Quand la vie t’emmerde, souris-lui

Ces derniers jours, j’ai été globalement d’une humeur massacrante, une envie furieuse d’aller démolir le bureau des scénaristes de ma vie en leur hurlant de me foutre la paix un peu. L’humeur mauvaise envahit tout, vous donne envie de tout plaquer mais… C’est pas la solution.

Lundi soir, je chemine vers le métro en me disant que bon, tout ça pue le vomi de Kenya quand je croise une dame qui galère pour faire grimper la poussette de son (petit?)fils sur le trottoir. Sans réfléchir, je propose mon aide, la poussette franchit l’obstacle et elle me gratifie d’un sourire avant que l’on reprenne chacune nos routes. Anecdote que nous oublierons chacune d’ici peu mais en rejoignant le métro, je me dis que, oui, c’est l’attitude à adopter.

Ce week-end, alors que je ruminais, je me demandais ce que je pouvais mal faire pour que la poisse me tombe toujours dessus. Autant y a des fois où je l’ai bien cherché (genre, au hasard, danser sur un bar), autant les dernières baffes, je les comprends pas. Suis-je trop gentille DONC trop bonne poire ? Dois-je oublier mes bonnes manières pour devenir une pétasse égoïste qui ne se soucie pas des œufs qu’elle casse chez les autres. Ça doit être reposant comme mentalité… Pas la mienne mais tout s’apprend. Après tout, j’ai une bonne intelligence émotionnelle, je comprends comment fonctionne les gens, pourquoi ne pas user de ce talent pour faire des coups de pute me servant à atteindre un but ? Comme ça au moins, les baffes seront méritées.

Sauf que j’ai beau dire, ce n’est pas moi. La vie a beau me démontrer par A+B que tout ne se paie pas toujours, j’ai pas envie d’être dégueulasse. Sans parler du fait que ça doit être fatigant d’être dans le calcul en permanence. Le sourire de cette dame hier a rentabilisé une journée plate et morne, même si c’est un rien minuscule, même si quelqu’un aurait sans doute fini par aider la dame. C’est là qu’est le vrai. Dans le réflexe de filer un coup de main sans attendre un quelconque retour.

Ouais, c’est plus reposant de voir les choses comme ça.

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Peut-on sortir avec un mec reac quand on ne l’est pas ?

Il est parfois des histoires que l’on pense bien parties mais qui, finalement, ne suivent pas les bons rails. Cas concret : Kamel. Rencontré au cours d’une soirée, on se plait, on est physiquement compatibles, les voyants sont au vert. La semaine suivante, on d’échange pas mal de mails, il écrit bien (et sans fautes), le courant passe. Mais la semaine suivante, alors que l’on dej et que l’on batifole au parc, ça commence à légèrement se compliquer. A coté de nous, des jeunes de 15-16 ans boivent de la vodka (oui, au déjeuner, je sais) et il commence à fortement s’indigner comme quoi les jeunes ne respectent plus rien, y a plus d’autorité, c’est du n’importe quoi, etc. Ouiiiiii ? Je réponds gentiment qu’à notre époque c’était pareil et je pense très fortement qu’un mec qui me tripote la fesse en public n’est pas le mieux placé pour disserter sur la bienséance.
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Rendez-vous suivant, il me sort qu’il y a quand même 18 Noirs en équipe de France et se sent obligé de préciser que Billy Idol est gay mais que sa musique est marrante. Heu… Oui ? Outre le fait que je n’ai rien à dire sur la question (je me fous de la sexualité d’Idol et je ne connais pas les joueurs de foot français donc je suis incapable de dire si les joueurs sélectionnés, quelle que soit leur couleur, sont les meilleurs ou non), je tique un peu. Allez Kamel, rassure-moi, t’es pas raciste et homophobe quand même ?

 

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Du coup, mon enthousiasme est quelque peu douché. Non que j’envisageais d’assurer sa descendance ou autre mais je le trouve beaucoup moins magique que la première fois, malgré ses très bonnes
manières et les dizaines de compliments qu’il me fait sur ma beauté et mon intellect. Oui, il a aussi des qualités.

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La question est en fait de savoir jusqu’à quel point ça peut être bloquant. J’ai répondu poliment à chaque fois sans rentrer dans son discours mais je me connais, si c’est trop récurrent, je vais finir par exploser. « oui il est gay et alors ? On s’en fout, il fait ce qu’il veut, c’est pas illégal que je sache! » Je sais que ça peut se finir comme ça parce que, d’une part, je me connais mais surtout ça fait une éternité que je vis ça avec la mère et que je suis souvent obligée de me la fermer pour éviter les prises de bec. Heureusement, là, c’est l’été, on ne mange plus devant les infos.  A noter que ma mère n’est pas homophobe (juste condescendante à leur égard), à la place, elle est grévophobe alors même que les grèves, je les subis bien plus qu’elle. Même si ça me donne une bonne excuse pour aller dormir chez Amant chouchou qui vit sur Paris même. Mais la différence majeure, c’est que ce que je tolère de la mère (parce que j’en ai qu’une et que je
l’aime quand même), je ne pense pas être en mesure de le supporter longtemps chez un homme. Même si je suis tout à fait capable de comprendre les origines de son discours. Même si ça me fait quand même pas mal marrer de penser que le garçon qui s’entendrait à la perfection avec ma mère qui est bien raciste s’appelle Kamel et est d’origine tunisienne. Même si c’est vrai que physiquement, bizarrement, on dirait plutôt un Asiatique mais bon… C’est pas la question ! Du coup, il va falloir apprendre à éviter tous les sujets fâcheux pour ne pas gâcher nos moments intimes. Ou alors je ne le supporterai plus et je mettrai fin à notre liaison.

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Mais quelque part, ça m’embête un peu. Deux personnes ayant des positions opposées n’ont-elles donc aucun terrain d’entente ? Avec Kamel, on se retrouve sur le sexe (évidemment), les petits plaisirs de la vie et l’orthographe, il est aussi chiant que moi sur le sujet. Mais après ? Cette liaison n’a pas, des le départ, vocation a être pérenne pour des raisons que je ne donnerai pas ici. Du coup, je me dis que je peux en faire une expérience pour répondre à la lancinante question : peut-on sortir avec quelqu’un qui a des opinions contraires aux nôtres ? La, de suite, j’ai
envie de répondre non. Je peux m’habituer à des tas de manies, accepter certains modes de vie, faire des compromis mais ça, non, je ne peux pas. Parce qu’en ne voulant pas entrer en conflit avec Kamel, j’ai limite approuvé ses propos par le bon qui ne dit mot consent. Même si je lui ai fait comprendre que la couleur des joueurs de foot ou l’homosexualité de Billy Idol n’était pas pour moi source de débat, je ne vais pas non plus rester calme ad eternam. Preuve par A+B qu’on n’est pas faits pour aller avec n’importe qui. Et puis si à tout hasard, j’avais envie une subite envie
de me reproduire avec Kamel, j’ai pas forcément envie que mes enfants tiquent sur une couleur de peau ou une orientation sexuelle.

 

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Je laisserai le mot de la fin à Anne qui me connaît depuis toujours quand j’ai évoqué le cas Kamel : »ahahah mais je te vois pas du tout avec un mec comme ça ! ». La messe est dite.

PS : Ceci étant dit, mes enfants auront le droit de ne pas aimer Magloire et McDoom. Parce qu’avec eux, le problème n’est pas leur couleur ou leur orientation sexuelle (d’ailleurs, je ne sais pas s’il est gay ou pas McDoom), juste qu’ils sont naturellement gonflants.

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Le jour où j’ai élucidé le mystère de la première nuit

Par Marine

La saga de l'été des vingtenairs

Au début d’une histoire, c’est une affaire toujours assez épineuse de savoir si on doit coucher le premier soir ou pas, notamment pour garder un homme. Nina avait d’ailleurs proposé une analyse sur le sujet, je sais plus quand, mais elle sera chou de mettre un lien. [note de Nina : je suis chou!] En l’occurrence, pour moi, la question ne se posait pas vraiment de vouloir garder Benoît, puisque, comme vous n’avez absolument pas pu suivre à travers mon méandre de paroles, la semaine dernière, Benoît était un CDD. Mais par orgueil, je voulais pas être un plan cul au milieu de milliers d’autres. Au-delà de ça, que faire? Coucher le premier soir ou pas?

Autant lever tout de suite le malentendu : la fille qui ne couche pas le premier soir ne craint absolument pas de passer pour une salope. C’est juste qu’elle n’est pas épilée et que, vivante, on ne la déshabillera pas. On en revient toujours à une question de dignité, ceci dit. Car si coucher le premier soir ne fait pas de la fille une salope, coucher alors qu’elle n’est pas correctement épilée fait de la fille une salopiote. Eh vazy, jsuis pas une salopiote, moi. Au moins c’est dit. Le premier soir où j’ai eu Benoît dans mon lit, j’étais pas épilée. Et ça, encore c’était que la partie émergée de l’iceberg. Parce que si je récapitule, ça donnerait quelque chose comme :

– des poils partout (2 semaines sans que mon frêle petit corps ait approché le moindre rasoir/pot de cire) et les vêtements afférents : un t-shirt snoopy gris à manches longues avec des coeurs blancs partout et un superbe pantalon de pyjama à rayures 100% coton, et maintenant je SAIS que je veux rester à tout jamais anonyme pour les lecteurs de ce blog

– mes règles, les vêtements afférents, ie : une culotte pocket de Dim déchirée délavée détendue sur laquelle on devine grâcieusement collées les ailettes de la serviette always ultra sans bavure. -que la nana qui n’a jamais eu de culotte de règles me jette le premier tampax, je suis sûre qu’on se comprend toutes, là. Nan puis quand-même, mes règles, quoi.

– 40°C de fièvre, les vêtements afférents, en l’occurrence une énorme couette en plume enroulée autour de moi, même pas en rêve on me l’enlève, je suis congelée.

– un Nico qui dort à 1,30 m à côté, les vêtements afférents à savoir « PUTAIN MAIS BENOIT, BAS LES PATTES TU TE CROIS OU BORDEL!!!! » (et j’ai bataillé dur sur ce coup là, Nico, tu n’imagines pas). Y en a que ça gêne pas, voire que ça fait fantasmer. Moi pas. C’est pas dans l’éducation que ma mère m’a donnée. Enfin… c’est-à-dire que maman ne m’a pas dit « Marine chérie, évite de baiser en
présence d’amis à toi, s’il te plait, tu seras une bonne fille », mais, dans la mesure où elle ne voulait pas me voir montrer mon nombril, j’en déduis que l’éventualité que mon nombril soit visible avec ni pantalon, ni t-shirt trop court, mais en option un homme sur moi, cette éventualité était exclue.

Alors voilà, le problème du « premier-soir-quoi-qu’on-fait » était réglé, bien malgré moi. Rageant. 18 mois. Pour rien. J’ai dû être une roulure dans une autre vie et on me fait payer ma débauche antérieure.

Mais si le problème du premier soir est réglé, la question reste quand-même entière : est-ce qu’il voudra de moi après consommation??? Quelques jours plus tard, alors que j’étais revenue à Paris-je-t’aime, Benoît vient m’y rendre une petite visite. Evidemment, ça s’est pas tout à fait passé comme prévu. Mais ça s’est passé. Un vendredi soir. Ensuite, Benoît, je devais le voir dans le
week-end, et il a fait preuve d’un silence radio plus qu’assourdissant. Je voudrais pas avoir l’air d’insister mais… je perds de mon intérêt ou quoi??? C’est pas que je me vexe, mais bon… merde, c’est un CDD, et en plus il me plante après m’avoir sautée (pardonnez, je suis vulgaire).

Je finis par l’avoir au téléphone. Le dimanche soir.
« Dis-donc, je te demande rien, non plus, mais tu pourrais avoir la décence de me prévenir, si tu comptes absolument pas me revoir. Je veux dire c’est pas une question de sentiments, juste de bonnes manières », je fais, me drapant dans ma dignité offensée mais néanmoins suprême
« Ouais je suis désolé, j’ai pas eu le temps », il bafouille
« Mouais, un texto, ça prend pas 30 ans, non plus, aux dernières nouvelles », j’insinue, hargneusement
« Mais c’est parce que j’ai réglé quelques histoires pourries d’avant. Je voulais faire le ménage, ce ménage je l’ai fait pour toi, tu sais », il déclame (en fait non trop pas, mais je savais pas comment le dire pour faire style)
« Ouais. Super. Moi je t’ai rien demandé. Je voulais juste te voir ce week-end, c’est tout », je réponds, en me disant que ben merde faut bien que je réponde un truc après tout je suis dans le rôle de la meuf énervée
« Putain mais on dirait que tu t’en fous!! », il proteste
« Mais attends, t’as dit que t’appelais, tu le fais pas t’abuses aussi! », je bougonne

Moi, une chieuse? Peut-être, mais pas salope et encore moins salopiote. Pour le reste,

To be continued…

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