pour paraître intelligente. L’autre soir, je parlais à Anne qui vient d’entrer en catégorie 2 et elle me fait, désespérée : « je sais pas quoi lui dire, notre conversation est limitée… » Oh oui, quelle galère ! Je me souviens d’une conversation avec Bertrand au téléphone après ma rupture avec Guillaume, ma première réaction en raccrochant : « non mais quelle conne ! ». J’avais voulu jouer les séductrices, j’étais passée en mode neuneu, à roucouler comme un pigeon. Etre amoureuse, c’est être cyclothymique. Il signe « bisous » son texto, je plane à 100 000. Il ne répond pas à mon texto au bout de cinq minutes, c’est un connard qui ne cherche qu’à briser mon petit cœur et je déprime.
 
Etre amoureuse, paradoxalement, c’est douter de soi. Brad, il est beau, il est intelligent et drôle. Et moi, est-ce que je lui arrive à la cheville ? Comment un mec pareil pourrait voir une fille comme moi ? S’il avait vraiment envie de moi, il serait devant ma porte avec un immense bouquet de fleurs, non ? Là, je constate que derrière ma porte, y a que le paillasson (et Kenya qui en a profité pour courir jusqu’au troisième et dernier étage de mon immeuble). A-t-il compris que je voulais qu’il soit le père de mes trois enfants ? Soit oui et il n’est pas intéressé, soit non et qu’est-ce que je fais ? Lui envoyer dix textos par jour, c’est trop, mais si je ne donne pas signe de vie, il va m’oublier et une vilaine greluche même pas aussi belle que moi va me le piquer ! Mais est-ce à moi de le relancer ou à lui ? Qui a lancé l’invitation en dernier ? Vaut-il mieux que je l’appelle, que je le textote, que je le maile ou que je me taise ? Mais quelle prise de tête, les enfants ! Mais tant qu’il ne m’a pas embrassé, je doute. De moi, de son intérêt pour moi. M’a-t-il dit que j’étais jolie par politesse (enfin, moi, je lui avais rien demandé), par jeu ou parce qu’il veut que je sois son Angelina ?
 
Etre amoureuse, c’est analyser le moindre soupir de Brad, essayer de voir si on se fait des idées sur ses intentions ou pas. Simple ami ou prétendant ? A-t-il vu les constellations entières que j’ai mises dans mes yeux ? Peut-être que j’en ai trop mis et je lui ai fait peur. Etre amoureuse, c’est faire chier notre entourage en devenant monomaniaque. Exemple de conversation d’un amoureuse :
« Ça va ?
– Non, Brad il m’a pas rappelée !
– Et à part ça ?
– Et pourtant, il m’a dit que j’étais jolie, pourquoi il m’a dit ça si il ne veut pas m’épouser, hein ?
– Moi moyen.
– Tu crois que je dois lui envoyer un texto ?
– Mon chat est mort.
– Non parce que tu comprends, c’est moi qui lui ai proposé de se voir la dernière fois alors c’est un peu à lui de venir, non ?
– Je me suis foulé le petit orteil.
– Mais peut-être qu’il n’ose pas, peut-être que je l’intimide. S’il le faut, Brad, il est fou de moi mais il est comme moi, il sait pas quoi faire.
– Je suis allée faire pipi
– Ah non, vraiment, Brad, il est compliqué comme mec ! »
J’exagère à peine. Des fois, être amoureuse, c’est être chiante, à un point pas possible. A tel point d’ailleurs que vous finissez par vous prendre un mérité : « mais demande-lui, au moins, tu sauras ! ». Oui mais comment lui demander ? En face à face (délicat en cas de râteau), par MSN (minable si le sentiment est réciproque, ça casse un peu la magie de la révélation), par texto (alors, là, quelle que soit la réponse, c’est nul), par téléphone ? Etre amoureuse, c’est virer névrosée.
 
Et pourtant, quand une amie nous annonce qu’elle est passée en catégorie 2, on s’exclame sincèrement : « ouah, c’est génial ! » et on l’envie, en plus. On envie l’attente de ce premier baiser, on envie le jeu de séduction entre Brad et notre amie… Des fois, je me dis qu’on devrait se souvenir comme ça peut être pénible d’être amoureuse sans que ce soit concrétisé, ça calmerait notre joie. Maintenant, je ne me réjouirai pour mes copines que quand elles seront passées en catégorie 1 (ou 3 si elles sortaient avec un connard fini que je n’aimais pas).
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J’’ai rencontré Amélie Nothomb

Il y a, dans la vie, des périodes où tout va bien. En ce moment, je suis plutôt dans une phase positive : j’ai terminé un stage pourri, je suis avec un garçon bien sous tout rapport, j’ai la santé, j’ai pas gagné au loto mais on peut pas tout avoir non plus… Samedi, mes parents étaient sur Paris, ils pleuvaient des cordes, peut-être était-ce la fin du monde (private joke, allez voir le blog de Ced…) ? Bon, comme le temps était franchement catastrophique, on renonce à aller se balader où que ce soit, direction les Champs pour faire les magasins. On se rend d’abord à Virgin et là, que vois-je sur une affiche immense ? Mon idole vient signer des autographe ! Elle, en chair et en os, elle sera là, mercredi ! Il est impossible que je rate ça.
 
 
Amélie et moi
 
Comme une rock star…
Hier, me voici donc à faire la queue pour avoir un gribouillis sur mes livres. J’avais hésité à lui écrire une lettre, je ne l’ai pas fait, de peur d’être ridicule : cette femme est connue, elle n’a pas que ça à faire de se pencher sur mon admiration sans bornes pour elle. J’avais quand même pris mon appareil photo, il ne faut pas déconner. J’arrive un peu avant l’heure, soit à 16h45, la dédicace commence à 17h et il y a déjà une queue monstre. Je me pose tranquillement dans la queue, j’allume une cigarette en faisant attention à ne cramer personne mais comme je suis en fin de queue, j’ai de l’espace. J’observe discrètement la foule, je me ravis de voir autant de jeunes : qui a dit que la jeune génération ne lisait plus ? Je m’extasie sur ces jeunes lycéens équipés de leur Eastpack, je me dis : « C’est grandiose, ils sont venus ici directement en sortant de cours ! ». Puis je me suis souvenue qu’on était mercredi, calmons notre enthousiasme.
 
La foule est bigarrée, il y a des jeunes et des moins jeunes, des demoiselles aux cheveux roses (Maliki ?), des demoiselles qui lisent Cosmo, des monsieurs tatoués, des mamans et leur fille, un monsieur avec un beau bouquet… Si j’avais su, je l’aurais écrite, ma foutue lettre. Je constate que beaucoup ont le dernier livre d’Amélie, Acide sulfurique, sagement rangé dans une poche Virgin. La question que je me pose est la suivante : combien ont acheté leur livre le jour même car ils ont découvert la dédicace au dernier moment ? Ceci étant, du moment qu’ils lisent le bouquin, peu importe. D’ailleurs, beaucoup en entamaient la lecture en faisant la queue. Personnellement, j’ai préféré m’abstenir : lire un livre debout au milieu de la foule n’est pas des plus agréables, je n’ai pas envie de gâcher mon plaisir (je l’ai commencé plus tard le livre et j’ai bien fait d’attendre).
 
Madame je-sais-tout
La foule était divisée en plusieurs sections : une queue qui s’étalait sur les champs et deux à l’intérieur. Les gens avancent donc par groupe de dix ou quinze : ça avance peu mais quand ça avance, on fait un sacré pas en avant très motivant. Rapidement, je me retrouve près du monsieur au bouquet qui sympathise avec un jeune lycéen et une bonne femme et les voilà qui se mettent à discuter. Je trouve le monsieur au bouquet assez intéressant mais la bonne femme ne lui permet pas d’en placer une. Au début, je la trouve assez marrante mais au bout de dix minutes, je la trouve franchement gonflante. Au départ, elle se met à tout critiquer : « ah, la bonne femme qui a écrit Harry Potter, elle avait le chapeau qui parle, là, c’était ridicule ! ». Je me dis : « en voici une qui déteste Harry Potter » mais finalement, voilà qu’elle avoue qu’elle attend le sixième avec impatience. Bref, rien ne lui plaît, rien ne lui convient, elle parle avec une voix nasillarde avec un niveau sonore impressionnant : je suis obligée de l’entendre. En fait, c’est le genre de bonne femme qui pose des questions afin d’étaler sa science, du genre : « vous êtes allés à New York ? Moi oui ! ». J’ai donc appris que son ami vivait à Boston depuis janvier, qu’elle avait un chat, les livres qu’elle aimait ou non, la fois où elle avait passé la nuit dans un palace londonien parce que l’avion qu’elle devait prendre pour San Francisco avait une panne… Je regrette de ne pas avoir su la couleur de sa culotte. Ce qui était fascinant, c’est que, dès que ses camarades abordaient un thème qu’elle ne pouvait soutenir, elle y mettait un point définitif. Exemple : « Ah non, moi, les Fourmis, je l’ai jamais fini, il m’a gonflée, je préfère lire des livres tels que Patricia Cornwell… » Et la voilà partie sur Mme Cornwell et ciao Bernard Werber et ses fourmis ! Pendant deux heures, j’ai dû entendre ses considérations sur tout et n’importe quoi, surtout sur Amélie : « Ah, elle picole, bah elle va être bien ! Non mais y en a qui lui font la bise, je rêve ! Ah non, pas de photos, ça nous retarde ! Quoi, elle fait une pause ? Mais elle a pas le droit, ahahahah ! » Pfffffff ! En plus, c’est dommage qu’elle ait monopolisé la conversation comme ça, le monsieur au bouquet, tout calme, semblait autrement plus intéressant à écouter. Pour dire à quel point elle ne permettait pas aux autres d’en placer une : le vigile, certes mignon, passait son temps à papoter avec les demoiselles. Quand nous sommes arrivés à notre hauteur, il s’est retrouvé à côté de notre amie et est resté cois.  Dieu Merci, le vigile a eu la bonne idée de nous séparer à un moment, quel doux calme, tout à coup ! Je me retrouve avec deux sœurs (dont celle qui lisait Cosmo) qui papotent tranquillement de leur cours d’éco et de leurs amourettes, c’est autrement plus reposant surtout que là, je ne suis plus obligée d’entendre.
 
Amélie apparaît
Je me concentre sur les écrans au dessus de nos têtes qui montrent Amélie en train de signer les autographes. J’ai peur alors que le moment s’approche… Et si elle était conne ? Et si mon modèle absolu en  matière de littérature m’était antipathique ? Au fur et à mesure que je m’approche, je la vois sur l’écran, elle pose aimablement pour les photos, elle sourit, elle discute avec les gens… Je suis un peu rassurée. Comme je suis petite, je n’arrive pas à voir la fin de la queue. Tout à coup, le monsieur avec le bouquet se décale et, là, je la vois ! Elle est même pas à cinq mètres de moi, mince ! Je sors mon appareil photo et lui vole un premier cliché. Là, ça file à toute vitesse, les gens arrivent, elle signe, leur adresse deux, trois mots avec le sourire. Les deux sœurs montent sur l’estrade et, après, c’est à moi, je demande au mec qui s’occupe la vidéo de me prendre en photo avec elle, il me fait une petite blague : « ah mais non, alors ! Non, je rigole ! ». Trop drôle…
 
Je monte sur l’estrade, je lui dis bonjour en souriant (oui, je suis polie), on pose pour la photo (j’ai une photo de ma personne avec Amélie Nothomb !) puis elle me demande mon prénom. « Ah, mais bonne fête car c’est bientôt ! ». Amélie Nothomb m’a souhaité ma fête… AMELIE NOTHOMB M’A SOUHAITE MA FETE ! Je la remercie cent cinquante fois, j’en profite pour glisser deux autres livres en disant :
« Oui, j’abuse, et encore, je les ai pas tous amenés.
– Oui, c’est vrai !
– C’est parce que je viens de déménager, mes livres sont restés chez mes parents.
– Ah ? Et vous venez d’où, Nina ? (oui, elle a dit mon prénom !)
– De Toulouse.
– Et bien, Nina, merci d’être venue à moi ! »
Là, je n’ai pas pleuré mais ce n’était pas loin. Cette femme est grandiose ! Ça peut paraître anodin ces quelques mots mais quand on sait que je suis passée presque deux heures après le début de la dédicace, c’est beaucoup. L’effort qu’elle fait d’appeler les gens par leur prénom est très significatif : cette femme est attentive à ses fans et je trouve ça essentiel. Beaucoup lui ont fait un cadeau, je regrette de ne pas lui avoir écrit cette fameuse lettre, je vais l’écrire plus tard et la publier ici, peut-être lui enverrai-je ensuite.
 
C’est le bonheur
J’ai été sur un petit nuage ensuite, j’ai regardé plusieurs fois les dédicaces, trois différentes : une classique, une où elle me souhaite une bonne fête et, enfin, une avec un idéogramme japonais. En rentrant chez moi après une réunion gonflante, je me trouve à Châtelet. En fait, j’ai prétexté aller chez Arnaud pour abandonner mon chef de rubrique qui m’horripile, je n’aime pas sa façon de parler, sa façon de me regarder avec ses yeux de merlans frits, sa manie de me coller tous les sujets parce que je suis la seule pigiste à aller aux réunions… Donc je chemine sur le tapis roulant de Châtelet, tenant fermement ma poche dans laquelle sont rangés mes précieux livres dédicacés quand un homme me croise et se retourne vers moi : « que vous êtes rayonnante ! ». Je suis un peu surprise car je l’avais pas vu arriver. « Vous semblez fatiguée mais pourtant, vous êtes lumineuse, quel bonheur ! ». Il me demande la raison de cette lumière, je lui réponds que j’ai rencontré quelqu’un de merveilleux, dans la journée. Le monsieur me remercie une nouvelle fois et s’en va sans me taxer mon numéro ou autre.
 
Tu vois, Amélie, grâce à toi, grâce au bonheur que tu m’as apporté, j’ai apporté un peu de lumière à quelqu’un.
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Julien

Meetic a cela d’étrange qu’en quelques mails, on peut se planifier une nuit particulièrement chaude avec un quasi inconnu dont on connaît toutes les caractéristiques physiques, ou presque, sans même savoir son nom de famille.

Tout est mentionné sur la fiche de présentation : âge, signe astrologique, religion, tabagisme, poids, taille… Ne manque que la taille du sexe, le tour de poitrine et la position préférée. Ensuite, à nous de faire le tri dans les milliers de fiches présentes.

Pour ma part, je prends rarement les devants mais je n’en ai pas vraiment besoin : j’ai 25 ans et je vis dans une région surpeuplée, les flashs pleuvent sans que j’ai à lever le petit doigt (et je ne suis pas la seule dans ce cas).

A côté de ça, il y a les mails que l’on reçoit, parfois directs (ta fiche me plaît, je veux te rencontrer), parfois plus originaux (j’ai reçu d’un jeune homme un merveilleux exemple de « marketing direct » où le monsieur vantait ses propres mérites, très drôle et bien tourné), je ne réponds que rarement, j’avoue. Certains me jetteront la pierre en me traitant de vilaine bêcheuse mais soyez honnêtes, messieurs : combien de demoiselles ont reçu le même mail que moi ?

Enfin, il y a le chat, que je déteste, mais c’est finalement là que j’ai discuté avec la grande majorité de mes meeticboys. Le chat n’est pas une mauvaise façon de faire connaissance, en soi, mais on se retrouve vite avec une bonne dizaine de mecs qui viennent vous harceler, je trouve ça assez lourd. En plus, chez moi, il ne marche qu’une fois sur deux ! Ceci étant, le chat est très amusant car certains gars n’y vont pas avec le dos de la cuillère, j’ai eu droit à : « est-ce que tu aimes les piercings ? », « je suis photographe, tu ne voudrais pas poser pour moi » (entre parenthèse, c’est très flatteur !!) ou mon préféré : « est-ce que tu aimes la fessée ? ». Chacun sa technique mais j’aimerais bien savoir combien de réponses il a eu, celui-là !

Bref, meetic est un immense supermarché de la drague où les gens jouent plus ou moins franc jeu, ça dépend des cas. Personnellement, je ne suis pas convaincue que je puisse trouver quelqu’un de sérieux sur ce site bien que de nombreux témoignages de personnes que je connais me démontrent que ça peut arriver…

Pour ma part, je préfère ne pas trop capitaliser dessus : si ça arrive, tant mieux pour moi mais ai-je seulement envie d’une relation amoureuse stable, en ce moment ? Je ne crois pas et c’est bien pour ça que je me suis inscrite sur meetic, d’ailleurs.

Cela fait maintenant un mois que j’y suis (depuis le 23 avril, exactement) et je comptabilise 175 flashs, ce qui me semble plutôt flatteur. J’ai rencontré pour l’instant quatre personnes (aucun n’avait flashé sur moi, c’est amusant) et conclu avec deux. Mon dernier rendez-vous a eu lieu hier soir et c’est l’objet de l’article du jour.

Je vous resitue un peu le contexte actuel de ma folle vie amoureuse, histoire que vous compreniez : j’avais donc rencontré trois meeticboys jusqu’à hier soir, deux avec qui nous étions d’accord pour que ce ne soit que sexuel et un autre, lundi, où c’était purement amical. En toute honnêteté, j’ai trouvé ce garçon vraiment charmant, un sourire magnifique, mais rappelons-nous que je ne suis pas à la recherche du père de mes futurs enfants. De plus, j’ai rendez-vous ce soir avec l’un de mes meeticboys coquins.

Hier soir, j’avais donc rendez-vous avec Julien qui connaît parfaitement mes mœurs un peu débridées. Il a pris contact avec moi par mail, l’histoire peut prêter à sourire. En fait, sur meetic, vous avez en eux la photo des derniers meeticboys qui : vous ont envoyé un mail ; chatté avec vous ; visité votre page ; flashé sur vous. Donc, un soir, je me connecte, je jette un œil aux photos, rien de très remarquable et je laisse la page ouverte. C’est à cette occasion que vous allez pouvoir mesurer l’étendue de mon égocentrisme forcené. En effet, j’ai remarqué que plus je restais connectée à meetic, mieux j’étais classée dans les recherches ce qui me permet d’avoir plus de visiteurs sur ma page et, donc, plus de flashs. Mardi dernier, j’avais donc laissé ma fenêtre ouverte et, à un moment, je vois que la photo du dernier gars qui m’a envoyé un mail avait changé et que j’étais à présent en présence d’un beau gosse donc je me précipite pour lire le mail. Le jeune homme, prénommé Julien, donc, me demandait depuis quand j’étais dans la région (j’ai précisé dans mon annonce que je venais de débarquer) et je lui réponds très gentiment. Une demi-heure plus tard, je reçois un nouveau message de sa part où il me donne son adresse MSN donc je le rajoute à mes contacts et nous partons en chat.

Je ne peux pas dire que la conversation fut hautement érotique, nous avons parlé de l’amour et de nos expériences respectives, il me raconte que son ex-petite amie l’a quitté il y a peu, en prenant le chat, au passage. Dans ce genre de discussions arrive toujours la question fatidique : « que cherches-tu sur meetic ? ». Il me répond qu’il cherche une liaison sérieuse, je lui fais comprendre que ce n’est pas mon cas. C’est toujours amusant de voir à quelle vitesse les meeticboys sont corruptibles, il suffit de dire ça pour qu’ils répondent : « ah oui mais je n’ai rien contre un rendez-vous crapuleux ! ». Donc je conviens rapidement d’un rendez-vous avec le jeune homme pour le mardi suivant. De plus, nous travaillons à peu près dans le même quartier, le hasard fait bien les choses !

Dimanche soir, je recroise le monsieur sur Internet donc on rediscute un petit peu et je le sentais un peu bizarre. Il faut savoir que les webdragueurs demandent généralement un paquet de photos mais lui ne m’en a pas réclamé et ne m’a pas non plus demandé quelles étaient mes pratiques sexuelles. Intriguée, je finis par lui demander si ma vie trépidante ne le gênait pas mais il me répond que, au contraire, ça le fait « tripper » puis il me révèle qu’il a lui-même une petite amie. Je vous avoue qu’à ce moment-là, j’ai eu des doutes sur la suite de notre aventure mais il me rassure : il n’est avec elle que depuis une semaine et il est un grand garçon.

Donc hier, je me rendais confiante bien que mon amie Victoire m’ait prédit que je ne pratiquerais pas la brouette tonkinoise avec ce jeune homme le soir même.  Mais je ne l’ai pas écoutée, je n’en fais toujours qu’à ma tête.

Nous avions rendez-vous hier soir sur les marches de l’opéra, endroit où il n’y a jamais personne… Donc j’arrive et je vois un groupe assis sur les marches, je commence à paniquer : vais-je arriver à le retrouver dans cet endroit-là ? Heureusement, il mesure 1m89 donc je le repère assez facilement. Appuyé contre une colonne, les écouteurs glissés dans les oreilles, engoncé dans son costard, il attend, les yeux perdus dans le vide. De loin, je le trouve très séduisant mais je souffre de myopie et je n’avais pas mes lunettes donc je me rapproche avant de jubiler. De près, il est encore plus charmant.

On se fait la bise, ce qui m’amuse toujours : sur MSN, nous avions convenu de faire l’amour toute la nuit mais nous nous faisons la bise comme deux amis, c’est toujours un moment surréaliste, pour moi. D’ailleurs, je lui en ai parlé un peu plus tard, ça l’a fait sourire mais, en même temps, on ne va pas commencer à s’embrasser dès le premier contact, restons corrects.

Il m’emmène dans un bar amusant où le prix des consommations varient comme à la bourse, selon l’offre et la demande… On s’assoit et il m’explique le principe puis me demande gentiment ce que je veux, je grimace en lui disant : « Je ne peux pas lire le panneau lumineux, je n’ai pas mes lunettes ». Je range mon ego et sort mes lunettes et consulte le menu. Je dois ici préciser que je n’ai mes lunettes que depuis deux mois, je ne les mets que rarement, surtout au boulot, mais ma coquetterie me pousse à m’en dispenser dans la rue et en rendez-vous galant (surtout en rendez-vous galant).

Donc je m’équipe et regarde le menu puis, une fois décidée, je range mes lunettes, ce qui amuse Julien qui me dit que ça me va pourtant très bien. Comme ce rendez-vous commence bien ! Il est vraiment charmant et je le dévore des yeux, je rêve de lui arracher sa cravate. La conversation s’oriente très vite sur des sujets coquins, on parle de meetic et des rencontres qu’il est possible de faire. C’est étrange car, en temps normal, dans ce genre de rencontre, on parle de tout sauf de ça, comme si on cherchait à occulter ce qui allait se passer quelques heures après… Il paie les consommations (appréciez la galanterie) puis on part dîner.

En chemin, on discute de vie de couple car nous avons tous les deux vécus une longue histoire qui nous a marqué, il me dit que son ex lui a appris à apprécier la vie de couple et il me révèle d’une voix tremblante : « Et, en fait, là, ce soir, je le sens pas ». Je fais fi de l’entaille qu’il vient d’infliger à mon ego démesuré, je souris et je réponds : « Ce n’est pas grave, je n’exige rien de toi ». Il se sent tout de même obligé de se justifier, il pensait être capable d’avoir une histoire juste comme ça, juste pour le fun, mais il s’est menti à lui-même.

Suite à cette terrible révélation, nous nous rendons quand même au restaurant et nous discutons beaucoup de choses et d’autres, il m’envoie de nombreuses piques sur mon accent et mes expressions particulières mais le courant passe très bien. En fait, il découvre que je ne suis pas une nymphomane insensible et que j’ai plus envie de moments câlins que d’inoubliables saltos thaïlandais, ce qui l’étonne beaucoup (quelle image je dois donner de moi, sur meetic !). Nous parlons aussi de nos anciennes relations amoureuses, je lui explique que je n’aime pas qu’on me fasse des cadeaux onéreux car cela me gêne et j’apprécie plus de trouver un petit mot sur un post-it que des bijoux ou des bouquets de fleurs. Ce côté charmant de ma personne le pousse à s’exclamer : « Mais tu es parfaite ! » et je lui réponds, de ma voix la plus suave : « Oui, il n’y a que toi pour en douter » et il me répond, penaud : « Ce n’est pas de toi que je doute mais de moi ».

La conversation s’éternise, on finit par quitter le restaurant vers 0h et nous reprenons le train. Arrivés à la gare, nous parlons encore sur le quai puis nous nous séparons, après qu’il se soit excusé plusieurs fois de ne pas respecter le programme préétabli mais je l’ai rassuré : je ne lui en veux pas (qui suis-je pour lui reprocher quoi que ce soit ?) et je suis tout à fait partante pour qu’on se revoit, en toute amitié. Chacun rentre chez soi, fin de l’histoire.

J’ai beaucoup réfléchi à ce qu’il s’est passé ce matin en attendant le train (la SNCF est joueuse, elle aime annuler le train de 9h30 donc poireauter une vingtaine de minutes, ça laisse du temps pour réfléchir) et je réalise que j’ai eu beaucoup de torts dans cette histoire. D’une part, j’ai essayé de le « corrompre » et de le détourner de son but initial (trouver une copine, pas une maîtresse) et j’ai été trop directe avec lui, ce qui l’a forcément mis mal à l’aise. Selon Victoire, il a eu peur de ne pas être à la hauteur, je pense que, d’une certaine façon, elle a raison. Mais je me dis que j’ai eu tort de partir sur de l’acquis et je me rends compte à quel point meetic fausse mes relations avec les hommes puisque je n’attends d’eux qu’une partie de jambes en l’air. Pourtant, malgré la fin plutôt inattendue de la soirée, j’avoue avoir passé un excellent moment avec Julien et je devrais apprécier plus ses moments-là et voir, ensuite, si la soirée doit se poursuivre dans l’ambiance feutrée d’une chambre à coucher ou non.

J’avoue que ce garçon m’a beaucoup touchée, j’avais très envie de l’inviter à venir dormir chez moi, sans qu’il se passe rien, mais je n’ai pas osé, en fin de compte. Je l’avais mis suffisamment mal à l’aise, il était inutile d’en rajouter. Mais j’avoue que j’avais envie de ce moment tendre avec lui…

A présent, j’essaie d’analyser le pourquoi de ce sentiment ? Est-ce une réaction orgueilleuse ? Il est évident que je ne suis pas amoureuse de lui, il est bien trop tôt pour qu’un tel sentiment apparaisse mais il m’a profondément touché, je suis déstabilisée. A l’heure actuelle, je n’ai plus très envie de poursuivre mes histoires de fesses sur meetic, même si, ce soir, je passe la soirée (et, a priori, la nuit, le jeu de Victoire me l’a prédit) avec un meeticboy que j’ai déjà rencontré. Ai-je déjà fait le tour de cette aventure-là ? Je ne sais pas encore. Quoiqu’il en soit, je me suis permise d’envoyer un mail à Julien pour le rassurer sur ses doutes d’hier et lui préciser que j’étais fautive, dans cette histoire.

A suivre…

 

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