J’aime pas mon métier, en fait.

Il y a 10 ans, j’arrivais, fringante et un peu excitée dans une petite SSII dans le XVe arrondissement de Paris pour débuter mon premier CDI. Le 16 avril 2007 (oui, y a un an et 2 jours mais j’allais pas publier un article sur le travail un jour où on en travaille pas, justement). 10 ans plus tard, j’ai progressé, doublé mon salaire et je parle comme une sale marketeuse. 10 ans que j’essaie d’évoluer car j’aime pas mon métier.

démotivation pour aller au travail, j’aime pas mon métier

Absolument tout à fait ça

Pour ceux qui tomberaient ici sans me connaître, je suis marketeuse dans les réseaux sociaux : community manager, social media manager, social paid media manager, stratégiste, consultante et même responsable social intelligence dans les prés’ pour faire genre qu’on est beaucoup et qu’on a tous beaucoup d’importance. Bref, l’intitulé change, les missions aussi : j’ai fait du SAV, j’ai vendu des billets sponsorisés, j’ai animé des forums, blogs, réseaux sociaux, j’ai écrit des articles, des statuts, j’ai raconté que tout ça, c’était important. Je le raconte toujours d’ailleurs car je fais aussi de la formation

Sourire désabusé à la dernière du grand journal

Je l’ai déjà dit sur les trendhacks, j’ai toujours l’impression qu’on s’incruste dans la vie des gens qui n’ont rien demandé, on propose des statuts sans histoire où les gens vont répondre car ils résolvent toujours (mal) les équations, qu’ils sont prêts à vendre père et mère pour un goodie, qu’ils sont là à nous hurler dessus des fois qu’on pourrait résoudre leurs problèmes alors que certains sont de mauvaise foi… 

Paon bleu qui fait la roue

Je n’ai pas choisi cette voie, je n’ai pas fait d’études pour ça. Je m’en sors parce que je suis intelligente, bosseuse. Mais j’échoue parce que je ne suis pas politique. Ma carrière, c’est des tas de gens qui viennent me taper sur l’épaule en me disant que je suis brillante, “une pépite”, mais jamais de promotion à la clé, j’étais trop occupée à travailler, pas assez à me faire voir. Et honnêtement, ça ne m’intéresse pas. J’en ai marre de ces boîtes où le copinage et le brossage dans le sens du poil poussent vers le haut des gens moins compétents mais qui ont fait croire qu’ils étaient fiables et reconnaissants. Je suis fiable mais je suis indifférente. Et surtout, ceux qui jouent ce jeu là, on le sait qu’ils ont un talent inné pour poignarder dans le dos. Ce doit être la génération Macron… Oui, j’en refous une couche mais ça me rend malade que des gens votent pour un projet de société qui représente absolument tout ce que je déteste… Ce qui fait que j’aime pas mon métier.

Démotivation au travail

Je l’aime pas parce que je n’apporte rien à personne, parce que je ne fais que brasser de l’air, parce que je devrais me compromettre pour arriver à un niveau correspondant à mes compétences. C’est vain. Si je m’arrêtais de bosser demain voire même si mon métier disparaissait dans son intégralité, personne ne s’en rendrait compte. Je m’amuse juste quand je fais de l’analyse ou du social listening et que je dois trouver des leviers pour raconter mon histoire et que ça me fait un (tout petit peu) de socio.

Graphiques et statistiques

Alors évidemment, je cherche un échappatoire, vous imaginez bien. Depuis presque trois ans, je cherche une épiphanie car je me rends compte que de voler de boîte en boîte en grattant un peu plus d’argent et un titre de plus en plus ronflant ne me rend pas satisfaite pour autant. J’ai fait un premier stage de yoga pour essayer de déclencher une révélation, j’ai chopé des courbature et une humiliation.J’ai persévéré : yoga (avec d’autres profs beaucoup plus bienveillantes)(surtout, je suis in love du vinyasa), sophrologie, parcours Perspectives de l’APEC (que je conseille même si j’ai pas eu mon épiphanie mais ça fait sacrément du bien quand même). Et puis un jour, c’est venu, ça m’a frappée, la révélation tant attendue…

Coucher de soleil, derniers rayons

Je vous raconte demain

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De la mise en scène du soi sur Internet

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Eté 2013, je discute avec un charmant jeune garçon sur un site de rencontre et, je ne sais plus comment, nous venons à parler de l’un de mes rêves fous : écrire une thèse sur la mise en scène du soi sur Internet. Tout ça me vient bien sûr de mon métier ou plutôt de ce que j’observe en périphérie, jugée sur ma vigie virtuelle : ceux qui se posent en intellos, en mères et pères parfaits, en bombasse absolue, en ci, en ça. Quelle que soit notre utilisation des réseaux sociaux et des espaces Internet de prise de paroles (forums ou blogs), on se donne tous un certain éclairage, de façon plus ou moins consciente. Quand je prends la parole sur un sujet plutôt qu’un autre, ce choix est mu par une envie de mettre en avant une connaissance, un élément de ma personnalité.

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Prenons un exemple : sur mon Facebook perso, j’ai souvent une utilisation passive, passant plus de temps à lire les bribes de vies de mes camarades plutôt que de raconter la mienne (plus présente sur Twitter et dans une moindre mesure sur ce blog). Mais de temps en temps, je prends aussi la parole et ce sur divers sujets : des photos de mes voyages ou balades, de rares articles de gauchissssses (sur le mariage pour tous essentiellement), quelques images drôles croisées et surtout des articles (écrits par d’autres) sur le Social Media Management, diffusé auprès d’une liste de contacts pros. Je commente aussi certains articles, surtout pour m’insurger sur la place de la femme de la société. En gros, sur mon Facebook, si je résume, je suis consultante social media bien informée, souvent en vadrouille, mais aussi une gauchisse très pro mariage pour tous et féministe hystérique qui aime bien poster des comms agressifs sur les statuts des magazines féminins (j”avoue, y a des jours où je suis d’humeur un peu troll). Ah et in love total de son neveu trop choupinou même si je poste très peu de photos de lui (et jamais sans l’autorisation de sa mère, évidemment.) Côté vie privée, hors le neveu, on ne sait rien du tout et ça me va.

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Côté Twitter, je retweete beaucoup, un peu dans le même goût, finalement : du gauchisse (je me lasse pas de ce terme), du féministe, du très drôle, quelques infos sur les derniers crashes et incidents aériens (chacun sa passion), un peu de musique, parfois un peu de passivité agressive (ça, c’est mal), du sport, de la misanthropie (bien trop), des articles de blog et mes photos Instagram. Un puzzle un peu fouillis de prime abord mais qui donne une vue d’ensemble un peu plus complète de mon moi en rajoutant une couche amicale par rapport à Twitter et parfois, entre deux tweets, on peut même deviner si j’ai quelqu’un en ce moment ou non.

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Bref, stoppons là cette auto analyse sans aucun intérêt. Donc on choisit ce que l’on raconte. On va parler de sa tenue du jour pour signaler gentiment qu’on est plutôt au fait de ce qui se fait en matière de mode et parce qu’on la trouve jolie. Par contre, les jours de “j’ai ouvert mon placard et j’ai pris les 2 premiers trucs qui me sont tombés dessus”, on va juste se taire. On va tweeter à 9h l’air de rien qu’on est déjà au boulot mais se taire quand on arrivera vaseux ou vaseuse le lendemain à 9h45-10h (quoi, je parle encore de moi, là ? Mais enfin… oui). On va parler du super documentaire vu la veille sur Arte mais taire le fait qu’on s’est couchés à 2h du mat car on matait les replays des feux de l’amour (là, non, c’est pas moi, je suis trop larguée pour tenter de regarder à nouveau, malgré mon amour ancien pour les soaps). Même les tweets et statuts en mode bourré n’ont rien d’innocent.

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Donc je racontais ça au jeune homme qui, intéressé, me demanda de lire quelques uns de mes écrits sur le sujet. Mais jeune homme, je n’en ai point, tu crois que j’ai le temps de faire une thèse ? Entre 2 longueurs de piscines, un bilan social, 2 audits d’écosystèmes sociaux et 3 recos ? Mais, me répondit-il, si le sujet te plaît, écris dessus, tu t’en fous de faire une thèse ou non.

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Un an plus tard (quelle réactivité), je me décide donc. A partir de maintenant, quand j’aurai le temps, je me pencherai sur la folle vie de nos cyber egos. Prochain épisode : le syndrome Prom Queen (rien que ça).

 

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Remplacer le besoin par l’envie

Est-ce le mauvais temps ? Cette pluie incessante qui nous rince depuis des mois et des mois, ne nous offrant que quelques jours de répit ? Toujours est-il que je ressens comme une tension, une grande envie de rupture entre les salariés et les entreprises. Entre les sphères dirigeantes et les sphères salariales, ça passe plus très bien. Je vous propose donc une petite trilogie d’article sur le sujet, histoire de.

Quand on était petit, on nous demandait toujours quel métier on avait envie de faire plus tard. Moi, selon les jours, je répondais écrivain, architecte, archéologue, prof, coiffeuse ou assistante sociale (mais je savais pas trop ce que ça voulait dire). J’ai même caressé l’idée pendant une dizaine de jours de devenir opticienne parce que les illusions d’optique, c’est ultra cool… Bref, petits, si on nous présente le travail comme un passage obligé (je n’ai jamais entendu un enfant répondre « rien, je veux pas travailler), il était associé à une envie.

25 ans plus tard, je fais un métier qui n’existait pas à l’époque où on me posait ce type de questions et je me rends compte que les enfants qui répondaient hier avec enthousiasme sont complètement blasés. Écoutez vos collègues, vos amis, lisez les forums ou les blogs. Écoutez la longue litanie des soupirs, des « j’en ai marre de ce taf/de cette boîte », « j’ai pas envie d’aller bosser » qui ne tiennent pas du caprice mais bien d’une lassitude. Entendez ceux qui n’en peuvent plus, prêts à démissionner sans avoir de nouveau contrat derrière, les « s’ils me refusent les vacances, je démissionne ! ». On ne travaille plus par envie mais par besoin, pour gagner sa croûte. Faites ce simple test « si tu gagnes au loto, tu t’arrêtes de bosser ? ». Qui vous répondra non sans nuance ? La nuance étant « non mais je vais monter ma boîte » ou « je vais bosser dans une ONG ».

Oh évidemment, ça n’a rien de neuf, mais j’ai la sensation qu’avec la crise, c’est pire qu’avant. Ça m’agresse. Non parce qu’en tant qu’empathique, les manques d’élans me contaminent. Partout, l’envie a trépassé. A-t-elle seulement existé ? Les joyeux salariés ne sont-ils pas une utopie ? Un mensonge institutionnalisé pour qu’on fasse la roue à la signature de notre premier CDI, qu’on accepte sans broncher de passer 10h de notre journée à trimer ? Et encore, moi, ça va, j’ai le cul posé sur une chaise toute la journée, seuls les yeux ont morflé pour le moment. Quelqu’un croit-il encore à cette mascarade ? Les salariés sourient-ils en dehors des soirées corporate abondamment arrosées, séminaires et photos institutionnelles ? Les RH sont-ils réellement convaincus de nous donner les clés du paradis quand ils nous offrent un contrat ? La seule façon d’être heureux au boulot est-il de créer sa propre boîte ou d’abandonner la moindre ambition, d’exécuter mécaniquement ses tâches en pensant avec envie à nos activités annexes ?

En attendant, salariés et patrons se livrent une guerre insidieuse, multipliant fourberies et coups bas. Parce que oui, autant le dire, y’a des coupables dans les deux camps. Je vous parlerai de ça jeudi et vendredi (parce que mercredi, c’est encore et toujours mariage).

PS : cette trilogie est une facétie de ma part : je la publie pile pour ma dernière semaine de vacances ! Oui, j’aime prendre mes vacances pendant que vous retournez au boulot, tout déprimés.

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La liste de la fille qui a plus 20 ans

Une nuit à danser (enfin, de minuit à 2h du mat) et j’ai le dos et les cervicales en vrac. Je suis vieille, ça y est. Faut dire que j’ai quand même eu une grosse semaine.undefined

– Je suis officiellement folle amoureuse de Viggo Mortensen qui parle russe. Oui, mardi soir, je suis allée voir Les promesses de l’ombre avec Tatiana. Et là, Viggo Mortensen qui parle russe, imaginez ce que ça peut me faire, hiiiiiiiii ! D’ailleurs, j’ai trop envié la fille qu’il levrette sauvagement dans une scène. Bon, ok, y a Vincent Cassel qui mate mais quand même…  En dehors de ça, le film est pas mal du tout, je vous le conseille. D’ailleurs, il est violent plus psychologiquement que physiquement, ce qui tombe plutôt bien car les films
gratuitement violents, je déteste. Samedi, j’étais allée au cinéma voir « Il était une fois » avec Summer. Et je ne comprends toujours pas qu’on craque sur Patrick Dempsey. Nina qui va deux fois au cinéma en 4 jours, mais que se passe-t-il ? En fait, pour Noël, on a eu 10 places de ciné gratuites et j’avais en plus deux invites pour les Promesses de l’ombre donc du coup, j’en profite et j’invite les copines. Prochain film prévu. Heu ben je sais pas.

– Avant le ciné, Tatiana et moi allons manger un bout, on s’arrête au buffalo grill, le truc où je vais jamais. Et là, on tombe sur un serveur de type neurasthénique qui n’a pas l’air de toujours percuter ce qu’on lui dit. Mais à la fin du repas, le voilà qui s’agite. Après les plats, il nous débarrasse et nous demande si on veut autre chose, on lui dit qu’on décider plus tard. 2 mn plus tard « vous avez choisi ? ». Mais non ! Ca l’empêche pas de vite revenir donc je prends un déca parce qu’un dessert, non merci, j’ai plus faim. Et le
cirque recommence avec l’addition, « vous voulez la machine à carte bleue ? », Tatiana lui répond que oui et il revient…sans. Et c’est fou comme un serveur qui vient à table toutes les deux minutes, ça casse une conversation quand même. Même quand je parle de ma freebox qui marche pas.

– Cette semaine, on avait des entretiens d’évaluation au boulot. Alors chaque boîte sa façon de fonctionner, nous, on n’est pas notés (surtout qu’au bout de 2 mois et demi, hein…), on doit en fait décrire nos fonctions dans le but d’éditer ensuite des fiches métiers. Nous, à la communauté, c’est important car ça permet de montrer que non, on passe pas nos journées sur les forums et blogs, on fait des tas de choses. Pour préparer ces entretiens, on doit remplir une fiche donc lundi, Simon nous explique, à Ioulia et moi, ce qu’on doit mettre. Comme c’est pas très clair dans notre tête, on décide de se faire un brainstorming mercredi soir pour voir un peu ce qu’on pouvait y mettre. Pauline nous accompagne pour remplir la sienne même si elle bosse pas à la communauté. On commence par une orange pressée puis une fois la fiche préparée, Ioulia et moi, on s’offre un chardonnay. Puis il fait faim donc on décide de manger sur place, on met la pression sur Pauline pour qu’elle reste avec nous. Autant vous dire que les entretiens, on n’en a plus parlé.

– Jeudi, les entretiens, donc. Comme on n’a pas beaucoup de salles de réunion, Simon nous le fait passer au café. Bizarrement, avec Ioulia, on est un peu stressées façon « oral de partiel » alors qu’on sait qu’il n’y aura aucun souci, surtout que Simon n’est pas précisément du genre cassant. Evidemment, ça se passe bien, on fait un peu la liste des aptitudes dispensables pour ce travail. A un moment, Simon me dit « il faudrait que tu mettes que tu sais planifier ton travail et travailler en équipe ». Je le regarde, amusée
« t’es sûr que c’est la peine de le préciser ? Parce que c’est un peu évident, quand même… – Ah oui, oui, mets le. » Ok. Mais j’ai pas mis l’utilisation de l’anglais parce qu’en deux mois et demi, mon anglais, il m’a servi quasi à rien.

– Avec Pauline, on a décidé d’apprendre le russe ensemble, on sera aidées par une de ses amies cino-russe et Ioulia qui le parle. Par ailleurs, la même Ioulia m’a appris quelques mots de polonais, je sais dire « ça va ? » « à tes souhaits –merci », très utile vu que j’éternue 50 fois par jour et « Simon est le meilleur chef du monde », appris juste avant l’entretien. Mais là, j’ai pas mes post its alors je peux pas trop vous en faire part.

– J’ai eu la bonne idée de filer mon mail pro à ma sœur qui a décidé que j’allais prendre du prozac. Discussion par mail mardi « bon, j’ai envie de déménager, là. – Oui, il faut que tu trouves un appart qui équivaut à 40% de ton salaire net ! ». Super, je calcule, 40% de mon salaire net, c’est juste 15 euros de plus que ce que je paye aujourd’hui. Là, elle me fait un calcul effrayant « tu dois compter 40% le loyer, 5% pour l’électricité, puis les courses, les impôts, l’épargne, les voyages… ». Je lui fais remarquer que les voyages, je veux bien mais seule, bof… Mais comme j’ai déjà plus de 3000 euros d’épargne immédiatement disponible, elle m’a dit que je pouvais monter à 45% de mon salaire pour le loyer. Ah bah je suis rassurée. J’ai essayé de glisser à Simon que je pourrais écrire un blog sur TMF.com qui servirait à animer les forums et blogs contre rémunération supplémentaire mais j’ai eu comme réponse « non, pour ça, on prendra un stagiaire ». Bouhouhou !

– Petite musique. Vendredi, à moitié morte, je décide d’écouter de la musique classique plutôt que ma playlist habituelle sur youtube (oui, j’ai une playlist sur youtube, ça me permet d’écouter ce dont j’ai envie mais j’aimerais bien une lecture aléatoire, si quelqu’un sait). En rebondissant de lien en lien, je retombe sur Vanessa Mae dont j’avais un peu oublié l’existence donc la voici. Je n’aime pas beaucoup le violon, je préfère l’alto et le violoncelle car je trouve que le violon est un instrument « geignard ». Mais y a quand même de beaux morceaux.

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Freestyle

Il est tard, je viens de me prendre 6h de route dans les pattes après un week-end dans le sud qui fait du bien, il fait froid, mon chaton (qui en fait n’a rien fait de sale dans sa cage) me fait des ronrons dans l’oreille donc autant vous dire que là, je suis pas du tout parée pour vous faire un article digne de ce nom. L’article racontant mon week-end, c’est demain, c’est prévu.

Des idées d’articles, j’en ai des tas ! Vie pro, vie privée, amours et amitiés et chats, j’en ai plein. Mais là, j’ai ni la force ni le courage de développer, je veux juste prendre une douche (très) chaude et me coucher avec mon chat qui fait des ronrons et ma bouillote qui m’a chauffé les draps. Cependant, en tant que bonne bloggeuse, je ne vous oublie pas, lecteur, je pense à toi, devant ton écran, à moitié endormi avec ta tasse de café. Non, je peux pas t’abandonner quand même. En même temps, tu noteras que ça fait dix lignes que je dis rien mais
que je fais genre que c’est un vrai article. Parce que tu vois, je pourrais faire une liste mais non, la liste, c’est le samedi, je dois pas user mes cartouches. Je pourrais te faire une BD mais je sais que t’aimes pas ça parce que je dessine mal. Je pourrais jongler avec 3 balles mais tu t’en fous, tu vois pas, la magie du net a ses limites

Je pourrais aussi faire du teasing genre je vais te dire que prochainement sur ces pages, je compte te parler de mon week-end sudiste, une nouvelle comparaison amour/amitié, quelques articles sur le métro, d’autres sur le chômage, d’autres encore sur les blogs. Je te parlerai de mes bloggeurs crétins aussi, quelques perles. En fait, si t’es sociopathe tendance obsessionnel paranoïaque, je suis sûre que t’as un blog sur les plateformes que je gère ! Un jour aussi, je te parlerai masturbation parce que je ne l’ai jamais fait et qu’au bout de 2 ans
et demi ça craint. Mais bon, je parle plus trop de sexe histoire qu’on me prenne pas que pour un vagin ambulant, c’est tellement réducteur, bouh. Je te parlerai d’amour, aussi, d’ocytocine, peut-être d’alcoolémie. Bref, tu vois, des choses à dire, il y en a ! Mais ce soir, je veux juste aller me coucher donc je le ferai une autre fois, tout ça. Mais maintenant, t’as déjà une idée de ce que tu vas lire dans les prochains jours ici. Sachant que les prochains jours, ça peut être dans 3 mois, je peux être très versatile avec ce blog. Genre un truc qui m’énerve ou
m’inspire va être écrit en 10 mn et passer en priorité.

Là, j’en suis à la 33e ligne, selon word, 33 lignes de merde intégrale et de vide absolu, il faudrait peut-être que je m’arrête à moins que je ne lance une blague… Non, j’en ai pas. Je pourrais te parler du fait que grâce à ma Vicky chérie, je suis redevenue parfaitement brune mais bof aussi. Je suis juste un peu plus belle qu’avant. Oui, je me dis que je suis belle parce que si je le fais pas… Si, des gens me le disent mais c’est pas une raison pour faire son avare d’auto-compliments. C’est un peu de la méthode Couet : « je suis belle, belle, belle, même sans Affibel ». Parce que bon, là, j’ai un peu décidé de rentrer en période d’abstinence choisie car 2007 n’est qu’une longue suite de déceptions, de « c’est pas toi, c’est moi », de connards alzheimériques… Donc comme 2007 a décidé que j’avais déjà un (ouais et même 2) CDI dans l’année, faudrait voir à pas trop en demander non plus. Donc, en mon âme et conscience, j’ai bousillé ma fiche meetic et en plus, je l’annonce haut et fort : cet hiver, quand je sortirai pas avec les cops, ce sera tricotage devant la télé. Hé oui, même pas peur.

Bon, là, je crois qu’il est temps d’arrêter, il fait peur mon article…

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Petit guide pour blogueurs en mal de célébrité (volume 3)

Leçon du jour : est-on plus populaire quand on est gentil ou méchant ?

L’autre soir, je surfais de blogs en blogs quand je suis tombée sur celui de Nemo7 et Everland. Sur les dernières planches, le personnage fait de la pub pour son blog mais il change de tactique. Au lieu de poster un « j’adore ce que vous faites », il tente un « rien à foutre de ta vie ». Bon, dans sa BD, il reçoit plein de mails d’insultes en retour. Mais la question m’interpelle.

Donc, tu as suivi tous mes conseils précédents parce que je suis un peu ton grand gourou. Mais malgré tout, ça ne décolle pas des masses. Tu as beau lécher tellement de cul que tu as des ampoules à la langue, tu laisses des comms tout partout à base de « t’es trop drôle », « tu me fais trop marrer », « tu es tellement trop talentueux »… D’ailleurs, si vous vous ennuyez, lisez les comms de certains blogs, vous remarquerez que certains sont très doués en la matière (mais pas ici, je n’ai que des lecteurs de qualité, slurp !). Bon, le problème, c’est que ce genre de comm creux et extatiques, je l’ai déjà dit, ça attire pas les lecteurs sur son propre blog. Alors si on faisait les méchants ?

Y a quelques temps, un blogueur est venu ici s’énerver un peu et a renvoyé sur son propre blog où pas mal de mes lecteurs/commentateurs habituels s’en sont pris à lui, défendant les vingtenaires. Bon, honnêtement, c’est tombé sur un article que j’ai pas écrit donc j’ai un peu suivi de loin, le jeune homme a ensuite présenté ses excuses, pas de souci, pas de rancune. Mais je suis un peu curieuse de savoir ce que ça a donné niveau statistique du côté de chez Jack (si t’es là, t’as le droit de répondre, of course !). J’avoue que quand je lis des commentaires (pas qu’ici), j’ai tendance à plus facilement cliquer sur les liens des gens qui sont un peu caustiques plutôt que les comms qui viennent du pays de Candy. Sauf que bon, si vous jouez cette technique, va falloir aller jusqu’au bout. Comme dans la Guerre des Etoiles, vous allez devenir Dark Vador, passer du côté obscur de la force. Ceci étant, si tu es le sosie d’Hayden Christensen,
je passerai outre ta méchanceté et je serai folle amoureuse de toi. Bref, ton rôle, faut le jouer tout le temps. Parce qu’on a tous plus ou moins un rôle. Moi, apparemment, je suis la râleuse bobo snob amazone et princesse romantique (rien que ça). Pas forcément méchante, pas toujours sympa. Enfin, une personne normale, quoi.

Toi, tu es wild et subversif, tu deviens l’orangina rouge de la blogosphère. Tu critiques tout et tout le monde mais autant les comms « tu es trop super, cool, cool », ça attire pas, les comms « t’es trop nul, ça pue », non plus. Descends mais de façon argumentée. Dis tout haut ce que les gens pensent tout bas mais sans insulter ou taper sous la ceinture. Non parce que ça craint, on dit pas aux gens qu’ils sont moches s’ils mettent leur photo,c’est minable, ça. Surtout que si tu retournes sur les mêmes blogs pour les critiquer, faut que tu sois cohérent. En gros, tu es le méchant qui au fond aime bien et critique pour faire évoluer. Parce que si tu es juste bête et méchant, tu seras classé « troll » et basta. Par
contre, la méchanceté est un art qui est difficile à maîtriser car souvent voient dans la méchanceté du génie et du 2e degré. Je me souviens à une époque, un blogueur que j’adorais et qui a disparu de la blogosphère (et qui veut oublier cette aventure, c’est pour ça que je donne pas son pseudo) était parti à fond dans le cynisme et la provoc, parodiant certains blogs. Ben tout le monde a applaudi des deux mains, à base de « oh oh, t’es trop drôle ». Bon, bé raté. Mais bon, y en a qui lèchent tes bottes quoi que tu dises donc bon. Des fois, je me demande même s’il lisent ce qu’on écrit…

Donc être méchant, c’est une stratégie mais tu constates que c’est coton, quand même… Puis c’est fatigant de pas être aimé. En plus, à l’instar d’Orangina rouge, tu risques de susciter plus la pitié que la colère… Parce que moi, les méchants méchants, je trouve qu’ils versent rapidement dans la critique stupide et en dessous de la ceinture. Et du coup, personne ne va voir leur blog, si ce n’est pour les insulter. Pas glop, pas glop.

Finalement, l’idéal, c’est encore de rester soi même. Pas trop fayot, pas trop méchant, normal, quoi.

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Tous scopophiles ?

L’autre jour (il y a quelques temps), j’ai pris le train pour voir un ami. 20 minutes de trajet, ça laisse un peu de temps pour lire. J’entame donc « l’homme qui regarde » de Moravia. Oui, je suis heureuse, plusieurs de ses romans ont été réédités, je finirai bien par tous les lire. Dans ce roman, le héros, Dodo (oui, je sais) est un professeur de littérature et a tout une théorie sur la scopophilie. La lecture de ce roman m’inspire : sommes-nous tous scopophiles ?

Mais qu’est-ce que la scopophilie ? Ce n’est pas vraiment quelque chose de sexuel, ça peut l’être mais ce n’est pas une position du Kama Sutra. Selon Freud, c’est le plaisir de regarder. En gros, un espèce de voyeurisme. Dans ce roman, Dodo voit de la scopophilie dans toutes les œuvres littéraires, en gros. Après tout, un roman n’est-il pas du voyeurisme en soi ? Ca dépend de la façon dont c’est rédigé, soit on vit l’histoire, soit on l’observe de l’extérieur. Au cinéma, c’est pareil. Moi, j’ai envie d’appliquer le concept aux blogs.

Qu’est-ce qu’un blog de type journal intime ? C’est un peu de l’exhibition mais de l’exhibition contrôlée. Je ne vous montre que ce que je veux. J’étale mes états d’âmes mais je cache mon visage. Je suis impudique sur mes brouettes, un peu plus sur mes amours. Mes histoires de fesses, j’en parle sans complexes. Mes histoires de cœur, je préfère garder l’essentiel pour moi.

 Je suis une blogueuse et une grande amatrice du genre. Pendant mes mois de chômage, mon truc, c’était de trouver un blog et de le lire depuis le début. Récemment, je me suis donc régalée des aventures de Soph, de 7h48, de la salopette et d’Eulalie, je ne commente jamais avant d’avoir tout lu. Une fois que j’ai fini, je le mets dans mes liens et tous les jours, c’est la revue des blogs. Des fois, je commente, d’autre pas. Mais qu’est-ce qui nous pousse à lire des blogs ? Souvent, on lit les blogs de ceux qui nous ressemblent : si on regarde mes liens, ce sont essentiellement des vingtenaires parisiens, à quelques exceptions près. Parce que, mine de rien, ça rassure de voir que les autres vivent la même chose que nous, en bien ou en mal. C’est curieux comme on peut avoir la sensation de connaître des gens qu’on n’a jamais vus, qu’ils sont un peu nos amis. Ils existent pour nous et des fois, on existe pour eux (quand je commente, ce qui n’est pas toujours le cas). Des fois, on se demande si c’est vrai ou pas mais est-ce là l’essentiel ? Les blogs ne sont-ils pas une espèce de genre littéraire néo-réaliste ? J’ai, par exemple, lu le blog de Max, sorti en librairie. Bon, j’ai adoré mais c’était clairement pas réaliste. Trop bien construit, avec un début et une fin. Une trop belle fin à mon goût mais peu importe. Je prends ce que l’on me donne sans discuter. Tant que c’est rédigé avec une belle plume, c’est bien tout ce qui compte.
 

Dans ma vie, je suis plus voyeuse qu’exhib, plus lectrice que blogueuse. Je lis une quinzaine de blogs et quand un blog disparaît, ça me fait un petit pincement au cœur : mais que va-t-il (ou elle) devenir ? Pourquoi avoir fermé cette porte entrouverte par laquelle je matais ? Oh bien sûr, une fois un blog clos, je ne me mets pas à pleurer, j’enlève le lien de mon ordi (et de mon blog) et je passe à autre chose. Mais c’est vrai que c’est assez agréable de lire la vie d’autres, caché derrière son ordi, sans même forcément se signaler. Si je regarde les stats de mon blog et le nombre de commentateur réguliers ou non, je peux dire que pas 10% des lecteurs commentent. Certains se manifestent parfois par mail mais globalement, je ne sais pas qui me lit, qui mate ma vie en cachette avec son café, le matin au bureau. Excitant et flippant à la fois. Le côté flippant c’est pour mes employeurs ou collègues. Non mais imaginez qu’à l’époque, Pierre-Cécil m’ait lue et se soit reconnu ? Bon, je suis sûre que ça lui aurait fait plaisir de savoir qu’il est super choupinou mais ça fait pas très sérieux. Et puis, s’il sait qu’au lieu de partir en reportage comme prévu, je suis repassée chez moi pour une pause crapuleuse de deux bonnes heures avec mon mec de l’époque, heu… Bon, mon boulot fut fait, c’est là l’essentiel, mais quand même ! Sinon, j’ai deux ex collègues de l’asso qui sont blogueuses elles aussi, peut-être me lisent-elles ou m’ont-elles lues, qui sait ?

Mais bon, je laisse la porte entrouverte et je m’exhibe à ma façon. Je dévoile ce qui peut l’être et je cache le reste. Et pour être honnête, ça m’amuse follement !

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Le jeu de l’’amour et du hasard

Comme je m’en suis rendue compte à plusieurs reprises, la vie est pleine de surprises, parfois elles sont très agréables. Dans ma vie amoureuse, le hasard fait curieusement les choses, j’en suis la première étonnée.
 
J’ai parlé à plusieurs reprises de mon « correspondant virtuel » qui, en deux mois, a pris beaucoup de place dans ma vie. Bien plus que je n’aurais cru au départ. Tout est parti d’un mail anodin atterri sur ma boîte, je reconnais ce jeune homme, je l’ai déjà croisé au détour des blogs. Il s’appelle Guillaume et il vit en Bretagne. Dès le départ, il cumule les qualités : le prénom de mon ex et il vit dans la région de mes ancêtres. On discute innocemment et il me propose en plaisantant d’aller passer un week-end chez lui. Innocemment, il me donne son identifiant meetic. Comme j’ai gardé un pseudo bidon, je vais jeter un œil. Je rêve : il a des faux airs de Bertrand, mon fantasme de l’été 2004.
 
Il est mignon, il vit en Bretagne mais tout de même : je vais pas débarquer chez un inconnu comme ça, ma maman m’a toujours dit de pas parler aux inconnus… (si elle savait, la pauvre !) Du coup, Guillaume me propose un jeu : il va se dévoiler par mail pour me donner une irrésistible envie d’aller passer un week-end chez lui. Ce petit jeu tombe pile au bon moment : je suis en vacances chez mes parents, Arnaud est loin et omet de me donner de ses nouvelles.
 
Le jeu s’emballe à une vitesse hallucinante, on commence à se livrer des choses très personnelles, les baisers virtuels deviennent de plus en plus osés. Joueuse, je préfère ne pas lui donner mon adresse MSN au départ afin de poursuivre ses longs échanges épistolaires. Je suis assez troublée par cette histoire car j’ai vécu à peu près la même chose il y a 6 ans avec Pierre, l’amant pervers. Tout avait commencé par des mails anodins, de plus en plus intimes, de plus en plus chauds, jusqu’à la rencontre… Et là, la magie avait volé en éclat : ce n’était pas mon cœur qui l’intéressait mais une autre partie de mon anatomie, les « je t’aime » susurrés dans le combiné téléphonique se sont transformés en déclarations beaucoup moins tendres… Du coup, je ne sais pas quoi penser : d’un côté, il me plaît, de l’autre, Arnaud n’est pas loin et, enfin, il y a mon passé. Chat échaudé craint l’eau froide.
 
J’essaie donc de me préserver mais, en même temps, j’aime me confier à lui. Dès que j’avais la moindre contrariété, je lui envoyais un mail pour lui raconter, cherchant son soutien que j’ai toujours obtenu, que ce soit dans mes histoires de sexe foireuses ou lorsque j’ai eu la peur de ma vie à cause de mon diplôme que je pensais avoir raté (petite digression au passage : Clara m’a appris mardi que nous n’étions que 5 sur les 12 à avoir eu notre diplôme…). Un soir, il me laisse un message sur un blog : et si nous nous aventurions tous les deux sur MSN. En vérité, il avait trouvé mon identifiant MSN par hasard quelques temps auparavant (il me l’avait avoué)mais avait attendu mon accord pour me rajouter. Nous voici donc à discuter sur MSN, la magie est toujours là. Je lui confie que ça me fait plaisir que ma relation avec Arnaud n’ait pas distendu les liens entre nous. Mais je n’ose pas trop lui en parler. Durant l’été, il avait lui-même échangé quelques baisers avec de jolies demoiselles et même plus. J’en avais éprouvé une pointe de jalousie et je m’étais trouvée stupide sur le coup : il ne me doit rien, il est normal qu’il vive sa vie de son côté.
 
Cependant, ce passage sur MSN a eu un effet pervers, de mon côté : je me rendais compte à quel point ce garçon, en plus d’être mignon, était touchant et intelligent, ce qui ne gâche rien. Mais je dois garder en tête que je suis une patate mariée. Pendant mon séjour chez mes parents, je reçois une lettre manuscrite de lui dans laquelle il me confie des choses très personnelles (dont je ne parlerai pas ici, ce n’est pas la peine de demander des précisions). Au fur et à mesure que je lis ses mots, je suis de plus en plus bouleversée, son histoire me rappelle tant une personne qui m’est très proche et qui a beaucoup souffert. Je lisais la lettre en même temps que nous discutions sur MSN puis, après avoir « digéré » ses révélations, je le lui avoue. Nous en parlons, je suis plus troublée que jamais… A ce moment-là, j’avoue qu’Arnaud n’occupe plus la première place dans mes pensées. Au moment de se dire au revoir, Guillaume me dit : « je t’embrasse sur la joue. » J’hésite quelques instants puis lui réponds une phrase qui peut paraître provocante : « Sur le net, tu peux m’embrasser où tu veux. »
 
Je vais me coucher mais ne dors pas, mes pensées sont confuses, ça tourbillonne dans ma tête. Guillaume m’avait annoncé quelques temps plus tôt qu’il venait sur Paris à la fin du mois d’octobre. Je vais donc le voir… J’en ai incontestablement envie mais Arnaud ? Que suis-je censée faire ? Après je ne sais combien d’heures d’intense cogitation, je prends une décision : quoi qu’il arrive, j’embrasserai Guillaume, il ne peut en être autrement. Je ne pourrai pas lui donner plus mais je ne peux lui donner moins. Ce baiser, je nous le dois, en quelques sortes.
 
Retour sur Paris et l’incroyable se produit : Arnaud s’efface de ma vie. Je rentre le lundi et découvre que mon petit ami n’est pas venu me chercher à la gare, qu’il ne m’appelle pas pour savoir si je suis bien rentrée et me voilà très énervée. Je raconte mes « malheurs » à Guillaume qui finit par me demander s’il peut m’appeler. Après un jeu de charade débile (« mon premier est le premier » « 01 ! »), nous voilà en possession de nos numéros respectifs. Il m’appelle donc et on reste une bonne heure à discuter. Mon moral remonte en flèche même si je ressens une certaine culpabilité vis-à-vis d’Arnaud (si j’avais su…). Le mercredi, il se connecte entre midi et deux et me dit : « ce soir, je dors à Roissy ». Roissy… la ville où y a un aéroport ? C’est à dire à quelques dizaines de kilomètres de chez moi ? Que suis-je censée faire ? Après tout, je suis toujours officiellement avec Arnaud… Enfin, je crois. J’avais prévu ce soir-là de rencontrer Banana donc je lui propose de se joindre à nous. Je suis quand même extrêmement troublée : comment se fait-ce que les choses coïncident à ce point ? Par quel merveilleux hasard le premier s’en va alors que le second arrive ?
 
Finalement, Guillaume a eu des soucis de navette entre les aéroports et ne peut nous rejoindre, ce n’est peut-être pas plus mal : je ne sais pas ce qu’il va se passer avec Arnaud et je n’ai pas envie de me mettre dans une situation compliquée (déjà que…).
 
Quelques jours plus tard, me voilà officiellement célibataire et les choses s’accélèrent : nos conversations jusque là mesurées deviennent franchement enflammées. Puisque je suis célibataire, il pourra venir dormir chez moi, dans mon lit… Certaines de nos conversations font naître une douce chaleur dans le creux de mes reins mais je n’en dirai pas plus.
 
Comme je ne veux pas lui mentir, je lui « parle » des mes brouettes actuelles sans trop entrer dans les détails. Je lui parle de l’atroce comportement de Benoît et il m’avoue être déçu que je l’aie revu. Là, je ne peux absolument rien dire pour me défendre, il a entièrement raison. Cependant, cette histoire de brouette l’a remué car elle a fait remonter en lui des souvenirs douloureux et là, je m’en veux. Je m’en fiche de m’être fait avoir par un connard mais blesser Guillaume, ça me déchire le cœur.
 
Voilà, il arrive aujourd’hui par le train de 16h15, j’espère que le train sera à l’heure sinon, mes poumons vont en prendre un sacré coup. Je ne sais pas à quoi m’attendre et je n’ai pas envie d’y penser, je veux prendre cette histoire telle qu’elle vient. Il est vrai que Guillaume est une synthèse incroyable d’hommes que j’ai pu côtoyer avant : même prénom que mon ex, ressemblance physique avec Bertrand, même relation épistolaire qu’avec Pierre, il vit en Bretagne (Laurent et Arnaud sont Bretons), il est brun aux yeux verts comme la majorité des hommes qui m’ont plu… Je ne sais qu’en penser, peut-être est-ce juste un formidable hasard. Peut-être est-ce autre chose.
 
 
NB : Comme Guillaume est sur Paris jusqu’à lundi, je ne sais pas si je passerai beaucoup de temps ici, il y  aura un article quotidien mais je ne répondrai peut-être pas immédiatement aux comms… Mais j’y répondrai tôt ou tard, ne vous inquiétez pas.
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