Cette incroyable boule de bonheur

19 mars 2012. Comme tous les lundis, ma soeur me prend à la sortie du boulot pour qu’on aille jouer les Britney ou les Adele à la chorale. « Ça va ? Me demande-t-elle.
– Ouais, ouais, super et toi ?
– Ouais, j’étais en week-end chez les parents. D’ailleurs, j’ai décidé de lire de nouveaux trucs. Tiens, regarde dans la boîte à gants ! »


Je m’exécute et vois un magazine à la couverture rouge et une première syllabe : « Ma. » Premier réflexe : penser qu’il s’agit de Management et vouloir répondre « ah moi aussi, je suis abonnée ! » mais je regarde mieux et la deuxième syllabe apparaît : »…Man. » Oh mon Dieu ! « Tu… Tu es enceinte ??? » « Oui ». À partir de là, ce fut larmes et ultrasons. Et dans mon corps, une boule, une véritable boule de bonheur qui se gonfle et éclate, inondant mes tripes d’une douce euphorie. Orgasme du cœur. Je suis TELLEMENT heureuse, l’ai-je déjà été autant ? Ma sœur, ce petit bébé que je baignais dans ma prime jeunesse, cette adorable bambine à la bouille et aux yeux ronds et sa petite coupe champignon, ce petit bout là va donner la vie. Je vais repleurer un coup.

Petite anecdote : le 20 février, je me rends chez une voyante en compagnie d’Anaïs, Anna et Isa brune. Au milieu de pas mal de conneries (je ne savais pas à l’époque mais y a un sujet sur lequel elle s’est violemment vautrée), soudain, elle me parle de ma sœur et s’écrit : elle est enceinte ! Déjà, j’avais eu ma petite boule de bonheur à ce moment-là mais j’étais vite retombée, me rappelant que la dame était voyante et non la gynécologue de ma sœur. Résultat : ma sœur est tombée enceinte le 24 février… Bien vu. Dommage que t’aies pas vu d’autres trucs un peu importants et assez immédiats parce que bon, tu m’as dit sur j’allais rencontrer l’Amouuuur et peut-être même avec un mec qui bosse dans la restauration (?? C’est pas du tout un univers qui me parle) et pour le moment, peau d’zob… Enfin non, justement. Mais je m’égare.


Du coup, je traquais ma sœur. J’avais bien entendu raconté cette folle histoire de voyante à ma mère, avec interdiction d’en parler à ma sœur qui n’aime pas les marabouteries en tout genre. La semaine précédant la fameuse révélation, elle m’avait glissé « non mais les règles arrivent, je suis de mauvais poil ! ». Du coup, le lendemain, coup de fil à ma maman « Bon, Alice doit avoir ses règles depuis mardi, tu surveilles ce week-end hein ! » Ok, ça fait psychopathe dis comme ça mais pendant mes vacances en Thaïlande, j’avais rencontré une maman qui avait eu du mal à tomber enceinte et vivait très mal l’inquisition des autres « alooooors, t’es enceinte ? ». Du coup, je préférais guetter les signes que de demander directement, histoire de pas mettre la pression à ma pauvre sœur.

Et voilà, je vais officiellement être tatie. Après le marasme 2011, rien ne peut me rendre plus heureuse. Maintenant, il va falloir attendre un mois et demi avant de connaître le sexe puis c’est parti pour la phase cousette et tricot pour que mon futur neveu ou la future nièce soit le plus beau ou la plus belle. J’ai de grands projets pour cet enfant, faudra juste que j’en touche deux mots à ma sœur (si tu me lis sœurette, je voudrais bien l’inscrire aux bébés nageurs et l’y amener, dis ouiiiiii !). Je suis euphorico-hystérique, j’ai le sourire éclatant dès qu’on en parle, je pousse des hiiiii! à tort et à travers, j’attrape tous les bébés qu’on me tend histoire d’être bien prête à bichonner ce futur petit bout.

Tatie M-5.5. J’ai haaaaaate !

(en tant que tatie en devenir, je me réserve le droit d’abuser des voyelles).

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Rachida, tu m’épuises

Allez, moi aussi, je me jette dans la polémique top fascinante du moment et même si mon avis arrive plus tard que tout le monde, je ne peux m’empêcher de l’exprimer car on touche là à un sujet qui me tient à cœur : les droits des femmes.


Résumons un peu la situation : une femme d’une quarantaine d’années financièrement indépendante tombe enceinte d’on ne sait qui et décide de zapper son congé maternité. Et là, tout le monde se sent obligé de commenter ce fait. Evidemment, cette femme est une Ministre mais l’identité de son père ne changera pas la face du monde, ça ne changera même pas ma journée si un jour, on apprend qui c’est. Je dirai : « Ah ouais ? C’est ce que j’avais entendu dire » ou « Ah ben j’aurais pas cru ! » et j’oublierai aussi sec. Parce que globalement, j’en ai rien à faire de l’identité du père, elle couche et se reproduit avec qui elle veut. Quoi qu’apparemment, d’après mes sources peu fiables, ce serait bien Aznar.

Mais pour ma part, j’aime avoir des théories surréalistes qui seraient :

– y a pas vraiment de papa, c’est un bébé éprouvette pour se rendre plus sympa auprès du public

– d’ailleurs, en vrai, elle n’a jamais été enceinte et n’a pas eu de bébé, d’où le retour aux affaires après 5 jours du faux accouchement (très Sunset
Beachien)

– pour qu’elle taise le nom du père comme ça, c’est que c’est trop la honte de donner son nom. C’est donc George W. Bush.


Bon, on rigole (on va pas pleurer non plus) mais je reviens à cette histoire d’accouchement et de reprise de boulot au bout de 5 jours et de la polémique qui en découle. Perso, qu’elle reprenne ou non le boulot ne m’intéresse absolument pas, c’est son problème et pas le mien. Ce qui me turlupine plus, c’est ce qu’on en dit, en fait, parce que je me rends compte que là aussi, le féminisme a encore de beaux jours devant lui.



D’un côté, on s’insurge qu’elle reprenne le boulot si vite parce qu’elle a besoin de créer un lien avec son bébé, gna gna gna. Ben, oui, justement, c’est SON bébé. Evidemment, elle a les moyens de faire garder la petite mais est-ce qu’on peut déjà la cataloguer comme mauvaise mère ? Dati n’est pas la seule à reprendre le boulot à peine l’accouchement terminé, c’est le cas également des commerçantes, certaines ne prennent pas le congé parental et c’est leur compagnon qui le fait… Bref, il n’y a pas une façon d’être mère mais des dizaines, ce n’est pas parce qu’elle a choisi d’être mère de cette façon qu’elle en sera forcément une mauvaise, c’est peut-être un peu trop tôt pour être si affirmatif.

De l’autre côté, les ultra féministes se gaussent : « ouais, enfin une femme qui, à peine sortie de la salle d’accouchement, reprend le travail, quelle executive woman ! ». Ouiiiiiii mais moi, ce que je crains légèrement, c’est que ça vire au « le congé maternité ne sert à rien, la preuve ». Parce que si Rachida Dati a choisi de reprendre le travail de suite, c’est un choix. D’autres femmes ont envie ou besoin de se remettre de l’accouchement et de bichonner leur bébé, s’occuper de lui. Je pense que la maternité n’est pas vécu par chacune de la même façon. D’ailleurs, à chacune de choisir sa priorité, certaines sont à fond sur le travail, plus sur la vie privée.


Bref, au fond, ce qui m’énerve le plus, c’est que tout le monde se permet d’avoir un avis sur un choix de vie privée qui fait parler essentiellement parce que ça parle de maternité. Un homme reprendrait le travail à peine quelques jours après une grosse opération, par exemple, personne n’aurait l’idée de commenter réellement la nouvelle. Alors que là, affaire d’Etat entre les pro maternité et anti maternité. D’ailleurs, on notera qu’apparemment, être féministe, c’est refuser d’envisager que la femme peut vouloir être mère à temps plein aussi. Mais enfin, le féminisme devrait se battre pour nous laisser avoir le choix, qu’on puisse profiter de notre congé maternité ou y renoncer sans que personne ne trouve rien à redire. Si un homm prend son congé parental, personne ne trouve rien à redire. C’est un droit qu’il a. Evidemment qu’il s’agit d’une Ministre et que ça nous concerne un peu mais la Rachida mère, on n’a pas à s’en mêler. Ça ne regarde qu’elle et éventuellement le père s’il est dans les parages. Mais ne commençons pas à plaindre son bébé. Même pas 15 jours et déjà, Rachida est qualifiée de mauvaise mère…


Encore un bel exemple de tolérance.

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