Le cinquième élément, la dystopie… verticale

Une des premières dystopies à laquelle j’ai eu l’occasion de me frotter est sans nul doute le cinquièmélément. Oui, le film de Luc Besson, oui. Avec ville gigantesque et voitures qui volent, un peu comme Altered Carbon. Mais la comparaison s’arrête là car si Altered Carbon détaille la société dans laquelle évolue Tak, pour le cinquième élément, on sait assez peu de choses quant aux rouages de cette société futuriste. Une société verticale, comme les immeubles… et l’organisation sociale, finalement.

Le cinquième élément - affiche

On pourrait contester la classification du cinquième élément au rayon dystopie, on est plus dans un film de science fiction/fantasy/space opera. On est assez proche d’un Star Wars avec une foule d’extraterrestres et une bonne partie de l’histoire dans l’espace. D’ailleurs, la partie où ils sont dans le vaisseau après avoir quitté Fhloston Paradise n’est pas sans évoquer le Falcon Millenium. Alors du coup, Star Wars serait aussi une dystopie ? Après tout, il y a tout un univers politique tissé… Oui sauf que Star Wars se passe dans une galaxie lointaine… il y a très longtemps. Donc non, ce n’est pas une dystopie. Le cinquième élément lui, se passe dans le futur dans ce qui est une version évoluée de notre société donc là, on y est sur la partie prospective. Mais est-ce que cette société est si mauvaise que ça ? Le monde proposé ne nous offre guère de détails donc je suis dans l’interprétation mais je vais considérer que oui.

New York dans le cinquième élément

Point un : les inégalités sociales. Bruce Willis est du côté pauvre de la barrière, cf la taille minuscule de son appart vs celui du prêtre par exemple. Son emploi est menacé, son immeuble visiblement mal famé (cf le caméo pété de Kassovitz). Vous allez me dire qu’on est déjà pas mal dans une société inégalitaire, ce qui est vrai mais il semble que dans le futur, l’ascenseur social, il est définitivement oublié. La société est d’ailleurs parfaitement hiérarchisée : les plus riches en haut, les plus pauvres en bas, au milieu des ordures. Vertical.  En parallèle, on a également une sensation d’opulence d’une certaine catégorie de population, notamment avec Fhloston Paradise, population aisée qui a bon goût en appréciant un bon petit opéra. Pierre Bourdieu likes this.

La diva dans le cinquième élément

Mais finalement… C’est quoi cette société décrite dans le cinquième élément ? “Normalement” (ok, ça se discute), une dystopie pose une réelle évolution de la société basée sur un changement de donnes, en gros. Dans 1984 ou Fahrenheit 451, il y a la maîtrise du savoir par le pouvoir qui enferme les citoyens. Dans Ravage, Albator ou Le meilleur des mondes, on peut se poser la question de l’asservissement de la population, ramollie par la technologie et/ou le divertissement. Altered Carbon nous interroge sur la question de l’immortalité. The handmaid’s tale part du principe que la dégradation environnementale va avoir des conséquences et imagine que les femmes en seront les premières victimes.  Si je devais résumer les dystopies en une phrase, on pourrait dire “et si… ?”, version scénario noir. Or dans le cinquième élément… Ben en fait, l’histoire pourrait absolument se passer aujourd’hui sans que ça change quoi que ce soit à l’histoire. Les voitures peuvent être au sol, Fhloston Paradise pourrait être un hôtel random aux Maldives ou en Polynésie… Reste les vaisseau spatiaux, certes, mais vu qu’ils ont débarqué en 1914 en début de film, ils auraient pu aussi débarquer en 97 (année de sortie du film). Reste la constitution de Leeloo… mais qui n’a pas grand sens au fond…

Polynésie

Du coup, si le cinquième élément décrit une société inégalitaire que Leeloo semble peu motivée à sauver (même si c’est manifestement les bombes atomiques balancées sur le Japon qui la choquent donc on reste sur ma remarque : ça aurait pu carrément se passer en 97), j’ai du mal à isoler de réels éléments dystopiques. On peut même y voir quelques étincelles d’espoir avec un Président Noir (en 97, c’était never seen before, comme on dit dans mon métier où on se la pète), la conquête spatiale… Bref, autant j’ai un souvenir plaisant du cinquième élément (et je refuse de le revoir), notamment sur son imagerie futuriste, autant… ben pour moi, la seule raison pour laquelle ça se passe dans le futur, c’est que Besson voulait se faire plaisir. Alors pourquoi pas mais pourquoi ? Normalement, placer un histoire dans le futur doit apporter quelque chose : une technologie qui n’existe pas encore et qui va avoir une incidence importante sur l’intrigue, une évolution de la société que l’on veut dénoncer… même avec humour, genre Idiocracy. C’est rigolo mais il reste un message. Là, c’est juste un décor.

La ville futuriste du cinquième élément

Du coup, est-ce qu’on peut à ce point se faire plaisir sans réellement chercher à faire passer un message ? Peut-on imaginer une histoire dans le futur juste parce qu’on a trop kiffé Retour vers le futur 2 sans chercher à donner une dimension politique quelconque ? Dans l’absolu oui… mais ça me gêne un peu. Même si ça reste un film qui m’a marquée à l’époque et qui m’a follement inspiré Technopolis, on ne va pas se mentir.

Affiche du film le cinquième élément

C’est marrant, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de détails sur les immeubles sur l’affiche que dans le film

Ca mériterait un article à part, non ?

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Le fanorat est médiocre

En lisant l’autre jour un article sur Lana Del Rey, j’ai découvert une étrange expression “la médiocrité du fanorat”. En gros, les fans ont grosso modo des goûts de merde. La preuve, ils écoutent Justin Bieber en masse et maintenant Lana Del Rey. Et là, j’ai réalisé tout le snobisme du concept, snobisme dans lequel je me suis souvent vautrée.

Je l’avoue sans honte, je suis merdophage. J’écoute de la musique commerciale (Lady Gaga, Britney Spears ancienne époque parce que j’aime pas la nouvelle qui abuse de cette voix électronique qui me pète les oreilles, Rihanna, Katy Perry… Mais pas les Black eyed peas, faut pas déconner), je regarde des séries pourries de type Hélène et les garçons et leurs déclinaisons (du moins quand j’en ai le temps donc en ce moment, non). Par contre, je suis d’un snobisme épouvantable en terme de cinéma (bouh les blockbusters) et surtout de littérature. Souvenons-nous ensemble comme j’ai souffert en lisant du Guillaume Musso. A chaque fois que je passe dans une librairie, je pleure en découvrant en tête de gondole les Musso et Lévy, best sellers absolus ou encore les Dan Brown qui réécrit perpétuellement le même roman en changeant le prénom féminin et la ville où se passe l’action.

Et pourquoi donc ? Qui suis-je pour décréter ce qui est bien ou mal en terme de littérature ? Si on reprend l’univers musical, je sais faire la distinction entre de la musique de haut niveau (si j’ose dire) et une production commerciale calibrée pour cartonner sur les radios et dans les discothèques. Mais j’aime la musique commerciale pour travailler en paix dans l’open space, taper mes content plans sans interventions extérieures. De la même façon, peut-on vraiment condamner des gens qui préfèrent s’avaler un Lévy sur la plage plutôt qu’un Tolstoï ou se vider la tête devant Transformer plutôt que devant un film d’art et essai ousbek ? Et d’abord, qui a décrété ce qui était digne d’intérêt et bon à jeter ?

On en revient au bon vieux Bourdieu et son étude du bon goût. Pour rappel, selon Bourdieu, le bon goût est défini selon les goûts bourgeois. Et oui, on a du mal à imaginer un conducteur de voiture tuné écouter du Mozart sur ses enceintes surround machin tout ça (je suis nulle en enceintes) ou en train de lire La Propédeutique philosophique d’Hegel. Et pourtant, pourquoi pas ? Je veux dire en tant que femme, je me plains parfois d’entendre que le maquillage et la coquetterie semblent être des antonymes de culture et d’intelligence. Mais voilà, souvent culture populaire = culture facile d’accès = de la merde.

Et pourtant, si je retourne le raisonnement, je me dis qu’il y a du génie dans cette sous culture. On peut cracher tant que l’on veut sur les Lady Gaga, Lana del Rey, Marc Lévy et co, ils ont quand même compris ce qui marchait et comment faire du business. Ils ne sont pas si nombreux que ça. On peut se gausser sur la facilité de leur art, pour se permettre de la ramener, faudrait déjà arriver à en faire autant. Oui, je n’aime pas le style d’écriture des Lévy et Musso mais puisque c’est si facile, pourquoi ne pas en faire autant, hein ? Je n’ai pas le goût des bluettes, j’ai essayé d’en écrire sans le moindre succès, ça m’ennuie. Mais si j’y parvenais et que je les envoyais à une maison d’édition, serais-je pour autant publiée ? Connaîtrais-je le succès ? C’est un peu comme la cuisine, c’est pas parce que tu suis la recette que c’est forcément génial à l’arrivée.

Bref, existe-t-il réellement un fanorat médiocre ou des artistes qui donnent ce que l’on souhaite, un art facile à consommer pour les jours où on n’a pas envie de faire des efforts ? Que le gastronome qui n’a jamais croqué un Big mac me jette la première pierre.

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Kill the petassista

Par Pink Lady

Pendant deux ans, j’ai essayé, j’ai feint, j’ai échoué. J’ai joué à la wannabe pétassista, la fille un peu nulle en trucs de fille mais qui essaie de bien faire. Aujourd’hui, je dois vous faire une confession, une révélation qui justifie désormais plus ma présence ici que sur mon propre blog :

JE HAIS LES PETASSISTAS.

Aaaaaaaaah, ça fait du bien.

En fait, j’ai toujours peur d’imaginer que ces créatures existent, je préfère penser qu’il ne s’agit que d’une légende urbaine genre le dahu ou les harpies, ça correspond mieux. Je veux dire, une femme ne peut pas être aussi niaise et moutonnière que ce que nous présente les magazines. Une femme a de la jugeotte, un libre-arbitre, des goûts personnels.

Et pourtant, parfois, je doute. Je doute très sérieusement. Quand je vois des femmes suivre la mode à la lettre, vidant leur placard à chaque saison pour le garnir de nouvelles frusques “à la mode” en dépit du bon sens et surtout du bon goût, je frémis. Quand je vois toutes ces nénettes qui se baladent avec d’énormes lunettes “de geek” sur le pif parce que c’est fashion alors que ça ne va concrètement à personne (enfin, si, je connais une personne à qui ça va, une seule), qui mélangent, formes, imprimés, couleur parce que c’est la mode, je me pose de sacrés questions. Parce que concrètement, si on suit la mode, on devrait ressembler à ça :

Et, or soirée costumée (et encore…), ce n’est pas tolérable.

Et puis ces filles-là, elles ont des problèmes de niaises. Du genre “mon Jules s’endort après le sexe”, “que manger le midi pour ne pas grossir”, “comment suivre la mode quand on ne fait pas 1m80 et qu’on est extrêmement mince ?”, “quel produit pour lutter contre les rides/les bourrelets/une peau blanche ou bronzée selon la mode du moment/les bouclettes ou les cheveux lisses selon la mode du moment…”. Oui ces filles sont en plus incroyablement plastiques, elles luttent contre ce que la nature leur a donné car la mode ne valide pas. Ce qui fait en général beaucoup de mal aux cheveux par exemple, lissé à l’extrême puis bouclé, blondi, bruni ou roussi. Et je vous parle de nos corps. Le corps est une entité démoniaque, il faut le savoir, doté d’un pouvoir étrange : il grossit en toutes circonstances. La femme passe donc le plus clair de son temps dans une lutte acharnée contre ses bourrelets qui se pointent à la moindre occasion, les salauds !

La pétassista existe-t-elle ? Cette femme plutôt grande et très mince malgré sa tendance à grossir, éternellement jeune, blanche aux cheveux longs et aux problèmes existentiels particulièrement dramatiques ? Alors plutôt que d’en parler sur un mode “je tente de devenir pareil”, opération vouée à l’échec depuis le départ au fond, j’ai décidé de la traquer, de m’en moquer. Avec une férocité mâtinée de tendresse (lire des magazines féminins rend les expressions prétentieuses). Ainsi nous parlerons prochainement du très douloureux problème de la pétassista et de son Jules : pourquoi il s’endort toujours après le sexe.

Je sais qu’un drame en 5 actes ne suffira pas à répondre à cette douloureuse question.

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Les rivales

C’est un matin du mois de mai que vous avez croisé le regard de braise du beau Jerome qui vous a crucifié d’un sourire des plus séducteurs. Oh mon Dieu, je le veux ! Vous êtes sous le charme et vous êtes bien décidée à le conquérir. Sauf que, pas de chance, Jerome et vous ne vivez pas sur une ile déserte et autour de vous il y a d’autres femmes… Les rivales.

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Autant je ne suis pas jalouse une fois en couple, autant quand j’ai un mec dans le viseur, je peux démolir toute greluche qui oserait s’en approcher. Aaaaaah, elle lui a effleurée le bras ! Aaaaaah, elle glousse en se caressant la gorge ! Mais quelle sale pétasse, c’est MA proie. De fait, je suis parfois (souvent?) victime de paranoïa. Peut-etre une sorte de prétention qui me pousse à penser que j’ai tellement bon goût que tout le monde a les mêmes que moi. En même temps, depuis que j’ai des lunettes à ma vue, mon moi bien voyant est drôlement
fier des choix de mon moi myope. Enfin bref, Jerome le bellâtre, je le veux comme 100% des filles célibataires (et des mecs aussi). Et ça me gonfle.

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Je me souviens, quand j’ai eu mon crush pour l’Ex, avant qu’on ne sorte ensemble, il y avait une fille qui lui parlait tout le temps, nous empêchant d’être seuls pour que je puisse user de mon rire de gorge tout en me tortillant les cheveux. Non mais sérieux, comment envoyer mes signaux « moi vouloir toi » si une autre femelle me parasite hein ? De 1, il pourrait penser que toutes les femmes sont comme ça et ne pas comprendre le message sous tendu et de 2, comment lui prouver que je suis la fille qu’il lui faut si je peux pas lui causer peinard ? Les rapprochements en groupe, ça complique vraiment la donne.

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Le problème, c’est que certaines rivales n’en sont pas. Dans le cas de l’Ex, l’autre fille n’était pas attirée par lui et d’ailleurs aujourd’hui, ils ne se parlent plus. De mon côté, c’est devenu une bonne amie. Parce que les rivales en temps de crush, une fois que je suis parvenue à mes fins (quand j’y parviens), je ne ressens plus une once de jalousie vu que je fais confiance. C’est juste que pendant la parade nuptiale, j’aime avoir ma marge de manœuvre.

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Et arrêeeeeeete de lui toucher le bras ou je te pète une dent !

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Le grand public a-t-il forcément mauvais goût ?

Il y a quelques temps est sorti le film Astérix et les jeux olympiques que je n’ai pas vu. Les critiques ont massacré ce film et globalement le public aussi même s’il fut très nombreux à se rendre dans les salles. Alors, là, je me suis demandé : est-il si courant que critiques et grand publics soient opposés que les uns et les autres ne s’écoutent plus. A moins qu’ils n’aient pas les mêmes buts quand ils vont au cinéma.

Qu’est-ce que le cinéma ? Ca dépend. Ca peut être un art avec des films très torturés, compliqués, soignés. Par exemple, j’ai regardé Le mépris avec Gabriel l’autre jour, film que je voulais voir depuis que j’avais lu le roman de Moravia, mon romancier préféré. Sur le coup, on est un peu surpris, on apprécie les prises de vues, le jeu de perspective… Mais c’est surtout le lendemain qu’on s’est dit que, ouais, il est quand même fort ce film. Un peu comme Mulholland Drive : on sort de là circonspect puis après réflexion, on se dit qu’on a passé un bon moment de cinéma.

Mais le cinéma est aussi un divertissement. Le cinéma pop corn comme on dit. On laisse le cerveau à l’entrée de la salle et on se laisse aller pendant deux heures, en espérant qu’on rigolera ou qu’on frissonnera, selon le genre. Aussi vite vu, aussi vite digéré. C’est un peu comme la BD, finalement, c’est un art avec du bon et du moins bon, du très soigné ou des traits simples…Dans le cas d’Astérix ou encore Bienvenu chez les ch’tis (que j’ai pas vu non plus mais après avoir lu tous les commentaires sur le sujet, j’ai plus envie de le voir, surtout que je connais la fin), c’est vrai qu’on va pas s’extasier sur l’image ou le scénario.Mais devinez quoi : c’est pas fait pour. Alors évidemment, quand on est critique de cinéma et qu’on est payé pour avoir une haute opinion du 7e art, on a du mal à s’extasier sur ce genre de films. Mais je trouve souvent qu’on oublie le but du film : divertir. Si je suis allée voir « Il était une fois » au cinéma, ce n’était pas pour réfléchir ou pour en prendre plein la vue, c’était juste pour passer un bon moment. D’ailleurs, il est pas mal du tout ce film, surtout pour les jeunes filles de notre âge, nourries aux dessins animés Disney à la Cendrillon ou la Belle au bois dormant.

Alors du coup, peut-on forcément conclure que le grand public a mauvais goût. Selon Bourdieu pour qui le bon goût est défini selon des critères bourgeois, oui, bien sûr. Mais soyons nuancés. Evidemment que des films grands publics ne réunissent pas les ingrédients d’un grand film, au sens artistique du terme. Mais peut-on réellement reprocher aux gens de payer 9 euros pour voir un film qui va les divertir durant deux heures ? Evidemment, on peut trouver déprimant le succès d’un navet intégral comme Astérix tout comme on peut regretter le succès de Cauet à la télé. Moi, ça, ça me navre vraiment. Mais d’un autre côté, moi aussi je regarde des merdes télévisuelles, je regarde des séries qui me font rire à leurs dépens, des émissions de télé réalité où on peut se moquer des candidats (Next ou l’ile de la tentation mais pas la star ac, faut pas exagérer non plus). Et puis y a parfois des documentaires qui sortent de l’ordinaire comme l’odyssée de la vie qui m’avait réellement scotchée.

Bref, pourquoi à tout prix brocarder le cinéma populaire ? D’autant que les films salement rabaissés aujourd’hui seront peut-être les films cultes de demain, un peu comme les Valseuses. Bon, après, y a des films qui sont universellement nuls, genre « on se calme et on boit frais à St Tropez ». Non mais déjà, qui a pu trouver un tel titre ? Rien que ça, ça donne pas envie de le voir. Mais finalement, même s’il est à peu près sûr que cet Astérix là ne restera pas dans les annales, y a quand même des gens qui l’ont apprécié. Si, si, j’ai vu des avis positifs ! Alors peut-on reprocher à ces gens là d’avoir un humour de merde et qu’ils devraient avoir honte d’avoir filé de l’argent à une daube pareille ? Et bien, si eux ont passé un bon moment, n’est-ce pas tout ce qui compte. Et puis être bon public, c’est une qualité, c’est agréable de pouvoir rire de tout, aussi.

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Halte au terrorisme intellectuel

L’autre jour, en lisant mes blogs préférés, une discussion en comm m’interpelle. Dans sa planche, notre ami blogueur explique qu’il n’aime ni Céline ni Vian et en comm, ça ne rate pas : « mais comment tu peux dire ça ? ». Et oui, les goûts personnels n’ont pas leur place en culture, apparemment.
 

Bon, tu me connais lecteur, je ne supporte pas l’inculture. Ne pas savoir qui a écrit Le Rouge et le Noir, les Misérable, le Horla, les Yeux d’Elsa ou Voyage au bout de la nuit, ça me dépasse. Surtout que bon, suffit d’écouter ses cours de français pour le savoir. Alors quand je regarde des trucs du genre Qui veut gagner des millions ? (enfin, je regarde plus justement) et que le candidat sait pas répondre à des questions de ce genre, ça me fait frémir. Mais ce n’est pas parce que j’estime qu’il faut connaître ses classiques qu’on doit les apprécier. Honnêtement, jamais réussi à lire Le rouge et le noir ou Madame de Bovary (malgré plusieurs tentatives), j’ai sauté des paragraphes entiers des Misérables… Bref, je connais les auteurs de ces romans, je sais qu’ils existent, j’ai essayé de les lire mais je ne les ai pas appréciés. Même quand j’étais en histoire et que ces romans « sociaux » m’auraient été utiles pour illustrer mes dissertations. Et alors, je devrais m’en excuser ?

En maîtrise d’histoire, j’ai eu un cours sur « l’histoire du genre et de la sexualité » (avec une prof topissime) et, à un moment, la prof nous parle de Bourdieu. Alors, moi, Bourdieu, c’est un peu le sociologue qui me fait marrer : « il faut rendre la sociologie accessible à la plèbe mais je vais pas vulgariser ma prose, faut pas déconner non plus ». J’ai fait un exposé sur Bourdieu, plus tard, je vous jure que je devais lire chaque phrase plusieurs fois pour la comprendre. Dommage car Bourdieu, des fois, il a des observations très intéressantes. Notamment sur le bon goût et hop, je récupère le fil de mon article. Selon M. Bourdieu, donc, ce sont les valeurs bourgeoises qui définissent ce qui est de bon goût et ce qui ne l’est pas. En somme : il est de bon ton quand on a un certain statut social d’avoir lu ses classiques. Et il est bien vu de les avoir appréciés. Je me souviens, petite, ma grand-mère paternelle, pour qui le mot pédante a dû être inventé, m’expliquait toute fière : « tu vois, Nina, moi, j’ai des Proust dans ma bibliothèque, mais moi, au moins, je les ai lus, c’est pas comme beaucoup de gens ! ». Moi, je savais pas qui c’était Proust mais depuis, dès qu’on me parle de Proust, les premières choses qui me viennent à la tête, c’est « auteur chiant que personne ne lit mais tout le monde fait semblant ». Et après la chanson de Dave (« Et si on allait un tour du côté de chez Swan, lalalala ». Maudissez-moi, vous allez l’avoir dans la tête, maintenant) mais ça, je devrais pas le dire. Même les madeleines, ça arrive après.

Alors, là, je prête fantastiquement le bâton pour me faire battre alors rien que pour vous emmerder, je désamorce de suite pour pas que vous puissiez le dire en comm. Alors : « Non mais toi, Nina, si méprisante envers les incultes, tu te foutrais pas un peu de notre gueule ? ». Pif paf, dans ma gueule, toute seule. Oui, c’est vrai, c’est curieux de réclamer le droit de ne pas aimer les classiques, de les trouver mauvais alors que je n’accepte pas que les gens ne connaissent pas les noms de ces auteurs. Sauf que je les ai lus, ou du moins, j’ai commencé, je ne les ai pas rejetés à priori en hurlant à la chiantise. Mais d’un autre côté, s’il me paraît normal d’avoir de la culture générale (il me semble quand même pas incroyable de savoir que Notre Dame de Paris est un livre de Victor Hugo avant d’être un film, un dessin animé ou une comédie musicale), je pense qu’il faut avoir l’honnêteté d’affirmer ses goûts plutôt que de suivre la foule et surtout la bienséance. Dire que Flaubert, c’est chiant, ça se fait pas. Alors que lui, je trouve vraiment qu’il a la palme. Et là, je parle de littérature mais on peut faire pareil pour le cinéma ou la musique. J’ai une culture cinématographique « impressionnante » sur papier, genre je connais le nom des grands films, des grands acteurs, l’histoire du cinéma en gros mais je n’ai vu aucun classique ou presque. Au moins, je connais le nom mais qu’on m’insulte pas si dans ma DVDthèque, je les ai pas (alors que c’est vrai que j’ai Cube). Je n’ai pas tellement le goût des vieux films, pour le moment. Mais même sans parler des classiques, il y a des films qu’il est bon ton d’aimer et d’autres qu’on regarde en cachette. Faites un test autour de vous, parlez cinéma. Et bien, tout le monde vous dira avoir vu et adoré des films classiques genre La Dolce Vità ou le Mépris ou ce que vous voulez et personne, oh non, n’est allé voir Brice de Nice ou les tribulations cinématographiques de Michaël Youn. C’est comme à la télé, personne ne regarde Julien Courbet mais il pète les scores d’audience. Franchement, des films de merde, j’en ai vu un beau paquet et je m’en cache pas. Oui, Scary Movie, c’est lourd et prévisible mais moi, ça me repose le cerveau et je l’ai vu ! Et même que j’ai rigolé. Et même que je suis pas la seule parce que y a toujours quelqu’un pour y faire référence à un moment (ou à American Pie, au choix). Bon, par contre, Michael Youn, je peux pas.

 Bon, je pourrais développer l’exemple pour la musique mais t’es pas idiot, t’as compris. Alors, moi, ça m’agace qu’on me demande : « mais comment tu oses aimer ça et ne pas aimer ça ? ». Mais je n’en sais rien comment j’ose, c’est comme ça et puis c’est tout. J’ai le goût des styles littéraires légers avec un vocabulaire riche mais précis. Le verbiage pompeux, ça me fatigue. J’aime Moravia qui est mon modèle absolu en la matière. J’aime bien le style d’Amélie Nothomb (même si je trouve qu’elle retombe toujours sur les mêmes thèmes), j’aime les intrigues de Barjavel, je suis incapable de lâcher un Van Cauwelaert une fois entamé. J’aime les films comme Cube, faits avec trois bouts de ficelle et qui reposent sur un scénario original, j’ai aimé Dark City et le principe de Matrix (le principe, pas le film, attention). J’aime les Tim Burton. Mais Lelouch m’a toujours fait chier, aujourd’hui comme hier. J’ai failli mourir d’ennui rien qu’en regardant la bande annonce de l’épisode 2 de sa trilogie parisienne. Le seul intérêt que j’ai trouvé dans « La belle histoire », c’est Gérard Lanvin en Jésus châtain aux yeux verts, jamais Jésus n’avait été aussi sexy. Je n’ai vu qu’un seul Woody Allen (« Tout le monde dit I love you ») et je m’en fous. Je ne vais pas m’excuser pour tous les classiques que je n’ai pas vus/lus/entendus. Je peux m’excuser de ne pas avoir essayé de le faire, ça, oui. Mais si j’accroche pas, je vais pas me forcer pour faire bien en société. Parce que Monsieur et Madame Pouet-Pouet-j’me-la-pète, s’il le faut, dans le secret de leur chambre, ils se fendent la poire devant Les Bronzés plutôt que de se pâmer sur le génie esthétique du Cuirassé Potemkine.
 
Moi, des fois, j’ai des goûts « de merde » et en plus, j’assume. Surtout qu’en général, quand je confesse regarder « Amour, gloire et beauté » ou « Sunset Beach », y a toujours quelqu’un pour s’esclaffer : « Ahah, moi aussi ! ».
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