Pourquoi tu votes si tu t’en fous de la politique ?

Bien le bonjour mes amis, voici une question qui me taraude depuis quelques temps. Avant de poursuivre mon raisonnement, petit point : j’espère que cet article ne suintera pas condescendance et mépris (de classe ?) car tel n’est pas mon but et si j’échoue, n’hésitez pas à me taper les doigts en commentaire ou sur les réseaux sociaux, là où on se croise en général. Mais vraiment, alors que la présidentielle arrive en avant-dernière ligne droite, je veux savoir “ pourquoi tu votes si tu t’en fous de la politique ?”

Pourquoi tu votes

Evidemment, on nous a toujours appris que voter, c’est important, droit acquis dans le sang et les larmes, droit d’autant plus important quand on est une femme. J’ai moi-même longtemps conspué les abstentionnistes du premier tour en mode “ohé, zut, c’est important, vote blanc au pire”. Depuis, j’ai raté un deuxième tour des législatives pour cause de Sicile et voté blanc à presque tous les second tours. Cette année, je voterai au premier tout en fonction de mes convictions… et soit par procuration soit pas du tout au second vu que je serai à Barcelone pour faire du yoga. Bref, mon discours sur la nécessité du vote a évolué, non à cause de mes vacances mais parce que je comprends aujourd’hui que face à la bêtise crasse et à la malhonnêteté de ceux qui nous gouvernent, on finisse par laisser tomber. Moi-même, je me demande pourquoi j’insiste… et non, je ne parlerai pas de vote utile ou de front républicain… j’en parlerai un autre jour. Peut-être (oui parce que mine de rien, l’élection, c’est déjà demain, gasp)

Affiches électorales 2007

Je suis donc la campagne de loin, un peu blasée, beaucoup énervée. D’abord par les discours de peur des uns et des autres, technique grossière pour faire croire aux gens que le mal qu’on leur fait, c’est pour leur bien (mais manifestement, ça marche), du rejet de ceux qui ne sont pas comme nous. Saoulée parce que j’ai l’impression qu’ils nous promettent tous les quatre cavaliers de l’apocalypse si on ne se serre pas encore la ceinture un cran de plus… sauf certes Mélenchon et Hamon. Mais surtout, je suis saoulée de voir qu’en France, on n’était pas tellement choqué par les malversations et autres petits combines des uns et des autres (mais bon, surtout de certains) parce que, hé, “tout le monde le fait”. Alors je ne jurerai pas de la totale honnêteté de ceux qui n’ont pas de nuages au dessus de leur tête car je ne sais pas, en mon âme et conscience, s’ils sont totalement honnêtes ou s’ils ont juste réussi à ne pas se faire prendre mais il semblerait que certains aient encore un minimum de conscience. Nous avons donc sur nos onze candidats à la présidentielle deux mis en examen, un avec une enquête préliminaire pour favoritisme (ok, pas lui directement mais le boulet se rapproche) et ces trois là sont en tête de tous les sondages… Alors ok, les sondages ont la valeur qu’on leur donne et je suis à peu près persuadée que Macron, dans six mois, tout le monde aura oublié son existence mais il n’empêche que ça m’interroge… Comment peut-on voter en toute sincérité pour une personne qui vole, triche, ment ? Surtout quand ces gens là nous parlent de faire des efforts parce que tu comprends, la France va mal. Je vais pas trop insister sur ce point, je vais finir par être vulgaire.

La France va mal

Taper « la France va mal » dans google images est une expérience très désagréable…

Et puis il y a les programmes sur lesquels des gens plus experts que moi se penchent, qu’ils t’expliquent que ça et ça, ce n’est pas réalisable, possible, que c’est juste du blabla politicard pour te faire voter pour eux et que, t’inquiète, ça n’arrivera jamais. Et non, je ne parle pas ici du revenu universel, Piketty t’expliquera mieux que moi)(faut vraiment que je lise son bouquin d’ailleurs). Et pourtant, on votera quand même pour elle, pour lui, parce que c’est notre famille politique, tu comprends. Non, je comprends moyen en fait. Alors c’est sûr, à gauche, nous, on a deux candidats (non, pas Macron, non) donc si l’un se révèle pourri jusqu’à la moelle, on peut éventuellement se rabattre sur l’autre. Je parle bien sûr ici de voter en fonction d’une couleur politique et pas d’un programme. Mais si mon champion était impliqué dans what milliards d’affaires judiciaires, non désolée, j’irai au pire voter blanc mais je ne lui donnerai pas ma voix. Parce que voter pour lui parce que “tu comprends, je ne veux pas la droite/la gauche au pouvoir”, non sérieux, faut arrêter. Voter pour une personne qui n’est pas rigoureusement honnête, c’est donner l’autorisation de continuer à s’en foutre toujours plein les poches pendant que nous, on repasse à la caisse pour combler les trous. Je n’ai aucun souci à payer des impôts, juste que j’aimerais que cet argent soit remis à ceux qui en ont vraiment besoin.

La corruption en politique

Alors pourquoi tu votes, toi qui t’en fous des malversations mais qui choisit une couleur politique pour des raisons X ou Y ? Pourquoi tu votes, toi qui t’en fous de t’informer ? Pourquoi je vote, moi qui n’y crois plus ? Je me dis souvent que notre système politique est malade et qu’il faudrait le réformer. Qu’il faudrait trouver un système pour qu’il n’y ait plus de carrière politique, qu’on ne soit plus gouvernés par des mecs qui ne connaissent du monde du travail que ce qu’ils en voient dans les rapports qui échouent sur leurs bureaux. Mais là, c’est trop tard, de toute façon… Et il y a de fortes chances que je vous ressorte le même refrain dans cinq ans. Youpi…

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Idiocracy : la dystopie version comique

Comme je suis une originale, j’ai maté Idiocracy la semaine dernière comme tous mes petits camarades qui en parlaient sur Twitter (magie des réseaux sociaux)…bon pas le même jour certes. Un petit film marrant avec Luke -oh ouiiiii- Wilson et Maya Rudolph que je ne connaissais pas.

Affiche du film idiocracy de Luke Wilson

Pour ceux qui seraient passé à côté, je vous refais le pitch. Joe, un militaire moyen, remarquablement moyen, est choisi pour participer à une expérience avec Rita, une prostituée moyenne. Tous les deux vont être endormis pendant un an. Sauf que suite à quelques péripéties, ils se sont pas réveillés en 2006 comme prévu mais  cinq siècles plus tard. Les hommes sont devenus d’une stupidité crasse et Joe devient l’homme le plus intelligent du monde. Le film part en effet du postulat que les moins bien dotés niveau QI sont les plus prompts à se reproduire et que leur majorité numérique entraîne peu à peu le QI vers le bas.

Un Detroit futuriste et en ruine dans Idiocracy

Ce n’est pas la première dystopie à prendre comme point de départ un monde rendu plus bête, il y a aussi… Captain Harlock aka Albator. Oui, Albator est une dystopie si on considère que l’univers prend soin de décrire la société humaine telle que l’auteur l’imagine en 2977, à savoir se baignant dans l’opulence et asservie par “l’abrutisseur mondio-visuel” (qu’on appelle par chez nous la télé). Les hommes sont devenus idiots et couards et le gouvernement se retrouve incapable de réagir face à une nouvelle menace. Il y a évidemment Farenheit 451. Mais la différence majeure entre Idiocracy et mes deux autres exemples, c’est que dans ces deux derniers, le traitement est sombre et il y a surtout une volonté d’un gouvernement d’abrutir les populations en leur coupant la possibilité de réfléchir, de remettre en cause. Dans Idiocracy, c’est le peuple même qui a choisi de s’abrutir, d’après ce que l’on comprend, bien aidé en cela par les médias (l’émission phare s’appelle “Oh ! my balls” et on voit un mec se faire réduire les parties tout du long… alors que nous, en France, l’émission phare fout des nouilles dans le slip d’un chroniqueur, c’est beaucoup mieux…) et le marketing. L’eau a en effet été remplacée par une sorte de boisson énergétique enrichie en électrolyte, le truc que personne ne sait définir. Alors que nous, on boit de l’Actimel enrichi en  “L Casei Defensis” (un ferment lactique utilisé comme probiotique, en fait), une révolution… ou pas. D’ailleurs, ça a bien perdu la côte les alicaments, non ?

alicaments au rayon frais

En même temps, je critique mais j’ai toujours bien aimé ça, les Actimels

Idiocracy pose deux questions. La première, commune à toute dystopie : est-ce que c’est crédible ? Oui et non, de mon point de vue.Il est évident que la langue va considérablement évoluer en 5 siècles (cf cette excellente vidéo de Linguisticae qui vous expliquera toujours mieux que moi) et ce ne sera pas forcément un signe d’abrutissement sinon, hey, nous sommes déjà tellement plus con que nos ancêtres ! Pour le reste, le côté “y a que les cons qui se reproduisent” reste bien sûr à relativiser et je pense que, contrairement à ce qu’on nous répète à longueur de temps, les jeunes générations ne sont pas plus incultes et débiles que nous, elles ont souvent des savoirs différents, une maîtrise bien plus innée que nous de la technologie, par exemple. L’être humain est un animal qui s’adapte et prend donc en main ce qui l’aide de façon immédiate. Les jeunes générations ne sauront jamais utiliser un téléphone à cadran mais je ne sais pas faire de circuit électrique, moi (oui, j’avais pas techno au collège, j’avais “EMT”, j’apprenais à coudre et à faire des boîtes en carton). De même, grâce à la VOD avec possibilité ou non de regarder un film en VO, je pense que la génération qui arrive sera bien plus douée en anglais que nous, en moyenne.

Parler anglais

Je relativise donc cette donnée de l’idiotie congénitale qui envahit le monde… mais quand même, ça laisse songeur. Comme je n’ai plus la télé, je n’en ai désormais qu’une image floue constituée à partir de ce que je vois passer sur mes réseaux sociaux… Réseaux qui me ressemblent donc quand même assez à gauche, genre bobo-écolo. Donc je n’entends parler télé que pour des choses positives (le doc de France 5 sur la transsexualité, Devenir « il » ou « elle »,  par exemple) ou des films/séries que tout le monde regarde (genre les Harry Potter ou récemment Gone girl mais j’avais déjà vu, pour une fois). Mais je vois surtout beaucoup le négatif avec la dénonciation de la télé racoleuse et basse de plafond avec en tête… Cyril Hanouna. Ah ça, mes communautés le vomissent… et j’aurais du mal à ne pas partager leur avis vu le peu que j’en sais. Et je ne parle pas des cas de harcèlement, humiliation ou agression sexuelle mais du malaise que j’ai moi même en regardant l’émission quand j’avais la télé.Il ne s’est certes rien passé d’aussi grave que les exemples pré cités dans mes souvenirs (pas très nets vu que je laissais ça en faisant autre chose et que je ne suis pas sûre d’avoir vu une émission en entier) mais bon sang, c’était navrant de bêtise… Déjà, un mec qui rit de ses propres blagues, c’est non direct  mais c’était juste de la vanne, c’était confus et surtout, j’ai toujours pas compris ce que c’était censé apporter. Et des millions de gens regardent ça… Tu me diras que jeune, j’ai bien écouté Cauet à la radio et maté Coucou c’est nous, ce ne devait pas être mieux…

Coucou c'est nous, Christophe Dechavanne et Patrick Carmouze

Peut-être que finalement, la plus grande menace qui pèse sur l’humanité, ce n’est pas une idiotie congénitale mais une idiotie que l’on attrape en se marrant grassement devant un spectacle humiliant et oppressif…

 

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La droite ou l’apprentissage de la rébellion

Je suis fascinée. En bien ou en mal, je ne suis pas sûre. Mais avez-vous seulement conscience de l’incroyable révolution que nous sommes en train de vivre. De mémoire de Nina, on n’avait jamais vu ça (mais ok, j’ai que 33 ans et je me souviens que peu de l’opposition au PACS, c’était peut-être aussi violent mais je crois pas). La droite découvre la révolution. Et ils y vont pas avec le dos de la cuillère.

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Je n’ai pas aimé le débat sur le mariage gay, pas du tout. Ca m’a rendu allergique à l’expression des idées quelles qu’elles soient, voyez vous car quand je lis des vomis de haine sur des pauvres individus qui n’ont pour seul “tort” (j’insiste sur les guillemets) que d’aimer une personne du même sexe qu’eux, ça me donne plutôt envie de pleurer. En tant que Bisounours en chef, je croyais qu’on avait dépassé le stade de l’homophobie en général (je ne pouvais nier la survivance de quelques abrutis arriérés), que l’on ne considérait plus les gays et lesbiennes en fonction de leur orientation sexuelle mais qu’on les considérait comme des individus. J’ai du mal à comprendre qu’on puisse hiérarchiser les amours, qu’on trouve une union légitime et une autre non simplement en fonction du sexe des personnes concernées. Qu’on affirme qu’à priori, une personne sera forcément meilleur(e) père/mère de par ses préférences sexuelles. J’ai dû rater la découverte scientifique liant hétérosexualité et instinct paternel/maternel, sans doute. Bref, comprenez bien que les propos de cette droite estampillée “Manif pour tous”, “printemps français”(assez drôle quand on pense qu’il y a deux ans, ce terme était revendiqué par des indignés plutôt de gauche) et qui scande “on ne lâche rien”, me donnent la nausée. Mais à côté de ça, je ne peux m’empêcher de regarder les yeux grands ouverts leur apprentissage de la révolte et de la manifestation. Et comme tous les “convertis”, ils en font toujours trop.

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Traditionnellement, on associe la droite à l’ordre. Enfin, moi, en tout cas : les gens de droite que je connais ne manifestent pas. Les gens de gauche pas vraiment non plus remarque, je ne connais que peu de batteurs de pavés, maintenant que j’y pense… Ma tante m’avoua même un jour qu’elle avait manifesté comme une petite fille entraînée par les autres. Même si elle est de droite, elle est allée manifester pour protester contre les paroles indignes d’une élue UMP assimilant le mariage homo au mariage entre animaux. Oui, quand je vous dis que ce débat a généré beaucoup de propos classes et subtils… Bref, les gens de droite, c’est pas super leur truc de manifester. Lors du dernier gouvernement Jospin, les manifs étaient plus remplies de syndicalistes et de “gauchistes” que de fiers membres du RPR. Mais là, nos petits Charles-Henri et Marie-Bertille découvrent, héberlués, la révolte et ils y vont franco : provocation des forces de l’ordre, interpellations, dégradations des biens publics, appel à la violence. De vrais sauvageons, finalement.

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Evidemment, tout cela est très triste quant aux propos tenus, au déni de démocratie, aux parallèles historiques et géopolitiques plus que douteux (entre ceux qui hurlent à la dictature socialiste et qualifient un gosse de prisonnier politique et ceux qui se réjouissent que les militants d’Act up aient déjà le triangle rose pour les reconnaître plus vite), aux attaques physiques des plus minables fleurant bon le racisme et l’homophobie. Oui, faire défendre une loi élargissant le droit du mariage par une femme Noire, y en a qui ont eu beaucoup de mal. Les gens de droite qui se revendiquent de la manif pour tous, du printemps français, des veilleurs… apprennent dans la violence et la douleur ce que signifie être dans l’opposition, être la minorité parlementaire. Mais finalement, est-ce que ça ne démontre pas que l’opposition finit toujours par se réfugier dans l’agressivité et la bêtise la plus totale ? Pendant 15 ans, j’ai soufflé par le nez en lisant certains propos de mes amis de gauche sur la droite. Non que je ne tolère pas la critique, bien au contraire, mais la taille de Sarkozy ou l’identité de l’époux de Boutin ne sont et ne seront jamais un argument. Critiquer des projets de loi, des chiffres erronés, des distorsions des faits, oui. Balancer des Sarko facho (même si ça nous fait une jolie allitération) ou taguer des murs pour dire qu’on l’aime pas, non.  Quelque part, ça me rassure de voir que dans l’opposition quelle qu’elle soit, les réflexes sont souvent mauvais, qu’on se roule avec délectation dans la mauvaise foi, les non arguments, les propos délirants. La société change, la droite se rebelle. Bientôt, le gilet noué autour des épaules aura plus de sens que le béret étoilé de Che Guevarra. Ou pas !

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Peut-être qu’il ne peut y avoir d’intelligence dans un débat de société, au fond. Pas la plupart du temps, du moins.  Par contre, je rêve encore et toujours de balancer tous les petits cons qui gueulent au fascisme et à la dictature dans les pays reconnus pour leur manque total de liberté d’expression, histoire qu’ils prennent conscience des conneries qu’ils profèrent.

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Ce n’est pas sale mon petit

Hier, comme régulièrement, je reçois des insultes de mon troll (toujours plus présent pendant les vacances scolaires, c’est amusant, tiens…). Des fois je publie, d’autres pas, ça dépend si je suis d’humeur taquine ou pas. Hier donc, le voilà qui parle de la santé de mes trous qui, à ses dires, est déplorable. Après avoir ri un bon coup, je sors de chez moi (car j’ai une vie aussi) et soudain, je réalise : ce comm est un véritable scandale, je me dois de réagir publiquement.


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Scandale, oui. Non pas par sa bêtise intrinsèque. Depuis que j’ai mon troll, je lui donne 15 ans à vue de nez et je suis inquiète, il n’évolue pas. Ce qui est scandaleux, c’est l’association sexe=saleté et maladie. Ah ben bravo ! Tu le sens le syndrome François-Xavier élevé dans une école religieuse limite sectaire où on te dit que le sexe, c’est mal et que si tu t’y adonnes, tu seras forcément puni(e) de milles mots. Un peu comme à l’apparition du sida où pas mal de discours tournaient autour d’une punition divine sur les homos et les putes. Tout pareil.

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Alors écoute moi mon enfant. Je sais que tu n’as pas grandi avec Doc et Difool qui répétaient dans toutes les émissions  que le sexe, ce n’est pas saaaaaaaale. Ben oui, pourquoi ça le serait forcément ? Pourquoi avoir une sexualité me condamnerait à, je te cite « fissures anales, herpès génital, des trucs dans la bouche on sait même pas ce que c’est (tu manques cruellement de connaissances) » ? Peut-être te préoccupes-tu de ma santé ? Mais rassure-toi, mes trous vont bien, sauf l’oreille qui traîne un peu mais ça n’a rien à voir avec ma vie sexuelle. Peut-être ai-je eu de la chance mais tu sais, dans la vie, les gens en général se lavent et en cas d’infection, se soignent. Evidemment, il y a le cas des MST asymptomatiques mais bon, ça peut arriver même à des gens ayant très peu de sexualité… Quoi qu’il en soit, ayant une sexualité que je qualifierais de responsable, je n’ai jamais eu à connaître de tels affres.

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Mais voilà, ça montre bien le chemin qu’il reste à parcourir pour dédiaboliser la sexualité. Parce que si je comprends bien ton raisonnement, outre le fait que tu me penses abonnée à des bourrins incapables d’utiliser un lubrifiant (ou que j’ai des problèmes d’évacuation) et que je baise sans la moindre protection, ma sexualité induit forcément des maladies, il ne peut en être autrement. Après tout, c’est mathématique : plus je baise, plus je me soumets au risque d’attraper de vilaines MST. Oui, certes et on peut même arguer que certaines ne sont pas limitées par le port du préservatif. Soit. Ceci étant, rien qu’en sortant de mon chez moi, je côtoie souvent malgré moi des gens plein de microbes. Rien que dans le métro, tiens : je suis dans un lieu clos avec des dizaines de gens, je touche les poignets, les barres centrales, quelqu’un peut m’éternuer dessus et le mec assis à côté de moi peut être fiévreux… Oui, le risque zéro n’existe pas, dans aucun domaine, tu vois.

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Mais mon enfant, on peut avoir une sexualité épanouie sans choper toutes les merdes du monde. Surtout avec préservatif, c’est tout simple, c’est magique. Bon, je vais pas t’expliquer non plus comment les mettre, tu découvriras ça un jour, tu verras. Au pire, tu peux en acheter et t’entraîner. Et au pire, un petit traitement et on n’en parle pas, ça arrive même à ceux qui n’ont pas beaucoup de sexualité. Mais j’aimerais que tu comprennes vraiment, c’est important, que le sexe, ça n’est pas sale. Tant que ça se passe entre personnes consentantes, ça peut même être très beau, limite à en pleurer. Et puis vivre en harmonie avec son cœur, ses envies et ses désirs, ce n’est pas donné à tout le monde. Je comprends que tu me jalouses un peu pour la peine. Mais tu sais, si ça peut te rassurer, à ton jeune âge, moi aussi, je trouvais ça sale, je trouvais même intolérable de mettre un sexe dans une bouche mais finalement, j’ai découvert que donner du plaisir à l’autre est un tel kiff…


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Sérieux, il est vraiment temps qu’ils nous remettent Doc et Difool à la radio.

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Meetic n’est pas une fatalité

Par Lucas

C’est marrant comme on en arrive à penser à Meetic… Un peu comme un dernier recours.
On se jure pendant des années ne jamais passer le pas. On s’en veut presque d’y avoir pensé. Parce que non, franchement, ya les amies des copains, les jolies demoiselles dans le RER, les jolies libraires dans la ville, les milanaises égarées, les marketeuses timides… Ca va, ca vient comme dirait Merlot (reprise de Bobby Lapointe).
Et puis un jour, carrément honteux on se dit : pourquoi pas après tout, je vais y aller sans complexes. Un peu comme une promesse…
Mais les autres sites l’étaient aussi un peu…

 Il y a eu PCC avec un prétexte culturel. Trouver une nana via les points communs… Bon, pourquoi pas…
Même sans points communs, les gouts de l’autre sont la marque de sa culture et de ses exigences, de son regard sur la vie et de ses envies. Bilan : Une nana rencontrée, emballée, puis 3 semaines de navigation aérienne avec des escales chez elle, de ci de là, et un largage final sans parachute : au revoir Lucaaaaas.

Il y a eu Adopte Un Mec  plus récemment, là où tous les mecs étaient chosifiés et n’avaient pas leur mot à dire. Un sacré coup à la fierté masculine, même en prenant ça au 2d degré. Mais voila… D’un coté, je n’étais pas assez beau gosse pour les nanas intéressantes (trop rares d’ailleurs), de l’autre les donzelles étaient insignifiantes, baignant dans le arènebi, Marc Musso et les lol.
Bilan : une demoiselle intéressante sans lendemain. Et des tas de profils de nanas uniformes, désespérantes de bêtise et de stérilité. That’s all folks.

Alors quand on est lassé de ces vagabondages, que faire ?
Je ne vais quand même pas sombrer dans la même vie que David Duchovny dans Californication ?
Comment sortir de ce quotidien nébuleux ? Oh tiens quess que je vois là bas. Ah bah oui, c’est la vraie vie !!

La vraie vie est plus attirante que jamais.

Mon ami Victor a trouvé sa compagne sur Meetic mais il bossait comme un fou toute la journée et il ne lui restait que le soir pour avoir un lien social. Quand on est crevé par sa journée de boulot, on a pas envie de sortir, qu’on soit le chercheur ou la pépite. D’où Meetic.
Perso j’ai le temps : j’ai la « chance » de chercher un emploi. Donc j’ai de quoi m’organiser pour prendre le temps d’envoyer mes demandes (Lucas le seul mec qui envoie ces LM & CV à 5h00 du mat’…) et aller dans des endroits adéquats par la suite.

« Je crois que mon lieu de rendez vous sera cette table en terrasse,
Café, croissant stylo papier, ca y est tout est en place (…)
Je vois passer une charmante dans un joli p’tit tailleur,
Elle me regarde comme on regarde un beau p’tit chômeur. »


Sauf qu’aux heures ouvertes tout le monde est au boulot.
Donc revenons aux heures classiques ; de 5à7, happy hours, voire de 9à12. Sortir pour rencontrer de nouvelles têtes, sourire à une inconnue qui passe, n’en garder aucune trace sinon celle du plaisir, en espérant qu’elle va rendre ce sourire sans y voir une sournoiserie. Interpeller une jolie demoiselle dans un bar, après un jeu de regards ou interpeller une nana et passer pour un
gros dragueur de merde qui va se prendre une bonne répartie dans sa face. Observer l’environnement comme un requin masqué ou un ingénu souriant : la verité est ailleurs…

Il faudrait peut-etre que je reprenne la série de Nina « Où trouver l’homme ? » et l’appliquer aux femmes.
Série qui aboutit à chaque épisode à un épilogue funeste. Heureusement que c’est une fiction… Même si la question demeure « Où ? »

En journée c’est donc mort, les gens travaillent.
« T’as pas fait un SWOT, Lucas ! Ceci est une Opportunité ! » dira le lecteur-requin, tu peux donc séduire des nanas sur leur lieu de travail, ces nanas qui bossent, elles. Oui je sais bien, d’ailleurs il faut que je vous publie un de ces jours les quelques épisodes de « Comment j’ai dragué ma libraire ».
Pffff, on tourne en rond dans cette affaire…

Day in, Day out

Donc j’étais prompt à passer le pas, à choisir la facilité et aller sur Meetic.
Mon budget serré m’en a empêché et m’a rendu plus prudent. Je m’en félicite ! Explications…

Chômeur, jeune diplômé, sans indemnités (il manquerait plus que ça, hors de question que je sois un boulet pour la société), je vis donc avec 500 € par mois. Je n’ai toujours pas digéré la remarque faite par une copine, avocate ds un gros cabinet Place Vendôme et qui m’a dit il y a 15 jours que j’étais habillé comme un sac. Bah oui Anastasie, mais ce sont des fringues que je traine depuis 5 ans voire plus. Pas de sous. Et entre internet, les impôts à provisionner (CSG, Taxes foncières, taxes locales, etc), EDF, les courses au Franprix, les charges de co-propriété, eh bah changer mes fringues c’est même pas pensable.

Comme je n’avais pas encore trop envie et pas le fric pour passer à Meetic, j’ai voulu créer mon propre bachelor, il y a deux mois, la saison 2 deSingulier Pluriel, mais cette année j’ai fait un bide monumental. Seulement une candidate s’est manifestée contre douze l’an dernier.

Vous me direz « mais sors ! rencontre du monde ! » Oui mais où ?
La seule solution que j’ai trouvé à ce désert affectif c’est de me plonger ds la recherche de boulot, synonyme de retour à la socialisation.
Sur le lieu de travail (Sarah Briot ripwizente) ou le samedi soir grâce à l’argent gagné. Mais le boulot tarde, Madame AFEC a beau me presser…

Face à ce desert social, j’ai donc repensé à faire rentrer Meetic chez moi, ne serait ce qu’un mois, quitte à faire un régime pasta.
Entre Le Monde.fr et Cadremploi.
Une fenêtre de rêve.
Cette promesse du crépuscule, le soir venu, quand des millions de célibataires se connectent sur leurs PC pour checker leur mails, pour lire quelques vies de merde, pour aller voir la vie de leurs amis sur Facebook et se sentir moins seul avec la lune dehors qui sourit.

Mais une simple promenade sur les forums et les topics dédiés à Meetic vous en dégoute pour de bon.
– Profils fake ou scam (africains ou des pays de l’est),
– Profils fake menés par Meetic pour solliciter le jeune naïf juste avant la fin de son abonnement,
– Tacite reconduction de l’abonnement à moins d’appeler un numéro surtaxé afin de mettre fin à cette arnaque,
– Abonnement qui, tout comme chez PCC, ne permet de parler qu’aux femmes qui sont abonnées à moins de… prendre l’option premium (payante…) qui permet elle de toucher tout le monde. ARGH !
Plus que l’arnaque, c’est le fait qu’on veuille me prendre pour un con qui m’exaspère.
Bref…

 On fait le bilan calmement…

Cet article n’est pas une invitation à sangloter.
J’ai vraiment envie de croire que je ne suis pas le seul dans une telle mouise sentimentale et humaine.
J’ai vraiment envie de croire que d’autres bonhommes célibataires promènent leur solitude derrière un sourire de façade mais, surtout, qu’il en est qui agissent. Je vais être égoiste mais tant pis pour les autres : quite à enfoncer le clou du cliché du « mec dragueur », je vais agir IRL. Histoire que les nanas aient la confirmation que les mecs qui draguent sont des reulous. Je me connais, même ds le jeu des regards et des sourires, j’ai la délicatesse de Mike Tyson… Alors ça va être funky d’aborder une jolie donzelle, comme ça à brule pourpoint au sortir de la médiathèque…

Et sinon, désolé pour cet article-intermède-catharsis, j’en avais peut-être besoin pour rebondir. Vos témoignage ou enfonçages, peu importe, sont les bienvenus et seront dans tous les cas pertinents. Perso, je pars m’installer à la terrasse d’un café… avec un bouquin.

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PETITE PHILOSOPHIE DE LA CONNERIE

Par Lucas

J’avais écrit cette bafouille du temps où j’étais président-fondateur-membre unique de l’ADC RMS
(Association des Cons de Reims Management School) sur le modèle de l’ADC Sciences Po Paris.


J’avais crée 4 autres personnages, complètement fictifs, pour me donner  un peu de légitimité. Pour faire croire que c’était une vraie assoce, que c’était l’œuvre de plusieurs personnes et non le délire futile d’un pauv’mec abonné à jaipasdvie.com.

En me faisant racketter mon ordi le 11 novembre j’ai du arrêter mais je comptais organiser plein de concours… à la con mais loin de la futilité lutinante de mon BDE malaimé. Par exemple, j’avais offert un magnum de champ à un étudiant qui avait trouvé une devise pour l’école (RMS, The Will Of Opening, The Quest of Managing ;  ce n’est qu’après que j’avais trouvé : RMS, A Larger Vision for A Smaller World)

Bref…
Aujourd’hui, je vous fais donc un article shortissimo où je prends 3 mns pour développer 3 lignes que j’avais écrites il y a 6 mois et ce afin de vous proposer une

Petite Philosophie de la Connerie.

On sait tous, plus ou moins, ce qu’est un con mais quand il s’agit de le définir on est bien embêté. Con est-il seulement une acception vulgaire pour parler d’un idiot ? Cette définition n’est-elle pas limitative ?

La science vient en aide au rédacteur bien embêté pour lui rappeler que l’idiot se définit comme « une personnes ayant un QI inférieur à 25 ». Merci la science mais on est pas plus avancé. L’idiot peut très bien avoir des éclairs de lucidité ou des coups de génie ponctuels. Or, le con est un idiot dans le temps,  un idiot adoubé grâce à des actions répétées. Des faits et gestes démontrant de sa bêtise ou de son inefficacité. Celles-ci peuvent être généralistes ou porter sur un domaine précis et appeler des remarques bateaux :
« Chais pas comment il est dans tel domaine mais en ce qui me concerne c’est un vrai con ». Bon, voila le con défini dans l’espace-temps. On avance… (Je sais déjà ce que vous aller mettre en commentaire : « La philo de Lucas, elle tue des ours polaires »)

Là où l’idiot peut se caractériser par sa nature même d’individu manquant d’intelligence et d’astuce, le con est quand à lui implicitement comparé à une moyenne. L’idiot peut être solitaire mais le con est toujours un être social. On est toujours « défini comme » un con par une tierce personne. il y a donc une relation plus ou moins implicite, plus ou moins franche. D’ailleurs, on peut
très bien être un con qui s’ignore car c’est toujours un jugement porté par autrui sur nous. Notre fierté ne nous incite jamais à s’autoinvectiver… ou alors dans des moments de rage et de manière triviale. (« P’tain mais chuis trop con, j’aurais du y penser ! ») De fait, pour reprendre une grande vérité énoncée par un homme un peu louche au regard clair, en terme de connerie, l’existence précède l’essence (merci Jipé)

Manque d’intelligence disais-je…
Par intelligence, il convient d’entendre le mot au sens littéral : la compréhension d’un domaine donné, d’un sujet abordé ; une faculté à faire les efforts dans le bon sens pour aborder un problème de la manière la plus sure… De la même façon, être en intelligence avec quelqu’un c’est être complice, avoir une mutuelle compréhension sans échanger de paroles, sans que l’artifice du langage ne vienne préciser certaines choses. Aussi fugace qu’une pensée, aussi claire qu’un ruisseau de haute montagne, l’intelligence est un état de vivacité intellectuelle, contrairement à la connerie qui est des plus passives ou, pire, des plus impulsives. Attendez je développe…

Un con est une personne stupide nous dit le dico. Allons donc plus loin et prenons le sens littéral du mot. Face à un acte qui nous désarme, rester stupide c’est demeurer hébété et incapable de réagir. Hébété, c’est à dire béat.
Con, stupide, béat, incapable de réagir… On se rend compte que la connerie s’intègre, de manière triviale dans un manque d’allant et se
caractérise donc par une indolence certaine. Est-ce cette crainte qui pousse mes chers condisciples (en un seul mot) de première année à faire campagne et à se battre pour reprendre le BDE ? Que nenni, voyons. Que vous êtes médisants…

La connerie, on l’a déjà dit, a un caractère social à ne pas dénigrer. On est toujours le con de quelqu’un. Cette personne, qui nous stigmatise, a besoin de réconfort et elle cherche dans l’idiot qui passe un soulagement. Le jugement porté a un rôle implicite : on se félicite de ne pas avoir agi ainsi, on se porte aux nues… De fait, la connerie des autres à un rôle thérapeutique essentiel : telle l’homéopathie, à quand la connerie remboursée par la Sécu ?

Mais encore ?
me direz-vous d’un regard déjà lassé et d’un bâillement subreptice…

L’acception « con » ne doit pas être confondue (au sens littéral du mot et sans jeu de mots) avec « connard ». Dans connard il y a un aspect violent et vindicatif, véhément et rageur qu’on retrouve notamment dans l’interjection : « Mais quel connard ce mec ! ». Le connard se pose comme un exutoire quand le con est défini d’une manière fataliste, des plus neutres, en secouant la tête : « Mais quel cooooon… ».


Le but de l’assoce des Cons n’était pas de  promouvoir la connerie mais d’inciter les lecteurs à prendre un peu de distance sur les choses  voire même de se… détendre un peu. En effet, dans un environnement où les esprits ont été façonnés par des parents oppressants (« Tu réussiras mon enfant !« ) puis par des profs de prépa intransigeants, dans un environnement où l’erreur est à peine tolérée et l’indolence décriée, le fait d’avoir un con sous la main a un rôle indéniable en terme d’apaisement. Toute action ne répondant pas aux canons de la culture « école de commerce » ne peut qu’être l’œuvre d’un con. On se félicite alors de ne pas en être un et on bave de manière plus ou moins subtile sur la brebis égarée. Cette réalité est probablement exportable dans toute entreprise. Le con est un martyr universel…

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